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 what the fuck are you doing there? •• Caïn

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MessageSujet: what the fuck are you doing there? •• Caïn    Dim 10 Mar - 21:20


TRACEY DAVIS & CAIN WARRINGTON.
Now things are coming clear, and I don't need you here, and this world around me, I'm glad you disappeared.

C'était un dimanche après-midi comme tous les autres, ou tout du moins, propre aux vacances en famille. J'étais dans le salon, en compagnie de mes parents. J'étais en train de me vernir les ongles des pieds. C'était inutile, surtout que nous étions en hiver et que je ne risquais pas d'exhiber mes orteils au risque de faire une hypothermie, mais ça me faisait plaisir alors je ne m'en privais pas. Je ricanais de temps à autre face à un des gags que proposait le bêtisier que nous étions en train de regarder. C'était un dimanche après-midi comme je les aimais, réconfortant et relaxant, où j'oubliais tous les soucis rattachés à Poudlard. La guerre qui se préparait au dehors, les Carrow, la méchanceté des Serpentard, tout ça était bien loin à présent, là où j'étais, personne ne pouvait m'atteindre. Je me sentais presque heureuse. J'ai bien dit presque, puisque je n'avais pas revu Caïn depuis notre dernière dispute. Oh, il était vrai que l'on pouvait parfois passer de longues périodes sans se voir, mais un hibou faisait généralement l'affaire pour donner ne serait-ce que quelques nouvelles, montrer qu'on pense à l'autre. Mais là, il n'y avait rien eu du tout, c'était le silence radio, et j'étais partagée entre l'inquiétude et l'indifférence. Indifférence, parce que je me disais que ça finira bien par lui passer un jour, qu'il était toujours revenu dans le passé et qu'il n'y avait aucune raison qu'il ne revienne pas cette fois-ci. Pourtant, Merlin savait à quel point je n'avais pas été tendre avec lui, à me montrer parfois odieuse et injuste, simplement pour le tester, ou je ne savais quelle autre raison obscure du genre. Inquiétude, parce que dehors, c'était la guerre, il travaillait au Ministère, lequel était infesté de Mangemorts, et Merlin savait encore une fois ce qui aurait pu se passer. Le pire était sans doute que si par le plus grand des hasards, il lui arrivait quelque chose, je ne serai même pas au courant puisque je n'étais certainement pas la personne à prévenir en cas d'urgence. Alors, j'étais vouée à apprendre la nouvelle comme les autres, dans le journal. En attendant, je ne pouvais m'empêcher d'y penser, guettant un hibou ou tout autre signe de sa part. Mes parents avaient remarqué que quelque chose n'allait pas, que j'étais plus irritable que d'ordinaire, mais j'avais éludé toutes leurs questions, ne souhaitant pas y répondre même si j'aurais voulu me confier à ma mère, qui aurait sans doute pu me conseiller vu qu'au début, mon père et elle avaient aussi connu leurs galères. Après tout, ils ne s'étaient plus parlé pendant quelques années insupportables au terme desquelles ils avaient réalisé qu'ils tenaient à l'autre plus qu'ils ne l'auraient pensé de prime abord. Tout ça parce que Miranda avait eu peur de son fiancé sorcier et avait préféré prendre la fuite plutôt que d'assumer la nature de son aimé.

Cela dit...en ce qui me concernait, ce n'était pas du tout la même situation. Même si parfois, je m'étais interrogée sur le point de savoir si tromper l'autre était pire qu'abandonner l'être aimé parce qu'il était différent. Dans un cas comme dans l'autre, le résultat était le même : l'autre en souffrait. La personne qui était à l'origine du mal également. Alors, j'en avais déduit qu'au fond, c'était un peu pareil et ça m'avait donné un peu d'espoir. Mon père a fini par pardonner à ma mère, et heureusement d'ailleurs, car sinon je ne serais même pas là pour en parler. J'espérais vraiment qu'il en soit de même pour moi, quitte à ce que j'aie l'air d'une pauvre fille complètement dépendante de son mec, même si en soi ce n'était pas si éloigné de la réalité que ça en avait l'air. Je ne pus m'empêcher de me sentir mélancolique suite à ces pensées. Un sentiment indescriptible m'avait envahie alors que je me replongeais dans mes souvenirs. Parfois, je me repassais certaines scènes en boucle, comme pour tenter de comprendre où ça a pu foirer. Et c'était en me ressassant ces passages de ma vie que je m'étais rendue compte à quel point il me manquait, et c'était cette sensation de manque qui me faisait mal, qui me dévorait de l'intérieur, qui électrisait désagréablement chaque cellule de mon corps, mon corps qui se languissait également de son contact. S'il comptait me punir en jouant les morts, c'était réussi, j'étais en pleine torture et j'en avais plus qu'assez de cet état. Maintes fois j'avais eu envie d'aller sonner chez lui, malgré sa volonté que je n'y mette pas les pieds, mais je ne l'avais pas fait, mon orgueil m'avait empêchée de passer à l'acte. Il y avait également, certes en infime proportion, la peur de m'attirer ses foudres et d'aggraver mon cas si je décidais de braver les interdits qu'il m'avait imposés. Alors, j'avais renoncé, et je tâchais de m'occuper comme je pouvais. Il fallait dire que rester cloîtrée chez soi pendant les vacances, ça n'avait rien de drôle. Alors, j'accompagnais ma mère dans les magasins chaque fois que j'en avais l'occasion, quitte à supporter ses incessants bavardages sur ses collègues ou sur d'autres choses qui à mon sens ne présentait pas un grand intérêt. D'autres fois, je faisais des petits gâteaux avec ma mère – il fallait bien compenser par la bouffe, il n'y avait que ça de vrai. « Et sinon les filles », commença Edward, avec enthousiasme, « ça vous dit qu'on commande des pizzas pour ce soir ? Ce soir, exceptionnellement, on dîne dans le canapé, devant la télé. » Ma mère commençait déjà à faire la moue. Elle n'aimait pas tellement qu'on mange dans le salon, c'était un coup à mettre des miettes dans sa précieuse moquette, et elle en avait plus qu'assez de passer l'aspirateur quand un de nous s'était avisé de manger dans le canapé – parce qu'évidemment, elle ne le faisait jamais. « Oui, ça me va. » approuvai-je sobrement, tout en rebouchant mon flacon de vernis – bleu turquoise – afin de pouvoir admirer mon œuvre. Je tournai ensuite la tête vers ma mère, qui finit par hausser les épaules devant ma mine de chien battu. « Toi et moi on forme une sacrée équipe, Tracey chérie !  Tope là ! » s'écria mon père tout en me tendant la main pour que je frappe dedans. Je fronçai les sourcils, légèrement perplexe, avant de me prêter au jeu, pour lui faire plaisir. Il n'y avait pas à dire, parfois, l'enthousiasme de mon père me faisait réellement peur.

Je me levai finalement du canapé, faisant attention de ne pas tâcher la moquette, car pour sûr, si ma mère retrouvait du vernis bleu dessus, je me ferais étriper. Je fis donc le tour de la table, précautionneusement, pour attraper une cigarette dans le paquet qu'il y avait sur la table. Ma mère me fit les gros yeux, désapprouvant ce que j'allais faire. « Maman, ça fait dix-sept ans que papa fume dans le salon, alors ne sois pas étonnée de me voir faire de même. » sur-ce, je coinçai la cigarette entre mes lèvres et l'allumai, sous le regard désapprobateur de Miranda. Mon père était plutôt cool sur ce point et je le remerciais de ne pas m'en tenir rigueur. Ce serait quand même bien culotté de m'interdire ce qu'il faisait ouvertement, sous prétexte que c'était moi l'enfant et que j'étais censée obéir aux ordres de mes parents. Légèrement songeuse, je tirai une latte. « Tu veux quelque chose à boire, Edward ? » interrogea finalement Miranda, sans doute lassée d'être assise dans son fauteuil depuis le début de l'après-midi. «Hum, une bière ne serait pas de refus. » « Pour moi aussi. » réclamai-je, avec un sourire angélique accroché aux lèvres. Voyant que ma mère allait protester, je rajoutai : « allez, s'il te plaît. On n'a pas encore eu l'occasion de trinquer pour mon anniversaire, parce que j'étais à Poudlard à ce moment là. Alors, maintenant qu'on est tous réunis en ce dimanche, en famille, que papa n'est pas accaparé par ses clients ou toi par tes patients, on peut peut-être célébrer mes dix-huit ans tous ensemble ? » Bon, d'accord, d'habitude je n'en avais strictement rien à faire de mon anniversaire, et puis ça faisait quand même presque un mois que c'était passé, mais c'était une façon comme une autre de parvenir à mes fins. Ma mère ne pouvait pas me refuser ça. D'ailleurs, elle venait de disparaître dans la cuisine. Bientôt, on toqua à la porte. « Tracey, tu peux aller ouvrir ? » me héla Miranda depuis la cuisine. « Quoi ? » demandai-je, dans un rire gêné. « Je ne vais tout de même pas aller ouvrir dans cette tenue. » « Alors mets quelque chose et vas-y. » Je soupirai lourdement, comprenant que c'était moi qui devais m'y coller. J'attrapai donc un jean, que j'avais laissé sur le dossier du canapé au cas où, puis je l'enfilai, en prenant garde de ne pas abîmer mon vernis. Ainsi parée, j'allai ouvrir la porte, et je me figeai soudainement. il était là. Sur le pas de ma porte. En chair et en os. Il allait bien. J'étais partagée entre l'envie de lui sauter au cou, mais aussi de le frapper. À la place, je lui claquai la porte au nez pour m'y adosser, complètement tétanisée. « C'était qui ? » questionna ma mère, qui avait passé sa tête par la porte de la cuisine. « Un démarcheur. » répondis-je machinalement. « Tout va bien chérie ? Tu es bien pâle. » fit remarquer ma mère tout en s'avançant dans le vestibule. « Non, ça va, tout va bien. » répondis-je d'une voix rauque. « Non, en fait ça ne va pas du tout, et je vais arrêter de me comporter comme une lâche en allant directement le confronter et lui montrer de quel bois je me chauffe. » Sur-ce, sous le regard interloqué de ma mère, j'ouvris de nouveau la porte, avant de me faufiler à l'extérieur et de la refermer derrière moi, pour que ma mère n'entende pas notre discussion. « Pousse-toi que je m'y mette. » grognai-je tout en m'installant sur le seuil, droite comme un I, mes prunelles furibondes le toisant avec rancoeur. « Et sinon, je peux savoir ce que tu fous là ? Personne ne t'a invité, à ce que je sache ! » attaquai-je en croisant mes bras sur ma poitrine, m'adossant à la porte, attendant de pied ferme ses justifications. « Tu fais le mort pendant presque un mois, et tu te pointes chez moi, la bouche en cœur, visiblement très content de ton coup. Je...Je me suis inquiétée, putain, t'es capable de comprendre ça ? Avec tout ce qui se passe dehors, il aurait pu t'arriver quelque chose et j'en aurais jamais rien su. T'es qu'un imbécile ! Tu te rends compte que j'ai passé des nuits blanches à me demander où t'étais, si tu allais bien, ou que sais-je comme connerie du genre. Et putain, qu'est-ce que tu fous là au juste ? J'espère que t'as une bonne explication parce que dans le cas contraire, tire-toi parce que je n'ai pas envie de te voir. » Voilà. J'avais laissé ma colère s'accumuler, cette colère que j'avais nourrie ces dernières semaines. Ma colère, mais aussi ma frustration. Je n'étais pas prête à le revoir, à assumer son regard narquois, mais aussi chargé de reproches. Il avait forcément une bonne raison de se trouver ici. Forcément. Et j'attendais simplement qu'il crache le morceau.


Dernière édition par Tracey M. Davis le Mar 16 Avr - 19:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: what the fuck are you doing there? •• Caïn    Lun 18 Mar - 22:48


TRACEY DAVIS & CAIN WARRINGTON.
I love all the dirty tricks and twisted games we play on each other, but this time, I came to collect my price.

La vengeance est un plat qui se mange froid. Au départ, Caïn ne comptait pas se venger réellement de Tracey, car, vraiment, il ne voulait plus en entendre parler. Elle avait osé le tromper, cette garce, avec le premier minet de Poudlard, rompant leur pacte secret et implicite, et clamait ensuite l’aimer plus que tout, attitude et paroles qui avaient encore moins de sens aux yeux de Caïn que si elle l’avait fait au tout début de leur relation. La seule façon pour elle de lui dire « je t’aime », c’était de lui avouer qu’elle l’avait trompée pour espérer être pardonnée plus facilement, attitude pathétique et détestable à ses yeux. Lui aurait pu la tromper à tout bout de champ et lui balancer de but en blanc lors d’un simple rendez-vous pour la faire chier, avant de lui dire qu’il l’aimait, de toute façon ce n’était pas la première fois qu’il lui dirait, il l’avait déjà dit auparavant, car lui n’émettait pas de telles « sacralisations » autour d’un simple mot. Il appréciait la présence de Tracey - en général – même s’il ne le montrait pas forcément et s’il avait envie de lui dire qu’il l’aimait, il lui disait point barre. Agacé et fatigué par ses faux airs mystérieux, par ses « je te trompe et je t’aime » lorsqu’il était parti, il pensait véritablement que c’était la dernière fois qu’il croisait Tracey. Et il a vécu dans cette illusion et conviction, pendant un mois, puis deux jusqu’à Noël ou soudainement, elle est revenue. Pas physiquement mais sans penser à elle, sans qu’il y ait eu un quelconque déclencheur, il finit par ressentir un poids se presser autour de son cœur et de ses tripes, comme une douleur viscérale et lancinante. Préférant encore l’ulcère ou l’infarctus, il mit quelques jours avant d’admettre que c’était simplement qu’il commençait, selon l’expression pathétique « a se sentir coupable » d’avoir accabler ainsi la jeune Davies. Egoïste, comme toujours, dans son cas, il aurait aimé être pardonné. Caïn était pourtant séducteur, il jouait souvent avec le feu, craquait rarement voire jamais depuis qu’il était avec Tracey, mais il ne se serait pas étonné à céder une fois également sans qu’il y ait mort d’hommes. Il était si passif avec lui même, tellement intransigeant avec les autres que c’en était presque déconcertant et ainsi il se détestait d’envisager à « pardonner » Tracey comme s’il pouvait vraiment la pardonner d’avoir couché avec un autre, oublier qu’elle en avait serré un autre concrètement, car pour lui « pardonner » revenait bien trop souvent à oublier et ça il en était parfaitement incapable. Non, il n’oublierait jamais que Tracey l’avait trompé, oui, dans les disputes, il finirait toujours par en revenir à ça car ce serait l’argument le plus facile qu’il aurait à portée de main, oui, dans ses moments de désespoir ou d’agacement, il l’imaginerait toujours avec cet inconnu dont il aurait fini par matérialiser les formes et le visage encore obscurs ; toutefois, la chose qui était sûre, c’était qu’il voulait encore faire face à ces moments de souffrances, car ils seraient bien vites compensés par le bonheur et la sensation addictive de paradis artificiel pourtant si réel que lui procurait Tracey dès qu’elle posait son regard doux et désirable sur ses pupilles. Néanmoins la pardonner aurait été trop facile. Même après ne pas lui avoir donné de nouvelles pendant presque deux mois, c’était encore trop simple. Non… il fallait cette fois-ci que sa vengeance soit plus… imprévisible et innovante, l’absence de nouvelles était devenue presque trop classique chez lui à présent. Non, il fallait qu’il se révèle un peu plus amusant cette fois-ci. Débarquer à Poudlard aurait été trop ennuyeux, la voir avec tous ces élèves, et puis, ils étaient en vacances. L’autre option s’imposait alors comme une évidence : quoi de mieux que de débarquer chez elle, chez la popote de maman et papa pour se présenter ? Juste histoire de l’embarrasser pour des semaines et la faire limite chier dessus, si elle ne lui racontait pas grand chose sur ses parents, le fait qu’elle soit encore mineur jouerait déjà assez le contraste avec son âge plus avancé pour foutre la trouille à ses parents, surtout puisque c’était elle la fille dans l’histoire avec tous les clichés qui en découlent. Caïn échappait un large sourire hilare à cette perspective et s’y résolut alors.

S’il ne connaissait pas son adresse, lui envoyant plus souvent des lettres lorsqu’elle se retrouvait à Poudlard, il n’eut pas à chercher bien loin dans ses archives de lettres pour en retrouver une qu’elle lui avait écrite de son domicile. Il attendit le moment le plus opportun pour s’y rendre, soit un bon dimanche en fin d’après-midi des vacances scolaires, assuré de tomber sur toute la petite famille, voire, s’il était chanceux, sur des amis de familles, cousins et autres proches qu’il attendait avec une impatience presque sadique de rencontrer. Une cannette de bière en main, histoire qu’il tombe sur des psychopathes et que son dessein s’avère moins amusant que prévu, il se planta devant le porche de Tracey, hésitant quelques instants. Pas vraiment sur si ça se faisait ou non, plus sur si cette entreprise allait réellement le divertir ou non dans le fond, si après quelques minutes de surprise et d’intense jouissance, il n’allait pas finalement se faire chier à jouer l’hypocrite souriant auprès de ses parents. Et puis il se dit qu’il n’était justement pas obligé de le faire, que sa vengeance consistait précisément à s’afficher dans toute sa splendeur et dans toutes ses couleurs auprès de ses parents, quitte à ce qu’il le déteste, réputation à laquelle il était en général habitué même en faisant d’effort de toute façon. Clope toujours au bec, il passait alors le porche avant de toquer d’un air assuré à la porte. Tirant nerveusement sur sa cigarette en attendant une réponse, il finit par la jeter lorsqu’on ouvrit la porte, lorsqu’il aperçut Tracey, il était presque déçu, il aurait aimé croiser au contraire sa mère ou son père, car Tracey lui fermait directement la porte au nez. Arf, de toute façon, il allait finir par retoquer et mettant la main dans la poche, il attendait donc quelques instants avant de lancer une nouvelle offensive. Il eut à peine le temps d’échapper un rire que Tracey se repointa avant de le pousser pour se mettre sur le seuil de la porte plus loin. « Et sinon, je peux savoir ce que tu fous là ? Personne ne t'a invité, à ce que je sache ! » Sans blague. Caïn imite alors machinalement la petite moue offusquée de Tracey en croisant les bras comme elle pour la parodier de façon burlesque avant de rire allègrement. Il préférait rester silencieux et la laisser s’embarquer dans un long discours ou elle disait « s’inquiéter », « avoir passé des nuits blanches à se demander ou il était » et autres envolées lyriques ma foi plaisantes. Une guerre ? Ah oui, c’est vrai, passif et désintéressé comme il l’était, dans le petit cocon du département des mystères et sa baraque un peu reculée, c’est à peine s’il s’en rendait compte à vrai dire, et vu qu’il lisait pas trop les actualités et s’en foutait un peu, bah ça le touchait pas vraiment. A moins de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment, sa spécialité depuis qu’il était gosse quand même, il courrait quand même pas grand risque, surtout qu’il avait des contacts Mangemorts bien placés en cas d’urgence, sait-on jamais que son manque de zèle pour un des deux camps ne soit pas apprécié. Il finit alors par lui répondre, baissant son regard quelques instants avec un large sourire aux lèvres. « C’est pas comme si t’étais pas habituée Tracey, à vrai dire, au lieu de m’engueuler, tu devrais plutôt être contente de me voir… il me semble en effet que notre dernier entretien n’était pas des plus chaleureux, ou du moins, lorsque j’ai rompu cet entretien…. J’vois pas pourquoi j’aurais du te donner des nouvelles, aussi longtemps que j’puisse me rappeler, tu m’as trompé et j’tai dis que j’voulais plus te voir, et quand je dis que j’veux te plus voir, ça implique forcément de plus penser à toi et donc plus t’écrire ou te donner de nouvelles… enfin t’en a toujours fait autant et j’tai jamais engueulé à c’que je sache, donc déjà baisses d’un ton tu veux. La guerre ? Tu crois vraiment que j’ai une gueule à m’impliquer dans la guerre peut-être ? Détends ton string Tracey. » Il était presque agacé d’être celui à devoir donner des explications quand il était l’origine de la surprise et qu’il était techniquement en position de force vu l’état de leur relation actuellement. M’enfin, c’était Tracey et dans le fond il était sûr qu’elle était ravi de le voir en dépit de sa gueule enragée et ses harangues presque pamphlétaires. « J’ai aucune raison à te donner si ce n’est celle que j’ai du entériner ton acte de fidélité, ce qui ma foi me semble être plus qu’une excuse, un péché qui rehausse toute la bonté dont je fais part actuellement pour venir ici te pardonner et te voir. » Une fois n’est pas coutume, Caïn trouvait toujours le moyen de se mettre en avant et rappeler à Tracey ce qu’elle avait fait, cruel comme il était, il n’hésiterait pas à ressortir cet argument inlassablement si elle venait encore à protester, lui ressasser les moindres détails de ses paroles gravées dans la mémoire du jeune homme jusqu’à ce qu’elle cède. S’avançant alors vers la porte d’entrée, il ajouta : « Oh et j’ai pas mangé donc j’espérais également que tu m’invites à prendre le thé voire dîner, non à vrai dire plutôt dîner car j’ai quand même faim, j’ai entendu ta mère, je suis très impatient de la rencontrer … tu me dois bien ça hein, Tracey ? »
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MessageSujet: Re: what the fuck are you doing there? •• Caïn    Mar 19 Mar - 10:31


TRACEY DAVIS & CAIN WARRINGTON.
I hate everything about you, why do I love you?

Je me sentais mal. Vraiment mal. Je n'avais pas été préparée à ça, résultat, je perdais mes moyens. Je ne parvenais pas à me montrer aussi glaciale que je l'aurais voulu. A l'intérieur, je bouillonnais, même si j'étais en apparence très calme, même si j'étais certaine que mon regard me trahissait. De toute manière, si je voulais être un tant soit peu honnête envers moi-même, je devais au moins admettre que j'étais incapable de maîtriser mes émotions face à lui. Simplement parce que c'était lui. C'était lui et il était là, sur le pas de ma porte, arborant l'expression de celui qui préparait un mauvais coup. Je ne pouvais m'empêcher de flairer l'entourloupe, ce n'était pas normal qu'il soit ici. Il était là, face à moi, et je ne savais pas comment réagir. Pourtant, j'avais songé tant de fois à son retour, il m'était même arrivée de fantasmer nos retrouvailles, même si ces rêveries, au fond, me laissaient un goût amer sur le bout de la langue. Il était là, et j'avais mal. C'était comme si toute la souffrance, toute la rancoeur que j'avais accumulée ces derniers mois était revenue à la surface, menaçant de m'engloutir toute entière. Son absence avait été difficile à vivre, pour ne pas dire insupportable. il m'avait manqué, aussi fou que cela puisse paraître. Tout ça, je brûlais de lui dire, histoire de continuer dans mon élan passionnel de la dernière fois, mais la crainte de me faire à nouveau jeter était bien présente dans mon esprit et tempérait quelque peu mes ardeurs. À la place, je ne pouvais que pincer bêtement les lèvres, tout en dardant sur lui mon regard furieux. J'étais entre deux eaux : d'un côté, je voulais qu'il s'en aille, parce qu'il n'avait pas le droit de resurgir dans ma vie comme une fleur, et d'autre part, j'étais heureuse qu'il soit là, simplement parce que mon calvaire, en le voyant sur le pas de ma porte, avait instantanément pris fin. Attention, j'avais toujours à l'esprit que Caïn demeurait un Serpentard, qu'il savait être mesquin et fourbe quand il s'y mettait, et je m'attendais une fois encore à subir sa colère. Mais pourquoi s'en souciait-il tellement, dans le fond. Après tout, il ne m'aimait pas, je n'étais même pas sa copine et il n'avait sûrement pas dû se gêner pour aller voir ailleurs quand j'avais eu le dos tourné. J'étais d'autant moins sa petite amie que notre relation, à ce que je sache, était encore cachée aux yeux de tous, on n'était même pas officiellement ensemble, je persistais à croire qu'au fond, il avait honte de moi. J'étais même sûre qu'il n'hésitait pas à s'affirmer célibataire quand ça l'arrangeait, comme si moi je n'existais pas, comme si nous n'avions rien vécu ensemble, et cette attitude me décevait profondément, en plus de me blesser plus que ça n'aurait dû. Je m'en voulais de prendre les choses aussi à cœur, mais c'était plus fort que moi. Alors oui, j'étais furieuse et agacée de le voir débarquer ici, parce que non, je ne voulais pas le laisser entrer, d'autant plus que je ne savais pas comment le présenter auprès de mes parents. Et puis, c'était une chance que mon père n'avait pas encore sorti le fusil de chasse, même si ça ne saurait tarder. En fait, il valait mieux pour Caïn que mon père ne sache jamais que sa petite fille n'était plus si innocente, et qu'il avait fait pire que seulement la toucher.

La situation, en soi, avait quelque chose de ridicule. C'est qu'on avait l'air cons à se disputer ainsi, sur le pas de la porte. Certes, c'était moi qui avais ouvert les hostilités, et certes, je pouvais tout aussi bien le laisser entrer pour qu'on règle nos comptes à l'intérieur, mais je ne voulais pas que mes parents entendent ce qu'on avait à se dire. Déjà que pour eux savoir que j'avais caché ma relation pendant près de trois ans, ça n'allait pas forcément passer comme une lettre à la poste, si en plus ils savaient que je l'avais trompé, ça allait faire vraiment beaucoup. Alors, c'était donc ça, son plan ? Me faire passer pour une salope auprès de mes parents ? Je ne pouvais pas le laisser faire. Je devais mettre un terme à ce carnage immédiatement. Je ne le sentais pas du tout, comme on disait familièrement. J'avais même un très mauvais pressentiment. Ça allait encore tourner au pugilat, et à dire vrai, j'en avais marre, tout ce cirque me fatiguait. On ne pouvait pas avoir une relation plus ou moins normale, pour une fois ? « C’est pas comme si t’étais pas habituée Tracey, à vrai dire, au lieu de m’engueuler, tu devrais plutôt être contente de me voir… il me semble en effet que notre dernier entretien n’était pas des plus chaleureux, ou du moins, lorsque j’ai rompu cet entretien….[...] La guerre ? Tu crois vraiment que j’ai une gueule à m’impliquer dans la guerre peut-être ? Détends ton string Tracey. » Ah, il savait s'y prendre pour me mettre dans une rage folle. Je devrais être contente de le voir ? Mais il se fout de moi, ma parole. Et il osait remettre sur le tapis qu'il m'avait plantée l'autre jour. Et il osait rappeler mon adultère. Comme si je ne me sentais pas assez coupable comme ça. Il fallait qu'il en rajoute une couche, qu'il m'accable de reproches. Qu'il fasse donc ! Je n'étais décidément plus à ça près. Encore une fois, ses mots me blessaient. Il malmenait mon cœur déjà souffrant, il appuyait là où ça fait mal. Mon regard s'était assombri à mesure qu'il avait prononcé son discours, pour devenir finalement meurtrier lorsqu'il me conseilla de détendre mon string. Et il pensait sérieusement que ce trait d'humour, pour peu que ça en soit un, allait me détendre ? Au contraire, je n'en étais que davantage remontée.  « J’ai aucune raison à te donner si ce n’est celle que j’ai du entériner ton acte de fidélité, ce qui ma foi me semble être plus qu’une excuse, un péché qui rehausse toute la bonté dont je fais part actuellement pour venir ici te pardonner et te voir. » Ben voyons. Je ne pus m'empêcher de lever les yeux au ciel, montrant mon agacement de façon ostentatoire. Voilà qu'il se prenait pour je ne sais quel dieu miséricordieux, ou Mère Teresa, allez savoir, bref, un saint qui pardonnait les péchés de ses fidèles. « Ridicule. » sifflai-je entre mes dents serrées tout en secouant la tête d'un air navré. « Tu n'as rien d'un dieu, ni d'un apôtre, d'un curé ou que sais-je, la miséricorde ne fait pas partie, me semble-t-il, de tes attributions. » Ridicule, c'était le mot. Personnellement, je ne prenais pas sa visite surprise comme un acte de pardon, mais plutôt comme un acte de provocation. Venir m'attaquer chez moi, c'était bas, c'était mesquin, c'était venir me déclarer la guerre sur mon propre terrain. Je n'avais pas apprécié la façon dont il m'avait grossièrement imitée quelques instants plus tôt, ça m'avait même davantage vexée. « Oh, et au passage, tu es vraiment mauvais en matière d'imitation, il faudrait songer à une reconversion. » glissai-je sur le ton de la confidence, tout en lui adressant un sourire mauvais. « Oh et j’ai pas mangé donc j’espérais également que tu m’invites à prendre le thé voire dîner, non à vrai dire plutôt dîner car j’ai quand même faim, j’ai entendu ta mère, je suis très impatient de la rencontrer … tu me dois bien ça hein, Tracey ? »  Je ne te dois rien du tout! faillis-je m'écrier, mais je me retins juste à temps. Après tout, c'était inutile d'envenimer la situation, qui était déjà en soi bien critique.

Il était absolument hors de question que je le laisse entrer. Et puis quoi encore ? Il croyait peut-être qu'il allait s'inviter à notre table, comme la parfaite petite famille que nous étions censés être ? N'importe quoi. C'était n'importe quoi. Nous n'étions rien de tout cela. S'inviter chez les parents de l'un et de l'autre, c'était bon pour les couples normaux, or, nous étions tout sauf un couple normal. Je n'étais même pas sûre que l'on pouvait parler de couple tout court de toute manière. « C'est bon, tu as fini ? » grinçai-je, avec humeur, tout en le fusillant du regard. Il avait faim, disait-il ? Se doutait-il que j'étais capable de le laisser crever de faim, surtout après la scène qu'il venait de me faire ? Oh que oui, j'en étais parfaitement capable, et je ne me gênerai pas pour le faire. « C'est hors de question. » martelai-je, tout en insistant bien sur chacun de ces mots afin qu'il puisse en percuter toute la portée. « Va-t-en. » finis-je par l'intimer, très sérieusement. J'étais en colère. J'avais mal. Je ne voulais pas de lui ici. « Pour que tu puisses entrer, il va falloir me passer sur le corps. » grondai-je en le voyant faire un pas vers la porte. « C'est impoli de rentrer comme ça chez les gens sans y avoir été invité ! » Caïn s'en fichait de la politesse comme de l'an quarante. Je savais qu'il n'en avait rien à faire des conventions sociales, des codes de conduite et de toutes ces conneries. Au fond, je craignais juste l'opinion de mes parents à son sujet. Je savais très bien qu'il n'était pas forcément exemplaire, mais était-ce de ma faute si j'avais toujours été attirée par les mauvais garçons ? À moi, il me convenait, ça devrait même être l'essentiel, mais je ne voulais pas entendre mes parents dire que je méritais mieux, ou que savais-je comme connerie du même genre. « Tu n'as pas le droit ! » lançai-je, accusatrice. « Tu n'as pas le droit de t'effacer comme tu l'as fait et de revenir pour tout foutre en l'air. Tu n'as pas le droit de me laisser mariner pendant trois plombes et revenir la bouche en cœur, comme s'il ne s'était rien passé. Tu crois que je ne me sens pas assez coupable comme ça ? Je n'ai pas besoin que tu remettes sans cesse le sujet sur le tapis, tout en espérant une faveur de ma part sous couvert de ce seul argument parce que soi disant, je te dois bien ça. » je venais de l'imiter grossièrement en reprenant ses derniers mots, mimant des guillemets avec mes doigts. « De toute façon, je suis sûre que tu n'en as rien à foutre de rencontrer mes parents, simplement parce qu'en trois ans de temps, tu as largement eu le temps de me demander pour les rencontrer. Et comme par hasard, c'est maintenant que tu te dis impatient de rencontrer ma mère. Dis donc, le hasard fait bien les choses ma parole ! » C'était du bluff, tout du moins, en partie. C'était certain que dans le fond, il n'en avait rien à faire, mais je mentais quand je disais qu'il aurait pu me demander s'il voulait vraiment les rencontrer. Je mentais car de toute évidence, je n'avais jamais parlé de lui à mes parents, jamais. Dans ces conditions, comment j'aurais pu organiser une rencontre ? Cela ne faisait que de me conforter dans mon idée : j'avais bien fait de ne rien dire. « Au fond », repris-je, la gorge nouée, « je suis sûre que tu t'en moques, je ne suis même pas certaine que je sois importante d'une façon ou d'une autre, parce que moi aussi, depuis le temps, j'aurais pu rencontrer ta famille, alors ne fais pas comme si ça avait de l'importance pour toi. » Après tout, je n'étais qu'une fille de sang-mêlé, et une gamine de surcroît, comment je pourrais me faire accepter chez les siens ? Son ex avait sûrement eu droit à ce privilège, elle avait même dû se faire accepter parmi eux, mais moi, j'étais loin d'atteindre sa perfection, je n'étais qu'un produit bas de gamme en comparaison. « Va-t-en, s'il te plaît. » murmurai-je finalement, suppliante, en levant vers lui mon regard chargé de larmes. Je détestais être dans cet état, à fleur de peau, je détestais me rabaisser constamment à côté de cette fille qu'il avait aimée et que j'avais fini par diaboliser avec le temps. Je détestais penser que je n'étais sans doute pas assez bien pour lui, me dire que je ne serai jamais à la hauteur. Je détestais par dessus tout être amoureuse, parce que ça faisait plus de mal que de bien.
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MessageSujet: Re: what the fuck are you doing there? •• Caïn    Sam 23 Mar - 23:29


TRACEY DAVIS & CAIN WARRINGTON.
I love all the dirty tricks and twisted games we play on each other, but this time, I came to collect my price.

C’était assez jouissif comme moment. Voir la gueule totalement ébahie de Tracey. Caïn était ravi qu’elle se sente mal au plus haut point possible, il avait envi de lire cette gêne et cette douleur de façon lancinante pendant tout le reste de la journée. Car, non, il ne comptait absolument pas s’arrêter là. Croyait-elle vraiment qu’il était juste venu lui faire un petit « coucou » pour lui signaler qu’il était vivant, se faire engueuler et ensuite repartir aussi vite qu’il était venu ? C’était mal le connaître, au contraire, n’avait-elle pas encore compris que Caïn aimait se faire détester ? Que se faire détester était pour lui le meilleur moyen de se faire apprécier ? En effet, pour le reste, Caïn se considérait bien ennuyeux comme garçon, à part lire, regarder des films et écrire parfois quelques vers profondément nuls comme simple passe-temps, sans personne à martyriser, il était aussi seul et désespéré que le roi sans divertissements de Pascal. En général, il arrivait à supporter sa propre solitude, à vrai dire, depuis que sa sœur était morte, ou plutôt assassinée comme victime collatérale dans cette guerre sans sens, bien vite face à ses parents toujours trop occupés et peu soucieux de ses notes – aussi confiants que lui de ce point de vue-là, ils étaient persuadés qu’il ne se ferait jamais virer de toute façon, les chiens font pas des chats - , ils lui laissaient bien souvent peut-être trop de liberté, mais c’était loin de le déranger et il ne faisait pas partie de ces stupides personnes qui expliquaient leurs caractères par les « fautes » de leurs parents. Ses parents avaient certes été passifs, mais Caïn avait joué également un grand rôle dans son éducation car il était plutôt intelligent à son jeune âge, et il n’avait rien à incriminer à ses parents car il était parfaitement capable d’assumer ses tendances buissonnières, n’estimant aucunement le système scolaire et son fonctionnement lobotomisant selon lui. Il détestait particulièrement les gens qui souhaitaient justement s’apitoyer sur leur sort en sortant l’argument toujours facile de la parentalité, qui n’est pas toujours aisé, surtout lorsqu’un de ses propres enfants meurt en son sein, Caïn savait parfaitement que ses parents n’avaient jamais digéré la perte de sa sœur – comment auraient-ils pu en même temps – et qu’après cette perte, ils avaient probablement perdu quelque peu espoir dans l’idée de s’employer à être de parfaits parents et famille brisée qui se relève. A quoi bon mentir, à quoi bon faire des sourires forcés, à quoi bon paraître concerné quand depuis bien longtemps, ils étaient devenus tout aussi désintéressés par la vie que Caïn l’était par cette fameuse guerre ? A rien et c’est précisément pour cette raison que Caïn les avaient toujours admirés à vrai dire, enfin une famille capable d’assumer le fait que perdre un enfant, ça fait mal, qu’on s’en remet jamais et que personne si ce n’est les concernés ne peuvent comprendre cette peine. Caïn y compris. Il haïssait les gens qui lui disaient « je te comprends », non tu ne me comprends pas vu que tu n’as pas perdu ta gentille sœur aînée donc tais-toi silteplaît. Quoiqu’il en soit, depuis, Caïn n’avait aucun problème à traîner parfois seul dans sa chambre, dans sa maison, dans les bois, dans le parc de Poudlard lorsqu’il était jeune, mieux vaut être seul que mal accompagné et son esprit avait toujours été assez calme, du moins, lorsqu’il n’était pas – ou qu’il ne se mettait pas à y penser – avec Tracey. Dès lors qu’elle entrait son esprit, il n’était plus capable d’avoir les idées claires, son esprit n’était plus aussi aéré et en osmose comme précédemment, des chemins sinueux, sentiments contradictoires, obscurités scintillantes et attirantes poudraient et l’envahissaient comme une vague d’opium chez un jeune fraîchement arrivé de province dans la ville. Tout est pourtant si tranquille chez lui, jamais perturbé, toujours touché par l’ataraxie stoïque, Tracey était comme le fruit défendu qu’il n’aurait jamais du goûter et qui le hantait en dépit de toutes ses tentatives pour la rejeter. Et la preuve en est, il était venu, quand pour une fois, il était en position en domination et qu’il aurait très bien pu l’oublier aussi vite qu’il était parti de cette chambre à la tête du sanglier.

« Tu n'as rien d'un dieu, ni d'un apôtre, d'un curé ou que sais-je, la miséricorde ne fait pas partie, me semble-t-il, de tes attributions. » Caïn levait un sourcil, un sourire amusé se glissant au creux de sa joue. Ah bon ? Il aurait presque cru tiens. L’infidélité avait pourtant été la parfaite raison, la parfaite « excuse » pour qu’il cesse leur relation, qu’il cesse de perdre son temps et sa tête avec une jeune étudiante qu’il avait fréquenté bien trop longtemps si bien qu’elle était à présent à deux doigts de le corrompre, lui et ses valeurs pourtant intangibles. Pourquoi par hercule était-il donc revenu la voir, alors qu’il était pourtant sûr qu’elle ne reviendrait jamais le voir vu les cruelles paroles qui lui avaient adressé la dernière fois ? Car Caïn était con, et que sans Tracey, en dépit de sa solitude assumée et appréciée, il se faisait chier, il s’ennuyait, lui dans son château sans bouffons, sans jouets, sans reines et divins plaisirs de chair comme de tendresse. Aussi sot que cela puisse paraître, Caïn réalisait lentement qu’il avait besoin d’elle, mais lui admettre serait trop vain, trop mièvre, elle le repousserait tout comme il l’a repoussée lorsqu’elle l’a fait lors de leur dernière rencontre. Ils s’aimaient toujours mieux dans la haine de toute façon. « Tu serais surpris Tracey, comme l’apôtre je ne prie que pour toi, comme un curé je ne sors mon plus beau vin que pour toi, comme un dieu je continue de te pardonner en dépit de toutes les sottises que tu profères à la seconde comme un parasite. » dit-il en écartant ses mains avant de les joindre devant lui, ayant pris un air solennel alors que sa tête s’était penchée vers Tracey durant son discours, près de ses lèvres avant de se redresser en croisant cette fois-ci ses bras. Il essayait d’entrer mais elle continuait de protester en vociférant des « va t-en » et autres expressions qui indiquaient la volonté qu’il quitte les lieux, la seule qui retint vraiment son attention fut : « Pour que tu puisses entrer, il va falloir me passer sur le corps. » Retournant la tête avec un air faussement outré en se faisant presque un double menton, un nouveau sourire se dessina aux creux de ses lèvres. « Eh bien, je pensais que tu comptais attendre qu’au moins nous soyons dans ta chambre mais ce sera avec plaisir. » Et il fit un pas vers la porte alors qu’elle continuait d’essayer de l’arrêter. « Impo-quoi ? Bizarre, première fois que tu arrives actuellement à prononcer une phrase avec un langage à peu près soutenu puisque tu parviens à me poser une colle… hun, il faut croire que les Mangemorts au pouvoir redressent au moins l’éducation, c’est une bonne chose. » Il continuait de faire quelques pas alors qu’elle invoquait des quelconques droits, comme si elle se trouvait à une manifestation de moldues pour le mouvement des droits civils... presque amusant tant cela paraissait anachronique. Il se retourna, en soupirant quelque peu agacé pour la première fois depuis qu’elle partait dans ses harangues. Il tapotait légèrement son pied contre le sol du pas de sa porte en l’écoutant. Bravo. Elle avait actuellement compris que sa venue constituait sa vengeance, que s’il remettait ça sur le tapis, c’était précisément parce qu’il ne l’avait pas vraiment encore pardonné, ou du moins que cela achèverait le processus qu’il avait mûri ces derniers temps. Il applaudit alors quelques instants la jeune femme. « Je suis impressionné… mon dieu tu as pris des cours particuliers ces derniers temps ? Tu es d’une perspicacité presque effrayante. Toutefois, j’estime que les grands esprits doivent finir par se rencontrer et je suis – sincèrement – plutôt excité à l’idée de rencontrer tes parents, qui, je suppose devaient attendre ma venue depuis assez longtemps car évidemment, tu leur as parlé de moi ? » Il arborait un large sourire, sachant pertinemment que bien entendu, Tracey ne leur en avait pas parlé. A quoi bon ? Leur relation n’avait jamais été claire, il était plus vieux qu’elle, leur relation de base n’était pas saine, et avait toujours été secrète, jusqu’à leur cercle le plus intime. Rapidement, Tracey tentait de jouer la carte du pathos alors que Caïn levait les yeux en l’air, les larmes aux yeux lors de sa dernière invective. « Par pitié Tracey, épargne-moi les larmes, tu veux que je m’en ailles ? Hein c’est ça ? Sauf que moi j’ai pas envie de partir, j’ai pas envie que tu continues à me tromper à tout bout de champ pour te prouver que tu m’aimes pas ou j’sais pas quelle autre connerie de nana pseudo-torturée et ça passe par rencontrer tes parents une bonne fois pour toutes pour que tu puisses plus regarder en arrière, que t’arrêtes de me torturer et que t’arrêtes de te poser tout le temps des questions… vu que t’es totalement incapable de prendre une décision de toute façon, comme toutes les femmes je suppose, je vais le faire pour toi. » Se retournant rapidement, il sonnait alors à la porte deux fois avant d’attendre, Tracey ne pouvait plus rien faire à présent si ce n’est rejoindre le bateau et tenter de sauver son navire du désastre probablement ; au bout d’un moment pour résoudre ces merdes il faut affronter le taureau par les cornes comme lorsqu’on balance un gosse sur un vélo du haut d’une colline pour qu’il apprenne à pédaler, quitte à se prendre une gauffre monumentale.
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MessageSujet: Re: what the fuck are you doing there? •• Caïn    Dim 24 Mar - 12:28


TRACEY DAVIS & CAIN WARRINGTON.
when the damage has been done, and the hurting has begun, you'll justify a moment's pleasure.

Une fois le moment de choc passé, c'était la colère qui revenait à grands galops. Si j'avais été un péché capital, sans nul doute aurais-je été l'ancienne ire, bien plus que l'orgueil, même si j'étais loin d'en être dépourvue. À dire vrai, ces dernières années, j'avais tellement dû m'asseoir sur ma fierté, sur ma dignité, que cette tendance avait aujourd'hui presque totalement disparu. De l'orgueil, je n'en avais plus que pour les choses futiles, sans intérêt. Ce n'était donc pas le point de caractère qui prédominait chez moi. Par ailleurs, on m'avait souvent reproché mon agressivité. Je ne savais, malgré tout, pas garder mon sang-froid, et j'avais bien du mal à assumer d'être aussi émotive dans un milieu où on exigeait de moi la neutralité, voire même l'incapacité à exprimer ses émotions. L'image de la fille froide, indifférente, voire même frigide, c'était une image que je donnais de moi-même et qui était loin d'être le reflet de la réalité. Je n'irais pas jusqu'à dire que ce mensonge que j'avais façonné d'années en années était aux antipodes de ce que j'étais vraiment, mais c'était l'idée, j'avais tellement l'habitude de me glisser dans un rôle, de jouer les caméléons, que je m'étais perdue moi-même, ensevelie sous des tonnes de mensonges. Car pour mentir, il s'avérait que j'étais plutôt douée, voire même un maître à penser en la matière. Je mentais comme je respirais, et parfois, je me persuadais de certaines choses, juste comme ça. Ce trait de ma personnalité contrastait avec ma propension à la franchise, en fait, j'étais un paradoxe à moi toute seule, tout et son contraire, tant et si bien qu'il était parfois difficile de s'y retrouver. Au moins, j'en étais consciente, ce qui n'était pas forcément le cas de tout le monde. Quoiqu'il en soit, il était plutôt facile de me faire sortir de mes gonds, et ça, Caïn l'avait compris, sinon, il ne serait pas sur le pas de ma porte à tenter de jouer le rôle du petit-ami très impliqué dans sa relation de couple. Couple qui n'en était pas un, d'ailleurs. Et toute cette attitude m'irritait au plus haut point, en plus de me contrarier, ne serait-ce qu'un peu. J'avais beau me dire qu'il faisait tout ça pour me faire enrager, je ne parvenais pas à prendre de la distance par rapport au carnage qui s'amorçait sous mes yeux, et qui me procurait un sentiment d'impuissance assez désagréable. Mon esprit fonctionnait à toute vitesse tandis que j'essayais de trouver un moyen pour l'arrêter. J'avais essayé de discuter, de négocier, mais apparemment, ce n'était pas mon fort puisqu'il n'avait pas renoncé à son idée première, c'est à dire s'incruster chez moi, chez mes parents. J'avais essayé de gagner du temps de cette façon, mais ma manœuvre s'était avéré des plus inutiles, Caïn était malheureusement pour moi quelqu'un qui agissait au lieu de parler, alors que pour ma part j'étais tout le contraire. Enfin, cette dichotomie entre nos deux personnalités ne m'avait jamais dérangée plus que ça puisque, paraît-il, les opposés s'attirent.

Alors lorsqu'il parla d'éventuellement me pardonner, ma paranoïa m'avait sitôt incitée à la méfiance. Je ne comprenais pas réellement en quoi se donner en spectacle devant mes parents allait faire office de pardon, à moins que comme toujours, pour qu'il se sente à nouveau bien, il soit obligé de me faire du mal à son tour. En l'espèce, le mal serait donc quelque chose du genre me foutre la honte de ma vie en ayant une attitude répréhensible. Un truc dans le genre. Méfiance, donc. C'était ridicule. Complètement ridicule. À la limite, j'aurais préféré qu'il cesse tout contact, purement et simplement. À mon sens, ça aurait été beaucoup moins douloureux. Mais non. C'était trop demander à Caïn de s'effacer en toute discrétion, il avait souvent cette théâtralité qui m'exaspérait par moments. S'il n'avait donc pas tenté de faire une sortie honorable – tout du moins, pour lui – ça n'aurait pas été normal, pas du tout, même. Je ne comprenais donc pas non plus pourquoi il revenait à la charge. C'est vrai, quoi, il pouvait avoir toutes les filles qu'il voulait, pourquoi s'embêtait-il avec moi ? Je ne pensais pas par ailleurs que je puisse être une si bonne distraction puisque dans l'ensemble j'étais assez ennuyeuse comme fille. J'aspirais à une vie normale, tranquille, presque routinière, je manquais cruellement de fantaisie, je passais ma vie dans mes bouquins, j'étais trop rationnelle pour mon propre bien. Je rejetais sans cesse tout ce qui n'entrait pas dans le schéma que j'avais établi à l'avance, d'ailleurs, apprendre que j'avais des pouvoirs magiques était le grand drame de ma vie puisque toutes mes convictions, toutes mes certitudes avaient été ébranlées à causes de ces quelques étincelles qui ont changé ma vie. Je ne voulais pas aller à Poudlard, je ne voulais pas être cataloguée comme étant anormale, je refusais tout ce qui était hors de mon contrôle. J'étais vraiment loin de me douter qu'on puisse avoir quelques uns de ces points en commun, lui et moi. Peut-être que c'était ça la clef de notre relation, finalement, qu'on avait besoin de l'autre pour se sentir exister, pour se sentir important au moins pour quelqu'un. Car sans l'autre, nous n'étions rien, nous étions voués à crever dans l'indifférence et l'infâme manque de reconnaissance des autres, nous étions les deux parts d'une seule et même entité et je l'avais compris trop tard, et d'une bien douloureuse façon de surcroît. On voulait sans doute la même chose, mais nous étions incapables de l'exprimer.  « Tu serais surpris Tracey, comme l’apôtre je ne prie que pour toi, comme un curé je ne sors mon plus beau vin que pour toi, comme un dieu je continue de te pardonner en dépit de toutes les sottises que tu profères à la seconde comme un parasite. »  Il se foutait de moi, c'était obligé. J'étais partagée entre l'envie de rire devant le grotesque de sa réplique, et celle de lui lancer une œillade meurtrière. En fait, j'étais tout simplement surprise, surprise qu'il me répondît de cette façon, si bien que j'avais ouvert des yeux grands comme des soucoupes, avant d'arquer un sourcil blasé. « Trop aimable. » ne pus-je m'empêcher de railler, le cœur encore battant de sa trop soudaine proximité. Je n'avais pas eu le temps de m'y préparer, et de le voir si proches, je m'étais sentie bouillonner de l'intérieur, brûlant de ce désir inassouvi, désir exacerbé de voir ses lèvres si appétissantes si proches des miennes. La seule solution pour me défaire de tout ça était donc de me réfugier derrière le sarcasme, comme lorsque j'étais à bout d'arguments. Je détestais ne pas avoir le dernier mot, mais là, j'étais bien obligée de faire avec. « Eh bien, je pensais que tu comptais attendre qu’au moins nous soyons dans ta chambre mais ce sera avec plaisir. » Espèce de...Il m'énervait ! Et ce d'autant plus qu'un frisson d'anticipation était né en mon for intérieur bien malgré moi, parce qu'il m'avait manqué. Mon désir revenait à la charge, en ce moment précis, je n'aspirais qu'à river mon corps au sien, de le sentir tout contre moi, en moi, car cela faisait bien trop longtemps que nous n'avions pas fait l'amour, et j'en venais presque à regretter cette proximité qu'il y avait entre nous dans ces moments là. D'ailleurs, ma dernière partie de jambes en l'air en date était précisément l'objet de notre discorde, et ce souvenir n'était pas très glorieux, loin s'en faut. « Impo-quoi ? Bizarre, première fois que tu arrives actuellement à prononcer une phrase avec un langage à peu près soutenu puisque tu parviens à me poser une colle… hun, il faut croire que les Mangemorts au pouvoir redressent au moins l’éducation, c’est une bonne chose. […] Toutefois, j’estime que les grands esprits doivent finir par se rencontrer et je suis – sincèrement – plutôt excité à l’idée de rencontrer tes parents, qui, je suppose devaient attendre ma venue depuis assez longtemps car évidemment, tu leur as parlé de moi ? » Je me mordillai la lèvre inférieure très fort, comme pour retenir la flopée d'injures qui menaçait de se déverser de mes lèvres, tel un poison foudroyant. Encore une fois, je me laissais submerger par la colère. Il n'avait pas le droit de dire ça. Qu'il puisse cautionner les agissements des Mangemorts avait le don de me mettre hors de moi. Ça se voyait que c'était pas lui qui avait goûté aux joies des Doloris et autres horreurs pendant tout ce temps, surtout qu'il devait avoir la belle vie au Ministère ! Je ressentis alors une certaine lourdeur au niveau de l'estomac, comme si j'avais avalé une bonne dizaine de briques. Nous n'étions pas dans le même camp. Et c'était problématique. Je l'avais compris alors que je ne voulais pas le comprendre, m'enfonçant comme d'habitude dans le déni. Je ne pouvais pas l'aimer. Je n'avais pas le droit. Surtout qu'aux yeux de bon nombre de personnes, j'étais une fille de moldus – bien que dans les faits, ce ne soit pas le cas. Je...je ne pouvais plus respirer. J'aurais voulu hurler, m'insurger contre toutes ces injustices. « En quel honneur aurais-je dû leur parler de toi, franchement ? » grinçai-je, ne pouvant m'empêcher d'être mauvaise. « Pour cela, il aurait fallu que nous soyons un couple, or, aux dernières nouvelles, ce n'est pas le cas. Crois-tu comment mon père aurait réagi en sachant que tu sautais sa petite fille chérie, et que tu étais plus âgé de surcroît ? Je lui ai au mieux évité un infarctus, au pire, qu'il y ait un meurtre dans cette maison. » à cela, il n'attendait pas forcément une réponse, ça m'avait tout l'air d'être une question rhétorique. Il devait se douter que je n'avais rien dit à mes parents, mais je prenais un malin plaisir à le lui confirmer, c'était de bonne guerre, après tout.  « Par pitié Tracey, épargne-moi les larmes, tu veux que je m’en ailles ? Hein c’est ça ? Sauf que moi j’ai pas envie de partir, j’ai pas envie que tu continues à me tromper à tout bout de champ pour te prouver que tu m’aimes pas ou j’sais pas quelle autre connerie de nana pseudo-torturée et ça passe par rencontrer tes parents une bonne fois pour toutes pour que tu puisses plus regarder en arrière, que t’arrêtes de me torturer et que t’arrêtes de te poser tout le temps des questions… vu que t’es totalement incapable de prendre une décision de toute façon, comme toutes les femmes je suppose, je vais le faire pour toi. » Et avant que je n'ai eu le temps de protester davantage, je le vis avec horreur appuyer avec insistance sur la sonnette. J'étais complètement sidérée par un tel culot, et je sentis un sursaut de panique m'envahir. Encore une fois, je ne comprenais pas trop le sens de sa démarche, et il venait de me mettre au pied du mur, ce que je n'appréciais pas, de toute évidence. Je me sentais l'âme d'un chat qui venait d'être jeté dans une baignoire pleine de flotte. Je lui lançais un regard empli de promesses de représailles à venir. Il avait réussi à me donner des sueurs froides, et je n'avais aucune envie que ma mère, ou mon père d'ailleurs viennent jouer les arbitres. « Oh et puis merde ! » lançai-je rageusement en ouvrant la porte comme une furie, avant de m'engouffrer à l'intérieur comme un ouragan. Je refusais une fois de plus d'admettre qu'il avait gagné. C'est bien entendu ce moment là que ma mère choisit pour surgir de la cuisine, sans doute alertée par mon entrée pour le moins fracassantes. « Maman, prévois une autre bière, il semblerait qu'on ait un invité supplémentaire. » Ma mère me jeta un regard interloqué avant d'examiner l'invité en question. « Oh, et toi, ferme la porte, tu veux? » m'adressai-je à Caïn tout en lui lançant un regard assassin. Sur-ce, j'allai dans le salon, me laissant tomber sans aucune grâce dans le canapé, tandis que mon père venait de poser son journal sur ses genoux pour toiser à son tour le nouvel arrivant. Je m'emparai finalement de ma bouteille, avant d'attraper une autre cigarette. J'en avais réellement besoin, sinon j'allais tuer quelqu'un incessamment sous peu. En fait, j'avais précisément envie d'étrangler celui qui venait de s'installer à côté de moi parce qu'évidemment il n'y avait pas de place ailleurs. Ma mère était revenue avec ce que j'avais demandé. Elle venait de décapsuler la bouteille et de la donner à notre invité. J'attendis qu'elle se soit installée dans son fauteuil pour éclaircir la situation. Je tirai une bouffée sur ma cigarette, avant de passer une main embarrassée dans mes cheveux. « Papa, maman, je vous présente Caïn, un ami à moi. » Je retins à grand peine le sourire triomphant qui menaçait d'éclore sur mes lèvres. Que j'eus appuyé sur ce terme en particulier n'était en rien un hasard, le mot ami était savamment choisi. Implicitement, je l'avais mis au défi d'oser dire qu'il était plus qu'un ami, que quand on se retrouvait, ce n'était certainement pas pour jouer aux cartes, et qu'en plus, ce petit manège durait depuis près de trois ans. Qu'il ose donc, puisque je l'attendais au tournant !
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MessageSujet: Re: what the fuck are you doing there? •• Caïn    Lun 1 Avr - 21:30


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Caïn s'était toujours demandé à quoi ressemblaient les parents de Tracey. Pas qu'il en avait fait une folle obsession presque malsaine, mais bien qu'il détestait le fait qu'on ramène parfois tout à l'éducation, force est de constater que bien souvent les enfants sont issus de l'éducation qu'ils ont reçus. Avec une Tracey si colérique, si cruelle et si manipulatrice lorsqu'il s'agissait de leur relation, ils imaginaient des parents plutôt laxistes, qui n'ont jamais été capables de réellement dompter la jeune femme ou alors qui n'ont jamais pris la peine de serrer la muselière étant donné qu'elle était plutôt bonne élève. Dans le fond, leurs parents n'étaient pas si différents les uns des autres, du moins selon l'intuition de Caïn, et ce dernier pensait même peut-être à tort qu'ils s'entendraient biens s'ils étaient un jour amenés à se rencontrer ou se croiser. Etrange donc que pourtant leurs enfant semblent quatre-vingt pour cents du temps se haïr comme la peste. Les chiens ne font pas des chats et Caïn voyait également en cette rencontre hasardeuse et opportuniste avec ses parents, masquée d'une légère revanche personnelle pour son ego souillé, l'occasion de peut-être approfondir sa relation avec Tracey, et peut-être mieux la comprendre. Après tout, si leur relation à l'heure actuelle paraissait si compliquée, si saupoudré d'égoïsme, de non-dits, secrets et fausses apparences, c'est bien parce que justement ils se confiaient en réalité très peu l'un à l'autre, les confessions sur l'oreiller étaient rares ; et pourtant, Caïn aimait sincèrement Tracey, quoiqu'il dise et quoiqu'il fasse. Elle avait beau paraître ne pas comprendre, ne pas voir son amour, force est de constater qu'il avait quitté Katherine pour elle, jeune femme qui était pourtant bien plus avantageuse qu'elle, que ce soit dans son charisme, dans le statut de son sang, dans le fait qu'il la tienne hautement dans son estime et qu'il connaissait tout d'elle comme elle connaissait tout de lui. Meilleurs amis et amants, il l'avait quittée pour Tracey, et il était resté avec elle pendant trois années à présent, en dépit de la séparation, en dépit des crises, en dépit des "plus jamais" , en dépit de Poudlard, en dépit de sa tromperie même, il était encore là. Caïn n'avait pas de meilleures preuves d'amour à lui montrer que le fait même de sa présence, et il savait que si Tracey doutait tant de lui, c'est car elle ne le connaissait probablement pas, ou du moins, pas comme les gens normalement constitués doivent se connaître c'est à dire sachant une légère biographie de leur partenaire, ses ambitions, ses centres d'intérêts, ses pensées politiques, ses autres fréquentations, parmi ces choses constituant habituellement toute relation, amicale ou amoureuse, Tracey n'en connaissait que très peu, ses centres d'intérêt à la limite et dans ses pensées politiques le fait peut-être qu'il crache sur la politesse et le système scolaire, mais le bilan restait tout de même mince. Toutefois, la donne était la même concernant Caïn mais il souhaitait y remédier à présent. Pourquoi ? Car aussi cruel et douloureux qu'avait pu lui paraître l'infidélité de Tracey, elle lui avait aussi permise de réaliser qu'il tenait bien plus à la jeune femme qu'il ne se l'était réellement admis, et par orgueil il souhaitait être enfin probablement dévoilé aux yeux de tous, dans son horreur et son charisme le plus magnifiés, pour ne pas qu'il ait à revivre la même expérience qu'il y a quelques temps.

« En quel honneur aurais-je dû leur parler de toi, franchement ? » C'était une bonne réponse à laquelle Caïn souriait néanmoins. En effet, Caïn savait pertinemment que la dernière chose que Tracey avait du souhaité, c'était raconter ses folles galipettes avec un Serpentard plus âgé à ses patriarches, si lui était un garçon et qu'il pouvait par stéréotype masculin bien ancré dans la société, se permettre des confidences plus poussées qu'une jeune adolescente, le fait que leur relation n'ait jamais été officielle n'aidait pas le processus. Pourtant Caïn pensait intimement qu'elle aurait pu l'évoquer un jour, sans en dire plus, peut-être mentir sur son âge et sa situation, après tout ses parents avaient déjà du lui demander si elle n'avait pas un petit préféré comme le veut l'expression. « Tu sais, je suis un sang-mêlé et ma situation financière est honorable.. cesses de te penser comme une princesse de sang-pur, je n'ai aucune dote à te donner ni un bracelet de virginité à porter pour éviter l'infarctus à tes parents. Qui te dit que moi je ne l'ai pas fait de mon côté ? » lui demanda-t-il l'air assez confiant. Après tout, étant donné qu'elle ne connaissait rien de sa famille et de la façon dont il se comportait avec eux, il aurait très bien pu réellement le faire sans qu'elle le sache ou qu'elle s'en doute. Caïn cherchait surtout à lui prouver que c'était principalement parce qu'ils ne se connaissaient pas assez qu'ils s'engueulaient sans cesse et que leur relation était si tendue. Caïn, derrière son sarcasme et son humour noir, tentait probablement de faire le premier grand pas dans l'évolution de leur relation, dommage que Tracey s'en rende compte, mais tant pis, Caïn n'hésitait pas à adosser le rôle du mauvais garçon quand c'était nécessaire, bien que souvent, il avait déjà ce rôle attitré d'office. Rapidement les choses s'enchaînèrent alors et Tracey au départ paniquée pris rapidement la marche en lui ouvrant la porte. Rapidement, un nouveau monde s'ouvrait à Caïn alors qu'il dévorait des yeux chaque meuble et chaque recoin de la pièce principale qui lui révélait potentiellement des informations sur Tracey. Cette dernière semblait plutôt nonchalante, ne prenant la peine de présenter le jeune homme en demandant à sa mère de prévoir une autre bière, ce qui amusa le jeune homme. Etait-ce simplement une façade pour paraître décontractée ou était-elle toujours ainsi avec ses parents ? Caïn avait tout le reste de la journée pour le découvrir. En silence, il s'asseyait à côté de la jeune femme alors que la mère de la jeune femme arriva avec une bière fraîche. Aussitôt Caïn se levait. Il était temps pour lui de jouer le grand jeu et s'amuser un peu. De façon nonchalante, il attrapait la main de sa mère avant de la baiser délicatement : « Pardonnez mon entrée quelque peu précipitée madame, il faut dire que j'ai cru un instant avoir affaire à la soeur de Tracey, c'est un plaisir de vous rencontrer. » charmeur sur les bords, il attrapait la bière avant de se rasseoir en regardant Tracey, un large sourire aux lèvres. Sa mère rejoignit son père de l'autre côté de la pièce qui le regardait d'un air interloqué. Tracey le présentait alors comme un ami avant de lui lancer un regard provocateur, ayant volontairement appuyer sur le mot ami qui prenait un tout autre sens. Amusant. Caïn regardait alors ses parents qui le regardait tout deux les yeux intrigués, attendant volontairement une réponse ou addition de sa part. Que le spectacle commence. « J'ai en effet l'honneur de fréquenter votre fille depuis quelques temps déjà, je dois bien avouer que mes intentions n'étaient pas réellement nobles au départ, mais votre fille a su me résister jusqu'à ce que j'apprenne à découvrir toute sa beauté intérieure qui est corrélative voire supérieure à sa beauté de façade, et que, depuis je me plais à penser qu'elle est mienne et que je suis sienne. » Avouer ses faiblesses, c'était déjà un bon début car Caïn savait bien que son père n'était pas dupe et qu'il se doutait bien qu'il ne croirait aucunement à l'idée d'un ami qui possède une relation purement platonique avec sa fille, alors autant jouer cartes sur tables, tout en enjolivant la réalité dans la mesure du plausible pour se donner le bon rôle quand même. Prenant quelques gorgées de sa bière, il posa sa main sur le genou de Tracey en lui lançant un regard presque ingénu pour avoir l'air convaincant dans le rôle du petit ami crédule avant de rajouter : « Ne vous en faites pas, je ne suis pas venu demander la main de votre fille, mais j'étais à vrai dire impatient d'enfin vous rencontrer, et j'ai simplement souhaité surprendre Tracey car je sais bien qu'elle peut se révéler en général assez cachotière là-dessus n'est-ce pas Tracey ? » Caïn levait un sourcil avant de soudainement attraper la cigarette, juste pour la faire chier tiens et qu'elle fulmine intérieurement. « Et puis voyons, tu sais très bien que je n'aime pas te voir fumer, tu connais en effet mes tendances asmathiques.. » dit-il en écrasant alors sa cigarette sur le cendrier, il pouvait peut-être sentir la clope, il n'avait qu'à dire que c'était la faute de Tracey à présent, même si intérieurement, il riait de son propre mensonge, c'était encore plus drôle quand il se donnait un autre rôle, si cela ne faisait pas rire Tracey, lui en tout cas se fendait la poire dans le fond. Levant la tête, il sentit alors l'odeur d'un potentiel dîner et ajouta pour combler le vide actuel : « L'odeur d'un agréable met se fait sentir, j'espère ne pas vous avoir déranger, j'espérais à vrai dire pouvoir peut-être partager un repas avec vous pour que nous fassions plus ample connaissances, si vous y consentez bien entendu... » maintenant il ne pouvait compter que sur la potentielle bonne impression qu'il avait fait auprès de ses parents, bien qu'il se doutait que Tracey allait catégoriquement empêcher ce qu'elle estimait probablement être une catastrophe mondiale, mais il n'en n'avait que faire. Son regard charmeur et faussement innocent semblaient avoir tapés dans l'oeil de sa mère, ne pouvant encore discerner ce que pensait son père de lui, Caïn était confiant et attendait patiemment de voir comment Tracey et sa chère famille allaient réagir à ses belles paroles et sa demande...
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MessageSujet: Re: what the fuck are you doing there? •• Caïn    Mar 2 Avr - 23:37

J'allais le tuer. J'étais véritablement en rogne et mes envies de meurtre augmentaient de façon exponentielle. Depuis qu'il était apparu sur le pas de ma porte, dans ma tête, il était déjà mort une bonne dizaine de fois, et dans d'atroces souffrances qui plus est. Je ne me souvenais pas de m'être un jour mise autant en colère à cause de lui. Certes, on s'engueulait souvent, parfois même pour des broutilles, mais ça n'avait jamais été à ce point. S'il était venu pour venir faire la paix, il pouvait toujours courir parce que je n'étais pas près de me calmer. Mon cœur tambourinait dans ma poitrine avec force et le sang me bourdonnait aux tempes. Gageons même que je devais avoir deux belles plaques rouges sur mes joues habituellement blafardes, c'était peu dire que j'étais en pétard. Il valait mieux pour lui qu'il disparaisse hors de ma vue sinon j'allais faire un massacre. Mais non. Au lieu d'apaiser mon esprit fulminant, il ne faisait que jeter de l'huile sur le feu en m'imposant sa présence et en jouant à fond la carte de la provocation. Au final, je comprenais presque pourquoi il était parti la fois dernière, lorsque nous nous étions disputés. J'étais tellement en rage que sa seule présence suffisait à m'irriter davantage et je ne pouvais plus le tolérer dans mon champ de vision. Voilà pourquoi je m'étais brusquement détournée pour ouvrir la porte avec fracas et entrer dans ma maison comme une furie, l'intrus sur mes talons. Dans ces moments là, Caïn était pire qu'un mauvais sort, s'en débarrasser était mission impossible. Malheureusement pour moi, quand il avait une idée derrière la tête il ne l'avait pas ailleurs et j'en faisais encore les frais. Alors que ma mère apportait une boisson supplémentaire, je songeais déjà à ma prochaine vengeance qui risquait fort d'être salée. Le pire, c'était sans doute que je n'en avais strictement rien à faire de ses raisons, il n'avait rien à faire là, point. Qu'il veuille faire un pas supplémentaire dans notre relation, je n'y croyais même pas. C'était encore une de ses tentatives pour me déstabiliser, pour me faire croire à quelque chose qui n'existerait jamais. Pour un peu, j'en aurais pleuré de rage. À la place, je bouillonnais intérieurement, jetant à Caïn une oeillade meurtrière tandis qu'il s'installait à côté de moi. Ben voyons. De là où il était, il devait certainement jubiler de me sentir bouillir de la sorte, car j'étais prête à parier tout l'argent que j'avais sur mon compte en banque que je dégageais une quantité de chaleur assez impressionnante. qui te dit que je ne l'ai pas fait de mon côté? Je me mordillai la lèvre inférieure pour m'empêcher de glousser non sans cynisme. Il était sérieux, là ? Il aurait parler à ses parents de sa petite copine de sang-mêlé qui venait tout juste d'avoir dix-huit ans ? Je n'y croyais pas non plus. Là, cette fois, c'était simplement pour me faire culpabiliser de ne rien avoir dit à mes parents, bien que connaissant ma mère, elle avait sans doute dû deviner ce qui se tramait dans ma vie sentimentale. C'était ma mère après tout, elle me connaissait mieux que quiconque, et même si j'avais tâché d'être la plus discrète possible, il y avait des signes qui ne trompaient pas. Mon père, par contre, devait toujours croire que j'étais pure et innocente, d'ailleurs, il avait mis ma déprime de ce début de vacances sur le dos d'un coup de froid que j'aurais attrapé. Il m'avait même demandé si j'étais malade, c'était peu dire. Il était vraiment à côté de la plaque lorsqu'il s'y mettait.

Ma folie meurtrière monta crescendo lorsqu'il alla saluer ma mère. ma soeur. Bon dieu. Il avait déjà touché le fond, voilà qu'il creusait encore. Il savait pertinemment que je n'avais pas de sœur, que j'étais fille unique. Je vis à mon grand désespoir que cela avait fait mouche car ma mère avait légèrement rougi comme une péronnelle à ses mots. Le pire, c'était sans doute que je savais qu'il était en train de jouer un rôle, pour la simple et bonne raison qu'il ne s'était montré jamais aussi mielleux avec moi, pas même pour me séduire. En fait, je crois bien que s'il s'était comporté de la sorte dans l'espoir de me mettre le grappin dessus, pour sûr que j'aurais fui à grandes enjambées. Je manquai de m'étouffer avec ma bière lorsqu'il se lança dans sa tirade suivante. Il venait de dire devant mes parents, de façon certes implicite que lorsqu'on se voyait, on ne faisait pas que jouer aux cartes. Je jetai un regard craintif en direction de mon père, qui avait brusquement changé de couleur. Il était devenu rouge écrevisse, me rejoignant du même coup dans le club des écarlates, car de mon côté je n'en menais vraiment pas large. Pourvu que mon père comprenne qu'il ne faisait que me courtiser et que par lui céder, Caïn entendait que je m'étais laissée séduire en toute chasteté, bien entendu. Mon père n'avait pas besoin de savoir que j'avais perdu ma virginité alors que j'avais quinze à peine, et encore. Pourvu qu'il n'ait pas compris que j'avais fini dans le lit de celui qui était présentement assis à mes côtés. Ma mère quant à elle n'avait eu aucune réaction, elle était restée impassible, se contentant d'étudier Caïn de son regard d'un bleu sombre. Je sursautai légèrement en sentant la main de l'ancien Serpentard se poser sur mon genou. S'il voulait me faire perdre l'esprit, il n'avait qu'à continuer sur sa lancée. Il savait pertinemment quel effet il me faisait lorsqu'il ne faisait que simplement m'effleurer. Je bus une longue gorgée sur ma boisson, espérant sans doute noyer mes émotions beaucoup trop fortes dans l'alcool. Une bien maigre consolation à côté de ce que j'étais en train d'endurer en ce moment précis. D'ailleurs, le fourbe n'hésita pas à souligner que j'étais une cachottière, tout en me prenant directement à parti. Pour toute réponse, je me contentai de le foudroyer du regard, le haïssant de me mettre ainsi dans l'embarras. Je détournai brutalement la tête lorsqu'il attrapa ma cigarette pour aller l'écraser dans le cendrier. il avait osé! il ne me laissa pas le temps d'adopter une expression profondément outrée, il venait de me rabrouer gentiment. « Et puis voyons, tu sais très bien que je n'aime pas te voir fumer, tu connais en effet mes tendances asmathiques.. » Ses tendances asthmatiques ? Non mais il était en train de se foutre de ma gueule ? Ce n'était pas lui qui était en train de fumer comme un pompier à l'instant, là, juste devant ma maison ? Sauf que... « Oh, désolée mon amour, j'avais oublié, tu m'en vois navrée. » Et un sourire mielleux, un. Même si mon regard était chargé de promesses de représailles à venir. Comme pour parfaire notre comédie, je vins enlacer mes doigts aux siens, sur mon genou, non sans lui planter mes ongles dans la peau au passage, en guise d'avertissement. Pour le coup, j'espérais vraiment qu'il avait eu mal et qu'il allait se tenir à carreaux. Cela ne m'empêcha pas de garder sa main dans la mienne, juste au cas où. Par exemple, pour la broyer s'il venait à dire/faire d'autres conneries (rayer la mention inutile.) « L'odeur d'un agréable met se fait sentir, j'espère ne pas vous avoir déranger, j'espérais à vrai dire pouvoir peut-être partager un repas avec vous pour que nous fassions plus ample connaissances, si vous y consentez bien entendu... » Je resserrai ma prise autour de sa main. En fait, avoir enlacé mes doigts aux siens avait été une très mauvaise idée. Maintenant, il pouvait sentir combien elles étaient moites, mais aussi, il pouvait constater que j'étais montée sur ressorts, prête à lui sauter à la gorge si nécessaire. « C'est le gâteau que j'ai fait avec ma mère tout à l'heure juste avant que tu n'arrives. » sifflai-je entre mes dents serrées. « à dire vrai, nous étions loin de passer à table, nous étions en train de débattre sur ce que nous allions manger ce soir. » Autrement dit, il pouvait encore prendre ses cliques et ses claques et partir d'ici immédiatement. C'était sans compter l'intervention de mon père qui préféra jouer la carte du bon vivant, celle-là même que j'exécrais, surtout dans un tel moment. « Nous allions commander des pizzas. » ajouta Edward avec entrain. « Peut-être que ton ami pourrait... » Mon père ne finit pas sa phrase. De là où j'étais, je lui avais mis un coup de pied dans le tibia pour le faire taire. Il me lança un regard interloqué, je lui fis les gros yeux. « Voyons, chérie, ne sois pas impolie. » me rabroua ma mère en jetant à Caïn un regard empli de compassion. « Regarde-le, il doit être affamé, il doit bien vouloir quelque chose à manger après avoir fait un si long trajet.. » je levai les yeux au ciel, exaspérée. « Il habite trois pâtés de maison plus loin. » grognai-je avec toute la mauvaise foi dont j'étais capable. Ma mère m'ignora superbement. « Tu te rends-compte ma chérie, il est venu te voir pour te faire la surprise. Tu ne vas quand même pas le mettre à la porte, ça ne serait pas gentil. » J'eus envie de m'insurger. Là, maintenant, tout de suite. Et lui, tu crois qu'il est gentil avec moi ? Ce qu'ils ne savaient pas, c'était que Monsieur Parfait m'avait presque traitée de salope la dernière fois qu'on s'était vus. Bon, ils ne savaient pas non plus que je l'avais trompé, mais soit, ils étaient censés être de mon côté, non ? « Alors Caïn, mon garçon » commença mon père avec sa sempiternelle bonne humeur. « Tu préfères quel parfum ? Aux câpres, aux anchois, ou une pepperoni ? » il venait d'imiter l'accent italien, ce qui me fit lever les yeux au ciel. Nous étions train de nager en plein délire. N'importe quoi. C'était vraiment n'importe quoi. Pour le coup, je détestais mes parents également. On voyait bien qu'ils étaient en train de faire des efforts et qu'ils avaient relativement bien pris la nouvelle, mais quand même, ils abusaient, et je m'en serais vraiment bien passée, de leur politesse excessive. Je n'avais pas besoin de ça. Pas maintenant.
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MessageSujet: Re: what the fuck are you doing there? •• Caïn    Dim 7 Avr - 17:25


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Caïn aimait plutôt se complaire dans le rôle du parfait petit ami, ou du moins celui hérité du canon de la perfection au Moyen-Âge. Habituellement, il n’aimait pas vraiment jouer un rôle. Toutefois, ses parents semblaient plutôt sympathiques et joviales, alors autant leur faire plaisir et justement agacer Tracey à se montrer divin et agréable. Dans le fond, il tenait également un « minimum » à la jeune femme pour essayer de faire bonne mine à ses parents. Et ce n’était pas rien. Avec Katherine, il n’avait jamais joué un rôle auprès de ses parents qu’il avait déjà rencontrés. Il va sans dire que les parents de la jeune Gryffondor ne l’avaient pas apprécié. Trop arrogant. Trop ci. Trop ça. Trop riches et trop serrés du culs pour lui, il n’avait été qu’une simple fois et il comprenait pourquoi Katherine les méprisait si ardemment. Surtout, Caïn n’avait jamais souhaité vivre selon les codes de quelqu’un, remplir un rôle précis, répondre aux attentes de qui que ce soit. Les vertus ne payaient presque jamais dans un monde si corrompu et si égoïste, à quoi bon s’acharner à vouloir devenir « bon » quand la nature de l’homme était pécheresse ? A quoi bon jouer le « gentil » quand dans le fond les méchants étaient parfaitement heureux, voire même plus heureux que les bons qui finissaient toujours injustement persécutés ? On s’indignait généralement des gens comme Caïn, mauvais et presque misanthrope, mais peut-être jalousait-on surtout l’ataraxie harmonieuse qu’il possédait avec lui même quand eux étaient obligés d’être comme ça pour celui-ci, comme ça pour celui-ci, toujours insatisfaits et à se plaindre du « mal » et des injustices qui règnent scandaleusement dans le monde. Oui les gens sont méchants, oui les gens sont cruels, soyez comme eux plutôt que de vous acharner en la justice finale de l’Être Suprême, vous gagnerez du temps et de l’argent, grossièrement. Caïn aurait alors très bien pu dire qu’il avait defleuré chère petite fille à l’âge de quatorze ans, qu’il la traitait souvent de tous les noms, que la plupart de leurs rencontres consistait en des ébats passionnés, qu’il ne l’aimait pas, qu’elle l’avait trompé et qu’il était juste venu lui rendre la monnaie de sa pièce, il en était franchement et tout bonnement capable, il le savait, mais pourtant, il n’avait pas envie. Quelque chose subsistait dans sa volonté, quelque chose qui l’empêchait d’aller au bout même de sa vengeance qui aurait été totale s’il dressait le portrait d’une traînée adolescente aux parents de la demoiselle. Car c’était bien ce qu’il avait eu en tête au départ, se disant probablement que par la suite la jeune femme n’accepterait plus jamais de lui parler, mais au moins il l’aurait humilié auprès de sa famille, de sa propre chair pour le reste de sa vie. Et cette perspective avait ravi son orgueil blessé pour de longs jours avant que finalement, une fois l’occasion venue, il se rende compte qu’il n’avait pas envie. Etrange que cette volonté qui se déterminait presque d’elle-même, sans les mauvaises intentions de Caïn, à croire qu’elle comprenait mieux le jeune homme et son attachement à Tracey que l’esprit du jeune apprenti lui-même. Ou peut-être était-ce sa vengeance qui se transformait, pour embarrasser Tracey mais aussi pour se montrer sous un autre jour, lui montrer qu’elle avait « tort » quant à ce qu’elle devait penser de lui, que Caïn ne se résumait pas à un petit con je m’en foutiste égoïste, qu’il pouvait, parfois, se montrer aussi généreux et agréable que n’importe quel autre charmant jeune homme fréquentable. Qu’il avait plus d’un tour dans son sac. Qu’elle ne le connaissait pas « par cœur » sous prétexte qu’elle partageait assidument ses draps et qu’ils étaient plus ou moins exclusifs, jusqu’à ce qu’elle le trompe bien entendu. Peut-être Caïn tentait-il de changer son image de façon ludique, peut-être attendait-il juste le moment le plus favorable pour véritablement se venger, lui même était tiraillé et attendait de voir comment le reste de l’après-midi allait se présenter pour trancher le nœud.

Et pour le moment, l’après-midi semblait bien se profiler, sans grande occasion donc de pouvoir se venger car ses parents se révélaient plutôt agréables et conciliants. Certes, son père avait une tendance à loucher sur lui de façon parfois assez inquiétante, mais c’était tout naturel et Caïn ne pouvait vraiment l’imputer pour si peu. A sa place, y’a longtemps qu’il aurait sorti le fusil à pompe ou qu’il aurait testé les compétences musculaires d’un gamin comme lui. Et sa mère semblait être aussi délicieuse et gentille qu’un bonbon. Il fut presque déçu quelques instants de ne pas voir en ses parents des copies de Tracey qui échapperaient des sarcasmes à tout bout de champ et l’auraient envoyé dans les roses dès qu’il aurait passé le pas de la porte. Tant mieux pour Tracey en fin de compte, quoiqu’elle en dise ou que son visage traduise. Il appréciait alors grandement le sourire hypocrite de Tracey accompagné de ce divin « amour » qu’il n’avait encore jamais entendu provenant de sa bouche. Il passa alors le bout de son doigt sur le bout de son nez pour légèrement le crocheter, comme un oncle bon vivant fait à un de ses neveux lorsqu’il a trop bu de pastis. « Ce n’est pas grave va, je pourrais tout te pardonner à toi. » dit-il avec un air faussement mielleux et la voix quelques peu avalée pour sonner comme un petit chat mignon tout plein. Il sentit par la suite ses ongles s’implanter presque dans son genou et échappait un léger sourire discret. Pas qu’il eut mal, mais c’était assez désagréable quand même. « Arrêtes tu me chatouilles haha. » dit-il entre ses lèvres non sans que ses parents l’entendent, juste pour que ses parents essayent de la déceler sous un autre jour peut-être. Par la suite, il n’eut pas de mal à comprendre la demande implicite de la part de Davis Junior pour qu’il dégage vu qu’il ne passait pas à table, mais comme il l’espérait, il avait Papa et Maman de son côté dans le procès. Il réprimait un sourire satisfait par la réponse de ses parents avant de feindre la surprise. « Oh vraiment ? C’est adorable, je ne souhaitais absolument pas vous déranger, mais je dois bien avouer que je n’ai pas eu le temps de faire les courses, je suis très pris par mes études en tant qu’apprenti langue-de-plomb, vous comprenez, je suis quelqu’un de très zélé dans ce que j’entreprends, je ne lâche rien et je travaille avec acharnement, à côté des tâches comme le dîner ou remplir le frigo s’ôtent quelques de mon esprit sans cesse attablé à résoudre des problèmes complexes. » Oui, Caïn aimait bien se dire bosseur aussi, car ça lui permettait d’éviter pas mal de questions ou alors faire une économie de réflexion si on se mettait à lui demander s’il avait des hobbies, ses fréquentations, ses talents particuliers, il n’avait qu’à dire qu’il état une bête du travail assez solitaire et calme et le problème était réglé. Rapidement, son père prit la parole avant de lui demander ce qu’il préférait comme pizza, à la fois amusé par l’appellation « mon garçon » comme par sa prononciation italienne de « pepperoni », il vit Tracey soupirer à la tentative de son père, et juste pour l’agacer décida qu’on l’entende pour le reste de la journée. « Merci encore à vous madame et monsieur, je serai ravi de pouvoir partager avec vous une pizza pepperoni. » « Pepperoni ce sera alors ! J’adore le pepperoni bon choix mon garçon. » Caïn était vraiment à deux doigts d’exploser de rire avec la combinaison de « mon garçon » et « pepperoni », non décidément, ça ne perdait pas de son charme. « Je vais vous aider à faire la table du coup madame. » dit-il alors en prenant la bière vide du père de Tracey qui cherchait je ne sais quoi, sortant sa belle langue à Tracey comme un gamin ravi d’être entré dans les bonnes grâces et avoir réussi son coup avant de s’éclipser dans la cuisine. Attrapant quelques assiettes que sa mère lui donna, il passait alors au stade deux : « C’est incroyable vraiment comment Tracey vous ressemble madame Davis, vous avez le même regard qui m’a rendu aussi rouge qu’une tomate la première fois que je l’ai vue. Vous avez le même sourire aussi, vraiment je me sens chanceux de pouvoir fréquenter votre fille dans une famille si agréable et chaleureuse. J’ai vu que vous aviez un livre de Proust quand je suis arrivé, c’est un de mes auteurs moldus favoris et si vous le souhaitiez, je pourrais vous prêter le tome suivant pour que nous en discutions par la suite... » disait-il de façon assez forte pour que Tracey puisse l’entendre du salon, si presque tiens elle pouvait être jalouse de sa propre mère cela eut été amusant. Caïn restait courtois, mais il ne comptait pas arrêter les remarques de la sorte à sa mère pour le reste de la soirée, tiens peut-être était-elle là sa vengeance, flirter subtilement avec sa mère pour le reste de la soirée... Après tout, sincèrement, elle était bien conservée et vraiment jolie pour son âge…

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MessageSujet: Re: what the fuck are you doing there? •• Caïn    Mar 9 Avr - 11:51

J'ignorais d'où venait toute cette haine, toute cette rancoeur que je lui vouais en ce moment précis. Ces dernières semaines, je m'étais sentie davantage déprimée et amère que rageuse et vindicative. En fait, ces sentiments contradictoires m'avaient prise à la gorge sitôt que je l'avais vu sur le pas de ma porte. Sur le coup, j'avais pensé qu'il ne s'agissait que d'une simple réaction au choc. Il semblait alors que le malaise était bien plus profond qu'il n'y paraissait de prime abord, que ces sentiments étaient enfouis en moi depuis bien plus longtemps, seulement, je n'en avais pas réellement conscience. Je sentais la colère me submerger peu à peu, une rage sourde s'emparer de moi tandis qu'il déblatérait son flot de paroles creuses et sans intérêts. J'étais tout simplement consternée par l'attitude qu'il adoptait. Ce n'était tellement pas lui. Il n'avait pas besoin d'en faire des tonnes pour plaire à mes parents. Moi, tout ce que je voulais, c'était qu'il soit sincère, qu'il se montre tel qu'il était, sans fard ni artifice, et non pas qu'il campe ce personnage qui était encore plus odieux que l'original, c'était peu dire. J'étais certaine que mes parents l'auraient accepté tel qu'il était. Après tout, ils étaient sympathiques et ouverts, tout mon contraire. Moi qui avais quand même réussi à l'aimer malgré tout, il ne pouvait que taper dans l'oeil de mes vieux. J'avais bien réussi à déceler en lui certaines qualités, eux aussi étaient capables de le reconnaître. Au lieu de cela, il était en train de se discréditer lui-même aux yeux de mes parents. Du côté de mon père, la pilule aurait été amère mais elle aurait fini par passer. Seulement, Edward n'aimait pas les menteurs et il les voyait arriver à des kilomètres, il en avait très certainement l'habitude avec son métier. Maintenant, je n'avais plus qu'à espérer qu'ils comprennent que Caïn ne jouait qu'un rôle, qu'il n'était pas vraiment comme ça...car il était tellement odieux à mes yeux en cet instant précis que s'il s'était comporté ainsi avant même que nous soyons ensemble, pour sûr que je n'en aurais jamais voulu, même pas en rêve. Je le détestais, vraiment. Ce n'était pas tant une question d'orgueil ou autre, car en cet instant, de mon orgueil, je n'en avais cure, j'avais été ébranlée dans mes rêves, dans mes désirs les plus enfouis et ça faisait encore plus mal. Jamais je n'aurais imaginé présenter mon copain dans de telles circonstances, j'étais très vieux jeu sur certaines choses et ma conception du couple en faisait partie. Je me sentais mal, encore plus mal que ces derniers jours. J'avais envie de pleurer, mais ma fierté démesurée m'empêchait de le faire. S'il avait voulu se venger, c'était réussi. En tout cas, c'était à mon tour de ne plus vouloir en entendre parler, de me libérer enfin de ce piège obscène, même si une partie de moi ne voulait pas admettre que c'était possiblement la fin.

J'étais fatiguée. Lasse. J'en avais assez de saigner, de souffrir, je n'en pouvais tout simplement plus. Je bus une nouvelle gorgée d'alcool, attendant désespérément que l'alcool finisse par monter, mais il ne montait pas, je n'étais même pas pompette, et pourtant, Merlin savait que ça m'aurait aidée à surmonter tout ça. Les dieux ne semblaient pas être de mon côté. Ils n'étaient que des lâcheurs de toute façon, eux aussi m'avaient abandonnée. « Ce n’est pas grave va, je pourrais tout te pardonner à toi. » Arrête. Je savais bien que ce n'était pas vrai. Qu'il n'était là que pour se venger, me traîner dans la boue, me faire encore plus mal. J'étais complètement mortifiée, le sang semblait avoir quitté mon visage. Je me sentais si mal. Je ne tiendrai pas l'après-midi dans ces conditions. Je n'étais pas aussi vaillante, j'avais mes limites. Limites qui par ailleurs étaient rapidement atteintes. je le détestais, vraiment. « Arrêtes tu me chatouilles haha. » Je lâchai finalement sa main, pour passer la mienne sur mon visage, en profitant pour rejeter mes cheveux en arrière, me maudissant soudainement de ne pas les avoir attachés. Il valait mieux pour lui que je l'aie lâché dans un sens, car sinon, je l'aurais étripé. J'en aurais été capable. J'avais renoncé à essayer de le faire dégager, parce que de toute évidence il ne partirait pas, je n'avais qu'à ronger mon frein et essayer de ne pas commettre de meurtre. « Oh vraiment ? C’est adorable, je ne souhaitais absolument pas vous déranger, mais je dois bien avouer que je n’ai pas eu le temps de faire les courses, je suis très pris par mes études en tant qu’apprenti langue-de-plomb, vous comprenez, je suis quelqu’un de très zélé dans ce que j’entreprends, je ne lâche rien et je travaille avec acharnement, à côté des tâches comme le dîner ou remplir le frigo s’ôtent quelques de mon esprit sans cesse attablé à résoudre des problèmes complexes. » Je ne pus m'empêcher de laisser échapper un hum hum qui signifiait quelque chose comme mon oeil. Lorsqu'il était encore à Poudlard, j'avais dû le pousser plus d'une fois pour qu'il se mette au travail. Il ferait mieux de ne pas inverser les rôles, c'était moi la workaholic, le bourreau du travail. Je n'étais pas en train de dire que c'était un petit branleur qui avait un poil dans la main, je pensais simplement qu'il avait un potentiel monstre et qu'il le gâchait en faisant le strict minimum. J'adressai alors à l'intention de ma mère, qui ne devait pas forcément savoir ce qu'était un langue-de-plomb. « Ce sont des gens qui travaillent à la solde du Ministère de la magie, au département des mystères. C'est une profession très réglementée et ils sont tenus au secret professionnel, si bien que personne ne sait réellement ce qu'ils font, à part eux bien entendu. » Au final, ça ne m'étonnait même pas que Caïn se soit lancé là dedans. C'était suffisamment obscur, suffisamment mystérieux pour qu'il s'y intéresse. Je jetai un regard en biais à mon père. Lui aussi était sorcier. Lui aussi devait savoir ce qui se passait au Ministère en ce moment. Il avait forcément dû en entendre parler. « Et toi, chérie ? » demanda ma mère, toujours parée de son sempiternel sourire. « Qu'est-ce que tu veux faire après Poudlard ? Tu l'as déjà dit, il me semble, mais je n'ai pas retenu le nom, pardonne moi, je ne suis pas très familière avec le monde magique. » puis, elle se tourna vers Caïn. « Vous a-t-elle précisé que j'étais ce que vous appelez une Moldue ? Ça m'a fait un choc de savoir que mon mari et ma fille étaient des sorciers, mais on s'y fait rapidement. Je suis très fière de ma Tracey, elle a toujours d'excellents résultats, elle ira loin. Vous ne pouvez pas imaginer à quel point j'ai pu être fière que ma fille ait obtenu toutes ses BUSE, sans exception. » Elle avait dit tout cela avec une certaine émotion, tout en me couvant de son regard tendre, ce qui me fit rougir. Malgré tout, je ne parvenais pas à m'habituer aux marques d'affection parfois excessives de mes parents. « Tu parles. » répondis-je d'un ton bourru, les joues légèrement roses. « J'ai eu un Acceptable en sortilèges parce que ma baguette a décidé de faire des siennes à ce moment là, mais il semble que l'examinateur ait été plutôt clément parce qu'il paraît que le sureau c'est très difficile à maîtriser, surtout par quelqu'un de très jeune. » Ma mère hocha la tête avec conviction, tandis que mon père esquissait un sourire jovial. « Je me souviendrai toujours du jour où nous sommes allés sur le chemin de Traverse pour acheter ses fournitures scolaires. » ajouta-t-il avec fierté, ce qui m'embarrassa davantage. « Elle a bien dû essayer tout un tas de baguettes avant d'être choisie par celle là. Je me souviens qu'elle doutait être une sorcière et que si ça se trouvait aucune baguette n'était faite pour elle. Bois de sureau et plume de phénix, c'est ça ? » J'acquiesçai en silence, ne comprenant pas vraiment comment on a pu arriver à parler de ça. D'ici à ce qu'ils se mettent à raconter toutes les bêtises que je faisais quand j'étais petite, il n'y avait pas loin. « Monsieur Ollivander a été étonné par ce choix. Il était rare que de telles baguettes conviennent à des jeunes enfants. C'est lui-même qui a dit que notre Tracey allait devenir une grande sorcière, quelqu'un d'exceptionnel. » « Papa . » le rabrouai-je, embarrassée pour au moins les dix années à venir. « Je doute que ça intéresse Caïn de savoir tout ça, alors si on passait à table ? S'il vous plaît? » Edward se redressa, et posa son journal sur la table. « Bien sûr chérie, tout ce que tu voudras. Je m'en vais commander ça tout de suite. » Caïn lui confirma son choix, ce qui me fit lever les yeux au ciel. Edward avait l'air d'un enfant de cinq en ce moment précis. Je ne pus m'empêcher d'échanger un regard blasé avec ma mère. Il n'en ratait vraiment pas une. J'étais néanmoins contente d'avoir pu faire diversion, je détestais attirer l'attention. « Je vais vous aider à faire la table du coup madame. » Je soupirai lourdement. D'habitude, c'était moi qui mettais la table. Mais soit. Si ça pouvait lui faire plaisir. « Fais comme chez toi surtout! » grinçai-je non sans sarcasme, alors qu'il se dirigeait vers la cuisine en compagnie de ma mère. Je ne pus m'empêcher de lui adresser une grimace en retour lorsqu'il me tira la langue, me faisant clairement comprendre qu'il avait gagné. « C’est incroyable vraiment comment Tracey vous ressemble madame Davis, […] J’ai vu que vous aviez un livre de Proust quand je suis arrivé, c’est un de mes auteurs moldus favoris et si vous le souhaitiez, je pourrais vous prêter le tome suivant pour que nous en discutions par la suite... » Et voilà qu'il se mettait à faire du charme à ma mère. C'était vraiment un comble. « On m'a toujours dit que je ressemblais plus à maman qu'à papa. » glissai-je en entrant dans la cuisine à mon tour, me dirigeant vers les tiroirs où étaient entreposés les couverts. « Et il semblerait aussi que j'aie hérité non seulement de son sourire, mais aussi de sa bosse des maths. » dis-je en tapotant doucement sur l'épaule de Miranda, qui se mit à rosir également. J'embrassai ma mère sur la joue, avant d'ouvrir le tiroir à couverts avec fracas. Non, ma colère n'était toujours pas retombée, d'ailleurs je venais de m'emparer des couverts avec brusquerie. « N'oublie pas chérie, on sort les couteaux à pizza aujourd'hui. » « Je sais. » lançai-je par dessus mon épaule, m'emparant des couverts adéquats. En fin de compte ce n'était pas une si bonne idée de me laisser avec des objets contondants entre les mains, surtout dans l'état où j'étais en ce moment précis. Je sortis de la cuisine non sans me tourner vers ma mère au passage. « Au fait, le nom du métier que tu recherchais tout à l'heure, c'est médicomage. Tu sais, les sorciers guérisseurs... » Bon, d'accord, c'était difficile à croire que je veuille exercer une telle profession, surtout quand on connaissait mon caractère de cochon, mais je nourrissais cette ambition depuis au moins la première année, et je me donnais à fond pour atteindre mon objectif. Je m'en retournai alors dans le salon disposer les couverts sur la table, ne serait-ce que pour ne pas rester une minute de plus dans la cuisine, je n'avais AUCUNE envie de voir mon copain faire du charme à ma mère, c'était bien plus que mes nerfs ne pouvaient supporter.
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MessageSujet: Re: what the fuck are you doing there? •• Caïn    Lun 24 Juin - 20:13



TRACEY DAVIS & CAIN WARRINGTON.
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La soirée était plutôt amusante. Caïn prenait du plaisir à papoter avec les parents de Tracey devant le regard médusé de cette dernière. Dans le fond, il ne faisait rien de mal, il ne comprenait pas pourquoi elle paraissait si amère à son égard. Après tout, il était parfait, il était exactement ce que ses parents attendaient en ce moment même, un jeune homme gentleman, travailleur, passionné des lettres et des sciences, non vraiment, elle ne pouvait pas rêver mieux pour le coup. Caïn à son vrai jour ne pouvait résolument plaire à qui que ce soit. Il se demandait encore ce que Tracey lui trouvait parfois. Il avait un physique avantageux certes, mais il n’était pas non plus excessivement beau, il avait une vieille faussette à la joue, sans cesse mal coiffé, style négligé, des traits fins mais il entretenait son physique très mal en général. Il s’était toujours dit qu’au moins, celui ou celle qui l’apprécierait, l’apprécierait vraiment pour ce qu’il est. Pensée naïve, n’empêche qu’elle était efficace : il avait peu d’amis et les seuls qu’il comptait sur les doigts du main ne l’avaient jamais laissé tomber, avaient toujours été là, quand bien même lui n’avait pas toujours été là pour eux. Caïn était ainsi, il profitait souvent des autres, voire tout le temps, agissait de façon intéressée, quand elle essayait d’y réfléchir, il se disait que c’était peut-être parce qu’il avait vu sa sœur mourir devant ses yeux, sa paire de yeux et lui cachés entre deux poubelles d’une ruelle. Il avait du faire un choix, il avait du accuser un camp, il avait du dire « c’est de leur faute, c’est eux qui sont responsables, c’est eux qui doivent payer, qui ont des comptes à me rendre », dès son plus jeune âge, il avait du apprendre à toujours tirer le meilleur profit de chaque situation ; mauvais à l’école ou peu passionné, de même, s’il voulait être indépendant et enfin tranquille, il avait du apprendre à être astucieux, rusé, user de ses compétences et de ses relations pour passer chaque année, pour rendre des devoirs passables, pour ne pas suivre en cours mais quand même réussir à récupérer des cours pour des examens. Agir de façon intéressée était dans sa nature, s’était inscrit dans ses veines depuis plus longtemps qu’il ne pouvait même l’imaginer. Pourtant, en ce moment même, certes, il n’agissait pas comme « lui », il n’était pas ce petit gosse pompeux et chiant à mourir, mais il n’agissait pas pour autant par un quelconque intérêt. Il était pensé venu se venger de Tracey, mais en réalité, s’il avait voulu se venger d’elle, il se serait présenté tel quel, et sûr que ses parents l’auraient haï de tout leur cœur. Non, bizarrement, d’une façon étrange, il agissait comme s’il voulait faire plaisir aux parents de Tracey, et indirectement à elle d’une certaine façon, lui montrer qu’il pouvait aussi se montrer « généreux » et ne pas penser qu’à sa gueule. Lui montrer un autre aspect de sa personnalité ambivalente. Mais visiblement ça ne lui faisait pas plus plaisir que ça. Et c’était dommage.

La conversation se lança alors vers Tracey. Ce qu’elle voulait faire « plus tard ». Notion qui avait paru si obscur à Caïn qu’il s’était lancé pépère dans le département des Mystères pour qu’on lui foute la paix. Ses parents représentaient l’exacte antithèse de ce qu’il s’était imaginé. Ils étaient « poules » et aimants à souhait quand il les avait imaginé froids et condescendants comme elle l’était souvent. Caïn percevait l’émotion dans les yeux de sa mère lorsqu’elle parlait de son statut de Moldu mais aussi de la fierté qu’elle éprouvait à l’égard de sa fille. C’est vrai que Tracey l’avait plusieurs fois aidé pour certains trucs, il se rappelle même qu’une fois il devait être son espèce de « moniteur » comme punition, faisant ainsi sa connaissance, au final, c’était plutôt elle qui l’avait aidé dans son taff, ou plutôt l’avait aidé à se mettre au boulot, il ne l’avait pas toujours fait mais il avait apprécié le geste. Peut-être pas à sa juste valeur mais il l’avait quand même fait et ne l’avait pas oublié. Il vit Tracey rougir et il trouva ça presque « mignon ». Mais évidemment il fallait qu’elle joue encore sa rabat-joie. « Arrêtes de te sous-estimer Tracey, je me rappelle que tu étais une très bonne élève, probablement une meilleure élève que moi pour tout te dire, seulement, si tu avais un peu plus confiance en toi et que tu arrêtais de voir le noir partout, tu pourrais faire exploser ton potentiel. » Paradoxal que lui, qui ne croyait absolument pas en les études, en des cours théoriques, qui voyait justement le mal ou l’égoïsme, l’intérêt particulier partout, lui dise ça, mais pourtant il était sincère. Tracey pouvait réussir si elle arrêtait de penser comme lui en fait, lui ne voulait pas réussir, ne cherchait pas l’ambition, le prestige, cherchait juste le calme et la paix mais il n’était pas persuadé que Tracey soit comme lui et donc, si elle arrêtait de penser comme lui, quand bien même il se fouterait de sa gueule à l’avenir, elle pouvait réussir. Son père enchaîna sur le sujet des baguettes et Caïn trouva une fois de plus son père très amusant, limite encore plus poule que la mère haha, tant de bons sentiments qu’il aurait pu en vomir mais à petites doses il trouvait ça plus charmant qu’autre chose. «  Tout ce qui te concerne m’intéresse voyons Tracey. » Il aurait pu faire croire que même la première merde qu’elle a versé dans le pot l’intéresserait haha, il les a avait vraiment dans la poche, et Caïn était fier de lui. Fier de son petit coup. Dans la cuisine avec sa mère, il ne tarda pas à sentir le regard presque amouraché de sa mère sur lui lorsqu’il évoqua Proust et sa passion pour ce dernier, il doutait réellement revenir ici à l’avenir, mais c’était toujours plaisant de voir que sa mère serait ravie de l’accueillir, et rêverait probablement le soir de son retour avec un petit bouquet de fleurs. Tracey arriva alors en plein milieu de cette conversation, évidemment agacée par le manège de Caïn, pour changer. Lorsque Tracey fit un baiser à sa mère avant de sortir de la cuisine, elle le frôla et il lui susurra alors à l’oreille : «  et moi j’ai pas le droit à un bisou mon lapin ? » le sourire presque ivre et hilare aux lèvres. Il finit par aller s’installer avec sa mère à table, la pizza arrivant pile à l’heure. Se tenant droit comme un bon petit garçon qui veut montrer à ses grands-parents que papa et maman lui ont appris à bien se tenir, il ne put s’empêcher de remettre Tracey sur la table : « Et cette passion pour la médicomagie, c’est étrange, tu ne m’en avais jamais parlée auparavant, qu’est-ce qui t’intéresses dans ce domaine ? » vu qu’ils n’étaient pas foutus d’avoir une conversation « normale » le reste du temps, autant qu’il fasse mine de s’intéresser à elle pour « bien paraître » quand en réalité il était réellement intrigué, mais ne l’avouerait jamais. Il coupa sa pizza avec soin, attrapant quelques bouchées avant de se servir de l’eau, en servant également à Tracey et à ses parents. Par la suite, ses parents reprirent la parole sur ces temps de guerres instables, dans l’habituel discours parental nostalgique mais parfois vif et brutal, Caïn profitant de cet intermède qui paraissait plus « privé » pour légèrement faire du pied à Tracey, remontant légèrement son pantalon à l’aide de son pied, elle l’envoya rapidement chier, donc il passa au niveau supérieur, en enlevant doucement une de ses mains de la table pour la poser sur la cuisse de Tracey, cette dernière protesta tandis qu’il continuait de regarder ses parents et leur sourire, tenta de lui enlever sa main mais il s’accrochait fermement à sa cuisse pour doucement la caresser, la masser, doucement l’attiser afin de la rendre folle, un malin sourire au coin aux lèvres. Le dîner pourrait s’avérer plus intéressant que prévu….


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MessageSujet: Re: what the fuck are you doing there? •• Caïn    Jeu 27 Juin - 0:03

Encore une fois, la situation semblait échapper à mon contrôle. Pourtant, un jour ou l'autre, j'allais devoir admettre que je ne pouvais pas avoir la mainmise sur tout. Assise à côté de Caïn, je ruminais ma colère, faisant un effort surhumain pour ne pas laisser ma rage exploser. Car pour sûr, si je faisais sauter les verrous, si je libérais la bête, cela allait avoir un effet dévastateur. Alors, plutôt que de céder à mes pulsions destructrices, je noyais mon chagrin dans le rosé que ma mère avait apporté pour la suite de l'apéritif, alors que je détestais le rosé. Je pris une poignée de cacahuètes sans mot dire, râlant de temps à autres parce que j'estimais que mes parents allaient trop loin dans les confidences. Caïn n'avait pas besoin de savoir chaque détail de ma vie tant que moi je n'en saurai pas un minimum sur la sienne. Autrement dit, c'était du donnant-donnant. De toute façon, il s'en foutait, pas vrai ? Rien ne l'intéressait à part lui, c'était connu. Alors, je ruminais. Et je picolais. J'avais envie de pleurer, parfois, et des envies de meurtre d'autres fois.  « Arrêtes de te sous-estimer Tracey, je me rappelle que tu étais une très bonne élève, probablement une meilleure élève que moi pour tout te dire, seulement, si tu avais un peu plus confiance en toi et que tu arrêtais de voir le noir partout, tu pourrais faire exploser ton potentiel. » Je manquai d'avaler de travers ma cacahuète. Caïn, me faire un compliment, c'était presque une première. Posant alors mon verre sur la table basse, je me penchai vers l'ancien Serpentard de façon à ce que personne d'autre ne m'entende. Je lui soufflai alors à l'oreille, venimeuse : « Tu es sincère quand tu dis ça, ou bien c'est juste pour avoir le droit de me sauter ? » Puis, comme si de rien n'était, je me redressai avant de finir le fond de mon verre. Tout à coup, je n'avais plus aussi faim, le voir aussi mielleux m'avait coupé l'appétit. Il avait réussi à me perturber en quelques phrases seulement. Il pouvait être fier de lui, j'allais encore cogiter pendant des heures. « Maman, tu me ressers un verre, s'il te plaît ? » Elle m'adressa un regard désapprobateur. « Encore ? » Je levai les yeux au ciel, blasée. « S'il te plaît. » insistai-je, d'un ton qui se voulait persuasif. Elle nous regarda alternativement, l'un et l'autre, puis d'un air résigné, elle vida le fond de bouteille dans mon verre. Je la remerciai avec un sourire timide. Du soutien moral, j'allais en avoir besoin, et tant pis si je finissais pompette. «  Tout ce qui te concerne m’intéresse voyons Tracey. »  Mon cul. Je commençais à trouver le temps long, d'autant plus que je n'aimais pas l'impression d'être ainsi sur le gril, en train d'être disséquée par mon invité. Pitié, que quelqu'un me sorte de cet enfer, n'importe quoi...Heureusement, mes parents furent réactifs. On passait enfin à table.

Légèrement titubante – l'alcool commençait insidieusement à monter – je partis m'installer à table, avec mon père. «  et moi j’ai pas le droit à un bisou mon lapin ? »  me chuchota-t-il en passant. Ce à quoi je répondis un : « va te faire foutre. » plutôt acide. Il pouvait toujours courir, pour avoir un bisou. Caïn et ma mère nous rejoignirent bientôt à table. Décidément bien décidé à me tirer les vers du nez, Caïn jugea bon de remettre le sujet études sur le tapis, comme si dans le fond il adorait ça de me voir mourir d'embarras. « Et cette passion pour la médicomagie, c’est étrange, tu ne m’en avais jamais parlée auparavant, qu’est-ce qui t’intéresses dans ce domaine ? » Là, pour le coup, il me posait une colle. Je regardai mes parents, à la recherche d'un quelconque soutien, puis, voyant qu'ils attendaient également ma réponse, je me résignai à marmonner quelques mots. « Plein de choses. » Pour l'instant, je restais évasive, je ne voulais pas avouer que c'était pour faire comme maman. Pourtant, il y avait bien quelque chose qui m'intéressait dans le domaine médical, plus que tout le reste. « En fait, ce sont surtout les potions qui m'intéressent. » Autrement dit, les poisons, les antidotes, les potions médicales que l'on administrait aux patients pour les guérir. « Je comptais me spécialiser dans les poisons. Ils ont un service spécialement dédié aux empoisonnements à Ste Mangouste, vous savez ? » Après tout, c'était une ambition comme une autre. « Je suis plutôt douée pour les potions. » avouai-je enfin, d'un air détaché. « J'ai toujours eu d'excellentes notes dans cette matière, même quand le professeur Rogue enseignait. C'est vraiment une matière qui m'intéresse et que je pense approfondir par la suite. » Pour tout avouer, je préférais même la façon de faire de Rogue par rapport à celle de Slughorn. Slughorn n'était pas assez rigoureux, à mon sens. Certes, Rogue n'avait pas des méthodes d'enseignement très orthodoxes, mais il était indéniablement bon dans son domaine. Son intransigeance m'avait poussée dès la première année à repousser mes limites. C'était grâce à lui que j'étais si rigoureuse, presque maniaque. C'était de son enseignement que j'avais tiré ma façon de travailler. « Ou sinon...la psychomagie m'intéresse énormément aussi. J'aimerais m'occuper d'anciens détenus à Azkaban, les aider à se réinsérer dans la société, tout ça. » je haussai les épaules d'un air blasé. Je repensai alors aux mots que Joshua m'avait dits une fois, en ce soir d'Halloween qui avait donné un tout nouveau tournant à ma vie. « On m'a dit que je voyais loin. Certains me prennent pour une sorte de devin bien que je n'ai aucun talent pour la divination. Ils viennent simplement me demander un conseil. C'est juste que...je comprends les choses. J'analyse. Ma façon de voir les choses est différente. C'est une compétence que je pourrais exploiter. » Cela dit, je n'étais pas sûre de vouloir me lancer dans cette deuxième voie. Certes, je n'avais pas beaucoup d'empathie pour les autres, mais je doutais d'être assez solide psychologiquement parlant pour porter les problèmes des patients en plus des miens. Sans nul doute, ça allait finir par me bouffer toute entière.

Je m'interrompis alors pour de bon, montrant clairement aux autres que je n'avais pas l'intention de poursuivre, ni même de répondre à d'autres questions. Mes parents semblèrent l'avoir compris, puisqu'ils changèrent immédiatement de sujet, me laissant un peu de répit. J'en profitai pour boire une nouvelle gorgée de rosé. Encore et toujours. Je commençais à avoir chaud. La tête me tournait un peu. Mais j'étais bien. Pour le moment. Cela ne dura pas. Ce serait trop beau, sinon. Je sentis bientôt son pied remonter le long de ma cheville, ce qui me fit sursauter. J'eus une sorte de réflexe débile. Je l'avais repoussé sans douceur, l'envoyant voir ailleurs si j'y étais. « Tracey, chérie, tu devrais arrêter de boire. » me conseilla ma mère avec douceur. Je la regardai, légèrement interloquée. Avait-elle remarqué quoi que ce soit ? C'était probablement le cas, il fallait dire que je me comportais bizarrement...enfin, plus bizarrement que d'habitude. « Tu as raison. » soupirai-je alors, en buvant une nouvelle gorgée. Certes, ce que je venais d'affirmer était en totale contradiction avec ce que je venais de faire, mais j'avais bien le droit de finir mon verre, non ? En fait, si j'avais acquiescé, c'était surtout pour faire diversion : loin d'abandonner la partie, Caïn en avait profité pour glisser sa main sous la table, sur ma cuisse. Il était en train de me tripoter juste sous le nez de mes parents. Bordel. J'inspirai profondément, pour me calmer. J'oscillais entre deux émotions. Tantôt j'avais envie de le tuer sur place, et sauvagement qui plus est, tantôt j'étais bouillonnante à mesure que je sentais le désir monter en moi, insidieusement. Il fallait dire que ça faisait longtemps qu'il ne m'avait plus touchée comme ça et l'air de rien, mon corps s'en rappelait. Il en voulait plus, comme s'il était doté d'une volonté propre. Et voilà que la main de Caïn remontait toujours plus haut. le salaud. il pouvait être fier de lui, de réussir à me mettre dans tous mes états. L'alcool aidant sans doute, la chaleur de cette pièce me paraissait insupportable. Je me levai alors brusquement sous le regard surpris de mes parents. « Je...j'ai besoin de prendre l'air. » Miranda et Edward se regardèrent, interloqués. « Je...je ne me sens pas très bien. Tu as raison, maman, j'ai trop picolé. » J'avais honte, terriblement honte. D'ailleurs, j'avais le feu aux joues. Je me passai les mains sur le visage. J'étais brûlante, comme si j'avais de la fièvre, mais je savais très bien que ce n'était pas de cette fièvre là dont il s'agissait. J'ouvris alors la porte-fenêtre qui menait sur le jardin de derrière, encore un peu enneigé. Je sortis sur la terrasse. Oui. Pieds nus et en t-shirt. C'était un coup à attraper la mort, mais je m'en fichais. Je n'avais pas froid de toute façon. J'inspirai quelques goulées d'air, sentant avec joie l'air glacé renflouer mes poumons. Je me laissai alors tomber sur une souche d'arbre. À cet endroit là, avant, il y avait un saule, mais on avait dû l'abattre. On n'avait jamais retiré la souche ensuite. C'était suffisamment large pour que je m'y mette. Je m'allumai alors une cigarette, pour calmer mes nerfs à vifs. J'en tirai deux longues lattes, avant de me prendre la tête entre les mains, le mégot coincé entre l'index et le majeur. « Putain. » sifflai-je entre mes dents serrées, alors qu'une ou deux larmes de rage s'échappèrent de mes paupières. « Putain, putain, putain. » C'était tout ce que j'étais capable de dire. C'était comme si toute ma pensée s'était concentrée dans ce seul mot. C'était le reflet parfait de mon état d'esprit du moment. Je relevai alors la tête, les joues légèrement humides, mon mascara ayant légèrement coulé. Mais je n'en avais strictement rien à foutre. Tout ce que j'étais capable de faire, en ce moment précis, c'était de regarder piteusement la cigarette en train de se consumer entre mes doigts.
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