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 it takes a long time to grow an old friend.

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≡ ton pseudo : citizens (jennifer)
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≡ âge du perso : c'est par une nuit d'orage, il y a vingt sept années de cela, que le deuxième né de la noble famille Fawley a pour la première fois vu le jour.
≡ amoureusement : l'homme volage ne peut se restreindre à la conquête d'un seul corps, d'une seule femme, d'une seule âme. il aime ce vice, sûrement trop.
≡ son emploi : l'élève appliqué est devenu guérisseur réputé, au service d'empoisonnement par potions et plantes de l'hôpital ste mangouste. vocation certes bien que loin d'être désintéressée, l'homme semble se délecter davantage des effets que produisent ces nectars qui l'obnubilent que des soins qu'il prodigue.
≡ statut de sang : c'est un sang des plus purs qui coule dans ses veines. il en est fier, bien que l'homme semble davantage croire en la suprématie de l'être qu'en celle des atouts de naissance.
≡ sa maison : il a effectué une scolarité discrète et studieuse dans la maison serpentard, frisant toujours l'excellence.
≡ son patronus : il n'a jamais réussi à créer plus qu'une vague fumée bleuâtre.
MessageSujet: it takes a long time to grow an old friend.   Ven 8 Jan - 21:27

Une ambiance conviviale, du moins autant qu'il soit possible de l'être chez les Fawley. Sûrement avaient-ils tous fini par s'habituer à cela, à ne jamais prendre part à de joyeux banquets de famille comme devaient le faire les autres. A ne jamais se revoir par pur plaisir, toujours se demander la raison pour laquelle cette date avait été fixée, et surtout pourquoi ils étaient là, ainsi tous réunis. Pourquoi oui, parce qu'il y avait toujours une raison. Excepté peut-être pour les fêtes programmées par le calendrier, celles qu'ils étaient tous obligés de fêter, ensemble, même s'ils auraient préféré être ailleurs. Et encore, sûrement même lors de ces obligations, certains se débrouillaient pour que cela ne reste une simple formalité, banalité. Oui, entre eux, il n'y avait définitivement aucune rencontre gratuite, de celles qui n'étaient que pour le simple plaisir de se revoir, se parler, ou même revenir dans cette demeure familiale qui devrait leur manquer. Et sûrement en ce jour était-ce pire, parce qu'un nombre limité de personnes avait été défini. Trois. Seulement trois. Cela ne présageait rien de bon, pourtant alors que les langues commençaient à se délier dès lors que le premier plat arrivait, rien de menaçant ne semblait planer au-dessus d'eux. Des conversations on ne peu plus banales. Ministère, hôpital, ministère encore et quelques bribes de paroles à propos de cette guerre qui se profilait. Parce qu'il fallait en parler, de ce dernier sujet. Le patriarche ne semblait pouvoir s'empêcher, chaque fois qu'il se retrouvait confronté à une tierce personne, d'en toucher mot. A vrai dire, sûrement n'avait-il jamais réellement parlé d'autre chose. Non, depuis leur plus tendre enfance, dès lors qu'ils avaient commencé à partager la table familiale avec leurs aînés, les enfants Fawley avaient pu s'aiguiser l'ouïe de ces dires à propos de ceux qu'ils se plaisait à appeler impurs, entre autres surnoms du même acabit. Oui, alors que l'aîné du jour portait à ses lèvres une coupe de vin déjà à demi vidée, il ne semblait pouvoir se souvenir d'autre chose, d'autre sujet, du moins pas d'un seul autre qui avait le dont d'à ce point animer son géniteur. Il ne semblait vivre qu'à travers cela, qu'à travers médisances et suprématie. Et si cela n'avait été pour déplaire au deuxième né, sûrement avait-il fini par s'en lasser. Se lasser de ce même refrain qui continuellement revenait à ses oreilles, se lasser de ces mêmes mots, ces mêmes échanges et débats qui jamais ne laissaient place à d'autres. Oui, les mots à ses yeux n'étaient si éloignés d'une quelconque gourmandise dont il ne fallait abuser, sous prétexte de peut-être pas en être dégoûté, mais au moins ne plus vouloir y être confronté durant un moment. Et ce moment ne durait qu'un court instant, finalement juste le laps de temps entre deux repas familiaux.

Ainsi souvent, le patriarche se plaignait. Il se plaignait que ses progénitures ne soient pas suffisamment drastiques, n'aient pas la même niaque que lui dans leurs paroles, et ce même besoin de cracher leur haine au visage de qui voulait bien l'entendre. Toutefois si pour les deux autres n'était-ce sûrement que question de morale, pour Caïn, ce n'était qu'indéniable lassitude. Mais comment faire comprendre à un homme dont la vie ne tournait qu'autour de cela qu'il n'en est pas de même pour l'entièreté du monde ? « Monsieur, un mot pour vous. » Un conseiller du patriarche s'approchait, peut-être un serviteur, ou assistant. A vrai dire, tellement de gens se croisaient en ce lieu qu'il devenait difficile d'assimiler à chaque faciès un nom, un poste. Et sûrement n'était-ce que la tenue vestimentaire de celui qui s'en allait déjà qui lui avait fait dire qu'il devait être plus haut placé qu'un simple majordome – aussi bien habillés étaient toutefois aussi ces derniers. « De bonnes nouvelles je l'espère ? » L'aîné ne répondait, comme plongé dans des lignes qui ne devaient pourtant être si nombreuses à en juger par la taille du parchemin. Une gorgée, une deuxième, il avait finalement eu le temps d'en prendre trois avant que son père ne daigne reposer son regard sur lui. « Je dois y aller, les enfants. » « Quel dommage, voilà si longtemps que nous n'avions pu nous retrouver en pareille intimité. » Il posait alors ses pupilles sur Callidora, sa petite-sœur, celle dont il avait finalement presque occulté la présence depuis le début des festivités. Et surtout celle qui en l'instant, alors que le patriarche s'en allait sans manquer de prétexter quelconque affaire à régler dans l'urgence, voulait certainement faire de même. Après tout, pourquoi n'aurait-elle pas eu ce réflexe, celui-là même qu'ils avaient tous des qu'un imprévu venait troubler ces dîners. Se séparer. Ou plutôt, sauter sur l'occasion d'écourter la sentence. Il l'aurait certainement fait lui-même en temps normal, mais les temps paraissaient avoir récemment changé. Elle avait changé. Et aussi insignifiante semblait-elle pourtant être restée, le deuxième né ce soir avait envie de causerie. « Pas si vite, voilà tellement de temps que nous n'avons pu échanger, j'aimerais bien savoir ce que ma chère petite-sœur devient. » Se souvenait-il seulement du timbre de la voix de sa cadette, ou même de la couleur de ses pupilles ? Il n'avait pas menti, tellement de temps s'était écoulé depuis la dernière fois que ces deux-là avaient échangés un simple mot qu'ils avaient fini par ressembler à de parfait inconnus, et certainement se considérer comme tels. « Dois-je servir la suite, monsieur ? » Un serviteur cette fois, indéniablement. « Bien-entendu, nous sommes venus ici pour manger après tout, alors mangeons. » Une nouvelle fois son verre allait jusqu'à ses lèvres, celles-là même qui s'étiraient par la suite en un rictus relativement encourageant, ou peut-être effrayant.
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≡ âge du perso : vingt-cinq ans
≡ amoureusement : fraîchement fiancée à maeron rosier, un mariage arrangé sans grande surprise malgré ses efforts pour y échapper...
≡ son emploi : langue-de-plomb, spécialiste de la salle de la mort - que se trouve-t-il derrière cette grande arche ?
≡ statut de sang : pur, un héritage dont elle est fière sans pour autant se moquer des enfants de moldus.
≡ sa maison : serdaigle, c'est dans la maison du savoir qu'elle a fait ses études à poudlard.
≡ niveau d'études : toutes ses buses et aspics obtenues, la fawley a terminé ses études il y a un moment déjà avec des notes plus qu'excellentes.
≡ sa baguette : taillée d'un bois de sycomore, plume de phénix, prédisposée aux enchantements
≡ son patronus : renard, la ruse qui prend forme sous ce vaiseau lumineux chassant la peur et le désespoir.
≡ son amortencia : une pincée de vanille, la fraîcheur de la pluie et quelques touches du bois brûlant dans la cheminée
MessageSujet: Re: it takes a long time to grow an old friend.   Dim 24 Jan - 15:45


it takes a long time to grow an old friend
— caïn & callidora —
Places, places, get in your places, Throw on your dress and put on your doll faces. Everyone thinks that we're perfect. Please don't let them look through the curtains. Picture, picture, smile for the picture Pose with your brother, won't you be a good sister ?

Quand l'invitation était tombée, la cadette avait été tentée de décliner. Un dîner en compagnie du reste de sa famille était loin de ressembler à la journée idéale. En compagnie de Caïn et de leur père plus précisément. Quand l'aîné des Fawley n'était pas là, elle avait sans cesse l'impression de faire tâche sur un portrait familial apparemment si parfait. Pourtant, elle continuait d'être leur précieuse Callidora. Petite poupée fragile, que même si les idées n'ont jamais été aussi suprémasistes que les leurs, ça ne changeait rien. Ils continuaient de faire semblant qu'elle était comme eux. Fier d'un Voldemort qui envoyait le monde sorcier dans les ténèbres. Fière de son sang pur, certes, mais loin de là l'envie de détruire la vie de ceux qui n'ont pas reçu ce même héritage d'une hémoglobine précieuse et intouchée. Elle aimait sa famille... pas leurs idéaux. Alors se présenter à un dîner où elle n'entendrait que cela, elle n'était pas certaine de vouloir. Mais bon, elle accepta quand même, peut-être à l'idée de revoir Caïn. On dirait ce que l'on voudra, elle aimait Caïn bien qu'elle n'avait jamais été aussi proche de lui qu'avec Abraham. Car il était à l'image des parents et depuis longtemps l'indifférence s'était insinuée entre eux. Pourtant, la blonde n'en avait jamais voulu ainsi. Ils s'étaient éloignés pour tant de raisons qu'elle en ignorait pour où ça avait commencé. Probablement dès la fin de Poudlard, depuis qu'ils étaient des adultes, matures et responsables. Leurs idées trop différentes, l'attachement s'était effrité. Même si au fond, il restait son frère et qu'elle l'aimait, sa vie avait continué sans lui. Elle ne se rappelait même pas la dernière fois qu'elle lui avait parlé, seule en tête à tête. Ce dîner en compagnie de leur père serait probablement un bon début de renouer des liens trop longtemps ignorés et qui se brisent lentement. Alors quand elle s'était présentée au manoir, sa petite robe de sorcière rouge sur le dos, Callidora avait attendu l'arrivée de son frère avec impatiente. Cependant, l'enchantement s'estompa quand, une fois à la table, le sujet de conversation ne tourna seulement autour d'une guerre grandissante entre les sorciers. Une discussion pendant laquelle elle garda le silence mais qui sembla plaire à son grand frère. Pas emballé, n même attentif mais il semblait d'accord, tout au plus, ce dont elle ne pouvait pas dire pareil pour elle. Alors, elle garda le silence, hochant seulement la tête d'un air distrait, son esprit vagabondant bien longtemps parfois pour se voir obligée de retrouver la réalité au galop pour répondre à une question du paternel.

Souvent son père lui avait demandé ce qui se passait derrière les portes du département des mystères, probablement pour le reporter au seigneur noir mais elle ne pouvait rien dire et il le savait bien. Il continuait d'essayer mais au moins, il ne la forçait pas. Toujours, elle changeait de sujet et bientôt, une affaire urgente appela leur père, la sauvant ainsi d'une seconde de plus à devoir supporter ses discours moralisateurs sur la grandeur de Voldemort et du travail plus acharné que les membres de cette famille devait mettre dans sa cause. Si elle était soulagée, Caïn cependant insista qu'il était dommage qu'il doive partir, n'ayant peu l'occasion de se retrouver dans une pareille intimité. Elle tourna son regard clair vers lui et constata qu'il avait fait de même et elle parut un instant mal à l'aise même si elle tenta de le cacher. Maintenant que le père était sur le point de partir, laissant les deux plus jeunes seuls, elle réalisait qu'elle n'avait rien à dire à Caïn. Ils n'avaient rien en commun et si au départ elle aurait été ravie de passer un peu de temps seule en sa compagnie, maintenant, elle n'avait envie que de ficher le camp pour éviter ce regard étrange qu'il posait sur elle. Leur père s'excusa et disparut, laissant un vide entre les deux Fawley restants. Alors, Callidora se dit qu'il était probablement mieux de partir, de ne pas s'attarder. « Pas si vite, voilà tellement de temps que nous n'avons pu échanger, j'aimerais bien savoir ce que ma chère petite-sœur devient. » La blonde resta donc assise, posant son regard clair sur son frère. Depuis quand désirait-il savoir ce qu'elle pouvait bien faire de ses journées ? Depuis quand s'intéressait-il donc simplement à elle ? Il n'avait jamais agi ainsi depuis qu'il avait quitté Poudlard et que leurs routes s'étaient lentement séparées. Qu'est-ce qui avait changé au juste ? Callidora parut un peu surprise mais ne protesta pas, se contentant de porter son thé à ses lèvres alors que l'un des serviteurs vint  s'arrêter à la table, leur demandant s'ils allaient tout de même manger le reste du repas. « Bien-entendu, nous sommes venus ici pour manger après tout, alors mangeons. » Sur ce l'homme disparut rapidement, laissant les deux cadets Fawley en tête-à-tête. Une scène pratiquement irréelle pour être honnête. Il lui souriait, ce qu'elle ne l'avait pas vu faire depuis... depuis... elle ne se rappelait même pas. L'indifférence avait toujours marqué son visage quand il posait ses yeux sur elle. Et depuis quand voulait-il savoir ce qu'elle devenait ? Probablement depuis qu'elle était fiancée. C'était la seule explication. Un signe peut-être à ses yeux qu'elle retrouve le droit chemin, celui qu'elle doit suivre pour être digne de son attention. Jouer la parfaite petite épouse.

Pourtant elle n'a pas oublié James, n'en ait pas entièrement remise de sa mort malgré les deux années qui ont passées. Mais maintenant qu'elle se plie à un mariage arrangé, avec un Rosier en plus, soudain, elle semblait digne d'attention de son aîné à qui elle rendit son sourire. « C'est vrai que ça fait un moment. Je suis très occupée au département des mystères faut l'avouer. Il ne faut pas m'en vouloir. » Et elle n'était pas la seule que le travail demandait une importante attention. Elle savait que Caïn travaillait beaucoup lui aussi. Au moins, ils avaient peut-être ça en commun. Leur passion du boulot, pour ce qu'ils faisaient même si c'est dans deux domaines totalement différents. « Mais j'imagine que c'est la même chose de ton côté, cher frère. » Sans parler de ses occupations de mangemort mais cela, elle le garda pour elle. La blonde était bien heureuse de ne pas les avoir rejoint et que personne ne lui demande de le faire. Elle ignorait bien ce qu'elle ferait si elle se voyait forcée de rejoindre les partisans du mage noir... Non... elle en serait incapable. « Comment ça se passe à Sainte-Mangouste d'ailleurs ? Beaucoup de patients ? » En réalité, ce sujet ne l'intéressait guère. Elle n'avait pas envie de parler des blessés qui s'entassaient de plus en plus à cause de cette guerre mais elle n'avait pas particulièrement envie de parler d'elle. Changer le sujet c'était tellement plus facile.
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≡ statut de sang : c'est un sang des plus purs qui coule dans ses veines. il en est fier, bien que l'homme semble davantage croire en la suprématie de l'être qu'en celle des atouts de naissance.
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MessageSujet: Re: it takes a long time to grow an old friend.   Lun 25 Jan - 14:01

Très occupée. Telle était la raison qu'elle avait choisi pour justifier le silence qui depuis des années s'était installé entre eux. Cette même excuse qu'ils se lançaient tous au visage, dont ils n'usaient avec parcimonie, parce que c'était facile. Occupé, ailleurs, loin des autres, loin de leurs regards, de leurs jugements. Et ils ne précisaient jamais, du moins jamais autrement que par des masses de travail. Après tout, là n'était-ce pas la meilleure des excuses ? Avec le temps, elle l'était devenue en tout cas. Et elle se voulait rassurante, un brin aimante même. Car ces simples mots évasifs demeuraient bien meilleurs que la vérité, celle qu'ils connaissaient tous, mais qu'ils n'osaient prononcer. Comment le faire, car était-ce même normal de ne vouloir passer du temps en compagnie des siens, de presque diaboliser leur présence, au moins de la trouver ennuyante. Définitivement pas, bien qu'ils demeuraient sûrement loin d'être les seuls. Mais il fallait sauver les apparences, ces apparences que chaque personne en ce monde prenait un malin plaisir à redorer chaque fois davantage, aussi pourries restaient les fondations. Et si certains ne prenaient cette peine qu'en public, les Fawley ne pouvaient vraisemblablement se résoudre à ne le faire aussi en privé. Après toutes ces années, pourtant. Toutes ces années de sourires hypocrites, de non-dits, de pensées cachées que néanmoins tout le monde connaissaient. Car ils n'étaient pas idiots, non, aucun. Chacun avait sa propre opinion sur l'autre certes, mais était aussi en connaissance de ce que ces derniers pensaient. Ça se voyait, se sentait, se lisait dans les prunelles. Était-ce cela finalement être une famille ? Pouvoir prétendre lire en ses pairs sans même qu'une expression jonche les visages, sans même un mot, un geste, sans qu'ils n'aient besoin de se regarder ni même se trouver dans la même pièce. Et cette tolérance, s'en éprenaient-ils tous parce qu'ils partageaient le même sang ? Oui, sûrement était-ce cela que d'être une famille. Fermer les yeux, faire semblant d'apprécier les dires, sourire, et pourtant aimer. Aimer ces personnes qui si elles n'avaient pas porté le même nom l'on aurait détestées. Indulgence, bienveillance et clémence, entre ces mots figurait la notion de famille, s'ils n'étaient pas son explication pure et simple. « Beaucoup trop comme toujours, mais qu'y pouvons-nous. » Sûrement était-ce le comble que ces mots-là sortent d'entre les lèvres d'un homme tel que lui, et pourtant il ne semblait y voir d'affront. D'ailleurs là n'était que vérité, car ce n'était sa main qui avait porté jusqu'aux lèvres des malades les poisons, moins encore celle qui défigurait les visages, mutilait les corps, embrumait les esprits de ceux qui occupaient les différents lits des étages du dessous. Du moins pas vraiment, pas entièrement, car rarement l'on pouvait revoir ceux auxquels il s'en prenait. « Et toi, toujours l'esprit occupé par tous ces mystères à garder je présume. » Il n'avait jamais désiré savoir ce que sa cadette faisait lorsqu'elle passait le seuil du ministère. Bien-sûr, sûrement lui avait-il parfois posé quelques questions, par simple plaisir égoïste pour assouvir ce besoin de savoir, mais au fond il s'en fichait bien, cela ne l'intéressait guère. Ou était-ce le ministère dans son entièreté auquel il ne portait aucune considération ? Une chose était certaine, c'est qu'il avait besoin de doubles doses de whisky pour supporter les longues, trop longues conversations à ce sujet qui inlassablement revenaient en ce même lieu. « Mais ne parlons pas boulot je t'en prie, j'ose espérer que tu fais autre chose de tes journées, du moins si on te laisse ce plaisir. » La belle était entourée, presque à chaque instant, désir du géniteur. Il ne savait réellement quel rapport elle entretenait avec celui qu'on lui avait assigné comme garde du corps, toutefois une part de lui espérait que cela se passait plutôt bien. De toute manière, elle savait user de ses charmes pour obtenir ce qu'elle voulait, au moins aussi bien que de son esprit, ainsi il se plaisait à l'imaginer lui fausser compagnie, comme pour rendre des journées surveillées bien plus palpitantes que son entourage l'imaginait.
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