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 (ambre) cruelty is a gift humanity gave itself

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MessageSujet: (ambre) cruelty is a gift humanity gave itself   Sam 20 Sep - 20:29



now their voices are fading, i can feel no more pain
— AMBRE H. FLEMING & MOSES FLEMING —
For the pain and the sorrow caused by my mistakes won't repent to a mortal whom is all to blame. Now I know I won't make it. There will be a time we'll get back our freedom. They can't break what's inside. Open up your eyes, save yourself from fading away now, don't let it go. Open up your eyes, see what you've become, don't sacrifice. Stay with me now I'm facing my last solemn hour. Very soon I'll embrace you on the other side, hear the crowd in the distance, screaming out my faith. Now their voices are fading, I can feel no more pain.

Londres cachait bien des mystères en son sein. On lui en avait murmurés quelques uns ; ils avaient glissé à l’ouïe de Moses Fleming. Pour certains, il les avait ignorés, affichant un air dédaigneux au pire ; ou au mieux, dénué de tout intérêt. Inlassable, imprenable, la rébellion n’avait de cesse de se réveiller dans quelques coins de la capitale, soulevant des vagues d’âme sur son sillage : toujours, il y aurait des gens pour se dresser contre le Ministère. Toujours, il y aurait des parasites qui chercheraient à faire perdurer un espoir inutile. Amusant, somme toute. Et dire qu’ils avaient eu l’audace de foutre en l’air un si joyeux mariage : personne ici ne déplorait la fin de l’événement, tant peu de gens connaissaient les mariés. Finalement, Ariane Arenberg s’avérait être une petite traitresse - guère étonnant, qu’elle n’ait eu de cesse de frissonner de trouille à chaque fois qu’il l’avait regardée. La jeune femme avait porté constamment sur ses épaules la crainte d’être démasquée, envoyée à Azkaban ou assassinée en une fraction de seconde. S’il avait su, s’il avait eu la présence d’esprit d’observer, Moses n’aurait pas hésité à mettre fin à l’existence de cette misérable gamine en une fraction de seconde. Les récentes révélations auxquelles le Régime devait faire face, avaient parfois tendance à taper sur les nerfs du sorcier, esquintant lentement mais sûrement la patience d’apparat qu’il avait toujours laissé glisser sur son visage. C’était comme si, inlassablement, Abraham Steadworthy se dessinait devant ses yeux avec un air victorieux : plus que jamais, Fleming était habité du désir ardent de faire disparaître cette rébellion. Une bonne fois pour toutes. Sans doute que ses efforts seraient toujours vains : au moins, tout cela lui permettait de tester la loyauté de ses Exécuteurs, au combien il était entré dans l’esprit de chacun pour y faire son nid. Ceux-ci traquaient sans relâche à présent, et aucune frontière n’arrêtait Moses : exigeant plus que jamais, toujours demandeur, le sorcier envoyait ses recrues débusquer du rebelle au fin fond de la Russie, assassiner de ces idiots en plein coeur de Pré-Au-Lard, le nouveau bastion des rebelles. Tôt ou tard, ils finiraient par le regretter, tout comme chacun des idiots de l’Ordre du Phénix avait fini par ramper comme une vermine au fin fond d’Azkaban. Même Steadworthy, le grand et génial Steadworthy, l’Auror renommé, avait fini par ployer. Grisé par ses réussites, agacé par ses échecs, Moses laissait trop souvent, ces derniers temps, ces vagues de ressentiment glisser sur les traits de son visage. Il lui fallait, somme toute, un exutoire de qualité. Assis à son bureau, songeur, ignorant aisément les piles de paperasses qui avaient inondé son espace vital pour lui faire part de toutes les activités rebelles, le sorcier observait d’un oeil critique la baguette qu’il avait entre les mains. Un cadeau, bien généreux, de la part de sa chère soeur : ce n’était pas son bien à lui, et cette arme n’était finalement pas à la hauteur de celle que Fleming avait toujours connue. Il lui était difficile, d’admettre être aussi sentimental à l’égard d’un simple objet, un petit bout de bois qui résistait à tout, et avait été prête à le suivre à travers tous les actes plus ou moins recommandables qu’il avait commis. Soigneux, organisé, presque maniaque, Moses Fleming n’avait été le propriétaire que d’une seule et unique baguette magique, celle faite d’un bois sombre d’ébène, celle qui avait toujours si finement tranché les chairs et imposé sa volonté.

Désormais, elle n’était plus ; envolée dans le néant, oubliée. Sa mâchoire se crispa à cette pensée détestable : sans doute les rebelles avaient-ils fini par mettre la main sur sa chère baguette, et la refiler à un misérable fugitif. L’idée, aussi désagréable était-elle, le fit frissonner d’un élan rageur. Soit, il devait se contenter de ce qu’on avait gracieusement voulu lui donner : Shae n’avait pas hésité avant de lui faire don de cette baguette, et il fallait avouer qu’elle lui était aisément devenue assez fidèle. Malgré quelques actes de rébellion, un caractère de vieille garce, cette baguette avait fini par ployer sous la volonté du sorcier, et était désormais une alliée indéniable. Presque. Et aujourd’hui, il avait envie de tester sa loyauté à nouveau, tout comme de remettre en question la loyauté du sang Fleming qui coulait dans les veines de ses semblables. Certes, Shae-Layne restait son alliée, le côté blanc, brillant à ses ténèbres. Restaient d’autres ombres au tableau, qui éveillaient des murmures à travers les couloirs du Ministère. Jamais. Jamais on ne devrait remettre en question la fidélité des Fleming pour les rangs du Lord. Jamais. Et pourtant, il savait ces murmures fondés : parmi les jolies têtes blondes du clan Fleming, résidait cette petite rose épineuse. La fille de son frère, sa nièce quand bien même une telle perspective lui soit bien difficile à accepter. Certes, il y avait toujours Clyde, loyale et tête brûlée, aisément ralliée à la cause qui alimentait les actes de chaque Fleming. Ambre cependant. Ambre c’était une autre histoire, et il était temps de faire entrer les éléments perturbateurs dans les rangs : la jeune femme avait été, qui plus est, présente au récent mariage des Oswald-Appleby - irrémédiablement, dans un fond de ses pensées, Moses osait encore espérer que sa propre nièce n’ait pas le moindre lien avec cette organisation minable. Sans attendre, il quitta la chaise à son bureau, abandonnant volontiers la paperasse dont il était censé avoir la charge : quelqu’un pourrait toujours s’en occuper pour lui. A l’heure actuelle tous ses Exécuteurs - ou presque tous - étaient disséminés dans le pays, à la recherche de quelques fuyards à faire saigner pour faire reculer la marche de la rébellion ; il n’avait personne à commander. Presque de quoi s’ennuyer. Arpentant les couloirs du Ministère d’une allure calculée, quoique rapide, Moses ignora les quelques regards qui suivirent son sillage, et quitta l’enceinte du bâtiment pour rejoindre les rues de la ville. Les moldus l’ignoraient presque, ce qui avait tout autant le don de l’agacer, que de le complaire parfaitement : il préférait ça à attirer l’attention sur lui comme n’importe quel sorcier imbécile qui viendrait à se balader en robe à étoiles scintillantes et ainsi de suite. Il ne lui fallut pas bien longtemps pour rejoindre les abords du bâtiment où se trouvait l’habitation de sa nièce. Il n’y avait qu’à observer où Ambre vivait pour deviner à quel point elle était un électron libre - trop libre, parmi les Fleming : enfin, il ne pouvait décemment pas la tuer d’un coup de baguette comme il l’aurait fait avec n’importe qui dans cette situation. Ambre restait de son sang, Ambre restait une Fleming. Sans doute avait-elle seulement perdu son chemin, ou demeurait-elle possédée par un éternel désir de rébellion. Qu’importe, quoique ce soit, il s’appliquerait à écraser ces instincts du pied comme il aurait mis fin à la vie d’un misérable insecte. Il gravit donc les marches pour rejoindre la porte de l’appartement de la jeune femme, préférant ces techniques somme toute sommaires, à l’idée de transplaner directement devant sa porte, et risquer d’annoncer sa venue avant même qu’elle n’ait eu à lui faire face. L’élément de surprise, ça faisait tout : d’un geste de la baguette, sans même avoir à prononcer l’incantation, il ouvrit la porte, dans un cliquetis discret, qui tendit l’air pour une fraction de seconde, avant que tout ne s’envole.

Aucun sortilège ne protégeait l’entrée - quelle imprudence, remarqua-t-il alors qu’il venait de faire un pas silencieux dans l’intimité de la jeune femme : l’endroit respirait un certain désordre, une agitation quelconque qui eut tôt fait de mettre la puce à l’oreille du sorcier. Peut-être bien, que les soupçons, les murmures qui filtraient sur Ambre Fleming étaient fondés : il n’y avait qu’à voir sa gueule d’Ange, son air gentillet - pourquoi avait-il fallu que tant d’éléments récalcitrants naissent dans la nouvelle génération des Fleming ? A commencer par Judith. Et puis Eyron. Tout comme il avait réussi à mettre son propre fils à son service, il parviendrait à mater tous les instincts rebelles chez sa nièce, puisque son frère ne semblait pas désireux de s’en charger. Le parquet grinça sous quelques uns de ses pas ; mais il n’en eut cure - à présent qu’il était entré, il faudrait bien des efforts pour le déloger avant qu’il n’ait décidé de quitter les lieux lui-même. Dans une autre pièce, des gémissements, geignements agaçants qui lui rappelaient vaguement Azkaban, vinrent titiller ses tympans, et Moses n’eut qu’à suivre les murmures, les petits crissements pour ouvrir la porte sur un type à moitié au sol, la baguette levée dans une main vacillante. Un éclair, un sortilège à peine formulé que le sorcier n’eut aucun mal à esquiver tant il était mal orienté ; sans doute que le blessé au sol ne devait pas y voir grand chose, ce qui permit à Moses de rétorquer dans un sortilège désarmant, qui fit s’envoler la baguette de l’autre. En quelques pas, il rejoignit la carcasse du type encore au sol, l’attrapant par la nuque pour le faire se redresser sur une jambe bandée, cachant une profonde entaille le long de la cuisse. Fleming aurait pu l’abattre dès à présent, mettre fin à ses souffrances et surtout faire taire ses supplications, ses gémissements agaçants mais il leva le regard, remarquant finalement la présence de sa nièce, à quelques pas de là ; elle venait d’arriver avec la volonté, sans doute, de défendre son petit protégé clandestin. Grossière erreur ; elle n’eut besoin que d’une fraction de seconde pour calculer son erreur, tandis que le sorcier la foudroyait d’un oeil critique. Il relâcha la nuque de sa victime, baguette toujours serrée entre les doigts, pour mieux poser un pied sur le dos du type, l’empêchant de se redresser tandis que le duel de regards se jouait entre Fleming uniquement. « Ma chère nièce. » Dans un sourire amusé, il laissa la pointe de sa chaussure appuyer sur la nuque de l’homme blessé, qui rampait comme un petit insecte tout juste bon à être victime de ses attentions tortionnaires. « Personne ne t’a dit que les clandestins doivent être amenés au Ministère ? » Et il eut une oeillade pour souligner la présence d’un intrus ici, entre eux, dans l’appartement d’une Fleming, preuve indéniable d’une culpabilité qui n’aurait jamais dû courir dans leurs branches. Le regard imprenable, il la toisa un long instant, comme désireux d’entendre de sa part de plates excuses, quelques bons prétextes : au fond, s’il y avait bien un destin qui n’était pas scellé ici, c’était celui d’Ambre - et pourquoi pas, les quelques dernières minutes de vie qu’il pouvait rester à cet être misérable qu’elle avait eu la mauvaise idée d’amener jusque dans ces murs ; peut-être, peut-être bien aurait-elle mieux fait de le laisser crever de ses blessures.


Dernière édition par Moses Fleming le Mar 28 Oct - 5:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (ambre) cruelty is a gift humanity gave itself   Ven 17 Oct - 2:22




Au fond, je n’étais pas un élément caractéristique de la famille Fleming. Je n’étais pas ni membre des Exécuteurs, comme Clyde et Moses, ni membre du département des mystères ou quoi que ce soit de ce genre. Je ne me plaisais pas quand il s’agissait de torturer ou même tuer des gens que je les connaisse ou non, d’ailleurs. Je n’avais même jamais eu l’idée de suivre aveuglément Lord Voldemort. Sinon, pourquoi aiderais-je clandestinement ceux qui souffrent de ce nouveau gouvernement, de ce nouveau règne de terreur ? Il est certain que je ne souffre pas beaucoup de tout cela, moi, puisque je fais partie d’une de ces nombreuses familles prestigieusement loyale au Seigneur des Ténèbres. Qui donc oserait pointer sa baguette sur un Fleming avec toute la crainte que nous procurons rien que par la prononciation de notre nom ? Je vois la peur dans le regard des personnes qui ne me connaissent encore que par ce patronyme. Je sens la peur s’évaporer, suinter de tous leurs pores. Pourtant, au fond, quand on connaît mon prénom, il est assez courant de savoir celles-ci plus à l’aise. Et pour cause… Je travaillais depuis un moment déjà à Sainte-Mangouste. J’étais aimable et chaleureuse avec quiconque devient mon patient. J’ai toujours eu cette sympathie en moi. Sinon pourquoi me tourner vers le métier de guérisseuse ? Vous l’aurez compris, je n’ai jamais rien eu de commun avec mes semblables. S’ils prônaient farouchement l’anéantissement des hérétiques, moi, j’envisageais cela différemment. Je refusais l’idée de me séparer de ma famille, ne serait-ce que pour Clyde et mes parents que j’aime par-dessus tout mais d’un autre côté, je ne pouvais laisser des personnes persécutées sur mon chemin, sous prétexte que le régime actuel les considère comme des parias, des clandestins, des moins que rien. Dans mon besoin éternel de rendre justice, tout en ne pouvant complètement trahir les miens, je me faisais continuellement discrète, même si quelques rares fois, Clyde venait tout bousculer. C’est pour mon bien, me répétait-elle à chaque visite, qu’elles soient fructueuses ou non. J’ai toujours cru, au fond de moi, qu’elle nourrissait cette conviction grâce à son nouveau travail, son rapprochement certain avec nos parents mais aussi et surtout ce rapprochement avec Moses, notre oncle. Il est son chef, après tout. Il a toujours été fier d’elle, cela se lit dans ses yeux quand ils se croisent. Mais au fond de moi, je crois que je me suis toujours sentie un peu protégée par un ange gardien. Stupide, n’est-il pas ? C’est sans doute pour cette raison que je continuais sans cesse de sauver une pauvre âme errante, blessée, torturée par la vie ou par les sorciers que je croise pourtant si souvent à des soirées mondaines. Comment ai-je pu naïvement croire que cela n’était pas connu de source sûre ? Comment ai-je pu naïvement croire que tôt ou tard, les preuves seraient suffisantes pour que je fasse le pas de trop ? Au fond, je craignais que ce jour n’arrive. Au fond, je savais que ce jour arriverait. Je crois même que j'ai précipité tout cela, bien malgré moi. Je crois que je m’en voudrai pour le restant de mes jours. Seulement, en ce début d’après-midi-là, je ne le savais pas encore. Je ne pouvais pas deviner que le pire démon arriverait en costume impeccable pour briser tout espoir. Je crois bien que si je l’avais su, j’aurais préféré te laisser errer encore un peu plus longtemps dehors, dans le froid, mais dans la chaleur d’une sécurité plus certaine. Je m’en excuse, Alex.

Cet homme avait toute la ruse dont la famille peut se vanter d’avoir héritée. Je l’ai toujours été, en temps normal, moi aussi. Seulement, bien trop poussée par mes sentiments et ce besoin, sans cesse, de montrer ce sourire rassurant, réchauffant et éclatant, j’en oubliais que j’avais affaire à des loups bien plus affamés de sang. La gentillesse et le besoin impulsif que j’ai toujours nourri pour ma famille m’a souvent joué des tours. J’en oubliais trop souvent qu’ils n’avaient, contrairement à moi, aucun remord, aucune éthique quand il s’agissait de blesser un né-moldu, autrement dit, un sang-de-bourbe. Peut-être est-ce cette once de justice, cette once de bon sens et d’humanité qui allait me perdre. C’était au fond plus une faiblesse qu’une preuve de courage ou de grandeur. J’allais le comprendre à mes dépends. Pourtant, au moment où j’accueillais Alex dans mon humble chez moi, c’était encore et toujours ce besoin de réparer les blessures et les erreurs de mes paires qui m’animait. Je lui souriais chaleureusement, avant de l’embrasser. En fait, non, je crois bien qu’à ce moment-là c’était lui qui venait me voler mes lèvres. Malgré la douleur ressentie, il ne pouvait s’empêcher de faire disparaître le peu d’espace qui nous séparait, comme pour se rassurer, comme pour se rappeler qu’il était encore en vie et que rien ne nous avait encore fait disparaître, l’un ou l’autre. Après quoi, je fonçai lui chercher un peu d’eau dans un grand bassin, une serviette humidifiée au préalable et de quoi panser ses blessures. Il avait encore dû être confronté à l’un des membres de la police militaire qui ne s’était, a priori, pas gêner pour lui arracher plus d’une parcelle de peau sur son corps tout entier. Rien que de l’observer, je pouvais ressentir sa douleur. Oui, j’ai toujours été très empathique, alors, forcément, les douleurs sont très facilement perceptibles dans ce genre de situations. « Dans quoi as-tu encore été embarqué ? Je t’avais pourtant fait promettre de te cacher et d’user de toutes les cartes qui étaient en ta main pour ne pas te faire prendre jusqu’à ce qu’un hibou me parvienne avec ces mots. J’aurais alors accouru plutôt que d’avoir à t’accueillir dans cet état désastreux ! » sans oublier qu’il aurait pu avoir été remarqué devant chez moi, je le sais parfaitement. Pourtant, je ne le lui dis pas ni ne lui reproche. Il le sait déjà, sans aucun doute. Cela ne serait que l’accabler davantage et ce n’était pas ce dont il avait besoin actuellement. « Allonge-toi là, s’il te plaît, dans mon lit. Je m’arrangerai pour le nettoyer d’un coup de baguette. » lui criais-je un peu prise de panique mais aussi de spasmes plutôt violents. C’était à n’y rien comprendre. Que pouvait-il donc m’arriver soudainement ? Et surtout, avais-je besoin de ça en plus, en ce moment ? Je dus m’allonger, un peu de force, pour ne pas totalement m’écrouler. C’était vraiment violent. Pourquoi là ? Il avait absolument besoin d’aide. Le temps de me calmer, il avait pris soin de faire ce que je lui avais conseillé. Comme toujours, il m’écoutait sagement. Il savait que je m’y connaissais suffisamment en guérison. Je ne crois pas qu’il se soit mis avec moi par pur opportunité. C’est simplement le hasard qui fait bien les choses, comme on dit. Bref, le temps de me remettre de mes émotions, je soufflais, encore et encore, pour reprendre pleine possession de mon corps. Ces spasmes avaient été brefs mais passablement aigus. Peut-être faudrait-il que j’en parle à des collègues, une fois tout ceci rentré dans l’ordre.

Si j’avais prévu la suite, peut-être ne serais-je jamais allée jusqu’au fond de mon appartement, à la recherche de quelques éléments pour soulager sa douleur en attendant de trouver une solution concrète. Parce que s’il y avait des éléments que je pouvais soigner et soulager avec des breuvages expérimentés lors de mes stages, je ne pouvais pas tout guérir d’un coup, je le savais pertinemment. Ce qui serait le plus pénible dans sa situation, c’était l’attente, la patience… Oh, excuse-moi, Alex. Si tu ne t’étais pas entiché de moi, sans doute n’aurais-tu jamais eu à goûter à une telle mort. Jamais. Je t’aimais, tu le sais, ça ? Pardonne-moi pour tout le mal que je t’ai fait. Trop occupée donc à chercher quelques éléments ci et là, oh si seulement j’avais tendance à être plus ordonnée et moins impulsive, je n’avais pas même remarquée l’effraction orchestrée par mon oncle si calme, si discret, si impassible. J’étais à mille lieux de m’imaginer qu’il pouvait être en train de piétiner mon parquet. Du moins, je ne l’aurais sans doute jamais remarqué si Galatéa ne m’en avait avertie de son grognement, et de son insistance à me passer entre les jambes. Elle était comme ça quand Clyde venait. Et il est évident que Clyde et Moses se ressemblent trop. Il aurait pu être son père, dans le fond. C’est son réel modèle. Un cri, une supplication, suivis de suffocations. Tout ceci ne présageait rien de bon. Et surtout, tout ceci provenait de ma chambre. « Alex ?! » criais-je à tue-tête en accourant vers ladite pièce pour assister à un spectacle d’horreur. Il n’était plus sur mon lit. Son instinct de survie l’avait poussé à s’en échapper pour pointer, sans doute, sa baguette sur l’intrus qui avait pourtant le dessus. C’est évident que dans son état, Alex ne pouvait pas faire grand-chose. Oh ! Si seulement ces spasmes avaient eu lieu à un autre moment, je n’aurais sans doute pas été retardée de la sorte. Son bourreau m’était familier, malheureusement. Il devait lui être familier aussi puisque sa tête était aussi célèbre que son nom et son prénom. « Mon… oncle… » osais-je à peine prononcer dans un murmure inavouable. J’avais honte d’annoncer à Alex que l’homme qui avait pénétré de la sorte chez moi et qui le maintenait tel un animal prêt pour l’abattoir n’était autre qu’un membre de ma famille. Comment pouvais-je l’avouer, d’ailleurs ? Il me fixait de cet air réprobateur. Je le savais, il n’était pas là pour une visite de courtoisie, comme le prétendait chaque fois poliment, ou pour les apparences, Clyde à mon égard. Non, il n’aurait aucune honte à m’affirmer qu’il venait bel et bien pour arrêter mes petits jeux avec les clandestins que j’hébergeais. J’avais du mal à savoir si ma sœur cadette était impliquée dans cette histoire, mais il n’y a aucun doute pour que tout ceci soit finalement bien découvert par le gouvernement. Je grinçai des dents quand il ajouta ce « Ma chère nièce. » tout en continuant de soutenir mon regard, empli de crispations, à nouveau, tandis qu’il tenait sa baguette entre ses doigts et Alex à sa merci, plaqué à même le sol, le pied sur son dos.

J’eus un frisson dans le dos en comprenant qu’il n’était pas bien embarqué face à un adversaire aussi tenace que Moses Fleming. Je le voyais s’amuser de la pointe de sa chaussure sur la nuque de celui qui n’avait rien affaire dans un règlement de compte, ou un redressement des Fleming, allez savoir. Il était au mauvais endroit au mauvais moment et il allait, je le savais au fond de moi, servir d’exemple. Sa remarque grinçante et n’ayant rien d’une simple remarque, mais plus d’un ordre juste parfaitement bien amené, bien prononcé, me fit comprendre qu’il ne rigolait pas. Il ne rigolait jamais avec ce genre de choses, je le savais mieux que quiconque. Il ne fit rien de plus que de jeter un regard rapide pour désigner Alex et me rappeler que c’était justement l’un de ces indésirables clandestins dont il parlait. Rongée par l’inquiétude et l’amertume, non pas d’avoir fait ce que j’ai fait pour l’aider, mais de l’avoir amené malgré moi dans un guet-apens, je dus m’insuffler beaucoup plus de courage pour maintenir son regard que pour échapper aux regards indiscrets de quelques autres rafleurs pour retrouver Alex. Avant même de lui répondre, je tournai mon attention sur celui que j’avais voulu protéger. « Je… Je suis désolée Alex. Je n’ai jamais voulu t’embarquer dans tout ceci… » finalement, je reposai mon regard sur mon oncle. « Il n’a jamais voulu nuire à qui que ce soit. Il m’avait même juré qu’il partirait, loin de Londres, loin de la Grande-Bretagne. Tout ce qu’il souhaitait, c’était de pouvoir refaire sa vie paisiblement, dans son coin. » j’omis sciemment de lui préciser que Alex avait prévu de refaire sa vie avec moi. Cela n’aurait été accepté par qui que ce soit de la famille. Je le savais pertinemment. Alors, je préférai jouer presque franc jeu. D’ailleurs, il n’avait jamais été question qu’il s’en aille, juste qu’il se pose et qu’il habite chez moi. Je ne le voulais pas à des centaines de kilomètres de chez moi. Je n’y aurais pas survécu.




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