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 Suffering is a first step to heal | Sairéann

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MessageSujet: Suffering is a first step to heal | Sairéann   Lun 25 Aoû - 23:11

Travailler à l'hôpital Sainte Magouste signifiait faire preuve à la fois d'abnégation et d'altruisme, depuis qu'elle y travaillait Céleste en avait fait l'expérience et bien qu'elle puisse trouver de nombreux défauts à ce métier, il lui plaisait malgré tout et elle n'en aurait jamais changé pour un autre. Au contraire, ce travail lui donnait l'impression d'être utile et d'aider une communauté qui, aujourd'hui plus que jamais, en avait immensément besoin. Ainsi, la jeune femme exerçait son métier avec passion, un peu trop parfois pour ses supérieurs, et ne le quittait que rarement au détriment de sa vie personnelle. Elle s'occupait de ses patients avec ferveur et attention, ressentant le besoin nécessaire de combler le vide d'une existence passée et occultant par la même occasion la solitude d'une vie malmenée par la seconde guerre des sorciers. Sans conteste, la demoiselle aimait véritablement son métier et aucune des personnes qui la côtoyaient au quotidien n'auraient pu remettre en cause cette dévotion absolue.

Les premiers bénéficiaires des talents de guérisseuse de Céleste étaient bien entendu ses patients et nombre de personnes étant passées entre ses mains s'accordaient à dire que la récente promotion de la sorcière, au poste de guérisseuse en chef, était amplement justifiée. Aujourd'hui cependant, alors qu'elle s'occupait d'une énième victime d'une explosion de chaudron, les talents en question n'étaient que peu sollicités. Des cas comme la vieille dame alitée sous ses yeux, silencieuse et très probablement honteuse, Céleste en voyait régulièrement, bien qu'elle ne cessa de répéter aux victimes de ces accidents en question que lors de la fabrication de potions le nettoyage du chaudron est absolument essentiel auquel cas on se retrouvait bien souvent brûlé au troisième degrés quand ce n'était pas pire. Ici, et encore une fois, elle ne put s'empêcher de répéter ce conseil à la malheureuse victime de son chaudron capricieux.

-Oh vous savez mademoiselle Boisier, je ne fais que très rarement des potions … Je voulais juste faire une farce à mes petits-enfants en réalisant une décoction hoqueteuse. Ah ça ! Ça me passera l'envie de faire des blagues !

La jeune femme émit un demi-sourire. La vieille dame était donc une farceuse, rien de plus simple pourtant que de réaliser ce genre de potion lorsque les bonnes conditions sont réunies. Céleste insista d'ailleurs particulièrement sur ce dernier point. Il n'y avait rien de grave cependant, la grand-mère n'avait que les avant-bras brûlés, au troisième degrés certes, mais ce n'était que les avants-bras, certains se retrouvaient des jours à l'hôpital avec le corps entièrement carbonisé. Elle lui administra un philtre calmant pour apaiser la douleur ressentie et commença à appliquer sur ses blessures un baume d'une couleur verdâtre dégageant une forte odeur végétale qui n'était pas forcément agréable, ce que la vieille dame fit remarquer en la questionnant sur l'utilité de ce baume.

-C'est un baume de régénération épidermique, avec ça votre peau sera comme neuve à la fin de la journée. Après ça, plus de bêtises avec les chaudrons !

Elle termina l'application de la crème et la vieille dame la remercia en lui promettant de ne plus recommencer de telles excentricités. C'est alors que le guérisseur stagiaire de son service vint la chercher en lui indiquant que monsieur O'Leirigh venait de se réveiller du coma artificiel dans lequel Céleste l'avait plongé la veille pour le soulager de ses douleurs. Si nombre de cas du service de la jeune femme relevait généralement de blessures du quotidien, ce n'était pas le cas de monsieur O'Leirigh. Le jeune homme en question avait subi de nombreux traumatismes, comprenant plusieurs os cassés, dont celui de la jambe gauche complètement broyé, ainsi que d'importantes blessures, dont certaines avait atteint des organes vitaux. Pour tout avouer, depuis que Céleste était médicomage, elle n'avait jamais vu un corps aussi meurtri que celui du jeune homme en question et elle se demandait bien comment il avait pu se blesser de la sorte. Elle se doutait bien cependant que son métier d'exécuteur devait entrer en ligne de compte et que c'était sûrement, et encore une fois là aussi, une des nombreuses victimes collatérales du gouvernement en place. D'instinct elle s'était donc promis dans son fort intérieur qu'elle aiderait au mieux le garçon. Elle avait ainsi passé de longues heures à rafistoler chacun de ses membres, ressoudant les os fracturés et guérissant les organes atteints. Si elle avait résolu en grande partie la majorité de ses problèmes elle ne pouvait cependant pas faire de miracle et monsieur O'Leirigh devrait très certainement séjourner quelques semaines au sein de l'hôpital afin que sa rémission soit complète. Elle en était là de ses réflexions sur le patient lorsqu'elle pénétra dans la salle où ce dernier se trouvait.

-Monsieur O'Leirigh ! Notre miraculé du jour !

Elle ironisait souvent avec ses patients, l'humour était selon elle un bon moyen de décontracter les malades et parfois même cela égayait leur journée ce qui n'était pas plus mal. Il fallait bien admettre que rester aliter dans un lit toute la journée n'était pas bien marrant, ce qui était le cas de tout les patients dans cette salle, salle réservée aux blessures graves. Sans plus de cérémonie, elle prit sa température et releva son pouls. Pas de fièvre et un pouls régulier, voilà qui était déjà une bonne chose.

-Comment vous sentez-vous ?

Elle se doutait par avance de la réponse mais c'était une question qu'il fallait poser, après tout elle n'était pas dans son corps et elle ne pouvait deviner exactement ni son état, ni son ressenti.
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MessageSujet: Re: Suffering is a first step to heal | Sairéann   Jeu 28 Aoû - 17:19

Des images me parviennent derrière mes paupières mi-closes, des souvenirs de l’assaut, celui-là même auquel j’ai pris part et pour lequel j’ai lamentablement échoué. Car sur le terrain, c’est le doute qui s’est emparé de moi d’un seul coup, me figeant sur place, bloquant mes gestes. Dans les personnes qu’il me fallait attaquer, il y en avait que j’avais déjà croisé et relâché. Des compagnons de Poudlard, d’anciens amis. Le doute s’est emparé de moi, m’empêchant d’agir comme je l’aurais voulu. Mais eux n’ont pas eu le même temps de réflexion, n’ont pas attendu que je sorte de mes pensées pour pointer leurs baguettes dans ma direction et m’asséner des sortilèges, me heurtant de plein fouet, tous en même temps. Je sers les dents alors que je me remémore ce passage douloureux, l’agitation d’alors semblant encore parvenir jusqu’à mes oreilles qui se mettent à bourdonner sans aucun préavis, m’arrachant quelques grognements. Je m’arrache alors à ces images, mes paupières s’ouvrant subitement sur la pièce alors que j’embrasse le plafond du regard. Ma respiration se fait haletante, douloureuse, alors que tous mes membres se mettent à me brûler en même temps. La cicatrisation risque d’être difficile, m’a-t-on dit, vous allez avoir mal. Ils ont minimisé la douleur, ne mentionnant jamais que cela ferait aussi mal. Je n’ose même pas imaginer la douleur qu’a dû ressentir mon frère avant de périr, lui qui n’a reçu aucun secours, qui n’a pas eu la chance d’être emmené à Sainte Mangouste pour se faire soigner. Et une nouvelle fois, la culpabilité me saisit, plus vivace que jamais. J’ai laissé mourir mon sang sans mot dire, tout cela pour une histoire de femme ayant déjà fuit mon cœur – Marianne ayant été bien plus intriguante et séduisante, et Cersei-Jane bien plus attrayante et accaparante, une fois ma haine à son égard (pour s’être fait passer pour une femme n’existant pas, pour s’être faite appeler Marianne afin de pouvoir m’approcher) s’étant apaisée – ; cela fait-il de moi un meurtrier ? Oui, sans doute. Un rire fou s’échappe d’entre mes lèvres entrouvertes alors que mon estomac se tord, rajoute une douleur supplémentaire que je ne sens qu’à peine au final. Qu’est-ce que la douleur, au milieu de la douleur ? Rien d’autre que ce qui existe déjà. J’ai cru ne pas être comme les autres, être un rafleur à part, moins mauvais, moins comme mon frère ; mais je ne suis pas mieux que tous mes compagnons de route, ces collègues que je méprise tant. Et aujourd’hui, je crois pouvoir dire que je me hais au moins autant qu’eux, si ce n’est plus. Pas étonnant qu’ils me refourguent d’un groupe de rafleurs à l’autre, refusant de me garder auprès d’eux pour deux patrouilles consécutives. Je suis l’imbécile à la traine, le fardeau dont personne ne veut. Et je commence réellement à comprendre pourquoi tout le monde semble me fuir de la sorte et partir en courant dès que j’approche. Non pas parce que je suis cruel, mais parce que je suis incapable de mener à bien quelque chose.

La porte de la chambre d’hôpital s’ouvre brutalement, m’extrayant à ma démence. Du coin de l’œil, j’observe ma soigneuse habituelle pénétrer dans la pièce, pleine d’une bonne humeur visible jusqu’ici. La voir bouger ainsi me rend quelque peu jaloux, moi je ne peux plus tenir sur mes jambes et encore moins marcher comme elle le fait ; je vais d’ailleurs certainement avoir du mal à m’y remettre, tant cela fait longtemps que je ne l’ai pas fait – il me semble que cela fait déjà une éternité que je me trouve échoué dans ce lit. Pourtant, je ne peux m’empêcher de la trouver sympathique, sans doute parce qu’elle est ici dans l’unique but de me soigner alors qu’elle ne me doit rien. Elle semble en fait être la bonté incarnée, tout ce que j’aurais voulu être mais que je ne suis finalement pas. « Monsieur Ò'Leirigh ! Notre miraculé du jour ! » s’exclame-t-elle, l’ironie n’ayant aucun mal à transparaitre de ses propos. Je sais qu’il ne s’agit pas de moqueries et qu’elle tente simplement de détendre l’atmosphère, ce qui est tout à son honneur. Sans elle, l’ennui m’aurait sans doute emporté depuis un bout de temps. Je tente de sourire à ses paroles, ne parvenant pourtant à lui fournir qu’une sombre grimace pour laquelle je culpabilise aussi. « Comment vous sentez-vous ? » se contente-t-elle finalement de demander, comme pour dissiper ma gêne. Forcément, il s’agit là de la question qui fâche et pour laquelle, je me trouve contraint de m’appuyer un peu plus sur mon oreiller. En se relâchant, mes muscles du dos me prodiguent un bien fou, bien que je n’ôte là qu’une infime partie de ma douleur. « Comme un unijambiste auquel on fait repousser une jambe. » j’ironise à mon tour, ne voyant pas en quoi il est utile de préciser à nouveau que je souffre le martyr et que j’ai l’impression qu’un feu carnassier s’infiltre dans chaque infime partie de mon être afin de tout dévaster. J’aurais aimé tenter d’hausser les épaules pour dédramatiser la chose, mais je suis malheureusement contraint à abandonner l’idée. « Vous savez, le coma artificiel me fait un bien fou mais je me demande si ce n’est pas pire au réveil. Sentir toutes ces blessures se réveiller, c’est comme revivre le moment où elles m’ont été faites à chaque fois. » Elle n’y est pour rien, bien sûr et je dois sans doute paraître ingrat d’oser soulever ce détail au lieu de la remercier comme il se doit. Après tout, il est vrai que si je n’étais pas blessé ainsi, l’endroit me paraitrait sans aucun doute bien plus confortable que ma tente installée dans la périphérie de Londres – mon unique maison depuis que j’ai été mis à la porte par ma mère. « Mais, puis-je vous poser une question ? Cela ne vous repousse pas, parfois, d’avoir à soigner des gens comme moi ? » J’avoue qu’il ne serait sans doute pas des plus agréables de l’entendre acquiescer, de ne lui inspirer qu’un profond dégoût, mais je n’ai pas trouvé mieux pour l’inciter à rester plus longtemps, que d’engager la conversation. Et je tiens à cette unique distraction de la journée, la seule visite à laquelle j’ai droit. Car dans ces lieux, la guérisseuse est sans aucun doute ma plus puissante alliée.
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