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 (letan) ☆ cause it hurts sometimes.

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MessageSujet: (letan) ☆ cause it hurts sometimes.   Lun 25 Aoû - 22:21

Help me bury my shame
LETAN HASHWELL-CRANE & REYSEN BEESBURY

Lift me up on my honour Take me over this spell Get this weight off my shoulders. I've carried it well Loose these shackles of pressure Shake me out of these chains Lead me not to temptation. Hold my hand harder.Ease my mind Roll down the smoke screen And open the sky. Let me fly, Man I need a release from This troublesome mind. Fix my feet when they’re stumbling And well you know it hurts sometimes, You know it's gonna bleed sometimes. ~ sweet talk.

La pluie tapait avec force contre les carreaux du manoir dans lequel Reysen vivait depuis plusieurs années maintenant. C’était une pluie incessante qui arracha un soupire au jeune sorcier. Ce temps grisâtre et inlassablement brumeux semblait correspondre parfaitement à l’ambiance qui régnait dans l’Angleterre magique, depuis la victoire du seigneur des ténèbres. Le gouvernement mis en place depuis était encore pire que celui qui s’était installé quelques mois avant que la bataille de Poudlard n’ait lieu. Il semblait que cette guerre n’allait jamais se terminer, il avait l’impression qu’il n’y avait plus rien à  faire de toute façon. Les mangemorts avaient gagné. Reysen n’avait jamais participé à la guerre, il était resté en arrière du début jusqu’à la fin et encore là, il s’efforçait de continuer à faire son travail sans poser de questions. Il était mal placé pour juger l’abandon de l’ordre du phénix, même s’il trouvait ça stupide d’abandonner à la première difficulté, à ce moment où Harry Potter était mort. Il ne pouvait rien dire, il n’avait participé à rien et aux yeux de certains, il était bien plus du côté des mangemorts que de l’ordre du phénix. C’était probablement bel et bien le cas, même s’il s’efforçait de le nier afin de pouvoir continuer à se regarder dans la glace. Le fait était pourtant qu’il travaillait avec eux, qu’il obéissait à leurs ordres, alors peut-être qu’il n’avait pas de marque des ténèbres sur le bras, il n’avait tué personne, il n’avait envoyé personne à Azkaban, mais le fait était qu’il était bien du côté des mangemorts. Il n’avait pas le choix, il voulait protéger sa fille à tout prix et le reste semblait ne pas avoir la moindre importance à ses yeux. Tout ce qu’il faisait, il le faisait pour sa fille. Ses fiançailles ne ressemblaient aujourd’hui plus qu’à un arrangement lui permettant de s’assurer une certaine sécurité. Chaque choix qu’il faisait dans sa vie ne visait qu’un seul but : protéger sa fille. Tous, sauf peut-être celui de ramener Letan chez lui. Il ne savait pas vraiment pourquoi il avait fait ça. Il avait vu un grand nombre de personnes être envoyés à Azkaban ou finir au département des ministères pour devenir un sujet d’expérimentation du projet Live Bait et dans toutes ces personnes, il n’y avait que Letan qu’il avait sauvée. Elle ne voyait peut-être pas les choses sous le même angle que lui, mais c’était bel et bien le cas. Peut-être qu’à présent, elle était réduite à faire le ménage chez elle, mais elle était forcément mieux là qu’au département des mystères ou même qu’à Azkaban. Elle avait une chambre, elle ne logeait pas au fond d’une cellule humide et puante. Ce n’était peut-être pas la chambre la plus confortable du manoir, mais c’était toujours mieux qu’Azkaban ou qu’un matelas à même le sol au fond de la cave. C’était une chambre quoi. Elaine continuait de penser qu’elle serait probablement mieux au fond de la cave avec juste un matelas. Il ne savait pas pourquoi, sa fiancée se montrait particulièrement désagréable avec celle qui s’apparentait désormais à leur domestique. Elaine était, de façon générale, devenue détestable du jour au lendemain sans qu’il ne sache vraiment pourquoi. Il restait pourtant avec elle, il aurait certainement pu partir depuis longtemps maintenant, rompre leurs fiançailles sans se soucier des conséquences, mais il ne le faisait pas. Beesbury était encore un nom mal vu dans le gouvernement actuel. On se souvenait encore de sa mère et de son combat pour les nés-moldus. Elle était connue au sein du ministère, elle s’était fait un nom qui avait causé sa perte au moment où les mangemorts s’étaient emparés du ministère. La réputation qu’elle avait donné à leur nom de famille continuait de lui coller à la peau. Il avait besoin de ce mariage pour se défaire de l’image d’une famille luttant pour les nés-moldus. Il ne luttait pour rien d’autre que pour sa fille lui. La petite avait déjà perdu sa mère plusieurs années plus tôt, alors il n’était pas question qu’elle perde également son père. Il devait rester à ses côtés pour s’assurer que tout irait toujours bien dans sa vie et ce mariage semblait être une étape pour y parvenir. Il n’aimait pas Elaine, elle n’était pas la femme qu’il rêvait d’épouser, mais il avait la certitude qu’il ne pourrait de toute façon jamais trouver l’amour, la femme de sa vie était morte en donnant la vie à leur fille. Il avait l’impression qu’elle serait à jamais la seule qu’il puisse aimer. Quoi qu’il ait pu ressentir pour Elaine au début de leur relation, ça n’avait rien à voir avec Joanna et maintenant, leur relation ne ressemblait plus à grand-chose.

Plusieurs années s’étaient écoulées déjà depuis le décès de Joanna, mais les choses n’étaient pas plus simples aujourd’hui. Il n’avait de cesse de penser à elle, il la revoyait dans chacun des sourires de leur fille. Elle restait un fantôme qui planait sur sa vie et il ne savait pas comment s’en débarrasser, il ne savait même pas s’il avait envie de s’en débarrasser. On lui avait souvent dit qu’il fallait qu’il arrête de vivre dans le passé, qu’il devait avancer, aller de l’avant. Des conseils qu’il avait entendu des millions de fois, sans jamais réussir à les appliquer. Il s’agissait de choses faciles à dire, des décisions qu’on pouvait aisément choisir d’appliquer, mais agir concrètement, c’était déjà beaucoup plus compliqué. Il restait bien trop attaché à son passé, il en fallait peu pour qu’il se souvienne de Joanna, rien que cette pluie suffisait à le plonger dans ses vieux souvenirs. Elaine n’était pas là, elle était partie plus tôt dans la matinée en compagnie de Rose. Il n’y avait plus que lui et ses pensées. Probablement Letan quelque part dans le manoir, mais il préférait l’éviter. Ils n’avaient jamais été les meilleurs amis du monde. Ils avaient été à Poudlard ensemble, mais il avait toujours eu l’impression qu’elle le détestait. C’était encore plus vrai aujourd’hui. Il l’avait condamnée à cette vie qu’elle n’avait certainement pas choisi et bien-sûr qu’elle valait mieux que ce qu’il avait fait d’elle. Elle avait bien  des raisons de lui en vouloir. Mais est-ce qu’elle avait ne serait-ce qu’une petite idée de ce à quoi elle échappait ? Sans doute pas. A part ceux qui travaillaient au département des mystères et les victimes de ce projet, personne ne savait vraiment ce qui arrivait aux personnes envoyés là-bas. Mieux valait ne pas savoir dans le fond. C’était les nés-moldus et ceux qu’on traitait de traitres qui passaient par ce projet, des gens dont le ministère ne voulait plus, alors Merlin seul savait ce qu’on pouvait leur faire subir. Les pertes étaient probablement simplement vues comme des dommages collatéraux, des morts utiles pour la science ou quoi que ce soit d’autre qu’ils faisaient là-bas. Il avait évité ça à Letan et si ça ne tenait qu’à lui, il lui ouvrirait la porte et lui dirait de se barrer bien vite de là, de partir le plus loin possible, quitter carrément le pays. Vu ce qu’il valait ce pays de toute façon, n’importe quel autre pays serait mieux qu’ici pour quelqu’un comme elle. Lui-même, il avait envisagé parfois de prendre sa fille avec lui et de partir d’ici. La France semblait une bonne option, il aurait eu la paix là-bas. Pourtant, il s’était attaché à l’Angleterre et à tous les souvenirs qu’il avait ici. Bizarrement, ça lui paraissait plus simple de se soumettre à un gouvernement qui n’avait aucun sens plutôt que de tourner définitivement le dos à tout ce qu’il avait ici. Silencieusement, il espérait que les choses puissent de nouveau changer, que le gouvernement redevienne à l’image de ce qu’il avait été dans le passé. Il le souhaitait de tout son cœur, bien qu’il ait choisi de garder cette pensée pour lui pour ne pas finir exécuté comme la plupart de ceux qui avaient osés s’opposer au ministère. Il y avait en cet instant, trop de sombres pensées qui s’entassaient dans l’esprit de Reysen. Dans un nouveau soupire, il détourna enfin le regard de la fenêtre, pour s’avancer dans le couloir, marchant rapidement en direction de la cuisine où il remarqua rapidement Letan. C’était raté pour l’éviter de toute évidence. Il lui adressa un léger sourire avant de se diriger vers le placard qui l’intéressait, sortant alors une bouteille de whisky-pur-feu, rien de tel pour chasser de façon temporaire tout ces vieux démons. Sa bouteille en main, il attrapa un verre et resta quelques secondes en face du placard à fixer les verres. Finalement, il se tourna vers Letan en montrant la bouteille qu’il avait toujours en main. « Tu veux un verre ? » Si Elaine avait été là, elle aurait certainement dit que gâcher du whisky-pur-feu d’une telle qualité pour une sang-de-bourbe, c’était complètement absurde, mais Elaine n’était pas là. Lui, il n’avait rien contre Letan, rien contre les nés-moldus, même s’il n’hésiterait sans doute pas bien longtemps avant d’en livrer quelques uns afin d’assurer ses arrières. Cependant, Letan, il l’avait sauvée, qu’elle le veuille ou non, c’était bel et bien ce qui s’était passé. Il ne la détestait pas et ce qu’Elaine ne savait pas ne pouvait pas la déranger, alors qu’elle en profite, tant qu’elle serait dans cette maison, elle n’aurait pas de telle proposition tous les jours.
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MessageSujet: Re: (letan) ☆ cause it hurts sometimes.   Lun 15 Sep - 2:42



freezing, infected, and rigid in that room inside her
— LETAN HASHWELL-CRANE & REYSEN BEESBURY —
You've been living awhile in the front of my skull, making orders. You've been writing me rules, shrinking maps, redrawing borders. Ive been repeating your speeches but the audience just doesn't follow. Because I'm leaving out words, punctuation and it sounds pretty hollow. Ive been living in bed because now you tell me to sleep. Ive been hiding my voice and my face and you decide when I eat. In your dreams I'm a criminal, horrible, sleeping around. While you're awake, I'm impossible, constantly letting you down.

Frotter. Frotter. Et encore frotter. Lever les yeux et voir le néant. Le seul rythme qui impulsait ses mouvements à la jeune femme, était celui de la pluie, éclatant contre les carreaux du grand manoir. Dehors, l’averse glissait sur le sol froid ; dedans, elle baignait toute la maison d’une atmosphère particulière. A Poudlard, Letan avait toujours aimé quand il pleuvait, elle se laissait bercer par les bruits de gouttes au dehors, et écoutait encore moins en classe pendant ces jours-ci - et tout le monde était bien placé pour savoir qu’il pleuvait souvent, vraiment souvent, au fin fond de l’Ecosse. Les jours de mauvais temps ne faisaient que rendre l’atmosphère du château encore plus prenante, à l’image d’un décor de vieux roman. Elle qui n’avait jamais vraiment aimé lire ses livres de cours, elle s’était plue bien souvent à se croire personnage d’une histoire romanesque. Ce n’était pas le cas pourtant, et la réalité se rappelait bien à elle aujourd’hui, brusquement, méchamment. Elle n’était pas une princesse que l’on viendrait sauver, ni même une héroïne d’un destin bien plus large que le sien : elle était seulement une née-moldue, réduite à l’état de Cendrillon pour sorciers. Les pires sorciers qui soient, si on devait le lui demander : Elaine Bulstrode était l’être le plus hideux de cette planète, avec un visage d’ange cependant, de beaux yeux clairs et une apparence élancée et jeune. Athlétique. Si belle, si fragile au premier abord : une véritable peste cependant, dont les mots ne cessaient d’écorcher l’esprit de la née-moldue. Letan détestait cet être, détestait son foutu fiancé qui se contentait d’errer ici comme une âme en peine. De soupirer, de la regarder, parfois avec un brin de pitié à son égard : elle n’en voulait pas, de sa pitié, il pouvait la ravaler et aller au Diable avec celle-ci. Plus que jamais, elle aurait préféré être n’importe où que dans un tel endroit, mais rien ne semblait pire que d’être en compagnie de Reysen Beesbury. Il pouvait lui lancer tous les regards qu’il voulait, avoir tous les égards possibles et imaginables pour elle, il n’en restait pas moins un pourri : un pourri qui restait assis dans son joli manoir à ne rien faire; si ce n’est, parfois, se donner bonne conscience en plaignant la née-moldue que lui et sa fiancée avaient transformé en véritable elfe de maison. A nouveau ses mains plongèrent dans l’eau froide du seau ; depuis des heures déjà, d’interminables moments répétitifs, elle se retrouvait à essuyer chaque petite once de saleté du sol. Elaine ne voulait pas qu’elle le fasse avec la magie ; et de toute manière, on lui avait pris sa baguette, alors elle n’avait pas le choix de faire les choses autrement : frotter, comme une pauvre chose tout droit sortie du Moyen-Âge, parce qu’il semblait que les sorciers étaient bien au-dessus du monde moldu, si supérieurs à ceux qu’ils méprisaient tant, qu’ils ne connaissaient même pas les serpillères des années 99. Tout le monde ici, et probablement dans le monde de la magie tout entier, se plaisait à la voir s’épuiser pour rien, alors qu’il y avait des façons plus rapides, plus efficaces et plus faciles de faire les choses dans ce genre : si Elaine Bulstrode venait à connaître l’existence des tâches de bizutage de l’armée, sans doute qu’elle serait prête à demander à ce que sa servante née-moldue fasse le sol à la brosse à dents, la prochaine fois.

Au rythme effréné de la pluie sur les carreaux, vint se rajouter le son de l’horloge, qui manqua de la faire sursauter : au moins, elle était débarrassée de son travail ridicule. Il ne lui resterait plus qu’à finir demain, ou cette nuit sans doute. Letan laissa retomber la serpillère dans le seau, ne prêtant guère attention aux gouttelettes qu’elle laissa tomber sur le sol : elle fonctionnait comme ça. Prête à s’appliquer dans son travail, la jeune femme ne manquait cependant jamais une opportunité d’agacer plus encore sa «maîtresse», rien que pour compliquer la vie de l’homme qui lui avait soit-disant sauvé la vie, et promis à une existence si misérable. Esclave contre morte ; elle ne savait franchement pas quel sort était préférable à l’autre. Elle rejoignit la cuisine, la solitude et le silence répondant à son approche : plus jamais elle ne pourrait avoir de conversation avec qui que ce soit, simplement à cause du statut du sang qu’on lui attribuait. Letan Hashwell-Crane n’était qu’une née-moldue, d’abord bannie du monde de la magie, puis envoyée à Azkaban à cause de sa nature, jetée en pâture au sein du Ministère de la Magie pour servir elle ne savait quel dessein. Et enfin, se retrouver ici, dans un endroit qu’elle aurait préféré fuir si on le lui avait demandé, quitte à choisir de rester pour le restant de ses jours à moisir à Azkaban. Jamais plus elle ne pourrait voir sa famille, ni parler à ses parents, ou à ses frères et soeurs. Jamais plus elle ne serait considérée comme un être humain : tout ce qu’elle pouvait faire, c’était éponger le sol, laver les carreaux et faire le lit de miss Bulstrode jusqu’au jour où elle se lasserait. Ou jusqu’au jour où le Nouveau Régime aurait de nouveaux plans pour les gens comme elle. Il y avait de quoi être morose ; et Letan l’était constamment, à l’image du temps gris dehors : depuis combien de temps n’avait-elle pas esquissé le moindre sourire ? Ce ne serait pas pour les deux seules personnes qui restaient désormais dans sa vie, qu’elle le ferait. Ni quand elle était seule, à s’imaginer sa famille morte, ses amis disparus, condamnés à la même existence qu’elle, ou à pire encore. Pire ? Oui, sans doute qu’il y avait des sorciers assez tordus dans ce monde pour offrir à des êtres vivants des cauchemars plus chaotiques que celui qu’elle connaissait. Evidemment, sur l’échelle des catastrophes, Letan pouvait s’estimer heureuse ; elle le savait, dans un coin de son esprit, mais son orgueil l’empêchait de prononcer de telles paroles. Ou de montrer quelque bribe de reconnaissance que ce soit. Plutôt crever. Crever encore. Sur le comptoir de la cuisine, était restée la Gazette du Sorcier, ses images mouvant dans le néant silencieux : quand bien même elle aurait voulu ne pas y jeter la moindre attention, la jeune femme ne put se retenir. La une de celle-ci était atroce, comme depuis que Voldemort avait gagné la guerre. On parlait de menaces, et des visages de rebelles étaient affichés un peu partout - le Ministère en était arrivé à promettre des récompenses en gallions pour attraper ses ennemis. Elle, elle s’était déjà faite prendre, à son plus grand regret : avec la Marque qu’elle avait désormais sur elle, il n’y avait pas de doute quant au fait que Letan ne jouirait plus jamais d’une seule liberté. A moins qu’un miracle fasse disparaître le Mage Noir ainsi que tous ses fidèles. Mais elle n’y croyait pas ; n’y croyait plus, le pessimisme avait pris le pas sur chaque bribe de son être.

Elle avait déjà commencé à préparer le repas pour Beesbury et sa chère épouse, résistant à nouveau à l’envie de leur glisser un poison quelconque dans la nourriture : elle se ferait prendre, de toute manière, et finalement, l’idée l’avait presque totalement quittée. Elle ne se débattait plus, se contentait de petites vengeances insignifiantes qui ne faisaient que remuer le couteau dans la plaie, blesser ceux qui l’avaient blessée également : ses jours n’étaient faits que de ces petits plaisirs quotidiens, ces provocations qui redonnaient l’éclat provocateur qui manquait tant au fond de ses prunelles. Peut-être bien que ce soir, elle laisserait la tarte à la mélasse brûler dans le four, ou préparerait un bon plat bien riche et gras, rien que pour faire disparaître le moindre sourire narquois du visage de la Bulstrode. Peut-être. Ses songes furent interrompus par Reysen, qui fit irruption sans crier gare : d’instinct, Letan baissa les yeux, non pas par soumission, par crainte qu’il ne lui envoie un sortilège dans la tronche pour une quelconque raison. Non, elle n’était ni soumise, ni craintive : elle ne supportait simplement pas la simple idée de le regarder - de soutenir son attention en quoique ce soit. Il était difficile d’imaginer qu’ils aient pu être amis un jour ; qu’à Poudlard quand tout était simple, elle avait appris à l’apprécier. L’aimer d’une quelconque manière. La guerre révélait les personnalités, et celle de Reysen Beesbury n’était qu’une cuisante déception. Tout ce qu’il faisait, c’était être ici. Boire. Errer. Soupirer, encore soupirer. S’il tentait de montrer une quelconque once de mécontentement, elle aurait presque préféré qu’il le fasse de manière active, plutôt qu’en jouant les bons fiancés totalement dominé par sa peste de fiancée. Elle ne lui adressa pas un mot, pas une oeillade ; et elle s’était attendue à ce qu’il en fasse de même : s’ignorer l’un l’autre, c’était devenu leur lot quotidien. Cependant, la voix de Reysen l’interrompit, manquant de la faire frissonner d’effroi. D’une sensation grivoise. Inexplicable ; partagée entre la colère froide et une avalanche de tout ce qu’elle avait pu ressentir pour lui, à une autre époque. Mais elle n’allait pas se laisser émouvoir de la sorte ; ça non. Elle lâcha un ricanement amer à ses paroles, ses lèvres se pinçant en une expression sardonique, lorsqu’elle leva enfin une attention vers lui. Il avait une bouteille en main, un verre, et semblait déterminé à demeurer dans l’inertie. « Bien entendu, parce que boire un verre avec toi semble être un rêve devenu réalité. » L’ironie avait fait vibrer sa voix, et briller le fond de ses iris sombres. Letan replongea son attention dans ce qu’elle faisait, sans autre forme de procès : oh, il savait très bien qu’elle le jugeait, de toute manière. « Je suis presque sure que si je venais à avaler une gorgée de ce truc, ta fiancée serait prête à contrôler avec assiduité la baisse du niveau d’alcool dans cette bouteille. Tu serais obligé de te sevrer, ce qui semble être bien impossible. » Et elle avait encore une fois laissé son regard vaqué sur toute la silhouette du jeune homme, avant de hausser les sourcils. « Désolée, monsieur, c’est vrai que je suis censée vous vouvoyer. » Avec un petit relent d’obséquieux dans la voix, elle lui offrit une oeillade de biche innocente, comme si elle cherchait à se racheter en quoique ce soit - pour mieux reprendre ce qu’elle faisait finalement ; la conversation s’arrêtait là, il avait compris, somme toute, qu’elle préférait encore faire la cuisine pour la future Mrs Beesbury que boire un verre de la même bouteille que lui, ou accéder à son subit élan de bonté.
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