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 alone in this world (wayne & eiris)

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MessageSujet: alone in this world (wayne & eiris)   Lun 14 Juil - 19:00

Ce manoir semblait si vide. Si silencieux. Chaque chose était à sa place, presque rien n’avait changé, mais Eiris aurait pu se trouver dans un monde complètement différent qu’elle ne se serait pas sentie plus étrangère. Il manquait une présence. Il manquait une ambiance. Il manquait tout ce qui avait fait la vie ici si agréable : une famille. Eiris était arrivée dans le manoir Gedwyr la veille, avec Lisea, mais après une nuit passée dans la chambre d’amis – elle n’avait vraiment pas pu se résoudre à pénétrer dans la chambre qu’elle avait partagée avec Wayne, alors encore moins y coucher – elle ne se sentait pas plus à l’aise ici. D’autant que Lisea était repartie pour la journée, la laissant seule après qu’elle ait du insister au moins une centaine de fois en lui assurant que tout irait bien, qu’elle était toujours une adulte responsable et qu’elle pouvait bien rester ici seule quelques heures sans que rien de fâcheux ne lui arrive. Elle n’en était plus très sûre à présent. Elle avait insisté parce qu’elle avait senti que c’était ce qu’elle devait faire, mais elle aurait préféré que Lisea reste avec elle, finalement. Eiris n’était plus une adulte responsable. Elle était une enfant apeurée enfermée dans le corps d’une femme brisée, et elle n’avait plus été aussi désespérément seule depuis longtemps, elle ne savait plus comment gérer. Gérer ses peurs, gérer ses pensées, gérer ses visions. Ce n’étaient même pas les apparitions familières qui étaient les plus à craindre ici, mais bien les souvenirs qui hantaient chaque pièce et qui ressurgissait dans son esprit à chaque fois qu’elle entrait quelque part.

Eiris avait bien tenté de rester enfermée dans la chambre d’amis, mais elle n’avait supporté qu’une toute petite heure avant de décider qu’elle ne pourrait pas rester là une seconde de plus. Mais le simple fait de déambuler dans les couloirs en entendant craquer sous ses pieds le parquet familier, c’était une vraie torture. A une époque, elle savait exactement si c’était Wayne ou Lisea qui marchait ici, rien qu’au son de leurs pas. Aujourd’hui elle était seule. Seule à regarder les meubles couverts de poussière en se disant qu’il était de toute façon inutile qu’elle se mette au ménage maintenant. Seule à soupirer devant les plantes mortes depuis longtemps faute d’eau pour les abreuver. Seule également à retourner contre les murs chaque cadre de photo qu’elle croisait pour ne plus voir les visages souriant qui la suivaient quand elle passait devant eux. Elle tenta d’ignorer le bureau de Wayne, mais elle ne put résister à la tentation d’y entrer, pour en ressortir rapidement, le cœur serré. Le bazar y était tel qu’elle aurait pu croire qu’il venait tout juste de quitter la pièce, mais c’était une pensée toxique qu’elle devait tenir éloignée d’elle. Wayne l’avait abandonnée, une nouvelle fois, et elle devait absolument garder ça en tête. Qu’elle cesse d’espérer, qu’elle cesse de croire, cela ne servait à rien ! Il revenait et il repartait, il ne se souciait plus d’elle. Elle avait eu la faiblesse de croire dans ses explications qui ne tenaient déjà pas debout, quelle idiote elle avait été ! Elle ne savait pas pourquoi il était revenu vers elle, pourquoi il avait pris la peine de monter cette extravagante histoire de complot monté par Joram, mais il avait encore une fois retourné sa veste et elle ne l’avait pas revu. Il avait sans doute réalisé qu’elle ne valait pas la peine de faire tant d’efforts …

Eiris dut retenir avec peine ses larmes, et elle traversa sans les voir le reste des pièces de la maison. Merlin qu’elle détestait cette bâtisse ! Elle ne voulait plus y rester une seconde de plus, et elle courut presque jusqu’à la porte d’entrée, qu’elle repoussa de toutes ses maigres forces pour se retrouver dehors. Il neigeait, et elle fit quelques pas dans le manteau blanc, avant de réaliser qu’elle était en chemise de nuit légère, pieds nus – elle ne s’était pas habillée de la journée ? quelle heure était-il donc ? elle ne savait plus grand-chose de ces détails sans importance – et qu’elle ne pouvait plus faire un pas supplémentaire si elle ne voulait pas se transformer en glaçon. Elle se résigna donc et retourna dans le manoir, frigorifiée. Comment pouvait-elle partir d’ici, de toute façon ? Elle était à des kilomètres du premier village moldu et n’avait aucun moyen de locomotion. Elle devrait rester dans cette maudite bâtisse jusqu’au retour de Lisea … Mais cette fois, elle se dirigea droit vers le sous-sol. Quand elle y pénétra, elle sentit sa poitrine se libérer légèrement, et elle respira avec plus de facilité. C’était son univers, ici. Quand ils avaient aménagé, Eiris avait souhaité avoir un endroit rien qu’à elle, où elle puisse s’occuper de ses plantes et peindre ses tableaux. Comme partout ailleurs dans la maison, rien n’avait bougé, mais cette fois elle retrouva chaque détail avec un plaisir infini. La toile qu’elle avait commencée avant le départ de Wayne était toujours là, inachevée, et bien qu’elle ne se souvienne plus de ce qu’elle avait souhaité peindre, elle se sentit nostalgique à sa vue. Mais le plus important, ici, c’était son établi, ses plantes … Et ses ingrédients de potions. Elle s’y dirigea et caressa le bois des étagères avec un sourire nostalgique, puis, presque sans y penser, elle se mit à ouvrir les pots, à sortir des ingrédients, et à les mélanger dans un creuset. Pas besoin de baguette dans cet art qu’elle avait parfait durant la guerre, quand elle était encore une sorcière accomplie en pleine possession de ses moyens, et les automatismes revenaient rapidement. Elle ne sut pas combien de temps passa ainsi, à écraser au pilon des pattes d’insectes venimeux et à réduire en poudre des feuilles toxiques, quand elle sursauta violemment : au-dessus d’elle, une porte venait de claquer. Par réflexe, elle chercha une arme autour d’elle, quoi que ce soit qui puisse la défendre. Si ce n’était pas Lisea, qui pouvait bien être entrée chez elle ? Elle finit par se résoudre à emporter un peu de la poudre empoisonnée qu’elle venait de fabriquer et qu’elle enfonça dans sa poche, ainsi qu'un bâton qui traînait là et qui ferait office d'arme, avant de remonter vers les étages. Elle tremblait, elle revoyait sans cesse des images d’emprisonnement et des hurlements semblaient déchirer ses oreilles, sans réellement savoir si c’étaient des souvenirs ou simplement la peur qui faisait jouer son imagination, mais elle ne pouvait pas rester terrée en bas éternellement. Mais il n’y avait personne … Personne, nulle part. Eiris soupira, presque déçue, quand elle entendit de l’eau couler dans la salle de bain. Plus étonnée qu’effrayée, cette fois, elle poussa la porte. « Qui est là ? » Le doute n’était plus possible : il y avait quelqu’un dans la douche … « Qu’est-ce que vous faites chez moi ? »
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MessageSujet: Re: alone in this world (wayne & eiris)   Dim 10 Aoû - 21:35

No whispers in the dark
EIRIS GEDWYR & WAYNE-DRYN GEDWYR

For you, dear I’d lose my tongue to talk, dear No whispers in the dark. dear For you I would. And if you, dear Found my words were unclear And my voice you can’t hear For you I would Write you a poem Just to let you know I would write you a poem, my love. For you, dear I’d lose my legs to walk, dear No footprints in the chalk, dear For you I would. And it’s true, dear If your demons are near And you’re drowning in tears For you I would. ~ for you.

Quitter le ministère et rentrer chez lui. C’était cette idée qui s’était incrustée dans les pensées de Wayne en début de soirée. On lui avait demandé de terminer ce dossier pour huit heures tapantes, le lendemain matin. Il savait bien que s’il prenait le dossier avec lui et qu’il le travaillait chez lui, il n’aurait pas fini à huit heures. Il trouverait forcément mieux à faire chez lui que de s’occuper de ce dossier qui l’intéressait peu. Les affaires des mangemorts même à l’échelle internationale, ça ne l’intéressait pas beaucoup, mis à part quand ça pouvait servir à la résistance. Mais là, il avait l’impression qu’on lui confiait un nouveau dossier simplement pour qu’il reste les fesses vissée sur son fauteuil et qu’on puisse ainsi le surveiller. C’était souvent ces derniers temps qu’il avait l’impression d’avoir toujours quelqu’un dans son dos, toujours un regard discret posé sur lui. Il n’était pas complètement stupide, il avait bien vite remarqué que ce n’était pas qu’une impression et qu’il y avait bel et bien quelqu’un qui n’avait de cesse de le surveiller. Or, il était plus simple de garder un œil sur lui quand il était au ministère de la magie. Même en ayant conscience de ça, ces derniers temps, il évitait d’aller ailleurs que chez lui et au ministère de la magie, question de prudence. Il avait promis à Eiris qu’il reviendrait la voir, qu’il ne l’abandonnerait pas une seconde fois et pourtant, il ne l’avait pas revue depuis un moment déjà. Il ne pouvait pas risquer d’être suivi. Il ne voulait pas qu’on le surprenne avec Eiris. Déjà parce qu’il ne voulait pas que quelqu’un s’en prenne à sa femme et qu’aujourd’hui, la tuer ne serait pas un problème pour un grand nombre de personnes travaillant au ministère de la magie. Elle n’était pour eux, qu’une sang-de-bourbe sans intérêt. Pour lui, elle était bien plus que ça. Pour lui, elle représentait l’une des deux personnes les plus importantes au monde, la deuxième n’étant autre que leur fille. Il ne pouvait pas prendre le risque de la mettre en danger. Il ne pouvait pas non plus risquer de passer pour un traitre – ce qu’il était en tout point – aux yeux du reste du ministère de la magie. Il avait besoin de son poste au ministère pour aider la rébellion, alors il devait faire attention à sa couverture. Il se devait de décimer les doutes qu’on pouvait avoir sur lui et rester loin d’Eiris pour le moment semblait être la meilleure chose à faire. Il se rassurait lui-même en se disant qu’elle comprendrait, qu’il ne faisait que la protéger tout autant qu’il se protégeait lui-même. Il savait qu’elle comprendrait ; il fallait qu’elle comprenne. Tout ce bousculait dans sa tête, si bien que s’occupait d’un dossier traitant des échanges commerciaux entre l’Angleterre et le Pérou était assez compliqué. Il aurait voulu refiler le dossier à quelqu’un pour pouvoir rentrer chez lui mais, évidemment, il avait donné sa soirée à Ariane et il n’y avait qu’à elle qu’il voulait bien confier des dossiers. Il n’y avait qu’à elle qu’il faisait assez confiance. Même si ces histoires d’échange d’écailles d’il ne savait trop quoi ou de plante magique qu’il ne connaissait même pas, n’était de toute évidence pas de la plus haute importance, il aurait presque pu confier ça à n’importe qui. Il y en avait des pages entières en plus. Il enchainait soupire sur soupire à chaque fois qu’il se lançait dans sa lecture, lassé de devoir s’occuper de ce genre de choses. D’autant plus qu’il ne voyait pas pourquoi ça devait être terminé à huit heures, les échanges avec le Pérou s’étaient toujours bien passés et à en juger le contenu du dossier, il n’y avait vraiment rien d’urgent. Il perdait son temps, c’était certain. Plus il avançait dans la lecture du dossier, plus il était sûr que la seule raison pour que ce truc se trouve sur son bureau à l’heure actuelle, c’était parce qu’on voulait qu’il reste au ministère de la magie. Il avait simplement envie de se cogner la tête contre le bureau jusqu’à s’en assommer tellement c’était chiant. Plus vite il s’y collerait avec sérieux, plus vite il aurait terminé et ainsi, il pourrait enfin rentrer chez lui. Cette décision ne servit pas à grand-chose, quelques heures plus tard, il se réveilla dans un léger sursaut, la joue appuyée contre le dossier encore ouvert. Enfin, après s’être bien frotté les yeux pour se réveiller, il s’y colla pour de bon et à huit heures tapantes, il en avait fini avec toutes ses conneries. Il déposa le dossier avant de quitter les lieux, il était grand temps pour lui de rentrer, puisqu’il avait passé la nuit au ministère, il pouvait bien prendre sa journée.

Ne transplanant jamais directement chez lui, il s’arrêta à plusieurs endroits avant d’atteindre enfin sa maison. Il restait prudent en toute circonstance, même si, les nombreux sortilèges qui protégeaient la maison auraient dû être suffisants, il restait d’avis qu’il valait mieux prévenir que guérir. Une fois chez lui, il était probablement trop fatigué pour remarquer les quelques détails qui avaient changés depuis la dernière fois qu’il était rentré. Il semblait pourtant que la vie ait vraiment repris dans la maison, cependant, il n’y prêta pas attention. Quoi qui puisse avoir bougé, dans son état, il serait de toute façon d’avis de prétendre qu’il s’agissait du chat. Il avait le beau rôle celui là. C’était encore un bout de chaton qu’il avait adopté pour se sentir un peu moins seul dans le manoir et qu’il avait appelé, avec beaucoup d’originalité chat, en attendant de trouver mieux se disait-il, mais puisqu’il n’y réfléchissait pas franchement, cet pauvre bête était probablement condamnée à s’appeler ainsi toute sa vie. En baillant, il s’était dirigé vers les escaliers qu’il monta rapidement et entra dans son bureau pour y déposer les quelques dossiers qu’il avait ramenés avec lui, rajoutant un peu plus de bazar là où il y en avait déjà plein. Il fallait qu’il range là-dedans. Il se faisait la réflexion presque tous les jours et pourtant, ça ne changeait pas grand-chose. Il aurait pourtant fallu un simple sortilège pour tout ranger d’un coup de baguette, mais il n’en faisait rien. Souvent il se contentait d’utiliser un sortilège d’attraction pour attraper le dossier qu’il voulait et il allait s’en occuper ailleurs, n’importe où, il agissait beaucoup moins de la sorte quand Lisea et Eiris avaient été là, mais maintenant qu’il était tout seul, il n’avait pas besoin d’une pièce en particulier pour être au calme, seul, il l’était n’importe où dans la maison. A part quand le chat venait faire des siennes. Dossiers déposés, il s’était dirigé vers la salle de bain, une bonne douche l’aiderait sûrement à se réveiller et si ce n’était pas le cas, il pourrait encore aller se coucher après. Il soupira en entendant le parquet grincer non loin de la pièce. Qu’est-ce qu’il faisait encore ce maudit chat ? La porte de la salle de bain grinça à son tour, il ne pouvait pas le laisser tranquillement prendre sa douche, évidemment, c’était trop lui demander ça. Cependant chat, malgré ses nombreux talents d’emmerdeur ne parlait pas. C’était pourtant une voix, à peine audible qui entendait à travers les gouttes d’eau qui s’écrasaient contre le sol de la baignoire. Il n’y avait pourtant personne chez lui aux dernières nouvelles. Il stoppa l’eau de la douche avant d’attraper sa baguette qui était posée sur rebord de la baignoire – dans un monde comme celui là, il avait l’impression qu’on ne pouvait jamais être trop prudent. Lentement il tira le rideau avant de sortir – complètement nu évidemment – et de se retrouver en face d’Eiris. Il fronça les sourcils en l’observant. Qu’est-ce qu’elle faisait là ? Elle ne pouvait pas être là. Elle ne devait pas être là. « Eiris ? » Il avait presque du mal à croire qu’elle était bel et bien en face de lui et pourtant, la voir en face de lui en cet instant, était beaucoup plus efficace que la douche pour le débarrasser de sa fatigue. « Tu ne devrais pas être là. » C’était une évidence pour lui, c’était une ville sorcière ici, elle était née-moldue, elle ne pouvait pas être ici sans se mettre en danger. Elle ne pouvait pas être ici parce qu’ils étaient peut-être surveillés. Personne ne savait vraiment où il habitait alors il ne savait pas s’il y avait quelqu’un qui le suivait jusque là, mais encore une fois, il était convaincu de ne jamais être trop prudent. « Ils me surveillent Eiris, peut-être qu’ils surveillent aussi la maison. » Il laissa échapper un soupire avant de se décider enfin à attraper une serviette pour la mettre autour de sa taille, certes, Eiris était sa femme et il n’était pas particulièrement pudique mais quand même. « Comment est-ce que tu es arrivée jusque là ? » Il aurait pu lui demander si ça allait, c’était après tout la moindre des politesses, seulement son esprit était trop préoccupé pour qu’il puisse faire preuve de politesse. Il ne fallait pas qu’elle ait été vue dans le coin, il en allait de leur survie à tous les deux, voir même de celle de Lisea, alors forcément, la voir ici avait tendance à le paniquer.
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MessageSujet: Re: alone in this world (wayne & eiris)   Lun 11 Aoû - 19:38

Quelqu’un était dans sa salle de bain, sous sa douche. Tranquillement en train de profiter de son manoir comme le maître des lieux … Et pas un instant il ne vint à l’esprit d’Eiris que ça pouvait être le maître des lieux, justement. Pour elle, Wayne était loin. Elle ne savait pas où, mais sûrement pas ici. Il avait quitté cette demeure en même temps qu’il l’avait quittée, elle, et elle avait vécu toute seule ici assez longtemps pour qu’elle n’envisage plus son retour. Certes, elle avait du quitter le manoir par la suite, quand elle avait été dépossédée de son identité et de sa baguette, mais c’était toujours sa maison, son foyer. Un lieu qu’elle détestait pour tous les souvenirs heureux qui s’y nichaient, pour toute la souffrance qu’elle avait du y endurer quand elle s’était retrouvée seule du jour au lendemain, mais qui restait l’endroit le plus symbolique qu’elle puisse encore posséder – si elle possédait encore quoi que ce soit. Elle y tenait, à cette maison, quoi qu’elle puisse dire. C’était ici qu’elle avait élevé Lisea, qu’elle avait tant aimé Wayne … Qu’un intrus se soit introduit en ses murs, et qu’il se comporte comme s’il était chez lui … Ca, Eiris ne l’autoriserait pas ! Elle ne savait pas vraiment ce qu’elle pouvait bien lui faire, surtout si c’était un sorcier armé, mais elle ne le laisserait pas s’en sortir à bon compte. Les doigts crispés sur son bâton, elle se préparait mentalement à l’assommer, quand il sortit de la douche. « Eiris ? » Elle en resta bouche bée une seconde, pétrifiée par la stupeur. Wayne se tenait devant elle, dégoulinant et nu comme un ver. En train de prendre une douche dans leur manoir ! En pleine matinée ! Depuis quand était-il ici ? Avait-il dormi ici ? Avaient-ils cohabités cette nuit sans même qu’elle ne le sache ? Avait-elle perdu la tête au point de ne pas se rendre compte qu’il avait été à quelques mètres d’elle pendant toute une nuit ? « Tu ne devrais pas être là. » Ses paroles la ramenèrent brutalement sur terre, loin de ses interrogations stupéfaites. Non seulement il était bien là, en chair et en os et en manque de vêtements pour couvrir ce corps qu’elle n’avait pas pu voir depuis longtemps, mais en plus il lui reprochait, à elle, sa présence ? « Quoi ? » Elle avait sans doute mal compris. Il ne pouvait pas avoir dit ça. Elle raffermit sa prise sur son bâton, l’envie de le frapper – juste pour le plaisir – refaisant lentement surface. Ce n’était pas parce qu’elle connaissait son intrus qu’elle appréciait la surprise de sa présence ici. Surtout avec un tel accueil. « Ils me surveillent Eiris, peut-être qu’ils surveillent aussi la maison. » Elle plissa les yeux, son agacement se transformant en colère. Elle ne voulait pas l’entendre parler de complot, pas encore ! Elle ne le laisserait pas s’en sortir aussi facilement, aujourd’hui. Elle avait eu la faiblesse de croire en ses excuses une fois, et elle voyait où ça l’avait menée. En réapparaissant auprès d’elle, en l’abreuvant de ses magnifiques mensonges, il lui avait redonné une lueur d’espoir, il lui avait fait sortir la tête de l’eau alors qu’elle se noyait depuis des mois. Elle s’était désespérément accrochée à lui, elle avait fermé les yeux, elle avait cru qu’il rapportait avec lui un peu de ce bonheur qu’ils avaient connu par le passé. Et même si le bonheur était impossible, elle avait au moins cru obtenir un peu de paix ou de sérénité … Elle sombrait dans la folie depuis des mois, elle le savait, mais avait atteint un sommet en croyant les paroles de Wayne. Il avait promis de revenir, et il avait tenu paroles, quoi … Une semaine ? Même pas ? Eiris perdait le compte, le temps qui passait était devenu pour elle une variable difficile à saisir, mais même elle ne pouvait pas manquer les fois où il n’était pas venu. Parce qu’il était la seule chose qu’elle attendait dans ses journées, comment ne pas se rendre compte quand il n’était pas là ? Elle avait connu un brusque pic de rémission, elle avait vu le ciel bleu entre les nuages et senti le soleil sur sa peau, mais l’attendre en silence, voir défiler les heures et perdre à nouveau le sommeil parce que l’angoisse si familière de la solitude était revenue lui ronger la tête et le cœur … Elle avait replongé si rapidement  dans sa vie cauchemardesque! Comment pouvait-elle se pardonner d’y avoir cru une seconde fois, alors qu’elle avait déjà vécu ça ?

A travers sa fureur, Eiris se rendit parfaitement compte que Wayne nouait finalement une serviette autour de sa taille, et une part d’elle l’en remercia silencieusement. Ce serait beaucoup plus facile de laisser aller sa colère contre lui s’il n’affichait pas sa nudité à tout va … Eiris était loin d’être prude, mais elle était humaine et elle avait couché avec cet homme pendant très longtemps. Pour couper tous les ponts, mieux valait avoir l’esprit clair –autant qu’elle puisse l’avoir dans sa condition. Et c’était la moindre des politesses, par Merlin ! « Comment est-ce que tu es arrivée jusque là ? » Encore une fois, elle tomba des nues en l’entendant. Il avait un sens des priorités qui la sidérait ! Mais ça n’aurait pas du être si surprenant … Il savait où la trouver en temps normal, et s’il l’avait évitée, il ne souhaitait certainement pas la retrouver dans son petit refuge ! Il était certain qu’ici, elle ne pourrait pas venir. Il s’était trompé. « J’ai pris l’avion, Wayne. J’ai pris un taxi, j’ai marché ! Comment est-ce que tu crois que je peux venir jusqu’ici autrement, en transplanant ?!? » Si elle avait commencé très calmement – et oh qu’elle aurait aimé pouvoir continuer ainsi ! – elle n’avait pas pu s’empêcher de crier la fin. Elle serrait son bâton à s’en faire blanchir les jointures et elle devait se faire violence pour ne pas avancer vers lui, pour laisser exploser cette violente colère qui tourbillonnait en elle. « C’est tout ce que tu voulais savoir ? Comment je suis arrivée ici, mais pas pourquoi, ni avec qui ? » Seule, elle ne serait jamais arrivée jusqu’ici. Si prendre l’avion, commander un taxi et donner une destination claire étaient déjà des épreuves en soi, débloquer les sortilèges protecteurs du manoir était tout simplement impossible pour Eiris. Et elle ne serait de toute façon jamais venue si Lisea n’avait pas eu besoin de récupérer des affaires … Mais Wayne ne semblait se soucier que du désagrément que lui causait la présence de sa femme ici. « Tu as dormi ici ? Depuis quand est-ce que tu es là ? » Elle recula d’un pas, la chaleur de la pièce l’étouffant soudain et elle se passa la main dans les cheveux, nerveuse. Ce n’était pas ça qu’elle voulait demander, elle se fichait des réponses à ces questions là ! Mais poser celle qui lui brûlait les lèvres, c’était admettre qu’elle était tombée dans le piège de ses belles paroles. Et même s’il devait déjà le savoir … Elle ne voulait pas lui donner cette satisfaction. Elle était lucide, pour une fois, peut-être trop, et accorder cette victoire à Wayne était hors de question. « Je suis ravie de te revoir aussi. Même si ça peut mettre ta petite vie  en danger ! » Elle n’en revenait pas qu’il se soucie plus de savoir comment elle était arrivée ici, et s’il pouvait avoir des ennuis à cause de ça, plutôt que du pourquoi de sa présence ici. Mais après des mois de silence radio, pour une raison qu’elle ne connaissait toujours pas vu qu’elle doutait très fortement qu’il lui ait dit la moindre once de vérité quand il était revenu, elle n’aurait pas du ressentir cette déception. Elle était déçue. Mais Wayne n’était plus son mari, qu’un étranger qui était revenu dans leur manoir se prélasser tandis que Lisea et elle menaient des vies sur le fil du rasoir. « Sale hypocrite. » Conclut-elle entre ses dents serrées, avant de faire volte-face et de quitter la pièce, en prenant soin de claquer la porte au nez de Wayne – peut-être dans l’espoir qu’il l’ait suivie d’assez près pour le lui casser, ce nez ?
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MessageSujet: Re: alone in this world (wayne & eiris)   Ven 12 Sep - 14:59

No whispers in the dark
EIRIS GEDWYR & WAYNE-DRYN GEDWYR

For you, dear I’d lose my tongue to talk, dear No whispers in the dark. dear For you I would. And if you, dear Found my words were unclear And my voice you can’t hear For you I would Write you a poem Just to let you know I would write you a poem, my love. For you, dear I’d lose my legs to walk, dear No footprints in the chalk, dear For you I would. And it’s true, dear If your demons are near And you’re drowning in tears For you I would. ~ for you.

La guerre avait peut-être modifié le sens des priorités de Wayne, voir sa femme ici avait bousculé ses pensées, si bien qu’il n’avait pas pu s’en tenir aux formules de courtoisie. Il aurait pu se contenter de lui demander comment elle allait, mais la principale question qui hantait ses pensées était de savoir ce qu’elle faisait là, comment elle était venue jusqu’ici. C’était dangereux et qu’elle aille bien ou non en cet instant, si quelqu’un de mal intention l’avait vue venir jusqu’ici, elle irait forcément mal par la suite et lui aussi, peut-être même Lisea. Il ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter, parce qu’il savait qu’il était surveillé ces derniers temps et peut-être que l’idée n’avait pas traversé l’esprit troublé de son épouse, mais le fait été qu’ils n’étaient pas en sécurité. S’il n’était pas retourné la voir depuis un moment, ce n’était pas simplement parce qu’il n’en n’avait rien à faire d’elle, c’était plutôt le contraire. Il se souciait bien trop de sa sécurité pour prendre des risques inconsidérés. Il voulait la protéger et il fallait croire que mettre de la distance entre eux avait été la seule solution qu’il avait eu ces derniers temps. Il regrettait qu’elle ne puisse pas comprendre ça. Elle avait connu la guerre bien plus que lui, elle aurait dû être en mesure de comprendre les dangers qui planaient sur eux. Sans doute que la Eiris qu’il avait connue, celle qui n’était pas passé par le projet Live Bait aurait eu beaucoup moins de mal à comprendre les choses. Il ne pouvait pas la blâmer elle pour l’état dans lequel elle se trouvait, il n’y avait qu’au ministère qu’il pouvait en vouloir et il en voulait suffisamment à chaque abrutit qui travaillait au ministère pour avoir rejoint la rébellion dans le but de faire tomber ce stupide gouvernement. Un choix qu’il avait fait malgré les risques à prendre, des risques qu’il constatait aujourd’hui plus que jamais. La présence d’Eiris ici l’angoissait, elle était sa femme, il aurait dû être content de la voir et une partie de lui l’était, elle lui manquait affreusement jour après jour, mais il pouvait survivre à ça, alors qu’il n’était pas sûr de pouvoir supporter de la perdre définitivement. Elle risquait sa vie en venant jusque dans cette maison. Bloxam Creek était une ville de sorcier et il avait été décidé – malheureusement – que les nés-moldus n’avaient plus le droit de mettre les pieds dans ce genre d’endroits. Ainsi, Eiris avait été bannie du monde de la magie, elle n’avait pas plus le droit d’être ici qu’elle n’avait celui de lui adresser la parole, ni à lui, ni à leur fille d’ailleurs. C’était horrible, inadmissible, mais il s’agissait des lois actuelles et il avait beau les détester, il avait beau ne pas toujours les respecter, il préférait quand même s’y plier sans poser de questions lorsqu’il avait l’impression d’être surveillé. Il s’agissait de la chose la plus raisonnable à faire, pour lui comme pour le reste de sa famille, c’était ce qu’il avait décidé de faire, sans consulter son épouse, en arrêtant d’aller la voir. Elle n’aurait vraiment pas dû être ici. Et Certes, il aurait pu lui dire les choses un peu moins directement, mais c’était plus compliqué que ça en avait l’air. Maintenant, il avait peur que quelqu’un ne frappe à la porte pour les arrêter, ou qu’on s’en prenne à lui le lendemain quand il pointerait le bout de son nez au ministère de la magie. Il allait devoir prendre ses précautions avant de retourner travailler, on ne pouvait pas être trop prudent ces derniers temps et s’il devait tomber, il ne voulait pas emporter la rébellion avec lui, ni Eiris et Lisea. Tout ça était bien compliqué, plus qu’elle n’était en mesure de s’en rendre compte de toute évidence. Elle était vexée, énervée même et il n’était pas nécessaire d’être une lumière pour le deviner. Même sans leurs vingt années de mariage, il aurait facilement pu le deviner. Il suffisait d’entendre l’intonation de sa voix et de regarder l’expression qui se dessinait sur son visage pour le deviner. En cet instant plus que jamais, il regrettait amèrement la période d’avant guerre, cette époque où les choses avaient été beaucoup plus simples. Avant la guerre, rares étaient les fois où ils se disputaient. Depuis qu’il était revenu en Angleterre, il avait l’impression qu’il se retrouvait confronté un peu trop souvent à une Eiris en mode furie et il savait pertinemment qu’il était loin d’être au bout de ses peines, bien au contraire. Enfin, elle pouvait le détester, lui en vouloir tant qu’elle voulait, du moment qu’elle était en sécurité, ce qui était, en cet instant, loin d’être le cas.

Il n’avait jamais envie de se disputer avec sa femme, mais en cet instant, alors qu’il venait de sortir de la douche et qu’il n’avait qu’une serviette autour de la taille, il aurait vraiment voulu pouvoir éviter ça. C’était pourtant trop demandé. Il ne pouvait peut-être n’en vouloir qu’à lui-même et à la réaction qu’il avait eue en voyant Eiris débarquer dans la salle de bain. Il ne pu retenir un léger soupire suite à la réflexion de son épouse. Bien évidemment qu’elle n’avait pas transplané jusqu’ici, sans quoi le ministère serait déjà au courant de la présence d’une née-moldue dans une ville de sorcier. La question était peut-être débile, mais sur le coup de la surprise, il n’avait pas trouvé mieux. « A vrai dire, j’ai plutôt une tonne d’autres questions allant avec la précédente. Avec qui et pourquoi en font parties mais je dois avouer qu’au sortir de la douche après la nuit que je viens de passer, les questions ne sortent pas forcément dans un ordre logique. » C’était sans parler de la surprise qui l’avait chamboulé en voyant sa femme et de l’angoisse que cette vision faisait naitre au fond de ses entrailles. Avec tout ça, il ne réfléchissait peut-être plus correctement c’était un fait. Mais c’était, à ses yeux, parfaitement compréhensif, il n’arrêtait pas de se demander s’ils étaient ou non en danger et ça suffisait largement à foutre le bordel dans le reste de ses pensées. Suite à la question de son épouse, il fronça légèrement les sourcils, ça ne semblait pas franchement important pour l’heure, mais il prit quand même le temps d’y répondre. « Non, je viens de rentrer. » Il avait passé la nuit au ministère de la magie, le nez plongé dans un dossier sans intérêt, avec l’impression d’être retenu de force dans son bureau pour que tout le monde soit bien sûr qu’il soit là plutôt qu’en train de donner des informations aux rebelles. Il avait quitté le ministère peu de temps plus tôt et il espérait vraiment que personne ne l’ait suivit jusqu’ici. Il faisait toujours attention, mais il avait la sensation qu’il ne pouvait jamais être vraiment sûr de ne pas être suivit. Ses répliques lui arrachèrent un nouveau soupire et il avait bien du mal à rester aussi calme qu’il l’aurait voulu. Il sentait un certain bouillonnement dans ses veines, une colère naissante au creux de ses entrailles. Il était fatigué, stressé et peu enclin à se faire crier dessus alors qu’il essayait de faire de son mieux pour tout le monde depuis qu’il était revenu tout comme au moment où il était parti à contrecœur. Il avait commis des erreurs c’était certain mais pas celles pour lesquelles on le blâmait. Eiris claqua la porte de la salle de bain avec une telle force qu’il eu presque l’impression de voir les murs trembler. Sans prendre le temps de se rhabiller, il quitta à son tour la salle de bain pour partir à la poursuite de son épouse, il était hors de question que ça s’arrête là. « Ce n’est pas pour ma vie que je m’inquiète ! Pour la tienne ou pour celle de Lisea ! » S’ils se retrouvaient eux en danger, il y avait fort à parier qu’ils s’en prendraient également à leur fille. La plupart des employés du ministère de la magie étaient des monstres qui n’auraient aucun scrupule à s’en prendre à Lisea pour les atteindre lui. Il savait pertinemment que pour sauver la vie de sa fille, il serait capable de dire tout ce qu’il savait sur la rébellion. Ça ne concernait pas que lui, c’était beaucoup plus compliqué que ça malheureusement. Si seulement ça n’avait concerné que sa vie à lui, il aurait été beaucoup moins inquiet. Certes, il tenait beaucoup à sa vie, mais il n’était pas égoïste au point de ne s’inquiéter que de sa petite personne. « Je travaille pour le ministère de la magie Eiris et ils ne me font pas confiance. Ça fait des jours qu’ils sont sur mos dos, s’ils t’ont vu venir jusqu’ici ils vont en avoir encore plus et rien ne les empêchera de s’en prendre à toi ou à Lisea pour avoir des réponses. Ce n’est définitivement pas moi le premier qu’ils tueront ! » C’était lui qui après tout espionnait le ministère pour le compte de la rébellion, c’était de lui qu’ils attendaient des réponses alors non ce n’était pas juste sa vie qui était en jeu. « J’essaie de protéger ma femme, ma fille tout en tentant de faire quelque chose pour arranger les choses dans ce pays et tout ce que je récolte ce sont des insultes ! » A son tour, il avait haussé le ton plus qu’il ne l’aurait voulu, aux dernières nouvelles, le manoir était assez bien insonorisé pour que personne ne les entende dehors, il avait lui-même relancé quelques sortilèges sur les lieux quand il était rentré. « J’ai quitté le pays pour te protéger, j’ai laissé ma fille, je t’ai laissée toi, mes amis et les gens qui pouvaient croire en moi pour te protéger. Je n’en ai rien à faire de ma petite vie. » Il s’en souciait quand même un peu, voire même beaucoup, mais s’il devait mourir pour elle, pour Lisea ou même pour faire bouger cette rébellion, alors il n’hésiterait pas à sacrifier sa précieuse petite vie, qu’importe ce qu’Eiris pouvait penser à ce propos.
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MessageSujet: Re: alone in this world (wayne & eiris)   Sam 18 Oct - 22:57

La colère n’était pas saine, elle bouillonnait, entretenait des pensées perfides, ravivait les voix dans la tête d’Eiris. Il y avait longtemps qu’elle ne savait plus gérer ses émotions, pourtant de toutes celles qui pouvaient naître en elle, la colère était une compagne qui ne venait la voir que rarement. Mais elle faisait d’énormes dégâts quand elle s’installait … Eiris en tremblait, son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine, elle avait envie de hurler et de faire des choses qu’elle ne se serait jamais autorisé en temps normal. De véritables furies s’étaient éveillées autour d’elle, sans doute absolument irréelles mais dont la rage trouvait un parfait écho dans celle de l’ancienne sorcière. Elle détestait Wayne. Elle le détestait. Pour s’être échappé quand la guerre tournait au vinaigre, pour être réapparu quand plus aucun danger ne planait sur sa tête, pour l’avoir amadouée quand elle s’était juré qu’elle ne lui adresserait plus jamais la parole, pour l’avoir blessée une énième fois en ne tenant pas sa dernière promesse … Elle avait une liste de griefs suffisante pour se tenir au chaud jusqu’à la fin de sa vie, et le fait qu’il soit si surpris de la voir ici, ce n’en était qu’un supplémentaire. Mais une nouvelle blessure qui la meurtrissait. Elle ne comprenait pas pourquoi il s’acharnait ainsi, elle ne comprenait vraiment pas. Et cet air agacé qu’il osa lui montrer quand elle s’énerva contre lui, ce fut la goutte qui fit déborder le vase. Elle n’avait pas envie d’entendre ses justifications, et elle mit fin à la conversation d’une façon qui lui sembla bien assez parlante en claquant la porte de la salle de bain, mais Wayne n’en resta pas là, et il la suivit dans le couloir où elle tentait de mettre le maximum de distance entre elle et lui. Elle ne pouvait pas quitter le manoir tant que Lisea n’était pas revenue – et il valait mieux qu’elle ne rentre pas tant que Wayne était là – mais Merlin qu’elle aurait souhaité pouvoir transplaner immédiatement pour ne plus le voir ou l’entendre !

Eiris ne voulait surtout pas se retourner, elle s’avança dans le couloir d’un pas décidé, mais la voix de Wayne perça à travers toutes celles qui parlaient en même temps. Pour une fois, elle aurait préféré que sa folie soit plus forte, qu’elle ne perçoive plus du tout le monde autour d’elle. Des morts qui n’existaient pas et qui la tourmentaient sans relâche en lui susurrant des horreurs, c’était soudain une perspective plus agréable que de devoir faire face à Wayne. « Ce n’est pas pour ma vie que je m’inquiète ! Pour la tienne ou pour celle de Lisea ! » Elle ne voulait pas le savoir. Elle ne voulait surtout pas le croire. Il ne s’était pas inquiété de leur sort depuis si longtemps, pourquoi est-ce que ça aurait soudain changé ? Il était trop tard pour se soucier d’elles. Il aurait du revenir avant pour la protéger, avant qu’elle ne sombre. A ses yeux, elle ne voyait plus ce qu’il pouvait encore protéger. Lisea savait très bien s’occuper d’elle-même et avait réussi à se construire une histoire qui la protégeait bien mieux que tout ce que Wayne avait fait ou pouvait faire. Quant à elle … Elle était une cause perdue. « Je travaille pour le ministère de la magie Eiris et ils ne me font pas confiance. Ça fait des jours qu’ils sont sur mos dos, s’ils t’ont vu venir jusqu’ici ils vont en avoir encore plus et rien ne les empêchera de s’en prendre à toi ou à Lisea pour avoir des réponses. Ce n’est définitivement pas moi le premier qu’ils tueront ! » Eiris serra les poings mais ne se retourna toujours pas. La mort, elle s’en fichait à présent. Ca ne lui faisait plus aussi peur qu’avant, elle en rêvait même certains jours. Le discours de Wayne ne trouvait aucun écho en elle. Elle aurait sans doute pu le comprendre et le partager, un an plus tôt, quand elle était encore une sorcière forte et prête à se battre pour protéger les siens. Mais elle n’avait plus rien à défendre, plus les moyens de se défendre … Et plus rien à cacher. Le Ministère avait sans doute déjà tiré tout ce qu’il cherchait d’elle, il n’avait aucun intérêt à la revoir. Et elle ne souhaitait surtout pas y retourner. Jamais. Elle ne s’en souvenait pas, certes, mais elle savait une seule chose, c’était qu’elle ne voulait pas recommencer. « J’essaie de protéger ma femme, ma fille tout en tentant de faire quelque chose pour arranger les choses dans ce pays et tout ce que je récolte ce sont des insultes ! » Cette fois, Eiris s’arrêta et se retourna, mais Wayne continua sur sa lancée. « J’ai quitté le pays pour te protéger, j’ai laissé ma fille, je t’ai laissée toi, mes amis et les gens qui pouvaient croire en moi pour te protéger. Je n’en ai rien à faire de ma petite vie. » Eiris secoua la tête et pointa un doigt accusateur sur son mari. « Tu ne nous as pas protégées ! Tu nous as abandonnées ! Cesse de te cacher derrière tes excuses, ton départ ne nous a pas aidées une seule seconde ! » Bien au contraire, cela n’avait fait qu’empirer la situation. S’il était resté à ses côtés, Eiris était certaine qu’elle aurait beaucoup mieux résisté à la guerre. Elle aurait peut-être même échappé au Ministère. Wayne avait toujours été son meilleur soutien, elle avait besoin de lui, et dans le pire moment, il avait été absent. Elle n’avait plus eu personne pour l’aider, pour la conseiller. Elle avait du se débrouiller seule et elle avait échoué. « J’ai fait de mon mieux pour garder cette famille en vie, mais tu vois le résultat ? Si Lisea est en vie, ce n’est pas grâce à toi. Elle ne le doit qu’à elle-même ! Je n’ai même pas pu l’aider, je n’ai rien pu faire pour elle. » Dur constat pour une mère, mais elle voulait mettre Wayne devant le fait accompli. Sa fille était une bien meilleure sorcière que lui, sur le plan moral au moins. Elle était devenue forte, indépendante, et Wayne n’avait plus aucun droit sur elle. « C’est elle qui me protège, maintenant. C’est elle qui s’est occupée de venir ici, tu peux dormir tranquille, elle a fait en sorte que nous ne soyons pas suivies. » Elle haussa les épaules et eut un petit rictus. « Il est un peu tard pour t’inquiéter de ce que le Ministère pourrait me faire de toute façon. Il fallait revenir plus tôt si tu tenais tant à me protéger. » Elle tourna à nouveau les talons, mais elle s’arrêta avant d’avoir fais un pas. Quelque chose d’autre la tracassait tout de même. Une pensée qui n’avait pas sa place parmi les autres, un sentiment incongru. Eiris était agacée de ressentir quelque chose qui aurait du être effacé depuis bien longtemps. Mais elle n’avait plus rien à perdre et elle était suffisamment énervée contre Wayne pour ne pas s’arrêter sur sa lancée. Elle se retourna donc vers lui et posa cette question qui la turlupinait. « Avec qui est-ce que tu étais cette nuit ? » Il avait dit que la nuit avait été longue, et puis, visiblement il avait repris ses quartiers ici. Pourquoi donc n’avait-il pas dormi ici ? Ah, la jalousie … Cela faisait si longtemps qu’Eiris ne l’avait pas ressentie.
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alone in this world (wayne & eiris)

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