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 she's like a dark paradise (clyde)

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MessageSujet: she's like a dark paradise (clyde)    Lun 12 Mai - 0:09

Tout était si calme – c'était comme si la poussière avait étouffé avec lenteur tous les bruits de ce petit bar.
Ce n'était pas un bar très fameux. Il était coincé tout au fond de l'extrémité Nord du chemin de traverse, bloqué entre une boutique de vêtements de seconde main et un autre de recyclage aux vitres couvertes d'affiches. La devanture était assez abîmée – la peinture, d'un marron verdâtre, s'écaillait. Un petit panneau en fer forgé pendait au dessus de la porte, indiquant maladroitement le nom de l'endroit ; Mad Muggle. Le moldu fou, il avait toujours été nommé ainsi, même quand tout allait bien, et maintenant que tout allait mal, c'était encore plus parfait. Lorsque le nouveau régime avait été installé, le bar avait eut un soudain regain de popularité et, malgré ses fauteuils bordeaux rongés par les mites et ses verres sales, quelques sorciers aux mauvaises opinions étaient venus tenter un verre de whisky-pur-feu au comptoir. Ça n'avait pas duré longtemps – quelques semaines tout au plus avant qu'ils ne se rendent compte que la marchandise n'était pas de qualité et les prix exorbitants. Le bar s'était vidé de ses nouveaux venus – seuls les plus fidèles, des sorciers assez pauvres, tassés, gris, avec un bonnet noir enfoncé sur les oreilles, avaient continué de s'asseoir à l'une des tables d'ébène.
Les vitres étaient toujours sales et peu de lumière rentrait – comme les clients.

Louis avait un verre dans la main et un chiffon brun dans l'autre. Il essuyait négligemment l'un avec l'autre, son regard partant ailleurs, la moue passive de son visage laissant expirer un petit soupir impassible. Il était très sérieux dans son travail – il était toujours sérieux dans chacun de ses emplois, même si ça ne devait durer que deux semaines, même si la tâche était facile, même si tout était absurde.
Il aurait pu utiliser sa baguette, mais il avait déjà trop peu à faire.
Il n'était plus courageux.

Il était en charge du comptoir, au bar – ça faisait trois semaines maintenant qu'il avait trouvé ce boulot. Quand il s'était présenté au propriétaire, un sorcier rabougri, au ventre rond et aux oreilles beiges, celui-ci s'était d'abord méfié. Les belles personnes ne cherchent pas des emplois dans des endroits pareils – finalement, il avait accepté.
Depuis, quelques jeunes filles passaient régulièrement devant la devanture sans oser rentrer. Louis l'avait remarqué, et à chaque fois, il leur lançait un petit signe complice de main avec un sourire charmeur. Elles s'en allaient en gloussant, et il pouvait entendre leur rire derrière les carreaux sales et fins. Ça le faisait sourire – et il retournait essuyer son comptoir.

Tout était silencieux ici, incolore – même les clients n'avaient pas de visages. Ils étaient la banalité, l'effacement – leur vie s'échappait peut-être depuis que le nouveau régime avait été mis en place. Parfois, Louis sur surprenait à imaginer – peut-être qu'ils avaient perdu un proche, peut-être même que certains étaient des fugitif, comme lui, et qu'ils se terraient ici parce qu'il ne se passait jamais rien et que rien ne pouvait leur arriver.
Oui, il ne se passait jamais rien ici, au Mad Muggle – personne n'était fou, et tout était trop silencieux.

C'était peut-être pour ça qu'il ne s'y était pas attendu.
Il n'y avait ici que ses clients – peu de femmes ou alors, parfois si mal vêtues qu'il ne les avait pas reconnues – et ses verres, ses torchons, son bar marbré de vert aux dorures abîmées. Il y avait ces alcools qu'il connaissait par cœur à force d'en distribuer dans ses nombreux boulots de serveurs – et, il fallait l'avouer, d'en boire aussi quand il faisait encore des frasques.

Une fois, il était rentré au manoir, les veines gonflées d'alcool – il avait faillit déchirer son père de colère et sa mère avait du retenir son bras.

Il n'y avait ici que ses clients, et quand le carillon de la porte teinta alors qu'il rangeait les verres dans leurs étagères, il lança son habituelle salutation, un bonjour avenant et décontractée. Un chaise racla le parquet dans son dos – la personne venait se s'asseoir au comptoir. Jetant sa serviette brune sur son épaule, il se retourna, un sourire poli et enjôleur égayant son visage, comme il le faisait toujours.

Pourtant son sourire manqua de mourir.
Il connaissait cette personne – ça le frappa d'un coup et ça vola tout l'air dans son ventre.  Ébranlé, il continua de sourire.
Il portait une simple chemise blanche et son torchon sur l'épaule.

C'était Clyde Fleming, et il la connaissait très bien.

« Je peux vous servir quelque chose ? proposa-t-il avec toute la banalité qu'il pouvait trouver entre ses côtes. »


C'était Clyde Fleming et elle le connaissait très bien – elle avait été la victime de ses nombreuses provocations à Poudlard, et il ne s'étaient plus revus depuis longtemps, il ne l'avait jamais croisée aux rares soirées où il était invité, et il préférait mille fois plus fort la compagnie de sa sœur, Ambre.

Elle, elle était dangereuse, et Louis n'était plus courageux.
Il n'aimait pas le danger – quelque chose dans son dos s'affaissa, comme pour lui dire qu'il ne se passait pas quelque chose de bien.
Mais aujourd'hui, il s'était teint les cheveux en brun ; peut-être qu'elle ne le reconnaîtrait pas.


Dernière édition par Louis A. Appleby le Mar 13 Mai - 23:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: she's like a dark paradise (clyde)    Mar 13 Mai - 0:37

Elle connaissait le chemin de traverse comme sa poche. Encore plus depuis qu'elle effectuait régulièrement des rondes pour faire respecter le couvre-feu instauré depuis l'installation du Nouveau régime. Pourtant il y a une question qu'elle s'était toujours posée. Pourquoi ne fermait-on pas le bar miteux devant lequel elle se tenait à l'instant ? Personne ne lui avait jamais donné de réponses. Il était clair que ce bar n'attirait personne. Les moins-que-rien tout au plus. Depuis peu, néanmoins, elle avait été surprise de voir un groupe de filles passer quotidiennement devant la vitrine de l'établissement et d'en repartir en gloussant comme des poules. Si elle savait à quel point elle apprécierait les torturer pour se comporter d'une manière si pathétique ! Elle en mourrait d'envie rien qu'à les voir se trémousser...Ah, si elles se rendaient seulement compte, elles auraient passé un sale quart d'heure si Clyde avait été des leur à Poudlard. Enfin, quoiqu'il en soit, ce groupe de fouineuses n'avait fait qu'attirer son attention sur ce trou à rat. Ce regain d'intérêt et ce changement de clientèle n'avaient rien de net. Aussi, avait-elle décidé d'y jeter un œil, en-dehors de son service.

Et là voilà, qui se tenait sur le pas de la porte, hésitante. Cet endroit n'avait rien de ragoutant. Le nom même n'invitait pas à y entrer. Mad Muggle. Elle pouffa. Après tout, peut-être qu'elle tomberait nez-à-nez avec des opposants au régime.  Peut-être qu'ils se rassemblaient dans cet endroit parce qu'ils savaient qu'aucune personne avec un peu de dignité ne mettrait les pieds dans trou pareil. Peut-être que ces filles étaient des groupies de l'un ou l'autre  fugitif traître à son sang Dans une mauvaise habitude, elle joua avec sa baguette, l'allumant et l'éteignant comme un briquet. Alors qu'elle fixait la vitrine du bar, elle ne parvenait pas à distinguer l'homme au comptoir. Cette dernière ne devait pas avoir été lavée depuis des lustres. Toutefois, elle pouvait aisément deviner que cet homme était l'attraction du pub. Et elle était déterminée à savoir pourquoi. Fixant une dernière fois son reflet dans la glace, elle constata que même son reflet lui paraissait terne. Sa peau d'une pâleur à faire peur semblait presque jaunie, son pantalon ainsi que sa cape tournaient au gris...Un jour, elle parviendrait à faire fermer ce bar miteux mais ce n'était pas aujourd'hui. Se recoiffant une dernière fois et ajustant sa tenue, car une Fleming devait rester présentable en toute occasion, elle finit par pénétrer dans le bar.


Elle regretta presque de ne pas avoir pris une dernière bouffée d'air tant elle se sentir assaillie par une odeur âcre, des relents d'une gloire passée. Rapidement, elle balaya la pièce des yeux, quelques individus cuvaient ça et là. Bien qu'ils aient l'air trop ramolli pour être dangereux, elle décida de garder un œil sur eux avant d'aviser une place au comptoir. S'asseyant le plus confortablement possible, elle détailla le serveur sans prendre la peine de répondre à ses salutations. La courtoisie n'avait jamais été le fort de la sang pur. Pourtant alors que le jeune homme se retournait enfin, elle ne put empêcher un grand sourire, presque chaleureux, de naître sur ses lèvres. Elle comprenait maintenant. Ces gamines avaient le béguin pour lui. Elle le reconnaissait. Un sentiment de victoire se fraya en elle. Cet homme, elle l'avait toujours méprisé. Il était ce qu'elle exécrait le plus. Son comportement faisait honte à son sang et à sa famille mais si il ne s'était agi que de ça. Non. Cet homme avait osé jouer avec à Poudlard. Il s'était amusé à la provoquer sans qu'elle ne puisse lui faire ravaler ses paroles et ses gestes. Ils étaient à l'école après tout, sous le règne d'un vieux fou qui plus est..Elle n'aurait jamais pu lui faire payer ses actes sans prendre le risque d'être renvoyée. Mais elle se retrouvait là, à lui sourire. Son visage d'ange blond rayonnant presque de bonheur...S'ils faisaient attention, les clients auraient certainement remarqué le contraste frappant qui existait entre les deux sang pur. Lui, simplement vêtu, blanc ; elle, drapée dans ses atours noirs de haute qualité. Lui, un sourire factice sur les lèvres ; elle, une joie presque enfantine dans les yeux. Elle, la tête blonde ; lui, la chevelure brune. Il était Louis. Et elle ne l'avait jamais apprécié...et c'était un drame pour lui qu'Ambre ne soit même pas là pour refréner les ardeurs de sa cadette.

Pourtant, étrangement, elle sembla jouer la comédie qu'il avait entamé. Elle allait faire semblant de ne pas le reconnaître, faire traîner les choses, laisser la peur s'insinuer en lui pour qu'il comprenne que personne ne se moquait de celle qu'on surnommait "Thorn" lors de ses années d'études dans la célèbre école de sorcellerie.

Hmm...Donnez-moi quelque chose de bien fort. Le plus fort que vous ayez. J'ai passé une sale journée , lui répondit-elle feignant l'innocence même. Qui pouvait soupçonner que sous cette apparence d'ange blond se cachait réellement un démon ?
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MessageSujet: Re: she's like a dark paradise (clyde)    Mer 14 Mai - 0:53

Le plus étonnant, c'était que ses mains ne tremblaient pas.
Louis aimait avoir ses mains occupées ; il aimait avoir un torchon enroulé autour de ses doigts, un verre à enserrer entre ses phalanges, la mèche de cheveux d'une inconnue à entortiller mollement. Il ne laissait jamais ses paumes vides, comme si elles allaient se mettre à s'inquiéter si elles se sentaient désœuvrées. Il les appuyait parfois sur ses hanches ou il les balançait dans le vide, d'autre fois il rangeait des objets qui traînaient ci et là, mais ce qu'il préférait c'était de toucher son interlocuteur – une épaule, un coude, un poignet, une joue, parfois. Elles étaient blanches comme la pâleur de son cou, pas très grandes, mais douces pour un homme qui n'essayait pas d'en prendre soin. Elles papillonnaient toujours partout comme si elles l'étaient l'appendice de sa découverte du monde, et le travail de serveur l'avait toujours contenté en ce qu'il pouvait toujours tenir quelque chose entre elles – une assiette, des verres, un chiffon, une poigne.
Ça le calmait.

Mais là, rien.
Il était là, en face d'elle, et il vrillait ses yeux sur les siens sans aucune agressivité. Ses mains étaient posées sur le comptoir, à plat, en attendant qu'elle énonce sa commande. Elles étaient vides de toute occupation, elles étaient comme mortes, immobiles.
Mais elles ne tremblaient pas.
Pourtant, Louis avait un goût de fer dans la bouche – celui de l'inquiétude. Mais elles étaient son guide, son appui, et elle ne tremblaient pas, elle n'étaient même pas moites, ni sèches. Tout était calme ; le silence du bar n'avait jamais été aussi étouffant.

Louis avait senti son cœur palpiter – il était devenu craintif, un peu lâche, du genre à voûter le dos et courber la nuque quand les ennuis se faufilaient près de lui comme les bras du brouillard. Il avait aussi appris à garder un visage lisse et ouvert. C'est ce qu'il fit – son sourire perdura.

Et à la surprise qu'il étouffa, il lui sembla que Clyde ne le reconnût pas.
Il n'arrêta pas pour autant de se méfier – le soulagement était peut-être de courte durée, et peut-être qu'il viendrait un moment où elle reconnaîtrait le coin de son sourire où les modulations de sa voix.

« J'ai du whisky-pur-feu pour vous, mais vous n'êtes pas au meilleur endroit pour avoir de la qualité, confessa-t-il avec un léger sourire d'excuse. »

Alors, ses mains se détachèrent du bar en même temps qu'il s'abaissait pour attraper la bouteille, juste en dessous. Il fléchit à peine les genoux, détourna le regard – il aurait pu se retourner pour lui préparer sa boisson, mais il n'aimait pas l'idée de lui offrir son dos vulnérable.
Il avait l'impression qu'elle pouvait lui empaler son âme s'il ne faisait pas attention.

Il avait attrapé le verre qu'il venait juste de finir de laver et il était assez propre. Pendant qu'il faisait couler le liquide entre le verre abîmé, il la regardait une fois, deux fois par dessous les cils, sans jamais se défaire de son sourire. Elle avait à peine changé. Elle était devenue plus adulte, plus femme, mais il avait toujours eut cette impression qu'elle était plus adulte que les autres – peut-être à cause de sa noirceur. Elle était joliment habillée.
Elle devait être comblée dans ce nouveau régime.
Il tâchait de respirer correctement – peut-être que, même si elle le reconnaissait, elle lui avait pardonné ses anciennes taquineries.

Il eut envie de rire, amer – non, jamais elle ne lui aurait pardonné.

« Alors comme ça, votre journée a été difficile ? questionna-t-il pour engager la conversation. »

Il avait décidé d'être le plus naturel possible – il discutait souvent avec les clients, récupérait des bribes de vie par morceaux, souvent incompréhensibles. Ça lui glissait dessus avec assez d'indifférence – il feignait l'empathie, ça le divertissait.
Peut-être qu'elle ne remarquerait rien, si il continuait comme ça. Il n'était qu'un serveur – qu'un barman, il n'était pas vraiment Louis et ses mille frasques, à ce moment là.
Il déposa le verre devant elle et ajouta dans un sourire, comme pour se justifier.

« Je vous demande parce que je suis le barman, aujourd'hui – c'est la tradition. Mais ne vous sentez pas forcée de me répondre. »

Ses mains étaient toujours calme, mais il les sentaient céder.
Alors il retira son torchon brun de son épaule et recommença à essuyer les verres, jouant la nonchalance décontractée, et en prenant soin de ne jamais lui présenter son dos.
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MessageSujet: Re: she's like a dark paradise (clyde)    Ven 16 Mai - 0:11

Il avait changé. C'était la première chose qui lui vint à l'esprit alors qu'elle le détaillait sans même se cacher, sans même baissé les yeux. Il y avait sa couleur de cheveux, certes. Elle l'avait principalement connu blond. Bien qu'elle l'ait croisé avec des couleurs plus extravagantes lors de leurs études à Poudlard. Louis n'avait jamais une personne discrète, il fallait toujours qu'il y ait du monde autour de lui, toujours qu'il se mette à faire l'idiot, qu'il soit accompagné. Elle avait toujours trouvé ses provocations de mauvais goûts, indigne du sang qui coulait dans ses veines. C'était d'autant plus étrange qu'il soit là, se tenant calmement devant elle. Parce qu'encore une fois, elle n'avait connu que la boule d'énergie, cet être agaçant qui ne pouvait s'empêcher de gigoter et de toucher à tout. Elle ne s'était jamais posée la question de savoir s'il lui réservait son comportement écœurant ou s'il agissait de cette manière constamment. Au fond, elle s'en fichait, elle lui ferait quand même payer.

Elle se demandait si lui la reconnaissait ou s'ils avaient tous les deux décidé de jouer la comédie. Elle restait une Fleming, un nom célèbre, respecté et redouté. Mais elle continuait de sourire, glissant nonchalamment ses coudes sur le comptoir. Puis, finalement, il lui répondit. Une phrase banal que tous les serveurs devaient sortir à leurs clients...enfin presque, il la prévenait que le breuvage ne serait pas de bonne qualité. Et elle s'en fichait. De l'alcool, elle en avait déjà bu du bon comme du mauvais et même si son palais avait été habitué au meilleur, elle n'allait pas jouer à la fine bouche dans une telle situation.

J'ai cru comprendre. Les gens ne viennent pas là pour boire, ils viennent pour vous voir. Enfin, je devrais dire "elles", répondit-elle en faisant allusion au groupe de filles qu'elle avait vu se trémousser devant la vitrine.

Et si elle ne l'avouerait jamais même sous la torture, elle ne pouvait nier que le jeune homme était loin d'être un déchet pour les yeux. Elle ne pouvait cependant pas supporter que l'on puisse se comporter comme un idiot uniquement pour attirer l'attention d'une belle fille ou d'un beau garçon. Un rictus presque sadique prit place sur ses lèvres alors qu'elle l'observait se baisser pour attraper une bouteille. Avait-il peur qu'elle lui joue des tours ? Elle s'avouera cette sensation de pouvoir, jouant avec sa baguette qu'elle faisait tourner habilement entre ses doigts. Son rictus disparut et fut remplacé par un air neutre puis légèrement dégoûtée quand son regard glissa vers coupe. Il avait beau avoir essuyé le verre, l'idée que ses lèvres n'effleurent le verre la dégoûtait. Un né-moldu pouvait avoir bu avant elle. Quand il reprit la parole, elle releva les yeux, affichant un air las.

Plutôt, oui. Tu vois, j'ai appris que ma grande sœur, que j'adore, a passé une soirée importante pour son avenir au bras d'un parfait crétin. Un blond, prétentieux qui profite de sa gentillesse et de sa naïveté. Je ne sais pas ce que je lui ferais s'il se retrouvait devant moi...,dit-elle en jouant nerveusement avec sa baguette, laissant planer une menace bien réelle dans le ton de sa voix. Tu l'as peut-être connu ? Il était Gryffondor pour ne pas changer...

Tirant sur sa manche pour couvrir sa main, elle attrapa le verre de whisky pur-feu dont elle prit une rapide gorgée, ne supportant pas le contact de l'objet avec ses lèvres...et pour une fois, le gryffondor ne lui avait pas menti. Elle n'avait jamais goûté un alcool d'aussi mauvaise qualité...toutefois, elle sentit quand même le liquide lui brûler la gorge.

Infecte, t'avais raison. Oh, ça ne te dérange pas si je te tutoies ?, reprit-elle en jouant toujours la comédie.
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MessageSujet: Re: she's like a dark paradise (clyde)    Ven 16 Mai - 22:21

Il n'aurait jamais cru qu'elle aurait pu le faire rire.
Il savait qu'elle lui inspirait la peur, l'angoisse, la crainte de ce regard trop bleu et trop coupant – il savait qu'elle pourrait lui arracher des cris dès qu'elle le voudrait, mais pas un rire. Pourtant, il se laissa aller à sa remarque sur les jeunes filles qui passaient souvent devant la devanture et à qui il offrait ses plus beaux sourires.
Son rire était léger – il s'échappa de sa gorge pendant qu'il la regardait dans les yeux.

« Et bien, on dirait que j'attire les jolies filles dans ce bar, plaisanta-t-il avec un regard faussement complice. »


Il n'oubliait pas – il n'oubliait pas qu'elle était dangereuse, qu'elle avait sûrement du pouvoir et probablement, aucun remord. Pourtant, sa vraie nature prit le dessus et il se laissa aller à cette bouffée d'innocence, à cette remarque qui déguisait un compliment.
Clyde était jolie – même à Poudlard, il l'avait déjà trouvé belle, mais elle était une de ces beautés qui vous embrasent qui ne laisse qu'une traînée de cendre. On se coupait dessus, sur les contours de ses lèvres et sur ses pommettes blanches.

Louis lui souriait, mais il la regardait avec beaucoup de précaution ; même s'il s'était laissé aller à un rire.
Qui lui coûterait probablement très cher – ça, il y penserait quand il commencerait à ne plus pouvoir respirer.

Mais il n'aurait pas pensé que ça arriverait aussi vite.
Elle avait joué le jeu de la confession – le verre à la main, ses cils longs tombant sur ses joues et ses yeux brillants, elle lui avait raconté cette anecdote qui aurait pu être affreusement banale si elle ne le concernait pas lui, Louis, et son amie, Ambre.
Et Louis était peut-être devenu un lâche, mais il n'était pas bête, et au moment où elle commença a articuler les mots qui le concernaient, il senti son estomac descendre si bas qu'il eut un peu la nausée. Une décharge courut jusqu'au bout de ses doigts, et s'il n'avait pas pris garde, le verre qu'il avait entre les mains lui aurait échappé.

Il cessa de respirer pendant de longues secondes.
Il la regardait, avec cette joie qui brillait dans ses yeux bleus. Il se sentait un peu plus pâle, même si son visage était figé dans son demi-sourire.

Il était foutu.
Il était juste impossible qu'elle ait raconté ça par pur hasard – elle le faisait exprès, elle le testait, c'était un jeu. Et Louis était dans la bouse de dragon jusqu'au cou.

Tout ça se finirait mal pour lui, il le savait. Alors autant s'enfoncer davantage.

De toute façon, il n'aurait jamais pu mentir – il n'aurait pas pu dire « Oh, non, j'étais à Poufsouffle », ou « Je suis étranger », puisque de toute façon, elle ne le croirait pas, et si Louis était doué pour rester faux, il ne l'était pas pour inventer des mensonges et il n'aurait pas su quoi répondre à son interrogatoire.
Il avait toujours trop aimé provoqué avec la vérité pour apprendre l'art des histoires.

Il essuyait toujours son verre. Il avait dû devenir un peu plus pâle et ses veines vibraient trop fort.

« Oh, je pense savoir de qui tu parles – Louis non ? »

Il jouait vraiment un jeu bête et imprudent – comme lui. Il eut un sourire en coin.

« Disons que c'était difficile de passer à côté de lui, quand on était à Poudlard – un chic type, je trouve. Un peu fanfaron, mais plutôt gentil dans le fond, toujours le premier à rire, à plaisanter, à ne pas prendre les choses au sérieux. »

Il pose le verre sec, en prend un autre.
Hors de question de parler de Ambre – il fait comme si elle ne l'avait pas mentionnée.

« Tu es un peu dure avec lui – tu permets que je te tutoie aussi ? - je suis certain que dans le fond, c'est vraiment un bon gars. »


Il la regarde, avec son beau visage qui crie qu'elle ne le laissera jamais tranquille. Il sourit encore plus en exagérant son visage presque théâtral.

« Sans oublier qu'il est très, très séduisant. »

Ça le fait rire – et il rit, même si ce n'est pas le plus heureux de ses rires. Il a mal au ventre.
Et puis, il arrête de rire, pose le verre propre devant lui, tire un tabouret sous lui et s’assoit de son côté du comptoir, en face d'elle.
Il se verse une bonne dose de whisky-pur-feu.
Il la regarde, avec son joli visage blond – on dirait presque un ange. Il sourit un peu moins alors qu'il détaille ses yeux, en face de lui – elle à l'air trop heureuse.

« Ça ne t'embête pas si je bois avec toi ? Je pense que je vais en avoir besoin. »
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MessageSujet: Re: she's like a dark paradise (clyde)    Sam 17 Mai - 0:38

Si elle avait été une jeune fille comme les autres, elle aurait trouvé son rire charmant. Si elle avait été une fille comme les autres, elle aurait rougi et peut-être même qu'elle aurait détourné le regard. Elle aurait profité de l'instant, elle se serait perdue dans ses yeux, oubliant le décor sinistre dans lequel se déroulait cette scène. Parce que, dans ce bar, il n'était qu'à elle. Mais Clyde n'était pas comme les autres. Dans un autre contexte, cette situation l'aurait sérieusement dérangée. Elle avait toujours détesté qu'on la voit en sa compagnie. Elle ne l'avait jamais cherché mais il s'était fait une joie de l'aborder à plusieurs reprises alors qu'elle était en présence de gens aux mêmes valeurs qu'elle. Elle ne comptait plus le nombre de fois où elle avait du se justifier. Non, le Gryffondor n'était et ne serait jamais quelqu'un de proche. Non, elle ne l'avait jamais invité à s'asseoir à leurs tables...Des moments de honte qui ravivèrent les flammes de la colère. Alors, oui...aujourd'hui, elle était ravie d'avoir retrouvé le jeune homme. Oui, elle était ravie de ne l'avoir rien qu'à elle. Mais la seule chose vraie était qu'elle allait se faire un plaisir de jouer avec lui et qu'il ne perdait rien pour attendre. Aussi, son rire léger sonna gracieusement à ses oreilles et elle y répondit par un sourire factice. Qu'il rit, il allait bientôt pleurer.


Suite à sa petite confession, elle scruta le visage de son interlocuteur à l’affût du moindre changement. Elle ne voulait pas rater le moment où il comprendrait, le moment où sa grâce serait remplacée par la peur. Mais ce qu'elle attendait ne vint pas. Déception. Pourquoi fallait-il qu'il foute toujours tout en l'air ? Était-il resté le même intrépide ou avait-il appris à se contrôler ?  Mais il avait peur, elle le sentait. Il ne tiendrait plus son masque très longtemps. Bientôt il s'effondrerait et elle aurait gagné. Elle jubilait de ce jeu qui n'aurait qu'une fin. La fin qu'elle aurait choisie. Elle ne laisserait pas cette occasion filer entre ses doigts. Rapidement, elle jeta un regard derrière son épaule...Le bar était toujours aussi vide. Elle n'aurait aucun mal à le faire évacuer en invoquant son statut dans la police magique.


Elle fut surprise. Il ne lâchait pas. Savait-il combien il allait payer ce sursaut d'audace. Qu'espérait-il en s'enfonçant ainsi ? Son air neutre se changea en air glaciale à mesure qu'il continuait à avancer des inepties. L'orage grondait dans ses prunelles bleus et sa baguette avait cessé de tourner entre ses doigts. Elle remarqua alors qu'il évitait consciemment de parler de sa sœur. Il avait raison. Elle n'aurait probablement pas supporté, le prénom d'Ambre dans sa bouche, qu'il la souille une nouvelle fois. Elle aurait mis un terme définitif à cette mascarade. C'était dommage. Louis n'avait jamais été quelqu'un de bête. Tout aurait pu être différent s'il n'avait pas été si loin sur le chemin de la dépravation, s'il n'avait pas trahi son sang.

Et Clyde rit. Un rire faux, si faux qu'il paraissait presque crédible.

Louis ? Oui, c'est ça Louis. Toujours le premier à outrepasser les limites. Je me demande s'il sera encore aussi séduisant quand je lui aurai mis la main dessus.

Puis finalement, elle crut entendre sa première parole sensée. Il se rendait compte finalement du pétrin dans lequel il s'était mis. Il n'était pas si inconscient. Alors qu'il prend place en face d'elle, son sourire s'agrandit. Elle le fixe un long moment, droit dans les yeux, sans parler. Et elle se lève, se tournant théâtralement vers une assemblée bien éparpillée.

Police magique, je vais vous demander de quitter le bar sans faire de grabuge et de rentrer calmement chez vous. Inspection, lança-t-elle s'assurant d'articuler chaque syllabe, sur un ton autoritaire qui ne laissait place à aucune contestation.

Ils mirent du temps à réagir mais ils finirent tout de même par se lever, non sans traîner les pieds. Quand le dernier était prêt à passer le pas de la porte, Clyde se retourna et s'installa à nouveau à sa place, un air radieux sur le visage. Baissant les yeux vers le verre que s'était versé Louis, elle ricana doucement.

Il est permis au barman de boire pendant son service ?, elle se tut un instant avant de rependre feignant l'innocence. Oh, tu as l'air si pâle ! Tu veux mon avis, tu devrais en prendre encore plus...elle laissa traîner sa phrase avant d'ajouter...vu ce qui t'attend.
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MessageSujet: Re: she's like a dark paradise (clyde)    Sam 17 Mai - 2:09

C'était comme si tout s'écroulait avec beaucoup de douceur.
A son grand étonnement, ce n'était pas brutal – ni même douloureux. Il avait pensé que, le jour où il aurait des ennuis (des vrais, pas ceux qu'il avait à Poudlard, comme les retenues où les regards amers de Rusard), ce serait tellement difficile qu'il en perdrait les mots.
Que ce serait un peu comme le jour où son père lui avait ruiné sa vie, et qu'il aurait l'envie acide de tout abandonner, de casser des choses, de serrer ses poings à en faire claquer ses phalanges – de pleurer aussi, un peu.

Il savait qu'il n'avait jamais été un bon Gryffondor en dehors des frasques et de sa témérité – quand la guerre avait été déclarée, il s'était bien gardé de se mettre en avant comme les autres héros maintenant fugitifs. Il était resté sagement dans son clan – les Sang-Pur- à jouer à celui qui détestait leur idéologie mais qui n'ouvrait sa bouche que tout bas pour murmurer son désaccord.

Ce n'était pas très courageux.
C'était lâche, et c'était très laid.

Mais voilà – tout se déroulait avec beaucoup de douceur. Finalement, Clyde lui offrait ici un bon morceau ; c'était entre eux un jeu, et elle se plaisait à le traîner dans l'angoisse, à jouer avec ses sourires et ses yeux bleus qui brillaient trop fort.
Finalement, ce n'était pas plus mal. Il préférait mille fois avec des problèmes avec une jolie jeune fille comme elle plutôt qu'avec un mangemort ayant la carrure d'un troll. Là, c'était plus agréable – il faudrait penser à lui faire la remarque, tout à l'heure, quand elle commencerait à devenir sérieuse.

Parce que là, elle ne l'était pas encore et il le savait très bien – il l'entendait dans les modulations de sa voix, certes un peu contrariées, mais toujours ravies.
Elle savait qu'elle avait le pouvoir.
Louis se demandait à quel point il pouvait être lâche, et à quel point il pouvait être courageux.

Il ricana doucement lorsqu'elle laissa s'échapper un peu de colère – quel suspense – et il se demandait en toute justice si elle avait prévu une vengeance physique pour lui.
Il avait envie de hausser les épaules ; de toute façon, il le découvrirait bien assez tôt. Et puis, ce n'était qu'une vengeance – parce qu'il l'avait provoquée toutes ces années et parce qu'il aimait beaucoup sa sœur Ambre.
Ce n'était que ça – il pouvait bien tenir quelques doloris, si elle avait la main lourde.

Ambre ou les humiliations – il se demandait vraiment qu'est-ce qui la mettait le plus en rogne.

Et puis elle se leva, faisant tomber son masque pétillant, rompant l'équilibre précaire sur lequel ils se balançaient tous les deux. Il avait déjà bu deux gorgées à son verre lorsqu'elle fit évacuer le bar – il n'y avait que quatre ou cinq personnes, toujours aussi grises, et sa langue à lui était brûlante à cause de l'alcool. Il ne put retenir cette légèreté grave qui ne le quittait jamais.

« Oh, voyons, tu fais partir les maigres clients qu'on a, comment on va faire tourner la boutique ? »

Il plaisantait toujours, et il y avait beaucoup de cynisme dans sa voix – de toute façon, maintenant qu'elle avait dégainé le manteau de pouvoir qui l'enveloppait avec grâce, il n'y avait plus rien à faire pour améliorer sa situation.

Il but une troisième gorgée dans son verre – oui, cet alcool était vraiment mauvais, et il s'en rendait de plus en plus compte maintenant que son humeur descendait.
Mais il gardait toujours son sourire ; il en faut bien, des sourires, face à des personnes comme Clyde.

Il n'y a rien de mieux que le rire pour faire des affronts aux tyrans.

Quand elle vint se rasseoir au bar, après avoir fait déguerpir toutes ces chauves-souris sans vie (il avait fait quelques signes de main à ceux qu'il connaissait le mieux), elle avait le visage lumineux et clair. Louis ne put résister à une tel éclat de joie et lui adressa un sourire presque aussi chaleureux.
Peut-être que l'alcool le rendait trop téméraire – il le verrait bien. Ses yeux étaient chauds, et il la voyait devant elle, en se demandant pourquoi elle ne pouvait pas être plus douce.

Comme sa sœur – par exemple.
Ça aussi, il faudrait qu'il lui fasse la remarque, quand il voudrait mourir peut-être.

« Tu sais, au points où j'en suis, je pense que je peux bien m'accorder un petit verre. Et je pourrais très bien te retourner la question. »

Il but une quatrième gorgée, et cet alcool mauvais lui mangea le bord des lèvres.
Il ne lâchait pas son regard ; il était comme fasciné par le plaisir qu'il pouvait y déceler. C'était étrange de se dire qu'une telle satisfaction pouvait naître à l'idée d'une vengeance estudiantine, parce que ce n'était que ça, dans le fond.

Maintenant, il se disait qu'il aurait du la laisser tranquille autrefois – mais il était bien tard pour penser ça, et il n'avait pas été aussi sage à l'époque, même s'il n'avait jamais vraiment été méchant.
C'était plutôt elle qui se vexait pour rien – ça, il ne devait pas le lui dire.

Mais les souffles étaient devenus sérieux. Louis souriait toujours, mais c'était moins marqué sur son visage blanc, et plus dur.
Son ton était moins enjoué, et il y avait plus de gravité quand il lui rétorqua presque.

« J'ai toujours été pâle. »

Il ne peut pas se retenir – il recommence à sourire.
Elle le provoque, elle aussi ; ils auraient pu bien s'entendre, s'ils n'avaient pas été si différents autrefois.

« Oh, tu sais, je préfère ne pas boire trop, rester conscient. Histoire de profiter de chaque instant – tu vois le genre. »

Il lève son verre en son honneur et, le portant à ses lèvres, il le vide d'un trait. Il avait fermé les yeux, à ce moment là – c'était peut-être la dernière fois qu'il se l'autorisait aujourd'hui. Délicat, il reposa le verre à côté de lui et le poussa du dos de la main. Son œsophage était embrasé, mais il n'y prenait pas garde, parce que sa peur l'était plus.
Il souriait.

« Tu m'en veux toujours, après tout ce temps ? »

Il écarta les mains en signe de vulnérabilité – et c'est vrai, il l'était. Il avait toujours été nul en sortilèges, et si jamais elle s'en prenait à lui, il ne riposterait pas.
Ça lui apporterait bien peu de satisfaction.

Mais il savait qu'elle ne lâcherait rien, même s'il avait les meilleurs arguments du monde.
Il se demanda, aussi, si elle avait déjà tué quelqu'un. Quand il releva les yeux à ce moment là, en voyait l'éclat dans ses yeux clairs, il en eut presque la certitude.

« Tu devrais être clémente me pardonner, tu sais – c'est juste une idée. »

Il avait dit ça un peu au hasard, avec beaucoup de nonchalance – ça sonnait comme une blague dans sa bouche, et ça l'était véritablement. Comme une plaisanterie entre vieux ennemis.

Mais tout ça, la plaisanterie, ses peurs, le sérieux, l'alcool, les sourires, ça n'expliquait pas pourquoi d'un coup, il se comporta d'une façon totalement imprudente, imbécile et insolente.
C'était une bombe qu'il lui avait jeté à la face, le sourire aux lèvres.

« Je sais pas, ça te donnerait une certaine noblesse d'âme – un peu comme Ambre, par exemple. »

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MessageSujet: Re: she's like a dark paradise (clyde)    Dim 18 Mai - 23:36

Bientôt, elle ferait tomber le masque ; elle cesserait le jeu. Elle l'avait déjà retiré à moitié, en faisant déguerpir les pauvres âmes en peine qui avaient choisi ce bar comme lieu de pénitence. Mais ce n'était que le début. Elle ne serait plus la jeune femme enjouée ; elle serait à nouveau Thorn, la sang-pur qui martyrisait les autres. La Serpentard qui n'avait jamais trouvé l'occasion parfaite pour se venger. Celle qui brûlait de faire couler les larmes et le sang. Celle qui ruminait le passé comme une chose inachevée. Parce qu'elle était comme ça. Elle n'oubliait jamais rien. Surtout pas un affront. Surtout pas un affront commis à son encontre, à de multiples reprises. Mais pas tout de suite, elle avait décidé d'y aller doucement cette fois, de savourer l'instant parce qu'elle savait qu'il ne se reproduirait pas de si tôt. Elle comptait bien faire disparaître ce sourire omniprésent, cette ombre au tableau qui l'empêchait de profiter pleinement de la situation.

En un sens, Louis était courageux...ou particulièrement inconscient. Il fallait l'être pour continuer à sourire dans un moment pareil. Certains auraient fui ; nombreux ont été ceux qui ont essayé en vain. Certains auraient supplié, priant pour qu'elle soit indulgente. Elle n'avait jamais été indulgente. C'était comme si toute sa patience était aspirée par le comportement rebelle d'Ambre, comme si elle était incapable de passer l'éponge parce qu'elle le faisait déjà assez avec Ambre. Et c'était trop. Louis n'aurait pas cette chance. Il ne la cherchait pas de toute façon. Il faisait tout pour empirer les choses. Il aurait pu se taire et subir. Cela aurait été moins drôle, certes mais probablement plus rapide et moins douloureux. Mais le Gryffondor n'avait pas changé. A ce jeu-là, ils étaient deux.

Aussi, elle décida d'encaisser sans réagir, il ne parviendrait pas à ternir sa joie en jouant les fiers. Elle resta de marbre devant ses nouvelles provocations, ne réagissant qu'en soufflant et en ricanant. Leurs regards étaient scellés l'un à l'autre, aucun ne baissait les yeux. C'était comme si la bataille avait déjà commencé, comme si les premiers coups étaient portés dans le bleu de leurs prunelles.

Oh, délicates intentions, je suis touchée, répondit-elle nonchalamment alors qu'il évoquait le fait de rester conscient. J'espère que je ne serai pas déçue, les gens ne tiennent pas longtemps en règle générale, continua-t-elle dans un souffle presque inaudible.

Et puis il finit son verre d'une traite. Un instant elle se demanda comment il avait pu ingurgiter une liqueur si mauvaise sans vouloir tout rendre mais encore une fois, elle mit ça sur le compte de tout ce qu'elle détestait chez lui...en commençant par son sourire.

Elle pencha légèrement la tête sur le côté, faisant mine de réfléchir. Oui, elle lui en voulait toujours. Elle était rancunière. On ne s'attaquait pas à elle sans payer le prix. Mais elle aurait pu être moins véhémente. Elle aurait pu si tout ne s'était cantonné qu'à une rancœur d'étudiante. Mais il y avait Ambre. Et elle ne pouvait pas laisser passer ça. Elle ne pouvait pas pardonner.

Si tu te mets à genoux et que tu supplies assez fort, peut-être que j'y réfléchirai, répondit-elle sur un ton semblable à celui qu'il avait pris.

Elle aurait pu le faire. Se venger mais y aller doucement. Elle aurait pu le menacer, lui donner un aperçu de ce qui l'attendait réellement si elle le retrouvait mais il venait d'anéantir toutes ses chances.  Ses yeux fixés sur ce sourire les flammes de la colère consumaient peu à peu le reste de patience qu'elle avait alors que son bras s'élevait dans un éclat assourdissant de verre, le premier des sorts impardonnable se formait sur ses lèvres ..mais elle se retint au dernier moment, la baguette toujours tendue en direction de l'inconscient.


Ne parle plus jamais d'Ambre, lâcha-t-elle doucement sur un ton glacial.

Les doigts crispés sur sa baguette, un rictus sadique prit place sur ses lèvres. Elle recula d'un pas sans lâcher Louis du regard. Il n'aurait jamais du parler d'Ambre. Elle pensait qu'il l'avait compris. Il n'avait pas le droit de souiller son nom, il n'avait pas le droit d'être si proche de sa sœur. Elle l'avait haï d'autant plus en les voyant si complice. Une complicité que les sœurs n'avaient jamais partagée. Cette rancœur, cette colère, elle concentra toutes ses émotions négatives avant de lancer son sort. Le doloris. Clyde avait toujours été douée  à Poudlard, elle l'était d'autant plus lorsqu'on lui apprit les trois sortilèges impardonnables. Et le Doloris était de loin celui qu'elle préférait. Ne disait-on pas qu'il fallait désirer profondément faire du mal à son adversaire pour que la puissance du sort soit décuplée ? Et à l'instant, elle ne voulait rien d'autre, elle voulait lire la souffrance sur le visage d'ange de Louis, lui faire oublier l'existence même de sa sœur aînée.
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MessageSujet: Re: she's like a dark paradise (clyde)    Lun 19 Mai - 22:23

Et il était allé trop loin.
Il le savait – il avait ouvert sa bouche une fois de trop, osé les mots qui brûlent les âmes et qui cinglent la colère. Il savait très bien, à l'instant où il avait pris son inspiration pour lui jeter cette provocation acide au visage qu'elle en deviendrait furieuse. C'était comme s'il l'avait embrasée, et pendant tout le temps de sa combustion, il l'avait regardé sans ciller.

Ses yeux ne lui avaient jamais parut si peu bleus ; il n'avaient ni la couleur de l'eau, du ciel ou de la douceur, ils n'avaient rien à voir avec ceux de sa sœur. Ils étaient teintés de rage et de froideur – c'était comme s'ils allaient se craqueler comme de la glace sur le poids sa fureur.

Oh, ça y est – elle était là, Clyde, elle n'était plus minauderie et doux sourires, elle avait habillé son visage avec tout le prestige et les habitudes de sa cruelle famille. Louis la reconnaissait mieux ainsi, et maintenant qu'elle s'était débarrassée de sa mue factice, lui même avait perdu son sourire.

Il regardait cette baguette, fine, délicate, pointée droit sur son visage. Il ne souriait plus ; elle lui lança un ordre, et alors, d'un coup, le sortilège le frappa de plein fouet.

Louis crut mourir.
Il savait très bien qu'il n'était pas en train de mourir, et quelque part, il se dit qu'il l'aurait peut-être préféré, que ça aurait été moins douloureux. Ce n'était pas comme si il ne s'était pas préparé – depuis qu'elle avait montré son nez dans cet établissement, il savait qu'il n'allait pas en ressortir indemne, d'une manière ou d'une autre. Il savait aussi qu'elle ne s’embarrasserait jamais de le tuer – la paperasse, et puis, les problèmes entre leurs deux familles respectives après. Son imagination l'avait de suite conduit à cette fin – mais il avait tellement mal, il avait si mal, il n'aurait jamais pu penser une douleur pareille.

Elle était irréelle.

Il avait crié. Il avait crié dès le début – il n'avait même pas pris la peine de résister, de s+e retenir, de lui tenir tête ; la douleur avait été si vorace qu'il en était tombé par terre, renversant une étagère de verres par dessus lui. Son tabouret s'était dérobé sous lui, et pendant qu'il convulsionnait au sol en criant – en hurlant – des bris de verres roulaient autour.

C'était comme si on lui brisait les os ; brûlait les muscles ; tirait les ligaments ; rompait les tendons ; rongeait sa chair, tout d'un coup, et que ça revenait, et que ça gonflait, comme si ça allait exploser. Il ne sentait plus rien ; si ce n'était cette douleur, affreuse, suprême, amante.

Et il savait très bien qui la lui infligeait.
C'était Clyde – et elle était juste là, derrière le comptoir, alors qu'il agonisait au sol.

Il ne sut pas très bien à quel moment le supplice s'arrêta, mais il vint un moment où la douleur s'enfuit – ça lui parut être après une éternité de souffrance. Il ne sentait ni ses muscles, ni ses os. Il ne s'était même pas rendu compte qu'il avait arrêté de crier. Il haletait, son souffle était court, son front moite, et il lui fallut de longues secondes avant de réussir à reprendre ses esprits et à se redresser sur ses coudes. Il avait de petits bouts de verres enfoncés dans les paumes – ça ne lui faisait pas mal, après quelque chose comme ça.
Il cherchait son souffle, ses mots. Essayant de se relever, il lâcha quelque chose, à mi-chemin entre le gémissement et le grognement.

« Merlin, ça fait un mal de chien. »

Il s'étonnait de ne voir aucun sang autour de lui, aucun angle obtus sous ses vêtements – comment on pouvait souffrir autant sans rien briser ?
Il passa une main sur son visage et essuya quelques larmes ; il ne s'était pas rendu compte que ses yeux avaient pleurés.

Avec peine, il parvint à se relever sur ses deux jambes et, remettant en place le tabouret qui était tombé, il se rassit dessus maladroitement.
Il était très pale, ne souriait plus et respirait très fort. Ses yeux s'était comme éclaircis. Il la regarda.

Clyde, elle semblait si heureuse.
Il n'aurait jamais du la pousser à bout – de quoi pouvait-elle être encore capable. Il la regardait toujours dans ses yeux trop bleus pour elle quand il dit, la voix pâteuse.

« D'accord, je l'avais cherché celui là. »

Quelques répliques lui venaient à la bouche comme – oh, je n'aurai pas cru que tu serais ma première fois – où des imbécillités du genre, mais il ne se sentait pas de lui faire une remarque cinglante.
Pas encore ; il sentait ses lèvres trembler.

Il avait détesté ça. Qui ne détesterait pas ça – il sentait encore le feu lui dévorer tous les muscles et le forcer à hurler. Il n'avait même pas réussi à la supplier – à quoi bon.
Si elle le renvoyait à terre, il savait qu'il n'aurait pas la force de se relever ; tout son corps était comme enfiévré.

Il n'avait jamais eu honte d'avoir peur ; aujourd'hui, il avait peur de Clyde.
C'est pourquoi il lui dit avec le plus grand sérieux, en regardant son visage de fière tortionnaire alors qu'elle avait toujours sa délicate baguette entre ses doigts fins.

« Très bien, qu'est-ce que tu veux ? »

Mais Louis savait très bien qu'il était bien tard pour se ranger.


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MessageSujet: Re: she's like a dark paradise (clyde)    Mar 20 Mai - 0:47

Elle ne s'en lasserait jamais. C'était presque devenu une drogue. Ce moment figé entre le sort formulé, où la puissance s'échappait de sa baguette et l'instant où ils comprenaient ce qui allait leur tomber dessus. Cette horreur marquée sur le visage, ces yeux criant de peur. Elle finissait toujours par les briser. Et ils finissaient par comprendre qu'ils avaient été idiots de la sous-estimer ; que leurs vaines tentatives de l'intimider étaient pathétiques, qu'elle ne jouait pas dans la même cour qu'eux. Parce que Clyde n'avait pas peur. Elle n'avait jamais eu peur de l'Impardonnable. Elle n'hésitait pas à les utiliser quand elle le jugeait nécessaire...et parfois pour s'amuser. Et elle ne s'en lasserait jamais. Mais cette fois était différente. Ce moment, elle l'avait rêvé plusieurs fois. A chaque fois qu'elle avait croisé son regard dans le château. A chaque fois qu'elle entendait son prénom dans la bouche d'Ambre. Et elle n'aurait jamais pensé qu'arracher toute trace de provocation de son visage lui ferait autant de bien. Que ses hurlements de douleur résonneraient comme une douce mélodie dans ses oreilles. Elle détestait ça, d'habitude, quand les fugitifs criaient, elle s'arrangeait toujours pour qu'ils finissent par se taire. Mais pas Louis. Non, elle savourait pleinement le ton brisé de sa voix, la douleur qu'elle devinait cuisante sous sa peau mais elle voulait plus. Elle voulait qu'il la supplie, qu'il pleure à s'en dessécher. Et plus que tout, elle voulait lui arracher son sourire, pour toujours et à jamais ; qu'il ne soit plus que l'ombre de lui-même, seulement le vide au fond de ses prunelles, plus de malice, plus de joie, juste de la peur.

Et elle se surprit à penser que tout serait plus amusant si Louis essayait seulement de se défendre. Qu'elle lui montre qu'elle aurait toujours le dessus même s'il essayait de se protéger...mais elle balaya cette pensée. L'instant était trop précieux pour l'assombrir de la sorte. Si précieux, si court. Elle regrettait déjà de ne plus l'entendre hurler alors qu'elle le devinait allongé sur le sol jonché de débris. La prochaine fois, elle s'assurerait d'être du bon côté de la barrière, histoire de ne rien manquer du spectacle, de le voir se tordre de douleur. Mais sa soif était étanchée...pour l'instant. Elle rayonnait de bonheur. Le voir lutter pour se relever n'accentuait que plus ce sentiment d'allégresse.

Tu mérites pire que ça, crois-moi, lui répondit-elle avec entrain.

La joie brillait dans son regard alors qu'elle s'avançait à nouveau vers le bar, en fredonnant joyeusement. Elle ne pouvait résister à l'envie d'observer son oeuvre de plus près, elle choisit donc se réinstaller en face de lui, jouant toujours avec sa baguette, la gardant prête à l'emploie.

Ce que je veux ?, lâcha-t-elle en feignant l'innocence à nouveau.

Commençait-il enfin à comprendre qu'il n'était plus en position de jouer ? Qu'elle fixait les règles à présent ? Il valait mieux tard que jamais...et elle savait qu'avec lui, elle ne serait jamais à l'abris d'une nouvelle montée d'audace...ou d'envie suicidaire. Elle aimerait en finir, se débarrasser de lui une bonne fois pour toute. Elle n'avait pas peur des retombées mais elle ne voulait pas embarrasser sa famille. Aussi irritant soit-il, Louis faisait bel et bien partie d'une famille renommée. Les Appleby.

Tu sais que si tu es encore là aujourd'hui, c'est juste grâce à la protection que ton nom t'offre ? Sans papa et maman, ton corps aurait probablement été retrouvé, moisissant dans une ruelle, elle s'arrêta instant, jouant avec sa baguette, s'amusant à faire brûler un tesson de bouteille. Plutôt ironique comme situation. Ils auraient plus à gagner en se débarrassant de toi. Ce nom n'aura bientôt aucune valeur avec des gens comme toi pour le ternir., continua-t-elle sur le ton de la conversation.

Elle laissait volontairement traîner la réponse qu'il attendait. Elle voulait le pousser à la provoquer à nouveau, voir jusqu'où il pouvait aller dans l'inconscience, voir s'il avait retenu la leçon.

Tu n'as pas l'air bien, tu reprendrais pas un verre ?

Mais il n'y avait aucune compassion dans le ton de sa voix, aucune inquiétude ou préoccupation, juste un ravissement glaçant. Ce qu'elle voulait c'est qu'il tire un trait définitif sur Ambre. Plus de moments volés à des soirées mondaines, plus d'échange de mots par hiboux. Et elle comptait bien avoir ce qu'elle désirait. Elle était prête à tout pour protéger la réputation de sa famille...quitte à blesser sa sœur en chemin, à devoir sévir avec elle aussi. Parce qu'au fond, elle faisait ça pour son bien. Elle était trop naïve pour voir qu'on profitait d'elle, trop altruiste pour ne pas tendre la main à son prochain.

Je ne veux plus te voir tourner autour d'Ambre. Elle n'a pas besoin d'une sangsue comme toi dans sa vie. Tu ne lui attires que des problèmes.

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MessageSujet: Re: she's like a dark paradise (clyde)    Mar 20 Mai - 21:41

Louis n'aimait pas perdre son sourire ; mais il arrivait des moments où il n'avait pas le choix.
Il arrivait des moments comme celui-là où la souffrance avait été si forte que ses muscles n'avaient plus le courage d'étirer ses lèvres ; des moments où les frissons qui léchaient son échine n'étaient qu'une réminiscence lancinante de la douleur. Il tremblait toujours, sa peau était devenue moite et sa bouche un peu sèche.
Louis ne se sentait pas bien et ne souriait plus ; il détestait ça, mais là, il n'avait plus le choix.

Pourtant, il avait la certitude qu'il réussirait à le trouvait encore – qu'il irait plonger ses mains tremblantes tout au fond de ses entrailles pour réussir à offrir encore quelques sourires à celle qui se plaisait d'être son nouveau tortionnaire. Mais il n'y aurait ni malice, ni chaleur dedans – ce seraient des sourires désabusés, amers, des ersatz tremblotants de son insolence.

Louis n'avait jamais bien supporté la douleur. Enfant, on le disait douillet – adolescent, on s'en moquait un peu, parce qu'il n'aimait ni se couper, ni se faire des bleus.
Ici, on lui avait arraché et ses cris et son souffle – il n'avait plus envie de sentir ça encore, alors il ne souriait plus avec l'effronterie qui habillait l'éclat de ses yeux.

Il était sérieux, il l'écoutait – et il y avait presque de la colère en lui.

Cette colère, il l'agitait depuis longtemps dans sa nuque courbée, dans ses fuites, dans tous ces regards dérobés devant des fugitifs maltraités – c'était une colère de lâche qui ne s'exprimait jamais parce qu'il était bien trop égoïste pour se soucier des autres.
Peut-être était-ce parce qu'on s'en prenait enfin à lui qu'il avait ce soudain sursaut – il se sentait agacé, il trouvait que l'injustice était trop forte et qu'il n'avait jamais mérité tout ce que son existence avait décidé pour lui.

Parfois, il voulait juste arrêter ; il se demanda un instant, alors que Clyde revenait s'asseoir en face de lui, comme elle réagirait s'il lâchait tout.
S'il n'était plus rien – s'il attendait, simplement, qu'il ne criait même plus, qu'il ne lui donnerait rien.
Il était presque certain que, même une âme apathique la ravirait – il fallait peu pour satisfaire les ego aussi malsain que le sien.

Il l'écoutait patiemment, le souffle encore fuyant, peinant pour lui faire retrouver son chemin jusqu'à ses poumons. La souffrance était partie mais elle s'accrochait toujours à ses souvenirs. Maintenant qu'il l'avait touchée, il appréhendait encore plus de la retrouver. Il regardait Clyde s'amuser de sa baguette entre ses doigts trop délicats pour elle ; la sienne était toujours dans sa poche, mais il n'avait aucune utilité de la sortir maintenant. Il était trop mauvais en duel – il la sortirait s'il devait fuir.
Ça, c'était quelque chose qu'il savait faire – fuir.

Il avait un goût de rouille dans la bouche.

Il écouta sa diatribe sans souffler, mais à la fin il ne put retenir une de ces remarques qui lui venaient naturellement aux lèvres en souriant à peine.

« Tu exagères, je ne le ternis pas tant que ça. »

Il l'avait soufflé tout bas, à demi indifférent, comme si de toute façon, tout ça, ça n'avait pas d'importance – pourtant, il était d'accord avec elle, il avait toujours mais ça, mais une question le brûlait un peu quand il osa.

« Mais ce n'est pas ce que tu fais toi aussi ? Profiter de la protection – du pouvoir de ton nom. »


Il chercha son regard – il était sérieux, effrayé mais doux, il ne souriait plus mais il n'avait pas d'agressivité outre cette colère timide qui grimpait en lui.
Il se demanda – oui, il se demandait ce qu'elle aurait été si elle n'avait eut ni son nom, ni son sang ; elle aurait été si différente alors, et finalement, il était peut-être moins lâche qu'elle ne l'était elle. Il n'allait pas lui poser la question – il n'en avait pas envie.
Clyde était une personne qu'il n'avait pas envie de connaître.

Sa remarque sur l’alcool lui tira un rire et rire lui faisait du mal. C'était comme réveiller des muscles endoloris et il arrêta vite – il ne prit même pas la peine de lui répondre.
Il aurait été incapable d'avaler quoique ce soit, là, tout de suite. Il voulait juste se débarrasser d'elle, et il avait déjà prévu d'accepter tout ce qu'elle lui proposerait quand elle lui parla d'Ambre.

Alors c'était ça, son inquiétude.
Comment Ambre et Clyde avaient-elles pu grandir dans la même famille – dans ces moments comme ça, Louis se demandait si elles avaient reçu le même amour, les mêmes attentions pour prendre des chemins si divergents.
Et il regardait Clyde, avec ses jolis cheveux blonds et son regardé glacé. Et puis il pensa à Ambre mais ne le montra pas sur son visage pâle – est-ce qu'il avait envie de cesser de la voir, comme ça, cette amie qu'il appréciait depuis si longtemps.
Cette rare bouffée d'oxygène – ce serait pénible.

Il haussa les épaules et lâcha, égal.

« Je suis d'accord avec toi. »

Il avait un coude appuyé sur le comptoir et il avait appuyé sa main dans sa joue – son aveu lui même l'étonnait et lui donnait mal au ventre, mais il le savait maintenant depuis longtemps ; il ne lui apporterait que des problèmes.
Surtout le jour où il tomberait - une chute bien plus néfaste que celle d'aujourd'hui.

« Je suis d'accord, répéta-t-il comme pour la convaincre. Je ne suis pas très sain pour elle, je vais sûrement finir par lui attirer des ennuis – même si je trouve que je ne lui en ai pas encore provoqués. »

Il le pensait tellement.
Il était si nonchalant.

« Je n'irai plus voir Ambre. »

Il regardait Clyde sans ciller, sa tête légèrement inclinée sur le côté.
Mais Louis était si égoïste aussi.

« De toute façon, tu ne seras pas satisfaite tant que je ne t'obéirai pas, non ? »

C'était quelque chose qu'il avait compris dès le début – elle ne le laisserait jamais vraiment tranquille. Alors, il allait dans son sens, parce qu'il n'avait pas le choix.
Après, si il tâcherait d'appliquer ce qu'il avait annoncé – c'était une autre histoire. Louis était un garçon très égoïste et il appréciait beaucoup son amie, mais il était aussi tiraillé par le fait qu'il n'aimait pas avoir mal.


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MessageSujet: Re: she's like a dark paradise (clyde)    Mer 21 Mai - 2:08

Sans le lâcher des yeux, elle se demandait combien de temps il lui faudrait pour se remettre. Combien de temps il allait résister avant de sortir une nouvelle provocation. Elle détaillait son visage. La peau pâle, presque translucide, l'air fatigué, sans le fantôme d'un sourire. Elle était curieuse de savoir dans quelle catégorie il entrait. Était-il de ceux qui ne lâchaient jamais le morceau ? Qui en redemandaient encore et encore, ceux qui terminaient leurs jours, alités, enfermés dans une chambre de l'hôpital pour sorciers. Brave mais particulièrement stupide...Comme des Gryffondor. Il était un Gryffondor et elle l'aurait placé dans cette case. Elle était certaine qu'il finirait par revenir à la charge. Elle ne l'avait jamais cru de ceux qui courbaient l'échine, qui rasaient les murs. Elle ne l'avait jamais connu comme ça. Pour elle, il était cet être désagréable qui en faisait trop, tout le temps. Il parlait trop, il bougeait trop, il respirait trop mais qui, au fond, avait le mérite d'aller jusqu'au bout des choses.

Ce n'est pas ce que dit ton père.

Parce que son père, à elle, lui avait déconseillé de fréquenter les fils Appleby. Parce qu'ils étaient des mauvaises herbes et qu'il fallait couper les mauvaises herbes avant qu'elles ne se multiplient et qu'elles contaminent le reste du jardin. Louis était une mauvaise herbe. Une mauvaise herbe qui allait contaminer Ambre. Et elle devait l'en empêcher. Son père serait furieux, elle devait maintenir la réputation de leur nom, coûte que coûte. Ce serait facile avec lui, elle ne l'avait jamais apprécié. Elle ne savait rien de ce qui se cachait derrière tant de malice, elle ne voulait pas savoir. Mais ce n'était que mensonge. La curiosité l'avait toujours dévorée ou presque. Elle voulait comprendre ce que sa sœur trouvait chez un pitre pareil ; ce qu'il pouvait lui offrir que sa famille, son sang ne pouvait pas. Elle mourrait avec le secret, probablement. Parce que Clyde avait toujours été trop fière pour demander.


Elle ignorait s'il l'avait fait exprès. S'il savait que les mots qu'il venait de prononcer étaient la pire des provocations, le pire des affronts. Elle le fixa, glaciale alors que l'orage grondait à nouveau au fond de ses yeux, qu'elle raffermissait sa prise sur sa baguette, la mâchoire serrée. Elle était prête à frapper, à nouveau, plus fort encore mais elle se força à garder son calme, à expirer longuement. Elle avait toujours été fière d'être une Fleming, d'avoir un sang pur qui coulait dans ses veines. Et jamais elle ne le renierait, jamais. Mais avec les avantages qu'offrait son nom venait toujours le fardeau. Faire attention à tout ce qu'elle faisait, ne jamais se laisser aller. Il y avait la menace perpétuelle de décevoir ses parents, de ne pas être à la hauteur...mais Clyde se fichait de ça, c'était une partie d'elle. Mais il y avait toujours cette histoire d'égo, de fierté de gamine. Elle était toujours blessée qu'on attribue ses talents quels qu'ils soient, ses réussites, ses mérites à son nom. Qu'on insinue qu'elle se cachait derrière ce patronyme craint et renommé pour se frayer un chemin, pour éviter les coups. C'était faux. Clyde ne rêvait que d'une chose, faire ses preuves. Elle avait gagné sa place dans la police magique parce qu'elle s'était battue pour l'avoir. Pourtant, il aurait suffi qu'elle prononce le nom Fleming et une place toute faite lui aurait été trouvée au ministère de la magie. Elle détestait ça.

Ne me mets pas dans le même sac que toi.

Elle avait été sèche, rapide. Les lèvres pincées, elle passa nerveusement sa main libre dans ses cheveux, elle n'allait pas le laisser la toucher si facilement. Elle se leva, pour donner le change et elle profita de son rire pour reprendre contenance, un faible rictus au coin des lèvres alors que la douleur du doloris se remémorait à lui. Elle n'avait pas peur de lui tourner le dos, alors elle le fit, laissant ses yeux se balader dans la pièce, s'arrêtant sur les fauteuils défraîchis, les tables en bois écaillée d'un vernis qui devait avoir été brillant autrefois, sur les verres à moitié vide et les crasses qui jonchaient le sol. Définitivement pas un lieu pour elle. La voix de Louis l'arracha à sa contemplation et elle se retourna, fixant un point quelque part derrière la frêle silhouette du sang pur. Elle haussa un sourcil. Il abandonnait Ambre si facilement ? Vraiment ? Tu parles d'un ami...elle avait du mal à y croire et il se répéta comme s'il devinait son scepticisme. Elle fut surprise par autant d'honnêteté de sa part. Mais cela ne pardonnait rien. Il minimisait encore les faits.

Chaque seconde passée en ta compagnie, à rire et à jouer dans ton jeu, lui retire un peu plus de crédit. Des ennuies, tu lui en as déjà causés. Elle évite juste de te le dire.

Elle le laissa terminer, croisant ses bras sur sa poitrine, toujours sans le lâcher du regard, un fin sourire se dessinant sur ses lèvres.

C'est bien, tu comprends vite pour un ancien gryffondor.

Reprenant place sur le tabouret, elle se remit à jouer avec sa baguette.

Je te préviens, si tu mens, je le saurai. Et aujourd'hui sera un rêve comparé à ce qui t'attendra. Elle se tut un instant avant d'ajouter presque joyeusement. Oh, et je veux que tu t'excuses aussi. De bonnes, vraies excuses. Un truc sincère. Je suis sûre que tu regrettes tes petits jeux d'étudiant, non ?
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MessageSujet: Re: she's like a dark paradise (clyde)    Ven 23 Mai - 0:43

Finalement, ça n'avait pas été si dur d'abandonner.
Ce n'était pas si douloureux et ça ne l'avait jamais été. Toutes ces fois où il avait tourné son dos, courbé la nuque, baissé ses épaules, ça n'avait pas été douloureux non plus. C'était agaçant – gênant, au possible, de ne pas tendre la main aux cris des inconnus, où alors de tolérer en silence que des poignets soit brisés comme de simples baguettes. Ce n'était rien – la survie, l'égoïsme primait toujours pour Louis.

Tant qu'il se sauvait lui-même, il pouvait tout abandonner.
Tout ça, c'était à cause de cette peur obsédante d'être un jour arrêté pour son hybridité – il n'avait jamais aimé être enfermé, parce qu'il l'avait trop été quand il était enfant. Louis tenait bien trop à sa liberté – et même si elle consistait à laver des verres sales et servir des alcools douteux, ça lui suffisait.
Au moins, il n'était pas enfermé dans un endroit étroit, à souffrir des sortilèges récurrents et des maltraitances avides. Oui, il n'avait pas à s'en faire pour tout ça – il était encore libre.

Même si il savait, dans le fond, qu'il ne lui restait plus grand chose à l'intérieur à force de courir après sa liberté. Il était un être décharné, bâtit uniquement tout autour de son effronterie, de ses sourires, de sa nonchalance.
Ça ne nourrissait pas beaucoup, un caractère comme ça – il ne lui restait pas beaucoup à cracher au visage des êtres odieux comme celle qu'il avait en face de lui.

Il ne savait pas combien de temps il tiendrait ; peut-être toujours, peut-être plus très longtemps. A quel point sa liberté pouvait-elle importante – est-ce qu'elle était importante au point de sacrifier les petits morceaux de joies qu'il avait avec son amie.

Peut-être que oui – probablement que non.
Peut-être qu'il mentait juste à Clyde, là, tout de suite, et que quand elle aurait le dos tourné, qu'elle aurait claqué cette porte branlante, Louis transplanerait pour aller retrouver Ambre et tout lui raconter.
Ce serait très honnête mais pas très sympathique ; Ambre ne voulait peut-être pas savoir les horreurs dont sa sœur était capable – ou elle ne voulait plus le savoir.

A un moment, il crut voir Clyde en face de lui trembler – pas physiquement, mais dans ses yeux, dans ses mains qui glissaient entre ses cheveux blonds. Comme s'il avait dit quelque chose qui avait compté, d'un coup – c'était cette remarque, celle là, celle d'être comme lui.
Personne n'avait envie d'être comme lui, et il le comprenait en riant presque.
Pourtant il s'étonnait – Clyde pouvait s'énerver sans lancer un doloris immédiatement, c'était plutôt une information à prendre en compte, pour une future provocation.

Non, il devait arrêter ça – il devait continuer de courber l'échine jusqu'à ce qu'elle le laisse partir. Après, il tâcherait de ne plus jamais croiser sa route, ni son visage, ni son regard coupant, ni son sourire malsain.

Il prit une grande inspiration – son souffle commençait à se calmer.

Il écouta, patient, Clyde l'écraser de ses mots en parlant de son influence mauvaise – il ne releva rien, comme il n'avait pas relevé pour son père, parce que de toute façon tout le monde savait qu'il entretenait de mauvaises relations avec lui en raison de son statut de bâtard.
C'était son père qui avait foiré là dedans – pas lui.

Et puis, il lui sourit – il en avait encore le courage, alors.

« Pourtant, je n'étais pas le plus vif des Gryffondors. »

Avant d'ajouter, retrouvant sa témérité sur le bout de sa langue. Il avait presque l'air rêveur – passionné. Il recommençait à aller trop loin.

« Si c'est ça, je ne peux avoir que hâte de notre prochaine rencontre. »

Et il se replaça sur son siège en grimaçant un peu ; chaque mouvement était difficile. Mais son ultime remarque lui arracha une grimace plus surprise encore, lui raidissant le dos. Il sourit faussement - des excuses.

« Quoi ? »

Il avait lâché ça presque inconsciemment – bien sûr, c'était évident qu'elle lui demande des excuses, elle avait toujours aimé ça, le pouvoir sur les autres.
Elle ne l'avait jamais eut avant.
Louis n'aimait pas l'idée qu'elle l'ait maintenant.
Il ne put retenir un rire – c'était un rire franc, mais outré à la fois, tellement son acharnement dépassait sa compréhension. Il dura plusieurs secondes avant qu'il ne s'apaise.

« Tu es terrible, Clyde. » Il ne lâchait pas son regard et son visage redevint sérieux. « Tu es terrible, et mauvaise, et je sais que ça te plaît. » Il ajouta en soupirant et en se redressant. Son ton se fit plus grave. « Tu sais, à être mauvaise comme ça, un jour Ambre cessera de t'aimer. Sa gentillesse n'est pas inépuisable. »

C'était un avertissement.
Mais il devait s'excuser – pas l'avertir, ce n'était pas son rôle là, tout de suite. Son rôle, ce qu'elle attendait de lui, c'était d'abandonner. C'était de tout abandonner, de continuer jusqu'à ce qu'il ne lui reste plus rien, jusqu'à ce qu'il n'ait plus personne qui compte pour lui, jusqu'à ce qu'il n'ait ni courage, ni dignité, rien.
Déjà qu'il n'avait pas grand chose.

Peut-être qu'il n'avait pas encore envie de tout abandonner. Il détourna son regard, un sourire sur les lèvres.
Il laissa passer un silence.

« A moins, bien sûr, que ce ne soit déjà le cas. »

Et il ne s'était pas excusé.


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MessageSujet: Re: she's like a dark paradise (clyde)    Ven 23 Mai - 23:47

Elle le savait. Il ne pouvait pas s'en empêcher, c'était une manie chez lui de chercher les ennuis. Finalement, il n'avait pas retenu la leçon. Il devait aimer ça. Aimer se faire peur, risquer sa peau pour des broutilles. Ce comportement dangereux était-il dicté par son égo ? Devait-il toujours s'armer d'un sourire en coin pour se blinder ? S'il ne l'irritait pas autant, elle aurait certainement été fascinée par ce côté auto-destructeur. Elle était partagée. Agacée parce qu'il osait encore lui lancer des railleries et paradoxalement, ravie de pouvoir les lui faire payer.

Tu veux peut-être que je t'offre un autre avant-goût ?

Cette scène était absurde. Clyde, qui avait pris un malin plaisir à s'en prendre gratuitement à de nombreuses personnes durant ses années d'étude, demandant des excuses...c'était aberrant. Cela avait tout l'air d'une mascarade. Encore une de ses lubies absurdes. Se seraient-ils révoltés, ceux dont elle s'était joué à Poudlard ? Ceux qui avaient été les victimes de ses tours malsains, de ses coups tordus ? Parce qu'il était inutile de demander. Elle ne s'était jamais excusée. Elle n'estimait pas avoir fauté. Et elle ne se serait jamais abaissée à chercher le pardon de personnes qu'elle méprisait. Cela ne la dérangeait pas, elle continuait de dormir sur ses deux oreilles. Mais Clyde était sérieuse. Elle exigeait des excuses alors même que les provocations de Louis n'avaient jamais été aussi loin que les siennes. Elle voulait l'entendre se repentir, laver les affronts qu'il s'était tant permis. Et elle n'en démordrait pas, jamais. Qu'il persiste à repousser l'échéance ou non, elle obtiendrait ce qu'elle désirait. Ce serait une perte de temps, probablement mais sa fierté était en jeu. Et alors qu'il se mettait à rire, elle gardait son sérieux. Un air neutre plaqué sur le visage, ses yeux fixés sur lui, comme si elle cherchait à percer un trou dans son âme. Elle ne riait pas, elle en avait assez de jouer.

Elle l'écouta sans l'interrompre. Oui, elle avait toujours été l'enfant terrible des Fleming. Celle qu'on préférait éviter. Oui, elle était mauvaise et très certainement cruelle. Elle se reconnaissait dans ce qu'il disait. Et il avait raison, elle aimait ça. Parce que tout ce qu'elle faisait, elle le faisait pour sa cause et celle de ses parents et celles de leurs parents avant eux. Elle faisait ce qui était juste alors elle n'avait aucune raison d'avoir honte. Mais lui, il devrait, elle espérait qu'il ait honte, cela éviterait peut-être à son pauvre père d'avoir honte pour deux.

Et puis, elle cru tomber des nus. Venait-il de parler d'Ambre, encore, alors qu'elle lui avait interdit ? Et au-delà de ça, venait-il de la mettre en garde ? Savait-il ce qu'elle faisait de ses avertissements ? Elle voulait rester de marbre, plaquant sur son visage un air aussi glacial que les longues nuit d'hiver. Elle voulait paraître calme. Elle faisait tout pour ne pas lui donner la satisfaction de la voir réagir. C'était bien ça qu'il avait cherché en se permettant de remettre Ambre sur le tapis. Elle voulait paraître détachée...Le fait est qu'elle ignorait si elle allait y parvenir. Extérieurement, elle n'avait pas bougé, sa main reposant platement sur le comptoir un éclat de verre dans le poing, ses doigts ayant cessé de jouer avec sa baguette. Mais intérieurement, elle avait l'impression d'avoir pris un coup. Son cerveau était en ébullition. Une tempête faisait rage dans sa tête, son esprit était submergé par un tsunami de pensées, par des assauts de vagues qui tentaient d'ébranler son mur de certitude. Mais elle ne bougeait pas. Il avait été si proche du but. Des excuses et elle l'aurait planté là. Des excuses et cette histoire aurait été terminée. Plus de Louis, plus de Clyde. Elle l'aurait ignoré même en le croisant lors de soirées mondaines. Il aurait pu continuer à servir un alcool douteux dans un bar miteux, ici ou ailleurs, elle ne l'aurait pas cherché. Si seulement il s'était excusé à la place de parler d'Ambre.


Comment osait-il utiliser sa sœur contre elle ? Et, elle, comment pouvait-elle être idiote au point d'être touchée ? Elle s'était cru blindée contre tout. Les insultes ricochaient sur elle parce que les Lions n'avaient que faire de ce que pensaient les agneaux. Mais elle avait laissé ce prétentieux utiliser ce qu'elle chérissait le plus pour l'atteindre. Sa chair et son sang. Sa famille. Elle avait été assez naïve pour penser qu'il n'oserait pas, qu'il n'utiliserait pas une fille qu'il considérait comme amie. Elle s'était amèrement trompée et elle s'appliquait à ne rien laisser paraître de son erreur. Calme en surface, à feu et à sang à l'intérieur, elle encaissa sa dernière remarque sans ciller. Ambre avait toujours été trop gentille, trop douce, trop naïve. Elle voulait le bien de tout le monde, même de ceux qui ne le méritait pas, même de ceux qui profitaient d'elle. Alors elle ne pourrait jamais tourner le dos à sa famille, jamais. C'était inscrit dans leurs gènes. Même si Ambre n'adhérait pas au comportement destructeur de sa sœur, elle ne pouvait pas la laisser tomber. Pas alors que Clyde faisait tout pour la ramener auprès des siens, s'arranger pour maintenir sa réputation auprès du monde sorcier. Et Ambre se montrait toujours aussi chaleureuse avec sa cadette. Mais une petite voix dans tête lui susurrait que, peut-être, elle s'était confiée à Louis. Qu'il savait plus que ce qu'il voulait bien en dire...Elle fit taire cette voix, brutalement, elle sentit le verre lui entailler la paume des mains. Ce fut l'éclair de raison dont elle avait besoin. Elle devait se convaincre, balayant ses doutes dans un long soupir.

Aux dernières nouvelles, ce sont des excuses que j'attends. Tu ferais mieux de faire vite, je suis pas connue pour être patiente.

Elle se tut. Elle avait comme un nœud dans la gorge et l'impression que sa voix sonnait plus rauque, plus menaçante aussi. Ses doigts se refermèrent à nouveau sur sa baguette alors qu'elle glissait de son tabouret, presque résignée, pointant son arme vers lui. Elle lâcha le doloris dans un murmure tranchant, la colère vibrant dans sa voix.

Je t'avais prévenu de ne plus parler d'Ambre. Et qu'on soit bien clair, ne parle pas de ma famille comme si tu la connaissais. En fait, ne parle jamais de ma famille. Parlons plutôt de la tienne. C'est parce qu'ils te détestent tous que tu traînes dans des bars miteux ? Dis-moi, ça m'intéresse. C'est parce qu'ils voient quel misérable tu es ? Comment peut-on tomber si bas.


Dernière édition par Clyde E-T. Fleming le Mer 4 Juin - 1:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: she's like a dark paradise (clyde)    Dim 1 Juin - 2:06

Il savait qu'il était allé trop loin.
Ça lui faisait vriller ses iris, et avant même que les soupirs dérapent à nouveau, Louis avait le souffle court et le sale goût de la rouille sur la langue.
Il savait qu'il était allé trop loin – il le sut dans ce silence qui dura trop longtemps, dans ses yeux bleus qui, en face de lui, brillaient trop fort, dans le soupir qu'elle était aller chercher tout au fond de son ventre. Il le sut au simple modulations de son timbre, au calme incertain de sa respiration, sur la courbe de ses lèvres qui s'agitait, immuable, pour continuer la conversation.

Louis était comme insignifiant – elle faisait tout pour le lui dire avec ses mots, ses mains, ses doigts si propres qui enserraient le verre si sale avec tant de force. Louais aurait du être insignifiant, il aurait du tout faire pour baisser sa nuque, voûter son dos, accepter qu'elle étreigne son cou et le fasse suffoquer par le simple acte de sa soumission.

Mais voilà ; Louis n'avait jamais su être insignifiant. Il ne l'avait jamais vraiment voulu, et peut-être parce qu'il avait été ignoré, comme écrasé, là bas, dans ces murs, juste un souffle rien de plus, peut-être était-ce pour ça que maintenant il ne pouvait s'empêcher d'ouvrir sa grande gueule.
Parce qu'elle était sacrément grande, sa gueule, et elle l'emporta pour la deuxième fois dans les bras âpres de la souffrance.

Il l'avait mise en colère – encore.
Alors que le doloris lui pénétrais les os et lui broyait son souffle, il recommença à hurler, laissant choir sa fierté au sein des bris de verre. Ça faisait toujours aussi mal, et même un peu plus, et il se dit qu'elle devait être plus en colère qu'avant.
Ses yeux se mouillères d'eux même, mais comme un spasme étranger, les mains de Louis cherchèrent à le raccrocher au comptoir pendant qu'il glissait, se convulsant. Ça ne dura pas longtemps ; sa prise lâcha, il tomba comme un vulgaire cadavre.

Il se dit qu'il aurait été préférable d'être un cadavre ; eux ne connaissaient plus cette douleur qui lui éclatait l'estomac.

Comme le précédent, la douleur finit par mourir ; Louis lui survécu.
Le sortilège s'arrêta net tout en laissant des baisers de torture tout le long de sa peau. Pendant de longues secondes, il fut comme abasourdi, un bourdonnement sourd vrombissant à ses tympans. Il avait du mal à entendre Clyde qui, là, tout en haut (il se sentait si bas), lui sermonnait quelque chose qu'il comprenait à peine – mais il en saisit l'essentiel.

Il leva une main comme pour l'arrêter – son air venait de lui revenir.

« D'accord, d'accord, souffla-t-il trop bas. Je suis désolé. J'arrête. »

Il était très sérieux – il l'avait pensé, un instant plus tôt, que si elle lui lançait un deuxième sortilège du genre, il ne se relèverait pas.
Et il ne s'était pas relevé. Il était par terre, à demi-allongé au milieu des débris coupant, un coude l'aidant à peine à se redresser. De toute façon ses jambes étaient trop tremblantes – il n'arriverait à rien.

Sauf peut-être à transplaner – mais alors, il serait comme en cavale, et il espérait toujours un dénouement heureux à cette rencontre.
Il toussa.

« J'arrête, vraiment. »

Balancé comme une supplique – ça rendait les armes, ça ne souriait plus, ça se couchait presque. Il arrêterait de l'agiter avec ses provocations ; il se tairait, cette fois.

Il avait un air hagard sur le visage, et il eut du mal à comprendre pourquoi elle parlait de sa famille – Louis fronça difficilement les sourcils (c'était douloureux et pénible), et chercha une inspiration qui lui vint tardivement.

« Ma famille ? » Il essaya de se redresser davantage, pour se placer mieux, assis contre l'un des placards qui abritaient les bouteilles d'alcool. « On peut en parler autant que tu le souhaites. » Il disait ça comme ça – il ne savait absolument pas quoi dire, là, tout de suite, alors qu'elle avait sa baguette pointé sur lui.

Il la regarda.
Ses paroles ne le blessaient pas ; pas autant que le sortilège. Il avait toujours eu l'habitude d'être médit – c'était un coup à prendre et il l'avait pris avec beaucoup de nonchalance.
Et puis, ils ne le détestaient pas tous. Pas sa sœur – Agrippine, enfin, pas trop. Pas sa mère, non plus – adoptive, bien sûr.
Il ne savait même pas à quoi ressemblait sa vraie mère.

« Tu as raison. Je suis misérable – et détesté parmi les miens. Et je me réfugie dans les bars miteux pour être tranquille, pour te dire la vérité. »

Il ne brochait pas, parlait très honnêtement – trop honnêtement. Il s'autorisa à ajouter, comme si les mots, ses mots, pouvaient l'empêcher de recommencer à faire hurler.

« Et pour tomber aussi bas, c'est simple – il suffit d'être un bâtard. C'est juste ça. »

Rien n'avait jamais été si vrai, pour lui – être un bâtard, et aussi, avoir un sang si souillé que son père en avait vomi.


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MessageSujet: Re: she's like a dark paradise (clyde)    Mer 4 Juin - 1:51

Cette fois, elle s'était assurée de ne rien rater du spectacle, de ne pas laisser filer ces secondes durant lesquelles elle le verrait s'agiter, hurler, pleurer. Elle n'était pas rassasiée, et elle ne le serait probablement jamais. Elle n'était même plus satisfaite de le voir souffrir, là, sous ses yeux et à cause d'elle. Elle voulait tellement plus et on le lui refusait parce que l'ironie du sort avait voulu qu'il ait un nom respecté lui aussi et qu'elle ne voulait pas entacher le sien. Elle voulait entamer sa chair, lui infliger plus qu'un simple doloris. On lui avait répété pourtant, que personne ne s'habituait à la douleur du maléfice...mais, elle, elle était certaine que les personnes comme Louis finissaient toujours par s'en sortir. Elle ne voulait pas qu'il s'en sorte, elle voulait qu'il chute et si elle pouvait être la responsable de cette descente au enfer, elle n'en serait que plus ravie. Alors elle essayait de se contenter de ce qu'elle avait dans le présent, en priant pour que le futur réalise son souhait. Alors elle savoura de le voir chuter, elle savoura de voir les larmes lui monter aux yeux alors que ses yeux à elle ne brûlaient que d'avantage. Elle voulait lui dire qu'il avait de la chance qu'elle n'ait pas le niveau de son oncle, qu'il soit tombé sur elle, et pas sur lui. Mais Moses n'en avait rien à faire d'un vulgaire traître à son sang et elle devait apprendre à faire pareil. Mais pas maintenant. Maintenant, elle lui faisait payer, maintenant, elle s'assurait qu'il n'ose plus jamais adresser la parole à sa sœur. Elle s'assurait qu'il retienne la leçon une bonne fois pour toute.


Et puis, elle l'entendit. Il s'excusait. Mais elle n'y croyait pas. Il disait ça sous le choc, sous l'effet de la douleur. Pourtant, elle fit comme si elle y avait cru. Elle ne réitéra pas une troisième fois l'expérience même si ce n'était pas l'envie qui lui manquait. Elle se contenta de le fixer, là, à terre, à sa merci. Il n'était plus le Louis qu'elle avait rencontré à son entrée dans le bar. Il n'avait plus ce sourire et c'était déjà une grande satisfaction personnelle. Il avait l'air brisé, étendu sur les débris de verre qui crissaient sous ses pas. Il avait l'air éteint, abattu. Elle le préférait comme ça. Et elle appréciait d'autant plus le fait qu'ils soient tous les deux, seuls, dans ce bar miteux. Il n'y avait personne pour lui tendre la main ni pour le plaindre. Il était obligé d'assumer les conséquences de ses actes.


Elle était tentée, là, d'aller fouiner dans ses pensées, de découvrir ce qui se tramait dans un esprit si différent du sien mais elle ne fit rien, gardant toujours sa baguette pointée sur son corps défait, le regardant de haut, de son air hautain.

Tu vois, ce n'était pas si dur que ça finalement.

Elle ne savait plus ce qu'elle attendait à présent mais elle resta sur place, profitant encore de le voir en si mauvaise posture. Et il se mit en tête que sa famille l'intéressait. Elle s'en fichait. Les Appleby étaient loin d'être au centre de ses préoccupations. Elle avait simplement cherché à le blesser, ses questions n'étaient que rhétoriques, rien de plus. Mais elle se surprit à l'écouter.

J'ai toujours raison, siffla-t-elle entre ses dents comme si elle énonçait un fait
vieux de cent ans.

Clyde n'avait jamais été de celles qui se laissaient attendrir, la compassion et l'empathie se faisaient rare chez une fille comme elle. C'était pour cela qu'elle n'avait jamais pris la peine de se mettre à la place des nés moldu, qu'elle ne s'était jamais excusée non plus. Les horreurs qu'il avait pu vivre ? Elles lui passaient par-dessus la tête. Mais elle s'arrêta sur sa dernière phrase. Être un bâtard. Les mots se répétaient en boucle dans son esprit et un sourire radieux étira ses lèvres, la malice renaissant dans ses yeux.

Toujours mieux qu'être un sang-de-bourbe.

Encore une fois, elle ignorait dans quoi elle mettait les pieds. Elle, qui avait toujours été la fille chérie de ses parents, n'avait aucune idée de la façon dont Louis était et avait été traité au sein de sa propre famille. Son père l'avait toujours aimée alors même qu'il était enfermé à Azkaban pendant la grande majorité de sa vie. Mais il était de notoriété publique que le fils Appleby n'entretenait pas des relations saines avec son père. Elle aurait du compatir ou au moins essayer de comprendre ce que cela pouvait représenter dans une vie. Essayer de se mettre à sa place. Mais ce n'était pas Clyde. Non, Clyde, elle rayonnait de bonheur parce que Louis était un bâtard et que de ce fait, elle avait gagné la partie. D'ailleurs, elle s'approcha de lui, passant le comptoir, marchant sur les bris de verre, elle s'accroupit près de lui, doucement comme si elle s'approchait d'une bête blessée. Elle décida de prendre place à ses côtés, approchant ses lèvres de son oreille, comme si elle voulait lui raconter un secret, comme si elle voulait être sûre qu'il entende tout ce qu'elle voulait lui dire.

C'est drôle, ta mère pourrait être n'importe qui, non ? Tu es un bâtard comme tu le dis si bien. Elle se tut et son sourire s'élargit. Et peut-être que te voir traîner trop près de ma famille me donnera l'envie folle d'aller fouiller dans la tienne. Et quand je cherche, je trouve.

Elle se releva alors, brusquement. Parce qu'elle était brusque, Clyde. Elle était brusque, violente et cruelle.

Tu ferais mieux de ranger tout ça, si tu veux mon avis. Ton patron risque de mal le prendre s'il retrouve...son trou-à-rat dans cet état.

Un CRAC et elle avait disparu.
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MessageSujet: Re: she's like a dark paradise (clyde)    Dim 22 Juin - 23:28

Au final, elle ne lui avait laissé rien dire – pas un mot, pas un soupir n'était sorti de sa bouche écorché.
Il avait juste respiré, très fort, parce que ces muscles souffraient encore du sortilège impardonnable qu'elle lui avait infligé. Il n'avait bougé que ses poumons, sa cage thoracique gonflant et dégonflant, et ses yeux. Il avait suivi sa démarche, la houle de ses reins qui s'étaient approchés d'elle, la ligne droite de ses sourcils, ce regard sur lequel il aurait pu se couper les cils ; c'étaient juste ses yeux, presque tremblants, qui avaient encore eu la force de se hisser vers elle.

Le reste de son corps n'avait pas bougé ; et cette bouche trop bavarde avait le sale goût du cadavre.

Clyde avait approché sa bouche – une bouche qu'il aurait trouvé belle, et qu'il aurait peut-être voulu toucher, ailleurs – pour venir lui brûler l'oreille. Son souffle avait résonné jusque dans le creux de son cou ; ça avait le parfum de la menace, et Louis n'avait pas cillé.
Il était fatigué.

Il n'avait jamais su supporter la douleur – il ne disait plus rien, écoutait juste le mouvement régulier de la langue sur son palais pendant qu'elle lui parlait de sa mère.
Un glacier avait éclaté dans son ventre.

Il ne laissa rien paraître – il garda juste ses yeux, tournés vers elle autant qu'il le pouvait ; sa tête s'était à peine incliné.
Lorsque Clyde était à une distance si courte, il ne fallait pas se permettre le moindre faux-mouvement – peut-être que des crocs lui sortiraient soudain et s'enfoncerait mollement dans sa nuque.

Il avait eut peur, bien sûr – ce n'était pas à préciser, Louis était lâche, trouillard et peureux. Il avait eut peur, parce qu'il le savait, les saletés qui traînaient sur lui se voyaient sur les pâleurs rondes de son épiderme.
Il avait senti quelque chose s'alarmer, en lui, alors que ses boucles blondes lui avaient chatouillé la joue.

Ses cheveux sentaient bon.

Et puis elle disparut – une dernière remarque qui passa sur son front sans l'écorcher, et la voilà disparue dans ce vacarme qui lui fendait le crâne.
Soudain, il respira. Il ne s'était pas rendu compte, pendant tout ce temps, qu'il avait coupé son air – il était encore plus essoufflé.

Louis avait eut très chaud ; pourtant, il se sentait glacé.
Un grand soupir agita le silence.

Maintenant – maintenant, il se demandait ce qu'il devait faire, comme il se l'était toujours demandé. Les choses avaient tourné ; elles avaient pris la couleur aigre de la catastrophe. Son œil bleu balaya le bar – il y avait du verre partout autour de lui. Il s'apprêtait à sortir sa baguette pour réparer tout ça mais, se pinçant les lèvres, il se ravisa.
Peut-être serait-il mieux de faire croire à son patron qu'il avait été attaqué – enfin, ce n'était pas vraiment un mensonge. Comme ça, il le penserait mort, et il ne le chercherait pas.

C'étaient des choses courantes, maintenant.
Et puis – peut-être que d'ici là, il serait réellement mort, et qu'il n'aurait plus à faire semblant.

Louis soupira – au bout d'un certain temps, il décida de se lever. Il eut beaucoup de mal – il était fatigué, chancelant, maladroit. Il prit appui sur le comptoir – il espérait ne pas sentir les embruns de sa chaleur, ni même un seul écho de son parfum.
Il n'y avait aucune trace de ses paumes sur le faux marbre vert.

Bien.
Il fit un dernier tour sur lui même, regarda les bris laissés derrière lui – du verre et des bouteilles brisées, son haut tabouret renversé, et même, quel soucis du détail, quelques tâches de sang. Il regarda ses paumes – il devait soigner ça.

Et maintenant, il devait disparaître.
Il savait qu'il ne reviendrait plus ici – il faudrait qu'il se trouve un nouveau travail. Et peut-être, aussi, un nouvel appartement.

Il faudrait qu'il parle à Ambre, aussi – enfin.
Ça, c'était plus dangereux, il y penserait plus tard. Là, il était juste fatigué. Il pensa à une amie chez qui se réfugier, enfonça son bras (en grimaçant) dans sa poche pour attraper sa baguette.
Dans un crac, il disparut.

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she's like a dark paradise (clyde)

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