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 now it's time for revenge...or not (daemon)

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MessageSujet: now it's time for revenge...or not (daemon)    Mar 29 Avr - 19:12

Le souffle court, je trottinais presque dans les couloirs du Ministère, avec deux/trois dossiers serrés contre ma poitrine. Je n'avais pas une minute à moi, j'étais toujours en train de courir partout, effectuant les tâches ingrates que la patronne ne voulait surtout pas se coltiner. Un temps mort aurait été plus que bienvenu mais c'était un luxe auquel je ne pouvais pas prétendre. Je dus toutefois me poser deux secondes car la tête commençait à me tourner. C'était un phénomène récurrent. J'avais souvent des vertiges et des migraines tellement fortes que dans ces moments là, j'avais l'impression que ma tête allait exploser. J'avais envie de cogner ma tête dans le mur de façon à ce que la douleur physique soit tellement forte qu'elle en viendrait à éclipser la douleur qui me rongeait la cervelle. Par chance, les couloirs du Ministère n'étaient pas très éclairés, si bien que je n'étais pas aveuglée par la lueur blafarde d'un néon. Je ne supportais plus la lumière du jour, depuis quelques temps déjà je vivais dans la pénombre. Je ne sortais plus en pleine journée, je me contentais de mettre le nez dehors tôt le matin et en fin de journée. Par chance, en ce mois de janvier, la nuit traînait en longueur, si bien que je n'étais pas obligée de me lever aux aurores et de me coucher à des heures indues. Même chez moi je n'allumais plus les lumières, je m'éclairais à la bougie comme à l'ancien temps. Certes, ma vision nocturne s'était améliorée, mais mon mode de vie n'était pas du tout adapté à celui du commun des mortels. Pourtant, je n'avais pas le choix, j'avais un emploi à assumer. Je savais que la moindre erreur ne me serait pas pardonnée, alors je devais faire de mon mieux. Je n'avais pas le droit de m'écouter, de céder à mes propres caprices, je devais prendre sur moi et me taire, de toute façon, c'était ce qu'on me demandait, je n'avais plus qu'à la fermer et à obéir. On m'avait bien fait comprendre que si je n'obéissais pas au doigt et à l'oeil, ils s'en retrouveraient menacés. Je ne voulais surtout pas qu'il leur arrive quelque chose par ma faute, je ne pourrai jamais me le pardonner. J'avais trop perdu dans cette guerre absurde, je ne voulais pas en perdre avantage. Il y avait eu trop de morts, trop de disparus, la guerre avait engendré un véritable charnier, des familles entières avaient été décimées, réduites à néant. Bien sûr, les familles de sang-pur n'avaient pas été les plus touchées, eux s'en sortaient à bon compte, comme d'habitude. Arriverai-je un jour à me faire à cette injustice ? Je n'en savais rien. En même temps, le nouveau régime était tellement injuste que j'avais fini par perdre le compte et me faire une raison, je n'étais rien pour eux, je ne serai jamais rien. Ils pouvaient faire de moi ce qu'ils voulaient sans remords. Tous ces mois durant, je m'étais échinée à faire en sorte qu'ils ne puissent jamais me remettre la main dessus. J'aurais pu travailler au Ministère presque aussitôt qu'on m'eut apposé la Marque, mais travailler pour eux allait à l'encontre de mes principes. Mes beaux principes, qu'étaient-ils devenus à présent ? Ils étaient envolés, mes principes, détruits, bafoués, je n'étais même plus sûre de croire à quoi que ce soit. Et le pire, dans tout ça, était sans doute de me dire qu'ils avaient gagné.

Ils m'avaient tout pris, tout, jusqu'à même ma dignité, mon humanité. La dénomination officielle du poste que j'occupais était secrétaire, mais la réalité était toute autre. Je n'étais qu'une esclave, un serviteur, un larbin, rien de plus. Je servais accessoirement de pigeon voyageur, à faire la navette entre les différents départements pour transmettre je ne sais quel message à je ne sais quel clampin y travaillant. Bien sûr, je ne connaissais rien du contenu de ces messages, des dossiers que je transportais, après tout, je n'étais pas assez méritante pour être au courant de ce qui se jouait à l'intérieur de ces murs. Cela me frustrait au plus haut point car j'étais persuadée que dans tous ces dossiers que je transportais quotidiennement il y avait sûrement des réponses à mes questions. Seulement, je n'en saurai jamais rien, je n'étais pas censée décacheter les courriers ni même regarder à l'intérieur de ces dossiers, de toute façon, si par le plus grand des hasards on me surprenait en train de fouiner, je serais aussitôt punie. En plus de tout cela, je devais suivre la Fleming dans tous ses déplacements, organiser des rencontres, prendre des rendez-vous et accessoirement lui apporter le café. Je n'avais pas une seconde de répit, mais au moins, j'avais un salaire et j'osais espérer que je pouvais bénéficier de sa protection, encore que rien n'était moins sûr, j'étais même certaine qu'elle pourrait se débarrasser de moi à la première occasion et ce sans aucun scrupules. Enfin, tant que j'étais entre ces murs, j'étais relativement tranquille. Disons que j'avais moins de risques de me faire attraper que si je travaillais à l'extérieur. Ma récente expérience en tant que serveuse n'avait guère été concluante. J'avais voulu disparaître mais toutes mes anciennes connaissances finissaient par me retrouver un jour ou l'autre. J'avais dû partir parce que je ne me sentais pas en sécurité là où j'étais. De plus, je mettais en danger les moldus que je fréquentais. En cas d'attaque, ils ne disposaient d'aucune arme pour se défendre. Pour le coup, c'était moi qui me sentais sans défense. Tous les loups qui rôdaient entre ces murs ne feraient de moi qu'une bouchée. Je pouvais voir leurs regards peu amènes qu'ils me lançaient alors que je leur apportais quelque chose de la part de la Fleming. D'autres au contraire me vouaient une profonde indifférence, ils faisaient comme si je n'étais pas là, je n'existais tout simplement pas. Après tout, je n'étais ni plus ni moins qu'une vulgaire petite secrétaire, pas de quoi fouetter un chat. De toute manière, à cause de mon statut d'ancienne rebelle, je ne pouvais pas réellement espérer accéder à des postes plus haut placés. Tout en bas de l'échelle, voilà où j'étais censée rester, servant de larbin aux plus grands. Pourtant, cela me faisait grincer des dents. Mes grandes ambitions entraient totalement en contradiction avec ce que j'étais. Je ne pouvais rien faire à part serrer les dents et avancer, ici, c'était marche ou crève. Je n'avais pas envie de crever, pas tout de suite alors je marchais. Peut-être qu'un jour la roue tournera et que je serai tout en haut de l'échelle, occupant la place que je devrais occuper.

Pour l'heure, je devais effectuer toute une liste de tâches ingrates, peu glorieuses dans le fond. Cette liste me semblait interminable. C'était trop pour moi. Avant, j'avais une très bonne mémoire, je me souvenais de tout dans le moindre détail. À présent, ce n'était plus le cas. Je perdais des lambeaux entiers de souvenirs, c'était comme si toutes ces pages s'effaçaient, se dissolvaient dans le néant. Parfois, je ne savais même plus ce que je faisais, j'avais des trous de mémoire sans précédent. D'ailleurs, j'étais en train de me demander ce que j'étais censée faire , maintenant. Je ne savais plus pourquoi j'avais ces dossiers dans les bras, ni même à qui je devais les apporter. C'était le vide sidéral. En l'espace d'un instant, je sentis la panique me gagner. Bon sang, j'aurais dû prendre des notes, dresser une liste papier comme ça j'aurais été sûre de ne rien oublier. J'aurais dû me méfier de ces pertes de mémoire subites. J'étais beaucoup trop orgueilleuse pour me soucier réellement de ce problème, j'avais pourtant cru que je pourrais passer outre, mais visiblement ce n'était pas le cas. J'en étais arrivée à un point où j'avais besoin de mettre des post-it partout, d'avoir des listes de choses à faire dans tous les coins parce que j'étais incapable de m'en rappeler par moi-même. Ma panique montait crescendo tandis que j'imaginais d'ores et déjà la fureur de la Fleming lorsqu'elle réaliserait que je n'étais qu'une incapable même pas foutue de faire plusieurs choses a priori simples à la fois. Ça non plus, ça n'était pas dans mes habitudes de paniquer autant. D'habitude, je savais maîtriser la situation d'une main de maître, gardant la tête froide en toutes circonstances. Je savais garder mon sang-froid et réfléchir vite et bien. Autrefois, j'avais les nerfs solides, je n'étais pas facile à déstabiliser. Maintenant, je paniquais pour un rien, je perdais les pédales à la moindre difficulté. Peut-être était-ce parce que dans le fond j'enrageais de me sentir impuissante face au sort qu'ils réservaient à ceux que j'aimais. J'étais impuissante car techniquement, quoique je puisse faire en bien ou en mal, ça sera ma faute s'il leur arrive quelque chose. Je pressai le pas, songeant d'ores et déjà à me réfugier dans mon bureau. Peut-être que là je me sentirai enfin en sécurité. J'entendis des voix provenir du couloir. Je pus bientôt distinguer une silhouette qui marchait droit dans ma direction. Egan. J'avais face à moi l'homme qui avait ruiné ma vie, qui m'avait arrêtée et fait emprisonnée quelques mois plus tôt. Pour être honnête, j'avais espéré ne plus jamais le croiser de toute ma vie, et il s'avérait que nous travaillons dans le même bâtiment, bien que ça ne soit pas dans le même département. Comme par hasard, il fallait que je le croise. Putain de karma. Le couloir était exigu et je n'aurai pas d'autre choix que de le frôler. « Et merde. » sifflai-je entre mes dents serrées. Je décidai néanmoins de relever la tête et d'améliorer mon allure, tâchant de faire comme si sa présence ne me faisait ni chaud ni froid. Le peu de confiance que j'avais en moi vacilla lorsque je fus proche de lui. J'inspirai profondément, avant de me coller contre le mur pour le laisser passer. Avec un peu de chance, il ne m'avait peut-être pas reconnue.
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