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 (ellaria), you pucker up our passion spent

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MessageSujet: (ellaria), you pucker up our passion spent    Sam 26 Avr - 20:30



someone to bruise and leave behind
— ELLARIA MULCIBER & MOSES FLEMING —
Since we're feeling so anaesthetised in our comfort zone. Reminds me of the second time that I followed you home. We're running out of alibis from the second of May. Reminds me of the summer time on this winter's day. See you at the bitter end. Every step we take that's synchronized, every broken bone, reminds me of the second time that I followed you home. You shower me with lullabies as you're walking away. Reminds me that it's killing time on this fateful day. See you at the bitter end. From the time we intercepted, feels a lot like suicide slow and sad, grown inside us. Arouse and see you're mine. Love has seen your run-around, who wanna seek you now? I want a peace, I'd whine out. Love's reached his side, grab this gentleness inside. Heard a cry, six feet down. In six weeks' time the mess you left will end.

Être dépossédé de sa baguette le ramenait inlassablement au temps d’Azkaban. La période de sa plus grande faiblesse ; ces années poussiéreuses passées enfermé dans une cage comme un vulgaire animal. Ou pire encore, puisque sans doute que même aux chiens, le monde des sorciers d’autrefois ne réservait pas les Détraqueurs. A présent, ceux-ci passaient le plus clair de leur temps à traquer des pauvres imbéciles au profit du Nouveau Régime : comme quoi, la roue tourne comme on dit bien. Avec ou sans baguette, Fleming avait toujours été une victime de choix pour ces horreurs-là : aussi ardemment qu’il avait essayé, en s’imaginant blotti, enfant, dans les bras de sa soeur, en ressassant tous ses souvenirs de Shae-Layne la grande soeur exemplaire, il n’avait jamais réussi à créer le moindre patronus. Pendue en l’air, sa baguette était toujours restée inactive et muette, rebelle à l’idée de laisser échapper la moindre once d’espoir devant le chaos. Moses Fleming représentait le chaos tout simplement, l’indicible démon au monde des hommes : ses pires ennemis restaient ces créatures sans forme et sans loi - tôt ou tard, il savait que ces choses se retourneraient contre le Régime, mais pour l’heure, trop de fugitifs, trop d’ambitions rebelles continuaient de survivre dans quelques coins du pays. Il espérait quand même être un jour débarrassé de ces bestioles, ne plus avoir à sentir leur souffle putride par-dessus son épaule lorsqu’il parcourait certains coins du Ministère : car incroyable mais vrai, Moses était capable de ressentir quelques frissons d’effroi électriser son échine aussitôt qu’il sentait la présence d’un Détraqueur. Azkaban était encore trop près de lui, quand bien même il n’hésitait pas à jeter toute la vermine de ce monde dans ses geôles aujourd’hui : si seulement il avait pu en faire de même avec tous ceux qui avaient fait partie de son jury le condamnant à la prison pour le restant de ses jours... Tout autant qu’il avait mâché et digéré sa haine et son désir de vengeance, Moses prenait le temps de le savourer à l’heure actuelle : inlassablement, toutes ses attentions étaient happées par Abraham, l’ex-Auror si recommandable, Abraham, celui qui avait participé à mettre fin à la menace des Mangemorts. Cet idiot n’était plus que l’ombre de lui-même aujourd’hui, alors que pour survivre, il en était réduit à accomplir le moindre des souhaits de Moses Fleming, son ennemi favori. Dans les vingt années paisibles de sa vie, Steadworthy n’avait sans doute pas imaginé qu’un ancien ennemi puisse mettre sa vie à sac d’une telle manière : aujourd’hui, il n’était plus que l’ombre de lui-même. Persuadé que sa fille était morte, que sa femme était morte ; obligé de récurer le sol du bureau quand on le lui demandait. Pour le moment, il en était presque réduit à ça, puis à faire quelques missions de reconnaissance dans quelques coins de la ville : Abraham était un sorcier à ne pas sous-estimer, et Moses n’avait pas encore assez confiance en son petit pion pour le laisser se promener où il voulait - aucune faiblesse n’était connue à l’heure actuelle dans le concept du Serment Inviolable, mais si quelqu’un était capable de trouver une ruse pour s’échapper, c’était bien ce traitre de Steadworthy. Pour le moment, il était trop écrasé par la culpabilité, châtié par le chagrin d’avoir vu tous ses alliés se faire exterminés - sans doute que lui aussi, il passerait dix-sept longues années de misère à préparer sa vengeance, et à nouveau, les rôles seraient équitables dans cette histoire.

Tout était bon pour éloigner Fleming de l’atroce pensée qui n’avait de cesse de repasser dans sa tête, à longueur de journée : plus de baguette. Ces rebelles qui l’avaient attaqué (à cinq contre un, quel combat équitable), la lui avaient prise, et l’Exécuteur avait beau cultiver tous les plans possibles et imaginables pour la récupérer ; pour le moment, il ne pouvait rien faire. Rien faire. Pieds et poings liés, bien qu’il fasse partie de la haute autorité de ce Nouveau Régime : quel triste paradoxe, qui avait le don de faire battre plus fort l’agacement aux veines du sorcier. N’importe lequel de ses employés aurait fait l’affaire, il l’aurait convoqué à son bureau pour lui demander sa baguette et l’envoyer moisir à Azkaban s’il émettait la moindre retenue, mais l’orgueil du sorcier l’empêchait d’agir ainsi. Ça ne devrait pas se savoir. Jamais. Par qui que ce soit. Il n’hésiterait sans doute pas à faire couper la langue de la première personne qui l’apprendrait : dans le lot, Shae était au courant - mais elle était sa soeur, son ombre, celle qui avait toujours veillé sur lui, celle qui avait été le visiter à Azkaban. Celle qui lui devait beaucoup à l’heure actuelle, la renaissance d’une petite flamme d’espoir en elle : elle ne dirait rien de tout cela, elle-même avait d’ailleurs proposé de l’accompagner partout, fidèle à ses côtés pour le protéger. Mais à présent, alors qu’on lui avait offert entre ses bras un pauvre bébé innocent (ou presque, vu son lignage), Shae avait du pain sur la planche : plus encore que de faire grandir ce bébé et de le protéger, de le faire changer radicalement de l’héritage pourri qui coulait dans ses veines. Ces rebelles, quelles idées avaient-ils de se reproduire, franchement ? S’il avait dû réfléchir par lui-même, Fleming n’aurait jamais vu l’intérêt de sauver cette petite chose gigotante de la même mort que celle qu’avait connu le restant de sa famille ; ses pensées n’avaient cependant pas pu s’empêcher de s’orienter vers Shae. Ce qu’elle était devenue : le sorcier avait beau avoir ses défauts, se concentrer sur le fait d’aimer et de chérir un seul et unique être, lui permettait au moins de pouvoir toujours contenter la jeune femme. Alors qu’elle avait perdu Isolde, sa misérable cracmolle de fille, et qu’elle avait frôlé la folie, Shae avait peut-être de quoi remonter la pente aujourd’hui - au moins, pas un enfant qui aurait été enfanté par le monstre abjecte qui lui avait servi de mari, et qui l’avait si mal traitée. Le nez plongé dans les innombrables dossiers des recrues des Exécuteurs, Moses avait déjà composé de piles, somme toutes consistantes. D’un côté, il y avait les sorciers remplaçables, ceux qui n’avaient que peu de valeur sans pour autant manquer de talent ; de l’autre, il y avait ceux qu’il appréciait ou presque, ceux qui faisaient partie de son paysage en somme, ces boucs-émissaires dont il n’avait pas vraiment envie de se défaire. Tout le monde était prêt à mourir du jour au lendemain parmi les Exécuteurs, c’était ça, le prix de faire partie de la chair à canon embauchée (ou forcée) par Fleming, mais il y avait ces quelques éléments prometteurs qui s’avéraient être plus chouchoutés que d’autres. Un énième dossier s’ouvrant sous ses yeux, Moses stoppa nettes toutes ses pensées : il avait trouvé sur qui il allait jeter son dévolu ce soir pour débusquer du rebelle. Mirana Moreau, ce nom mélodieux résonna en quelques échos à son esprit : Fleming et elle avaient déjà eu l’occasion (évidemment) de se retrouver en tête à tête, mais il ne pouvait s’empêcher d’émettre quelques retenues et soupçons à l’égard de la sorcière. Elle se disait française, de sang-mêlé, pourtant elle semblait éprouver un grand intérêt pour le statut du sang d’un sorcier (ce qui était compréhensible venant de ceux qui s’étaient retrouvés à la lignée polluée par leurs ancêtres si peu respectueux), et elle avait comme... comme un doux parfum de déjà vu.

Semblable à une douce énigme enveloppée dans un voile de mystère, Mirana Moreau ne cessait d’attirer le regard du sorcier - suspicieux, intéressé, tout aussi indescriptible que chacune des actions, chaque face du visage de la jeune femme. La voir ne semblait presque pas le lasser, tant elle demeurait un point d’interrogation : il avait tant sélectionné ses employés sur le volet après les avoir soumis à bien des exigences, que celle-ci semblait dénoter dans tout le lot. Abandonnant tout son travail, il laissa ses deux piles ainsi que tout le reste au soin de celui qui rangera, et attrapa sa cape. Partir sans baguette lui donnait l’âpre sentiment de partir complètement dévêtu, mais il ne s’attarda pas, sortant à grandes foulées de son bureau pour rejoindre les couloirs du Ministère. En quelques pas, assez aisément, il distingua la chevelure blonde de sa cible, elle était assise, et semblait plongée dans l’épuisant travail que créaient tous ces rebelles à travers le pays. « Moreau, avec moi. » Sans cérémonie aucune, suivi par quelques regards qui semblaient rassurés de ne pas avoir été désignés, Fleming abandonna tous les autres, et la dénommée Moreau (qui devrait donc se presser pour le rattraper), afin de rejoindre les ascenseurs à cage dorée qui ne tournaient plus à vive allure à l’heure actuelle. Devant ceux-ci, en retrouvant son employée qui venait d’arriver à sa hauteur, Moses sortit un petit bout de parchemin du fond de sa poche, pour le tendre à la blonde, la dardant d’un regard profond : « Félicitations, ce soir je vais m’assurer que vous êtes digne de confiance. » Digne de confiance, ou apte à charcuter n’importe qui pour la bonne cause du pays et de son merveilleux Nouveau Régime. Un sourire torve passant sur ses lèvres, Moses pénétra dans l’ascenseur aussitôt qu’il arriva, ne laissant guère le choix à la jeune femme pour le suivre - si elle comptait garder son job (et garder la vie), la sorcière n’avait aucune objection à émettre. « Vous n’êtes pas sans savoir qu’un groupe de rebelles s’est logé dans la capitale, vous allez le déloger, ce soir. » Et il ne précisa rien quant à sa présence à ses côtés : généralement, les assignations n’étaient pas aussi formelles, ni données en personne par le big boss, mais remonter cette première trace le rapprocherait du bien précieux qu’on lui avait dérobé.


Dernière édition par Moses Fleming le Jeu 26 Juin - 4:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (ellaria), you pucker up our passion spent    Ven 2 Mai - 17:03


I heard the voice of the fourth beast say, Come and see! And I looked, and behold a pale horse: and his name that sat on him was Death, and Hell followed with him.

 



Adapt. Evolve. Become. Mentir, sans cesse, s’inventer une nouvelle identité, ne plus être certaine de sa propre personnalité. Ce n’est pas une tâche aisée pour une jeune femme de seulement vingt-trois ans et pourtant, son passé l’excuse. Trop de vies vécues jusque-là, et aujourd’hui encore, elle n’est pas elle-même, ce n’est qu’une couverture pour mieux les atteindre, parce que la vengeance doit être accomplie mais pas encore, pas demain. La patience régie sa vie aujourd’hui. C’est une façade qui s’est construite, comme un costume qu’on revêt chaque jour. Mirana Moreau. Elle n’arrive toujours pas à se faire à cette idée, son identité est tellement éloignée de la sienne que parfois elle l’oublie. Ellaria Mulciber. Le prénom est inscrit sur le miroir dans lequel elle s’observe. C’est un visage qu’elle reconnait avec difficulté. Les sortilèges de dissimulation ont effectué leur travail. Que reste t-il de la petite rousse ? La Tornade Rousse comme l’appelait sa mère ? Ce surnom n’a plus lieu d’être aujourd’hui. Cheveux blonds. C’est un masque trop visible. Les traces sont vivement effacées d’un revers de la main. Elle ne peut pas laisser des indices derrière elle. Chaque note, chaque parole qu’elle prononce doit être réfléchi pour ne pas se trahir. Il suffirait de si peu pour qu’elle révèle toute la vérité. Les voleurs de visage sont nombreux. A qui appartenait le sien ? Qui était Mirana Moreau ? Il ne faut pas y penser, songer à ce qu’il lui est arrivé. Ellaria n’a pas d’élan de pitié pour ceux qui meurent chaque jour - ce sont des traitres pour la plupart. La jeune femme ne possède plus aucune notion de bien et de mal. C’est une confusion totale - ne reste que ses propres lois qu’elle a érigé afin de survivre.

« Moreau, avec moi. » Il y a comme un moment de flottement. Elle ne se retourne pas vers la voix, n’a pas compris que c’était elle. MOREAU. Elle resserre sa main sur la plume qu’elle tenait, ne pas se retourner trop vivement. Elle sait qui se trouve là, pas besoin d’entendre sa voix. La blonde se retourne lentement, avec une mesure si bien maitrisée que s’en est dérangeant. Un regard vers la silhouette qui fuit déjà à travers les couloirs. Elle a juste le temps d’attraper sa cape, d’y placer sa baguette dans la poche intérieure qu’elle doit courir pour rattraper l’homme. Elle place une distance de trois pas avec lui - la proximité avec autre la dérange, encore plus quand il s’agit de Fleming. Lever les yeux, sans se montrer arrogante. « Félicitations, ce soir je vais m’assurer que vous êtes digne de confiance. » Son regard darde le sien. Quelques secondes, car elle ne peut pas en supporter d’avantage. L’image du passé chevauche le présent. Ellaria trouve un nouveau point d’ancrage. Il y a une ébauche de sourire, comme un tic nerveux au coin de ses lèvres. Elle n’a pas besoin d’être testée sur sa loyauté. C’est son unique qualité. On a cherché à la dissuader de rejoindre ce poste - rare sont ceux qui en veulent. Etre capable de tuer sans remord, de voir la dernière lueur dans leurs yeux. Ca n’a jamais été un problème pour elle - accepter l’idée qu’elle peut mourir à tout moment l’aide dans sa quête. Moses Fleming est son cauchemar - le léviathan gardien des enfers. Ce n’est qu’un monstre, et pourtant, Mulciber ne courbe pas l’échine. Elle n’est pas uniquement l’une de ces gamines apeurées devant l’homme - c’est autre chose, de plus terrifiant encore que la peur. On ne peut pas admettre d’attrait pour l’horreur, c’est inconcevable et pourtant, ça la fascine, c’est morbide. Une décadence.

L’ascenseur. Un lieu clos, avec lui. Et les tremblements reprennent de plus belle. Elle se faufile à l’intérieur de la cage de métal, prenant un soin tout particulier à ne pas s’enfuir à l’autre bout - ne pas lui offrir ce privilège d’avoir le dessus. La peur se ressent. Son regard analyse l’Exécuteur, comme à la recherche d’un point de pression, le moyen de le blesser le plus simplement possible sans qu’il n’en meurt dans la seconde. Son regard balaye ses vêtements, cherche l’endroit où il a pu cacher sa baguette. Mesurer le temps de réaction. C’est une tentation trop grande. Ils ne sont que tous les deux. Elle pourrait… juste un sortilège, de quoi le mettre à terre pour un instant. Et la démence brille dans les pupilles glacées de celle qui n’est qu’une gamine devant lui. Les bras croisés, elle tente de calmer les pulsions qui l’agitent. Le trajet dure à peine deux minutes mais c’est comme descente pour le septième cercle de l’Enfer. Ellaria se presse de sortir de ce lieu clos. Le coeur tambourine rageusement. La baguette crache quelques étincelles.

Les groupes de rebelles ne cessent de pulluler à travers la capitale. Ce sont des vermines qu’elle prend plaisir à écraser - car ils n’ont aucun droit. Mais elle ? Son nouveau statut ne lui octroie pas le droit de jouir de leur mort. Elle n’est qu’une vulgaire sang-mêlé, à peine plus acceptable que les sangs de bourbe. C’est le mensonge qui l’écoeure le plus. Ne plus posséder son rang, être obligée de courber l’échine devant les autres, ceux qui sont ses égaux, voir des familles inférieures. Le fait qu’il n’y ait aucune formalité l’étonne - d’ordinaire, les missions sont données quelques heures avant. On ne se retrouve pas entrainé dans une mission suicide avec Lui au dernier moment. Pendant un instant, elle le soupçonne de vouloir l’abandonner au milieu d'un carnage - pour voir comment elle se défendrait contre une troupe. Peur irrationnelle. Il l’accompagne et elle connait sa rapidité à balancer des avada à tour de bras. « Vous avez besoin de les interroger ou je dois juste les abattre ? » Elle trébuche volontairement sur certains mots, joue avec l’accent mais il n’est pas celui d’une française - il y a autre chose, comme un soupçon de russe. Jouer avec trois langues est complexe pour Ellaria. Les accents s’entrechoquent sur sa langue. Son passé est douteux, ses origines d’autant plus. Elle est passée à travers les mailles, est parvenue à tromper le monde mais Fleming, c’est autre chose, comme une impression qu’il vous transperce et elle déteste ça.

Le froid mord son visage. Elle resserre immédiatement sa cape sur ses épaules, rabat la capuche sur sa petite tête blonde - couleur innocente. Les dossiers de potentiels rebelles sont entre ses mains depuis trois semaines à présent. Vingt et un jours qu’elle feuillette de la paperasse plutôt que d’aller sur le terrain. C’est le moment de faire tes preuves. Les rebelles investissent les lieux modus, pensant que les sangs purs n’oseront pas y poser un pied - c’est vrai, dans une certaine mesure. Nombre d’entre eux refusent de fréquenter le monde moldu par crainte d’être contaminé ou tout autre idiotie - Ellaria n’a plus ce problème. Elle voudrait lui demander si il préfère transplanter plutôt que de marcher mais lui adresser la parole lui coute un effort. Etre polie, presque agréable avec l’Assassin - ça relève du syndrome de Stockholm ou d’une manipulation trop aiguë. « Ca vous dérange de marcher ? Les derniers rapports indiquent une activité dans des rues situées à quelques minutes d’ici. » Sensation sensation étrange que de marcher dans une ville qu’elle connait déjà mais dont elle doit oublier tous les souvenirs. Effacer l’architecture établie afin de créer une zone vide de connaissances. La situation est curieuse, rien de normal à marcher aux côtés du Meurtrier de sa famille. Nombre auraient déjà tenté un assaut, pas elle car sa patience n’a plus de limite à présent. C’est comme si Ellaria ressentait le besoin de le connaitre, qu’il apprenne lui aussi à la voir comme autre chose qu’une gamine à ses ordres. C’est devenu un besoin viscéral au fil des jours, malgré la peur, l’angoisse, il y a cette volonté silencieuse de s’agripper à la mort pour mieux la toucher. « Vous vous souvenez des visages ? Ou ce sont justes des masques blancs ? » La question n’a pas sa place ici, ce n’est pas le moment, mais la curiosité de Mulciber reprend le dessus. Les visages de ses victimes ne s’effacent pas pour elle - c’est une banque d’informations. Elle se souvient surtout des yeux, et parfois, lorsqu’elle clos les paupières, les yeux des morts brillent dans le noir, clignent violemment.

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MessageSujet: Re: (ellaria), you pucker up our passion spent    Jeu 26 Juin - 4:44



someone to bruise and leave behind
— ELLARIA MULCIBER & MOSES FLEMING —
Since we're feeling so anaesthetised in our comfort zone. Reminds me of the second time that I followed you home. We're running out of alibis from the second of May. Reminds me of the summer time on this winter's day. See you at the bitter end. Every step we take that's synchronized, every broken bone, reminds me of the second time that I followed you home. You shower me with lullabies as you're walking away. Reminds me that it's killing time on this fateful day. See you at the bitter end. From the time we intercepted, feels a lot like suicide slow and sad, grown inside us. Arouse and see you're mine. Love has seen your run-around, who wanna seek you now? I want a peace, I'd whine out. Love's reached his side, grab this gentleness inside. Heard a cry, six feet down. In six weeks' time the mess you left will end.

Serpent tapis sous les feuillages, Fleming observe, darde de ses yeux sombres les alentours ; Moreau n’échappe guère aux longues œillades qu’il lance sur son environnement, calculant, pesant le moindre des parasites qui hument son air. Nullement sourd, nullement aveugle, il est le démon silencieux qui ne cille guère, voit d’avantage qu’on ne voudrait bien le croire : dans l’air, il remarque la tension qui émane de la femme à côté de lui – dans l’espace restreint d’une cellule d’ascenseur, il est comme un Détraqueur, ses compagnons d’infortune d’autrefois, le nez offert à tout ce qui trahit l’indicible. Il n’en a cure d’elle, il n’en a cure des autres ; cependant l’espace d’un instant, il en vient à se demander ce qui l’a amené à l’accepter parmi ses larbins, ce qui l’a poussée, elle, à se réduire à un tel service. Même au sein de ce nouveau Ministère, Moses Fleming n’était que le spectre que certains croisaient dans les couloirs, priant de ne pas attirer son regard : il y avait comme une chape de plomb qui s’abattait sur l’atmosphère, noircissait l’environnement – les ténèbres le suivaient de près, effrayaient tout le monde, et la plupart des Exécuteurs n’étaient guère des recrues qui avaient choisi leur destin. Même sa propre progéniture, ingrat gamin à l’air farouche, lui avait donné du fil à retordre, quelques énigmes humaines sur un monde qu’il ne connaissait guère. Le fond des geôles d’Azkaban n’était pas l’endroit idéal pour développer quelque talent social que ce soit – même entre ces murs, il n’était nullement le patron effrayant, simplement un fantôme posant au hasard sa main glaciale sur sa victime suivante. Certains revenaient. Certains ne revenaient pas. La solitude l’avait toujours habitué au néant, au silence d’acier tendant l’air – mais c’était comme s’il sentait, entendait murmurer dans l’air les pensées de la blonde à ses côtés. Enigmatique, d’une certaine manière ; il darde enfin une longue œillade sur elle, rien que pour lui faire détourner le regard, comme tous les autres le feraient. Elle n’était pas comme les autres ; déjà son esprit s’accrochait à cette assurance, quand bien même ses lèvres closes, son visage figé dans le marbre, ne laissaient rien transparaître des mille et une hypothèses qui se dressaient à son esprit : soit disant elle était française, il n’avait pas eu plus d’égard pour son passé que pour celui des autres – tous, ils étaient des brebis galeuses qu’un simple mot de leur berger mettait d’aplomb ; tout le monde marchait droit, personne ne soufflait protestation. Déjà elle s’est enfuie ; les portes d’or s’étaient à peine ouvertes, et Moses se permit une fraction de seconde de rêverie, l’observant dans son dos comme un frisson parcourant son échine. Allait-elle être à la hauteur de ses attentes ? Il n’était guère négligeable de se souvenir de sa réputation, qui lui avait fait dresser toute une liste d’ennemis potentiels, ici ou ailleurs, qui pourraient venir à désirer réduire sa vie à néant. Qu’importe. Tous subsistaient avec l’assurance, la peur sourde qu’il soit encore en possession de toutes ses armes, sa baguette prête à lancer des éclairs verts à son assaillant, quel qu’il soit.

En elle semble grimper le désir de faire la conversation, parler pour combler le néant qui les sépare : quelle importance ? La plupart ne fait que détourner le regard, prier pour que le moment passe vite ou qu’ils meurent à la seconde – quel était cet élan de volonté farouche qui survivait en elle et lui faisait ouvrir la bouche à présent ? Le sorcier resta une seconde silencieux, et leur marche ne fut bercer que par le marbre sous leurs pieds, le hall bien vide à l’heure actuelle, qui ne demandait qu’à être déchiré par une nouvelle débandade. Tôt ou tard, ces nids de rebelles finiraient par devenir dangereux, tôt ou tard, ils pourraient déborder jusqu’ici, dégringoler dans le hall du Ministère de la Magie pour reprendre le bâtiment – personne ne voulait ça, et c’était aux Exécuteurs qu’incombait le devoir de stopper l’hémorragie avant qu’elle ne s’étende ; de rappeler à ces imbéciles ce qui pouvait arriver à ceux qui se dressaient contre le Nouveau Régime. « Tue-les. » Conclut-il sans un sourcillement, sans octroyer un regard à sa soldate. « Je prendrai ce dont j’ai besoin. » Elle n’était qu’une Exécutrice, un rappel cinglant qu’il sembla lui faire alors qu’ils s’apprêtaient à passer la porte, lui la dépassant de quelques pas pour lui ouvrir la porte, maintenant une apparence de calme plat, du gentleman impérieux qu’il représentait au premier abord. Il avait ça en lui, coulant dans ses veines comme le sang rouge et pur qui pompait dans son cœur : Moses Fleming était un gentleman, un homme aimant qui éprouvait une affection sans borne pour ce qui trouvait grâce à ses yeux. Rares étaient les choses auxquelles il accrochait sa loyauté – mais qu’importe, elle était là, brûlante et ardente. Passionnelle. Dégueulassement digne d’un Gryffondor. Dehors, le froid ne lui fait rien : il se souvient simplement des tempêtes violentes qui avaient secoué l’océan autour d’Azkaban, d’au combien le vent filtrait à travers les parois murales. Les fissures sur les murs de sa cellule. Il avait eu froid jusqu’à la gangrène parfois, dix-sept longues années durant, à s’éduquer à oublier la douleur, le gel d’un hiver sans fin. Il y en avait eu, des hivers. Dix-huit en tout, pour certains interminables, usants. Ici, le vent s’engouffrait à peine, et couvert de sa large cape noire, il n’y avait ni vent, ni neige, ni température glaciaire pour le stopper dans sa marche. Si ce n’est, un doute, perçant, irritabilité gagnant ses entrailles alors qu’il la voyait ouvrir la bouche à nouveau – le froid ne la paralysait pas, elle semblait être à l’image des bonnes femmes un peu idiotes qu’il avait côtoyé pendant sa jeunesse ; celles qui posaient trop de questions. Moira avait eu cet air parfois, ce réflexe de poser trop de questions – auxquels il n’aurait jamais dû répondre, puisque patiemment, posément, il avait lui-même construit l’architecture de sa propre chute. Les visages de ses ennemis ne le hantaient plus depuis longtemps, ceux-ci ne faisaient pas exception – sans doute qu’il aurait pu prendre, puiser en lui l’effort d’articuler ces quelques mots, mais il n’en fit rien. Et, comme une tentative pour la faire taire, il lui attrapa le bras sans crier gare : si elle avait pu insidieusement décider de marcher, il n’était pas de cet avis. Elle eut tout le loisir de le comprendre une fraction de seconde plus tard ; ils étaient dans une toute autre rue, un crac significatif ayant soufflé dans l’air. Si elle s’en retrouva un tant soit peu nauséeuse, Fleming ne lui laissa pas l’occasion de se reprendre, dardant un regard sur elle. « Tu te souviens des visages, toi ? » Et au fond de ses pupilles noires, malgré la pénombre, il est presque évident qu’il s’agit d’un test, qu’elle se doit de réussir. Ses victimes se sont effacés dans le néant du silence, avalés par les Détraqueurs, c’était comme s’ils avaient laissé derrière eux un gouffre sans fond, noir et ténébreux dans lequel tout se perd. Sentiments, ressentiments, victimes. C’est la guerre après tout, et s’il avait dû avoir l’âme d’un héros, il serait mort à l’heure actuelle – ou réduit à l’esclavage comme Steadworthy, condamné à traquer et exterminer sa propre famille. Ne passaient devant les yeux de Fleming que tous les visages qui l’avaient trahi, ceux qui avaient hanté ses songes, là, assis sur le sol moisi d’Azkaban – il se souvenait de tout, de leurs noms, de leur voix, la lâcheté qu’ils avaient éprouvé à l’instant de mourir, quand il les avait retrouvés, dix-sept ans plus tard. « J’ai lu les rapports, je sais où sont les groupes. Mais celui-là m’intéresse particulièrement. » Et, en toute logique, elle ne devait pas savoir où ils se trouvaient à présent : il la jaugea un long instant. S’il avait déjà laissé flotter le silence pendant quelques dizaines de secondes, rien que pour mieux l’oppresser face à ses propres paroles, Fleming darda ses réactions du coin des yeux ; elle lui donnait subitement l’impression de posséder, en elle, de quoi être percée à jour.


Désolée, désolée pour l'attente :fall:
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