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 Everything comes in time to those who can wait. (Slevin)

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MessageSujet: Everything comes in time to those who can wait. (Slevin)   Sam 12 Avr - 13:49

« Putain ! » Je lançais le plat que j'avais en main, manquant de peu de louper la poubelle que je visais. D'un geste vif, j’ôtais les gants de cuisine que j'avais précédemment enfilés, avant de m'asseoir et de finalement soupirer. De dépits, de fatigue ? Sûrement un mélange des deux. Quelle idiote je faisais, assise là, à regarder un gâteau au chocolat brûlé qui ne sentait rien d'autre que le cramé. Visiblement, ce n'était pas encore cette année que nous pourrions célébrer l'anniversaire de Béa grâce à mes talents de cuisinière. D'ailleurs, je me demandais pourquoi chaque année je persistais à vouloir essayer, puisque je n'étais pas même capable de réaliser convenablement une simple décoration de cupcakes, alors réussir à cuisiner un gâteau entier de mon propre chef semblait relever de l'impossible. Ainsi, j’espérais que l'une de mes amies veillerait à ce que la fête soit réussie en réalisant elle-même le festin. Ou plutôt l'une de nos amies, puisque je doutais très fortement des capacités de Béa à gérer un tel événement. En effet, elle et moi étions plutôt du genre à profiter de la musique, de l'apéritif – surtout du champagne – et des sarbacanes et autres amusements en tout genre, plutôt que de ce soucier des invitations et autres préparatifs, notamment culinaires, indispensables avant le jour J.

Et pourtant, chaque année je m'y collais. Oui, chaque année j'essayais tout de même de montrer que je n'étais pas bonne qu'à enchaîner les boissons et parader dans ma robe de soirée. J'essayais, ce qui en soit était déjà une sorte de cadeau, mais lorsque j'arrivais chez mon amie les mains seulement remplies de bougies et d'un paquet cadeau, mes amies ne pouvaient s'empêcher de rire. J'étais nulle en cuisine. Définitivement nulle et sûrement le resterais-je jusqu'à la fin des temps.

Dépitée, je décidais toutefois de ne pas penser à cet échec et de sortir me changer les idées. Je n'avais rien de prévu cette après-midi, mais c'est sans trop de difficultés que je réussis à trouver une occupation alors que mon regard se posait sur un vieil ouvrage aux pages jaunies par le temps que je devais rendre à une connaissance. Ou plus précisément, au gérants du bar dans lequel travaillait mon frère l'an passé. Une petite visite surprise ne le rebuterait sûrement pas. De toute façon, avais-je seulement un moyen de le prévenir ? Non. Définitivement pas et pourtant, il fallait bien que je lui rende cet ouvrage qui m'avait tant aidé. Cet ouvrage qui traînait chez moi depuis dès mois et que j'avais relu une bonne dizaine de fois.

Le chaudron baveur n'était pas si loin de chez moi. Ainsi, il ne me fallut pas plus d'une quinzaine de minutes pour m'y rendre. Pour enfin fouler le sol de ce bar que j'avais toujours trouvé miteux. Qui était toujours aussi miteux. « Votre patron est-il là ? » Demandais-je alors au serveur dont l'insistance du regard m'intriguait. Une seconde. Deux seconde. Aucune réponse. « Je vous parle ! » J'haussais un sourcil, exaspérée par ce manque de considération. « Euh, oui. Enfin non. Non, il n'est pas là aujourd'hui. » Son regard ne cessait de bouger, comme si quelque chose derrière moi l'attirait. « Hm, je vois. » Sans un mot de plus, je tournais les talons en direction de la sortie et alors qu'une sorte de raclement de gorge parvint jusqu'à mes oreilles, sûrement de derrière le bar, mon regard se posa sur quelque chose que je n'aurais pas cru voir. Slevin. « J'y crois pas ! » Je clignais des yeux et restait immobile face à cette vision qui me semblait être un mirage, avant que la colère ne prenne le pas sur la surprise. « Mais qu'est-ce que tu fou ici ? » Je me rapprochais, tellement qu'il n'y avait à présent pas plus de deux mètres qui nous séparait. « Non là, c'est vraiment une blague. Tu te tires sans donner de nouvelles durant des mois et je te retrouves là, tranquillement installé dans ce putain de bar ! » Le seule envie qui me prenait en l'instant, c'était de lui mettre mon poing dans la figure. Ni plus, ni moins. « T'as plutôt intérêt à avoir une bonne explication parce que je te jure Slevin.. »
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MessageSujet: Re: Everything comes in time to those who can wait. (Slevin)   Mer 16 Avr - 13:01

Revenir au Chaudron baveur n'était peut-être pas l'idée du siècle, surtout compte tenu des récents événements et notamment le bannissement des nés moldus. Cela me paraissait normal qu'on me punisse puisque je n'étais pas censé me trouver là, mais je devais impérativement récupérer les affaires que j'y avais laissées du temps où je travaillais encore là. Certes, je n'y étais pas resté pendant des années, mais tout de même. Je me rappelais parfaitement bien des effluves d'alcool qui émanaient des soiffards affalés au bar ou des relents de nourriture qui provenaient des cuisines. Le client là bas était en train de savourer un fondant au chocolat et cette dame était en train de déguster un gâteau recouvert d'un glaçage à la couleur douteuse, qui me rappelait que j'étais tout de même plus doué pour réaliser de telles décorations malgré mes quelques mois d'apprentissage. Apparemment ravi de me revoir, mon ancien collègue me proposa immédiatement de rester boire un verre parce que merde, cela faisait des mois que je n'étais pas passé, je n'allais quand même pas filer à l'anglaise sitôt arrivé. De bonne grâce, je m'assis au bar. Il n'eut même pas besoin de me proposer la carte des boissons, ayant été serveur je la connaissais encore par cœur. Une chose était sûre, je n'allais certainement pas commander du champagne, tout simplement parce que j'ai horreur de ça, ni même du ponch parce que ce n'était pas vraiment ma tasse de thé. J'optai finalement pour de la sangria. En plus, ça faisait un bail que je n'en avais pas consommé. Mon collègue disparut alors pour préparer ma boisson. Toujours accoudé au bar, je levai alors la tête pour regarder le plafond. En tout état de cause je n'avais pas intérêt à trop m'attarder parce que si on me trouvait là alors que je n'étais pas censé y être, ça allait barder sur mon matricule. Cela me semblait normal puisque j'étais clairement en train d'enfreindre les lois bloodstream. Je tournai alors la tête tandis qu'une voix féminine venait de m'alpaguer. Je me figeai tandis que je la reconnaissais. Emily. Ma sœur. Cela faisait tellement longtemps que je n'avais pas eu un quelconque contact avec ma famille que j'en aurais presque oublié à quoi ils ressemblaient, mais c'était impossible, rien que voir ma sœur suffisait à raviver la haine que je ressentais à leur égard. Bon sang, elle savait pertinemment que je n'étais pas le bienvenu à leurs banquets du dimanche midi et elle osait encore me faire des reproches ? Ça c'était la vraie blague, à mon sens il était tout à fait légitime de leur avoir tourné le dos, ils n'étaient que des sales vermines de moldus de toute façon, pas assez intéressants pour qu'on y prête une quelconque attention. Je l'écoutais s'égosiller, la jaugeant de mon sempiternel regard blasé. Clairement, elle était en train de me faire porter le chapeau – et ce n'était pas un chapeau pointu, loin de là, c'était même plutôt un bonnet d'âne. Cerise sur le gâteau, elle semblait attendre des explications de ma part. C'était plutôt gonflé de la part de quelqu'un qui avait fait l'autruche pendant que notre père s'en prenait à moi, parfois gratuitement, simplement parce que j'étais un sorcier. « Sinon quoi ? » répondis-je d'un ton glacial, non sans la gratifier d'un regard provocateur, la mettant au défi d'en dire davantage. « Qu'est-ce que tu comptes me faire avec tes petites mains de moldue, sérieusement ? » Le mépris que j'éprouvais envers les gens de leur espèce était palpable, ils étaient misérables un point c'est tout. « Tu n'as même pas idée de ce que je pourrais te faire alors si j'étais toi je resterais bien gentiment dans mon coin, tu sais, comme tu savais si bien le faire quand Warren me prenait pour son défouloir. » J'avais craché le prénom de notre géniteur avec dégoût, incapable de le dissimuler plus longtemps. « Cela dit, j'ai bien plus le droit que toi d'être ici, alors je ne vois pas pourquoi je te rendrais des comptes, soeurette. » Je ne comprenais vraiment pas pourquoi de telles personnes étaient encore admises au Chaudron Baveur. Certes, c'était un bar qui pouvait paraître miteux, mais tout de même, il ne fallait pas pousser mémé dans les orties non plus.
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MessageSujet: Re: Everything comes in time to those who can wait. (Slevin)   Dim 11 Mai - 17:51

Sinon quoi ? Ouai, c'est vrai, sinon quoi.. Qu'est-ce que je lui ferais. Qu'est-ce que je pourrais bien lui faire. Slevin et moi n'avions jamais été proche, pas besoin donc de souligner que je n'avais aucune emprise sur lui. D'ailleurs, sûrement pouvait-ont pousser jusqu'à dire qu'il se fichait totalement de ce que je pouvais bien penser, ou même du simple fait que je puisse penser à lui. Des liens brisés. Ou plutôt des liens qui n'avaient jamais existé. Son regard était provocateur et il m'insultait presque. Me rabaissait, incontestablement. « Pauvre con ! » Lançais-je alors, sans me soucier des répercussions. En n'ayant rien à faire des répercussions. « J'ai sûrement tout autant que toi ma place ici. J'suis peut-être une simple moldue comme tu dis, mais au moins je ne suis pas lâche. Je ne fuis pas devant le danger comme un toutou. » Ouai, c'est ce qu'il était. C'est ce que je pensais qu'il était. Un trouillard, ni plus, ni moins. Et pourtant je ne pouvais m'empêcher de me soucier de lui. Je ne pouvais m'empêcher d'avoir peur pour lui. Etait-ce cela les liens fraternels ? Avoir peur pour l'autre, quand bien même on le déteste. Peut-être. Il faut dire que je n'avais jamais réellement su ce que c'était que d'avoir un frère. Bien-sûr, Christopher était bon, mais il passait inaperçu lorsqu'il était auprès de Slevin. Tellement inaperçu, que moi-même parfois je ne le voyais plus. Oui, Chris était le garçon sans histoire, le fils prodigue, celui à qui l'on faisais confiance, celui pour qui on aurait affiché des banderoles. Et il n'avait pas bougé le Jour J. Celui ou Slevin était partit. Il n'avait rien fait, pourtant personne ne le lui avait reprocher. Alors, pourquoi se permettait-il se me mettre encore cela sur le dos ? Moi, qui n'était qu'une enfant à l'époque. Une simple enfant qui ne comprenait pas la violence de son père. Qui ne comprenait pas, ne voulait pas le départ de son frère. « Parce que c'est ce que tu as fais Slevin. T'as fuis comme un lâche, en abandonnant tout derrière toi. Et tu reviens, comme si de rien n'était. » Comme si de rien n'était, mais pourtant en n'oubliant rien. Du moins rien de ce que j'avais fais, puisque lui semblait avoir laver son âme, expié tous ses péchés. « T'es qu'un faible Slev. Tu l'as toujours été et c'est ça qui te tueras. » C'était dit. Et je le pensais. Oui, j'étais persuadée que ce n'était pas cette guerre qui avait commencé à cause de la victoire de ce Lord Voldemort, ou plutôt de celui dont personne n'osait prononcer le nom, qui allait le tuer. Ce serait lui-même. Lui et sa bêtise. Les retrouvailles n'étaient pas empreintes de joie et nullement en nous voyant ainsi quiconque aurait pu penser que nous étions de la même famille. Mais je m'en fichais, car au fond il n'y avait rien à célébrer, si ce n'était le fait que j'avais enfin la réponse à la seule question qui importait : était-il en vie. Oui.
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MessageSujet: Re: Everything comes in time to those who can wait. (Slevin)   Ven 16 Mai - 13:30

Tu parles d'une famille. La mienne était on ne peut plus défectueuse. La présence indésirable d'Emily en attestait. Plus encore, elle venait de me traiter de pauvre con. Au final, elle n'était pas bien différente des autres, quoiqu'elle puisse penser. Elle espérait qu'on puisse être amis ? Elle se trompait. Je serrai légèrement les poings lorsqu'elle m'accusa d'être un lâche. J'éclatai d'un rire sans joie. Moi, un lâche ? C'est vraiment l'hôpital qui se fout de la charité. De nous deux, je ne saurais dire qui était le plus peureux, le plus faible. Je secouai la tête d'un air navré. Toute trace d'amusement avait disparu de mon visage d'ordinaire si jovial. Le fait est que mon cœur n'était absolument pas à la fête. Certes, je me doutais bien que mes retrouvailles avec Emily allaient être un événement auquel je ne pouvais pas échapper, mais que le Jour J soit arrivé aussi rapidement me mettait devant le fait accompli, je n'avais pas réellement eu le temps de m'y préparer. J'attrapai brutalement le bras de ma sœur, l'enserrant dans ma poigne, mon regard furieux venant se planter dans le sien. « Je t'interdis de me traiter de lâche. » Mon ton était haché, mon cœur battait à tout rompre dans ma poitrine, je me sentais perdre pied comme si j'avais un peu trop abusé sur la boisson. Il n'en était rien. J'étais sobre aujourd'hui, je n'avais pas encore eu le loisir de commander mon verre d'alcool qu'Emily m'était tombé dessus, prête à m'assommer de reproches. « à ce que je sache, personne ne t'a jamais traitée de monstre. Ce n'était pas toi qui se prenait tout dans la gueule quand il se prenait une cuite. Ce n'est pas toi qui s'est fait foutre dehors avec interdiction de revenir ! Lorsque j'ai franchi le pas de cette putain de porte, j'ai promis que je ne remettrai plus jamais les pieds dans ce taudis, et j'ai tenu parole ! » Mes doigts enserraient toujours le bras de ma sœur. Pour l'heure, je m'en foutais éperdument de lui faire mal, je n'avais pas fini de cracher toute cette colère qui me rongeait de l'intérieur. « Tu crois que pendant tout ce temps là j'étais au club Med? Tu te fourres le doigt dans l'oeil, ma fille, parce que  peu après la chute d'Harry Potter on m'a enfermé à Azkaban, j'y suis resté pendant trois plombes et j'y serais encore si je n'avais pas décidé de monter un plan pour m'en évader, à moins qu'on ait tout mis en œuvre pour me faire disparaître. Alors ne dis plus jamais que je suis un putain de lâche, tu m'entends ? Je ne suis pas comme lui» Au final, c'était Warren le responsable. C'était lui qui s'était montré aussi buté, aussi intolérant. Je leur en voulais cruellement, pour tout ce qu'ils m'avaient fait, ou tout ce qu'ils n'avaient pas fait, d'ailleurs. Oh que oui, je le détestais. Ils auraient mérité d'être exécutés sur la place publique tous autant qu'ils étaient, parce qu'au final, ils étaient encore pire que ceux qui avaient pris le pouvoir suite à la victoire de Lord Voldemort.
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MessageSujet: Re: Everything comes in time to those who can wait. (Slevin)   Lun 9 Juin - 15:25

Il m'attrapait le bras, brutalement, presque méchamment. Et ma respiration se bloquait durant l'espace d'un centième de seconde. Alors, nos retrouvailles allaient être ainsi ? Le Jour J, ce jour que j'attendais depuis des mois, cette rencontre pour laquelle je me battais depuis des mois allait seulement être emplie de haine ? Visiblement. Ou du moins, aucun semblant de joie ne semblait pouvoir s'immiscer dans tout cela. Une famille. Nous étions sensé être une famille et pourtant, voilà que nous en venions quasiment aux mains. Prendre de l'âge, nous l'avions fait chacun de notre côté. Et si souvent cela avait pour effet d’apaiser les choses, en l’occurrence pour nous ça ne marchait pas. Une année s'était écoulée. Et une année durant laquelle rien n'avait changée. Rien. Toujours le même ton sec, toujours la même haine dans son regard. Alors non, nos retrouvailles ne seront pas célébrée. Nous ne rirons pas autour d'un verre de champagne, de déroulerons pas de banderoles pour nous prouver notre amour. Aucun banquet, pas même une part de gâteau au chocolat partagée à la lueur d'une bougie. Rien. Les feux d'artifices étaient loin. La haine, la rancune était proche. « Quand t'as franchis le pas de cette putain d'porte, t'as tiré un trait sur tout Slevin. Tu nous as laissé, Chris et moi. Pas une fois t'es venu de toi même demander des nouvelles. Pas une fois putain ! Ça te coûtais quoi d'envoyer une lettre, hein ? T'as peut-être vécu les pires horreurs, mais moi aussi j'me suis fait virer, moi aussi j'me suis retrouvée seule à pas savoir quoi faire ni où aller. Mais moi j'avais personne pour me protéger Slev. Personne. » Pas une carte, ni même un mot pour mes anniversaires. Pourtant, de nombreuses fois en soufflants mes bougies je m'étais surprise à faire un vœu, le vœu qu'il revienne, qu'il me revienne. Mais jamais il n'avait passé la porte, jamais il ne m'avait emmené de paquet cadeau entouré d'un joli ruban. Rien. Depuis qu'il avait quitté la maison, c'était moi qui était allé vers lui, jamais l'inverse. Et pourtant, Dieu sait que j'aurais aimé qu'il me face cette surprise. Dieu sait combien j'aurais aimé qu'il me prouve qu'il tenait à moi. Mais il se fichait de moi. Oui, il avait tiré un trait sur sa sœur, comme il l'avait fait sur le reste de la famille. Et le moment présent me prouvait qu'il n'y aurait aucun retour en arrière possible. « J'pensais qu'on pourrait compter l'un sur l'autre, mais non, parce que tu penses qu'à toi. Tu m'en veux pour une chose qui s'est passé il y a des années et putain, j'pourrais crever là maintenant face à toi que tu ne lèverais même pas le petit doigt, alors que j'ai remué ciel et terre pour te trouver, j'ai faillis me faire tuer des dizaines de fois ! J'savais que ton monde était dangereux pour moi, mais j'men foutais, parce que la pauvre moldue que je suis voulait t'aider. » Oui, je me fichais d'être en danger à présent que la victoire de Lord Voldemort était on ne peu plus officielle. Comme je me fichais royalement du bannissement des nés-moldus et de cette loi bloodstream qui avait été instaurée. C'était sûrement égoïste de dire cela, mais c'est ce que je pensais. Car au fond, cela ne me concernait pas. Non, de nombreuses fois les gens se plaisaient à me rappeler que je n'étais qu'une moldue. Une simple moldue, futile, inutile. Alors pourquoi me soucierais-je d'un monde qui n'est pas le mien, d'un monde dans lequel on ne veut pas de moi ? La défaite de ce Harry Potter ne me faisait ni chaud ni froid, tout comme le fait qu'un sorcier est été nomé au gouvernement moldu. Oui, je me fichaid de tout et de tout le monde. Ils pouvaient bien tous crever, cela ne m'empêcherait pas de dormir. Pourquoi ? Parce que tout ce que je faisais, je le faisais pour mon frère. Et seul lui m'importait. « Et tout ça pour quoi Slev, hein ? Tout ça pour que tu m'craches à la gueule. Tout ça pour voir dans tes putain d'yeux de la haine. » Oui, seul lui m'importait. Il était toute ma vie. Mais je n'existait pas dans la sienne. Je n'existait plus à ses yeux. Je vivais pour lui, mais lui vivait très bien sans moi. Trop bien. Et cette pensée me donnait presque l'envie d'esquisser un rire nerveux. Un rire mauvais. Un rire de désespoir. Mais pour l'instant, seules les larmes me montaient aux yeux.
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MessageSujet: Re: Everything comes in time to those who can wait. (Slevin)   Jeu 12 Juin - 21:44

Nos relations n'avaient jamais été au beau fixe c'était un fait. Je ne la détestais pas, mais je ne l'appréciais pas non plus pour autant. Pourtant, c'était ma sœur. Ma sœur qui selon ses dires avait fait des pieds et des mains pour me retrouver. Stupide. C'était une idée complètement stupide, surtout au vu de la façon dont était traités les gens comme elle suite à la victoire de Lord Voldemort. Peu importe qu'elle fut de la même famille que moi, les lois Bloodstream étaient très claires. Ils ne lui feraient aucun cadeau c'était couru d'avance. Elle s'était malgré tout obstinée à poursuivre ses recherches. Que pensait-elle dans le fond, que le jour-J, j'allais applaudir des deux mains, des deux pieds même ? Je n'allais certainement pas lui sauter au cou alors que la dernière fois qu'on s'était vus nous nous étions quittés en très mauvais termes. Elle pouvait me reprocher autant qu'elle voulait d'être parti sans me retourner, je persistais à croire que le seul responsable c'était notre père. C'était lui qui m'avait foutu à la porte en me donnant l'ordre de ne plus jamais revenir. Ordre que j'ai bien entendu suivi à la lettre. De toute façon je n'avais pas besoin d'invitation pour ça, j'avais déjà envie de me casser depuis bien longtemps, j'en avais ras le bol que ce soit toujours ma fête. Et certainement pas version cotillons et serpentins c'est moi qui vous le dis ! Si je n'avais pas envoyé de lettre tout ce temps, c'était bien parce que je ne voulais pas être trouvé. Pour moi, ils n'existaient plus. Ils n'étaient plus que des mauvais souvenirs qu'il me fallait oublier parce que je devais me reconstruire et je ne pouvais pas y arriver en ayant ma mère ou ma sœur dans les pattes. « Bienvenue au club. » ironisai-je finalement lorsqu'elle m'annonça avoir été virée elle aussi. « On voit bien que nos parents ont fait des gosses parce Warren ne voulait pas de chien. » Mon sarcasme était peut-être odieux mais il n'était sans doute pas loin de la réalité. Warren n'était qu'un soiffard qui se noyait dans l'alcool et notre mère...Notre mère s'écrasait face à son mari tyrannique, voilà tout. « Et désolé de le dire, mais tu pensais vraiment mal. » Compter l'un sur l'autre, et puis quoi encore ? « Mais tu sais quoi, c'était il y a des années qu'il aurait fallu m'aider, quand j'en avais réellement besoin. Là tu vois, j'me suis fait tout seul, sans l'aide de personne puisqu'on n'est jamais mieux servi que par soi même. Je dirais même qu'il est trop tard. Game over. Alors pour faire ton mea culpa c'est un peu tard, tu ne crois pas ? Le mal est fait et je n'ai pas envie de pardonner. » Je n'irai pas non plus jusqu'à la laisser crever la gueule ouverte comme elle le disait si bien mais je me gardai bien de le préciser, j'étais trop fier pour cela. En tout cas, en ce qui me concerne, c'était fini. J'avais assez donné pour cette famille de dingues qui ne m'avait plus jamais convié aux festins et autres banquets qu'ils organisaient. De toute façon, je n'avais jamais aimé la cuisine de ma mère, c'était un fait. Je me souvenais que j'allais chercher des sucreries et des petits gâteaux en douce dans la cuisine quand ils avaient le dos tourné. « Et pour ta gouverne je n'en ai absolument rien à foutre de Chris. S'il est le seul de nous à relever le lot aux yeux de Warren, tant mieux pour lui écoute. De toute façon, toi et moi nous sommes des causes perdues. Moi parce que je fais partie de ce monde, et toi parce que tu t'y intéresses. À la tienne, soeurette ! » Je levai mon verre en un geste plein d'ironie puis je sifflai une gorgée du champagne que l'on venait de me servir. Il n'y avait rien à célébrer mais peu importait dans le fond, c'était simplement pour le principe.
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MessageSujet: Re: Everything comes in time to those who can wait. (Slevin)   Jeu 12 Juin - 22:32

Je retenais mes larmes. Des larmes qui pourtant me suppliaient de les laisser s'écouler. Étaient-elles dictées par la tristesse, ou la colère ? Je ne le savais pas, sûrement un mélange des deux. Et chaque mot que prononçait mon frère me brisait le cœur. Chaque mot, chaque sarcasme nous éloignait davantage, si toutefois cela était-il encore possible. « Tu voulais que je prenne les coups à ta place, c'est ça ? » Il buvait tranquillement et cette fausse joie sur son visage me dégoûtait. Au fond, peut-être était-ce cela qu'il aurait voulu, que je me sacrifie pour lui. Pourtant, cela aurait-il réellement changé quelque chose ? Indéniablement pas. Pour la simple et bonne raison qu'aucune trace de sorcellerie ne coulait dans mes veines. Et pourtant j'aurais aimé. J'aurais aimé pouvoir porter se fardeau avec lui, l'aider à porter ce fardeau. Peut-être notre père aurait-il été  plus clément si deux de ses enfants avaient été différents. Ou peut-être pas. Au fond, je n'avais jamais su si une fois dans sa vie il avait été satisfait de quelque chose. Et pourtant, dieu sait que j'avais fait tout mon possible pour le contenter. Dieu sait que jours après jours, années après années je me suis saignée pour être la meilleure. Pas seulement à leurs yeux, mais aux yeux de tous, car c'est cela qu'ils cherchaient. Afficher leur puissance, leur réussite. Montrer aux gens qu'ils étaient les meilleures, qu'ils engendraient les meilleurs. Mais même lorsque j’arrivai au sommet, aucun banquet n'était dressé en mon honneur. Bien-sûr, cela était affiché comme l'événement de l'année à la vue de tous, mais à moi il ne m'était donner aucun paquet cadeau orné de beau ruban. Non, seulement des reproches. Aucun festin, encore moins de feux d'artifices. D'ailleurs, c'était limite si nous fêtions les anniversaires dans cette famille.

Hypocrite, tous. Et le plus malheureux était que je n'étais même plus surprise. Non, à chaque pas en avant que je faisais, je savais qu'ils me tireraient tout deux vers l'arrière. Par contre lorsqu'il s'agissait de m'acheter des robes de soirée toutes aussi chères les unes que les autres et ce quand bien même les portais-je qu'une seule et unique fois, là il y avait du monde. Nous étions des objets, mes frères et moi. Des objets qu'ils se plaisaient à façonner, à faire parader, pour leur propre bonheur. « Et je n'ai aucune nouvelle de Chris. » Oui, lui aussi, parce que Slevin l'était tout autant. Il pouvait se justifier durant des heures pour me prouver le contraire, tout ce que je voyais face à moi, c'était un fuyard. Mais était-e étonnant ? Après tout, c'était le sang des Rosebury qui coulait dans ses veines. « De toute façon il ne tournera jamais le dos à nos parents, il a bien trop peur pour cela, trop peur de n'être rien sans eux. » Chris n'était pas courageux. Et même s'il n'y avait aucun amusement dans sa vie, aucune once de blague ou même de bonheur, sûrement l'aimait-il ainsi. Surtout maintenant qu'il profitait seul de la fierté des parents, de la fierté de toute cette famille qui pourtant ne lui apportait rien en retour. Minables. Ils étaient tous minables. Et pourtant nombreuses était les fois ou j'avais fais un vœux pour que cela change, mais jamais ce dernier ne fut exaucé. Non, j'avais même l'impression que plus je le faisais, pire c'était. Alors j'avais arrêté. J'avais arrêté d’espérer. « J'comprends pas ce qui te pousses à m'tourner le dos Slev, mais c'est sûrement pas qu'à cause d'une faute que j'ai commise quand j'avais à peine quinze ans. Maintenant, que tu me le dises ou pas, je m'en fiche. Je sais que t'es en vie, c'est ce que je voulais savoir et maintenant que j'ai ma réponse, je n'ai aucune raison de m'éterniser. » Non, il devait sûrement me reprocher autre chose, car il était impossible à mes yeux de ressentir tant de colère seulement à cause d'une chose si futile. D'une chose qui remontait à des années. Et d'une chose dont au fond, je n'étais pas responsable, quand bien même n'arrivais-je à m'en persuader. « Tu sais je n'ai pas fais que m’intéresser à ce monde, je m'y suis aussi fait des amis. Alors ne t'inquiète pas, si tu souhaites vraiment rompre définitivement les liens, je ne me dresserais plus sur ta route. De toute façon, je ne pense pas qu'être là quand tu vas crever changera quelque chose à ma vie, alors je me contenterais de lire ton nom dans le journal. » A quoi bon mâcher mes mots face à mon frère ? Ce frère, que finalement je ne reconnaissais pas, qui de toute façon ne voulait pas de moi. A quoi bon s'acharner, sûrement devrais-je faire la même chose qu'avec mes vœux passer, abandonner.
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MessageSujet: Re: Everything comes in time to those who can wait. (Slevin)   Sam 28 Juin - 20:49

J'étais peut-être dur avec Emily, mais à mon sens, c'était mérité. Ils me dégoûtaient, tous autant qu'ils étaient. Je les revoyais tapis dans l'ombre, à ne pas réagir quand il s'en prenait à moi. Toutes ces années, ils avaient cautionné ce qui s'est passé. Emily avait toujours baissé la tête lorsqu'il m'assommait de reproches, sans doute pour ne pas en prendre pour son grade elle aussi. Ils s'étaient fait petits, tous petits pour ne pas être dans le collimateur, pour rester inaperçus. Et à présent qu'elle était là, devant moi, un goût âcre venait de m'envahir la bouche, un savant mélange de bile et de sang. L'alcool n'y était pour rien dans cette histoire. Il y avait simplement toute cette haine qui était restée trop longtemps enfouie et qui était en train d'exploser. Je voulais lui faire mal, la blesser, la meurtrir comme moi j'ai été blessé, parce que je voulais qu'elle comprenne. Sans cela, elle ne pourra jamais prétendre comprendre ce que je ressentais, elle ne pourra jamais être dans mes pompes. jamais.  Longtemps j'avais jalousé Emily parce qu'elle réussissait à faire quelque chose de sa vie. Moi, je n'étais qu'un raté. J'allais finir à la rue, qu'il disait souvent, parce que j'étais un incapable. Plus tard, lorsqu'il eut été au courant de ma nature profonde, il disait que je finirais dans un cirque, au beau milieu de siamois, borgnes, et autres curiosités du genre. C'était tout de même mieux que de se retrouver à la rue, je voulais bien l'admettre, mais l'opinion qu'il avait de moi était toujours à ras des pâquerettes. Cela ne changea même pas lorsque je fus officiellement scolarisé. Quand bien même mes notes étaient données selon les normes sorcières, il trouvait encore le moyen de critiquer parce que je n'enchaînais pas les O. Je n'avais jamais été un bon élève, c'était un fait. En fait, tout ceci m'emmerdait royalement. Je n'étais pas taillé pour les études, je ne le serais jamais. J'étais un inventeur, sans doute un artiste, je créais les choses plutôt que les apprendre celles créées par d'autres bêtement. Autant dire que je n'incarnais certainement pas l'image de la réussite que ma famille se faisait. Lui qui voulait que je reprenne le business familial, c'était raté. Alors, il s'était tourné vers le deuxième fils de la famille. Emily, elle, était passée à la trappe parce que même si elle avait étudié le commerce, c'était une femme et selon ses idéaux machos, une femme ne pouvait pas être à la tête de son entreprise. Ma mère, elle, avait joué le rôle de la potiche éplorée toutes ces années, à se balader à son bras lors de cocktails et autres réceptions. Nous ne roulions pourtant pas sur l'or, mais ça n'avait pas d'importance, il fallait faire semblant. « Et je n'ai aucune nouvelle de Chris. De toute façon il ne tournera jamais le dos à nos parents, il a bien trop peur pour cela, trop peur de n'être rien sans eux. » J'émis un sifflement sarcastique avant de boire une gorgée de ma pinte. « C'est plutôt eux qui ne seront rien sans lui. » ricanai-je, acerbe – quoique réaliste, il ne fallait pas se voiler la face. Moi j'ai fini par en avoir assez de tout ça, de n'être qu'un faire valoir, qu'ils me fassent entrer dans un moule qui ne correspondait pas à ma personnalité. Dans le fond, j'ai claqué la porte parce que ça m'arrangeait bien de le faire. L'ordre de mon père n'était qu'un prétexte. Dans le fond, je ne faisais que ce dont j'avais envie depuis bien longtemps, trop longtemps, même. « J'comprends pas ce qui te pousses à m'tourner le dos Slev, mais c'est sûrement pas qu'à cause d'une faute que j'ai commise quand j'avais à peine quinze ans. Maintenant, que tu me le dises ou pas, je m'en fiche. Je sais que t'es en vie, c'est ce que je voulais savoir et maintenant que j'ai ma réponse, je n'ai aucune raison de m'éterniser. » Je gardais les yeux fixés sur le bar. Je ne voulais plus l'avoir dans mon champ de vision. Je ne voulais pas qu'elle me dise que j'étais un frère indigne, que j'aurais dû m'occuper d'elle plutôt que de me regarder le nombril, parce que sans doute que dans le fond, tout dans le fond, c'était vrai. Cependant, je préférais crever plutôt que de l'admettre.

J'aurais pu l'envoyer chier pour de bon, d'ordinaire, je n'avais plus autant de scrupules, mais j'étais las, fatigué de toute cette merde, de ces fantômes qui réapparaissaient dans ma vie du jour au lendemain, sans crier gare.  « Tu sais je n'ai pas fais que m’intéresser à ce monde, je m'y suis aussi fait des amis. Alors ne t'inquiète pas, si tu souhaites vraiment rompre définitivement les liens, je ne me dresserais plus sur ta route. De toute façon, je ne pense pas qu'être là quand tu vas crever changera quelque chose à ma vie, alors je me contenterais de lire ton nom dans le journal. »  Je ricanai à nouveau. Comment pouvais-je m'escrimer à lui expliquer qu'elle avait tort de faire ça, que c'était trop tard pour moi ? Je n'en savais rien. Dans le fond, je n'étais pas très doué pour les relations humaines. J'avais trop la tête dans les nuages. Pourtant, à l'époque, j'avais beaucoup d'amis, des compagnons de beuverie, des camarades prêts à me suivre dans mes conneries, mais jamais, jamais je n'avais eu de véritable ami. Je baissai alors la tête, avant de l'enfouir dans mes mains. « Ils mettront même pas mon nom dans le journal. » soufflai-je du bout des lèvres, sans aucun cynisme, cette fois-ci. « J'me suis fait jeter. » C'était tout ce que je parvenais à lui dire. J'me suis fait jeter. C'était pathétique. J'étais pathétique. Et pourtant, je disais cela comme si c'était une honte. Je me serais fait jeter d'un bar parce que j'étais trop ivre que ça reviendrait  au même. Il n'y avait aucune espèce d'émotion dans ma voix. « Et moi je fais quoi, dans tout ça ? » Je tournai alors la tête vers elle, soudainement abattu. « Vous ne voulez pas de moi parce que je suis un sorcier, et ils ne veulent pas de moi parce que je suis un sang-de-bourbe, une erreur de la nature. » Je m'esclaffai comme si je venais de raconter une bonne blague, alors que ça n'avait en soi rien de drôle. « Je suis censé faire quoi, hein ? Je n'ai nulle part où aller. » Le constat était amer et extrêmement douloureux. La colère était toujours là, quelque part, bien enfouie, prête à rejaillir à nouveau. « Tiens, puisqu'on est dans les confessions ! » raillai-je, de réfugiant dans la méchanceté gratuite faute d'avoir de meilleurs arguments. « Tu veux vraiment savoir pourquoi je me suis barré ce jour là ? Je me suis barré parce que j'en avais plein le cul. De  Chris, de toi, de nos parents. J'en avais marre de jouer la comédie, qu'on fasse croire aux autres qu'on était une famille alors que c'était du pipeau. » J'inspirai profondément, mon cœur, lui, se tordait douloureusement en mon for intérieur. « Alors, j'ai fini par mettre mes couilles sur la table et dire merde à tout ça. C'est fini, je n'ai plus l'intention de jouer leur stupide jeu. C'est vrai quoi, pourquoi faire des efforts pour des gens qui n'en méritent pas ? Mais c'est vrai, le fait qu'il me foute dehors n'était qu'un prétexte, parce qu'en réalité j'attendais de me casser depuis longtemps. » Je la toisais, un sourire légèrement moqueur accroché au visage. « J'allais oublier, toi aussi tu as fini par leur dire merde. C'est bien, tu as fini par retrouver la raison. Et alors, ça te fait quoi ? Qu'est-ce que ça te fait d'être libérée de leur emprise ? Tu vis beaucoup mieux sans eux, n'est-ce pas ? Quoique, de ce que je sais, les fins de mois sont plutôt difficiles à boucler, je me trompe ? » Je ne me souvenais pas avoir été aussi cruel un jour. Mais dans le fond, j'étais réellement curieux. Je voulais savoir. Je voulais qu'elle le dise que j'avais eu raison. Parce que c'était effectivement mon cas, je me portais bien mieux sans eux.
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MessageSujet: Re: Everything comes in time to those who can wait. (Slevin)   Sam 20 Sep - 13:11

Peut-être eux qui ne sont rien sans lui. Tels étaient les mots de mon frère à l'encontre de nos géniteurs et de Chris. Et je ne pouvais m'empêcher d'être en accord avec lui par rapport à cela. Que serait ces gens sans nous ? Ou plutôt sans lui, puisque ce soit-disant frère qui me faisait face et moi-même n'étions à présent plus rien aux yeux de ceux pour qui pourtant un jour nous avions été tout. Car oui, même Slevin avait été un bonheur pour eux, durant de longues années, jusqu'à ce que sa différence vienne effrayer notre père. Jusqu'à ce que sa différence vienne l'éloigner à jamais de notre famille. Mais à présent, avec le recul, j'acquiesçais définitivement ses dires. Car toujours, ces gens n'avaient vu qu'à travers nous. N'avaient vécu que pour nos réussites. Nous avaient poussés, ou plutôt forcé à prendre le chemin qu'eux-même voulaient. Des trophées. Nous n'avions été que des trophées, simples objets qu'ils faisaient briller, qu'ils se plaisaient à exposer.

Toutefois, aucune émotion n'avait pu se lire sur mon visage à l'entente des mots de mon frère. Non, aucune. Parce que la colère prenait place sur tout autre chose. Parce que ma colère m'empêchait d'être objective, m'empêchait de pouvoir voir un semblant de bon sentiment en lui. Ou plutôt, une seule parole juste, car en lui il n'y avait rien de bon. Plus rien de bon. Non, car alors que je laissais mon regard se perdre sur celui de Slevin, je ne voyais rien. Rien d'autre que des pupilles vides de toute émotion. Rien d'autre qu'un faciès sans convictions, qui ne transpirait pas même l'agacement ni quelconque énervement. Inconnu. Tel était-il à mes yeux en cet instant. Et j'avais beau scruter son visage davantage à chaque seconde, je ne reconnaissais rien en cet homme qui me faisait face. Rien. Et pourtant lui parler était facile, les mots sortaient d'entre mes lèvres avec une simplicité enfantine. Oui, j'avais certes l'impression d'avoir une discussion avec une personne proche, et pourtant lorsque j'ouvrais réellement les yeux sur la situation, je réalisais qu'il n'était rien. Plus rien à mes yeux. Que je ne savais plus qui il était, ni même ce qu'il voulait. Non, je ressentais juste cette haine à son encontre. Cette haine que je ne pouvais contrer, que je ne pouvais m'empêcher de laisser transparaître dans mes dires. Et pourtant au fond, cette haine factice. Oui, factice, car jamais je ne pourrais le détester. Jamais je ne pourrais le laisser simplement partir, s'éloigner de moi une nouvelle fois. Et malgré toutes les méchancetés qu'il me disait, malgré les nombreux sarcasmes qu'il lançait, malgré la dureté de cette conversation, je ne voulais qu'elle s'arrête. Non, je ne voulais en finir avec lui, je ne voulais m'arrêter de parler, car cela serait lui laisser une porte de sortie. Une occasion d'à nouveau s'éloigner, sans même un regard, sans même un bon mot. Alors oui, je cultivais cette haine, la laissait s'emparer de moi telle une amie qui en cet instant me soutenais. Je la laissais maîtresse de la situation, à défaut de pouvoir l'être. « T'étonnes pas d'être seul Slev, c'est toi qui l'a choisit. » Oui, il l'avait choisit. Et malgré l'amour que je lui portais, je ne pouvais compatir à son angoisse. Non, à l'inverse, je me plaisais même à penser que ces gens ne voulaient pas de lui. Sûrement cela me ravissait même, car il m'avait quitté pour eux. Eux, ces personnes qui en lui ne voyaient rien d'autre qu'un paria. Qu'une bête de plus à abattre.  Alors oui, une part de moi, peut-être même l'entièreté de mon âme se réjouissait qu'il soit en pareil situation. Qu'enfin, on lui est rendu la monnaie de sa pièce. Et surtout, qu'il puisse souffrir de cette solitude qui m'avait moi-même rongé durant tant d'années.

Et il se plaignait. Encore. Toujours. Il se plaignait de notre famille, de ce qu'avait été sa vie. « Arrête de jouer les victimes. » Laissais-je alors simplement échapper, lassée de ce discours. « Et ouai j'me suis tirer, parce que ouai, comme toi j'ai fini par retrouver la raison, comme tu dis. Sauf que moi je ne me trouve pas d'excuses. Je ne remets pas toute la misère du monde sur leur dos. Je suis une adulte maintenant et effectivement certaines fin de mois son difficiles, mais je ne me plaint pas. Toi par contre, t'es qu'un gamin ! T'es pas foutu de te débrouiller par toi-même, alors tu rejettes la faute sur les autres. » Incapable de gérer ses problèmes, incapable de se gérer lui-même. Slevin avait toujours été ce garçon impulsif, qui fonçait tête baissé dans les embûches. Et sûrement l'étais-je aussi. Oui, indéniablement, je l'étais aussi, mais il y avait une grande différence entre nous. Et cette différence, c'est qu'à l'inverse de lui, je savais gérer les problèmes. Je savais me sortir moi-même du pétrin, sans avoir besoin de rejeter la faute sur l'univers tout entier. « T'es qu'un lâche. T'as tourné le dos à ceux qui te voulaient du bien et maintenant tu oses de plaindre d'être seul et en difficulté ? Et ne juges pas ma vie, car t'es vraiment très mal placé pour le faire. » Dix ans après, nous en étions toujours au même point. Toujours à discuter des mêmes choses, toujours à s'embrouiller à cause des mêmes personnes. Dix ans après, rien n'avait changé. « Regardes toi, t'es personne. T'es plus personne. Et le pire dans tout ça, c'est que t'as eu besoin de personne pour te détruire. Nan, t'as été assez idiot pour le faire toi-même. » J'avais su relever la tête après les malheurs de ma jeunesse, après avoir quitté mes parents et m'être retrouvé seule sans endroit où aller. Oui, j'avais su faire de ma vie quelque chose de bien, malgré des fondations pourries. Lui au contraire avait simplement choisit la facilité. Oui, comme toujours, il avait choisi la lâcheté.
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