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 No questions asked

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MessageSujet: No questions asked   Mer 1 Jan - 17:48


Lincoln descendait les escaliers les bras pleins de cartons pour les amener vers la voiture. Quelle sorcière pouvait bien posséder une voiture ? Et bien Lincoln pardi ! Oui, cette petite Austin Mini noire de mille neuf cent quatre-vingt-deux était la première voiture de la jeune sorcière depuis maintenant presque six ans. Les parents de Mary lui avaient offert pour son vingtième anniversaire. Mary aussi en avait eu une bien entendu, celle de ses parents, qui venaient d’acquérir un modèle plus récent. Mais celle de Lincoln était un peu plus spéciale à ses yeux. Le père de Mary l’avait récupérée d’un ami à lui dans un piteux état, et s’était évertué deux années durant à la remettre en état. Lincoln, fascinée par ce que le père de son ami entreprenait, et trouvant la mécanique franchement intéressante avait passé beaucoup de temps chez eux, dans le garage de la maison familiale à poser un tas de questions certainement idiotes pour un moldu. Mais le père de Mary était un homme patient, et il aimait beaucoup que Lincoln s’intéresse à ses hobbies alors que Mary levait généralement les yeux au ciel dès qu’il commençait à parler mécanique. Dans un premier temps, elle avait voulu l’aider et lui amenait généralement le mauvais outil quand il tendait la main ou posait encore une ribambelle de questions. Puis, au fil du temps, la sorcière était devenue une experte en mécanique, aussi experte qu’une sorcière pouvait l’être tout du moins, son mentor exagérait beaucoup lorsqu’il chantait ses louanges au diner. A la fin du chantier de cette petite mini, Lincoln connaissait tous les outils que contenait le garage, et savait même changer une roue, avec un peu de mal tout de même sans magie. C’est naturellement que le jour de son anniversaire, les parents de Mary étaient arrivés chez les parents de Lincoln avec la voiture à peine terminée. Lincoln avait été surexcitée en les voyant arriver. Cette ruine qu’il avait récupérée juste à leur sortie de Poudlard était comme neuve aujourd’hui. Et ça, c’était magique pour elle. Henry, le père de Mary lui avait proposé de la conduire un peu avant de la garer, et quelques minutes plus tard, une fois que la jeune femme ai mis le frein à main et qu’elle lui rendait les clés, il avait refermés les doigts de la sorcière sur les clés en souriant. « Elle est à toi maintenant. Tu m’as beaucoup aidé et j’ai apprécié que tu me laisses t’apprendre tant de choses que Mary ne veut même pas écouter. Et puis, on vient juste d’acheter la nôtre, elle te sera plus utile qu’à moi. » C’était l’un des plus beaux souvenirs de Lincoln, qui s’en approchait des cartons pleins les bras pour les poser dans le coffre.

La jeune sorcière avait passé toute l’après-midi à faire des allers-retours en voiture pour vider son appartement et entreposer toutes ses affaires dans la maison de ses parents. Elle ne les gênerait pas puisqu’eux étaient déjà en France depuis un bon moment. C’est pour les rejoindre qu’elle faisait cela d’ailleurs. Elle avait terminé sa saison avec les Chudley Canons, et malgré les différentes demandes de ses équipiers et de son capitaine pour continuer avec eux, Lincoln avait décliné l’offre. Elle ne pouvait plus continuer ainsi et devait reprendre sa vie en main. Et pour elle, la meilleure façon de le faire, était de quitter cette Angleterre qui lui était devenue si hostile, et de tenter de se reconstruire en France, parmi ses proches, laissant tous ses mauvais souvenirs de l’autre côté de la Manche. Elle devrait tout de même laisser quelques uns de ses meilleurs souvenirs ici, comme sa voiture, dont elle fermait le coffre à l’instant, et qui resterait dans le garage de ses parents une fois que l’appartement serait entièrement vidé. La petite sorcière remonta sur le trottoir et resta un moment à regarder l’auto noire. Elle avait encore quelques hésitations à partir d’ici biensur. Elle avait toujours vécu en Angleterre, et elle aimait beaucoup son pays. Enfin, elle aimait son pays tel qu’il l’était dans ses souvenirs. Or, il ne l’avait plus rien à voir avec celui de ses souvenirs maintenant. Elle était obligée de vivre presque cachée, redoutant que quelqu’un ne se rende compte que sa mère était une vélane et que par conséquent, elle en était une également. C’était là que sa vie était. Sa vie si géniale avant tout ça. Avant le retour de Voldemort, avant cette guerre, avant la mort de Mary. Oui, tout était bien mieux avant. Elle avait tout perdu : des amis, sa meilleure amie, ses parents étaient partis vivre en France, elle perdait sa propre vie en quelques sortes. Non, elle ne pouvait pas penser cela, se dit-elle en secouant la tête vigoureusement. Elle ne pouvait pas se plaindre alors qu’elle avait la chance d’être encore en vie. Ses parents étaient encore en vie et en bonne santé. Joshua, elle ne pouvait qu’espérer qu’il aille bien lui aussi. Et puis, même si Mary n’était plus là maintenant, elle était toujours un peu dans sa tête, comme une petite voix qui lui faisait un sermon. « Allez assez ruminé maintenant ! Ca fait déjà six mois maintenant. Tu ne peux pas continuer à déprimer toute ta vie. Bouge tes fesses et vis ta vie un peu ! » Lincoln fronça les sourcils, comme vexée par sa propre imagination, et se retourna piquée au vif pour retourner à l’appartement terminer le travail. C’est bien ce qu’elle comptait faire oui, vivre sa vie. C’est bien pour cela qu’elle partait. Mais ce ne serait pas pour maintenant non. Pour l’instant, le tintement qui se fit entendre la tira de ses pensées, pour se rendre compte que ses clés avaient glissé de ses doigts et avaient percuté le trottoir, pour aller se réfugier sous la voiture. La jeune femme s’agenouilla alors et, posant les mains par terre, tenta d’allonger le bras pour les récupérer. Elles étaient hors d’atteinte. C’était bien sa veine. Elle regarda autour l’air de rien pour vérifier que la rue était toujours déserte et tendit la main vers les clés qui tintèrent de nouveau sur le chemin du retour pour se poser au creux de sa main qui se referma sur elles. Décidément, utiliser la magie sans sa baguette devenait de plus en plus aisé pour la jeune femme. Peut-être ces derniers mois d’efforts intenses et répétitifs avaient aidé à rendre la tâche plus naturelle. La sorcière se releva alors en épousant son pantalon, et se redressa pour se retrouver face à une autre jeune femme, plus jeune certainement. Surprise, Lincoln la regarda avec des yeux ronds avant de ne réussir à balbutier qu’un simple bonjour qu’elle aurait voulu moins révélateur de sa culpabilité soudaine d’avoir utilisé la magie alors que la rue n’était pas si déserte que ça.
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MessageSujet: Re: No questions asked   Mar 7 Jan - 21:04

Je venais de terminer mon énième jour de boulot. Comme d'habitude, j'avais hâte de rentrer dans mon petit studio pour m'y terrer, et y rester jusqu'au jour suivant. Pourtant, je ne pouvais pas ignorer la peur qui me tiraillait les entrailles à chaque fois que je mettais le nez dehors. Non pas que je souffre de phobie sociale – encore que – mais je me sentais véritablement menacée. Je ne pouvais pas faire trois pas sans avoir l'impression que j'étais suivi, et ce n'était pas viable du tout. Je ne vivais plus que pour me barricader chez moi, cachant ma double identité à mon nouvel entourage, uniquement composé de moldus. Je le savais, ça me pendait au nez, mais un jour où l'autre ils finiront par connaître mon secret. Certes, cela ne leur viendrait peut-être pas tout de suite à l'esprit que j'étais une sorcière mais rien ne les empêchait d'imaginer tout un tas d'hypothèses sur mon compte. Quel genre de monstre étais-je donc à leurs yeux ? J'avais pour sale habitude de disparaître souvent, prétextant une urgence pour déserter mon poste. Si seulement c'était tout. Il y avait également tous ces gens, plus ou moins louches qui venaient me voir. Des gens qui me cherchaient, souvent pour parler affaires alors que j'en avais fini avec tout ça. Des gens de mon passé que je ne voulais plus revoir, et qui se rappelaient à moi malgré tout. La dernière sorcière à avoir franchi cette porte était Cersei-Jane, une jeune sorcière devenue loup-garou il y a quelques mois maintenant, et qui avait carrément sorti un livre de magie sous le nez de mes collègues moldus. J'ignorais s'ils avaient réellement vu quelque chose, aucun d'entre eux ne m'en avait parlé par la suite – sans doute préféraient-ils les messes basses à la franchise – et dans le cas où ils auraient vu quelque chose, j'avais dû paraître encore plus suspecte que d'habitude. Déjà que j'étais vue comme la bizarre de service, ces visites impromptues n'allaient pas aider à améliorer ma réputation, bien au contraire. Je ne pouvais rien y faire. J'étais la fille bizarre qui avait des amis tous aussi bizarres qu'elle. Emily avait beau être au courant de mon secret, je ne me sentais pas soulagée pour autant. Devoir jouer un double-jeu me pesait chaque jour un peu plus, et bien des fois j'avais songé à partir pour ne plus jamais revenir. La solution de facilité me diriez vous, mais je n'avais pas trop le choix. Il ne m'avait pas suffi de disparaître une fois pour me faire oublier une bonne fois pour toutes. Si je voulais rester cachée, je ne devais pas me sédentariser. Je devais changer d'endroit autant de fois que nécessaire pour ne jamais être trouvée. Cela impliquait de vivre à nouveau dans la clandestinité, mais ce n'était pas ce que je désirais. Ma vie avait été tellement chaotique ces derniers mois que j'avais besoin de stabilité, de me sentir en sécurité. J'en avais besoin pour repartir du bon pied. Là, je me trouvais dans un équilibre précaire, je menaçais de vaciller à tout moment. Ce n'était pas l'idée que je me faisais d'une vie normale, sans problème. J'étais à mille lieues de la vie dont j'avais toujours rêvé, une petite routine réconfortante, une situation confortable, et peut-être quelqu'un avec qui partager mes vieux jours. Tout ce que j'avais, c'était une vie en ruines qu'il fallait reconstruire, je n'avais plus de famille, et il n'y avait pas de compagnon à l'horizon – le mien s'était tiré pour ne plus jamais revenir. Voilà ce que j'avais : un boulot minable, bien loin de mes grandes ambitions, un petit studio où il n'y avait même pas de place pour deux, et un passé tortueux que je me traînais comme un boulet.

Le pire dans tout ça, c'était sans doute que mon karma s'arrangeait toujours pour me rappeler ce que j'étais, et surtout, ce que je n'étais pas : une personne normale. J'étais une sorcière, et en tant que telle, je provoquais nécessairement des phénomènes étranges autour de moi – comme si mes pouvoirs commençaient à péter les plombs et avaient besoin de s'exprimer. J'avais réussi à faire passer tout ça pour de la maladresse, et fort heureusement, je n'avais pas encore déclenché de grosse catastrophe. De toute façon, ayant été soumise à la trace l'été dernier, je n'avais pas intérêt à utiliser quelque forme de magie que ce soit, c'était un coup à me faire repérer par les sbires de Voldemort. Je n'étais pas spécialement interdite de magie, au contraire, j'avais toujours ma baguette, j'étais juste étroitement surveillée, mais disons que je préférais ne pas y avoir recours. Simple question de sécurité. Alors oui, peut-être aurais-je aimé me dire que j'étais simplement paranoïaque, que non, je ne me trouvais pas dans un roman d'Orwell, que personne ne me suivait et que je me faisais des idées, mais voilà, il n'empêche que cette intuition continuait à me chatouiller, tant et si bien que je me suis en l'espace de quelques instants demandée si je faisais bien d'emprunter cette rue là. Je ne le sentais pas, comme on disait familièrement. Pourtant, il s'agissait là du chemin le plus court pour rentrer chez moi. Comme tout à chacun, je suppose, j'aurais préféré ne pas avoir à faire de détours inutiles – une perte de temps, si vous voulez mon avis. La rue semblait déserte, mais les apparences étaient souvent trompeuses. Bon. Je décidai malgré tout de m'y engouffrer. Bonne idée, mauvaise idée, je le saurai bien assez vite. Je marchais d'un pas rapide, mes talons hauts claquant sur le trottoir. Instinctivement, je resserrai ma veste contre moi, même si cela ne me servirait pas à grand-chose en cas d'attaque. Une silhouette se précisa tandis que j'avançais. Il s'agissait d'une femme, dans une bien étrange posture. En effet, elle était à quatre pattes, et elle essayait probablement d'attraper quelque chose qui se situait en dessous d'une voiture. J'esquissai l'ombre d'un rictus amusé. Finalement, je n'étais pas la seule à être bizarre dans le coin. J'allais tout naturellement passer mon chemin, ayant décidé que je n'avais pas à me mêler de tout ça quand soudain, quelque chose froissa l'air. C'était quelque chose d'imperceptible, mais suffisant pour me faire dresser les cheveux sur la nuque. C'était comme si...quelqu'un était en train d'utiliser la magie dans les environs. Je secouai la tête. Impossible. Il ne devait pas y avoir de sorciers par ici. Pourtant, j'avais bien ressenti ces ondes que la plupart des moldus ne ressentaient pas. Il se passait quelque chose, mais je préférai simplement ignorer ce signal d'alarme. Lorsque la femme se redressa pour me balbutier un « bonjour » plus que contrit, je sursautai légèrement, ne m'attendant pas à ce qu'elle m'adresse la parole. Je la toisai quelques instants, puis, lorsque je réalisai que c'était fort impoli de dévisager ainsi les gens, je baissai le regard. « Vous faites erreur, désolée. » marmonnai-je à son adresse avant de la contourner et de m'éloigner, poursuivant ainsi mon chemin, plus pressée que jamais de sortir de là.
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MessageSujet: Re: No questions asked   Lun 13 Jan - 0:01


Comment avait-elle pu ne pas entendre la jeune fille arriver ? Celle-ci marchait avec des talons hauts qui claquaient pourtant sur le sol assez fort pour que le bruit fasse écho dans la rue déserte. Mais Lincoln ne fut pas la seule à être surprise et à avoir pris peur. La demoiselle avait elle-même sursauté lorsqu’elle s’était rendu compte que Lincoln était dans son chemin. Visiblement, toutes deux se croyaient seules dans la rue. Pourtant, le regard que la jeune femme lança à la petite brune frappa Lincoln. Elle semblait terrorisée. La sorcière ne put s’empêcher de se sentir coupable. Même si elle si elle s’était cru seule et qu’elle avait été surprise, elle aurait pu essayer d’être moins abrupte. Il lui arrivait parfois de ne pas sembler aussi délicate qu’elle en avait l’air. Peut-être était-ce à force de côtoyer ses coéquipiers qui avaient pris l’habitude de la traiter comme un des leurs. Au début, lorsqu’ils l’avaient accueilli, la situation était très gênante, ils n’osaient rien faire en sa présence, cela faisait un moment que l’équipe n’était composée que d’hommes. Mais maintenant que Lincoln faisait partie du décor, la nature avait repris ses droits et ils s’amusaient même à paraître plus rustres qu’ils ne l’étaient en réalité. Cela amusait beaucoup Lincoln, mais à force, leur attitude déteignait un peu sur elle. Il faut dire que le garçon manqué qu’elle avait été pendant son enfance n’était pas bien loin non plus. Mary avait beaucoup bataillé après leur scolarité pour que Lincoln finisse enfin par s’habiller comme une fille et mette les vêtements qu’elle lui avait achetés. Ce fût un chemin long et périlleux, mais elle avait réussi. Après ce déclic, les sorties shopping entre copines sur Regent Street étaient fréquentes. Lincoln appréciait de plus en plus les vêtements que Mary lui montraient, et Mary était surexcitée d’avoir une poupée à habiller.

Enfin bref, tout ça pour dire que maintenant, Lincoln apparaissait peut-être comme une fille délicate et douce, mais les réflexes de joueur de Quidditch viril pouvaient parfois lui causer du tort. Enfin cette fois, c’était vraisemblablement à la fille qui venait de baisser les yeux que cela avait causé un tort certain. Elle balbutia elle-même un presque inaudible « Vous faites erreur, désolée. » alors qu’elle la dépassait le regard fixé sur le trottoir. La vélane la suivit des yeux, se tournant vers la direction dans laquelle l’inconnue semblait littéralement vouloir courir. Elle ne savait pas pourquoi, mais quelque chose en elle la pressait de ne pas la laisser partir. Elle devait avoir environ le même âge que Joshua. Peut-être était-ce cela qui l’attirait et lui disait en son for intérieur de ne pas la laisser s’enfuir. Car oui là, elle avait un peu l’impression que cette fille la fuyait elle, et elle n’aimait pas ça du tout. Elle fit alors deux pas rapides et attrapa doucement sa main pour ne pas l’effrayer de nouveau. La pauvre avait semblé au bord de la crise cardiaque une fois, elle ne voulait pas en rajouter d’avantage. « Hey … » dit-elle dans un murmure. Cette fois ci, ce fut elle qui la contourna pour lui faire face, gardant sa main dans la sienne. Elles faisaient la même taille, ce qui était amusant parce que Lincoln se doutait qu’elle était quand même un peu plus vieille qu’elle mais bon, elle le savait, elle était petite. Elle la dévisagea longuement, essayant de comprendre ce qui pouvait autant effrayer la jeune fille et glissa sa main sur sa joue pour la rassurer. Elle ne savait pas si ça marcherait, mais cela marchait toujours avec Joshua. Comme cette fois où il était arrivé en pleurs dans les couloirs parce que des Serpentards s’en étaient pris à lui, et qu’il ne voulait pas aller voir Willas qui ne ferait rien – comme à son habitude à l’égard de son petit frère - pour le défendre. Elle l’avait pris dans ses bras pour consoler le petit nouveau et lui avait remonté le moral en lui rappelant à quel point il devait être fier d’être un Gryffondor et qu’il ne devait pas se laisser marcher sur les pieds par des Serpentards stupides qui ne voyaient pas plus loin que le bout de leur baguette. Enfin, ce qui lui avait surtout remonté le moral ce jour-là, fût de la voir ridiculiser tous ceux qui l’avaient agressé lançant à chacun un maléfice de pétrificus totalus avant de les attaquer avec des boules de bouse de dragon arrivant de nulle part – et ce devant toute l’école dans la Grande Salle. Elle avait eu une retenue pour ça bien entendu, mais au moins, ces bons à rien ne s’en étaient  jamais repris à Joshua. Ou alors comme lorsque Joshua était revenu surexcité après son dernier examen, répétant sans cesse qu’il avait tout raté et qu’il serait renvoyé chez son père qui le jetterait dehors parce qu’il avait encore plus honte de son fils que lorsqu’il avait été envoyé à Gryffondor. Cette fois-là, Lincoln avait pris son visage entre ses mains, l’avait fait respirer profondément, et lui avait interdit de repenser à ses examens, qu’ils étaient passés et que ça ne servait plus à rien d’en parler. Elle avait toujours été très tactile, et ça semblait marcher à merveille avec Joshua. Là, Lincoln ne cilla pas elle, et dévisagea l’inconnue sans se soucier si c’était poli ou non. « Est-ce que tu vas bien ? » demanda-t-elle alors d’un ton le plus doux possible. Elle ne savait pas pourquoi, mais tout son être lui criait que non, elle n’allait pas bien. Elle-même d’ailleurs le portait sur son visage, ainsi que dans ses yeux, prêts à bondir hors de leurs orbites, à tant chercher le danger sur le visage de Lincoln. Lincoln quant à elle, n’était pas vraiment certaine de savoir ce qu’il fallait dire dans une telle situation. Son père lui, aurait su tout de suite, mais pas elle. Pourtant, instinctivement, elle s’approcha d’elle et la prit dans ses bras pour la serrer contre elle. Ca c’est que faisait sa mère avec elle lorsqu’elle avait peur, et c’est ce qu’elle ferait même maintenant d’ailleurs.
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MessageSujet: Re: No questions asked   Dim 26 Jan - 18:57

Voilà que je fuyais encore, ça allait devenir une habitude à ce train là. À me voir presser le pas de cette façon, on aurait pu croire que j'avais le diable aux trousses. En réalité, ce n'était pas vraiment ça. Le diable avait décidé de me laisser tranquille pour une fois. Il n'y avait que cette femme dans cette rue. De prime abord, elle ne semblait pas méchante, elle avait même l'air inoffensive et pourtant quelque chose me poussait à la fuir. Mon instinct avait encore fait des siennes. J'avais toujours eu une facilité déconcertante pour deviner les gens et elle ne faisait pas figure d'exception. Elle était baignée par une aura particulière, une aura qui me rendait nerveuse et qui me poussait à m'enfuir. Tant pis si elle devait me prendre pour une bizarre, je n'étais plus à ça près de toute façon. J'étais habituée à rencontrer le regard interloqué de mes pairs, je donnais constamment l'impression d'être à côté de mes pompes et pourtant, j'avais les pieds bien ancrés sur terre. Cependant, ma réalité était incontestablement différente de la leur. Si par le plus grand des hasards je me mettais à raconter tout ce qui m'était arrivé ces dernières années, cela ne faisait aucun doute qu'ils me prendraient pour une folle tout juste mûre pour l'asile. À éviter, donc. Je n'avais pas d'autre choix que de composer avec ces regards de travers, le fait étant que j'avais de plus en plus de mal à les ignorer. À chaque fois, ils me faisaient bien sentir que jamais je n'aurai ma place parmi eux, parce que je n'étais pas comme eux. Rejetée par les moldus, rejetée du monde magique, où était donc ma place dans ce cas ? Je faisais partie de ces âmes errantes qui ne savaient pas où aller. J'étais un de ces fantômes qui avaient un passé mais aucun avenir. J'étais coincée, tout du moins, tant que cet odieux gouvernement sera en place. D'ailleurs, qui pouvait me dire que cette femme n'était pas une de leurs émissaires ? Elle ne serait sûrement pas la première à vouloir me piéger. Sous ses airs de gentille peut se cacher une toute autre réalité. Selon toute vraisemblance, je n'avais pas envie d'en avoir un aperçu. Alors, je devais trouver une excuse pour partir, pour ne pas avoir à lui parler. Déjà que je n'étais pas de nature très sociable, ces derniers mois, mon asociabilité avait atteint des records. Le pire, c'est que plus j'essayais d'éviter les gens et plus ils venaient me solliciter, pour un oui ou pour un non. J'avais juré en finir avec tout ça, mais en ce moment, j'assistais à une recrudescence de sorciers dans ma vie et je n'aimais pas ça. Autant dire qu'une énième rencontre avec une sorcière aurait de quoi m'agacer profondément.

J'avais beau passer mon chemin, la femme, elle, ne semblait pas décidée à me laisser filer, bien au contraire. En quelques enjambées à peine, elle m'avait rattrapée. Je sentis un sursaut de panique m'envahir. Elle en avait après moi, c'était certain. Sinon, pourquoi me poursuivrait-elle ? À ma connaissance, je n'avais rien fait tomber de mon sac, elle n'avait donc rien à me rendre. Au final, ce n'était peut-être pas moi la plus bizarre des deux. Mon angoisse monta crescendo lorsqu'elle s'empara de ma main. Elle m'avait attrapée ! Elle avait osé m'attraper ! Mon souffle se raréfia dans mes poumons tandis que je peinais à respirer. Je tenais tout juste sur mes deux jambes qui menaçaient de se dérober sous mon poids. La tête me tournait, me tournait...Dans ma tête, c'était le brouillard, je ne voyais plus la rue, cette femme, sa voiture, je voyais seulement des images rapides et indistinctes, c'était beau et effrayant à la fois. Puis, je revins brutalement à la réalité. Je retrouvai le décor de la rue, cette fichue ruelle dans laquelle j'avais décidé de passer exceptionnellement. Tu parles. Si j'avais su, je me serais abstenue. Ma fébrilité augmenta d'un cran lorsqu'elle me contourna pour me faire face. C'était la terreur qui provoquait en moi toute cette agitation, une terreur sans nom. « Ne m'approchez pas. » ordonnai-je d'une voix tremblante, mon instinct me criant de me dégager et de détaler à toutes jambes. Elle ne tint pas compte de mon avertissement et me toucha la joue. C'était juste un effleurement, mais c'était suffisant pour que je me laisse envahir par cette étrange chaleur, une chaleur douce et réconfortante qui naissait dans mes entrailles. C'était comme si elle me disait que je ne devais pas avoir peur, que c'était inutile parce qu'elle était là désormais, à mes côtés. Quelque chose se dégageait d'elle, quelque chose qui me donnait envie d'y croire. Des dizaines d'émotions différentes s'entrechoquaient dans ma tête, des émotions qui pour certaines me troublaient au plus haut point. Elle m'envoûtait, presque littéralement. Chacun de mes sens étaient en émoi, ma sensibilité – habituellement inexistante – semblait s'être exacerbée. Son être entier m'intriguait. D'une façon ou d'une autre, nous étions connectées, sans que je sache pourquoi. Toutes ces émotions, c'était trop pour moi. Ma peur, en revanche, avait disparu, tout du moins, pour le moment. De nouvelles informations parvinrent jusqu'à mon cerveau. Encore une fois, je ressentais cette chaleur et...oh, ne serait-ce pas du désir ? Je baissai le regard, profondément troublée. Je ne savais pas ni pourquoi ni comment, mais j'étais envoûtée et je devais reprendre mes esprits. Ça suffit. Ce n'était pas réel. Je ne devais pas me laisser prendre au piège. J'avais dû être victime d'un sortilège de confusion, ou de quelque chose du même genre. Les Mangemorts savaient très bien qu'on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre. Dans ce cas, pourquoi avaient-ils envoyé cette femme pour me piéger ? Peut-être était-ce du au manque affectif qu'avait laissée la disparition de ma mère un an plus tôt et que mon instinct me poussait à me réfugier auprès de cette créature si douce, presque maternelle.

J'avais presque oublié le chaos des minutes qui venaient de passer. Cette femme qui sortait de je ne savais où, ses clés qui avaient atterri dans sa main alors qu'elles étaient bien trop loin pour qu'elles puisse être attrapées normalement et surtout, ce que j'avais vu lorsqu'elle m'avait effleurée. J'avais vu quelque chose, ce quelque chose sur lequel je n'arrivais pas à mettre un mot. Quelque chose d'aussi sublime que dangereux. Quelque chose qui m'incitait à la plus grande méfiance.  « Est-ce que tu vas bien ? »  Q...Quoi ? Elle me demandait si j'allais bien ? C'était décidément de plus en plus étrange. La situation était complètement surréaliste. « C'est une question rhétorique ? » balbutiai-je, non sans amertume. « Vous osez vraiment me demander si ça va ? » La réponse n'était-elle pas là, juste sous ses yeux ? Bien sûr que non je n'allais pas bien ! Comment pourrais-je aller bien après tout ça ? Quelque chose d'anormal était en train de se passer, je le savais, je le ressentais au plus profond de moi. La panique, elle, était revenue, certes ténue. Elle ne tarderait pas cependant à augmenter encore jusqu'à m'envahir toute entière, exactement comme tout à l'heure. Comme si cela ne suffisait pas, la femme me serra tout contre elle. À nouveau, je ressentis toute cette pléiade d'émotions indistinctes, un marasme de tout et n'importe quoi, surtout de n'importe quoi qui participa davantage à ma fébrilité. Je me dégageai alors de son étreinte, peu habituée aux contacts et surtout venant de la part d'inconnus. « Non mais ça va pas ! » m'écriai-je en m'éloignant d'un pas, distance de sécurité oblige. « Vous êtes qui nom d'un chien ? » Je n'étais pas polie, mais c'était surtout parce que j'avais peur. Peur de ce qu'elle était, de ce que je ressentais et que je ne maîtrisais pas. « Plus exactement, qu'est-ce que vous êtes ? » Elle n'était pas humaine, tout du moins, pas totalement, je l'avais vu dans... dans quoi au juste ?  Dans ces flash ? ça ne tournait pas rond là haut. Comment pouvais-je donner un quelconque crédit à ce tourbillon d'images indistinctes qui m'avait pourtant figée dès lors qu'elle m'avait effleurée ? N'importe quoi, c'était vraiment n'importe quoi. Dans quel genre d'embrouille m'étais-je fourrée, encore une fois ?
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MessageSujet: Re: No questions asked   Jeu 27 Fév - 21:08


« Ne m’approchez pas. » Lincoln avait purement et simplement ignoré les mots de la jeune femme, et l’avait prise contre elle, répétant inconsciemment les gestes de réconfort de sa propre mère. Bien qu’elle ai toujours pensé le contraire, elle lui ressemblait énormément. Ayant été élevée par une femme douce, aimante et attentionnée, elle ne pouvait que répéter le même schéma, et elle aurait été exactement pareille si elle avait eu un petit frère ou une petite sœur. C’est ainsi qu’elle était d’ailleurs avec Joshua. Après tout, il était son petit frère. Lincoln, dès son plus jeune âge avait toujours été attentionnée et altruiste. Que ce soit dans sa famille ou dans l’entourage de la famille Bennett, la petite avait toujours été sociable et ses parents étaient très fiers d’elle, même si parfois, ils avaient peur que cela ne lui cause du tort. En effet, ils se sont longtemps souciés du bon déroulement de sa scolarité. Comment cela se passerait-il avec d’autres enfants n’ayant pas du tout le même caractère ? Mais cela n’avait pas été un souci pour Lincoln loin de là. Elle préférait se tenir à l’écart de toute sorte de négativité, c’est pourquoi d’ailleurs elle avait préféré s’éloigner de Willas Panderman à l’école. Lincoln n’était pas vraiment du genre à chercher les problèmes, même si elle était bien là quand on la cherchait. Ca avait toujours été comme ça. Elle était douce, même avec de parfaits inconnus, comme cette fille terrorisée face à elle. Comme Phineas au début de l’année. Mais cela ne plaisait pas à tout le monde. Et ça ne plaisait visiblement pas à la demoiselle qu’elle venait de prendre dans ses bras dans une vaine tentative pour la rassurer.

La fille se dégagea de l’étreinte de Lincoln qui baissa les bras en la regardant, légèrement surprise, même si elle n’aurait peut-être pas dû l’être. Après tout, on n’enlace pas une fille qu’on vient de rencontrer. C’est surtout le ton de la demoiselle qui surprit la sorcière. « Vous êtes qui nom d'un chien ? » Elle ouvrit alors la bouche pour se présenter tout à fait naturellement comme si c’était naturel que les présentations n’arrivent que maintenant. Mais la petite brune n’avait pas terminé. « Plus exactement, qu'est-ce que vous êtes ? » Ces derniers mots heurtèrent la vélane au plus haut point et elle serra les poings avec force. Elle avait encore énormément de mal à se faire à cette partie d’elle-même qui s’immisçait de plus en plus dans sa vie. Elle n’avait jamais cru qu’elle hériterait ça de sa mère. Même si celle-ci lui avait toujours parlé d’une possibilité que cela arrive, le petit garçon manqué qu’elle était s’en moquait bien et ignorait totalement les mises en garde de Jane Bennett. Pourtant cet héritage était bien là, et de plus en plus de monde s’en rendait compte, même si c’était encore discret comparé à ce qu’avait pu vivre sa mère. La réaction de la jeune femme fut bien la pire à laquelle elle eut à faire face depuis ce jour où Phineas lui avait fait remarquer que peut-être, sa mère lui avait légué plus que sa douceur. Les mots de l’adolescente reflétèrent exactement ce que Lincoln craignait si jamais son statut de vélane était révélé au monde dans le contexte actuel. Elle ne serait même plus considérée comme un être humain, ce qu’elle était pourtant. Sa mère aussi était un être humain avant tout pour elle, bien plus que beaucoup ces temps-ci en tous cas. Blessée, la sorcière baissa la tête, comme pour digérer l’insulte et prit une profonde inspiration pour se calmer. Elle n’avait aucune envie de montrer à quel point ça l’avait touché, et encore moins envie de heurter la jeune fille en retour en répondant quelque chose qu’elle regretterait très certainement ensuite. Après tout, si elle avait posé cette question, c’est qu’elle se doutait de quelque chose, même si cela semblait assez surprenant, puisque depuis qu’elle-même était au courant, cela n’avait eu d’ « effet » que sur la gente masculine. On aurait pu croire qu’elle parlait uniquement du fait que Lincoln puisse être une sorcière, mais non. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle savait que Tracey parlait du fait qu’elle soit vélane. Elle en était certaine. « Je suis une vélane … » dit-elle en relevant les yeux pour ancrer son regard dans celui de la jeune fille avant de lui retourner la question d’un ton tout à fait anodin. « Et toi ? Qu’est-ce que tu es ? » Elle avait certainement quelque chose, quelque chose de plus pour avoir ressenti quelque chose qui ne touchait généralement que les hommes. Il devait y avoir une explication au fait que cette inconnue, qu’elle ne connaissait pas et qui ne la connaissait pas non plus, ai remarqué cela alors qu’elles ne savaient déjà même pas le côté sorcier l’une de l’autre. Ou peut-être, Lincoln faisait toute une montagne de ce qui n’était qu’insignifiant et la jeune fille était une moldue et elle l’avait vue récupérer ses clés et elle voulait une explication sur ça un point c’est tout. Et là, elle se dit que ce qu’elle venait de révéler aurait l’air d’un parfait charabia à la brune lui faisant face si elle était réellement moldue. Si elle n’avait pas été aussi heurtée, elle aurait certainement sourit en songeant à la réaction de la jeune moldue. Mais non, elle ne souriait pas et attendait sa réponse patiemment. Car elle savait que ce n’était pas une moldue et qu’elle allait répondre à sa question. Elle était certaine que la fille était une sorcière. C’était une situation assez bizarre d’ailleurs. Ce genre de rencontre ne pouvait lui arriver qu’à elle bien entendu. Mais tout de même, c’était vraiment bizarre. Elle avait besoin de savoir maintenant si cette fille parlait réellement de son côté vélane, et si oui, comment elle avait pu savoir ça ? Y avait-il une manière de reconnaître une vélane ? Elle aurait vraiment du écouter sa mère lorsqu’elle était plus jeune, au lieu de repousser tout ça en jurant qu’elle n’en aurait jamais besoin.
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MessageSujet: Re: No questions asked   Mer 19 Mar - 14:10

Je me sentais prise au piège. Je me sentais aspirée par cette spirale d'émotions irrépressibles et incontrôlables qui me glissaient entre les doigts comme le ferait l'eau. Je n'aurais jamais penser ressentir toutes ces choses pour une autre femme. L'inconnue exerçait sur mon être un réel magnétisme, je me sentais comme hypnotisée. J'avais ressenti le besoin urgent de me dégager de son emprise, de me retrancher derrière mon mur, simple réflexe de survie. En réalité, j'avais peur, peur de ce que cette femme était, peur de savoir pourquoi elle agissait avec moi de cette façon. Mon cerveau avait du mal à réagir correctement, je me sentais molle, comme enveloppée dans du coton. Mon esprit semblait d'être dissocié de mon propre corps, tant et si bien que j'avais l'impression d'être dans un monde parallèle, en tout cas, j'étais n'importe où sauf ici, dans cette rue où tout avait commencé. Elle avait un truc, c'était certain, mais quoi au juste ? M'avait-elle jetée un sortilège de confusion ? Dans ma tête, ça ne collait pas, j'étais juste de passage, elle n'avait aucune raison concrète de le faire. Je n'étais qu'une parfaite inconnue, et à moins que j'aie vu quelque chose que je n'aurais pas dû voir, cette hypothèse tombait à l'eau. D'où le fait que je lui avais demandé certes âprement qui elle était, ou plus précisément ce qu'elle était. Une fois encore, je n'avais fait preuve d'aucune diplomatie, je ne m'étais même pas posée la question de savoir si ça allait la vexer ou non, en vrai, ce n'était pas mon problème. Mon problème, c'était plutôt ce qui était en train de se passer et plus précisément, pourquoi je me sentais aussi fébrile ? Cette femme me mettait horriblement mal à l'aise. Je n'avais qu'une envie, déguerpir le plus loin possible d'ici et retourner me terrer comme je le faisais habituellement. En me retranchant dans l'autre monde, celui des moldus, j'avais espéré me faire oublier de la magie. Seulement, mon passé ne cessait de se rappeler à moi, sous toutes les formes possibles et imaginables. Ces derniers temps, mes anciennes connaissances avaient une fâcheuse tendance à resurgir dans ma vie, comme s'ils s'étaient tous donnés le mot. Un nombre trop important de sorciers savaient désormais où je me cachais, tout du moins où je travaillais. Encore heureux qu'ils n'aient pas encore débarqué chez moi, sinon, je n'aurai plus qu'à changer d'endroit parce que ce serait trop dangereux d'y rester. Les faits étaient là : je ne pouvais pas passer inaperçue malgré la masse de gens normaux, certainement plus nombreux que les sorciers. En fait, ça devait être marqué sur ma gueule que je n'étais pas normale, que j'aimais m'attirer les ennuis. La preuve, les ennuis me trouvaient sans avoir besoin de me chercher, j'avais vraiment un don pour ça.

Tout comme je devais probablement avoir un don pour mettre les pieds dans le plat. L'inconnue n'en montrait rien, mais je sentais bien que je l'avais blessée. Sa peine était palpable, je pouvais la ressentir comme si nous étions connectées. Je me sentais encore plus mal à l'aise. Pourtant, d'habitude, je me fichais bien de heurter les gens ou non, je disais ce que je pensais, point, et tant pis si ça ne plaisait pas, je n'avais pas l'habitude de pratiquer la langue de bois ni même de dire ce que les autres voulaient entendre. J'étais douée pour appuyer là où ça faisait mal, de mettre à jour des vérités qui blessaient tout autant, je n'étais pas le genre de personne qu'il fallait venir voir si on avait besoin d'un tant soit peu de compassion. J'étais plus douée pour botter des culs que pour consoler, c'était un fait. Sans doute était-ce pour ça que je n'avais jamais été une bonne amie. La fille dut prendre sur elle pour me répondre avec le moins d'animosité possible. « Je suis une vélane … » Je tâchais de rester totalement impassible face à sa révélation. Pourtant, intérieurement, je paniquais. Je savais bien ce qu'étaient les vélanes, j'avais eu l'occasion de lire un peu à leur sujet, mais je ne me souvenais pas d'en avoir rencontré un jour. Au final, les vélanes avaient une apparence tout à fait normale, rien ne les distinguait à première vue de l'individu lambda si ce n'est que cette beauté qui les rendait tout à fait exceptionnels. Il était vrai que la femme en face de moi était très belle, mais ce n'était pas, à mon sens, ce qui la distinguait du commun des mortels. Elle exerçait sur les autres un véritable magnétisme, qui allait bien au delà du charisme, c'était comme si elle avait la faculté d'ensorceler ses interlocuteurs en posant simplement le regard sur sa personne. Ensorcelée. C'était exactement ça. Qu'elle m'eut jeté un maléfice serait exactement revenu au même. Seul problème, c'était que les vélanes ne charmaient que les hommes...et j'étais une femme. En théorie donc, je ne devrais pas être sensible à son aura mais c'était ce que la théorie exigeait car en pratique, c'était totalement différent. « Ah. » me contentais-je de marmonner, comme si ceci expliquait cela. Je restais quand même sceptique, car même si je ne remettais pas en cause le fait qu'elle puisse effectivement être une vélane, cela n'expliquait en rien pourquoi j'avais eu une réaction anormale à ses charmes parce qu'en principe, j'aurais clairement dû être immunisée contre cela. « Et toi ? Qu’est-ce que tu es ? » Je me figeai instantanément, comme si je venais d'être victime d'un sortilège de pétrification. Je sentis une certaine raideur dans chacun de mes muscles tandis qu'un tic nerveux agitait ma tempe. Je dardai sur l'inconnue un regard implacable, froid, dépourvu de toute émotion comme je savais si bien les faire.

Ce que j'étais ? Tout et rien à la fois, il faut bien l'avouer. Rien, parce qu'en tant qu'humaine, je n'étais qu'une poussière dans ce vaste univers, et tout, parce que contrairement aux autres sorciers, j'avais indéniablement quelque chose en plus même si ça m'écorchait la gueule de l'admettre. Encore une fois, mes émotions m'échappaient, je devais reprendre les rênes et vite. Je dus faire énormément d'efforts pour museler toute l'agressivité qu'avait suscité sa question. Le pire, c'était sans doute que je ne pouvais pas lui reprocher d'avoir fait une réflexion déplacée puisque j'avais fait exactement la même quelques instants plus tôt, elle me retournait juste les politesses dirons nous. Je l'avais bien cherché, pour le coup. « Moi ? » demandai-je finalement, après quelques minutes de silence, le sourcil arqué en signe de circonspection. « Je suppose que vous avez compris ce que j'étais. » Elle m'avait tutoyée, certes, mais je me refusais de faire de même, je détestais les excès de familiarité venant de la part de personnes que je ne connaissais pas. « Vous avez sans doute remarqué que je n'ai pas tiqué lorsque vous avez révélé votre nature de vélane, ce qui laisse entendre que je connais ce terme et dès lors, il semble que nous appartenons au même monde. » L'ombre d'un sourire ironique se dessina sur mes lèvres. Je n'avais même pas cherché à atténuer toute la condescendance et la morgue qui imprégnaient chacun de mes mots même si somme toute je ne voulais pas lui faire l'injure de confirmer que j'étais bien une sorcière, elle avait sans doute compris, pas besoin de lui faire un dessin. « Je vous ai vue ramasser vos clés sous votre voiture. Ça fait partie de vos super pouvoirs de vélane d'attirer les objets vers vous sans les toucher, ou bien vous avez utilisé un sortilège d'attraction informulé ? » Si elle avait eu recours à un informulé, ça voulait dire que sa baguette magique n'était pas loin. Elle était armée, moi pas, elle était donc potentiellement dangereuse. En effet, je savais très bien qu'un sorcier ne pouvait pas utiliser la magie sans sa baguette parce que la baguette en question était un instrument qui servait à la canaliser. « Ma mère est une moldue. » crus-je bon de préciser, comme pour anticiper le fait qu'elle se demanderait sûrement pourquoi je savais ce que c'était une voiture. « C'est pour ça que je connais si bien leur monde, j'y ai tout simplement grandi. » J'avais dit tout cela sans ciller, et sans jamais m'attarder sur sa question première, à savoir ce que j'étais car évidemment, j'avais tout dit SAUF ce qu'elle voulait savoir, c'était décidément une habitude chez moi. On ne pouvait vraiment pas nier le fait que j'étais passée maître dans l'art de noyer le poisson et de dire les vérités à demi-mots. Ce n'était pas que j'étais une manipulatrice née, c'était surtout que j'étais semblable à un caméléon, je revêtais différentes robes afin de me fondre dans la masse le mieux possible. Je m'adaptais à mon milieu pour pouvoir survivre, tout simplement. Voilà à quoi j'étais réduite depuis plusieurs années : survivre, rien de plus. C'était ce qu'impliquait le fait de faire partie d'un monde qui m'était totalement étranger, qui parfois m'avait rejetée parce que je ne correspondais pas tout à fait aux standards édictés par les grands de ce monde. À présent, j'avais pris ma décision toute seule, comme une grande. je ne faisais plus partie de ce monde parce que je l'avais voulu. Alors, pourquoi je ressentais encore le besoin de jouer les caméléons ? On se le demande. Tout laissait croire que ce cercle vicieux n'avait pas de fin.
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MessageSujet: Re: No questions asked   Mar 15 Avr - 23:28

Lincoln prit le temps de respirer profondément, afin de retrouver son calme. S’il y a bien une chose qu’elle ne voulait pas faire, c’était perdre son sang froid. Elle ne pouvait plus se permettre de se mettre à hurler, ou de se faire remarquer. Elle devait rester le plus discrète possible. Et puis, l’adolescente ne devait pas être bien vieille. Elle devait avoir à peu près le même âge que Joshua. Elle était l’adulte dans cette situation, même si ça lui faisait mal de se dire ça, c’était à elle d’être raisonnable. C’est pourquoi elle s’efforça de rester zen. D’ailleurs, ce fut visiblement au tour de la jeune femme d’être prise au dépourvu par la question de son interlocutrice. Elle resta un moment à la fixer, sans rien faire ni rien dire. Elle avait le regard vide, et pourtant, Lincoln savait qu’elle bouillonnait de l’intérieur elle aussi. Elle avait l’air surprise, cherchant quoi répondre, sans pour autant être prise au dépourvu. Encore une preuve que la jeune fille était bien une sorcière. Elle n’avait pas semblé frappée outre-mesure lorsqu’elle lui avait confessé sa particularité, ce à quoi Lincoln s’était attendue de toute façon. Elle s’était bien doutée que l’adolescente était une sorcière, serait-ce venu à l’esprit d’un moldu de demander qu’est-ce qu’elle était ?

« Moi ? Je suppose que vous avez compris ce que j'étais. » En effet, c’était assez flagrant. Elle n’avait rien fait de particulier pour que Lincoln ne se doute de rien. « Vous avez sans doute remarqué que je n'ai pas tiqué lorsque vous avez révélé votre nature de vélane, ce qui laisse entendre que je connais ce terme et dès lors, il semble que nous appartenons au même monde. » La sorcière l’avait bien remarqué en effet, tout comme elle remarquait son sourire condescendant. Elle hésitait entre le fait que la gamine soit une petite peste ou qu’elle essaie juste de se protéger d’un monde qu’elle détestait. « Je vous ai vue ramasser vos clés sous votre voiture. Ça fait partie de vos super pouvoirs de vélane d'attirer les objets vers vous sans les toucher, ou bien vous avez utilisé un sortilège d'attraction informulé ? » Lincoln eut un sourire. Certes, elle ne devrait pas être ravie qu’on ‘ai vue utiliser la magie en pleine rue, moldue d’autant plus. Mais c’était une chose dont elle était très fière. Depuis sa quatrième année, après avoir vu Dumbledore se servir de la magie sans même une baguette, Lincoln avait commencé à s’informer sur ce savoir-faire et à s’entrainer pour le maitriser. C’était très, très difficile, même si elle avait toujours été une élève studieuse et douée. Dix ans après, elle avait fait des progrès certes, mais ils auraient semblé peu importants aux yeux de quiconque. Pourtant, pour quelqu’un qui aurait la notion de la difficulté de la tâche, ces progrès paraitraient énormes. En dix ans de travail néanmoins, Lincoln n’a jamais fait autant de progrès que cette dernière année. La guerre, la victoire de Voldemort, la mort de Mary, la rage d’être plus puissante pour pouvoir se défendre, tout poussait la vélane à se surpasser pour s’améliorer encore et encore. Avant que Lincoln n’ait eu le temps de répondre, la jeune fille ajouta comme ça, sans aucune raison. « Ma mère est une moldue. C'est pour ça que je connais si bien leur monde, j'y ai tout simplement grandi. » La sorcière la regarda, surprise à son tour ? Pourquoi avait-elle tenu à préciser qu’elle était de sang mêlé ? Pourquoi tenait-elle à ce que Lincoln sache que sa mère était née moldue ? Elle n’en avait aucune idée. Peut-être croyait-elle que Lincoln était un mangemort, ou un exécuteur ou quelque chose comme ça. Elle ne connaissait même pas quel nom on donnait aux partisans de Vodlemort maintenant. A rester là à observer la jeune fille, elle ne pouvait pas s’empêcher de penser à Mary. Elle avait la même fierté d’appartenance au monde moldu, cette même envie qu’on sache qu’elle était un mélange entre les deux communautés. Pourtant, dans les derniers mois de sa vie, Mary s’était faite beaucoup plus discrète. Après tout, quand notre vie est en jeu, on devient plus timoré. Et voilà, c’était tout elle ça. Prête à la détester un instant, et la comparer à sa défunte meilleure amie l’instant suivant. Ne pouvait-elle donc pas juste détester quelqu’un un point c’est tout ? A croire que non. Enfin, pourquoi détesterait-elle cette gamine. Elle n’avait pas été élevée ainsi. Et jamais elle ne tomberait aussi bas que les mangemorts à détester quelqu’un au nom d’un simple fait de sang, ou juste pour un mot de travers. Elle détestait les mangemorts ça oui. Mais eux étaient détestables, c’était différent. Une nouvelle fois, la jeune femme eut un petit sourire : repenser ne serait-ce qu’un peu à Mary avant sa mort lui faisait du bien. Ses cauchemars s’atténuaient un peu, mais encore maintenant, tout ce qui lui revenait en tête à propos de Mary était uniquement son cadavre. La sorcière reporta son attention sur la jeune adolescente et s’approcha d’elle de nouveau en lui tendant la main. « Je m’appelle Lincoln. Lincoln Bennett. Ma meilleure amie était une née moldue elle aussi. Elle s’en vantait tous les jours. Moi dans sa famille, j’étais plutôt une née-sorcière. » La vélane pouffa légèrement. Mary s’amusait souvent à lui dire ça, surtout quand elle était à l’arrière de la mini que son père apprenait à la petite brune à conduire. « Oh, et je n’ai pas ma baguette sur moi, elle est restée dans mon appartement. » Dit-elle en levant les mains, les yeux vers le ciel et en haussant les épaules, comme pour se demander à elle-même comment elle avait pu l’oublier en langage corporel. Après un petit rire presque gênée de ne pas être une parfaite sorcière, la jeune femme reprit le contact visuel avec son interlocutrice pour reprendre la conversation, et poser de nouveau la question que l’adolescente avait sciemment évitée. « Et toi ? Qu’est-ce que tu es ? »


Dernière édition par Lincoln E. Bennett le Mer 9 Juil - 22:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: No questions asked   Jeu 22 Mai - 13:58

La sorcière en face de moi avait beau faire preuve de sympathie malgré nos échanges plutôt vifs, il n'en demeurait pas moins que je restais sur mes gardes. L'inconnue n'avait pas l'air bien méchante, mais on ne sait jamais, je n'étais pas à l'abri d'un traquenard, ça ne serait pas la première fois que quelqu'un essaie de me piéger. Puisque j'avais des doutes sur les réelles intentions de cette nana à mon égard, de toute évidence, je n'allais pas lui révéler ce que j'étais. De toute façon, je l'ignorais moi-même alors c'était réglé. J'avais passé une vie entière à me chercher, et à chaque fois, il y avait quelque chose qui venait me dire que je m'étais trompée sur toute la ligne. À dix ans j'étais persuadée que j'allais finir médecin, comme ma mère, je me savais rationnelle, peut-être trop et je ne croyais pas à la magie. J'étais loin d'être naïve, mais j'étais avide de découvertes, je me sentais déjà toute petite dans ce vaste monde. Puis j'étais entrée à Poudlard et toutes mes belles certitudes s'étaient envolées. Je ne serai jamais médecin, de toute façon, je ne pourrai jamais exercer dans le monde moldu, faute d'avoir les diplômes adéquats, à moins de développer mes qualités de faussaire. J'avais des pouvoirs de sorcière qui m'effrayaient. Me l'avouer m'avait coûté beaucoup mais dans le fond, j'avais la trouille. C'était une peur bleue, viscérale, profonde, la personnification même de tous mes cauchemars d'enfant. La magie existait et elle s'avérait encore plus destructrice que le plus puissant des engins de guerre. La peur m'avait gagnée la première fois que j'avais fait léviter quelque chose sans même avoir à toucher cet objet et elle ne m'avait plus quittée depuis. Je n'étais pas normale, j'étais potentiellement un monstre et pourtant je n'avais pas d'autre choix qu'apprendre à faire des tours de passe-passe, une absurdité selon moi. Tout ce que j'avais pu lire dans tous ces manuels à la bibliothèque était pour moi une hérésie. J'avais appris l'existence de tout un tas de créatures. Si certaines étaient sympathiques comme tout, comme les Fléreurs par exemple, il existait d'autres abominations. Les Détraqueurs étaient un parfait exemple. Et dire que tout ce temps j'avais coexisté avec ces choses. à tout bien réfléchir, j'aurais préféré ne jamais rien savoir du tout, rester dans l'ignorance, de l'autre côté du miroir. S'il existait une formule qui permettait de renoncer à ses pouvoirs et de tout oublier, je m'en servirais volontiers, seulement, une telle formule n'existait pas et je devais cohabiter avec mes propres ténèbres parce que c'était en moi et je ne pouvais rien y faire. La magie m'était toujours apparue comme quelque chose de mauvais, de néfaste. Je ne pouvais pas envisager qu'il puisse y avoir de bons côtés pour la simple et bonne raison que je n'avais vu que son pire aspect. Je détestais ce que j'étais, du plus profond de mon âme et c'était exactement cela que j'avais rejeté en bloc au point de fuir ce monde qui était pourtant mien.

Si seulement il n'y avait que ça. Je n'avais pas encore eu le temps de m'habituer à l'idée que j'étais une sorcière qu'en plus, j'apprenais que j'étais une voyante. Une voyante, exactement, comme Madame Irma, qui pouvait voir des choses dans les boules de cristal et lire dans le marc de café. Quant à moi, j'avais des visions. Il ne s'agissait pas de réelles prophéties en tant que telles, je n'en avais formulé aucune et encore heureux,  mais je voyais certaines images, des événements qui ne s'étaient pas encore produits. Je ne savais pas réellement quand tout ceci avait commencé, peut-être qu'il en a toujours été ainsi et ce depuis mon plus jeune âge, mais je ne m'en étais pas vraiment rendue compte. Parfois je faisais des rêves bizarres, des rêves qui se réalisaient dans un avenir plus ou moins proches. Jamais cependant je n'aurais pensé qu'il s'agissait de prémonitions, comme dans les séries télévisées. Connaître l'avenir était un fantasme vieux comme le monde, l'être humain étant malheureusement enclin à détester l'inconnu, mais dans mon cas, je m'en passerais bien. À mon avis, il s'agissait surtout d'une malédiction, ça ne pouvait pas être un don. Impossible. Le rêve qui m'avait le plus frappée, c'était sans doute lorsque j'ai vu l’Élu périr sous la baguette de Voldemort. Lorsque je m'étais réveillée cette nuit là, outre la migraine qui m'avait fusillé les neurones, j'avais senti une vive terreur s'emparer de moi. Jamais un rêve ne m'aura laissé un goût aussi amer. J'étais toute seule cette nuit là – comme de nombreuses autres d'ailleurs – personne n'était venu me rassurer, me réconforter. Je n'avais eu qu'à me rendormir ou tout du moins essayer, la peur au ventre. Puis, je m'étais efforcée de tout oublier, de faire comme s'il ne s'était rien passé. Sans doute voulais-je me dédouaner, de cette manière, si cela devait réellement arriver, ça ne serait certainement pas de ma faute. Le voilà, mon fardeau. Ce fardeau, je le portais seule. La culpabilité me rongeait de l'intérieur parce que je savais. Je savais, et je n'ai rien fait. Parfois, je me demandais ce qui allait se passer si quelqu'un découvrait un jour la vérité. Allait-on me punir ? Allais-je me faire lapider par tous les anciens combattants parce qu'une seule parole de ma part aurait suffi à changer le cours des choses ? Allait-on me haïr, me maudire, ou au contraire, me livrer en pâture à Voldemort lui-même ? Je ne voyais pas vraiment ce qu'il irait faire avec une voyante, mais en admettant que ce soit le cas, mes visions seraient à même de l'aider à prévoir ses prochains mouvements. Dès lors, aucune victoire de notre camp ne serait possible. Peut-être que je me donnais trop d'importance dans le fond, mais mon don pouvait être une arme de destruction massive. Tout dépendait en réalité entre les mains de qui il tombait. Aussi, il était primordial que personne ne sache jamais rien. Jamais. Je devais enterrer mon secret à tout jamais. Trop de monde savait. Noah, peut-être Abigaïl, Cersei-Jane – quoique cette dernière pensait sûrement que je racontais des conneries comme pour changer – et c'était déjà trop. Je ne voulais pas que cette fille sache, surtout que je la connaissais à peine.

La dénommée Lincoln ne me semblait pas particulièrement méchante, mais à présent que le monde avait changé, je n'étais plus sûre de rien. Mon expérience m'avait malheureusement démontré que je ne pouvais me fier à personne, que même le plus fervent des alliés pouvait devenir un ennemi du jour au lendemain. « Tant mieux pour vous. » dis-je un peu plus sèchement que je ne l'aurais voulu. C'était pourtant plus fort que moi, je restais sur la défensive. À dire vrai, cela ne me rassurait guère de savoir qu'elle était une vélane, et qu'en plus, elle pouvait faire de la magie sans baguette – encore une absurdité : déjà que j'encaissais tout juste l'idée de faire de la magie avec un bout de bois, savoir que certains sorciers étaient capables de s'en passer dépassait mon propre entendement. Autant dire que je n'étais vraiment pas rassurée. « Vous pouvez faire de la magie sans baguette. » balbutiai-je en levant les mains en signe de défense, pâle comme un linge. « Et je devrais être rassurée ? La bonne blague. Vous pouvez faire de la magie sans baguette, bon sang, et vous me dites ça la bouche en cœur comme si c'était un détail. Laissez moi deux secondes, vous voulez bien ? Juste...deux secondes. » Elle pratiquait la magie sans baguette, bordel. Elle pratiquait la magie sans baguette et elle voudrait qu'on soit  bonnes copines ? « Rassurez-moi, c'est un truc de vélane, pas vrai ? » couinai-je d'une toute petite voix, tandis que je sentais la panique me gagner. Le pire, c'était sans doute que je connaissais la réponse à ma question. Bien sûr que non ce n'était pas un truc propre aux vélanes. Théoriquement, j'étais capable de le faire aussi, cela supposait d'être fort bien entraînée. Je posai une main contre ma bouche, avant de la laisser pendre lamentablement le long de mon corps. « D'accord. » dis-je finalement, tentant de reprendre mon calme. « Je ne sais pas ce que vous cherchez à savoir, mais je ne sais pas exactement ce que je suis. Étonnant, pas vrai ? Je sais que je peux faire de la magie, mais je suis apparemment bien loin du compte au vu de ce que vous savez faire. Je viens d'apprendre que nous pouvons faire de la magie sans baguette, alors vous voyez, je ne suis plus sûre de rien. Je crois que j'ai besoin d'un peu de temps...pour digérer ça. » Elle allait vraiment me prendre pour une folle, une pauvre petite chose trop facilement traumatisée par tout et n'importe quoi, mais au fond, n'était-ce pas ce que j'étais, une pétocharde, avec des œillères qui plus est ? Non, franchement, tout ce que je voulais, c'était retourner me cacher dans mon trou et y rester terrée jusqu'à la fin de mes jours. Ça me paraissait être un très bon programme. Au moins je ne rencontrerai plus jamais de sorciers, de loups garous, de vélanes ou que savais-je encore. Je ne croyais pas à la magie, c'était un fait. On pourrait croire qu'en presque sept ans d'études à Poudlard, j'en avais vu des vertes et des pas mûres mais même pas, j'étais vraiment loin d'avoir tout vu, en fait, tout ce que je connaissais de la magie ne représentait qu'une goutte de pluie dans l'océan, n'en déplaisent à tous ces bouquins que j'avais pu lire pour décrocher les meilleures notes possibles.
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MessageSujet: Re: No questions asked   Jeu 10 Juil - 13:56

La petite brune ne se formalisa pas de la dureté de la réaction de l’adolescente face à elle. Elle avait compris que la jeune fille était un tant soit peu sèche. Elle lui faisait d’ailleurs un peu penser à Rogue. Cette façon de parler je-m’en-foutiste. Elle se tut toutefois, lorsque celle-ci visiblement secouée demanda deux minutes. Lincoln n’avait rien d’autre à faire de la journée que de déménager ses affaires jusque dans la maison de ses parents qui n’était pas si loin en voiture. Et elle n’était pas forcément très pressée d’en avoir fini avec ce déménagement qui sonnait la fin de sa vie à Londres. Dès qu’elle avait terminé, elle partirait vivre dans le sud de la France avec ses parents, qui s’étaient déjà installés depuis un moment déjà et avaient fini par la convaincre de quitter l’Angleterre elle aussi. Elle avait accepté. Maintenant que Mary était morte, elle n’avait plus rien qui la retenait ici. A part Joshua. Il n’avait pas donné de nouvelles à Lincoln depuis si longtemps maintenant, et la jeune femme avait peur de ce qu’elle pourrait trouver si elle cherchait à le retrouver. Connaissant sa famille et leurs antécédents, ce ne pouvait qu’être mauvais. Elle essayait de se rassurer en se disant qu’au moins, s’il restait aux côtés de son père, il serait un minimum sauf, mais elle se détestait en même temps de le laisser ainsi. Elle aurait tellement voulu le trouver et l’emmener avec elle en France, loin de tout ça, mais cela aurait été comme le jeter dans la gueule du loup et l’exposer à la colère de son père qui n’était pas connu pour avoir le pardon facile. Il y avait Phineas aussi, à qui elle avait souvent songé depuis leur rencontre. Mais elle ne le connaissait pas et à vrai dire, elle doutait de le rencontrer de nouveau un jour, surtout si elle quittait le pays. Ce qui était bien dommage d’ailleurs, se prit-elle à penser avant d’être coupée dans ses pensées.

Les mots de l’adolescente rappelèrent la sorcière à la réalité rapidement. « Rassurez-moi, c'est un truc de vélane, pas vrai ? » dit-elle avec une voix haut-perchée qu’elle n’avait pas encore eue jusque là. Lincoln eut un sourire. L’espace d’un instant, avait l’impression d’être face à Joshua quelques années plus tôt. Elle avait l’impression de se trouver face à lui et sa naïveté enfantine de l’époque. Un peu attendrie, la jeune femme se retint pourtant de tout geste qu’elle aurait pu avoir à l’encontre de la jeune femme et ne s’approcha d’elle que pour s’asseoir sur le trottoir non loin de la sorcière qui semblait encore avoir besoin de temps pour elle et pour se remettre de ses émotions. « Dumbledore pratiquait la magie sans baguette. C’était un vélane tu penses ? » Dit-elle un sourire alors qu’elle lançait un regard vers la demoiselle. Elle reporta son attention droit devant elle et se tut enfin, histoire de lui laisser le temps de digérer encore, mais elle n’eut pas le loisir de se perdre de nouveau dans ses pensées que la jeune inconnue semblait vouloir parler un peu plus. Elle releva les yeux vers elle alors pour l’écouter. « Je ne sais pas ce que vous cherchez à savoir, mais je ne sais pas exactement ce que je suis. Étonnant, pas vrai ? Je sais que je peux faire de la magie, mais je suis apparemment bien loin du compte au vu de ce que vous savez faire. Je viens d'apprendre que nous pouvons faire de la magie sans baguette, alors vous voyez, je ne suis plus sûre de rien. Je crois que j'ai besoin d'un peu de temps...pour digérer ça. » Lincoln était un peu étonnée quand même que Tracey n’ai jamais vu personne pratiquer la magie sans baguette. Dumbledore le faisait très souvent devant les élèves lorsqu’elle était à l’école, dans la Grande Salle généralement pendant les banquets, mais à d’autres occasions aussi. Peut-être avait-il cessé après son départ mais pour quelle raison ? A moins que Tracey n’ai jamais fait attention, ce qui était plausible vu la manière dont elle semblait fermée à tout ce qui se passait autour d’elle.  «  C’est lui, Dumbledore, qui m’a donné envie d’essayer. C’est très dur, j’y travaille depuis ma quatrième année, et je n’ai réussi que de petits trucs jusqu’à la fin de l’école. Et depuis, je m’entraine toujours beaucoup pour m’améliorer. » Son regard tomba sur le sol et elle reprit la parole rapidement. « Pour moi aussi c’est plutôt nouveau ce truc de vélane … J’ai toujours cru que comme je ne ressemblais à personne de ma famille, j’étais peut-être passée entre les mailles du filet et que je n’avais rien reçu de tout ça. Mais il se trouve que non. Enfin, je ne suis pas toujours très sûre …  A part un garçon que j’ai rencontré il y a pas longtemps et toi … Ou alors je ne fais pas attention, ou je ne veux pas voir je ne sais pas … » Elle poussa un soupire et replaça une mèche de cheveux derrière son oreille pour se donner quelque chose à faire et continua de scruter le sol presque studieusement. Finalement, elle leva la main jusque son genou et l’ouvrit où quelques gravillons gisaient sur sa paume. Elle lança un regard autour et reporta son attention sur les petits cailloux qui s’élevèrent de quelques centimètres pour danser les uns avec les autres dans les airs. Un sortilège de lévitation qu’on apprenait en première année à Poudlard, l’un des plus simples, qu’elle avait pourtant mis trois ans à maitriser sans baguette mais avec beaucoup d’acharnement. « C’est tout ce que j’arrivais à maitriser avant de quitter Poudlard. » Dit-elle avec un léger sourire. Rien que d’y penser, ça la rendait mélancolique : l’école, l’insouciance, Mary, son hystérie quand elle avait réussi pour la première fois. Ce temps, où elle n’avait à se soucier de rien lui semblait bien loin maintenant, même si ça ne faisait somme toute que quelques années.
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