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 (tracey) ≈ like a stone carried on the river.

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MessageSujet: (tracey) ≈ like a stone carried on the river.   Dim 17 Nov - 13:43


like a stone carried on the river.

tracey m. davis and oswin Wayne.

Well last night I couldn't sleep I got up and started walking Down to the end of my street And on into town. Well I had no one to meet And I had no taste for talking Seems I'm talking my whole life, It's time I listen now. Well I walk passed the late night boys, With their bottles in the doorways And I walk passed the business men, Sleeping like babies in their cars. And I thought to myself oh son You may be lost in more ways than one. But I've feeling that it's more fun, That knowing exactly where you are. ~ keep on walking.


Des réponses, il fallait qu’elle trouve des réponses. Il s’agissait désormais de la seule chose qui importait aux yeux d’Oswin. De quoi pouvait-elle se soucier d’autre ? Elle n’avait même plus de travail. Tout ce qu’il lui restait, c’était cette enquête qu’on avait jugé bon de lui retirer sans même lui expliquer pour quoi. Elle avait constamment la dérangeante impression qu’elle passait à côté de quelque chose, un détail évident qu’elle n’était pas en mesure de voir. Elle savait qu’il y avait quelque chose qu’il fallait qu’elle comprenne pour enfin trouver le fil conducteur de cette enquête, mais il n’y avait rien à faire, ça ne venait pas. C’était pourtant comme si elle en était proche, vraiment proche, mais toutes les hypothèses qu’elle pouvait dresser ne faisaient que la faire passer pour une folle. Si elle continuait ainsi, il ne faudrait pas bien longtemps avant qu’on ne la retrouve enfermer dans un asile psychiatrique de la ville. C’était peut-être pour ça qu’on l’avait destituée de ses fonctions, parce qu’elle devenait complètement cinglée. Elle avait quand même été jusqu’à prétendre qu’il y avait derrière tout ça une histoire de magie. Bien-sûr Oswin, les magiciens existaient et bientôt tu pourrais également mettre tous ses meurtres sur le dos des petits hommes verts. Elle était finalement bien pathétique de se mettre en tête des idées pareilles. Nombreux étaient-ceux qui lui avaient dit de laisser tomber, ça n’en valait plus la peine, surtout depuis qu’elle ne travaillait plus officiellement pour la police. Elle aurait dû écouter tous ceux qui disaient qu’elle se prenait la tête pour pas grand-chose. L’enquête n’était plus sienne alors, la logique aurait voulu qu’elle laisse tomber, quelqu’un d’autre s’en occupait sûrement déjà de cette enquête et elle, elle était juste bonne à rester sur le banc de touche pendant une durée indéterminée sans que personne ne lui ait expliqué pourquoi. De toute évidence, avant d’être suspendue, elle n’avait fait aucune hypothèse complètement folle. Cette histoire de magie, ça ne lui était venu qu’après. Personne au bureau ne savait qu’elle était sur le point de devenir complètement folle et puis, elle avait toujours fait son travail avec énormément de sérieux, si elle avait obtenu une promotion si jeune, ce n’était pas pour rien, c’était ce qu’elle se plaisait à croire. C’était parce qu’elle avait cette capacité à mettre toute sa vie entre parenthèses pour ne se consacrer qu’à son travail. C’était ce qu’elle faisait depuis de nombreuses années, parce qu’elle suivait les traces de son père, elle voulait être comme lui. Une autre idée complètement folle venant d’elle puisque son père avait fini par se faire descendre à cause de ce boulot. Depuis longtemps déjà, elle avait oublié comment vivre en dehors du travail, être suspendue était certainement la pire chose qu’il puisse lui arriver, il était clair qu’aujourd’hui, elle était bien incapable d’occuper ses journées autrement qu’en enquêtant, c’était pour cette raison qu’elle n’était pas prête à faire ce qu’on ne cessait de lui répéter. Laisser tomber. Elle n’avait pas envie de baisser les bras, elle n’était pas le genre de personnes qui baissaient les bras à la première difficulté, elle était bien trop têtue et bornée pour ça. Elle avait décidé qu’elle irait jusqu’au bout de cette maudite enquête alors, elle irait jusqu’au bout, suspendue ou pas. Il y avait une toute autre raison qui la poussait à chercher des réponses avec autant d’avidité, elle ne savait pas vraiment pourquoi, mais elle le sentait au fond d’elle-même, qu’elle en avait besoin pour elle-même, comme si résoudre cette enquête allait l’éclairer sur bien des points de sa propre vie. Encore une idée complètement absurde dont elle n’arrivait pas à se défaire. Il n’y avait pas à dire, de jour en jour, elle devenait vraiment un petit peu plus folle. Ainsi soit-elle, si elle devait finir à l’asile, alors elle y finirait, mais ce serait en ayant mené cette maudite enquête jusqu’au bout.

C’était cette folle volonté qui l’avait fait quitter son appartement alors que la nuit venait de s’installer dans la ville de Londres. Elle était bien placée pour savoir qu’il se passait plus de trucs lugubres en plein milieu de la nuit que durant la journée. Ce n’était pas bien compliqué à expliquer comme phénomène, le jour les rues de la capitales étaient pleines, la nuit, elles se vidaient peu à peu. Ça n’avait pas d’importance, elle n’avait pas vraiment l’impression qu’il puisse lui arriver quoi que ce soit, il fallait juste qu’elle retrouve un homme et qu’elle lui pose quelques questions. Si elle avait choisi d’agir à la nuit tombée, c’était bel et bien pour éviter de tomber sur la police. Elle n’en faisait plus vraiment partie aujourd’hui alors, s’ils avaient suivit la même piste qu’elle et qu’eux aussi choisissaient d’aller interroger cet homme, elle pouvait être condamnée pour entrave à la justice. Elle n’en avait pas la moindre envie, alors même si c’était un peu fou, elle était descendue dans les rues de Londres alors que la nuit s’était installée et que la seule lumière pouvait la guider était celle des lampadaires. Elle trouva bien vite l’adresse qu’elle cherchait, pour avoir travaillé et grandi à Londres depuis toujours, elle avait fini par très bien connaitre la ville, aussi grande soit-elle. Elle cogna quelques coups contre la porte, mais n’obtenu aucune réponse, elle jugea bon de recommencer plusieurs fois, mais chaque fois, ce fit la même chose, aucune réponse. La jeune femme laissa échapper un long soupire avant de regarder derrière elle, personne aux alentours apparemment. Elle prit quelques secondes pour réfléchir avant de décider de contourner la maison, là, elle aperçu de la lumière par l’une des fenêtres. S’il y avait de la lumière, c’était qu’il y avait du monde, alors pourquoi est-ce qu’on ne daignait pas lui ouvrir ? Elle était trop petite pour regarder par la fenêtre, elle regarda autour d’elle, avant d’apercevoir un baril qui devrait faire l’affaire. Non sans difficulté, elle poussa ce dernier en dessous de la fenêtre avant de l’escalader avec prudence, maudissant soudainement les modes pour avoir décidé qu’avec un tailleur, il fallait mettre des escarpins et non pas des baskets. Elle réussi tout de même à monter dessus et enfin, elle pu voir ce qui se passait dans la maisonnette. Elle fronça légèrement les sourcils, elle avait l’impression d’être en train d’assister à une réunion d’une secte vu comment les personnes assis autour d’une table étaient habillées. Chacun son style disait-on, mais là les longues capes, ça faisait quand même assez étrange. C’était, selon elle, un peu passé de mode comme style vestimentaire. Soudain, elle vit l’un d’eux regarder en sa direction. Elle s’accroupi rapidement. « Merde ! » Elle se dépêcha de descendre de son baril alors qu’un éclair de lumière fit exploser la fenêtre. Rapidement, elle s’éloigna de la maison, sans regarder derrière elle, elle ne savait pas qui étaient ces types, mais elle venait d’assister à une scène bien étrange, elle avait la maudite impression d’être suivie, si bien qu’elle décida de monter dans le premier métro qui passerait, il y avait toujours du monde dans les stations de métro, même à la nuit tombée, après tout, les gens devaient bien rentrer chez eux. Elle prit donc le métro, sans savoir où elle allait, tout comme elle en descendit sans faire attention à la station. Ce ne fut qu’en sortant de la station qu’elle remarqua le nom de la rue où elle était. Cette rue, elle la connaissait bien. Elle était déjà venue plusieurs fois. Instinctivement, elle se dirigea vers le bar dans lequel elle avait l’habitude d’aller et où elle avait eu l’occasion de rencontrer une certaine Tracey Davis qu’elle avait interrogée, elle était d’ailleurs persuadée que cette jeune fille en savait bien plus qu’elle ne voulait le dire. Elle était tombée sur elle durant son enquête, maintenant, elle avait eue une entrevue avec des gars bizarres et tout devait bien être liée d’une façon ou d’une autre, ça valait bien le coup de revenir dans ce bar. Elle en poussa rapidement la porte avant de s’avancer vers le comptoir, pour se retrouver pile en face de la personne à qui elle voulait s’adresser, la dite Tracey, celle qui l’avait bien faite passer pour une folle la dernière fois qu’elles s’étaient vue. Qu’importe,  elle n’était pas folle, elle le savait et ce qu’elle avait vu ce soir semblait appuyer ses hypothèses et elle savait que cette fille était de près ou de loin mêlée à tout ça. Elle tira le tabouret pour s’assoir, dans un long soupire elle déposa ses affaires à côté d’elle. « Un whisky, pur, sans glaçon s’il vous plait. » Elle avait au moins besoin de ça pour se remettre de ce début de soirée mouvement, quoi qu’elle n’était pas franchement sûre qu’un seul verre puisse suffire, enfin, ce serait un bon début.
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MessageSujet: Re: (tracey) ≈ like a stone carried on the river.   Mar 19 Nov - 13:50

Ce n'était pas mon genre de me plaindre. Absolument pas. Je râlais peut-être beaucoup, mais pas pour des choses vraiment importantes. Je me contentais la plupart du temps d'encaisser sans sourciller. Cependant, je sentais que j'arrivais – déjà – à saturation. Cela faisait à peine un peu plus d'un mois que je travaillais ici, et pourtant, j'avais déjà envie de tout plaquer et de passer à autre chose. J'avais beau me dire que c'était temporaire, en attendant quelque chose de mieux, le temporaire devenait un peu trop définitif à mon goût. Temporaire signifiait ici jusqu'à la fin de cette période sordide. Non pas que j'avais des velléités de retourner dans le monde magique après ça, ce que j'en avais vu durant ce court laps de temps où j'étais sorcière m'en avait dégoûtée, mais je voulais faire autre chose. Autre chose qui corresponde un peu plus à mes compétences, dirons-nous. Malgré tout, la situation s'éternisait, un peu trop. Et moi, j'étais tout simplement fatiguée. Écœurée, même. Je ne pouvais même pas aller à la fac chez les moldus et faire les études que je souhaitais. Pourtant, ça m'aurait mille fois mieux convenu que ma situation actuelle. J'avais toujours adoré étudier, et ce depuis mon plus jeune âge. Ne plus avoir le nez perpétuellement plongé dans les bouquins me manquait. J'aimais ça, devoir plancher sur un devoir plutôt complexe, être satisfaite dès que la réussite pointait le bout de son nez. La vérité, c'est qu'ici, je dépérissais, tout simplement. Je n'avais ma place ni dans le monde magique, ni dans le monde des moldus. Dans le monde magique, parce que j'étais inférieure en raison de ma naissance et de mon sang, et dans le monde moldu, j'avais des pouvoirs, et personne ne devait le découvrir, absolument personne. Car si tel était le cas, je violerais toutes les lois fondamentales du monde magique, à savoir garder le secret sur ce que j'étais. D'emblée, j'étais condamnée à être marginalisée, où que j'aille, et peu importaient les personnes que je fréquentais. Encore plus quand je savais pertinemment que le monde magique m'avait tout pris. tout. Par dessus tout, Noah me manquait. Moi qui avais été habituée à sa présence quasi quotidienne pendant une si longue période, ne plus le voir aussi souvent laissait comme un vide, un vide béant que rien ni personne ne pouvait combler. Bien sûr, prétendre que c'était simplement par la force de l'habitude qu'il me manquait serait faire preuve d'une mauvaise foi considérable. Mais je l'avais perdu, ce qui faisait que j'étais encore plus dégoûtée du monde magique et de ses lois absurdes. Y renoncer n'avait pas vraiment d'importance, puisque je n'avais plus rien à perdre. Rien du tout.

D'un regard las, je fixais les clients du bar. Eux, ils avaient le droit d'être plus ou moins insouciants, ils étaient ignorants de ce qui se passait sous le nez. Ils riaient et bavardaient gaiement, et tant de bons sentiments me donnaient la nausée. Peut-être étais-je jalouse, amère et aigrie, mais ce qu'ils ne savaient pas, c'est que malgré mon jeune âge, j'avais vécu plus de choses qu'ils ne vivront eux mêmes dans toute une vie. Oh que oui, je les enviais. Ils avaient tout ce que je pouvais désirer. Une vie parfaitement normale. Le droit de dormir sur leurs deux oreilles. Une tranquillité d'esprit qui m'était totalement inaccessible, en somme. À un point tel que je ne pouvais pas m'empêcher de sursauter à chaque fois que quelqu'un entrait dans ce fichu bar et faisait retentir cette fichue clochette. Non, je n'étais pas devenue complètement paranoïaque, encore que, mais depuis que je venais travailler ici, beaucoup trop de sorciers s'y rendaient à mon goût, c'était un coup à griller ma couverture et anéantir mes chances d'avoir une vie à peu près normale, sans magie, sans mensonges, sans grands mystères irrésolus. Et puis, j'avais toujours ce stupide espoir de le voir franchir le pas de cette porte exactement comme il l'avait fait la dernière fois. Mais cette fois-là, il était venu pour me dire au-revoir, et dès lors, j'avais dû me faire une raison, admettre qu'il n'allait jamais plus revenir. Et il avait tenu sa promesse. Je laissai échapper un soupir à fendre l'âme, alors que je disposais machinalement des verres sur un plateau, prêts à être expédiés aux clients qui les avaient demandés. Je leur adressais des sourires aimables, je me prêtais au jeu de la conversation parfois, je me laissais même séduire par les plus téméraires d'entre eux, mais aucun ne voyait à quel point j'étais au bout du rouleau, malheureuse comme jamais, et profondément pathétique. Tout comme lorsque j'étais encore à Poudlard, je me laissais aller au jeu des apparences : ce que je voulais bien montrer ne reflétait en rien ce que j'étais réellement, je m'étais tellement prise au jeu qu'aujourd'hui, je ne savais même plus qui j'étais. Je me sentais perdue dans ce vaste monde, dans ce monde trop grand pour moi. Je vérifiai une fois encore que tout y étais, puis, tout en me parant d'un sourire purement factice, je pris mon plateau et, précautionneusement, j'allai le porter aux clients qui les attendaient. Je distribuai les consommations à chacun, alors qu'ils cherchaient dans leurs portefeuilles des pièces et des billets pour les payer. « Gardez la monnaie. » me dit un homme âgé d'une cinquantaine d'années, qui me rappelait tellement mon cher père avec son visage sympathique et son sourire bienveillant. Un jeune homme se pencha vers moi et me tendit un billet, à l'abri des regards. « Prenez ceci et ne le dites à personne. Ce sera notre petit secret. » La remarque m'arracha un vrai sourire, timide, mais sourire quand même. Il venait de me donner un généreux pourboire. « Au moins, j'ai réussi à vous faire sourire. » conclut-il avec une certaine satisfaction. « Me voilà chanceux. » Ses compagnons se mirent à rire doucement. Ce n'était pas un rire moqueur, mesquin, mais un rire plutôt complice, approbateur. Il m'incita à me pencher davantage, de façon à ce que je puisse être la seule à l'entendre. « Ayez confiance en vous. » me conseilla-t-il, alors que sa main s'était refermée sur mon poignet pour ne pas que je m'échappe. « Vous êtes belle, vous devriez sourire plus souvent. » Puis, il me libéra enfin. Je leur adressai à tous un sourire purement commercial, avant de filer sans demander mon reste, le plateau sous le bras.

La situation, en soi, n'avait rien d'exceptionnel. Parfois, j'entendais les autres filles parler, et elles s'amusaient des regards emplis de convoitise que leur jetaient les clients, parfois même sous le nez de leur compagne. Il était vrai qu'Emily et les autres étaient toutes plutôt jolies, elles étaient jeunes et souriantes, naturellement sociables. D'ailleurs, une autre serveuse n'avait pas perdu une miette de ce qui venait de se passer, et sitôt que je fus près d'elle, elle m'apostropha. « Au fait Tracey, qu'est-ce qu'il t'a dit, l'autre type ? » Je jetai un coup d'oeil à la table en question, avant de hausser les épaules d'un air faussement blasé. « Rien d'important. » En fait, c'était au contraire très important. Il m'avait aperçue pendant quelques minutes seulement, et il avait mis le doigt sur un des problèmes majeurs de mon existence : mon manque de confiance en moi. Aujourd'hui, j'étais une vraie jeune femme, qui devrait être sûre de ses charmes, mais il n'en était rien. Absolument rien. Mon apparente arrogance n'était qu'un leurre, destinée à tromper les plus crédules. Les plus intelligents, eux, étaient difficiles à berner, ils savaient voir juste. Exactement comme ces gens, ces illustres inconnus qui ne me connaissaient ni d'Eve, ni d'Adam. Après ce bref intermède, je me tournai alors, et je fis immédiatement face à quelqu'un que je n'avais absolument pas envie de voir. Non pas que cette femme était particulièrement antipathique, dans le fond, ce n'était qu'une petite moldue un peu trop curieuse, mais elle était la personnification même des ennuis que je savais si bien m'attirer. Déjà que j'étais potentiellement pourchassée par les mages noirs en raison de mon ancienne affiliation à la résistance, s'il fallait en plus que j'ai les autorités moldues aux basques en raison des phénomènes magiques qui prenaient mystérieusement leur source à l'endroit où je me trouvais, je n'étais pas sortie de l'auberge. En l'espace d'un instant, je fus tentée de lui effacer la mémoire, purement et simplement, mais ce n'était pas vraiment une bonne idée : ne risquais-je pas gros si j'utilisais la magie contre un moldu ? Encore que, vu l'idéologie du gouvernement actuel, je ne doutais pas une seule seconde qu'ils seraient ravis si je me mettais à persécuter les moldus. Et il était absolument hors de question que je leur donne ce plaisir là. Souci d'éthique, vous comprenez ? Aussi ne pus-je faire autre chose qu'afficher un sourire de circonstance, afin de ne rien laisser entrevoir du fait que sa présence me gênait.  « Un whisky, pur, sans glaçon s’il vous plait. » Elle s'était exprimée sans même que je ne sois obligée de lui demander ce qu'elle désirait. tant mieux. Au moins, je ne serais pas obligée de lui faire la conversation. « Tout de suite. » répondis-je d'un ton un peu trop enjoué. Je me détournai alors, pour m'emparer de la bouteille d'alcool et lui verser son fond de whisky, comme demandé. Une fois cela terminé, je me tournai à nouveau vers elle, et poussai son verre vers elle. « Ce sera tout ? » Je me mis à prier intérieurement pour qu'elle n'ait pas dans l'idée de me tenir la jambe trop longtemps, ni même qu'elle me pose quelques une de ses questions embarrassantes, je n'avais certainement pas envie de subir un de ses interrogatoires devant mes autres collègues. Je jetai un œil à la silhouette de la blonde. Elle ne semblait pas porter d'insigne, ce qui signifiait qu'elle ne devait pas être en service. Tant mieux. Vraiment tant mieux.
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MessageSujet: Re: (tracey) ≈ like a stone carried on the river.   Mar 24 Déc - 23:26


like a stone carried on the river.

tracey m. davis and oswin Wayne.

Well last night I couldn't sleep I got up and started walking Down to the end of my street And on into town. Well I had no one to meet And I had no taste for talking Seems I'm talking my whole life, It's time I listen now. Well I walk passed the late night boys, With their bottles in the doorways And I walk passed the business men, Sleeping like babies in their cars. And I thought to myself oh son You may be lost in more ways than one. But I've feeling that it's more fun, That knowing exactly where you are. ~ keep on walking.


C’était, peut-être un don, pour certaines personnes de s’attirer des ennuis. Si tel était le cas, Oswin devait faire parti de ces personnes. Elle aurait pu, elle aurait dû rester tranquillement chez elle ce soir, et pas seulement ce soir, tous les jours, tous les soirs depuis qu’elle avait été relevée de ses fonctions. Elle ne devait rien à personne, certainement pas à la police, puisqu’on l’avait évincée sans même lui expliquer pourquoi. Elle aurait dû, simplement choisir de profiter de se temps libre pour prendre des vacances, voyager, profiter de sa jeunesse, se trouver quelqu’un avec qui partager sa vie, comme sa mère ne cessait de le lui répéter. Au lieu de ça, il fallait qu’elle continue à creuser alors même qu’on lui avait fait comprendre qu’il fallait absolument qu’elle laisse tomber. Elle était beaucoup trop têtue et, il arriverait un moment où elle en paierait les conséquences. Elle se doutait bien qu’elles ne seraient pas belles. Son père était mort dans l’exercice de ses fonctions, elle avait suivit ses traces avec naïveté. Cependant, elle était presque certaine que l’enquête dans laquelle elle s’enfonçait peu à peu était plus étrange que celle qui avait tué son père. Il s’était prit une balle. Une tragique histoire, qui restait presque normale vis-à-vis du métier de son père, le même que celui qu’elle exerçait à l’heure actuelle. Cette enquête sur laquelle elle était, depuis longtemps déjà, depuis que cette maudite promotion lui était tombée dessus, alors qu’elle était encore beaucoup trop jeune, trop peu expérimentée, cette enquête là, elle n’avait rien de normale. Chaque détail face auquel elle se retrouvait confrontée l’enfonçait d’avantage dans les hypothèses les plus folles. Oui, la jeune femme aurait dû laisser tomber depuis bien longtemps, avant même qu’on ne le lui suggère. Elle n’en serait pas là aujourd’hui. Perdue dans des choses qu’elle ne comprenait pas, qu’elle ne pourrait, au fond, jamais comprendre. Elle plongeait peu à peu dans un univers qui n’était pas le sien, un univers dans lequel elle n’avait pas sa place et, bien entendu, un univers auquel elle ne pouvait pas croire. Chaque parcelle de son existence était parfaitement rationnelle. Elle avait cru à bien des choses quand elle était plus jeune. Le père noël, la fée des dents, même le prince charmant – aujourd’hui, celui là était bizarrement le plus improbable des trois – mais c’était quand elle était enfant, c’était à une époque bien lointaine aujourd’hui. Oswin avait grandi, elle avait cessé de croire en toutes ces choses qui auraient pu embellir le monde dans lequel elle avait évolué. C’était loin derrière elle et ce casse tête qu’elle essayait de résoudre ne pouvait, tout bonnement pas se résumer au mot magie. Elle ne savait pas ce qu’elle avait vu par la fenêtre de cette maison, elle ne voulait pas savoir. Elle voulait simplement, chercher une réponse rationnelle à cette vision car il devait forcément en exister une. La magie n’existait pas. Elle le savait, elle en était persuadée, c’était dans les fondements mêmes de ses croyances. Elle détestait cette situation, être là à se poser des questions qui ne devraient même pas exister. Toute une partie d’elle-même était en train de paniquer, l’autre cherchait à rationnaliser le tout afin d’apaiser tous ces doutes, mais elle ne trouvait rien, rien d’utile, juste des questions qui bien entendu n’arrangeaient rien du tout à son état. Elle ne savait pas si quelque chose pouvait vraiment améliorer son état en cet état précis. Peut-être une hospitalisation d’urgence dans un centre psychiatrique. Elle devenait folle. Peut-être qu’elle manquait de sommeil, qu’elle passait trop de temps à travailler et que son cerveau ne suivait pas le rythme. C’était peut-être pour ça qu’on lui avait retiré sa plaque, pour qu’elle se repose. Elle refusait d’admettre cependant qu’elle puisse avoir un problème. Il y avait une autre explication quelque part. Elle allait bien, elle était parfaitement saine d’esprit et il y avait bien une personne quelque part, dans la ville de Londres qui pouvaient éclairer ses trop nombreux questionnements. C’était son instinct qui l’avait guidée jusqu’à ce bar en plein centre de la ville. Elle y avait trouvé, par le passé, cette fille, qui elle le savait par expérience, en savait bien plus qu’elle ne voulait l’admettre. Elle n’avait aucune preuve tangible, c’était pour ça qu’elle avait abandonné cette partie de son enquête, mais beaucoup d’indices, ou en tous cas le peu d’indices qu’elle avait, l’avait menée jusqu’ici. Ce soir, alors qu’elle cherchait des réponses à toutes les choses improbables de sa vie, c’était encore dans ce bar qu’elle se retrouvait, comme si elle espérait que cette fille se montre plus coopérative que la fois précédente. C’était stupide, c’était à ce demandé si au fond, elle ne cherchait pas à vraiment se faire enfermer ans l’asile psychiatrique le plus proche. Ce n’était pas son but et pourtant, ça semblait être la seule finalité de chacune de ses actions.

Elle était là dans ce bar, arrivée bien vie au comptoir, il ne lui avait pas fallu beaucoup de temps pour repérer sa cible, pas plus qu’il ne lui en avait fallu pour passer commande. Une bouteille entière de whisky n’aurait pas suffit à apaiser son esprit tourmenté, elle le savait parfaitement, tout comme elle savait que, noyer ses problèmes dans l’alcool n’était une solution à rien du tout. Elle valait mieux que ça et elle n’allait pas devenir une soularde à cause d’une enquête la dépassant complètement. Elle avait pourtant, pour l’heure, bien besoin d’un bon verre, peut-être plus. Elle ne savait pas, elle ne savait, plus grand-chose. « Tout de suite. » La blonde leva les yeux vers la serveuse, lui adressant un sourire de politesse, un très léger sourire, comme si elle était incapable de faire mieux pour l’instant, alors qu’elle était toujours et encore focalisée sur ce qu’elle avait vu quelques minutes plus tôt. A moins qu’elle ne se cogne la tête très fort et se fasse hospitalisée d’urgence, il y avait peu de chance pour qu’elle oublie tout ça de toute façon. Cette histoire allait la tracasser, la travailler jusqu’à ce qu’elle trouve enfin des réponses à ses questions, parce qu’elle était cette fille, têtue comme pas deux qui n’avait pas su laisser tomber lorsque c’était encore possible. Maintenant, elle ne pouvait plus laisser tomber, C’était impossible. Elle avait besoin de réponse à ses questions et, à chaque fois qu’elle trouvait une piste pour avoir une réponse, elle ressortait avec une autre question, mais pas la moindre réponse. Elle n’était, en somme, pas du tout aidée. Sans doute que, la serveuse du bar, n’allait pas vouloir l’aider, pas ce soir plus qu’un autre soir. Quoi qu’elle sache, elle avait l’air bien décidée de laisser la jeune policière se débrouiller toute seule avec ses histoires. Ils étaient tous comme ça, même le reste de la police. Ils avaient simplement décidé de laisser tomber. Des gens étaient morts dans des circonstances bien étrange, chaque point de l’enquête était parfaitement improbable, assez pour interloquer les esprits des moins curieux et pourtant, personne ne faisait rien. Aux yeux d’Oswin c’était simplement complètement fou. Une chose de plus à ajouter à la longue ; une liste vraiment trop longue et qui ne cessait de s’accroitre. Elle regarda, d’un air perdu, le liquide marron se verser dans le verre qui lui faisait face. Elle sortit de ses pensées dans un léger sursaut alors que la voix de la jeune femme était parvenue à ses oreilles. « Ce sera tout ? » Un nouveau sourire traversa le visage d’Oswin, tout aussi fin et éphémère que le précédant, ses traits étaient trop tirés par l’angoisse qui s’était emparée d’elle pour qu’elle soit de sourire plus que ça. « Oui, oui. Merci. » D’un geste rapide, elle attrapa le verre en face d’elle avant de le porter à ses lèvres. Pendant un court instant, elle resta ainsi, n’avalant pas la moindre gorgée du liquide que contenait son verre. Finalement, dans un geste brusque, elle reposa son verre. « Attendez ! » Elle ne voulait finalement pas que la jeune serveuse ne s’en aille, elle avait beaucoup d’autres choses à lui demander. Ce n’était probablement ni la bonne heure ni le bon lieu, mais elle n’en n’avait pas grand-chose à faire. De toute façon au point où elle en était, elle doutait que quelque chose d’autre puisse d’avantage la préoccuper. Ça semblait tout simplement impossible, ce serait trop pour son pauvre cerveau. « Il y a bien quelque chose d’autre que vous pouvez faire pour moi. » Elle fixa la jeune femme avec tout le sérieux du monde, avant de replacer d’un geste rapide, ses lunettes sur son nez. Elle se pencha ensuite sur son sac pour en sortir un lourd dossier. Elle le trimbalait avec elle la plupart du temps, sa paranoïa se développant peu à peu, elle avait pris soin d’en faire plusieurs copies, comme si elle avait peur qu’on cherche à effacer ses recherches de la même façon qu’on avait cherché à la mettre sur la touche en la destituant de ses fonctions. « Je suis sûre que vous vous souvenez de moi, on n’oublie pas si facilement la folle du coin. » Elle releva la tête vers la serveuse, un sourire cette fois parfaitement ironique dessiné sur les lèvres. Elle était peut-être passée pour une folle la fois dernière, mais elle ne l’était pas, elle ne voulait pas l’être. « J’aurais bien encore quelques questions à vous poser. Je travaille pour la police alors ce serait bien de coopérer. » Le passé aurait été plus adapté dans sa phrase. Elle ne travaillait techniquement plus dans la police, mais ça, son interlocutrice n’était pas censée et elle comptait bien là-dessus pour espérer ressortir de là avec un brin de réponse ; si, elle décidait de sortir de là, elle ne voulait pas l’avouer, mais, ce qu’elle avait vu dehors lui faisait assez peur pour qu’elle décide de rester planquée au fond d’un bar, au moins pour le reste de la soirée.


hj : je suis vraiment désolée pour le temps de la réponse  :potté: 
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MessageSujet: Re: (tracey) ≈ like a stone carried on the river.   Mer 22 Jan - 22:31

J'avais la poisse. Ce n'était pas possible autrement. Sinon, comment expliqueriez-vous le fait que les indésirables continuaient à me poursuivre, me collant à la peau comme un mauvais sort ? Je n'en sortirai jamais. Cette moldue faisait partie des indésirables en question. En soi, elle n'était pas particulièrement dangereuse, elle ne pouvait pas me faire trop de mal – sauf si elle décidait subitement de me tirer dessus avec son flingue, seulement, elle représentait un danger pour la communauté magique dans son ensemble. La moldue ne devait rien savoir. Elle devait continuer à ignorer notre existence. Moins elle en saurait et mieux on s'en porterait, l'une comme l'autre. Si elle était aussi inoffensive que cela, pourquoi, dans ce cas, je me sentais menacée ? Simplement parce que je faisais partie de ceux qui cachaient un secret. Un gros secret, pas un secret de polichinelle. Un secret qui lui ferait dresser les cheveux sur la tête, et qui l'empêcherait de fermer l'oeil une fois la nuit venue. Un secret terrifiant dont les enjeux étaient importants. Très importants. Je n'étais malheureusement pas aussi innocente que je le laissais entendre. Bien malgré moi je trempais là dedans depuis longtemps déjà. Je pourrais m'inventer n'importe quelle vie que je serais quand même coupable, coupable parce que j'avais du sang sur les mains, et pas qu'un peu. La guerre m'avait bousillée, elle m'avait fait commettre le pire. Je n'assumais pas vraiment. Je culpabilisais souvent. Ça me rongeait de l'intérieur, ça avait fini par me bouffer toute entière. Cela se voyait à mon attitude que je cachais quelque chose. J'avais le regard fuyant, j'étais sans cesse sur mes gardes, sursautant à chaque bruit suspect que j'entendais. De toute évidence, je n'avais pas la conscience tranquille. À bien des égards, mon attitude pouvait paraître suspecte aux yeux des autres. Mes collègues, bien qu'ils n'étaient pas très malins avaient réussi à flairer quelque chose. Je les entendais parler, parfois. Et le mot bizarre revenait souvent dans les conversations. Si ce n'était que ça. La réalité était encore pire. Ils n'imaginaient même pas quel genre de monstre ils côtoyaient chaque jour. Pour eux, j'étais simplement la pauvre fille qui avait un regard qui faisait froid dans le dos. Rien d'autre. S'ils savaient. Voir la flic moldue me tourner autour comme un rapace avide de chair fraîche - elle, c'était simplement pour avoir quelques renseignements sur mon compte – n'allait pas améliorer ma réputation, loin de là. Dans leur tête, je serai celle qui trempait dans des affaires louches. Du genre, trafic de stupéfiants, des petites choses complètement inoffensives et banales à côté de ce qui se tramait dans notre monde. Dans mon monde. Non, ils n'avaient même pas idée.

Par contre, la moldue se doutait bien de quelque chose. J'ignorais ce qu'elle savait exactement et une partie de moi ne souhaitait pas le savoir, mais l'autre fois, j'avais réussi à arrondir les angles en la faisant passer pour une folle furieuse qui voyait des trucs qui n'existaient pas. D'ailleurs, cela m'étonnait qu'on ne lui avait pas encore enfilé la camisole de force. Pourtant, elle était là. Elle était revenue à la charge. Elle n'avait pas abandonné sa quête insensée, et il fallait le dire, suicidaire. Car oui, c'était suicidaire pour un moldu de s'aventurer dans le monde magique, surtout par les temps qui courent. Elle n'avait aucune chance. Quant à moi, j'en avais un peu ras le bol de jouer les nounous pour les moldus en détresse. J'avais déjà assez donné avec Emily. Si en plus je devais m'occuper de la flic, ce serait vraiment la fin des haricots. Bien entendu, je ne souhaitais pas en arriver là. Je gardais obstinément le silence, ne répondant que de façon on ne peut plus laconique. Ne disaient-ils pas tout ce que vous pourrez dire sera retenu contre vous ? je devais faire preuve d'une certaine opacité. C'était comme ça. De toute façon, en admettant que j'eusse le droit de lui dire quoi que ce fût, je ne lui aurais sans doute rien dit. Malheureusement pour elle, j'étais quelqu'un qui savait très bien mentir et garder les secrets. Une vraie tombe. Aussi n'avait-elle rien à espérer de ma part. Absolument rien. Elle pouvait finir son verre et partir. Je n'étais pas encline à subir un quelconque interrogatoire. Pourtant, je la tenais à l'oeil, la mettant tacitement au défi de continuer à harceler sur mon lieu de travail. Je réfléchissais alors aux différentes options qui s'offraient à moi. Soit, je feignais l'indifférence comme je savais si bien le faire, et je retourne vaquer à mes occupations non sans laisser la flic sur la touche. Soit, je pouvais simuler une dispute ou autres et prétendre que cette femme me harcelait, la sécurité s'occuperait alors du reste. Soit...j'aviserai, en fonction de ce qu'elle avait l'intention de faire. Pour le moment, je ne pouvais rien faire d'autre que faire comme si de rien n'était. Encore que...« Attendez ! » Mon sang se glaça dans mes veines. Imperceptiblement, je me figeai. Cela ne se voyait sans doute pas puisque je lui tournais à présent le dos, mais j'avais arrêté ce que j'étais en train de faire, comme coupée en plein dans mon élan. Je reposai le torchon que je tenais. Puis, finalement, je me tournai vers elle, puisque ce n'était pas poli de tourner le dos aux gens quand ils nous parlent. « Il y a bien quelque chose d’autre que vous pouvez faire pour moi. » Je pinçai les lèvres lorsqu'elle sortit un gros dossier de son sac. mon dossier, probablement, sinon, pourquoi serait-elle venue par ici ? Ce n'était certainement pas un hasard si elle était là. « Je vous écoute. » dis-je finalement, l'invitant à poursuivre. Ce qu'elle ne tarda pas à faire. « Je suis sûre que vous vous souvenez de moi, on n’oublie pas si facilement la folle du coin. » Bien sûr que je me souvenais d'elle. J'avais souhaité ne plus jamais avoir affaire à elle. Aussi répondis-je à son sourire ironique par un sourire encore plus ironique. On pourrait même croire qu'une lueur de malfaisance brillait au fond de mon regard. Mon côté Serpentard qui ressortait, sans aucun doute. «J’aurais bien encore quelques questions à vous poser. Je travaille pour la police alors ce serait bien de coopérer. » Je haussai un sourcil sceptique. Vraiment ? Et elle comptait me faire quoi exactement ? M'enfermer en prison ? Rien ne m'empêchait de transplaner. Même si soit dit en passant je pouvais être recherchée pour délit de fuite.

Je soupirai longuement, comme pour montrer mon agacement. Je fis claquer mes ongles quelques instants sur le comptoir, avant d'allonger le cou pour tenter de zieuter ce que ce foutu dossier contenait. Je ne savais pas ce que je recherchais au juste, mais j'allais bientôt trouver. « écoutez. » commençai-je avec lassitude. « Vous êtes flic, vous faites votre boulot, c'est bien, mais moi, je n'ai rien de plus à vous dire que la dernière fois. » Je savais très bien de quoi elle voulait me parler. Les Mangemorts, ces morts mystérieuses, ces disparitions inquiétantes, mais il était absolument hors de question que je la mette sur la voie. D'une part, parce que c'était dangereux, pour elle comme pour nous, et d'autre part, je ne voulais pas me faire attraper par le Ministère pour avoir violé le code du secret magique international. Peu importe. « Je ne sais pas ce que vous attendez de moi, mais je vous assure que je n'ai rien à voir dans votre affaire. Je n'ai aucune idée de quelle peut être la cause de ces...phénomènes. » Je tiquai légèrement à ce mot. C'était bien simpliste comme terme au regard de ce qui se passait chez nous. Malheureusement, elle n'aura jamais assez de toute une vie pour comprendre ce qui se tramait de l'autre côté. « Je sais que j'ai un passé. » repris-je, quoique nerveusement. « Je suis orpheline et j'ai passé sept ans en maison de redressement. Oui, je suis une dure à cuire, oui, j'ai fait des choses dans ma vie dont je ne suis pas fière, mais si je suis là aujourd'hui, c'est pour me racheter une conduite. La vie m'a offert une seconde chance et j'entends bien ne pas la gâcher. » Je disais tout cela avec le plus grand sérieux. Dans mon discours, certaines choses étaient à moitié vrai. D'autres en revanche étaient complètement fausses. Après tout, ce n'était pas mon problème, c'était à la flic de démêler le vrai du faux. Cependant, je n'en avais pas fini avec mes mensonges. J'avais d'autres histoires à raconter. « Vous allez me dire que je suis un peu jeune pour avoir passé sept ans dans ce centre. Ce n'est pas impossible, surtout quand on sait que dès mon plus jeune âge je me suis mise à traîner avec des gens plus âgés. Des gens pas recommandables. Une chose en entraînant une autre, j'ai fait des bêtises, et on m'a enfermée, c'est aussi simple que cela. » Encore une fois, c'était à moitié vrai. Il était vrai que je fréquentais les gens plus âgés. Surtout les hommes. C'était un penchant que je ne pouvais ignorer. « Preuve en est, je suis sortie avec un gars quand j'avais quatorze ans, il en avait dix-sept, après quelques semaines de séduction plus ou moins assidue, j'ai perdu ma virginité. J'ai déjà couché avec un autre homme que mon petit-ami. D'ailleurs, le petit ami en question est mort il y a quelque mois dans un accident de voiture...vous savez, conduite en état d'ivresse. Puis, je suis sortie, j'ai rencontré un mec bien, mais il s'est tiré lui aussi. Mais j'imagine que mes histoires de cul n'intéressent pas votre enquête. Pourtant, ce n'est pas une vie de débauche qui fait de moi une criminelle, n'est-ce pas ? » Je ne l'avais pas lâchée du regard, pas une seule fois. Je n'avais même pas rougi en raison de mes propos plutôt crus, je n'avais pas cillé en parlant de la mort de Caïn, bien que je n'aie aucune certitude de ce côté là. Si on y réfléchit bien, cette histoire aurait pu être la mienne, si on occultait tout ce tissu de mensonges. Alors madame l'agent, quel est le verdict ?
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MessageSujet: Re: (tracey) ≈ like a stone carried on the river.   Dim 9 Fév - 18:59

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Well last night I couldn't sleep I got up and started walking Down to the end of my street And on into town. Well I had no one to meet And I had no taste for talking Seems I'm talking my whole life, It's time I listen now. Well I walk passed the late night boys, With their bottles in the doorways And I walk passed the business men, Sleeping like babies in their cars. And I thought to myself oh son You may be lost in more ways than one. But I've feeling that it's more fun, That knowing exactly where you are. ~ keep on walking.


La jeune femme en face d’elle avait été une suspecte dans l’enquête qu’Oswin avait menée avant d’être mise à l’arrêt par son supérieur. Elle avait toute une piste qui menait à cette jeune femme, des témoignages qui semblaient la pointer du doigt, cependant, elle n’avait aucune preuve tangible, comme d’habitude, elle ne faisait que brasser du sang. La serveuse avait été vue au mauvais endroit au mauvais moment, ce n’était qu’une coïncidence qui faisait qu’elle avait mit le doigt sur la jeune femme ; c’était du moins que c’avait dit ses supérieurs. Elle en revanche, elle n’en était pas si sûre. Elle ne voulait pas faire de fausses accusations, elle voulait juste trouver des réponses à ses questions et peut-être qu’elle, elle en avait, ça ne pouvait pas être que le hasard qui avait relié la même personne à plusieurs zones différentes, Oswin était sûre au plus profond d’elle-même que la brune était liée de près ou de loin à cette enquête sans queue si tête qu’elle ne pouvait pas laisser tomber. Des gens étaient morts, c’était normal de vouloir trouver qui avait fait ça, tout comme ça aurait dû être normal pour son interlocutrice de bien vouloir montrer un peu plus de bonne foi pour bien vouloir répondre à ses questions. Elle avait été sauvée la fois dernière, par son supérieur dans la police qui jugeait qu’elle n’avait absolument rien contre cette fille et qui lui avait demandé de réunir des preuves avant de s’en prendre à n’importe qui. Elle avait eu de la chance une seconde fois, parce qu’on avait évincé Oswin de l’enquête, bien malgré elle, elle avait été obligée de laisser pas mal de choses derrière elle pour reprendre ailleurs, maintenant qu’elle avait exploré tout ce qu’elle pouvait ailleurs, enfin, presque tout, elle avait fuit sa dernière piste au moment où s’était devenu trop bizarre pour elle, maintenant, elle pouvait donc s’intéresser de nouveau à la jeune serveuse. Elle n’était pas venue jusqu’à ce bar par hasard, du moins c’était ce qu’elle essayait de se dire pour se justifier, elle pourrait presque se mettre à parler de destin, même si ça paraissait complètement fou et qu’elle ne croyait pas en toutes ses conneries, enfin, c’était une justification comme une autre. Au point où elle en était, qu’elle, elle commence à accuser le destin, ça n’avait rien de surprenant et ce même si elle avait toujours eu un esprit trop rationnel pour ces choses là. Il était peut-être temps de toute façon, qu’elle arrête de tout rationnaliser, les choses qui avaient lieu autour d’elle demandaient certainement à être analysées avec une grande imagination, plus les jours passaient plus c’était ce dont elle avait l’impression, même si elle ne pouvait pas s’empêcher de laisser cette idée de côté pour continuer à chercher des explications normale à tout ça. C’était presque un conflit en elle-même, pas étonnant qu’on puisse facilement la prendre pour une folle, il fallait croire qu’elle était vouée à un jour finir chez les dingues, c’était au choix, soit l’asile psychiatrique, soit la cure de désintoxication parce qu’elle finirait par boire plus que de raison pour pouvoir laisser tout ça derrière elle. Quoi qu’elle avait aussi la possibilité de finir au cimetière, c’était ce que disait souvent sa mère, elle ne cessait de lui dire de laisser tomber, ce boulot c’était ce qui avait tué son père, forcément elle n’avait pas envie que sa fille unique termine de la même façon. Ce n’était pas impossible que ça finisse par arriver vu comment elle avait développé un talent inouï pour se foutre toute seule dans la merde. Ce soir encore, elle l’avait fait, maintenant qu’elle était dans ce bar, elle ne se sentait pas franchement plus en sécurité, elle s’attendait à voir ses types bizarres débarquer d’une minute à l’autre. Elle avait une arme dans son sac, gage de sécurité et pour défendre sa vie, il était clair qu’elle n’hésiterait pas à s’en servir. Si elle avait rendu son arme de service quand elle avait été mise à pied, il n’était pas question pour elle qu’elle sorte sans rien. Prudence était mère de sureté d’après ce qu’on disait et bien qu’elle ait de nombreuses lacunes pour ce qui était de sa propre sécurité, elle avait au moins l’intelligence de ne pas se mêler de ce qui ne la regardait pas sans avoir de quoi se défendre. Elle n’avait cependant pas envie d’avoir à utiliser son arme ici, pour l’heure elle avait surtout envie d’une chose : dépoussiérer un peu son dossier dans l’espoir que cette fois ci, ça puisse servir à quelque chose. Ce n’était pas gagné cela dit, elle le savait très bien ; rien n’était jamais facile et, depuis un certain, elle avait l’impression que la simplicité ne faisait définitivement plus partie de sa vie.

Elle le savait, faire coopérer la jeune femme en face d’elle ne serait pas une mince affaire, premièrement, parce qu’elles avaient déjà eu à faire l’une à l’autre et que ça ne s’était pas très bien déroulé, deuxièmement parce qu’officiellement elle n’était plus vraiment dans la police ce qui, mine de rien compliquait déjà bien les choses. Cependant, Oswin était une femme particulièrement déterminée, quelque chose qui pourrait facilement passer pour une qualité, cependant, à l’excès, ça la rendait juste incroyablement bornée, têtue comme pas possible, chiante en définitive. Une chance pour elle, elle ne le vivait pas trop mal. Elle s’en fichait bien de venir emmerder la jeune femme pendant son service, elle n’avait que faire de passer pour une chieuse qui lui collait dans les pattes. Elle n’avait pas beaucoup insisté ces derniers temps, elles ne s’étaient pas revues depuis longtemps. Trop longtemps peut-être, au fond, Oswin ne savait plus vraiment, c’était plutôt le bazar dans sa tête ces derniers temps. Au point même qu’elle en avait perdu la notion du temps. Certains événements lui semblaient être très récents et quand elle en parlait, on lui disait que ça s’était déroulé des mois plus tôt. C’était comme si elle avait oublié des mois complets de sa vie. Elle avait bien un problème auquel elle ferait bien de s’intéresser au lieu de venir importuner n’importe qui. Enfin, elle s’occuperait de son propre cas plus tard, le jour où elle n’aurait plus d’autre choix que d’admettre qu’elle ne tournait plus bien rond. « Écoutez.  Vous êtes flic, vous faites votre boulot, c'est bien, mais moi, je n'ai rien de plus à vous dire que la dernière fois. » Oswin haussa légèrement les épaules, de cet air qui montrait qu’elle n’était clairement pas convaincue. Il y avait forcément quelque chose de plus qu’elle pouvait lui dire, il fallait qu’il y ait quelque chose de plus, une petite réponse, même un tout petit truc de rien du tout qui permettrait enfin à Oswin de pouvoir aller de l’avant. Il le fallait. Elle en avait besoin. Elle ne demandait pas le ciel de toute évidence, elle demandait un tout petit bout de piste qu’elle irait creuser plus loin, très loin même si c’était ce que la jeune femme voulait. Il fallait que quelqu’un l’aide enfin à cesser de tourner en rond et si elle devait choisir, elle préférait sa présente interlocutrice aux types bizarres qu’elle avait croisés quelques minutes plus tôt. « Je ne sais pas ce que vous attendez de moi, mais je vous assure que je n'ai rien à voir dans votre affaire. Je n'ai aucune idée de quelle peut être la cause de ces...phénomènes. » Silencieusement, la blonde continua d’observer son interlocutrice, ses doigts entourant le verre qui lui faisait toujours face. Pour l’instant elle n’avait rien à dire, elle se contentait d’écouter ses paroles et de l’observer, parce qu’on lui avait appris qu’un interrogatoire dépassait souvent le simple jeu de question réponse. Il fallait quand même qu’elle dise quelque chose, elle avait au moins une chose à clarifier selon elle. « Phénomènes ? Moi j'apelle ça des meurtres. » C’était ce que c’était, des gens étaient morts, elle ne savait pas trop comment, mais ils l’étaient, ce n’étaient pas juste des phénomènes, il s’agissait d’une affaire qui méritait d’être élucidée, ne serait-ce que pour les familles des victimes. « Je sais que j'ai un passé. Je suis orpheline et j'ai passé sept ans en maison de redressement. Oui, je suis une dure à cuire, oui, j'ai fait des choses dans ma vie dont je ne suis pas fière, mais si je suis là aujourd'hui, c'est pour me racheter une conduite. La vie m'a offert une seconde chance et j'entends bien ne pas la gâcher. » Elle était nerveuse, il était difficile de ne pas le remarquer. Face à ses paroles, la policière haussa encore les épaules. « Ne pas la gâcher, ça me semble être une très bonne idée. Je vous assure qu’en m’aidant vous ne gâcherez rien du tout. Ça restera entre nous. » De toute façon, elle n’avait pour le moment plus aucun lien avec le reste de la police, alors forcément quoi qu’elle puisse lui dire ce serait entre elles deux, à ce niveau là, elle pouvait lui faire confiance. Elle ne pensait sincèrement pas que cette fille ait pu être responsable de la mort de qui que ce soit de toute façon, elle n’avait pas l’allure d’une meurtrière. « Vous allez me dire que je suis un peu jeune pour avoir passé sept ans dans ce centre. Ce n'est pas impossible, surtout quand on sait que dès mon plus jeune âge je me suis mise à traîner avec des gens plus âgés. Des gens pas recommandables. Une chose en entraînant une autre, j'ai fait des bêtises, et on m'a enfermée, c'est aussi simple que cela. »  La blonde lâcha son verre pour laisser tomber ses mains contre le comptoir. « Je n’ai rien dit du tout, c’est vous qui jugez bon de tenter de justifier tout et n’importe quoi sauf ce dont j’ai besoin. » Elle haussa une nouvelle fois les épaules. Elle pouvait bien avoir passé autant de temps dans un centre de redressement, ça ne venait rien justifier. « Preuve en est, je suis sortie avec un gars quand j'avais quatorze ans, il en avait dix-sept, après quelques semaines de séduction plus ou moins assidue, j'ai perdu ma virginité. J'ai déjà couché avec un autre homme que mon petit-ami. D'ailleurs, le petit ami en question est mort il y a quelque mois dans un accident de voiture...vous savez, conduite en état d'ivresse. Puis, je suis sortie, j'ai rencontré un mec bien, mais il s'est tiré lui aussi. Mais j'imagine que mes histoires de cul n'intéressent pas votre enquête. Pourtant, ce n'est pas une vie de débauche qui fait de moi une criminelle, n'est-ce pas ? » Sur ces mots, Oswin fronça légèrement les sourcils, cette fois, la serveuse s’était enfoncée dans des explications dont au fond, elle se serait bien passée, elle n’était pas là pour entendre les détails de sa vie sexuelle. « En effet, vos histoires de cul ne m’intéressent pas. Je n’ai jamais dis que vous étiez une criminelle, j’essaie juste de savoir pourquoi vous êtes liée à tout ça. Etre au mauvais endroit au mauvais moment ça marche une fois, plusieurs, ça devient suspect. » Sans quitter la jeune femme des yeux, Oswin attrapa son verre de nouveau pour en avaler une gorgée avant de le reposer sur le comptoir avec délicatesse. Non, elle ne l’accusait pas de meurtre, pour l’heure, tout ce dont elle l’accusait c’était de rétention d’information et ça ne coutait pas bien cher de juste parler, elle pouvait bien faire un petit effort, si elle n’avait rien à se reprocher, elle devrait être capable d’aider à résoudre des meurtres quand même.
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MessageSujet: Re: (tracey) ≈ like a stone carried on the river.   Sam 15 Mar - 18:23

La fliquette blonde ne semblait pas convaincue par mon histoire. Dans un sens, c'était à prévoir. Cela se voyait-il tant que ça que j'en rajoutais plusieurs couches ? Probablement, si on prenait en compte sa moue dubitative. Pourtant, je venais de raconter une histoire tragique, qui aurait fait pleurer n'importe qui : celle d'une gamine orpheline qui avait grandi bien trop tôt et qui avait mal tourné. Dans le fond, cette histoire, c'était aussi la mienne. J'avais vécu des événements similaires, peut être pas dans le même ordre mais l'idée était là. Ce que je venais de raconter, même s'il s'agissait d'un tissu de mensonges habilement mené, recelait une part de vérité. Il était vrai que depuis la mort de mes parents, je ne savais plus vraiment comment je vivais, où j'allais. Je pataugeais dans la merde la plus totale à essayer de survivre dans un monde qui n'était pas le mien et qui ne le serait sans doute jamais. J'étais passée du statut d'étudiante modèle à celui de fugitive recherchée par le Ministère en un trait de temps, mettant les pieds dans une guerre que je n'avais vécue qu'en périphérie jusqu'alors. Au final, je n'étais pas bien éloignée de la gamine perdue que je venais tout juste de décrire. En l'espace d'un instant, je m'étais demandée ce que je risquerais à mentir aussi sciemment à une représentante des forces de l'ordre, avant de me rappeler qu'elle n'était qu'une moldue et même si elle disposait d'une arme de service, elle ne pouvait pas grand chose contre moi, et surtout pas prendre des mesures d'enfermement à mon encontre. Puisque théoriquement j'avais des pouvoirs magiques, je pouvais aisément m'échapper si je le désirais. En revanche, je ferais moins la fière si j'avais des suppôts du ministère face à moi parce eux disposaient de réels moyens de coercition. J'étais bien placée pour savoir qu'il m'était impossible de transplaner dans l'enceinte du ministère, encore moins à Azkaban. Donc au final, je n'avais aucun scrupule à essayer de l'embobiner. Qu'elle gobe ou pas mon histoire, cela me ferait une belle jambe, de toute façon si elle espérait réellement me faire parler, elle se mettait le doigt dans l'oeil. J'étais garante de la confidentialité de l'existence du monde magique en tant qu'une de ses habitants et je n'avais aucune envie de voir les crétins du ministère à mes trousses simplement parce que j'aurais potentiellement laissé sous entendre qu'un tel univers existait. J'estimais avoir suffisamment eu affaire à eux pour le restant de mes jours. C'était bien simple, je ne voulais plus jamais en entendre parler, ni mettre les pieds là bas pour quelque raison que ce soit. À tout bien réfléchir, je préférais aller faire un petit tour en prison chez les moldus sans toucher les vingt mille francs. Encore faut-il qu'elle ait des réelles preuves contre moi, car sans cela, elle ne pouvait pas m'incriminer. Après tout, chez eux, la présomption d'innocence existait encore, aussi ne pouvait-elle pas m'imputer une faute quelconque sans en apporter la démonstration. J'étais donc tranquille, tout du moins pour le moment, sauf si elle disposait d'une piste vraiment sérieuse et là, je serai bel et bien dans la merde.

Au final j'en avais peut-être dit plus que je ne le devrais. Du bout des lèvres, j'avais lâché le terme phénomène, ne sachant pas réellement comment qualifier cela. Cette expression ne manqua pas d'interpeller mon interlocutrice puisqu'elle s'empressa de la relever. « Phénomènes ? Moi j'apelle ça des meurtres. »  je n'eus aucune réaction face à cette requalification qui selon moi était pour le moins malheureuse. Pour moi il s'agissait réellement d'un phénomène, j'aurais appelé les choses ainsi si j'étais restée dans mon monde. Je n'aurais pas été si catégorique face à quelque chose que je ne connaissais pas. Cela dit, contrairement à elle, je n'aurais pas voulu savoir de quoi il en retournait vraiment, je me serais tirée vite fait bien fait comme la lâche que j'étais. J'aurais été l'éternelle sceptique, celle qui ne croyait en rien. Au fond de moi, je l'étais encore un peu, j'étais cette gamine un poil trop rationnelle qui n'avait jamais assumé l'existence de ces pouvoirs magiques. D'ailleurs, lorsque j'y pensais, lorsque je formulais ces deux mots dans ma tête, tout ceci me paraissait tellement absurde que je ne pouvais pas m'empêcher de rire. Des pouvoirs magiques, franchement. J'avais l'impression d'être dans un film bidon avec des sorcières ou ce genre de choses là. Dire que les moldus qui en étaient à l'origine n'étaient pas si éloignés que ça de la vérité...« Ne pas la gâcher, ça me semble être une très bonne idée. Je vous assure qu’en m’aidant vous ne gâcherez rien du tout. Ça restera entre nous. » Je lui adressai un sourire poli, quoique crispé. Et si je lui disais que j'avais effectivement quelque chose à voir avec tout ça, que ferait-elle ? Elle ne manquerait pas d'approfondir la piste, quitte à se mettre en danger elle-même, et elle reviendrait me casser les pieds à coup sûr. Alors non, quand elle disait que ça resterait entre nous, je n'en croyais pas un mot. Je savais bien comment fonctionnaient ces gens là : il suffirait qu'on leur donne le désert pour que quelques mois plus tard, ils aient besoin d'aller chercher du sable ailleurs. Autrement dit, donnez leur un doigt et ils vous boufferont le bras. « Je n’ai rien dit du tout, c’est vous qui jugez bon de tenter de justifier tout et n’importe quoi sauf ce dont j’ai besoin. » Vraiment ? Le récit de mon histoire ne lui suffisait donc pas ? Que cherchait-elle au juste ? Pensait-elle réellement que j'aurais été capable de faire ça ? Certes, je n'étais pas blanche comme neige, mais je ne pensais toutefois pas être un monstre. Je ne pus m'empêcher de rire intérieurement en constatant que le visage de mon interlocutrice avait perdu des couleurs lorsque je m'épanchai sur mes histoires salaces. Si elle savait, mon dieu, si elle savait...« En effet, vos histoires de cul ne m’intéressent pas. Je n’ai jamais dis que vous étiez une criminelle, j’essaie juste de savoir pourquoi vous êtes liée à tout ça. Etre au mauvais endroit au mauvais moment ça marche une fois, plusieurs, ça devient suspect. » Voilà, nous y étions. Être au mauvais endroit au mauvais moment, c'était exactement ça. Bon, il était vrai qu'à côté de cela, j'avais une malchance assez incroyable, mais serait-elle suffisamment crédule pour admettre que j'avais tout simplement la poisse ? Rien n'était moins sûr. Pour elle, je n'étais qu'une fauteuse de troubles, quelqu'un qui cherchait les emmerdes et qui apparemment savait les trouver, oui, mais dans quelle mesure exactement ?

Je la vis poser son verre sur le comptoir, en une gestuelle tout à fait mesurée. Je ne la quittais pas des yeux, je l'observais minutieusement, tâchant de déceler chez elle la moindre faille. Elle était habillée en civil, elle n'arborait aucun badge officiel, aussi personne ne savait à part moi qu'elle faisait partie de la police. Je m'accoudai au comptoir, et me penchai légèrement vers son dossier, avec une certaine nonchalance. « Et comment pensez vous que je sois liée à tout ça ? » demandai-je avec ironie, tandis que je venais de jeter un regard dédaigneux à toute sa paperasse – pour moi, c'était ni plus ni moins que cela, de la paperasse. « Vous pensez sérieusement que j'ai quelque chose à voir avec la disparition de ces personnes ? Je suis désolée, mais je ne connais aucune d'entre elles, alors comment diable aurais-je pu leur en vouloir d'une quelconque façon, ou commanditer leur mort de quelque façon que ce soit ? » Au final, je voulais la tester un peu. La titiller, de façon à savoir quelles informations elle détenait à mon propos, plus généralement, à propos de toutes ces morts. Je jetai un coup d'oeil circonspect à ces photos en noir et blanc. « Et que dit le légiste de tout cela ? » questionnai-je, non sans sarcasme. « Quelle est la cause de leur mort ? Arrêt cardiaque, non ? On dirait qu'ils sont morts de peur. » L'avada kedavra pouvait avoir cet effet là. Lorsqu'ils étaient pris par surprise, les sorciers victimes de ce sort restaient figés dans l'expression qu'ils avaient adoptée au moment de leur mort. Pour certains, c'était la surprise pour d'autres, c'était une terreur sans nom. D'autres encore étaient immortalisés – si on peut dire – en pleine souffrance, créant des tableaux de géhenne qui feraient froid dans le dos à n'importe qui. « écoutez. » repris-je avec calme. « Je ne fais pas partie d'une secte, ou d'une quelconque organisation de ce genre. Je ne suis pas une sataniste qui sacrifie des êtres humains sur un autel dédié au diable et je ne m'adonne pas non plus à des rituels chelous et je ne fais pas davantage partie de la franc-maçonnerie. » Voilà quelles étaient les étrangetés auxquelles étaient confrontés les moldus. Rien de trop grave, en comparaison de ce qui se passait dans le monde magique. « et pour tout vous dire, je n'ai pas de tatouages bizarres sur le corps, ni même d'objets ésotériques dénotant mon implication dans un quelconque groupuscule assez obscur. » Je fis claquer mes ongles impeccablement vernis sur le comptoir. Je jetai un nouveau coup d'oeil vers la blonde. « D'ailleurs, elle est où votre arme de service ? Vous n'êtes pas censés en porter une même quand vous êtes en tenue banalisée ? » Cette fois, ce fut à moi de lui poser des questions, et j'espérais qu'elle avait une sacrée bonne excuse. De toute évidence, je serai nettement moins encline à lui répondre si jamais elle n'agissait pas dans le cadre de ses fonctions.
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MessageSujet: Re: (tracey) ≈ like a stone carried on the river.   Jeu 10 Avr - 22:59


like a stone carried on the river.

tracey m. davis and oswin Wayne.

Well last night I couldn't sleep I got up and started walking Down to the end of my street And on into town. Well I had no one to meet And I had no taste for talking Seems I'm talking my whole life, It's time I listen now. Well I walk passed the late night boys, With their bottles in the doorways And I walk passed the business men, Sleeping like babies in their cars. And I thought to myself oh son You may be lost in more ways than one. But I've feeling that it's more fun, That knowing exactly where you are. ~ keep on walking.


Dans sa carrière, Oswin avait eu l’occasion de rencontrer de nombreuses personnes comme la jeune serveuse qui lui faisait face. Ces gens qui avaient tendance à lui faire perdre patience, ils clamaient leur innocence d’un côté mais de l’autre, ils refusaient catégoriquement de répondre à des questions, pourtant très simples qui suffiraient à les laver de tout soupçons. Ils étaient particulièrement difficiles à cerner, c’était ce genre de personnes qui avaient des secrets qu’ils ne voulaient pas partager. Ce n’était pas rare que, face à des situations similaires, la jeune policière en vienne à se demander quel secret méritait d’être protégé à tel point de compromettre une innocence ? Elle avait appris qu’assez souvent, il y avait des histoire d’adultère là dedans, des hommes – ou des femmes – qui ne voulaient pas dire où ils étaient à un moment précis, simplement pour ne pas avoir à admettre qu’ils étaient occupés à tromper leur conjoint. Certes, ce n’était pas beau, mais en son sens, il était plus sage de se retrouver coincé au beau milieu d’un divorce que condamné soit injustement soit pour entrave à la justice. Et puis, de toute évidence, s’il y avait adultère, c’était déjà qu’il y avait de gros problèmes dans le couple, donc, mieux valait en finir. Dans le cas actuel, Oswin se doutait bien qu’une histoire d’adultère n’était, en rien un problème, si elle avait un compagnon et qu’elle l’avait trompé, il ne serait même pas au courant, pas de la bouche d’Oswin en tous cas, parce qu’elle n’avait pas l’intention de rencontrer qui que ce soit et en plus, elle ne savait même pas si cette fille avait quelqu’un dans sa vie à l’heure actuelle et elle devait bien le dire, c’était le cadet de ses soucis à l’heure actuelle. Elle s’en fichait, tout comme elle se fichait des histoires sexuelles de la jeune serveuse. Elle n’était pas venue ici pour avoir des détails sur ça, mieux encore, elle s’en serait volontairement passée. Cette fille n’avait pas de tabou pour les sujets dénués d’intérêts, mais c’était bien différent dès lors qu’on lui demandait de parler de choses plus intéressantes. Oswin était ici en tant que détective de police, officiellement en tout cas, certainement pas en tant que vieille amie de fac qui serait prête à se lancer dans des débats sexuels. Dans son cas, elle était sûre qu’il valait mieux qu’elle évite de s’étendre sur ce sujet de toute façon. Elle était célibataire depuis bien trop longtemps, selon sa mère en tous cas. Elle n’était déjà que peu concernée par ses propres aventures, alors forcément celle d’une jeune femme qu’elle ne connaissait pas personnellement au fond d’un café, elle n’avait aucune valeur à ses yeux. Elle était venue avec des questions en tête et elle aurait aimé avoir des réponses précises, quelque chose, n’importe quoi qui pourrait lui servir de fil conducteur jusqu’à une vérité qu’elle était persuadée de mériter. Il se passait des choses dans sa vie, toutes plus étranges les unes que les autres et personne ne semblait à même de vouloir l’aider à comprendre. C’était tout autant légitime de vouloir comprendre ce qui ne tournait pas rond dans sa propre vie que de vouloir comprendre pourquoi est-ce que toutes ces personnes étaient mortes, et aussi bizarre que ça puisse paraitre, tout semblait lié et dans ce méli-mélo incompréhensible il y avait aussi cette jeune femme. Il y avait un manque flagrant de cohérence entre tous les indices qu’elle possédait, toutes les choses qu’elle avait pu voir jusqu’à présent et chacune des pistes qu’elle explorait finissait dans un cul-de-sac. Aujourd’hui, le cul-de-sac, c’était elle et elle n’avait pas envie de passer sa soirée à être confrontée à un mur. Il viendrait bien un moment où elle serait obligée d’y aller à coup de burin pour défoncer les nombreux murs qui lui faisaient face. Métaphoriquement parlant bien entendu, aussi folle soit-elle sur le point de devenir, la blonde n’avait pas l’intention d’attaquer qui que ce soit avec un burin, encore heureux. Il n’empêchait que, plus le temps passait, plus elle avait l’impression d’être particulièrement à bout, c’était comme si le monde entier avait décidé de lui barrer la route. C’était impressionnant comment elle avait l’impression qu’on se liguait contre elle, il était clair qu’elle était limite en train de virer à la paranoïa, mais comme on dit souvent, trop, c’est trop. Si elle savait rester calme devant autrui, ce n’était plus le cas dès lors qu’elle se retrouvait chez elle à tourner en rond entouré de nombreux dossier qu’elle traitait et retraitait en boucle dans le but d’y voir un petit indice ; il était clair qu’à ce rythme là, la seule chose qu’elle risquait de trouver, c’était la folie.

« Et comment pensez vous que je sois liée à tout ça ? » Lentement un sourire ironique vint s’installer sur le visage de la jeune policière. Elle fronça légèrement les sourcils, comme si elle ne comprenait pas la question qu’on venait de lui poser. Elle l’avait pourtant très bien comprise, elle avait simplement l’impression qu’il s’agissait de l’une des questions les plus idiotes qu’elle avait entendue de toute sa vie. Son sourire encore accroché aux lèvres, elle répondit à son interlocutrice. « Je suppose que si je le savais je ne serais pas là à vous interroger. » Le problème était là justement, elle savait qu’elle était liée de près ou de loin à tout ça, mais elle ne savait pas comment elle l’était, elle avait été vue plusieurs fois dans des zones où on avait retrouvé des corps, ou des lieux où on avait signalé des bagarres suspectes. Soit le hasard faisait très mal les choses, mais elle en doutait fortement, le hasard avait beau avoir bon dos, on ne pouvait pas toujours tout lui attribuer. Soit, elle était là pour une raison et c’était ça qu’elle voulait savoir. Comment est-ce qu’elle pouvait être liée à tout ça ? Pourquoi son nom revenait plusieurs fois ? Et pourquoi, bon dieu, est-ce qu’elle refusait de répondre à des questions pourtant très simples. Toutes les fois où elle l’avait vue jusqu’à présent, elle ne lui avait pas posé des questions particulièrement compliquées, certainement pas des problèmes de mathématiques, elle ne lui avait même pas demandé des détails sur sa vie sexuelle et pourtant, ça elle en avait eu plein, elle pourrait presque écrire un roman érotique avec tout ça, si seulement elle avait été écrivain et non pas policière. Par contre elle ne répondait pas aux questions qui permettraient de l’innocenter, si elle était innocente, pourquoi elle n’y répondait pas à la fin ? C’était lassant, énervant voir même frustrant, mais c’était son métier et avec le temps elle avait presque l’habitude, même si ça ne l’empêchait de se sentir sur le point d’exploser en son fort intérieur. Bientôt, elle devrait se mettre au yoga pour gérer avec sérénité cette enquête qui, techniquement, ne lui appartenait même plus. « Vous pensez sérieusement que j'ai quelque chose à voir avec la disparition de ces personnes ? Je suis désolée, mais je ne connais aucune d'entre elles, alors comment diable aurais-je pu leur en vouloir d'une quelconque façon, ou commanditer leur mort de quelque façon que ce soit ? » Très bonne question, encore une fois, si elle savait elle ne serait pas là en train de creuser des pistes à tout va, si seulement elle savait tout ça, forcément qu’elle ne serait pas là en train d’essayer de comprendre, elle n’était pas particulièrement fanatique du temps perdu. On pouvait même dire avec certitude qu’elle détestait ça. Elle haussa légèrement les épaules en soutenant le regard de la jeune femme. « Si vous ne les connaissiez pas, qu’est-ce que vous faisiez si proche d’elles, à des endroits pourtant complètement différents ? » Elle avait apparemment beaucoup voyagé ces derniers temps, surprenant pour une orpheline exerçant un métier de serveuse dans un café. En plus elle n’avait pas choisi les meilleures destinations de vacances, se retrouver dans des zone géographique dans lesquels sont signalés des morts ou des violentes bagarres, il y avait mieux comme séjour détente loin de la ville de Londres. « Et que dit le légiste de tout cela ? Quelle est la cause de leur mort ? Arrêt cardiaque, non ? On dirait qu'ils sont morts de peur. » Arrêt cardiaque, c’était en effet ce qu’on pouvait lire dans les journaux tout comme sur le rapport du légiste, mais des arrêts cardiaque provoqués un peu partout dans le Royaume-Unis, sur des personnes en principes assez jeunes, sans antécédents de maladies cardio-vasculaires, il y avait quelque chose de pas normal. « Le légiste en dit qu’il y a quelque chose de suspect là-dedans. » Tout le monde l’avait dit, pendant un temps avant de juger bon de classer le dossier sans chercher à comprendre. C’était comme si tout le monde avait abandonné au moment où ça devenait trop difficile. Elle, elle n’avait pas envie d’abandonner. Elle voulait savoir ce qui pouvait provoquer des arrêts cardiaques sur des personnes saines, souvent au milieu de nulle part, dans des endroits où on pouvait souvent remarquer des traces de luttes. N’importe qui devrait avoir envie de savoir, elle n’était pas la seule fille trop curieuse travaillant pour la police anglaise de toute évidence. « Écoutez. Je ne fais pas partie d'une secte, ou d'une quelconque organisation de ce genre. Je ne suis pas une sataniste qui sacrifie des êtres humains sur un autel dédié au diable et je ne m'adonne pas non plus à des rituels chelous et je ne fais pas davantage partie de la franc-maçonnerie. Et pour tout vous dire, je n'ai pas de tatouages bizarres sur le corps, ni même d'objets ésotériques dénotant mon implication dans un quelconque groupuscule assez obscur. » Heureusement, qu’elle n’était pas comme ça, sans quoi ce serait un peu inquiétant. Encore une fois, Oswin n’avait en rien demandé ce genre de détail, il semblait que la serveuse se plaisait à partir dans des explications sans raison apparente. « C’est bien pour vous, plutôt rassurant dans un sens, mais ça n’a pas beaucoup d’intérêt à l’heure actuelle. Cependant, si jamais je retrouve des corps sacrifié à la façon sataniste, je saurais au moins, que ce n’est pas vous. » Elle lui adressa un sourire sans joie, plus ironique qu’autre chose. Elle n’avait vraiment pas besoin de savoir tout ça dans le cadre de son enquête. Ce qu’elle retiendrait de cette fille, c’était qu’elle était têtue comme pas deux et qu’elle adorait se perdre dans des détails inutiles, raconter sa vie dans les moindres détails afin de contourner le sujet de discussion. « D'ailleurs, elle est où votre arme de service ? Vous n'êtes pas censés en porter une même quand vous êtes en tenue banalisée ? » La blonde laissa échapper un long soupire avant d’attraper son verre et d’avaler une large de gorgée de l’alcool qu’il contenait, avant de reposer le verre avec une légère brutalité. « Je suis dans un bar. Je ne me balade pas avec une arme à feu dans un bar, mais si vous voulez que je fasse fuir tous les clients, je peux la sortir ; si jamais ça vous intéresse. » Elle sourit à nouveau, une légère pointe d’énervement commençant à se lire sur son visage. Elle n’avait pas besoin de subir un interrogatoire elle, elle n’était pas celle qui avait été vue dans des lieux suspect, elle n’était pas celle qui détournait les questions pour tourner autour du pot. Elle était détective de police, avec ou sans badge, c’était à elle qu’on devait des réponses. Et douter de son autorité dans une histoire de meurtre, c’était une nouvelle fois mettre en doute son innocence. Elle travaillait pour la police et cette fille était censée le savoir puisque ce n’était pas la première fois qu’elle venait ici, alors pourquoi s’amuser à la questionner ? Elle avait presque l’impression qu’il s’agissait de provocation, peut-être pas volontairement, mais le simple fait qu’on puisse douter d’elle en tant que policière, ça lui rappelait qu’on lui avait retiré son badge sans la moindre justification et c’était parfaitement énervant, il ne manquerait plus que son interlocutrice s’amuse à remuer le couteau dans la plaie et elle pourrait classer cette soirée dans le palmarès des soirées chiantes qu’elle avait connu dans sa vie.
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MessageSujet: Re: (tracey) ≈ like a stone carried on the river.   Dim 11 Mai - 13:43

Il était indéniable que j'avais un talent inouï pour me mettre dans les ennuis. Cette rencontre était le dernier exemple en date. Par je ne savais quel moyen, la fliquette blonde avait été témoin d'un phénomène surnaturel auquel j'étais, semble-t-il, étroitement liée. Pour autant, j'étais convaincue que je n'avais pas violé le code du secret magique, car si c'était le cas, j'aurais sûrement le Ministère au cul. Or, rien de tout cela n'était encore arrivé. Certes, une poignée de sorciers étaient déjà venus me rendre visite, mais rien qui indiquait qu'ils étaient là pour m'arrêter. Les événements dont elle me parlaient étaient probablement d'une importance mineure, en tout cas, pas une réelle menace pour le secret du monde magique dont j'étais tributaire en tant que membre de cette communauté, que je le veuille ou non. En toute logique, je me trouvais dans une situation bien délicate. D'un côté, il y avait cette moldue qui était bel et bien déterminée à obtenir des réponses, et de l'autre, je m'acharnais à protéger mes secrets. Je ne savais pas vraiment ce que j'étais censée faire et le bon sens voulait que je ne lui dise rien du tout, mais voilà, en cet instant précis je la voyais semblable à un roquet qui ne semblait pas décidée à lâcher son os. Ce n'était pas que je ne voulais pas parler – je l'aurais fait si cela pouvait m'éviter quelques ennuis supplémentaires -, je ne pouvais pas, il y avait quand même une sacrée nuance. Cette impossibilité ne provenait pas de mon propre fait, elle résultait de forces qui me dépassaient amplement. Ces forces me condamnaient à mentir sans cesse, à dissimuler ce que j'étais vraiment à mon entourage, à enterrer mes secrets au plus profond de mon être. Je ne pouvais rien dire et ce, à plus forte raison qu'on me verrait ni plus ni moins comme un monstre si la vérité venait à éclater au grand jour. J'étais d'ores et déjà cataloguée comme la bizarroïde de service, si les moldus venaient à apprendre que j'étais une sorcière, c'était à l'asile psychiatrique que je passerais le restant de mes jours et on me disséquerait sur une table d'opération pour voir ce qui n'allait pas dans ma fichue tête. Autant dire que c'était une perspective qui ne me réjouissait guère et cela me motivait d'autant plus à garder le silence. Quand on y pensait bien, moi même je n'avais pas totalement accepté ma condition de sorcière – sinon je ne serais pas là à jouer les moldues, tentant de me fondre dans la masse autant que faire se peut – alors il me semblait logique que les autres ne l'acceptaient pas davantage. J'étais donc coincée. Je ne pouvais pas promettre à la moldue quelques réponses, faute d'avoir la possibilité d'en donner, mais d'un autre côté, je voulais qu'elle me lâche les baskets une bonne fois pour toutes, ce qui ne me semblait pas trop demander. Comment je pouvais lui expliquer que je risquais des plus gros ennuis si ma langue venait à se délier plutôt qu'en gardant le silence ? Ce n'était sûrement pas un escadron de policiers moldus qui pourraient me protéger le cas échéant. Les sorciers du Ministère étaient bien plus terribles qu'elle pourrait l'imaginer et elle était clairement sans défense face à eux. A la rigueur, je pouvais encore essayer de la dissuader de mener son enquête, mais à quoi bon ? Elle n'écouterait rien. Tout au mieux, je pouvais l'envoyer sur une fausse piste, ce qui me laisserait un peu de temps pour me préparer à sa prochaine visite. Tiens, en voilà une idée.

Tout naturellement, j'avais demandé comment pensait-elle que j'étais liée à tout cela. Dans la forme, ma question pouvait sans doute paraître stupide – et elle devait le penser également, au vu du sourire ironique qu'elle arborait – mais dans le fond, c'était bien plus subtil qu'il n'y paraissait. Avant de m'accuser de quoi que ce soit, il fallait peut-être disposer de preuves solides. Or, elle ne semblait pas en disposer si ce n'était qu'une vague histoire d'être là au mauvais endroit au mauvais moment. Une telle présomption, qui n'avait rien d'irréfragable me paraissait bien faiblarde. Personne ne la prendrait au sérieux si elle venait présenter une démonstration aussi lacunaire et surtout pas un quelconque tribunal. Je comprenais bien que sa conscience professionnelle – peut-être même sa conscience tout court, va savoir – la poussait à comprendre ce qui se passait mais la mienne ne pouvait pas se le permettre.  « Je suppose que si je le savais je ne serais pas là à vous interroger. »  Évidemment. Qui en aurait douté ? En tout cas, je n'étais pas certaine qu'elle ait le droit de faire ce qu'elle faisait là, à savoir, m'interroger dans un autre contexte qu'une garde à vue. Or, j'étais tout sauf en garde à vue. Cet interrogatoire n'avait rien d'officiel. Certes, elle pouvait toujours essayer de m'avoir à l'amiable, mais encore une fois, je ne pouvais rien lui dire et je ne savais pas comment je pouvais le lui faire comprendre sans apparaître encore plus suspecte à ses yeux. Je finis par hausser les épaules avec fatalité. À supposer qu'il n'y avait rien à répondre à tout cela. Rien qui puisse la convaincre, en tout cas. « Si vous ne les connaissiez pas, qu’est-ce que vous faisiez si proche d’elles, à des endroits pourtant complètement différents ? » Je passai une main dans mes longs cheveux bouclés. Mon cerveau, lui, fonctionnait à plein régime, en y regardant d'un peu plus près, on pourrait même voir les rouages s'activer dans ma boîte crânienne. Certes, ma présence sur les lieux du crime si on peut dire ça ainsi était une coïncidence plus que troublante, et je pouvais toujours essayer de m'en tirer avec un maigre ce n'est pas ce que vous croyez mais à quoi bon ? « C’est bien pour vous, plutôt rassurant dans un sens, mais ça n’a pas beaucoup d’intérêt à l’heure actuelle. Cependant, si jamais je retrouve des corps sacrifié à la façon sataniste, je saurais au moins, que ce n’est pas vous.» Comment ça, ça n'avait pas d'intérêt ? Bon nombre d'affaires sordides avaient pourtant pour origine ce genre de choses, c'était un phénomène qu'on ne pouvait ignorer. Pourtant, si je me mettais à parler de magie, elle ne me croirait jamais. C'était mathématique. Les moldus étaient bien trop obtus pour seulement voir ce qu'il y avait pourtant juste sous leurs yeux, et s'ils n'étaient pas autant occupés à se contempler le nombril, ils auraient d'ores et déjà remarqué que les choses ne tournaient plus vraiment rond dans notre monde ces temps-ci. C'était comme si j'étais enfermée dans un cercle vicieux. Personne ne croyait à mes mensonges, mais ils ne me croiront pas davantage si je leur disais la vérité. En résumé, je m'étais fourrée dans un merdier sans nom, et cela ne faisait que commencer. « Je suis dans un bar. Je ne me balade pas avec une arme à feu dans un bar, mais si vous voulez que je fasse fuir tous les clients, je peux la sortir ; si jamais ça vous intéresse. »  Ce fut à mon tour de soupirer longuement, vaincue. Moi même je ne savais pas si je faisais semblant de rendre les armes ou si c'était une énième ruse de ma part, je peinais parfois à distinguer le vrai du faux ces jours-ci. À croire que mon séjour à Azkaban m'avait tapé sur le système bien plus que je ne l'aurais pensé de prime abord. Je posais mes deux mains à plat sur le comptoir, avant de toiser la policière. « Non, merci, je m'en passerai bien. » Je n'allais pas lui dire que je la croyais sur parole, j'avais toujours ce doute au fond de moi qui me soufflait que la policière n'était pas réellement ce qu'elle prétendait être mais peu importe. Il était parfaitement inutile d'arguer sur ce point là. « Vous voulez vraiment savoir ce que je faisais là ? J'enquêtais à ma manière. J'aidais un ami à faire la lumière sur ces affaires. C'est un détective privé, il suivait certaines de ces personnes, tout du moins, jusqu'à ce qu'on les retrouve mortes. » D'accord, c'était potentiellement casse-gueule de parler de cet ami ,surtout qu'elle voudrait probablement savoir qui c'est, mais j'étais persuadée que Noah saurait la gérer mieux que moi. « Seulement, je crains que cet ami ne puisse pas vous aider, parce qu'il a...disparu. disons que j'ai retrouvé sa trace il y a quelques semaines de ça, mais je l'ai à nouveau perdu et je n'ai aucune piste, je ne sais pas où il est à l'heure actuelle. » à mesure que je parlais, j'entrevoyais une nouvelle possibilité. Et si elle pouvait m'aider à trouver Noah ? Elle devait en connaître un rayon en matière de personnes disparues. Certes, dans le cas de Noah, il avait disparu volontairement, mais ça revenait au même, non ?

Mon regard se fit absent. Parler de Noah, surtout après ce qui s'est passé la dernière fois qu'on s'était vus était extrêmement douloureux. Je sentais toujours ce vide à l'intérieur de moi, ce vide que personne ne pouvait combler. « Quant à savoir ce que je fabriquais avec lui, outre le fait que je rendais service à un ami...La raison en est que je suis une sorte de...médium. » Médium. Le mot était lâché. Là, c'était sûr, elle ne me prendrait pas au sérieux, et pourtant, dans tout ce que j'avais pu dire, je n'avais jamais été aussi sincère, aussi proche de la réalité. Je savais très bien qu'elle ne me croirait jamais, de toute façon, qui avait foi dans des soi-disant médiums, hein, on se le demande. Les moldus avaient tendance à les prendre pour des charlatans, à une autre époque je l'aurais fait également, si seulement je n'avais pas ce fichu talent. Autrement dit, médium, le mot était bien choisi, déjà que ça allait être difficile à avaler, alors si je lui disais que je pouvais voir l'avenir, elle allait sans doute se mettre à pousser des cris d'orfraie, et de toute évidence je voulais éviter ça, je n'avais pas vraiment envie de me faire repérer. « Je suis sensible à certaines vibrations. J'ai souvent aidé mon ami dans le cadre de ses propres enquêtes. On formait un duo assez étonnant, mais ça fonctionnait. J'ai mis un peu de temps avant d'accepter que j'avais cette...hum...capacité, mais on dirait que je n'ai pas le choix, ça fait partie de moi. » Je marquai une pause, comme perdue dans mes pensées. Effectivement, et cela n'était pas à remettre en doute, Noah et moi avions formé un binôme, dans le temps, mais ce n'était sûrement pas un duo médium/détective privé comme je venais de le dire. « Vous comprenez à présent pourquoi j'ai été en quelques sortes marginalisée, mon talent n'étant vraisemblablement pas accepté par tout le monde. Disons qu'on me prenait plutôt pour une folle furieuse. Ce qui est toujours le cas, d'ailleurs.» je haussai les épaules d'un air blasé. J'étais prête à parier que la blonde allait elle aussi me prendre pour une folle, voire une mythomane, mais c'était un risque que j'étais prête à courir. Je suppose qu'il valait mieux qu'elle ordonne une mesure d'internement d'office plutôt que d'avoir les gens du ministère aux fesses – dans le premier cas, je pouvais toujours essayer de m'échapper.
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MessageSujet: olivedrab   Dim 10 Aoû - 14:25


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Well last night I couldn't sleep I got up and started walking Down to the end of my street And on into town. Well I had no one to meet And I had no taste for talking Seems I'm talking my whole life, It's time I listen now. Well I walk passed the late night boys, With their bottles in the doorways And I walk passed the business men, Sleeping like babies in their cars. And I thought to myself oh son You may be lost in more ways than one. But I've feeling that it's more fun, That knowing exactly where you are. ~ keep on walking.


Oswin était têtue. On le lui avait souvent dit et elle ne pouvait plus le nier aujourd’hui. Elle l’était, elle en avait conscience et elle ne pouvait rien faire pour lutter contre son défaut. Cette enquête, elle n’avait en rien l’intention de la lâcher. On le lui avait pourtant conseillé à de maintes reprises, mais elle s’accrochait avec force. Il lui était impossible de laisser tomber et de passer à autre chose comme si de rien n’était. Cette enquête était étrange, compliquée et elle soulevait de nombreuses questions qui ne quitteraient jamais l’esprit de la jeune policière, même si elle décidait de passer à autre chose. On l’avait prévenue, on lui avait dit d’abandonner, on l’avait même momentanément démise de ses fonctions dans le but de la voir enfin lâcher l’affaire. Elle aurait dû comprendre qu’il était temps de tourner la page, mais non, il fallait qu’elle continue. Elle s’aventurait peut-être sur un chemin dangereux, mais ça ne la freinait en rien. Le danger faisait parti des risques du métier. Oswin était bien placée pour le savoir puisque c’était ce même métier qui avait tué son père quand elle était plus jeune. Il s’agissait là encore d’une information qui aurait dû la freiner, la faire réfléchir à ce qu’elle faisait et aux risques qu’elle prenait, mais non, elle ne voulait pas penser à ça, elle voulait simplement continuer, encore et toujours et aller jusqu’au bout de cette enquête. Il fallait qu’elle en perce les mystères sans quoi elle allait vraiment devenir folle. Certains étaient d’avis qu’elle l’était déjà, elle, elle préférait croire qu’avant d’atteindre la folie totale, il lui restait encore un peu de temps. Il y avait bien ses amnésies et toutes les choses étranges qu’elle avait pu voir qui pouvait laisser entendre que ça commençait à ne plus tourner rond dans son esprit, mais elle préférait penser qu’il devait bien y avoir une explication rationnelle à tout ça. Sa mère était la première à pointer du doigt le surmenage, lui dire qu’elle avait besoin de repos, encore une chose qu’elle, elle voulait nier. C’était plus fort qu’elle, elle était simplement incapable de rester les bras croisés en abandonnant son boulot des derniers mois. Elle s’était donné du mal pour en arriver là – correspondait en soit à pas grand-chose, mais c’était déjà quelque chose – alors il était évident qu’elle ne pouvait pas tout abandonner. Qui le pourrait après tout ? Elle préférait penser que c’était dans la nature humaine que de chercher à aller au bout des choses plutôt que de laisser tomber à la moindre difficulté, aux moindres doutes. Aux yeux d’Oswin, il était impossible de lâcher les choses si facilement. Il n’y avait rien à faire, elle restait convaincue que rien au monde ne pourrait lui faire lâcher l’affaire. Elle irait jusqu’au bout qu’importait ce que ça pouvait lui couter. Elle en avait besoin et d’autres personnes en avaient également besoin, des gens étaient morts, évidemment que les familles et les proches des victimes avaient besoin de savoir. S’acharner sur cette serveuse n’était peut-être pas le meilleur plan de l’année, mais la soirée d’Oswin avait déjà été considérablement mouvementée alors elle ne prenait plus le temps de réfléchir si elle s’y prenait bien ou non. Maintenant, elle voulait juste obtenir des réponses de la part de cette Tracey Davis, elle voulait des explications et ça ne semblait pas trop demander à ses yeux. Ceux qui ne parlaient pas étaient bien souvent ceux qui cachaient le plus de choses, elle l’avait constaté à maintes reprises au cours de sa carrière. Ainsi, si cette file avait quelque chose à cacher, la blonde voulait savoir de quoi il s’agissait. Si elle n’était coupable de rien, est-ce qu’il y avait des risques à lui parler ? Pas aux yeux de la policière en tout cas. Elle pourrait garder ça pour elle. Il n’y avait personne à qui elle pouvait en parler de toute façon, puisqu’officiellement, elle n’avait plus le droit de mener cette enquête. « Non, merci, je m'en passerai bien. » Elle fut  soulagée que la jeune femme laisse tomber cette histoire d’arme et compagnie, c’était plus simple ainsi, surtout pour Oswin, puisqu’en s’enfonçant dans cette voie, elle aurait sans doute fini par devoir admettre qu’elle avait été démise de ses fonctions. Elle n’afficha qu’un petit sourire satisfait en guise de réponse, il n’y avait rien à ajouter de ce côté-là de toute façon. Maintenant que tout était éclairci, ou presque, de ce côté-là, elle aurait voulu passer aux choses sérieuses et obtenir enfin des réponses.

« Vous voulez vraiment savoir ce que je faisais là ? J'enquêtais à ma manière. J'aidais un ami à faire la lumière sur ces affaires. C'est un détective privé, il suivait certaines de ces personnes, tout du moins, jusqu'à ce qu'on les retrouve mortes. » Voilà qui ressemblait enfin à une réponse. C’était bien plus intéressant pour elle et pour l’avancée de son enquête que tout ce qu’elle avait pu lui dire depuis qu’elles avaient débuté cette conversation. En plus de connaitre des détails privés et inintéressants – pour son enquête en tout cas, après elle n’était pas en droit de juger la vie de cette fille – de la vie de la jeune femme elle touchait enfin du bout du doigt quelque chose qui cette fois pourrait peut-être l’aider à aller plus loin. Un petit indice, infime certes, mais un indice quand même et ces derniers temps, elle pouvait bien prendre tout ce qu’on lui offrait, puisque, sans ces petits bouts d’indices, elle n’avait rien, vraiment rien. « Seulement, je crains que cet ami ne puisse pas vous aider, parce qu'il a...disparu. Disons que j'ai retrouvé sa trace il y a quelques semaines de ça, mais je l'ai à nouveau perdu et je n'ai aucune piste, je ne sais pas où il est à l'heure actuelle. » Disparu. C’était intéressant. Peut-être pas pour lui à qui il était peut-être arrivé quelque chose, mais ça l’était au moins pour elle. Elle avait l’impression que tous ceux qui touchaient de près ou de loin cette affaire finissaient par avoir des problèmes. On avait essayé de l’en avertir bien souvent, mais elle n’écoutait pas, elle avait décidé de n’en faire qu’à sa tête et elle était très douée pour ça. « Cet ami, comment est-ce qu’il s’appelle ?  Vous l’avez vu où et quand pour la dernière fois ? » Il s’agissait de questions bien basiques qu’elle posait, alors même que rien dans cette enquête n’était vraiment basique. Au contraire tout était tellement compliqué qu’elle ne savait plus comment s’y prendre pour démêler le sac de nœuds au milieu duquel elle se trouvait. Commencer par le basique semblait de loin la meilleure chose à faire. La seule chose à faire aussi d’après la policière. Elle venait de sortir un petit carnet de son sac, ainsi qu’un crayon. Elle tourna plusieurs pages sur lesquels étaient déjà inscrits un certains nombre de noms, certains étaient barrés, d’autres entourés avec un gros point d’interrogation, d’autres encore étaient soulignés de plusieurs traits. Des annotations se baladaient aux quatre coins des pages, malgré le fouillis, elle s’y repérait très bien elle, encore heureux. Maintenant elle n’avait plus qu’à ajouter le nom de cet ami dont elle parlait, à la suite de tous ces noms qu’elle avait réussi à obtenir et dont la plupart ne l’avaient pas menée bien loin. Son carnet entre les mains, elle en profita pour ajouter une petite annotation en bas d’une page, ignorant quelque peu la jeune femme en face d’elle, pendant l’espace de quelques secondes. Quand elle releva la tête vers la brune, cette dernière semblait perdue dans ses pensées, absente. Oswin arqua un sourcil en la voyant comme ça, comme si elle s’attendait à ce qu’elle ait eu un flash de souvenir et qu’elle s’apprêtait à parler d’avantage. Ce serait probablement trop demander, mais il n’y avait aucun mal à garder un peu d’espoir. « Quant à savoir ce que je fabriquais avec lui, outre le fait que je rendais service à un ami ... La raison en est que je suis une sorte de...médium. » Oswin avait certainement trop espéré et cette réplique lui arracha un court rire. Médium, mais oui bien sûr et elle, elle était la reine d’Angleterre, ça semblait évident. Elle ne croyait pas en ça. L’esprit rationnel d’Oswin ne croyait pas en grand-chose, c’était certain. Elle pouvait bien avoir des doutes sur bien des choses à cause de tout ce qu’elle avait pu voir récemment, elle commençait parfois à dresser des hypothèses complètement folles, mais quand même, elle ne croyait pas que cette fille – ou n’importe qui d’autre dans le monde – puisse être médium. C’était bon pour les romans de science fiction ou les trucs fantastiques, mais là elles étaient dans le monde réel. « Je suis sensible à certaines vibrations. J'ai souvent aidé mon ami dans le cadre de ses propres enquêtes. On formait un duo assez étonnant, mais ça fonctionnait. J'ai mis un peu de temps avant d'accepter que j'avais cette ... hum ... capacité, mais on dirait que je n'ai pas le choix, ça fait partie de moi. » La policière fixait son interlocutrice, un sourire en coin se dessinant sur ses lèvres, un sourire naissant qu’elle n’arrivait pas à contrôler et son sourcil arqué, son regard plutôt blasé, tout sur son visage laissait entendre qu’elle ne croyait pas un mot de ce qu’elle était en train de lui raconter et tel était le cas ; elle ne croyait vraiment pas en toutes ces histoires. Certains y croyait, elle avait déjà lu des articles là-dessus, mais rien qui l’ait clairement convaincue ; au contraire. « Vous comprenez à présent pourquoi j'ai été en quelques sortes marginalisée, mon talent n'étant vraisemblablement pas accepté par tout le monde. Disons qu'on me prenait plutôt pour une folle furieuse. Ce qui est toujours le cas, d'ailleurs.» Lentement et en s’en rendant à peine compte, Oswin avait hoché la tête plusieurs fois, comme pour confirmer qu’elle passait simplement pour une folle avec ses histoires de médium. Elle pinça les lèvres dans un sourire gêné. « Je ne crois vraiment pas en tout ça. Les médiums et compagnie ne sont que des conneries pour moi. Si vous saviez le nombre de personnes qui se pointent au poste de police avec leurs prétendus dons et qui nous font perdre un temps précieux. » Trop personnes aux yeux d’Oswin, jouaient d’en prétendu don pour faire perdre un temps précieux au force de l’ordre. Elle en avait vu plus d’un venir en prétendant pouvoir aider à retrouver un gamin porté disparu ou une pauvre femme ayant été kidnappée ; tout ce qu’elle retenait c’était que ces gens là n’aidaient pas et qu’ils avaient tendance à l’agacer et pas qu’un peu. Alors, elle pouvait se les garder pour elle ses histoires de médium ; Oswin, elle, elle n’y croyait pas.


hj : pardon pour le temps de la réponse, j'ai vraiment pas assuré ces derniers temps  :potté: 
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