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 (flemings.) ❝ the devil's voice is sweet to hear.

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MessageSujet: (flemings.) ❝ the devil's voice is sweet to hear.   Lun 29 Juil - 21:16


caught in a trap you cannot escape
JUDITH ABERNATHY & MOSES FLEMING

De ses yeux sombres, un regard torve, son attention glissait avec intensité sur les quelques pages devant lui. Ses prunelles s’accrochaient à celles du portrait photographique, s’agitant dans un cadre restreint, au coin du dossier ; parfois elles détaillaient les traits du visage du sorcier, qui n’avait de cesse de tenter de se dérober à son attention. Rien ne pouvait le perturber cependant, pas même les éclats de voix perceptibles des couloirs alentours, ni même la froideur hivernale s’étant installée dans le bureau depuis qu’il avait renvoyé le dernier elfe de maison qui s’était pointé jusqu’ici. Azkaban l’avait – d’une manière aussi déplaisante qu’indélicate – habitué à des froids bien plus rudes encore, mordant la chair et déchirant la peau ; la vie au château était indéniablement un luxe qu’il n’avait plus frôlé depuis des lustres déjà. Slevin Rosebury, les questionnements s’infiltraient dans les sillons de l’esprit de Fleming, faisant palpiter une veine par-ci par-là, rendant son esprit effervescent à chaque fois qu’il observait ce dossier. Encore. Encore. Et pourquoi ? Les questionnements de Moses lui crispèrent les mâchoires, en un spasme d’une fraction de seconde trahissant l’ardent sentiment qu’il avait de perdre prise. Perdre prise, parce qu’il se montrait trop indulgent sans doute ; il avait fallu qu’il détourne les yeux de sa fille une fraction de seconde pour qu’elle recommence à le défier. Ce n’était pas étonnant, sûrement aurait-il dû le prévoir : dans ses veines coulait le même sang que sa traitresse et sang-de-bourbe de mère – aujourd’hui, cette garce regrettait ces actes passés, qui aujourd’hui lui coûtaient la passable tranquillité barbante qu’elle avait instaurée dans sa vie et celle de Judith. Les choses auraient pu bien mieux se passer, si seulement Moira avait pu faire les bons choix dans sa vie, encore fallait-il pour cela qu’elle ne soit pas une incapable, à l’esprit si limité qu’elle s’en abaissait à écouter toutes les messes basses qui frôlaient ses oreilles. D’un geste vif, l’arrachant à ces songes déplaisants, l’appel rageur et tonitruant à son esprit, Moses ferma l’épais dossier devant lui, se redressant de toute sa hauteur. En quelques pas, il rejoignit son verre de Whisky Pur Feu, ses doigts l’enfermant dans une poigne nerveuse tandis qu’il vidait son contenu en un seul geste. Dehors, de ce qu’il pouvait distinguer par les minuscules fenêtres du château, un pâle soleil d’hiver tentait de timidement faire disparaître les rudes traces des mois passés : Poudlard avait subi bien des changements, la saison précédente avait eu son lot de désarroi et quelque-chose annonçait déjà, d’un son claironnant, que la période à venir ne s’annonçait pas plus clémente. Qu’importe ; aux grands maux les grands moyens. Abandonnant sa longue observation des lieux, sa patience d’apparat, le Mangemort fit volte-face, ne se donnant que tout juste la peine de déposer son verre à sa place, avant de quitter son bureau – avant qu’il ne disparaisse, son regard s’accrocha au sol, où subsistaient quelques traces de sang séché, incrusté dans la pierre vieillie du château : lui qui avait préféré laisser les larbins de Poudlard s’en charger, il était finalement bien désappointé de constater que ceux-ci n’étaient, comme chacun de leurs congénères, que des incapables.

Défait de l’ambiance solitaire de son bureau, Fleming rejoignit le hall d’entrée, sans se soucier des mines pincées qui le suivaient du regard à chacun de ses pas, ou les élèves qui s’écartaient de son chemin, attardant sur lui une œillade qui semblait décrire une crainte silencieuse d’être assassiné au moindre faux pas. Ce respect qu’il imposait d’office à tous les craintifs, il ne semblait pas couler de source pour certains récalcitrants, dont la fille Steadworthy avait fait partie. Elle avait disparu si vite et si loin du château, qu’il pouvait à présent être sûr que son message et ses volontés avaient fini par se faire dans l’esprit de l’impétueuse blonde. Restait Judith, l’insatiable et caractérielle peste qui partageait son sang – ainsi qu’une certaine dose de son caractère, quand bien même elle cherchait à le nier, se faire blanche comme neige et fille-sans-père. Plus qu’elle ne le croyait, elle s’offrait complètement à cet héritage qui palpitait en elle, ce feu rageur qu’elle ne tenait certainement pas de cette idiote de née-moldue ; mieux que personne alors, Moses était celui à même de tanner cette gamine, du moins, y tenait-il fermement. Dans le parc, ses pieds crissaient contre l’herbe encore refroidie par les intempéries de l’Ecosse profonde – encore une fois, rien ne semblait égaler l’atmosphère glaciale d’Azkaban, où, au souffle d’une mer impétueuse, s’était mêlée la froideur naturelle des Détraqueurs. Un regard circulaire, glissant d’une extrémité à l’autre du parc, lui suffit à repérer le petit groupe d’élèves, qui se déplaçait de la bordure des serres de botanique à la bordure de la forêt interdite. Ils avaient cours de soins aux créatures magiques, discipline barbante, sans intérêt et donnée par un imbécile qui ne savait pas faire grand-chose de ses dix doigts : Fleming était bien placé pour savoir de quoi il en retournait, lorsqu’il s’agissait de ce pleutre de Timothy Sweetlove. En plusieurs foulées empressées, écrasant l’herbe sur son passage, Moses rejoignit le groupe d’élèves en rang parfaitement aligné ; certains osèrent le dévisager, d’autres se contentèrent de baisser les yeux et de l’ignorer parfaitement (sage décision), mais du groupe se détachait, en arrière du peloton (à croire qu’elle n’aimait pas non plus les cours de soins aux créatures magiques), Judith, qu’il n’eut aucun mal à reconnaître – évidemment, c’était sa fille pourrait-on se dire. Et Fleming avait si souvent eu l’occasion de la dévisager, de voir les traits répugnants de Moira se dessiner sur le visage de sa propre fille, qu’il n’avait aucun moyen d’oublier à quoi elle pouvait ressembler. Il sembla vite au Mangemort, que Judith voulut l’ignorer, mais d’un geste l’interrompant, il captura son attention, dans une œillade qui se voulait excessivement patiente – il n’était certainement pas de bon augure pour Judith de tenter de se montrer un tant soit peu accaparée par quoique ce soit d’autre : après tout, Fleming s’estimait déjà assez sympathique envers elle pour lui donner la chance d’émettre la moindre parole pour rattraper sa déplorable erreur. « Tu vas quelque part, peut-être ? » Si le ton onctueux de Moses avait eu un tant soit peu quelque crédibilité que ce soit, celle-ci s’évanouit lorsqu’il trouva le regard de sa fille, l’invitant tacitement à ne même pas répondre, et à marcher droit. « Tu es excusée pour l’heure qui vient, nous devrions l’utiliser intelligemment. » Sans aucune retenue, ni aucune douceur, Moses attrapa le bras de la jeune fille, l’entraînant à sa suite pour rejoindre le château. Ce n’est qu’au bout de quelques pas, lorsqu’elle lui sembla avoir compris qu’elle n’avait pas le choix, ni matière à le contredire en quoique ce soit, qu’il la relâcha, la précédent dans leur marche.

De longues secondes silencieuses leur fallut pour rejoindre à nouveau le bureau, toujours aussi désert, et où aucun autre elfe de maison n’avait eu le courage de se rendre pour alimenter à nouveau le feu : visiblement, ces imbéciles avaient compris le message. L’atmosphère déjà tout à fait austère des lieux n’en fut que refroidie, mais Moses était le dernier des membres de ce château à s’en fourvoyer – attrapant à nouveau le bras de sa fille, il ne lui laissa aucun répit, l’entraînant à avancer dans la pièce. D’un geste, écartant la chaise du bureau, il lui signifia de s’asseoir, et le Mangemort s’écarta à nouveau d’elle. D’un mouvement automatique de la baguette, il remplit à nouveau son verre de Whisky Pur Feu, les objets s’agitant d’eux-mêmes à l’autre bout de la pièce, tandis que lui, de l’autre côté de son bureau, avait son attention à nouveau captivée par le dossier devant lui. S’asseyant à son tour, il toisa longuement sa fille, sourcil arqué comme s’il cherchait à la sonder d’un seul regard, rien que pour saisir un tant soit peu l’essence même de cet instinct stupide qu’elle avait, de sans cesse se rebeller. Etait-ce l’adolescence ou était-elle destinée à être aussi stupide ? Car sous-estimer la volonté que Moses pouvait avoir à découper Moira en tranches et expédier les morceaux aux quatre coins de la planète, s’apparentait à de la pure imbécilité. Si elle savait, si elle savait… Etait-ce réellement important. Dans un long souffle, presque las, ou trahissant l’agacement certain qui hurlait au fond de ses entrailles – et qu’il contenait avec un génie surnaturel, qu’il s’était forcé d’avoir à nouveau entre les murs du château et pour se faire bien voir par ses collègues Mangemorts – Moses ouvrit le dossier, tira les premières pages qui y étaient accrochées, et les tendit à sa fille. Ô, bien entendu, un seul regard à la jeune fille suffirait pour savoir de quoi il en retournait. Slevin, sans doute que cette tronche de cake, ce nom ou ce matricule de né-moldu lui disait quelque-chose. Faisait résonner une petite cloche à son esprit, puisque c’était elle-même, qui avait cru bon de descendre jusqu’aux cachots du Manoir pour le délivrer. « Si tu t’ennuies tant que ça quand je t’emmène avec moi, on peut toujours tenter d’autres visites moins protocolaires. » Un vague sourire passa sur les lèvres du sorcier, avant de s’évanouir dans le néant, la pénombre glaciale des lieux – l’hiver ne laissait que très peu de chances à Poudlard pour être un tant soit peu accueillant. Seules les décorations de Noël donnaient un peu de couleurs au château, mais cette année, Noël avait été plus funeste et glacial encore qu’à l’accoutumée. « Qui est ce type ? Un sang-de-bourbe, manifestement. Mais visiblement, un parmi tant d’autres. » D’un geste las, il désigna l’épais dossier, au sommet duquel Slevin Rosebury avait reposé jusque-là : oui, il y avait eu d’autres prisonniers, d’autres pauvres gens pour qui Judith n’avait, manifestement, eu aucun intérêt. « Pourquoi donc, est-ce que tu as cru bon de le libérer, lui ? Je suis presque sûr que, d’où ils sont aujourd’hui, les autres auraient aimé capturer ton attention comme ce type. » Encore une fois, il aurait été possible de voir une expression vivace éclairer les yeux sombres du Mangemort, mais celle-ci disparut en un instant, tandis que Moses imposait implicitement à sa fille de lui fournir une réponse claire et brève si elle avait encore un tant soit peu l’instinct de se préserver de l’énervement brûlant au fond de ses entrailles. Elle ne pouvait plus s’y dérober après tout, les soupçons de Moses n’en étaient plus vraiment, c’était une conviction sans borne de la culpabilité de cette idiote qui le rendait si sûr de lui, incapable de ciller en l’attente de la moindre parole.
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MessageSujet: Re: (flemings.) ❝ the devil's voice is sweet to hear.   Mar 30 Juil - 19:14


“ the devil's voice is sweet to hear. ”

Moses Fleming & Judith Abernathy
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Poudlard n’était plus que l’ombre du lieu qu’il avait été autrefois. Tellement plus sombre, plus glacial, si peu rassurant. Autrefois, Judith avait tant apprécié ce château, une fois les vacances arrivées, elle attendait avec impatience, le jour où enfin, elle retournerait au château, ce moment où elle retrouverait ses amis, cet instant où elle serait de nouveau plongée en plein cœur d’un monde magique, tellement agréable. Elle appréciait aussi les moments passés avec sa mère, elle était aussi une sorcière, mais tout le reste de sa famille était composée de moldus, ainsi, elles devaient s’adapter, se fondre dans le monde moldu et aux yeux de la jeune Judith, c’était bien moins impressionnant que le monde des sorciers. Aujourd’hui pourtant, une partie d’elle aurait préféré de faire parti que du monde moldu, ils subissaient bien moins les conséquences de cette guerre. Elle ne les concernait pas. Elle aurait voulu pouvoir être une adolescente de seize ans, parfaitement normale, qui ne connaitrait que des problèmes sans conséquences. Ce n’était pourtant pas ce qu’elle était. Elle était une sorcière, mais en plus, elle était la fille de Moses Fleming, un mangemort qui avait l’air bien décidé à rendre sa vie plus compliquée qu’elle ne l’avait jamais été. Tout était plus simple quand elle n’était qu’une gamine sans père, il ne lui avait jamais manqué de toute façon. Elle n’avait jamais eu besoin de lui, sa mère, ainsi que le reste de sa famille, ça lui avait toujours suffit. Il n’avait rien d’un père de toute façon. Elle possédait peut-être la moitié de son patrimoine génétique, mais rien de plus. Elle ne serait jamais comme lui et ce même si c’était ce qu’il désirait. En vérité, ce qu’il voulait d’elle, elle était la première personne à l’ignorer. Finalement, pour lui, elle n’aurait dû être qu’une gamine parmi tant d’autres, les liens du sang n’y faisaient rien. Si elle était bien incapable de le voir comme un véritable père, à son humble avis, lui, il ne devait pas la voir comme sa fille. Ou alors la conception de relation père/fille était considérablement bancale pour lui. Elle ne savait pas comment était les choses dans sa famille, elle n’avait d’ailleurs pas envie de savoir, mais apparemment, c’était très différent chez les Fleming et chez les Abernathy. C’était peut-être le côté moldu qui voulait ça. Si tel était le cas, elle ne regrettait en rien le fait que du sang moldu puisse couler dans ses veines. Elle détestait Fleming pour ce qu’il était, un mangemort et pour la façon dont il se servait d’elle, ce temps qu’il passait à menacer la vie de sa mère. Elle pouvait lutter autant qu’elle voulait, viendrait un jour où il la tuerait juste parce qu’il s’ennuyait. C’était un monstre. Elle ne voulait pas envisager la mort de sa mère et pourtant, au milieu des ténèbres qui composaient sa vie, qui composaient le monde entier aujourd’hui, elle ne pouvait entrevoir la résolution de ce problème. Elle perdait peu à peu son optimisme. A un moment, elle aurait volontiers imaginé qu’un jour viendrait, elle retrouverait sa mère, qu’elles s’enfuiraient ensemble et qu’à partir de là, elles seraient plus ou moins en sécurité. Ça aurait été si simple que les choses puissent se dérouler ainsi. Pourtant, les moins passaient et rien ne semblait s’améliorer, les choses étaient toujours aussi compliquées et délivrer sa mère semblait être un challenge bien au delà de ses capacités. Elle n’y arriverait certainement, pas plus qu’elle pourrait échapper au mangemort si elle en avait subitement le courage ou la lâcheté, elle ne savait comment définir la chose. Le courage de lui tenir tête, de s’opposer à lui et à la façon dont il la gardait à portée de main. Mais de la lâcheté vis-à-vis de sa mère qui perdrait sûrement la vie à la minute même où elle, elle disparaîtrait Dieu seul savait où. C’était souvent qu’elle cherchait des alternatives pour sortir de l’étroit piège dans lequel elle était coincée, mais rien ne venait, alors forcément, les mois passant, elle perdait tout espoir de se tirer de là. Elle aurait tellement voulu avoir la possibilité de s’enfuir avec Slevin, que ce soit ce lointain jour à la fin de l’été ou plus récemment quand elle l’avait libéré du cachot dans lequel il s’était retrouvé coincé.

Cette nuit ne cessait de repasser dans son esprit, encore et encore, nuit et jour. Elle savait qu’à un moment Fleming finirait par savoir ce qui s’était passé dans ce manoir. Elle avait libéré l’un des prisonniers, il y avait quelques jours de ça et elle passait chaque jour à appréhender que son paternel ne le découvre. Ça allait arriver, elle n’en doutait pas une seule seconde. Elle l’avait su, même au moment où elle avait pris la décision de libérer le sorcier. Elle l’avait su et pourtant, elle n’avait pas reculé. Elle ne pouvait pas reculer, elle ne voulait pas. C’était de Slevin dont il était question et depuis des années qu’elle le côtoyait elle pouvait enfin admettre qu’il était plus important à ses yeux que n’importe quel autre ami qu’elle aurait pu avoir à Poudlard. Pourquoi une telle importance, ça elle n’en savait rien, elle ne voulait même pas creuser la question. Il n’empêche qu’ils avaient partagé bien des moments ensemble, dans la salle commune de poufsouffle, puis dans la bibliothèque du château. Elle avait cessé de compter depuis fort longtemps, les heures qu’elle avait pu passer à la bibliothèque afin de discuter avec le jeune homme. Toutes ses heures passées en sa compagnie, ça lui manquait énormément. A chaque fois qu’elle s’approchait de la bibliothèque du château, elle ressentait un vide incroyablement douloureux au fond de ses entrailles. C’était à peine si elle osait encore entrer dans cette dite bibliothèque. Il arrivait qu’elle n’ait pas le choix, après tout, malgré la guerre qui faisait rage dehors, les élèves de Poudlard recevait encore des devoirs, des tonnes de devoirs. Les professeurs pensaient peut-être que ça allait les aider à oublier leurs camarades, qui mourraient dehors comme dedans. Depuis la mort de cet élève de première année, les choses étaient considérablement compliquées. Beaucoup avaient considéré qu’il s’agissait de leur dernière chance de fuir avant qu’il ne soit trop tard. Ils étaient nombreux à avoir déserté les couloirs de Poudlard, nombreux à s’être lancés à cœur perdu dans une longue fuite dont nul ne pouvait dire en avance quel serait le résultat. Enfin, ces gens là avaient compris qu’ils seraient presque plus en sécurité dehors que dedans. Ils n’avaient pas tord. Maintenant, s’ils trouvaient un nouveau né-moldu entre les murs du château, ce dernier serait certainement tué sans aucune autre forme de procès.  L’idée était déplaisante, mais réaliste. Voilà ce qu’était devenu Poudlard cette année. Ça n’avait rien de glorieux. Il était difficile de continuer à suivre les cours dans une telle ambiance et pourtant, ceux qui étaient encore dans le château n’avaient pas le choix. Les punitions en cas d’absentéisme étaient terribles. Les punitions étaient toujours terribles. Judith tâchait toujours de faire de son mieux pour les éviter. Bien se tenir, c’était ce qu’elle avait appris à faire depuis le début de l’année, ou du moins, bien surveiller ses arrières. Ainsi, elle n’avait reçu que très peu de punitions. La dernière en date avait été la moins terrible de toutes. Affligée par le directeur de l’école lui-même, elle s’était attendue à bien pire que de passer quelques heures enfermée au fond d’un cachot. Quelques heures seulement alors que Slevin lui, y avait passé quelques jours. Elle avait bien du mal à imaginer ce qu’il avait pu ressentir. Dans un soupire elle tâcha d’arrêter de penser au jeune homme pour se concentrer sur le cours de soins aux créatures magiques. C’était compliqué, la matière était intéressante, mais rester concentrée ces derniers jours lui semblait être impossible. Elle fut presque soulagée que le cours se termine.

Pourtant rapidement, l’angoisse revint de nicher au fond de sa gorge. Fleming était là, non loin d’elle, elle pouvait d’ores et déjà conclure que le moment qu’elle redoutait tant depuis plusieurs jours, était enfin arrivé. Il savait qu’elle avait libéré un prisonnier et elle allait en payer les conséquences. Elle aurait voulu l’ignorer et tracer sa route, mais elle ne savait qu’elle ne pourra pas échapper au mangemort alors autant évité de s’enfoncer d’avantage en résistant. « Tu vas quelque part, peut-être ? » Elle haussa légèrement les épaules,  convaincue que maintenant, l’endroit où elle se rendrait ne dépendrait plus que de lui et non de con propre avis. « Tu es excusée pour l’heure qui vient, nous devrions l’utiliser intelligemment. » Sans qu’elle n’ait le temps de répliquer, il lui avait attrapé le bras pour l’emmener avec lui. la délicatesse n’était pas le propre du mangemort, ni d’aucun autre mangemort d’après Judith, ainsi, elle sentit vite son poignet se faire douloureux, mais elle ne fit aucun commentaire la dessus, se contentant d’une légère grimace, cachée aux yeux du mangemort, à moins bien sûr qu’il ait des yeux derrière le dos. Physiquement c’était improbable, mais venant de lui, ça ne la surprendrait pas vraiment, après tout, il avait toujours tendance à tout savoir, il fallait bien qu’il possède certains moyens d’arriver à un tel résultat. Heureusement pour son poignet il finit par le relâcher. Elle s’empressa de le masser légèrement, tout en suivant le mangemort sans sa marche. C’était son bureau qu’il visait et elle ne tarda pas à le comprendre, elle en connaissait le chemin, parce que depuis le début de l’année, elle avait eu le droit d’y être convoquée plusieurs fois, mais surtout parce qu’il s’agissait de la salle de sortilèges, elle y était déjà allée des centaines de fois pour assister aux cours, depuis sa première année. C’était à une autre époque, quand les cours n’étaient pas donnés par Moses Fleming, ce type qui n’avait aucun talent de pédagogue. Elle regrettait l’ancien professeur, elle regrettait tous ceux qui étaient partis en laissant leur place aux mangemorts. Elle regrettait Albus Dumbledore, il était forcément un bien meilleur directeur que Severus Rogue. Arrivé dans le dit bureau, il lui reprit le bras pour l’entrainer dans la salle, lui tirant la chaise pour lui indiquer de s’asseoir, ce qu’elle fit sans rechigner. Elle garda sa cape sur les épaules, il faisait presque aussi froid à l’intérieur de la pièce que dans la cour du château. Elle le fixait sans dire le moindre mot, restant complètement neutre, elle savait d’avance ce sont il allait lui parler. Si elle devait avoir l’air surprise ce serait s’il lui parlait d’autre chose que de cette affaire à Slevin. Elle jeta un coup d’œil aux pages qu’il lui avait tendues. Slevin, évidement. Elle aurait pu mettre sa main à couper qu’il s’agissait de ça. Elle y avait beaucoup réfléchit ces derniers temps et elle avait fini par arriver à la conclusion que nier en bloc sa responsabilité dans l’évasion du sorcier ne ferait que compliquer les choses. Il savait que c’était elle. Il n’y avait qu’eux dans ce manoir cette nuit là et personne ne s’était introduit dedans, sans quoi  des sortilèges placés un peu partout l’en auraient averti. Slevin était loin, hors de danger, maintenant, il n’y avait plus qu’elle qui risquait sa peau. Elle et sa mère. Cette pensée lui serra le cœur alors qu’elle avait la tête plongée dans les pages qu’elle avait prises entre ses doigts. « Si tu t’ennuies tant que ça quand je t’emmène avec moi, on peut toujours tenter d’autres visites moins protocolaires. » Elle releva les yeux vers son père sans pour autant lâcher les pages qu’elle avait entre les mains. Elle ne savait pas ce qu’il entendait par moins protocolaire, mais elle n’avait pas franchement envie de savoir. Elle n’avait même pas envie qu’il l’emmène encore avec lui. Elle ne savait pas pourquoi il perdait son temps à l’emmener, elle ne lui servait à rien. « Qui est ce type ? Un sang-de-bourbe, manifestement. Mais visiblement, un parmi tant d’autres. »  Une nouvelle fois, son regard se posa sur les pages, s’attardant sur la photo du jeune homme. Elle haussa les épaules avant de reposer son regard sur le mangemort. « Slevin Rosebury, c’est écrit dans le dossier. » Elle reposa les pages sur le bureau. Elle avait répondu à sa question de manière claire non ? Il lui avait demandé qui c’était, elle le lui avait dit. S’il voulait des réponses plus précises, il faudrait poser des questions plus précises. Il le savait très bien à en juger celle qui suivit. « Pourquoi donc, est-ce que tu as cru bon de le libérer, lui ? Je suis presque sûr que, d’où ils sont aujourd’hui, les autres auraient aimé capturer ton attention comme ce type. » Pourquoi lui ? Ça c’était une bonne question. Encore une fois, la réponse était évidente. Il suffisait de regarder le dossier. Il donnait bien des réponses ce dossier, quand on se donnait la peine de l’observer. « Parce que lui, je le connaissais. Pas les autres. Il travaillait encore à Poudlard l’année dernière, c’est aussi écrit. » Ce n’était peut-être pas la réponse qu’il attendait, mais même si elle l’avait voulu, elle aurait difficilement pu faire mieux. Elle ignorait la nature du lien qui l’unissait à Slevin, si elle, elle était incapable de ne comprendre, son père ne pourrait pas en faire grand-chose. Il ne comprendrait pas mieux qu’elle, après tout, il ne semblait guère plus à l’aise qu’elle avec les sentiments. Tel père telle fille, voilà un proverbe qu’elle n’appréciait pas le moins du monde. « J’en ai peut-être pas l’air, mais je vais beaucoup à la bibliothèque. » Elle jugea bon de le préciser. Il avait été bibliothécaire à Poudlard, l’année précédente encore, c’était écrit noir sur blanc alors le nier aurait été stupide et c’était bien là qu’elle le voyait, à la bibliothèque c’était un fait, pas un mensonge. il n’y avait rien à ajouter, leur relation s’arrêtait là après tout, elle allait à la bibliothèque, il y travaillait et ils discutaient. Fleming n’avait pas besoin d’en savoir plus, elle ne saurait même pas, au final quoi dire de plus, c’était compliquée cette relation qui s’était établie entre Slevin et elle, suffisamment compliquée pour qu’elle décide de le libérer malgré les risques que ça lui faisait prendre.
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