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 ❝ so take your time, pretend you're mine ❞ (ft.cinaed)

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MessageSujet: ❝ so take your time, pretend you're mine ❞ (ft.cinaed)   Dim 28 Juil - 23:19

“ so take your time, pretend you're mine ”
But I can't fight back even in my dreams, My fortitude is nothing like it seems At night they come and I just let them in I never win, I never win.

Cinaed and Beitris
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Les jours s’étaient assombris, le monde n’était plus ce qu’il avait été. Chaque jour, il devenait un peu plus effrayant, un peu plus hostile. Les choses ne cessaient de se compliquer et c’était, bien malgré elle que Beitris se retrouvait coincée dans un conflit qui la dépassait légèrement. Elle n’était pas de ces vaillants sorciers qui avaient décidé de se battre pour leurs idéaux, risquant leurs vies pour le reste du monde. Elle n’était pas non plus de ceux qui avaient eu le courage de tout laisser derrière eux pour vivre une vie précaire, en fuite sur le grand territoire du royaume unis. Elle, elle s’était laissée portée par les autres, ceux qui lui avait offert leur aide, ceux qui avaient bien plus de courage qu’elle et qui devaient suffisamment tenir à elle pour mettre leur propre sécurité en péril afin de la protéger elle. Elle ne méritait pas cette aide, elle ne méritait pas qu’on puisse ainsi se sacrifier pour ses beaux yeux. Elle en avait conscience, c’était certain, mais elle n’avait toujours pas le courage de prendre les choses en mains. Elle n’était qu’une pauvre femme, effroyablement lâche. Jamais dans sa vie elle ne s’était montrée assez forte pour se défendre toute seule. Elle avait toujours eu besoin des autres, elle se rendait compte aujourd’hui à quel point elle était pitoyable. Elle était au cœur de cette guerre sans même l’avoir choisi. Elle aurait dû trouver en elle, quelque part, le courage de se battre. C’était de sa liberté, de sa vie dont il était question après tout. Alors c’était elle qui aurait dû se battre pour survivre à tout ça. Pas les autres. Elle était la née-moldue, celle qui était traquée par le ministère de la magie, simplement parce qu’elle n’était pas née dans la bonne famille. Ceux qui jusqu’à présent l’avait protégée n’étaient pas comme elle, ils auraient pu échapper à cette guerre en restant bien tranquillement dans leur coin, mais à cause d’elle, ils avaient pris des risques. Plus les jours passaient, plus elle détestait cette idée. Cette guerre arrachait la vie à bien trop de personnes, elle ne voulait pas qu’elle prenne ceux de ses proches. Celle de Cinaed. Parmi tous ceux pour qui elle ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter, Cinaed était celui qui occupait le plus de place au fond de ses pensées. Il avait été là, au château avec elle quand ils n’étaient que des adolescents, il l’avait défendue contre un groupe de Serpentards qui n’avaient rien trouvés de mieux à faire pour s’occuper que de l’emmerder. C’était lui qui encore cette fois, l’avait aidée à s’échapper d’un château dans lequel elle n’avait plus sa place et c’était, encore lui aujourd’hui, qui la cachait chez lui au risque de passer pour un traitre aux yeux du ministère de la magie. C’était lui qui l’avait embrassée rapidement avant de s’enfuir à toutes jambes, il y avait quelque temps de ça. Il occupait une place importante dans le cœur de la jeune sorcière, bien plus qu’elle le l’avouerait elle-même. Il prenait bien trop de risques pour elle et elle refusait catégoriquement qu’il puisse être pourchassé à son tour par les mangemorts ou les rafleurs, à cause d’elle. Il pourrait y laisser sa liberté ou pire encore sa vie. Elle ne pouvait pas accepter ça. Toutes les fois – trop nombreuses – où elle pensait à ce qui pourrait arriver, elle sentait les larmes lui monter aux yeux, bien vite, elles venaient inonder ses joues sans qu’elle soit capable de contrôler quoi que ce soit. Au fond, c’était ce qu’elle faisait de mieux dans la vie ; pleurer. Comme si ses larmes allaient l’aider à régler ses problèmes. Face à un mangemort, elle pourrait pleurer autant qu’elle le désirait, ça ne lui permettrait pas de s’échapper, bien au contraire. Elle passerait simplement pour ce qu’elle était : une jeune femme bien pitoyable et incroyablement fragile. Il fallait que ça change, elle le savait, mais changer du jour au lendemain, même avec toute la motivation du monde, ça restait toujours plus facile à dire qu’à faire. Elle voulait changer, elle voulait devenir plus forte, arrêter d’être un poids pour les autres, mais c’était vraiment compliqué. Pourtant, en cet instant, dans un élan soudain de motivation, elle essuya ses larmes d’un revers de la main, avant de se lever du canapé dans lequel elle était installée depuis ce qui lui semblait être de trop nombreuses heures.

Il fallait qu’elle agisse par elle-même au lieu de dépendre indéfiniment des autres. Subitement motivée par se semblant d’idée, elle prit soin de réunir la totalité des affaires qu’elle avait emporté avec elle chez Cinaed. Elle ne pouvait pas rester chez lui, si on apprenait qu’elle y était, ça finirait par lui retomber dessus. Il fallait qu’elle parte. Pour aller où ? Elle n’en savait absolument rien pour l’instant. Tout ce qu’elle se contentait de faire, c’était de ranger avec soin ses affaires dans son sac. Elle en avait élargit le fond à l’aide d’un sortilège, afin de pouvoir en emporter plus avec elle, sans être chargée comme une bourrique, ainsi, elle n’avait rien laissé de vraiment primordial à Poudlard, tout comme elle ne laisserait rien d’indispensable ici. Elle ne laisserait simplement rien. Elle allait disparaitre de la vie de Cinaed, sans un mot, sans un au revoir, alors il ne fallait rien qu’elle laisse trainer ici, histoire qu’il puisse l’oublier sans avoir quelque part quelque chose qui pourrait lui rappeler la stupide infirmière qu’il s’était efforcé d’aider et qui avait disparue du jour au lendemain. Elle ne ferait peut-être pas long feu dehors, il lui avait appris à se défendre et elle s’avérait plus douée qu’elle n’en avait l’air, restait à savoir si elle saurait user des sorts appris, face à un adversaire ou bien, si la peur la paralyserait  complètement. Personne ne serait surpris de voir la jeune Beitris tétaniser par la peur au point de ne pas être capable de lever sa baguette. Ça lui ressemblait tellement ce genre de réaction. Elle ne pouvait pas dire comment ça allait se passer dehors, pour sûr, elle s’en inquiétait. Mais il ne fallait pas qu’elle baisse les bras et fasse demi-tour. Elle devait partie et arrêter de jouer aux gamines apeurées. Elle était grande après tout, à trente ans, il était grand temps qu’elle apprenne à se débrouiller toute seule au lieu de dépendre constamment des autres. Ses affaires réunies, elle laissa échapper un long soupire. Les mains posées sur les hanches, elle regarda la pièce avec attention. Depuis qu’il l’avait laissée là, elle avait pris le temps de connaitre ce salon à la perfection, enfermée entre les quatre murs de l’appartement du sorcier, elle avait eu bien l’occasion de s’y habituée. Le premier jour, elle s’était appliquée à faire le ménage partout, comme si elle avait été chez elle. C’était une bonne façon d’occuper une longue journée et de faire taire les angoisses qui ne cessaient de naitre en elle. Les jours suivants elle les avaient passés à chercher diverses occupations qui auraient pu faire diminuer son stress, mais les jours avançant, plus ça devenait compliqué. Peut-être qu’aujourd’hui, elle n’avait pas suffisamment lutté contre ces maudites angoisse pour que, d’une seconde à l’autre, elle prenne la folle décision de quitter les lieux sans rien dire à son hôte. Elle fini par arrêter de fixer la pièce pour jeter un coup d’œil à sa montre. Il était déjà tard, elle ne savait pas si Cinaed aurait l’occasion de passer aujourd’hui, mais si c’était le cas, il ne devrait plus tarder, le dîné de Poudlard touchait certainement à sa fin, c’était le moment idéal pour échapper à la vigilance des mangemorts. Il fallait qu’elle bouge si elle comptait vraiment partir d’ici, et plus vite que ça, sinon, elle serait obligée d’affronter le sorcier et elle n’en avait pas la moindre envie, surtout qu’elle le savait, il trouverait les bons arguments pour la forcer à rester ici. Ou alors, il l’attacherait quelque part pour qu’elle évite d’aller se faire tuer, là-dehors. Il voulait la protéger, elle voulait le protéger et forcément, à un moment leurs objectifs personnels rentraient en conflit avec ceux de l’autre.

Dans un autre soupire la sorcière attrapa son sac avant de se diriger vers la porte de l’appartement. Cette fois, elle allait partir. C’était ce dont elle essayait de se convaincre et pourtant, une fois la porte ouverte, elle se contenta de regarder le couloir comme une imbécile pendant plusieurs longues minutes. Elle n’osait pas mettre le pied dehors. Elle sentait son cœur battre bien trop fort dans sa poitrine, elle sentait son sang se glacer dans ses veines et bien vite, des visions d’horreur s’imposaient à elle. Cette misère dans laquelle elle allait se retrouver, la difficulté de la fuite, les conflits auxquels elle ne pourrait certainement pas échapper. Azkaban, là où elle finirait peut-être, si ce n’était pas six pieds sous terre après avoir été assassiné par un mangemort ou un rafleur. Elle ne ferait pas long feu dehors, elle ne savait parfaitement bien. C’était égoïste pourtant d’être incapable d’agir par crainte pour sa propre vie. C’était pour Cinaed qu’elle devrait s’inquiéter, pas pour sa propre personne. Paralysée sur le seuil de la porte, elle se détestait encore un peu plus. Elle avait tous les défauts du monde. Elle était lâche, égoïste, pleurnicharde, parfaitement inutile, absolument pas indépendante. Elle cumulait. Elle leva les yeux au ciel, désespérée par sa propre personne avant de repousser la porte devant elle, la laissant se refermer dans un lourd claquement. Elle retourna vers le canapé, où elle déposa son sac, avant de se diriger vers la salle de bain afin de se passer de l’eau sur le visage, comme si ça allait l’aider à se réveiller. Seulement, un coup d’eau sur la face, ce n’était clairement pas le remède à tous les problèmes. Surtout pas aux siens. Face au lavabo elle soupira encore avant de s’essuyait le visage puis de retourner vers le salon, où elle fit les cents pas pendant un long moment. Elle ne pouvait pas rester ici. Elle n’arrêtait pas de se répéter ses quelques mots, comme si ça pourrait changer quelque chose. Encore une fois, ce n’était pas ça qui allait faire avancer le schmilblick. Elle pouvait le répéter autant de fois qu’elle le voulait, ce n’était pas ça qui allait la faire miraculeusement disparaitre de cet appartement. Finalement, elle avança, d’un pas décidé, vers le canapé où elle récupéra son sac. « Allez Beitris, ce n’est plus le moment de jouer les enfants. Tu peux le faire. » Voilà qu’elle se mettait à se parler à haute voix. Elle conclu, cette fois en son fort intérieur, qu’elle devenait vraiment grave. Son sac sur l’épaule, elle se dirigea encore une fois vers la porte et cette fois encore, elle n’osa même pas avancer dans le couloir. Cette fois, elle adjugea qu’elle ne pouvait pas juste partir comme ça en laissant Cinaed en plan, il fallait au moins qu’elle lui laisse un petit mot. En voilà une excuse qu’elle est bonne ! La porte une nouvelle fois refermée, elle se posa à la table de la salle à manger. Elle tira de son sac un stylo – elle n’allait pas emmener une plume et un encrier avec elle, ça aurait été trop compliqué – et un rouleau de parchemin. Elle resta un moment à simplement taper nerveusement le crayon contre le parchemin, avant d’entamer enfin une belle lettre d’excuse et d’adieu, bien mielleuse et barbante, mais qui expliquait avec bien des détours les raisons pour lesquelles elle voulait partir. Un craquement dans la pièce d’à côté la fit sursauter. Quelqu’un venait de transplaner dans l’appartement. Pour l’heure, elle ne savait pas de qui il pouvait s’agir, Cinaed ou un mangemort qui aurait retrouvé sa trace ? Elle dégluti difficilement avant d’attraper sa baguette dans la poche de sa veste, prête – ou au moins en train de faire semblant de l’être – à riposter en cas d’attaque. Elle laissa échapper un léger soupire de soulagement alors que Cinaed apparaissait devant ses yeux. Quelqu’un de bien plus avisé et parano qu’elle aurait pu imaginer qu’il s’agissait de quelqu’un sous polynectare cherchant à la piéger, mais elle, elle n’envisagea même pas cette option. De toute façon, elle avait bien du mal à imaginer qu’une personne mal intentionnée puisse se donner autant de mal uniquement pour sa petite personne. Elle  était loin d’être une personne particulièrement importante. Rapidement, elle posa son regard sur la lettre qu’elle venait de rédiger. Il fallait qu’elle fasse disparaitre cette lettre. La main devant la bouche elle simula une légère toux, pourtant, baguette pointée vers le parchemin, elle prononça indistinctement un sortilège. « Incendio. » Le parchemin s’enflamma bien plus qu’elle ne l’avait souhaité. Elle pouvait presque revoir le petit professeur Flitwick lui dire qu’un sortilège mal prononcé pouvait avoir des conséquences. Elle qui avait l’habitude de toujours bien articuler ses sortilèges, elle les voyait là les conséquences. C’était cette flamme démesurée au beau milieu de la table du sorcier. Elle n’avait pu retenir un léger cri alors qu’elle reculait d’un pas sous la panique. « Aguamenti ! » Cette fois, un large filet d’eau vint s’écraser sur la table, éteignant ainsi la flamme qu’elle avait précédemment créée du bout de sa baguette. La table était noircie par le feu, le sol plutôt inondé mais au moins, son parchemin avait bel et bien disparu. Elle pouvait désormais lui caché le plan stupide qu’elle avait eu quelques instants plus tôt. C’est du moins ce qu’elle croyait, mais elle oubliait que son sac toujours aussi prêt n’avait pas brûlé lui, pas plus que le manteau qu’elle portait sur ses épaules ou les chaussures qu’elle avait encore aux pieds. Elle se retourna enfin vers son hôte, les mains jointe et une grimace désolée peinte sur la figure. « Je suis vraiment désolée. » Délicatement, elle reposa sa baguette sur ce qu’il restait de la table avant de s’en éloigner comme s’il s’agissait d’une arme à feu dont elle ne saurait se servir et avec laquelle elle venait de tirer quelques coups, absolument pas maitrisés. « S’il y a quelque chose que je peux faire pour me faire pardonner d’avoir détruit ta table, n’hésite pas à le dire. » Nerveusement, elle se déplaça autour de la table, remarquant que chacun de ses pas claquait l’eau qui était encore sur le sol. « Passer la serpillère par exemple. Je vais faire ça. » Elle adressa un sourire timide au sorcier avant de courir limite vers une pièce voisine et de revenir avec la dite serpillère qu’elle s’appliqua à passer, en fuyant le regard de Cinaed, rouge de honte.

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MessageSujet: Re: ❝ so take your time, pretend you're mine ❞ (ft.cinaed)   Jeu 1 Aoû - 22:37



" so take your time, pretend you're mine "
No one who knows us both would ever guess
What could be next. We are relentless.
Un brouhaha timide berçait la grande salle alors que le repas attait son plein. Si je n'avais jamais réellement apprécié ces dîners communs attablés face aux élèves, bien trop bruyant et impersonnel, j'en venais maintenant presque à manquer l'ambiance chaleureuse de ces derniers. Car si devant moi se tenaient toujours les jeune sorciers, avalant sans grand appétit le buffet qui leur était servi, l'ambiance n’avait plus rien de semblable. Elle s'était certes nettement dégradée au début de la guerre, mais depuis la mort du petit McLay c'était encore pire. Plus personne n'osait hausser le ton, les rires sonnaient faux et l'atmosphère chaleureuse du château semblait n'être qu'un lointain souvenir. Le regard planté sur leur assiettes, les élèves se hasardaient maladroitement à adresser la parole à leur voisin mais pas plus. La table des professeurs aussi n'avait plus rien de semblable. La moitié des enseignants avait été remplacé, pour succéder à ceux qui avait été renvoyé ou qui s'étaient enfuis. La relève n'avait pas tardé être assuré, nouveaux professeurs choisis soigneusement par Rogue lui-même dans sa collection mangemorts. Un nombre impressionnant de mon collègue arborait aujourd'hui avec fierté la marque des ténèbres sur leur avant-bras, faisant régner l'ordre comme personne. Je n'avais personnellement pas grand-chose  contre ces derniers, ne leur reprochant peut être rien d'autre que leur dévotion absurde pour ce si fameux mage noir. Mais après tout ce n'était pas mon problème, et ils pouvaient bien faire ce que bon leur semblait tant qu'ils ne s'approchaient pas de ceux qui m'étaient cher. A mes côtés, Astrid semblait apprécier d'un œil malsain le malaise qui imprégnait la grande salle, affichant ce petit sourire en coin dont elle seule avait le secret, celui que je connaissais depuis toujours. Un peu plus loin, à l'autre bout de la tablée, Moses scrutait la pièce du coin de l’œil. C'en était suffisant pour faire remonter tous mes soucis, ravivant le souvenir désagréable notre rencontre quelques jours plus tôt dans mon petit appartement. Pour me rappeler la sécurité précaire dans laquelle se trouvait ma protégée. Si nous avions eu de la chance l'autre jour, la visite du mangemort signifiait que certains avaient des soupçons sur notre relation. Et c'était suffisant à la mettre en danger. Les minutes semblaient sans fins alors que le repas s'éternisait toujours plus. N'arrivant pas à faire sortir l'infirmière de ma tête, j'attendais en silence que le repas se termine avant de m'éclipser discrètement. Direction : Pré-au-Lard, là où je pourrais transplanter en toute liberté vers mon appartement londonien.

Marchant d'un pas vif vers le petit village voisin, je tâchai de me concentrer sur le rythme saccadé de ma respiration plutôt que sur la brune qui m'attendait à l'appartement. La vie avait bien changé depuis que nous avions quitté Poudlard ensemble au début du mois. Je tâchai de passer à l'appartement au maximum pour lui tenir compagnie, feignant de me rendre après le repas au petit pub de Pré-au-Lard. J'en profitais bien sûr pour m'éclipser jusqu'à Londres, transplanant maladroitement jusqu'à ma protégée pour m'assurer qu'elle allait bien. Secret bien gardé, qui j'espérais le resterais le plus longtemps possible, jusqu'à ce que je dépose Beitris en lieu sûr dans l'un de ces camps dont m'avait parlé Clive. Nos visites étaient souvent brèves, juste assez pour prendre de ses nouvelles et lui tenir compagnie, mais pas trop longtemps pour ne pas éveiller les soupçons. Malgré tout, je m'étais surpris à attendre cette visite de plus en plus impatiemment, me languissant de retrouver la brune un peu plus chaque fois. Si on m'avait un jour dit que je serais ravi de rentrer chez moi le soir pour profiter de la simple -et platonique- compagnie d'une femme, j'aurais sûrement trouvé l'idée absurde. Inimaginable. Pourtant, plus j'avançai vers Pré-au-Lard, plus mon pas s'accélérait à l'idée d'arriver à la zone libre au transplanage. A l'idée d'enfin la retrouver, de pouvoir passer un peu plus de temps avec elle. Je refusais bien sur toujours d'admettre le moindre sentiment envers Tris, accusant seulement la joie d'avoir accompli ma tâche un jour de plus, de l'avoir aidé à rester en vie. Pourtant, le sourire qui éclaira mon visage alors que j'arrivais aux portes du village me trahit bien malgré moi ; j'étais heureux de la voir, et je ne pouvais pas mentir. Je m’engouffrai dans une petite ruelle à l'entrée de Pré-au-Lard tout en m'assurant soigneusement ne pas avoir été suivi. Comme bien souvent, la ville était déserte, me laissant champ libre pour m'éclipser vers la capitale. Fermant les yeux, je me concentrais sur le vestibule de mon petit appartement, comme me l'avait appris Tris. J'avais toujours été un piètre transplaneur, obtenant de justesse mon permis, et ce seulement grâce aux places pour un de mes match que j'avais gracieusement offert à l'examinateur des années auparavant. J'avais pendant longtemps évité ce moyen de transport, qui me rendait malade à presque tous les coups. Pourtant, depuis quelques temps, il était devenu nécessaire ; aussi, l'infirmière avait fait de son mieux pour m'aider à m'améliorer, me donnant tous les conseils qu'elle pouvait. Visualisant parfaitement la petite entrée, c'est déterminé que je me fis un chemin jusqu'à mon petit appartement.

Je rouvrais les yeux quelques instants plus tard devant la porte de l'immeuble londonien que j'habitais depuis mon retour de voyage. Rien de bien luxueux, suffisant pour me faire vivre. Je toquai légèrement sur la vielle porte avant de pénétrer dans le salon, où je découvris la brune aux aguets, prête à riposter. Elle souffla en réalisant que ce n'était que moi. Un sourire éclaira alors timidement mon visage. « Tu as vu, même pas malade cette fois. Je deviens un pro du transplanage grâce à toi. » lâchai-je le ton emplis de fierté, lui cachant tout de même que je visai idéalement une autre pièce de l'appartement. Malgré tout, mon sourire s'effaça bien vite en découvrant la mine défaite de l’infirmière alors qu'elle portait sa main à la bouche, prétendant tousser sans grande discrétion. Je ne compris pourtant pas tout de suite ; ce n'est qu'à la vue des flammes qui embrassaient ma table que je réalisai qu'elle venait de lancer un sort. « Qu'est-ce que … Wow. » soufflai-je alors que les flammes redoublèrent d'intensité, faisant un pas en arrière. La brune laissa échapper un cri avant de lancer un sortilège d'Aguamenti qui étouffa le feu, inondant par la même occasion mon salon. Beitris posa doucement sa baguette sur les restes calcinés du meuble noirci. Sans voix, je regardais tour à tour l'immense flaque d’eau et la mine déformée par la grimace désolée de la brune. J'avançai timidement pour évaluer les dégâts, restant toujours en recul, me méfiant d'une seconde attaque. « Je suis vraiment désolée. » souffla la jeune femme dans mon dos. « S’il y a quelque chose que je peux faire pour me faire pardonner d’avoir détruit ta table, n’hésite pas à le dire. » Sa voix résonnait dans la pièce, pourtant, je ne l'écoutais que d'une oreille. Contournant doucement le meuble en miette, quelque chose d'autre avait retenu mon attention, ignorant la dernière réplique de la brune ou le fait qu'elle ait quitté la pièce. Un sac. Celui de la jeune femme, celui avec lequel elle avait quitté Poudlard quelque temps auparavant. Je m'approchais plus vivement cette fois, puis l’attrapai. « Qu'est-ce que c'est ?» dis-je en l'entendant pénétrer à nouveau dans la pièce après quelques secondes. Je relevai le regard vers l’infirmière, le visage rougit par la honte, et ce sourire timide auquel je ne pouvais habituellement pas résister. La vérité me frappa alors de plein fouet, plus violente encore du fait qu'elle était totalement inattendue. Son manteau, le sac, même les chaussures. Tout la trahissait. Elle était sur le point de partir. « Beitris ! » lâchai-je plus fort alors qu'elle s'activait nerveusement à passer la serpillière. « Tu veux partir, c'est ça ? T'étais sur le point de t'enfuir, pas vrai Tris ? » soufflai-je tristement, plus dépité que réellement en colère.


Dernière édition par Cinaed E. Adler-Monroe le Dim 4 Aoû - 17:41, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: ❝ so take your time, pretend you're mine ❞ (ft.cinaed)   Ven 2 Aoû - 14:48

“ so take your time, pretend you're mine ”
But I can't fight back even in my dreams, My fortitude is nothing like it seems At night they come and I just let them in I never win, I never win.

Cinaed and Beitris
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Protéger quelqu’un, c’était quelque chose que Beitris ne savait pas faire. Elle avait appris à soigner les gens, c’était ce qu’elle avait toujours fait, depuis qu’elle avait quitté Poudlard, elle avait soigné des gens. Quand elle travaillait à Sainte mangouste, peut-être même qu’elle pourrait prétendre avoir sauvé des vies, mais jamais elle n’avait été capable de protéger quelqu’un, jamais elle n’en n’avait eue l’occasion. C’était toujours elle qui recevait la protection des autres. Elle, la fragile petite Beitris qui avait toujours besoin d’aide. Elle était faible, elle en avait toujours eu plus ou moins conscience, mais là, maintenant qu’elle était prise au beau milieu d’une guerre elle s’en rendait d’autant plus compte. C’était fini les problèmes sans conséquences, les gamins qui l’insultaient de sang-de-bourbe dans les couloirs quand elle était plus jeunes, ceux qui avaient continué de le faire dans l’infirmerie de l’école alors qu’elle y travaillait comme infirmière. Toutes ces fois où Cinaed était venue à son secours, il n’avait rien risqué. Il avait juste remis des imbéciles à leurs places. Aujourd’hui en la protégeant, il risquait de se voir considérer comme un traitre à son sang et dès lors, il ne serait pas mieux traité que la sang-de-bourbe qu’elle était. Elle voulait tellement lui épargner ça. Lui permettre de continuer sa vie tranquillement, comme il le faisait depuis le début de la guerre. Elle ne voulait pas qu’il ait à s’enfuir comme elle allait devoir le faire, elle ne voulait surtout pas qu’il ait à faire un tel sacrifice pour elle. Il avait déjà assez fait et elle était persuadée que désormais c’était à son tour de faire quelque chose pour lui. Elle le voulait, de tout son cœur, la seule chose qu’elle voulait et ce depuis quelques jours déjà, c’était trouvé la force d’enfin agir pour protéger quelqu’un. Elle en avait marre d’être ce boulet qui immobilisait la cheville du sorcier. Elle était là dans son quotidien, parfaitement inutile et lui, il ne cessait de veiller sur elle, alors qu’elle ne le méritait pas. Maintenant il était temps de renverser la balancer, de changer les choses ; c’était à elle de trouver un moyen de le protéger. Peut-être que s’enfuir sans rien lui dire, ce n’était pas la meilleure chose à faire, c’était pourtant la seule idée qui lui passait par la tête. Elle n’était pas douée pour trouver les meilleurs plans, elle avait l’impression de ne pas être douée pour grand-chose de toute façon. Elle passait le plus clair de son temps à douter d’elle-même, forcément que ça ne l’aidait en rien à se reprendre en main pour enfin agir. Elle n’avait pas assez confiance en elle pour enfin passer le seuil de la porte. Alors, elle restait là, elle voyait les jours défiler devant ses yeux, et chaque jour elle ne pouvait s’empêcher de penser qu’il fallait vraiment qu’elle bouge, une pensée qu’elle n’arrivait jamais à réaliser. Elle était trop lâche, trop apeurée par le monde extérieur, trop dépendante pour oser se lancer à cœur perdu dans une fuite qui lui semblerait bien vite être sans fin. Cette guerre faisait rage depuis des mois et des mois. Elle s’estimait heureuse d’avoir pu continuer à vivre normalement pendant si longtemps. D’autres n’avaient pas eu sa chance. Elle ne remercierait jamais assez son meilleur ami pour lui avoir offert un moyen de rester si longtemps à Poudlard plutôt que de crapahuter dans les bois. Tous les deux ils l’avaient su, ce n’était pas une vie faite pour une jeune femme comme elle. Elle n’avait pas la carrure nécessaire pour s’enfuir et vivre au milieu des bois avec la peur constante de se faire arrêter et envoyer à Azkaban. Elle savait à peine se défendre et elle cédait à la panique en un temps record. Toute seule dans les bois, elle ne tiendrait pas longtemps. Elle avait eu du sursit, bien des mois passés à Poudlard alors qu’elle n’y avait plus sa place, maintenant, il était temps qu’elle se confronte à la réalité. Il n’y avait aucune raison pour qu’elle ait encore et toujours plus de chance que les gens comme elle, il n’y avait pas de raison pour qu’elle reste en vie, libre et confortablement installée dans un appartement Londonien, au dépend de celui qui la protégeait.

Elle avait pris un semblant de décision, elle voulait partir, elle avait tout préparé plus ou moins minutieusement, récupérant ce qu’elle avait pu emmener avec elle dans l’appartement du sorcier ; chaussures aux pieds, manteau sur les épaules, elle était prête à partir à l’aventure, ou à l’abattoir, tout dépendait du point de vu. Elle préférait – bien que manquant de confiance en elle – rester aussi optimiste que possible et n’employer que le terme d’aventure, sans quoi elle aurait plus vite fait de sauter par la fenêtre afin d’abréger ses propres souffrances. Elle n’avait pourtant pas l’intention d’en arriver là. Elle n’était peut-être pas vaillante, elle manquait cruellement de bravoure et de force, elle était peureuse comme pas deux, mais quand même, elle n’était pas encore suicidaire. Elle voulait survivre à cette guerre, elle voulait pouvoir retrouver un jour, le plaisir de se réveiller sans avoir peur du monde autour d’elle ; elle voulait voir le monde renaitre de ses cendres et elle voulait que des personnes comme Cinaed puisse aussi être là à ce moment là. Ainsi, ça lui semblait évident, qu’il fallait qu’elle fasse en sorte que personne ne vienne lui tomber dessus parce qu’il aurait protégé une née-moldue. C’était évident dans sa tête, mais dans les faits ça devenait tout de suite plus compliqué. Son hésitation la poussait sans arrêt à trouver de nouvelles excuses pour rester dans l’appartement plutôt que de se lancer dans cette fuite qu’elle appréhendait avec plus d’angoisse que jamais. Sa dernière excuse, c’était cette lettre qu’elle s’était appliquée à lui écrire. ‘Cher Cinaed. Je voudrais te remercier pour tout ce que tu as fais pour moi, depuis le début de la guerre comme avant, quand nous étions plus jeunes à Poudlard. Je ne te remercierai jamais assez d’avoir tant de fois croisé ma route et de m’avoir apporté ton aide, ton soutien, ton réconfort. J’aurais du prendre mon courage à deux mains et t’annoncer mon départ de vive voix, mais comme tu l’auras très certainement remarqué, le courage et moi, ça fait deux. J’ai beaucoup réfléchi avant de prendre cette décision, mais voilà, je pense que tu as déjà suffisamment risqué ta vie pour moi. Si jamais quelqu’un apprend que tu me protèges, tu seras considéré comme un traitre et j’aimerai que ce ne soit jamais le cas. Pour tout ce que tu as fait pour moi depuis des années, il est grand temps que je te rende la pareille. Je ferais de mon mieux pour m’en sortir toute seule et, quand la guerre sera enfin terminée, j’espère qu’on pourra se retrouver. J’aimerai pouvoir admirer le monde se reconstruisant en ta compagnie. J’espère que tu comprendras ma décision et que tu sauras me pardonner de ne te laisser que cette lettre bien misérable. Merci pour tout, même pour ce baiser dont nous n’avons jamais eu l’occasion de reparler. Prend soin de toi ; à bientôt Tris. PS. Il y a une tarte aux pommes dans le réfrigérateur.’ Tels avaient été les mots qu’elle avait écrit avant d’être surprise par le retour du sorciers, tels avaient été les mots qui s’étaient enflammés pris dans une flamme démesurément plus grosse que ce qu’elle avait eu l’intention de faire. Au moins, maintenant, ils avaient disparus,  c’était bien ce qu’elle avait prévu de faire. Cependant, elle n’avait pas eu la moindre envie de faire flamber la table ou même d’inonder à moitié la pièce. Elle pouvait mettre le peu de maitrise de ses sortilèges sur le stress qui s’était emparé de son corps quand elle avait vu Cinaed débarquer. C’était probablement son plus gros problème, sous le coup de l’angoisse elle ne maitrisait plus rien.

Elle n’avait même pas eu l’occasion de répliquer sur le transplanage qu’il avait réussi, apparemment grâce aux conseils qu’elle avait pu lui donner. Elle en était pourtant ravie, au moins, elle avait servit à quelque chose. C’était cependant une aide bien maigre qu’elle lui avait apportée comparée à celle que lui, il n’avait eu de cesse de lui donné. Elle ne savait pas si un jour elle serait en mesure de lui rendre tout ce qu’il avait pu lui donner. Il était clair que ce n’était pas en faisant son ménage ou des tartes aux pommes qu’elle paierait la dette qu’elle avait envers lui. Encore moins en détruisant la table de son salon, mais ça elle ne l’avait pas vraiment prévu. Elle était partie chercher une serpillère afin d’éponger la catastrophe qu’elle avait provoqué. Une nouvelle fois, elle sentit le stress se répandre dans ses veines à vive allure alors que le sorcier lui présentait le sac qu’elle avait préparé. Elle ne savait pas quoi répondre et forcément, ce qui passa le seuil de ses lèvres fut la réponse la plus stupide qu’elle aurait pu fournir. « Il s’agit d’un sac, aux dernières nouvelles. » Elle esquissa un sourire gêné, c’était vraiment débile. Stupide Beitris. Elle se dépêcha de retourner à sa serpillère, la passant sur le sol avant de l’essorer dans le seau qu’elle avait ramené au passage, pour ensuite repasser la serpillère et ainsi de suite jusqu’à que le sol soit juste mouillé et non complètement trempé. Elle sursauta en entendant son nom prononcé  un peu trop fort à son gout. Elle passa une nouvelle fois un coup de serpillère contre le carrelage avant de poser ses ustensiles de ménage contre le mur et de se retourner vers le jeune homme, se mordillant nerveusement la lèvre inferieur. « Je suis désolée. » Elle ne pouvait pas lui mentir, elle était un peu stupide des fois, mais pas non plus complètement limité, il avait clairement compris ce qu’elle avait en tête, les indices avaient été assez gros pour le mettre sur la bonne voie. Elle s’avança de quelques pas vers le sorcier afin de lui faire face. « Je ne devrais pas être ici. Si jamais ils apprennent que tu me caches chez toi, ça va forcément te retomber dessus. » Elle baissa les yeux vers la pointe de ses chaussures, à la façon d’une enfant qui viendrait de se faire rouspéter.  Ce ne fut qu’après quelques secondes, qu’elle releva timidement la tête vers Cinaed, les lèvres pincées, les joues rougies. « Je ne veux pas qu’il t’arrive malheur. » Elle ne voulait même pas imaginer ce qui pourrait lui arriver si jamais ce qu’il faisait pour elle venait à se savoir. Elle ne voulait pas qu’il soit obligé de fuir pour sauver sa propre vie, elle ne voulait pas qu’il tire un trait sur la vie qu’il avait, à cause d’elle et de son incapacité à se prendre en mains. « Su une échelle de un à dix, tu es fâché à combien contre moi ? » Sa voix se faisait presque tremblante, peu assurée, elle n’avait pas envie de s’attirer la colère de son hôte, elle n’avait jamais eu l’intention de le mettre en colère, elle avait juste voulu l’aider à sa façon, la seule façon qu’elle avait trouvé d’ailleurs. C’était probablement la seule solution qui existait. Elle avait beau retourner le problème dans sa tête, elle n’avait aucun autre moyen de le résoudre qu’en s’enfuyant. Ce n’était pas contre lui, bien au contraire, elle aimait être avec lui, mais aussi longtemps qu’elle restait à ses côtés, lui il jouait avec le feu, en plus il était encore à Poudlard, entouré par les mangemorts, ce qui n’arrangeait en rien ses affaires. Les mains liées dans le dos, elle ressemblait encore à une enfant cherchant le pardon de ses parents. « Si je te dis que j’ai fais une tarte, tu crois que ça diminuera un peu ta colère ? » Elle posa timidement les yeux sur lui, d’un air presque implorant. Elle ne voulait pas qu’il en veuille, si elle devait vraiment partir, ce qu’elle pensait encore possible, après tout peut-être qu’il comprendrait,  elle ne voulait pas qu’ils se séparent sur de mauvaises bases. Mais elle avait bien du mal à imaginer qu’une tarte puisse tout arranger, surtout qu’il revenait de Poudlard où, même avec la présence des mangemorts, les repas étaient toujours copieux et délicieux.
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MessageSujet: Re: ❝ so take your time, pretend you're mine ❞ (ft.cinaed)   Lun 5 Aoû - 14:32



" so take your time, pretend you're mine "
No one who knows us both would ever guess
What could be next. We are relentless.
Je n'avais jamais eu l'étoffe d'un héros. Personne ne m'avait jamais considéré comme tel, et j'étais bien le dernier à vouloir en devenir un. Je n'avais jamais été un exemple pour personne ; abusant de tout, n'ayant jamais respecté l'éducation que mon sang-pur de père avait tant bien que mal essayé de m’inculquer, jurant trop, beaucoup trop. J'étais ce sorcier qu'on retrouvait le matin dans le caniveau, celui qui aimait trop les cigarettes et le bon whisky, débauché, sauvage, la honte d'une famille aussi pure que les Adler. Je m'étais pendant longtemps contenté de ce rôle de dépravé, trop heureux de ne devoir rendre de compte à personne. Pendant longtemps j'aurais pu me satisfaire de cette solitude apaisante, n'ayant personne d'autre à me préoccuper que moi-même. Fuyant les responsabilités comme la peste, crachant sur les relations de confiance, je n'étais heureux que lorsque personne ne comptait sur moi ; je n'avais ainsi aucun moyen de les décevoir. Et ce petit jeu aurait pu -aurait dû même- continuer pendant longtemps, si seulement je ne m'étais pas mis en tête de veiller sur l'infirmière. Je n'avais jamais réellement compris ce qui m'avait pris lorsque je lui avais proposé de venir me chercher en cas de problème, jamais compris ce qu'elle avait de différent de toute ces autres personnes sans défenses que je préférais ignorer. Pourquoi elle, tout particulièrement ? Pourquoi m'étais-je acharné, prenant d’assaut la petite infirmerie du château ? Bien sûr, j'avais bien une idée du pourquoi du comment. Toute personne censée m'expliquerait que je m'étais entiché d'elle, d'elle seule et tout particulièrement, mais je préférais tout nier de bloc. Ignorer les sentiments. Car après toutes ces années, et toutes les femmes que j'avais connues, je m'étais finalement rendu à l'évidence : j'étais incapable d'aimer réellement. Je n'étais jamais tombé amoureux, trop apeuré à l'idée de m'attacher pour m'engager sérieusement. Je préférais de loin le plaisir éphémère d'une seule nuit en bonne compagnie que la contrainte d'une vraie relation. Et avec le temps, je m'étais convaincu moi-même, que la vie de couple ne serait sûrement jamais faite pour moi. Mais si tant bien même je commençais à ressentir quelques choses pour la brune, aussi étonnant que cela puisse paraître pour un sauvage dans mon genre, quelles étaient les chances que ce sentiment soit réciproque ? Minces. Infimes même. Elle était bien trop belle, bien trop éduquée et propre sur elle pour s'amouracher d'un alcoolique dans mon genre. Certes, nous avions bien échangé un baiser quelques jours avant le scandale de Poudlard ; ou du moins, je l'avais embrassé, elle n'avait sûrement pas eu le courage de me repousser. Du moins c'était ce dont j'essayais de me convaincre. Car depuis ce fameux jour, nous avions soigneusement évité d'aborder le sujet, trop occupé certes par la fuite mais aussi car aucun de nous deux n'avais eu le courage de remettre le sujet sur le tapis. Et même si le souvenir de cette après-midi au château me hantait un peu plus chaque nuit, le déni me convenait très bien s'il pouvait permettre d'éviter une conversation mal à l'aise. Faire comme si rien n'était arrivé, c'était la plus simple des solutions.

Pourtant, au fond de moi, j'avais toujours espéré que la jeune femme m'apprécie aussi ; après tout, elle m'avait suivi aveuglément jusqu'à mon appartement, ne me remerciant jamais assez de ce que j'avais fait pour elle. Une lueur d'espoir, un mince espoir que de son côté aussi ses sentiments dépassent la relation protecteur/protégée que nous avions instauré. Lueur d'espoir qui c'était malgré tout bien vite envolé en découvrant les affaires emballées de la jeune femme prête à partir. Sac à la main, je regardais la brune, le regard triste, la fixant comme pour chercher une explication plus complaisante. Mais il n'y avait aucune autre vérité que celle, froide et cruelle, qui s'imposait à moi. La réflexion puérile de la jeune femme n'arrangeait d'ailleurs rien, alors que son sourire se déforma dans une mimique gêné. Replongeant dans son nettoyage, je dû me retenir de ne pas foncer lui enlever la serpillière des mains, énervé de la voir s'acharner ainsi alors que le sol trempé était bien le cadet de mes soucis. Prononçant son nom peut-être un peu plus fort que je ne l'aurais voulu, mon cœur se serra alors que je la vis sursauter. Je ne voulais pas être en colère, je ne voulais surtout pas lui faire peur. Après tout, elle était bien libre de s'en aller comme elle le voulait, elle n'était pas prisonnière ou quoi que ce soit dans le genre. Elle pouvait s'enfuir toute seule, même se rendre sans broncher au Seigneur des Ténèbres, c'était son choix ; mais pourtant, c'était plus fort que moi. La simple idée de l'imaginer en danger m'énervait, craignant pour elle, pour sa vie. C'était ridicule je le savais. C'était absurde. Et pourtant. Beitris s'excusa, se relevant les yeux brillant, se rapprochant de quelque pas de moi. Je ne pouvais pas lui en vouloir, pas à elle. Pas avec ce regard-là. « Je ne devrais pas être ici. Si jamais ils apprennent que tu me caches chez toi, ça va forcément te retomber dessus. » L’infirmière baissa doucement le regard vers le sol, l'air désolée. C'était donc pour ça ? Après toutes ces idées plus folles les unes que les autres m'étaient passés par la tête durant les dernières minutes, je fus presque soulagé de l'entendre prononcer ces mots. Je l'imaginais déjà fuir, craignant plus pour sa sécurité à mes côtés que dans la nature, ou bien quitter l’appartement faute de pouvoir me supporter plus longtemps. J'avais imaginé le pire des scénarios, où chaque fois elle me rejetait comme le rebut de la société que j'étais, finalement. Mais la voir ainsi m'avouer que si elle souhaitait partir ainsi, c'était pour me protéger … Je ne pus retenir un mince sourire, qui détendit les traits inquiets de mon visage. Tris releva le regard timidement, à la manière d'une gamine qui essayais d'attendrir avec ses grands yeux brillant. « Je ne veux pas qu’il t’arrive malheur. » ajouta-t-elle enfin, l'air penaude. Mon sourire s'étala encore un peu plus, attendris par son attention. J'aurais voulu la prendre dans mes bras, la serrer contre moi et lui assurer que tous ces risques, je les prendrais cent fois pour elle, pour qu'elle reste saine et sauve. Mais je me retins, me rappelant de la dernière fois où j'avais laissé mes instincts prendre le dessus, souvenir que nous avions depuis évité soigneusement.

« Tris … » soufflai-je alors, supprimant les quelques mètres qui nous séparaient encore. Mon ton s'était nettement radouci, et si la colère était toujours là, au fond de moi, pestant encore contre l'idée qu'il puisse lui arriver malheur, je n'arrivais plus à lui en vouloir. Son visage enfantin, si innocent me dissuadais chaque fois que je posais mon regard sur elle. « Sur une échelle de un à dix, tu es fâché à combien contre moi ? » Son ton était tremblant, sa posture peu assurée ; elle tâchait timidement de trouver la meilleure approche pour se faire pardonner. « Si je te dis que j’ai fait une tarte, tu crois que ça diminuera un peu ta colère ? » Posant un regard timide sur moi, je ne pus m'empêcher de plonger on regard dans la sien, regard qui se voulait rassurant mais qui se révéla presque implorant. « Beitris, je ne suis pas … Je ne suis pas en colère. Pas contre toi. » lâchai-je enfin, ne lui laissant pas le temps d'en dire plus. Mon ton était hésitant, n'ayant jamais réellement été doué pour ce genre de conversation -ou pour tout autre type de conversation- peinant à trouver mes mots. Ressentir était une chose, l'expliquer était une autre. Et j'étais particulièrement mauvais lorsqu'il s'agissait de faire comprendre à quelqu'un mes sentiments, n'arrivant pas moi-même à les percevoir correctement, à les déchiffrer. « C'est même très gentil de penser à moi. Mais je me fiche bien des Mangemorts, je me fou du fait qu'ils apprennent que je te viens en aide. Je peux m'occuper d'eux. Ce qui m'importe vraiment, c'est que toi tu ailles bien ; je te l'ai promis, je t'aiderais. » dis-je d'un ton que je tâchai de faire le plus doux possible, mais qui sonna bien plus fort, en colère presque non pas contre l'infirmière qui me faisait face, mais contre ceux qui lui voulait du mal. « Voldemort pourrait se pointer ici, sur la pas de la porte avec sa face écrasée, peu importe. Qu'il vienne me chercher. Je ne vais pas t’abandonner simplement parce que ça devient dangereux, ça sera forcément dangereux de toute manière. » Je baissai un regard gêné, sûrement par tant de confession, détestant avouer mes sentiments de la sorte. « Alors s'il te plaît … Ne part pas. Je ne veux pas que tu ais des problèmes toute seule dehors. Parce que si t'es plus là, j'aurais plus personne pour me faire de délicieuse tarte quand je rentre le soir. » Je relevai un regard timide, tâchant tant bien que mal d'esquisser un rire. Je détestais l'idée de la savoir seule dehors, mais si c'était ce qu'elle voulait, faute de pouvoir l'obligé je pouvais au moins essayer de la convaincre de rester.

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MessageSujet: Re: ❝ so take your time, pretend you're mine ❞ (ft.cinaed)   Mar 6 Aoû - 12:39

“ so take your time, pretend you're mine ”
But I can't fight back even in my dreams, My fortitude is nothing like it seems At night they come and I just let them in I never win, I never win.

Cinaed and Beitris
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Beitris était encore une enfant. Malgré ses trente ans fêtés récemment, elle était encore une gamine. Elle faisait preuve de très peu de maturité, elle fuyait les responsabilités comme s’il s’agissait de la peste et elle était une parfaite trouillarde. Plus jeune, au moins problème, à la moindre angoisse elle venait se glisser dans le lit de ses parents, auprès d’eux, elle avait toujours trouvé le réconfort et la protection dont elle avait besoin. Ils lui avaient bien des choses sur la vie et elle estimait avoir reçu une très bonne éducation, la meilleure même. Cependant, il fallait bien admettre que jamais ils ne lui avaient appris à prendre de la distance avec autrui afin de se débrouiller par elle-même. Ils l’avaient couvée et protégée envers et contre tout, si bien qu’elle avait grandi dans une bulle ou le danger, les problèmes et tout ce qui allait avec ne semblaient pas exister. Elle n’avait pas eu l’occasion d’être confrontées aux difficultés de la vie, les vraies difficultés. Les injures qu’elle avait pu entendre à son sujet à cause de son statut de sang, ce n’était rien comparé à ce qu’elle devait affronter. Les injures, elle avait toujours su passer au dessus. La guerre en revanche, elle était en plein dedans et c’était une chose qu’elle ne savait nullement comment gérer. Garder son sang froid, ce n’était pas son point fort. Il n’y avait que dans son métier qu’elle y arrivait et encore, elle si elle avait décidé de quitter la pression de Sainte Mangouste pour Poudlard, ce n’était pas un hasard. Les cas médicaux à l’école de sorcellerie étaient bien moins grave que ceux auxquels elle avait été confrontée durant les quelques années passées à travailler dans l’hôpital de sorciers de Londres. Elle était comme ça, toujours à la recherche du calme et de la paix. Toujours en train de fuir les difficultés à la façon d’une enfant. Elle avait beau essayer de se prendre en main pour essayer de changer, elle ne trouvait pas encore la solution miracle pour évoluer du jour au lendemain. Elle aurait presque aimé pouvoir trouver quelque part la recette d’une potion pouvait donner du courage. Elle en avait bien besoin de courage, mais elle n’en possédait pas. Elle n’aurait jamais trouvé sa place chez les Gryffondors. Cinaed lui, il l’avait eue. C’était là qu’il avait fait ses études et c’était une maison qui selon elle, lui correspondait très bien. Courage, hardiesse et force. C’était des qualités qu’il possédait. Il avait eu le courage de lui venir en aide en mettant de côté sa propre sécurité, il avait fait preuve  d’hardiesse en la conduisant jusqu’ici malgré les mangemorts qui surveillaient chaque recoin du château. Il avait la force de lutter pour elle, alors qu’elle-même, elle en était incapable. Aucun doute, il avait toujours mérité sa place dans la maison de Godric Gryffondor. Elle n’aurait jamais pu y aller elle. Elle était lâche, stupide et faible. Elle ne regrettait en rien d’avoir fait ses études chez les poufsouffles, elle regrettait seulement d’avoir aussi peu de gryffondor en elle. Si seulement elle avait pu en avoir, elle serait déjà partie très loin, avant même que Cinaed ne se mette en danger pour elle. Elle aurait peut-être même rejoint l’ordre du phénix pour lutter contre les mangemorts. Elle se serait battue pour les gens comme elle, ceux qui n’avaient jamais rien fait de mal dans leur vie et qu’on voulait injustement parquer à Azkaban. Elle se serait battue pour ses idéaux. Dans un monde idéal, c’était ce qu’elle aurait fait. Mais elle n’en faisait rien, elle préférait se cacher derrière les autres, pleurer quand ça n’allait pas et attendre que les choses s’améliorent sans avoir à trop s’en mêler. Elle se détestait pour ça. Elle se détestait parce qu’elle était là, dans l’appartement de Cinaed à faire du ménage et des tartes aux pommes, comme si le jour où il se retrouverait contraint de fuir, ou enfermé à Azkaban, il puisse se dire qu’au moins, avant d’arriver là, il avait eu la chance d’avoir de tartes. Forcément que jamais il ne pourrait penser ainsi. Il était clair que les attentions qu’elle avait à son égard étaient parfaitement inutiles. Elle était parfaitement inutile.

Lui il faisait beaucoup pour elle. Il l’avait secourue, protégée et il continuait de la cacher chez lui. C’était un crime à l’heure actuelle que de protéger un sorcier d’ascendance moldue. C’était une trahison envers le gouvernement. Une erreur, le gouvernement actuel ne se laissait pas trahir si facilement, les conséquences d’un tel acte pouvaient être particulièrement lourdes. Elle le savait très bien. Cinaed le savait également et pourtant, il semblait n’en avoir absolument rien à faire. Il avait choisi, malgré les risques de la protéger et elle, elle était incapable de lui rendre la pareille. En face de Cinaed – plus encore que d’habitude – il y avait un tas de choses qu’elle était incapable de faire. Hausser la voix, elle ne le ferait jamais en face du jeune homme, déjà parce qu’elle n’avait aucune raison de le faire, mais aussi parce qu’elle ne se sentait pas le courage de s’opposer à lui. Là, elle aurait pu, lui expliquer en haussant le ton, les raisons qui raisons qui l’avaient poussée à vouloir s’enfuir, elle aurait pu s’imposer, lui imposer sa décision, mais elle n’y arrivait pas, préférant de loin s’écraser timidement et se comporter une nouvelle fois comme une enfant. Face à lui, elle était également incapable d’évoquer ce baiser qui pourtant lui revenait en mémoire à chaque fois qu’elle posait les yeux sur lui. Cette fois encore, alors même qu’elle était persuadée qu’il était énervé contre elle, elle ne pouvait s’empêcher de repenser à ce jour. Ce baiser avait eu du sens pour elle, bien plus qu’elle n’était prête à l’admettre. L’amour, elle l’avait connu bien des fois dans sa vie, elle l’avait toujours abordé avec trop de naïveté et elle s’était retrouvée déçue à chaque fois. Un jour, elle avait décidé de ne plus se faire avoir par l’amour, elle avait décidé de laisser cette partie de sa vie loin derrière elle et d’avancer sans espérer croiser un jour le prince charmant. Elle avait tout d’une gamine, mais pas d’une gamine rêvant au prince qui viendrait la chercher sur son cheval blanc. L’amour, elle n’en voulait plus, elle ne voulait plus sentir son cœur se briser, parce qu’inéluctablement, les histoires d’amour finissaient comme ça. Pourtant, il y avait eu ce baiser et même si elle n’était pas à même de l’avouer, il avait suffit de ça pour rompre les serments qu’elle avait fait en son fort intérieur. Ce baiser avait du sens pour elle, mais elle était bien incapable de lui demander si c’était réciproque. Elle ne pouvait que le garder en souvenir, quelques secondes de sa vie qui avaient été tellement plus agréables que les autres. Quelques secondes qui avaient été parfaites mais dont aujourd’hui, personne ne voulait parler. Ni elle, ni lui. Elle ne savait pas ce qu’il ressentait, mais elle ne voulait pas qu’à force de le décevoir, il finisse par vraiment regretter ce baiser et qu’il la laisse juste tomber, décidant de l’oublier elle et sa trop grande stupidité. Elle ne voulait surtout pas le perdre, alors elle ne voulait pas qu’il s’énerve contre elle, tout comme elle ne voulait pas le voir tomber au combat par sa faute. Elle pouvait bien essayer de rattraper ses fautes, nettoyer le sol comme une acharnée, ça n’avait sans doute pas beaucoup d’importance pour le jeune homme. Elle le sentait bien. Elle avait fini par abandonner sa serpillère pour le rejoindre, lui expliquer le fond de ses pensées, espérant qu’il puisse les comprendre mais ne s’attendait pas pour autant à ce qu’il les accepte. Malgré les doutes qui s’étaient emparés d’elle, le voir sourire suffisait à la rassurer et bien vite, elle se sentit bien plus apaisée, son cœur semblait reprendre des battements normaux au fond de sa poitrine, alors qu’elle l’avait sentit lourd et faible quelques instants plus tôt. Dans n’importe quelle situation, le sourire su sorcier semblait suffire à la rassurer.

Les yeux posés timidement sur lui, elle lui avait quand même demandé s’il était fâché contre elle. Si c’était le cas, elle voulait trouver un moyen d’arranger les choses, elle ne voulait pas qu’il soit énervé contre elle. Si ça devait être le cas, elle aurait sans doute bien du mal à retenir ses larmes. Elle résista difficilement à l’envie de se jeter dans ses bras alors qu’il lui annonçait qu’il n’était pas en colère contre elle. Elle avait conscience pourtant que ce soudain geste de tendresse serait sans doute complètement déplacé, surtout en vu de ce baiser qui trainait encore entre eux deux, plaçant une certaine geste dans chacun des gestes qu’ils pourraient avoir l’un envers l’autre. Un sourire se dessina sur les lèvres de la jeune infirmière suite aux paroles de son interlocuteur. C’était rassurant de voir qu’il voulait juste veiller sur elle en se fichant des conséquences, c’était rassurant de voir qu’elle ne serait jamais seule, il ne voulait pas la laisser tomber. Cependant, ses paroles prouvaient également ce qu’elle craignait, il pouvait facilement se retrouver en danger à cause d’elle. S’il ne voulait pas la laisser tomber, elle, elle ne voulait pas qu’il mette sa sécurité en danger pour elle. Ils avaient tous les deux leur idée en tête et elles n’étaient pas compatibles. Elle était pourtant persuadée qu’il avait beaucoup plus de chance de l’emporter qu’elle. Elle n’avait pas eu le courage de franchir le seuil de la porte alors forcément, ce serait irréaliste de penser qu’elle pourrait ignorer les paroles du jeune homme et lui imposer son propre point de vu. Plus il avançait dans son discours, plus Beitris sentait son regard s’attendrir, tout autant qu’elle sentait son cœur tambouriner avec force contre sa poitrine. Un frisson parcouru son corps à l’évocation du nom du seigneur des ténèbres ; elle faisait encore partie de ceux qui n’osaient pas prononcer ce nom, comme si le faire serait un risque de le voir apparaitre juste devant eux. Pourtant, rapidement, elle retrouva son sourire. Malgré les décisions qu’elle pouvait avoir prises, ou celles qu’elle pensait avoir prises. Elle ne pouvait plus partir maintenant, peut-être que c’était encore une bonne excuse qu’elle se trouvait, mais il lui avait demandé de rester et elle ne pouvait pas résister. Elle ne pouvait pas lui résister. Doucement, elle déposa sa main sur la joue du sorcier, complètement inconsciente de son geste. « Je reste. Mais promet moi que tu feras aussi attention à toi. Je ne veux pas qu’il t’arrive quelque chose, vraiment pas. » Elle ne saurait pas comment agir s’il devait disparaitre de sa vie du jour au lendemain, elle ne pourrait pas se le pardonner s’il devait lui arriver quelque chose. Il ne méritait pas de payer le prix fort à cause d’elle. Elle garda son regard plongé dans le sien pendant quelques secondes, trop longtemps sans doute. Elle finit cependant par remarquer sa main toujours posée sur sa joue et bien vite elle la retira, la passant nerveusement dans ses cheveux avant de reculer de quelques pas, les joues considérablement empourprées. « Au pire, si tu-sais-qui sonne à la porte, on pourra toujours lui proposer de la tarte, si ça se trouve il appréciera et il décidera de nous épargner. » Elle en doutait fortement, sa tarte n’aurait pas le moindre effet sur le seigneur des ténèbres. Elle doutait de toute façon qu’il vienne en personne sonner à la porte. Nerveusement, elle désigna la cuisine d’un geste du pouce tout en reculant sans regarder où elle mettait les pieds, elle manqua de tomber plusieurs fois, mais ça n’avait pas d’importance. « Je … Je vais aller la chercher. » Aussitôt, elle se tourna dans le sens normal de la marche pour disparaitre dans la cuisine. Là, elle laissa échapper un long soupire avant de remarquer ses mains tremblantes. Il fallait qu’elle se ressaisisse, sinon elle courrait droit à la catastrophe, elle avait déjà détruit la table, ça suffirait sans doute pour ce soir. Le dos collé au réfrigérateur, elle ferma les paupières, laissant sa tête basculer en arrière jusqu’à rencontré le métal froid de l’engin derrière elle. Elle était vraiment stupide. Elle souffla plusieurs fois afin de retrouver un semblant de clame avant de se décider à rouvrir les yeux et a enfin récupérer sa tarte pour revenir dans le salon, tachant de ne surtout pas poser son regard sur le sorcier. « C’est meilleur quand c’est encore chaud normalement. Mais comme je l’ai faite ce matin, je me suis dis qu’elle serait mieux conservée au frais. » Elle posa la dite tarte sur ce qui restait de la table. « C’est la recette de ma grand-mère. Une recette cent pourcent moldue. Ma grand-mère c’est probablement la meilleure cuisinière de toute la planète. Quand j’étais petite je me disais qu’elle devait être magicienne pour faire de telles merveilles. C’est drôle aujourd’hui quand j’y repense parce que … » Elle hésita un court instant se rendant compte qu’elle parlait littéralement pour ne rien dire. Elle finit enfin par poser son regard le sorcier, les mains dans les poches arrière de son jean et un air gêné sur le visage. « Bref. » Conclu-t-elle simplement. Il n’y avait rien a ajouté, le pauvre homme se fichait très certainement de sa grand-mère. Quand elle était nerveuse, elle se sentait obligée de parler pour dire des choses parfaitement insignifiantes alors il était plus sage qu’elle se taise, aussi bien pour Cinaed que pour cacher l’angoisse qui s’emparait à nouveau de chaque cellule de son corps.
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❝ so take your time, pretend you're mine ❞ (ft.cinaed)

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