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  “ like thunder and lightning, cold and the warm / eilidh.

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MessageSujet: “ like thunder and lightning, cold and the warm / eilidh.   Jeu 25 Juil - 15:19


leave me out with the waste
eilidh dockarty & cibrán-yaexen t. oswald
«  This is not what I do.
It's the wrong time for somebody new »

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Il n’avait jamais été une découverte pour Cibrán, le fait simple que la vie de son frère se soit toujours avérée être un mystère pour lui. Peut-être était-ce dès leur première rentrée à Poudlard, alors que le Choixpeau les envoyait tous les deux dans une maison différente, qu’ils avaient commencé à définitivement s’éloigner, à perdre une part de leur lien qui n’avait jamais refait surface pour le reste de leurs jours. Qu’ils soient dans la même maison n’aurait sûrement rien changé : le château avait été bien trop grand, et les relations des deux frères avec leur entourage bien trop différentes – ils n’auraient jamais tous les deux atterri à Serdaigle ou à Gryffondor, tout simplement parce qu’autant que Cibrán était incapable de faire preuve de courage et de loyauté, son frère lui, avait toujours renoncé aux ambitions brûlantes qui avaient fini par littéralement dévorer son jumeau. C’était ainsi, écrit sûrement, et le temps n’était plus à l’amertume : du vivant de Finnian, l’un comme l’autre n’avait jamais cherché à resserrer ces liens distendus entre eux, et il était logique que leur relation connaisse une fin désastreuse dans ce genre-là – la guerre forçait les inimitiés à se révéler, les liens puissants à se consolider. Et ils avaient beau avoir partagé le même ventre pendant neuf mois, les mêmes parents, frères et sœurs pour des années, ça n’avait jamais fait d’eux des vrais jumeaux, à croire qu’ils défiaient à eux deux depuis toujours, les lois impénétrables de mère nature. De tous ces songes, Cibrán ne voulait pas s’en encombrer : au Ministère, peu de gens connaissaient l’existence d’un frère jumeau dans la vie du sorcier, il avait prétexté que ce n’était qu’un frère, mort dans un bête accident. Et tous, trop happés par leurs propres problèmes, n’avaient généralement pas cherché plus loin. Tous, sauf Katherine Sheraton, qui commençait à dangereusement mettre son nez dans des affaires qui ne la concernaient pas – peut-être était-ce aussi pour cela que Cibrán se forçait à faire un détour jusqu’ici, au plus profond de l’intimité secrète de son jumeau. Il s’y sentait bien étranger – même là, leurs univers étaient plutôt différents : au calme qui reposait la bâtisse dans laquelle il se trouvait, là, maintenant (ou qui avait rythmé leur vie dans leur village de naissance), Cibrán avait préféré l’agitation de Londres, ville qui ne dormait jamais. Et là où Finnian se contentait de peu, son frère hantait une maison bien trop grande pour lui, soigneusement rangée à l’opposé du bordel qui traînait un peu partout ici. Finnian avait au moins longuement investi les lieux, et ça se lisait dans chaque recoin sur lequel le sorcier posait son regard - alors que Cibrán, lui, admettait volontiers passer plus de temps dans son bureau au Ministère de la Magie plutôt que dans sa propre maison, qu’il avait pourtant payé les yeux de la tête. Londres, ce n’était pas une ville dans laquelle on pouvait s’installer en sortant une poignée de gallions, et pour investir sa demeure, Oswald avait dû se faire aux mœurs moldues, ce qui ne le dérangeait plus grandement à présent. Et quand bien même certains pouvaient le juger pour ça, il ne serait certainement pas envoyé à Azkaban (même dans la situation actuelle) pour avoir choisi un quartier moldu plutôt qu’un des appartements au-dessus des boutiques du Chemin de Traverse. Heureusement, puisqu’aux dernières nouvelles, celui-ci était plutôt dans un mauvais état depuis que les Mangemorts y faisaient des passages réguliers, tandis que la capitale anglaise, elle, restait le territoire des moldus, une ville hantée par la guerre tout autant que préservée de celle-ci. Un paradoxe à elle toute seule, sans doute, mais pour le moment (et tant que Harry Potter ne serait pas éliminé sans doute), ni le Mage Noir, ni ses disciples ne semblaient disposés à se pencher sur le monde des moldus, autrement que pour l’insulter de loin et le dénigrer aux yeux des autres sorciers, plus ou moins difficiles à convaincre. Les mentalités avaient déjà changé au sein du Ministère, et ceux qui continuaient de croire en l’égalité entre sorciers et moldus, le taisaient bien soigneusement : Cibrán, lui, n’avait jamais eu d’avis sur ça, comme le lui avait imposé sa famille pendant toute sa vie – n’avoir d’avis sur rien, ne se mêler de rien, c’était généralement ainsi qu’on s’en sortait le mieux et il tenait définitivement à bien s’en sortir une fois cette guerre terminée.

Car elle se terminerait un jour, pour l’un ou l’autre des camps – c’était irrémédiable, que ce soit demain, dans dix ans ou dans un siècle. Et pour cela, Cibrán aurait souhaité de tout son cœur sans doute, que Finnian partage son opinion sur le sujet, plutôt que de bêtement se jeter dans une cause qui était déjà à moitié perdue : bien souvent, l’esprit de Oswald se perdait dans des songes qui annonçaient un avenir où Lord Voldemort était victorieux, et non pas Harry Potter et les quelques membres de l’Ordre du Phénix qui continuaient de le suivre. Finnian n’avait sûrement jamais été de cet avis, parce qu’il avait été soit extrêmement optimiste, idéaliste ou stupide – Cibrán n’avait pas encore fait son choix, tout simplement parce qu’il n’avait jamais pensé avoir à un jour, attacher à son frère un pareil défaut. Les Gryffondors étaient après tout, en principe, étrangers à ce genre de tares ; mais l’engagement de Finnian pour l’Ordre du Phénix aurait pu, un jour ou l’autre, mettre la vie de toute leur famille en danger. Et cela, Cibrán ne pouvait l’accepter, quand bien même c’était d’abord à ses propres ambitions qu’il avait pensé, au moment de comprendre l’acte irrémédiable que commettait son frère. Prendre part à cette guerre, c’était officiellement et égoïstement se mettre en danger : car autant qu’il prônait être seul, n’avoir aucune famille (car il en avait honte, sûrement), pas même un frère avec lequel il partageait le même visage, Finnian restait un Oswald, un héritier d’une famille de sang-pur, dont les relations et la réputation avaient été soigneusement analysées dès l’avènement des Mangemorts. Cibrán n’avait jamais su quel miracle leur avait caché l’existence de Finnian pendant aussi longtemps, mais c’étaient bien des secrets qui étaient à présent enterrés avec le jumeau Oswald, six pieds sous terre, là où plus jamais ils ne pourraient ressortir. Ou presque, c’est ce à quoi il avait pensé en tout cas, lorsqu’il avait commencé peu à peu à détruire les dernières traces d’existence de son frère, ses réminiscences d’appartenance aux Oswald ou à l’Ordre du Phénix, au cas où les Mangemorts finissent par trouver ce lieu : ainsi, ils ne remonteraient ni à lui, ni à quelqu’un qui devrait alors payer le prix pour les erreurs de Finnian. Et finalement, peut-être avait-il tort d’agir ainsi, mais alors que son regard sombre sondait la jeune sorcière qui était apparue à lui, l’assurance d’avoir fait ce qu’il fallait revenait s’imposer à ses idées – en détruisant les quelques paperasses qu’il avait envoyées dans la cheminée, peut-être l’avait-il un tant soit peu protégée. Elle, cette fille, Eilidh, à laquelle Finnian avait assez tenu pour l’amener jusqu’ici, dans le fin fond de l’Angleterre où elle était sûrement bien protégée. Ou presque, car solitaire et abandonnée, elle se baignait dans des promesses que son camarade ne respecterait jamais – mettant sans le savoir sa vie en danger, alors qu’à la place du frère Oswald, ç’aurait pu être des Mangemorts qui auraient apparu ici, pour fouiller la maison de fond en comble. Ceux-ci n’auraient sûrement pas fait de quartier en la voyant arriver, car malgré ce qu’elle croyait, elle était sans doute bien plus facile à désarmer qu’il ne l’était lui : baguette pointée ainsi en avant, c’était comme une invitation à n’importe qui qu’elle lançait pour qu’on la désarme et prenne alors le dessus sur la pauvre âme perdue qu’elle était. Bien entendu qu’elle semblait perdue, ici, à traîner dans la poussière silencieuse et lourde qui recouvrait peu à peu les derniers lambeaux d’existence de Finnian – jamais il ne reviendrait à elle, mais elle ne le savait sûrement pas encore, isolée de cette manière. Il semblerait que Finnian n’ait jamais douté de rien, qu’il n’avait en tout cas, jamais eu peur de ne pas avoir assez de courage pour la retrouver : que pouvait-elle bien représenter pour Finnian, au final ? Plus intrigante que les bouts de papier de son frère, auxquels Cibrán n’avait accordé que peu d’attention finalement, la sorcière blonde regorgeait de bien de secrets, que ce soit sur celui qu’elle avait toujours vu comme son ami, ou sur ce qu’avait été la vie de celui-ci depuis qu’il s’était définitivement détourné de sa famille pour se lancer là-dedans. Là-dedans – cette vie-là qui avait fini par se retourner contre lui, aussi brutalement que son jumeau lui-même : mais c’était aisément encore, que Cibrán parvenait à chasser les quelques piques de culpabilité qui venaient s’enfoncer sournoisement dans son esprit.

C’était jusqu’alors en tout cas, tandis que le lourd fardeau de la sorcière tombait soudainement dans l’air. Attendre, elle devait attendre Finnian. Et elle aurait pu attendre pour le restant de ses jours, jusqu’à se faire prendre par quelqu’un s’aventurant jusqu’ici, envoyée à Azkaban ou droit à la mort : il était curieux alors, de constater à quel point la destinée basculant pour un être, pouvait alors influencer la vie de bien d’autres personnes. Pourtant cette philosophie échappait complètement à Oswald, alors qu’il toisait intensément la sorcière. Loin de lui l’idée de la juger cependant ; peut-être était-ce une rage contre Finnian qui naissait au creux de son poitrail ? Contre lui-même ? La guerre poussait à faire des choses peu recommandables, pourtant, Cibrán n’avait jamais songé à combien de vies sa décision pourrait changer : tous les gens que Finnian aurait pu sauver un jour, qui ne seront finalement jamais sauvés. Elle, cette fille. D’autres encore. Lui, sûrement. Car ses ambitions brûlant au creux de son ventre, ses volontés d’acier qui plieraient sans jamais se briser, finiraient par le dévorer entièrement, happer son âme avec autant d’efficacité qu’un Détraqueur. Elles l’avaient déjà fait, au combien il le niait – mais en les embrassant, il avait perdu son frère, et quelques-uns des amis qu’il s’était faits à Poudlard (ceux qui ne partageaient pas le même avis que lui, en tout cas) – mais la guerre, l’échéance mortelle que représentait chaque journée s’élevant à l’horizon, remettait parfois tout en question. A Londres cependant, dans le rythme infernal de ses jours de travail, Cibrán parvenait aisément à chasser ces songes parasites, mais là, maintenant, ses prunelles sombres plongées dans les yeux clairs de la sorcière, c’était tout qui lui revenait en mémoire, dans une gifle claquant dans l’air. Ou presque. De marbre, froid et toujours aussi distant, seule une crispation de la mâchoire trahit la tension qui posséda de part en part le sorcier lorsque l’interrogation de la jeune femme brisa le silence. Où il se trouvait ? Dans leur village de naissance, à quelques centaines de mètres de leur maison d’enfance, où vivaient encore leurs parents : au cimetière de Turkellham, six pieds sous terre, depuis ce qui semblait subitement être une éternité à Cibrán. Ça ne faisait pourtant que quelques jours, une semaine à peine – pas assez de temps pour que Eilidh abandonne l’idée qu’il ne vienne un jour, et trace son chemin en solitaire. Il aurait voulu baisser le regard, mais il n’en fit rien ; pas même lorsqu’elle abattit l’enclume de son impatience, de sa nervosité à nouveau sur lui : de ses nouvelles ? Malgré lui, Cibrán sentit un ricanement amer glisser de ses lèvres – elle avait sûrement des nouvelles plus fraîches que lui, venant de Finnian lui-même. Eux deux, ils ne s’étaient pas parlés depuis des lustres, si ce n’est lorsque Cibrán s’était forcé un chemin jusqu’ici, pour tenter de faire comprendre à son jumeau que ses choix de rejoindre l’Ordre du Phénix étaient fous, et finiraient par mettre leur famille en grand péril. Rencontre qui s’était terminée dans une brûlante dispute, où aucun des deux n’avait réussi à faire entendre raison à l’autre (comme d’habitude) et peut-être que cette femme, face à Cibrán, avait pu être, fut un temps pour Finnian, une motivation assez importante pour qu’il écarte complètement la sécurité de sa famille pour la privilégier, elle. Que devait-il dire ? Orateur naturel, Cibrán n’avait jamais eu le moindre problème pour entretenir une conversation, faire preuve d’une verve à nulle pareille et lancer tous les sujets de conversation possibles et imaginables, des plus chiants aux plus intéressants mais là… Devait-il mentir, alimenter en elle un espoir vain mais plus aisé à avaler ? Ou dire la vérité (ce qui n’était définitivement pas une spécialité pour lui) ? Un instant, la lèvre du sorcier frémit, alors qu’il prenait un long souffle, redressant ses épaules, prenant une allure plus fière que celle, légèrement agacée, qu’il avait eue jusque-là : elle avait baissé sa baguette, après tout. « Éclairons un peu cette pièce, voulez-vous. » Finit-elle par lâcher, non sans une amertume dégueulasse au fond de la gorge. D’un geste de la baguette, il alluma les quelques lumières autour d’eux, fit vibrer plus fort le feu dans la cheminée, avant de ranger celle-ci dans un regard entendu à l’adresse de la blonde – signe qu’il ne l’attaquerait pas dans un même mouvement. Finalement, il se retrouva à fuir son œillade, son regard vaquant plus avant dans la pièce autour d’eux : maintenant, il pouvait nettement la voir, comme il distinguait très bien la jeune femme à côté de lui. Blonde, comme il le lui avait semblé, quoique d’une couleur d’or plus éclatante encore. Petite, l’allure vulnérable, fragile, comme ni lui ni Finnian n’avaient semblé l’être pendant toute leur vie. D’office, elle attirait une certaine affection, éveillait quelque chose dans le plus froid des cœurs ; c’était comme une assurance qu’Oswald ne put s’empêcher d’avoir.

En quelques pas, Cibrán rejoignit un mur, à côté de la cheminée, s’appuyant dos contre celui-ci, avant de croiser ses bras contre sa poitrine – près du fond comme ça, ronflant avec puissance dans son âtre, la chaleur était presque étouffante, mais il n’en tint guère compte, ne souhaitant que rien ne trahisse sa nervosité. Car oui, c’était sans doute ça qu’il portait le plus difficilement, cette tension palpable née en lui, répondant à l’inquiétude palpable dans la voix, les attentions de la jeune femme. Depuis le début de la guerre pourtant, il en avait vus des gens inquiets, des gens pleurer parce que leurs proches étaient envoyés à Azkaban parce qu’ils étaient des nés-moldus – il avait vu des familles détruites, dont la sienne d’ailleurs. Mais face à cette fille, cette Eilidh, il avait l’âpre sentiment que Finnian avait importé pour elle plus qu’il n’avait importé pour lui-même – plus que n’importe quelle personne envoyée à Azkaban jusque-là avait importé pour d’autres personnes. C’était stupide, mais c’était ce qui faisait naître autant de culpabilité en lui, l’impression d’avoir plongé dans un torrent de sentiments trop forts pour lui ; de choses que Finnian avait toujours comprises, qui lui avaient complètement échappé pendant toutes ces années. Et c’était bien pour cette seule chose, cette affection que Finnian avait toujours su avoir pour le monde, que Cibrán s’était parfois montré bien envieux envers son frère. Car lui, n’était finalement que le type du Ministère de la Magie, Département des Mystères, ambitieux et envieux, qui visait les plus hautes sphères des plus hauts échelons du monde magie – qui n’atteindrait peut-être jamais le haut du panier, parce qu’à présent, sa propre destinée ne lui appartenait même plus. « Finnian est mort. » Lâcha-t-il dans un simple souffle, marmonnant presque pour lui-même, s’accrochant pourtant à l’assurance qu’elle l’avait entendu, parce qu’elle avait sûrement suivi chacun de ses gestes, chaque cheminement de ses songes en l’attente de ses réponses. Il venait de les lui donner, en trois simples mots, prononcés d’un ton affreusement neutre, sans petits ornements de désolation ou de compassion : il n’y avait aucun moyen d’enjoliver cette triste réalité, aucune phrase à prononcer pour alléger cette peine glaciale qu’elle ressentirait – qu’il ressentait aussi, dans un coin étouffé de son cœur, une bouche grande ouverte qui hurlait sa peine, semblant étouffée par l’oreiller épais de son arrogance. Ils avaient chacun choisi leurs desseins en conséquence de leur héritage, des vies qu’ils avaient menées – et si Cibrán n’avait pas pris la décision de faire tuer son frère, il l’aurait regretté, un jour ou l’autre : parce qu’il aurait été renvoyé du Ministère, envoyé à Azkaban sans doute, incapable de prouver qu’il n’avait aucune implication quelle qu’elle soit dans les actions de son frère. Sa famille aurait également été envoyée à Azkaban, accablée par des accusations qui les traiteraient alors de traitres à leur sang. Il n’aurait su le tolérer ; encore moins pour satisfaire les envies orgueilleuses de son jumeau. Jamais. Un nouveau choc électrique se répandant de son esprit à son corps lui fit serrer les dents, alors qu’il se souvenait subitement que la jeune femme était toujours là, et que le couperet tranchant qu’il avait jeté à son adresse, n’avait sûrement pas été des plus tendres – qu’est-ce que ça pouvait bien lui faire, au fond ? « Un groupe de rafleurs l’a trouvé. Je suppose qu’ils étaient trop nombreux. On… ne le saura jamais vraiment. » Ponctua-t-il plus affirmatif qu’il ne l’aurait voulu : mieux valait que personne n’apprenne jamais la vérité sur la mort de Finnian, et Oswald comptait bien garder ce secret à l’état de secret, même si pour cela il devait lui-même entacher la magie de sa baguette en prenant la vie des rafleurs qui avaient fait la sale besogne à sa place contre une poignée de gallions. D’un regard fébrile, il trouva la sorcière, sa langue se coinçant entre ses dents, comme s’il cherchait ses mots, les pesait, les quantifiait. « On l’a… enterré il y a quelques jours. N’importe qui peut débarquer ici à tout moment, pour n’importe quelle raison possible : un Mangemort, ou un rafleur. Ou n’importe qui d’autre que moi… Vous devriez partir. » Souligna-t-il finalement, comme si se concentrer sur la destinée de la jeune sorcière semblait préférable à ressasser les choix qu’il avait faits, le meurtre de son frère et la responsabilité qu’il avait là-dedans. Il se rendit compte alors qu’il s’était décollé de contre le mur, esquissant quelques pas vers la sorcière. Avant de se détourner, par simple réflexe, pour s’arrêter devant le foyer de la cheminée, observer longuement les flammes rougeoyant au fond de celle-ci : et le monde continuait de tourner, le temps de passer. La loi imprenable du monde n’en avait que faire de la mort de Finnian, mais l’air s’était subitement fait étouffant dans la petite pièce. Glacial – mais étouffant.
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MessageSujet: Re: “ like thunder and lightning, cold and the warm / eilidh.   Jeu 25 Juil - 22:00



this room's become a mausoleum filled with relics of regret

La peur. Tout le monde éprouvait de la peur à un moment donné. Ceux qui affirmaient le contraire mentaient, ceux qui clamaient n’avoir peur de rien étaient des imbéciles. La peur, Eilidh savait ce que c’était. Elle l’avait ressenti plus d’une fois, et n’en avait pas honte. Même le plus courageux des Gryffondor pouvait ressentir de la peur. L’affronter ne le rendait que plus brave. Ceux qui n’avaient pas peur étaient des idiots, agissaient sans réfléchir, et n’avançaient pas, car ils n’apprenaient pas. Eilidh connaissait ses peurs, et elle avait appris, avec le temps, si ce n’est à les vaincre, tout du moins à les contrôler. Ainsi, bien qu’elle savait qu’aujourd’hui encore, elle craignait et redoutait le feu, elle avait appris à contrôler sa peur de l’élément, à la contenir, à ne pas la laisser prendre le dessus. De sa première maison, de sa mère, elle n’avait que peu de souvenirs, si ce n’est des reflets flamboyants, une fumée épaisse et étouffante, qui lui empoisonnait les poumons alors que sa mère lui hurlait de courir vers la porte, à l’instant même où une poutre – ou plutôt ce qu’il en restait, un vague reste de flammes et de cendres – s’écroulait devant elle, la séparant à tout jamais de la femme qui l’avait conçue et élevée. De cet incendie qui avait ravagé son enfance, elle n’avait finalement qu’un souvenir concret, mais de nombreux souvenirs de ses répercussions. Des nuits sans sommeil, des nuits cauchemardesques où elle se réveillait en hurlant, en pleurs, terrifiée par des monstres de cendre et de feu qui tentaient de la dévorer. Une peur panique du feu, de la chaleur, même. Elle se souvenait plus particulièrement de ce jour de juin soixante-dix-huit. Il faisait particulièrement chaud, ce jour-là. Tellement chaud, qu’elle avait commencé à suffoquer. Exactement comme cette nuit, trois ans plus tôt. Alors la panique lui avait emplie le cerveau. Elle s’était immobilisée, figée, respirant avec de plus en plus de difficulté, jusqu’à ce que sa professeure lui demande ce qu’il n’allait pas. Elle avait alors éclaté en sanglot, et malgré tous ses efforts, n’avait pu s’arrêter que lorsque son père était arrivé en catastrophe, et l’avait serré très fort dans ses bras. Ce genre d’incident lui était arrivé plus d’une fois, quand elle était petite. Mais depuis, elle avait appris à être forte. A maîtriser sa peur, peu importe ce qu’elle était. Elle avait peur, oui, mais elle ne perdait plus le contrôle. Elle ne faisait plus de cauchemars, elle ne faisait plus de crises de paniques. C’était un passé révolu, une autre Eilidh, qui ne connaissait pas la magie, ou les possibilités du monde. Une Eilidh qui n’avait rien. L’Eilidh d’aujourd’hui avait peut-être perdu beaucoup mais elle avait la magie… et surtout, elle avait Finnian. Or, à présent, alors qu’elle fixait cet homme qu’elle ne connaissait pas, et ne voulait surtout pas connaitre, cet homme qui lui ressemblait sans pour autant être lui, qui, elle pouvait le sentir, le voir, n’avait pas son courage, sa force, qu’elle haïssait déjà d’une certaine façon, sans exactement savoir pourquoi, devant cet homme, elle ressentait une peur nouvelle, atroce, qu’elle sentait ramper dans ses entrailles, s’insinuer lentement mais sûrement au plus profond d'elle-même, une peur qu’elle n’était pas sûre de pouvoir contrôler, maîtriser. Bien sûr, elle avait déjà eu peur pour lui, un nombre incalculable de fois, elle s’inquiétait constamment, en attendant des nouvelles qui ne venaient pas, et qui peut-être ne viendraient jamais, mais cette fois, face à cet homme, son double, c’était différent, une peur différente, et elle pouvait sentir la panique dissimulée en dessous, la panique qu’elle avait appris à faire taire il y a si longtemps. Elle ne pouvait pas la laisser reprendre le dessus. Et pourtant, elle la sentait, à peine dissimulée, prête à prendre le dessus à n’importe quel moment, alors qu’elle observait, tentant tant bien que mal de garder un visage impassible, l’homme se déplacer vers la cheminée, comme si le feu qu’il avait allumé lui-même pourrait le dissimuler aux yeux de la jeune femme. Elle pouvait voir qu’il rechignait à lui répondre, même le dernier des imbéciles l’aurait senti. Elle pouvait voir que ce qu’il s’apprêtait à lui dire, n’était pas facile à entendre. Au fond, elle savait. Elle savait ce qu’il était sur le point de lui annoncer. Mais elle gardait espoir, un fol espoir, celui que l’on garde toujours même quand on sait, même quand il n’y a plus aucun doute possible, que l’impossible se produirait. Parce que tout ce qu’elle pouvait espérer à présent, c’était l’impossible. Le bonheur, la chance. Cet espoir, c’était tout ce qui lui restait pour ne pas perdre la raison, pour ne pas se briser comme une simple et faible brindille, pour ne pas sauter au cou de l’homme en lui hurlant de lui dire ce qu’il était arrivé à Finnian. L’espoir que peut-être, il était… que peut-être, cette peur, cette inquiétude, n’avait pas à devenir plus réel qu’elle l’était déjà. Mais il fallait qu’il parle. Ce qui finirait bien par arriver. Eilidh scrutait ses moindres mouvements, écoutait chacune de ses respirations avec la plus grande attention. Ça y était. On y était. Elle le savait.

« Finnian est mort. » Un simple murmure, minuscule murmure, qui déjà s’était envolé loin avec le vent, trois petits mots, à peine effleurés, mais trois petits mots suffisants pour détruire une vie, un monde, un univers. Le sien. Tout s’était arrêté. Son cœur, son corps, le temps. Tout s’était figé en une scène froide et sans couleur, alors que la douleur la poignardait dans la poitrine, la tête, l’estomac, partout, partout. C’était blanc dans son esprit, incapable de comprendre, de réaliser ce que ces mots voulaient dire. Il ne voulait pas comprendre, non, elle avait mal entendu, mal compris, c’était faux, il mentait, il avait pris son apparence pour la tromper et il mentait, ça ne pouvait pas être la fin, ça ne pouvait pas se terminer de cette façon, pas maintenant, pas comme ça, pas ici, dans cette vieille maison, après ce qui semblait être des siècles sans avoir même ne serait-ce qu’entendu sa voix, après cette promesse, tout ira bien, je reviendrais, non, il ne pouvait pas, c’était un mensonge, un horrible mensonge, un piège, une illusion, un cauchemar, tout sauf la réalité, tout sauf la vie, parce qu’une vie sans Finn, ça n’en était pas une. C’était faux. C’était faux. Il ne savait rien, ne connaissait rien, il se trompait de personne, voilà tout. Il se trompait. Il la trompait. C’était impossible. Pourtant, avant qu’il le dise, elle savait que c’était au contraire l’inverse, que c’était plus que probable. Mais à présent ça n’était plus possible, non, ça n’était plus possible, bien qu'au fond elle le savait, elle l'avait probablement su dès qu'elle avait retrouvé l'autre dans cette pièce, elle savait que c'était la vérité. C'était fini. « Un groupe de rafleurs l’a trouvé. Je suppose qu’ils étaient trop nombreux. On… ne le saura jamais vraiment. » Elle ne savait pas, ne voulait pas savoir. Elle s’en foutait, de comment il était mort. Tout ce qui importait, c’est qu’il était mort. Tué par des rafleurs, Vous-savez-qui lui-même ou la reine d’Angleterre, ça ne changeait rien au fait qu’il était mort. Qu’il était parti, pour toujours. Qu’elle ne le reverrait plus jamais. Ne lui parlerait plus jamais. Ne le toucherait plus jamais. Tout s’écroulait. Tout s’écroulait. Mais il avait promis qu’il reviendrait. Il avait promis. Elle l’avait laissé partir justement parce qu’il avait promis. Et voilà où ils en étaient. Voilà ce que ça faisait, de ne pas écouter son instinct, de l’écouter lui plutôt que cette petite voix qui lui avait répété, jour après jour, qu’elle n’aurait jamais dû l’abandonner. Voilà ce que ça causait. Un vide. Immense. Insondable. Impossible à remplir. Un vide, un trou béant, une plaie suintante, qui ne cicatriserait pas, ne cicatriserait jamais complètement, qui, dans des années encore, la brûlerait comme un feu, vivant dans sa poitrine. Tout ça parce qu’elle l’avait écouté. Elle s’en voulait tellement, elle lui en voulait tellement. La colère, la rage, soudaine et brutale qu’elle ressentit à ce moment pour lui était écrasante, destructrice. Elle n’en avait jamais ressenti de tel. Elle le détestait pour être mort, pour l’avoir laissé, pour ne pas avoir tenu sa promesse. Elle lui en voulait tellement, tellement, oh, s’il savait à quel point elle lui en voulait. Il se serait présenté à ce moment devant elle, elle l’aurait probablement giflé. Parce qu’elle l’aimait. Elle l’aimait, et elle ne le lui avait jamais dit. Et les regrets, le chagrin, la colère, l’incompréhension, ce sentiment d’injustice, cette envie de hurler sa rage à la lune, tout ça, ça ne s’en irait jamais. Jamais. « On l’a… enterré il y a quelques jours. N’importe qui peut débarquer ici à tout moment, pour n’importe quelle raison possible : un Mangemort, ou un rafleur. Ou n’importe qui d’autre que moi… Vous devriez partir. » Elle comprenait à peine ce que l’autre disait. Ça n’avait plus d’importance, de toute façon. Elle s’en fichait. Dieu ce qu’elle s’en fichait. Quel était l’intérêt de continuer, de se battre, s’il n’était plus là pour se battre avec elle ? Pourquoi vivre, si c'était pour vivre sans lui ? Parce que c’est ce qu’il aurait voulu, lui répondit une petite voix dans sa tête. Peut-être que oui, mais elle n’en avait pas l’envie. Elle n’en avait pas la force. Elle se tenait là, immobile, devant cet homme qui ne faisait que raviver en elle la flamme du chagrin, de la douleur, et pour la première fois de sa vie, elle n’avait plus envie de se battre. Pourtant, elle le devait. Pour lui, pas vrai ? « Qui me dit que je peux vous faire confiance ? Qui me dit que vous n’êtes pas ici pour me faire du mal ? » Sortie brusquement de la torpeur qu’avait provoqué la douleur, elle s’était avancée sans réfléchir vers l’homme – Cibran, se corrigea-t-elle machinalement – et lui faisait à présent face, le visage ferme, ne laissant aucune émotion transparaître – et pourtant, croyez-moi qu’elle mourrait un peu plus à chaque instant à l’intérieur. Soudain, alors que son regard croisait celui de Cibran Oswald,  son monde s’écroula un peu plus. Evidemment. « C’est vous » murmura-t-elle dans un souffle. « C’est vous qu’il était allé voir. Ça ne peut être que vous. » Comment aurait-il su, dans le cas contraire, où aller, où elle se trouvait ? Il connaissait cet endroit. Finnian lui en avait parlé. Ça ne pouvait être que lui.

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