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 cedrella & morgana ✲ strange time, strange people

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≡ statut de sang : Sang-mêlé, rien de transcendant ni de particulièrement honteux.
≡ sa maison : Ancienne Poufsouffle, ce que personne ne parvenait à comprendre quand elle était encore à Poudlard.
≡ sa baguette : Bois d'aubépine, ventricule de dragon, parfaite pour les sortilèges.
≡ son patronus : Elle n'en possède pas, ses anciennes ambitions étouffant toute possibilité de créer un tel sortilège.
MessageSujet: cedrella & morgana ✲ strange time, strange people   Dim 21 Juil - 22:48


strange time, strange people

Morgana errait dans le camp. Sans objectif et sans conviction. Comme tous ceux autour d’elle, elle était devenue un fantôme, un pâle reflet de ceux qui étaient encore en vie, mais qui n’existait déjà plus tout à fait. Morgana ne s’était jamais demandé à quoi la vie de fantôme pouvait ressembler. A Poudlard, ils appartenaient plus au folklore fantastique du château au même titre que les tableaux ou le plafond enchanté, qu’aux personnes qui foulaient les couloirs chaque jour. Ils parlaient, certes. Mais leurs actes n’avaient plus d’emprise sur la vie qui coulait autour d’eux. Que pouvaient-ils penser de cette existence ? Etaient-ils frustrés, ou au contraire habitués à cette non-vie d’observation impuissante ? Il était un peu tard pour se poser ces questions, mais elles revenaient à Morgana maintenant qu’elle se sentait partager certaines caractéristiques avec ces êtres qui n’avaient jamais soulevé aucun intérêt en elle. La vie de fantôme ressemblait à la vie dans un camp de réfugiés. Ne plus vraiment savoir si on appartenait encore au monde des vivants, si on avait encore une attache sur cette terre. Errer, chercher à s’activer, remplir les heures avec de fausses occupations qui ne menaient à rien. Et recommencer le lendemain. Contrairement aux vrais fantômes, les occupants du camp respiraient, mangeaient, étaient en vie au sens strict du terme. Mais c’était la seule différence que la jeune femme pouvait voir. Ils étaient prisonniers des limites de leurs camps, sortaient rarement, avaient peu ou pas de contacts avec l’extérieur. Ils survivaient mais ignoraient pour combien de temps encore. Morgana était passée par plusieurs stades depuis qu’elle était arrivée au camp : la léthargie douloureuse du deuil, où elle ne faisait rien d’autre que fixer un point pendant des heures avant de retourner se coucher ; la frénésie pour se rendre utile, pendant laquelle elle s’était activée dès l’aube jusqu’au milieu de la nuit, à essayer de rendre le camp plus agréable à ses occupants, à remonter le moral des nouveaux et occuper les anciens, jusqu’à en tomber d’épuisement quand elle allait se coucher ; et maintenant, elle tournait en rond, se sentant prendre chaque jour davantage le statut peu agréable de fantôme. Inutile, transparent, dans l’attente de quelque chose d’indéfini. La fin de la guerre ? C’était peu probable, Morgana n’y croyait plus vraiment, bien qu’une part d’elle-même continue d’espérer. La mort ? Voilà qui était plus vraisemblable déjà. Les gens semblaient tomber comme des mouches autour d’eux, tous ceux qui étaient censés être des piliers immuables, tous ceux qui avaient toujours été avec elle … Ils disparaissaient pour ne plus jamais revenir, elle les voyait s’effondrer, saigner, et tous, ils l’abandonnaient. Morgana ne s’était jamais sentie aussi seule dans ce camp, entourée de centaine de personnes qu’elle ne connaissait pas, de visages hagards qui attendaient des lendemains qui se ressemblaient tous, sans qu’il n’y ait la moindre lumière, le moindre espoir dans leurs yeux. Elle avait besoin de quelque chose auquel se raccrocher, mais qu’est-ce que des fugitifs pouvaient lui donner ? C’était d’amis dont elle avait besoin, mais le seul visage connu qu’elle avait ici la regardait comme s’il ne l’avait jamais vu auparavant. Elle lui en voulait, comme elle en voulait à Eugénie et Alexander de s’être fait tuer, à Clive de ne plus donner de nouvelles, à Daley d’être toujours un Mangemort, à Sage de trop s’impliquer dans l’Ordre. Elle leur en voulait et elle regrettait, elle s’énervait puis elle s’enfonçait dans les remords. Quel bien pouvait-elle retirer à blâmer ceux qui étaient morts, blessés, ou en danger ? Elle n’avait pas le droit de leur en vouloir parce qu’ils étaient loin d’elle. Parce qu’elle ne pouvait plus compter sur eux. Comme elle, ils n’avaient rien demandé et souhaitaient sortir de là au plus vite.

Au milieu de ces interminables heures de contemplation passive, Morgana tentait quand même de s’occuper et de se rendre un minimum utile. Cela n’avait plus rien à voir avec ce quelle avait pu faire quand Eugénie était encore là, et qu’elle la poussait toujours à inventer de nouvelles choses pour améliorer la vie au camp. Raviver un feu, nettoyer les parties communes, raccommoder des tentes usées, ça n’avait rien d’héroïque ni même de passionnant. Mais il n’y avait absolument rien d’autre à faire, et c’était tout ce qui pouvait venir à l’esprit de Morgana. Elle sombrait de jour en jour, devenait de plus en plus transparente, et rien ne semblait pouvoir venir la sortir de cette enfilade de jours sans intérêts. Elle voulait sortir de cette torpeur abrutissante, elle voulait avoir l’impression que ses actes servaient à quelque chose, elle voulait, elle voulait ! Elle voulait tant de choses mais la vie au camp agissait comme un anesthésique qui l’empêchait de prendre des initiatives. Elle était la prisonnière de ce rassemblement de tentes en pleine forêt, quelle ironie … D’un coup de baguette machinal, elle redressa un piquet de tente, balaya un tas de feuille, repoussa sur le côté deux chaises qui prenaient trop de place au milieu du chemin. Et elle reprit sa route au travers des tentes, comme si elle pouvait y trouver quoi que ce soit de nouveau. Chaque jour elle se disait que peut-être, aujourd’hui serait différent … Aujourd’hui n’était jamais différent. Le flux des arrivants ne se tarissait jamais, mais cela ne suffisait pas à raviver la flamme à l’intérieur de la jeune sorcière. Pourtant, cette fois … Elle s’approchait d’une tente quand elle vit en sortir une silhouette. Une femme visiblement, dont le dos était aussi inconnu à Morgana que celui de tous les autres réfugiés qui étaient arrivés ces derniers jours, et elle n’y fit pas attention au premier coup. Mais la sorcière se retourna un instant, et Morgana fronça imperceptiblement les sourcils. Il y avait quelque chose dans son visage qui était familier, qui déclencha en elle une envie de sourire, et en même temps de s’énerver. Elle était associée à un souvenir, Morgana en était sûre, mais elle était incapable de dire lequel. Bon, mauvais ? Elle avait l’impression que c’était les deux à la fois. Elle ne se rendit pas compte qu’elle était plantée devant la tente, et qu’elle dévisageait ouvertement la jeune sorcière, qui l’avait repérée à présent. Plus elle la regardait, plus elle se sentait frustrée de ne pas la reconnaître. Le lieu ne collait pas, il aurait fallut qu’elle la voie dans un autre environnement … Avec d’autres personnes, peut-être … « Cedrella Levinston !! » S’écria-t-elle soudain avec un enthousiasme débordant, quand son nom lui revint brusquement en mémoire. Oui, c’était ça ! Elle revoyait son visage souriant sur la photo que Clive lui avait montré ! Et elle se souvenait surtout que Clive avait eu l’air extrêmement gêné en évoquant sa jeune amie. Et qu’il avait parlé d’un baiser qui s’était mal terminé. Mais depuis, les choses avaient du s’arranger ! Enfin, elle l’espérait, mais connaissant Clive ce n’était pas une certitude … Morgana s’avança pourtant vers Cedrella, qui était en cet instant le seul lien qu’elle pouvait trouver avec son meilleur ami. « Je n’aurais jamais pensé vous trouver ici ! » Rajouta-t-elle un peu étourdiment, sans vraiment penser que pour une première rencontre, il y aurait eu mieux comme entrée en matière.

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MessageSujet: Re: cedrella & morgana ✲ strange time, strange people   Jeu 1 Aoû - 2:49



strange time, strange people
what's wrong with dangerous ?
— morgana harlow & cedrella levinston —
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Aux vertiges qu’elle avait senti la prendre il y a près d’une heure de cela, on lui avait conseillé de s’allonger. Elle avait fait un long voyage, sans dormir de toute la nuit qui venait de s’écouler. Et, quand bien même c’était la guerre dehors, depuis sa capture par des Mangemorts assoiffés de sang, elle évitait de transplaner – chose qu’elle avait dû obligatoirement faire pour rejoindre le camp de l’Ordre du Phénix. S’allonger, n’était pourtant pas la meilleure idée qui soit, et, réprimant un long soupir agacé tout en tournant une nouvelle fois sur sa couche, Cedrella tenta de se défaire de ses tourbillons de pensée. Impossible. Elle ne trouverait jamais plus le sommeil, ni la moindre quiétude, cette froide impression s’imposait à son esprit plus que jamais à présent. Le froid mordant de l’hiver avait cependant tout pour être épuisant, sa solitude déprimante, le silence pesant. D’instinct, le regard de la sorcière s’écorcha contre sa main gauche, reposant sur l’oreiller sous sa tête ; là, restait cette bague, brillant à son doigt, éclatante comme des centaines d’étoiles : quand bien même elle l’avait déjà longuement observée, tantôt avec un sourire radieux, tantôt en se faisant bataille pour ne pas s’effondrer en larmes, la jeune femme lui découvrait de nouvelles beautés à chaque fois un peu plus – c’était la première fois qu’elle la voyait en plein jour, à la pâle lueur d’une matinée d’hiver, là, si loin de Pré-Au-Lard. Où plus rien n’avait d’importance. Plus rien si ce n’est le chaos d’une inexistence : elle avait comme le sentiment de ne servir à rien, que ce soit depuis qu’elle était arrivée dans ce camp, épuisée et démunie, ou dans cette couche, ses paupières menaçant de se fermer à tout moment sur des images toutes plus horribles les unes que les autres. Son imagination n’avait pas de limite, là où son sens logique de la raison s’était déjà tu sous le désespoir : Clive n’était pas venu. Il était arrivé quelque chose à Clive. A cause d’elle, à cause d’eux : c’était pour ça qu’elle n’avait pas voulu qu’ils fassent ce pas en avant. Pour ça qu’ils n’auraient jamais dû… Battant des paupières, la jeune femme se prit à maudire cette bague à son doigt, l’objet en lui-même et tout ce qu’il représentait : les promesses qu’ils s’étaient faites. Qu’il n’avait pas tenues. Qui avaient mis Clive en péril, jusqu’à la fin ; jusqu’à… la guerre imposait son propre tempo, ses propres schémas : peut-être ne saurait-elle jamais ce qui était arrivé à Clive. Dans un subit élan de rage – pour la première fois – se redressant, assise sous ses couvertures, Cedrella arracha la bague à son doigt, la posant brusquement devant elle. D’un geste instinctif, purement réflexe, elle se frotta longuement le doigt, entremêlant ses mains l’un à l’autre, lèvres pincées sans lâcher l’objet du regard. Était-ce réellement de sa faute, tout ce qui avait pu arriver à Clive ? La fatigue lui brouilla la vue, ou peut-être étaient-ce des larmes, charriant dangereusement la barrière de ses paupières – bien vite, elle ferma les yeux, se frottant intensément ceux-ci du plat de ses deux mains, avant de se reprendre. Curieusement, tragiquement, elle aurait voulu avoir toutes les réponses à ses interrogations – quitte à se détester pour la vie à cause de celles-ci, elle découvrait amèrement aujourd’hui, en cette journée glaciale, que rien n’était pire que l’ignorance. Elle ne savait pas pourquoi elle était là, finalement, quels instincts l’avaient poussée à sauver sa vie si elle n’avait plus Clive à présent. Elle qui n’avait pas accepté qu’il la fasse partir seule, restant en arrière pour sauver les jeunes à Poudlard, elle avait finalement capitulé. Capitulé face à un destin bien cruel, déposant les armes aux pieds des hautes murailles du château – partant, sans se retourner. D’orgueil blessé, fuyant elle ne savait quoi : la réalité la rattrapait même ici, dans les profondeurs de la forêt de Craik et ici, les autres avaient bien trop de problèmes pour tenir compte des siens. Il fallait qu’elle se ressaisisse, c’était une évidence. Une obligation, si elle comptait survivre au milieu de cet ouragan (à quoi bon, pensait-elle parfois. Sans famille, sans Clive, que pouvait-elle bien faire de cette vie encore ?), son instinct de survie lui dictait majoritairement la conduite qu’elle avait à adopter, mais la plupart du temps, elle aurait préféré qu’il se taise, maintenant et à jamais, quitte à la laisser crever dans les tréfonds de cette forêt dévorée par le gel.

De longues secondes d’absence, happée dans un bourdonnement sourd au fond de son esprit – Cedrella finit par se reprendre, glissant ses mains dans ses cheveux. Finalement, se relevant, elle attrapa l’anneau devant elle avec soin, non pas pour le glisser à nouveau à son doigt, mais aller chercher le sac qu’elle avait emmené avec elle. Choisissant sagement ce qu’elle allait faire, arrêtée parfois par une vague hésitation, un rapide regard en biais vers l’objet, Cedrella trouva une petite boîte dans le fond de son immense sac – agrandi par un sortilège – pour y mettre la bague. C’était mieux ainsi. Pour elle, déjà. Et puis si jamais… si jamais ça tenait toujours, si jamais ça comptait toujours ; elle préférait la garder ici que la perdre à tout jamais dans un quelconque travail ingrat et barbant. Mais à nouveau, la jeune femme laissa les secondes s’étendre, le temps que ses yeux sombres inspectent le moindre contour, la moindre aspérité de la boîte : cherchait-elle à la graver dans son esprit, afin de ne jamais oublier où elle avait alors enterré ses promesses ? Gorge sèche, amertume au bord des lèvres, Levinston rangea la boîte dans le sac, remettant celui-ci sous sa couche – on lui avait fait comprendre qu’à plusieurs pour partager une tente, il valait mieux éviter de laisser traîner le moindre bazar : ce qu’elle faisait avec soin, contrairement à ce qu’on pouvait croire en voyant la vitrine de sa boutique à Pré-Au-Lard – plupart du temps, avec ses propres affaires, Cedrella était d’un soin excessif, maniaque et organisée comme personne, toujours tirée à quatre épingles. « Vous avez besoin d’aide ? » A l’extérieur, alors qu’elle venait tout juste de passer les pans de la tente, on s’activait dans tous les sens : certains brassaient simplement du vent, mais la femme à qui elle avait parlé, quelques temps plus tôt, semblait prise dans un profond travail : visiblement, avec l’accroissement alarmant de réfugiés, il fallait mettre en place de nouvelles tentes, tout en trouvant un moyen de ne pas dévorer plus de place pour autant ; question de logique, d’organisation, de volonté – tout ce dont Cedrella avait l’habitude de déborder. En général. La femme la dévisagea longuement, d’un regard réprobateur, l’air de dire les claudicants pris de vertige ne nous servent à rien ici et, remarquant cette attitude fermée, la brune força un sourire sur son visage, comme pour prouver qu’elle allait mieux, ce qui n’était qu’à peine le cas, certes. « Je ne suis définitivement pas faite pour rester inactive. » Encore moins à présent, alors que ses songes n’avaient de cesse de retourner à Pré-Au-Lard : dans peu de temps, si elle continuait de tout ressasser, elle plierait bagages à nouveau, pour repartir investir sa boutique et se mettre ouvertement en danger. Pour poursuivre des cendres de rien, le vent d’une inexistence, finalement. « Ils ont besoin d’aide, là-bas. » Articula finalement la femme à la mâchoire carrée, désignant par-dessus l'épaule de la brune, peu satisfaite d’avoir cédé à l’expression contrite de sa vis-à-vis : il aurait été plus sage pour elle de dormir quelques heures, mais plus que jamais, quand elle y réfléchissait, Cedrella avait même peur de fermer l’œil, de peur d’y voir des scènes sanglantes dans lesquelles elle se représenterait Clive mort à cause d’un de leurs faux pas. Ils s’étaient pourtant montrés toujours si prudents, à ne se voir que loin de Pré-Au-Lard… peut-être que Clive n’avait pas si bien que ça couvert ses traces, le soir où il était venu la voir. Ou alors… ou alors il n’était tout simplement pas venu, préférant protéger les jeunes de Poudlard à sa propre fiancée. Peut-être. Sûrement. Au combien cette idée était blessante, elle restait la préférable : au moins était-il vivant. C’était tout ce qui devait importer, en des temps de guerre, et elle n’aurait que ce qu’elle méritait – il y a quelques mois de cela, c’était elle-même, qui l’envoyait sur les roses après qu’il l’ait embrassée. Pour des raisons plus honorables que ça, pour le protéger lui mais… mais peut-être que ça revenait au même.

A peine Levinston avait-elle fait volte-face, remerciant d’un signe de tête la femme, que celle-ci avait disparu avec tout son matériel : l’attention de Cedrella s’était de toute manière accrochée à quelqu’un d’autre, une femme, visiblement arrêtée auprès d’elle depuis quelques instants déjà. Elle l’observait, si intensément que la brune aurait pu s’en sentir gênée, ou croire que la rousse cherchait à la transpercer d’un regard. « Je… je peux vous aider ? » Reprit la sorcière, comme dans une parole automatique – à croire qu’elle cherchait vraiment désespérément à s’occuper – tout en affichant un sourire tout aussi poli que gêné. C’était bien la première fois qu’on la dévisageait de cette manière, et elle passa une main dans ses cheveux, comme pour s’assurer qu’elle n’avait ni brindille, ni feuille dans ceux-ci. Rien. « Cedrella Levinston ! » Sous le choc de ces mots, les sourcils de la brune se haussèrent dans un réflexe incontrôlable, tandis qu’elle ouvrait la bouche pour répondre. Mais elle ne trouva pas le moindre mot à répliquer – pas le moindre nom. Pour sûr, elle n’avait jamais vu cette grande rousse de toute sa vie : elle était si grande, si rousse qu’elle était quasi-certaine de ne jamais pouvoir oublier une telle personne si elle l’avait vue ! A moins que ce ne soit une cliente de sa boutique ? Les lèvres à nouveau serrées, dans une moue qui s’essayait à ne pas afficher son désarroi, Cedrella la vie s’approcher – elle fit maints efforts pour forcer un sourire à illuminer son visage, presque de la même manière que celui de son interlocutrice. Mais qui était-elle, par Merlin ?! L’instinct de la boutiquière aurait pu la pousser à faire un pas en arrière, mais elle lutta contre ce réflexe pour observer encore et encore le visage chaleureux de sa vis-à-vis. Non, non, elle ne la connaissait pas. A moins que ? Pas de Poudlard, mais pourquoi est-ce qu’elle, elle la connaissait ? Subitement, Cedrella comprenait – non sans une dose d’amertume – ce que devaient ressentir les amnésiques une fois qu’on leur sautait dessus sans songer à leurs maux : c’était dérangeant et agaçant à la fois, de se sentir totalement défait de sa propre vie, incapable de se fier à ses propres souvenirs. « Cedrella… c’est moi. » Prononça-t-elle malgré tout, les traits tirés, priant tous les ciels possibles et imaginables pour qu’un éclair de révélation s’offre à elle et débloque la situation, au combien gênante. Pour elle seulement, visiblement, puisque la rousse ne semblait que très peu tenir compte de l’expression figée de la brune et reprenait de plus belle. « Je n’aurais jamais pensé vous trouver ici ! » Au moins la vouvoyait-elle, ce qui indiquait qu’elles n’étaient pas si proches que ça, et pouvait au moins excuser l’oubli subit de la jeune femme. Elle l’espérait en tout cas, et cette porte ouverte laissa la sorcière se détendre un peu, alors qu’elle lâchait un rire nerveux, avant de finalement reculer d’un pas, rien que pour mieux observer l’autre sorcière. « Vous me connaissez. » Ces mots ressemblaient affreusement à ceux de quelqu’un frappé d’amnésie ! Pourtant, Cedrella tentait de masquer – à grand peine – l’énervement qui bouillonnait en elle – envers elle-même, majoritairement ; comme lorsqu’elle avait un mot sur le bout de la langue et qu’elle était incapable de le saisir, parce qu’il lui échappait sans cesse. C’était exactement pareil, tellement frustrant ! « Je suis désolée, mais je ne vous connais pas. » Conclut-elle, non sans avoir besoin d’une dose de bravoure. Elle l’observa encore une fois, plongeant ses yeux sombres dans le vert profond de ceux de son interlocutrice. Non, non, définitivement. « Vous me connaissez, et je ne vous connais pas. Est-ce que c'est seulement possible ? Je ne vous connais pas, n’est-ce pas ? » Oui, elle demandait bel et bien confirmation à la rousse, quand bien même la moitié de ses propos semblaient faire partie d'un dialogue avec elle-même, on ne sait jamais ; et sa voix exprimait vivement l’assurance pure et dure qu’elle avait de ne pas connaître cette jeune femme. « Comment vous me connaissez ? » Elle aurait dû poser cette question un peu plus tôt d’ailleurs, mais elle avait eu l’esprit bien trop occupé à douter de ses propres capacités ; l’évidence ne lui éclatait au visage que maintenant – l’idée d’être assez célèbre pour être connue par des gens qu’elle n’avait jamais croisés de sa vie lui semblait totalement absurde, mais ces camps semblaient réserver leur lot de surprises.

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MessageSujet: Re: cedrella & morgana ✲ strange time, strange people   Dim 1 Sep - 18:53

Cedrella Levinston. Il suffisait d’un nom pour raviver en Morgana une énergie qu’elle avait oubliée, et un flot de souvenirs qui ne l’avait plus touchée depuis bien longtemps jaillissait soudain comme un courant d’air frais d’une fenêtre ouverte sur le passé. Cedrella était une inconnue, mais son visage ramena Morgana dans la petite maison de Clive au Pays de Galles, pas uniquement cette dernière fois où la jeune sorcière s’y était réfugiée en désespoir de cause, mais toutes les autres occasions où elle avait pu se rendre là-bas pour rendre visite à Clive. C’était son meilleur ami que Morgana voyait en Cedrella, la façon dont il la réconfortait si souvent, les plaisanteries qu’elle faisait pour le charrier à chaque fois qu’il se montrait maladroit, des années d’amitié qui remontaient à Poudlard et qui avaient évolué à travers le temps. C’était un flot continu d’images, de sensations, d’émotions qui revenaient à Morgana, rafraîchissant ses souvenirs et donnant une consistance nouvelle à une existence qui semblait ne plus rien avoir de très réel. A force de croiser les mêmes visages mornes, de voir refléter son propre regard dans des yeux vides, Morgana s’était laissée emporter par un courant insidieux qui l’éloignait de ce qu’elle avait toujours été. Son enthousiasme, son énergie, la force qu’elle avait toujours employée à voir le meilleur là où le pire s’installait, tout ceci s’évaporait car elle n’avait plus personne pour faire office de catalyseur. A quoi bon tenter de garder la tête hors de l’eau quand il n’y avait personne avec qui partager cette victoire ? Morgana avait toujours eu besoin qu’on l’approuve, qu’on la soutienne, voire même seulement être là pour elle. Inconsciemment, elle avait besoin de sentir des présences amies autour d’elle, et ici, c’était ce qui manquait le plus cruellement. Les réfugiés ne recherchaient ni amitié, ni chaleur humaine. Ils voulaient du réconfort mais ne voulaient pas laisser qui que ce soit franchir les barrières qu’ils avaient érigées au fil des épreuves qu’ils avaient traversées. Vivre dans ce camp rendait chacun amer, et ils en venaient à oublier la chance qu’ils avaient d’être bien vivants, en sécurité, avec une toile au-dessus de leur tête et un repas chaud trois fois par jour. Morgana était comme eux, tantôt bien trop consciente de la chance inouïe qu’elle avait d’être encore en vie, avec son bébé qui grandissait en elle, et tantôt si désabusée par cet horizon bouché qui s’ouvrait devant elle, qu’elle se demandait si une mort propre et rapide ne valait pas mieux à cette existence insipide et inutile. Ce dont elle avait besoin, c’était le visage de Cedrella devant elle : inattendu, inconnu, empli de mystère, mais également porteur de milliers de souvenirs d’une époque passée, ainsi que d’une excitation qu’elle n’avait plus ressentie depuis des lustres. Cedrella était le secret de Clive, elle était cette étincelle qui avait réussi à détourner Morgana de ses noires pensées déjà une fois par le passé, et elle réussirait encore aujourd’hui. C’était une coïncidence des plus exceptionnelles, une surprise qui pouvait se révéler aussi bonne que très mauvaise. Mais la conséquence de la présence de Cedrella devant Morgana était encore quelque chose à laquelle elle était loin de penser. Morgana s’était réveillée de sa torpeur, c’était tout ce qu’elle voyait pour l’instant, sans se poser la moindre question supplémentaire.

La jeune sorcière sembla prise de court  quand Morgana l’alpagua, et son visage montra une circonspection des plus complètes, mais un sourire incertain vint lentement éclairer ses traits, comme si elle se forçait à répondre à l’enthousiasme débordant de Morgana, sans avoir la moindre intention de le partager. « Cedrella… c’est moi. » Elle semblait vouloir s’en convaincre elle-même, mais Morgana n’avait plus besoin de cette confirmation – elle était déjà sûre et certaine de l’identité de la personne qu’elle avait en face d’elle. Sans l’avoir jamais vue en chair et en os, elle avait observé son visage souriant une fois sur une photographie. Morgana n’était pas vraiment physionomiste, mais certains détails pouvaient la frapper et rester gravés dans son esprit. Entendre Clive avouer qu’il était amoureux de cette jeune femme était un fait suffisamment marquant pour que Morgana marque ce moment d’une pierre blanche, et retienne les traits de l’heureuse élue au moins jusqu’à ce qu’elle puisse enfin la rencontrer. Elle était assez exceptionnelle pour qu’il tombe amoureux, et plus important encore, pour qu’il ose faire un geste pour partager cet amour. Clive avait embrassé la fille qui se trouvait devant elle, Cedrella Levinston, prouvant une bonne fois pour toute qu’il n’était pas un cas désespéré, mais un homme un peu trop timide, un peu trop maladroit, un peu trop malchanceux … Cedrella était là, et sa voix ancrait Morgana dans une réalité faite de sentiments qui n’existait plus depuis des semaines. « Vous me connaissez. » Ses mots, prononcés d’un ton incertain, presque en forme de question, sonnaient exactement comme ceux d’Alaric, faisant remonter un malaise désagréable que Morgana tenta de rejeter de son mieux. Ses pensées se dirigeaient vers lui en toutes circonstances, et elle s’inquiétait pour lui chaque jour davantage. Mais Cedrella Levinston n’était pas amnésique – ou du moins, si elle l’était, Morgana ne pouvait pas en juger, car elles ne s’étaient effectivement jamais rencontrées. Alors non, sans doute qu’elles ne se connaissaient pas, mais Morgana avait l’impression d’avoir déjà vécu toute une vie avec elle – sans rien savoir d’elle. Uniquement parce que Clive avait parlé d’elle avec une émotion si tendre dans la voix … « Je suis désolée, mais je ne vous connais pas. » Cette excuse parut étrange à Morgana, comme s’il était totalement incongru qu’elle se sente désolée de ne pas la connaître. « Vous me connaissez, et je ne vous connais pas. Est-ce que c'est seulement possible ? Je ne vous connais pas, n’est-ce pas ? » Jusque là, Morgana n’avait pas réalisé à quel point son intervention pouvait être singulière, voire même gênante pour Cedrella, mais c’est seulement en entendant son ton prendre des accents presque désespérés, qu’elle comprit avec effroi qu’elle était en train de rendre la jeune femme de plus en plus anxieuse. Et ce n’était absolument pas le but de Morgana, bien au contraire. « Non, non ! Vous ne me connaissez pas, mais en fait, je ne vous connais pas vraiment non plus. » Termina-t-elle dans un marmonnement confus. Si elle avait essayé de rassurer Cedrella, elle se rendait compte que ses paroles n’amenaient aucune explication, et devaient plonger la jeune femme dans une perplexité plus grande encore. « Comment vous me connaissez ? » Le visage de la rouquine s’éclaira à nouveau d’un sourire, parce qu’il suffisait qu’elle se souvienne de ce moment où Clive lui avait parlé de Cedrella pour qu’elle se sente heureuse comme une enfant. « J’ai vu une photo de vous ! Enfin, je veux dire … Je suis une amie de Clive. Et il m’a parlé de vous. Je venais juste de devenir une fugitive, et il vous a évoquée en disant que vous aviez déjà aidé des réfugiés. Que je pouvais aller vous voir si jamais je n’avais vraiment nulle part où aller … » Elle s’enfonçait dans des explications qui lui semblaient de plus en plus maladroites à mesure qu’elle les prononçait, mais elle s’était rendue compte qu’il serait encore plus dérangeant de déclarer tout de go que Clive lui avait avoué être amoureux d’elle. Elles ne se connaissaient pas, après tout, et Morgana ne savait pas si elle était censée être au courant … Ni si les choses avaient évolué suffisamment pour que Cedrella soit à l’aise avec le fait que Clive soit amoureux d’elle. De plus en plus mal à l’aise, Morgana se passa la main dans les cheveux et prit une inspiration. « Je suis désolée alors, si vous êtes là c’est que les choses ne se sont pas très bien passées à Pré-Au-Lard. » Ce n’était rien de le dire, Cedrella avait sans doute vécu des choses qu’elle ne voulait pas évoquer avec une inconnue, mais ils étaient tous dans la même situation ici, et il semblait à Morgana que les malheurs étaient moins lourds à porter quand on les partageait. « Oh, au fait, je m’appelle Morgana. Morgana Harlow. » Elle se mordit la lèvre inférieure une fraction de seconde, hésitante, puis elle lui tendit la main. « Je suis enchantée de vous rencontrer. Clive vous apprécie beaucoup, et j’espérais pouvoir vous voir un jour … Sans doute dans des circonstances plus agréables, mais je ne peux pas vraiment changer ça. » Après tout, c’était la stricte vérité, et il n’y avait pas de mal à l’admettre : elle était ravie de rencontrer Cedrella. Après des semaines à avancer comme un fantôme sans rien de neuf dans sa vie, l’arrivée de la brunette était un soulagement, et elle espérait simplement que son comportement un peu intrusif ne la fasse pas fuir. Elle espérait tellement faire sa connaissance ! Et en savoir un peu plus sur sa relation avec Clive, cela allait sans dire …

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