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 time changes everyone ❞ (sohan)

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MessageSujet: time changes everyone ❞ (sohan)   Mar 16 Juil - 3:32



time changes everyone.



Elle avançait à pas de velours dans l'obscurité, sans un bruit, pas un seul. Tapie dans l'ombre elle observait, alerte, attentive à n'importe quoi. Un geste, un son, qu'importe, Oksana ne souhaitait croiser personne pour une raison qui lui était inconnue. Elle ne se cachait pas, n'avait pas à le faire et le savait. Elle souhaitait juste s'en aller, un peu. Échapper aux regards lourds et inquisiteurs, aux murmures qui entre les ombres et les sourires s'évanouissaient. Échapper à tout ce qu'on lui avait pris et qu'on lui ôtait encore ici. Sa dignité. Sa fierté. La confiance qui jadis lui avait été accordée, aussi. Toutes ces choses que depuis toujours elle avait possédées, ébranlées en quelques instants, envolées au gré du vent pour quelques malentendus dont elle n'était la cause. Elle les haïssait, tous, pour cela. Cette aisance déconcertante qu'ils avaient eu de lui arracher tout ce qui lui était dû, par sa fidélité et son engagement au sein de l'Ordre. Ils avaient bafoué son passé, son nom, et toutes ces choses qu'elle avait accomplies pour eux, au nom de la prudence. Elle les haïssait, oui, mais se détestait encore plus pour cette incapacité qu'elle semblait posséder de leur prouver qu'ils avaient tort à son sujet.
Finalement Hawkins s'extirpa sans encombres du 12 Square Grimmaud, au terme de longues minutes à se cacher dans les ombres. Elle ne savait pas où elle allait, elle n'y accordait que peu d'importance. Londres respirait la fraîcheur de la nuit imminente, couvée par le crépuscule rougeoyant qui habillait l'horizon de sa lumière tamisée. Elle s'engouffra dans les rues, les parcourant sans l'ombre d'une hésitation pour avoir foulé leur sol nombre de fois dans des buts divers et variés. Aujourd'hui elle n'en avait aucun. Elle errait simplement dans la nuit qui déjà se profilait sur le toit des immeubles. Elle se faufilait entre les passants qui ne devenaient que plus nombreux au fur et à mesure que la sorcière s'approchait du centre ville. Oksana arpentait les rues, sans but précis, s'arrêtant de temps à autres devant les baies vitrées des cafés bondés, à observer les visages, tenter d'en trouver un qui, peut-être lui serait familier parmi la masse de moldus, vainement. À chercher des traits qu'elle aurait reconnu parmi mille autres, inconsciemment. Ceux des ces proches. Ceux de ces personnes qui depuis longtemps avaient pris un chemin différent du sien, volontairement ou non. Elle imaginait parfois ce que ses sœurs faisaient en ces instants où elle se perdait. Orphée fuyait tandis qu'Osha cherchait. Qu'importe. Toutes deux lui échappaient irrémédiablement. L'une pour sa trahison, l'autre pour ses engagements. Toutes deux l'avait abandonnée. L'une pour sa naïveté et son amour, l'autre pour sa dignité.
Après s'être soudainement arrêtée, dévisageant de longues minutes les clients d'un café bondé, Hawkins reprit ses esprits et se remit en route munie de cette étrange impression qui vicieusement s'était insinuée en elle. Parcourue de plusieurs frissons successifs, elle croisa les bras sur sa poitrine dans le but de se réchauffer. Elle se glissait parmi les Londoniens d'un pas pressé, poursuivie par les ombres qui n'avaient de cesse de se jeter sur elle, discrète qu'elle se faisait perdue dans la foule. Toujours munie de cette sensation qu'elle ne s'expliquait pas, elle erra ainsi de longues minutes dans le centre de Londres sans but précis, sillonnant les mêmes rues plusieurs fois, sans réellement savoir pourquoi, probablement influencée par ce sentiment d'insécurité qui vicieusement s'emparait de son coeur battant à présent à tout rompre. Pourtant elle n'en fit rien. Elle n'avait pas peur. Elle était forte. Mécaniquement ses doigts se glissèrent dans la poche intérieure de sa veste, effleurant sa baguette durant quelques secondes. Oksana n'avait eu l'occasion de l'utiliser dernièrement. Ils ne lui confiaient plus rien. Ils ne lui disaient plus rien. Elle se contentait de se fondre dans la masse des moldus, chaque jour un peu plus. Terriblement impuissante.
Les bruits de la ville s'évanouissaient au loin laissant place au silence pesant de la nuit qui déjà couvait les maisonnettes de son étreinte rassurante. Elle avait emprunté plusieurs petites rues pour s'éloigner des phares de voiture, de l'agitation du centre, bruyant. Elle avait voulu vérifier. Par précaution. Juste par précaution. Pourtant, errant dans les rues désertes, elle pouvait sentir suite à chacun de ses pas une ombre embrasser son chemin, réduisant toujours un peu plus la distance qui la séparait d'elle de manière inquiétante. Artémis ne s'était pas retournée, jamais. Elle attendait simplement. Que quelque chose se passe. Que son poursuivant l'interpelle, qu'importe. Elle attendait. À marcher ainsi sur les trottoirs durant des dizaines de minutes, à écouter chaque son, chaque pas que précédaient les siens. À s'attendre à n'importe quoi si ce n'était ce qui allait arriver. D'ordinaire téméraire elle se serait retournée bien plus rapidement que cela. Pourtant, toujours hésitante elle s'engouffra dans une ruelle cul-de-sac, large de trois mètres, à peine. Et finalement elle fit volte-face, brusquement.
Elle aurait pu reconnaître son visage parmi mille autre, ses prunelles aussi aisément. Elle embrassa sa silhouette du regard, curieuse et intriguée. Elle aurait pu le reconnaître parmi mille autre, oui. Pourtant il avait changé. Il avait grandi. Elle pouvait retrouver au fond de son regard cette personne qu'elle avait connue, un jour, en y fouillant durant plusieurs secondes de manière insistante. Elle le cherchait. Cet automatisme se mettait en place contre son gré. Au travers de cet homme qui lui faisait face elle voulait qu'il lui revienne en premier lieu. Pourtant, suite à plusieurs instants de trouble une haine lancinante lui déchira le cœur soudainement. Elle resta impassible. Elle voyait défiler devant elle ces amis qu'ils avaient été. Ces choses qu'ils avaient aimées. Ces secrets qu'ils avaient partagés. Elle voyait défiler devant elle ces douze années passées, muettes et oubliées, qui soudainement s'accompagnaient dans ses souvenirs d'une peine infinie qui ne l'ébranla qu'en ce moment précis. Oksana demeura stoïque, son visage se dénuant de tout émerveillement, finalement. Les doigts tremblants, cachés par ses manches qu'elle avait tirées dans le but de les couvrir. Elle inspira profondément, détournant le regard, un léger rictus ironique fendant son visage poupin.
- Qu'est-ce que tu fais ici ?
Rien d'autre. Pas un mot supplémentaire ne passa la barrière de ses lèvres, vulnérables et nerveuses. Elle aurait aimé lui dire le reste. Elle aurait aimé avoir la force de le faire. Pourtant sous son regard noirci par la nuit elle n'y parvenait pas. Elle n'arrivait pas à se dire qu'il l'accepterait, ou qu'il l'entendrait. Elle aurait tant voulu venir lui murmurer au creux de l'oreille : tu m'as manqué Sohan.

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MessageSujet: Re: time changes everyone ❞ (sohan)   Mer 17 Juil - 21:01



time changes everyone.



La nuit tombait doucement autour de moi, m'enveloppant d'obscurité alors que j'étais perché quelques mètres au dessus du sol. Confortablement installé entre deux branches formant une fourche suffisante pour que je m'y glisse. Un arbre, dans Londres, en face du 12 square Grimmaud. Endroit faussement secret, ambiance faussement calme et cause faussement juste. De mon perchoir, silhouette invisible, dissimulée par les branchages assombris par le déclin de l'astre solaire j'observais la vie. Toutes ces âmes perdues qui défilaient devant mes yeux. Impuissant. J'étais impuissant. Je ne pouvais rien faire, je ne pouvais pas les aider. Il y avait tellement de chemins à éclairer, d'esprits à purifier. Mais je n'étais pas là pour ça. Je n'étais pas venu comme Cesar, ou peut être que si, peut être que je n'étais plus que lui maintenant. Je sentais Sohan se battre parfois pour retrouver sa place, mais il n'était plus là. Le courage dans l’œil de Sohan le lion avait été remplacé par la folie dansante de la prunelle de Cesar.

Je sortis mon sachet de tabac et entreprit de me rouler une cigarette, enclenchant mon zippo, feu incandescent dans l'obscurité grandissante, j'allumai le bâtonnet d'herbe. Polluant mes poumons, apaisant mon esprit. Une latte, puis deux. Je ferme les yeux. Je respire l'air embaumant le tabac chaud. Je ne suis pas venu pour Lui. Ce soir c'est elle que j'attends, elle que je veux voir. Ça fait tellement longtemps. Je ne sais exactement pourquoi je suis là, pourquoi maintenant. C'est peut être la faute de Deus, ou celle d'Osha. Pourquoi ont-ils prononcé son nom ? Je me souviens suffisamment d'elle. Je ne dois pas penser à elle, ma mission est plus importante, mon œuvre est plus grande qu'un attachement adolescent. Si ça se trouve elle est devenue laide, grosse, bouffie et voûtée. Je m'étais promis de la laisser. Elle était trop parfaite, trop Hawkins pour moi. Elle n'avait pas besoin d'un boulet dans sa vie. Je ne romps pas ma promesse, je veux juste la voir, l'observer. Stalkeur du crépuscule perché dans des branchages j'attends. J'inspire la nicotine. J'observe le bâtiment. Elle ne sortira peut être pas ce soir, elle n'est pas sortie hier soir, mais ça ne fait rien, dans ce cas là je reviendrai demain. Je ne sais pas pourquoi. Je ne sais plus. Je dois la voir, l'apercevoir, l'entrevoir. J'ai besoin de savoir qu'elle va bien. Elle est prisonnière de ces impies, de ces terroristes de l'ordre du phœnix. Si je ne la sauve pas qui le fera ? Je m'adosse à l'arbre, respirant cette puanteur douceâtre. Soudain je l'aperçois.

Elle n'est pas laide, elle n'est pas bouffie, elle n'est pas grosse, elle n'est pas voûtée. La lumière d'hiver éclaire son visage des derniers rayons de la journée. Elle est sublime. J'en oublie presque que ma clope est aussi visible qu'un phare au milieu de la pénombre naissante. Merde. Je laisse échapper le juron dans ma barbe de trois jours quelque peu négligée alors que j'écrase tant bien que mal le mégot sur la branche. Très bonne idée Cesar, tout le monde sait que je le bois ça ne brûle pas. J'ai de la chance, l'étincelle ne prend pas. Elle ne semble pourtant pas m'avoir vu alors qu'elle s'éloigne déjà de moi. Il faut que je le suive, que je la vois de plus près. J'attends qu'elle soit assez loin pour me laisser tomber sans bruit de ma forteresse de fortune. Je lui emboîte le pas. Silencieusement. Ça fait deux ans que j'ai appris à l'être, à me fondre dans le décor, à traquer à la manière d'un chasseur, et ce soir c'est elle ma proie. Elle continue de marcher, longtemps, apparemment sans but, ou peut être au contraire dans un objectif très précis. Elle s'arrête parfois, je fais de même. Je suis son ombre, là où elle va je vais. Je l'observe. Elle a gardé cette démarche fier, cette silhouette parfaite, et son arrière train n'a rien perdu en treize ans lui non plus. Je la mate encore quelques instants -il faut appeler un chat un chat- et puis je sais que ce n'est pas assez, je sais que je ne pourrais pas résister. Il faut que je lui parle.

Elle m'emmenait, je ne savais où mais elle m'y emmenait. Les ruelles se faisaient de plus en plus silencieuse, on s'enfonçait dans un Londres plus paisible, dans une vie muette qui nous ouvrait les bras. J'ai du me trahir. Elle accélère légèrement le pas. Elle sent ma présence. Il ne sert plus à rien de tenter d'être discret, mon pas se fait plus assuré, plus lourd et plus rapide, je me rapproche un peu d'elle. Si elle avait été avec moi dans l'arbre elle aurait rit, si elle était avec moi en ce moment dans cette filature plus ou moins improvisée elle rirait aussi. Mais elle n'est pas avec moi. C'est elle que je piste. Nos pas sont désormais les seuls nuisance sonores qui brisent le silence. Elle accélère. Elle n'est plus à l'aise, je le sens, je ne veux pas lui faire peur mais je ne peux m’empêcher de jouir du pouvoir que j'ai sur elle en cet instant, elle ne sait pas qui je suis. Elle tourne à gauche. Alors que je pénètre à mon tour dans cette nouvelle rue elle me fait désormais face. Cul de sac.

Elle me dévisage interdite. Surprise. Je ne romps pas le silence. Attendant qu'elle le fasse. Elle m'observe, scrute mes yeux, à la recherche sûrement d'un jeune homme qui n'est plus alors que je sombre moi même dans ses yeux. Ses traits sont plus difficiles à discerner à cause des ombres sur son visage et ses yeux qui semblent gris m’hypnotisent d'autant plus que je les connais par cœur. Pas de sourire, pas d'émerveillement, elle me toise d'une air impassible et même froid. Ses pupilles autrefois si chaleureuses se faisant de glace. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle me saute dans les bras mais tout de même. Elle reste distante et semble perdue. Pour achever ces retrouvailles on ne peux plus amicales elle m'assassine d'un sec :
- Qu'est-ce que tu fais ici ?
Comment ça qu'est ce que je fais ici ? C'est tout ? Ça fait plus de douze ans qu'on ne s'est pas vus et c'est tout ce qu'elle a à me dire, avec cet espèce de rictus ironique de merde en plus ? Elle n'a même pas prononcé mon prénom. J'hésite entre la secouer comme un palmier et la prendre dans mes bras. À la place de quoi je reste face à elle. Je lui souris à mon tour, d'un sourire cynique. Bonsoir à toi aussi. Belle nuit à Londres hein ! Ça va bien écoute merci de t'en inquiéter et toi ? lui répondis je d'un ton sarcastique. Je m'approche d'elle, réduisant la distance qui nous sépare. Je plonge mon regard dans le sien, je peux sentir les premières notes de son parfum que je reconnaîtrai entre mille même après tout ce temps. Ce que je fais ici ? C'est évident Hawkins, je suis venu te voir. Mon regard s'illumine d'un amusement mêlé de l'innocence de l'homme que j'ai été et de la démence de celui que je suis aujourd'hui, alors que je lui décoche un sourire qui se veut bien plus sincère cette fois. Moi aussi je suis ravi de te voir Oksana.


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MessageSujet: Re: time changes everyone ❞ (sohan)   Sam 3 Aoû - 2:46



time changes everyone.



Mordant et vicieux il s'infiltrait sous ses vêtements, parcourait sa peau nue aisément, intelligemment, mais surtout en dépit de sa volonté. Elle le regardait faire, immobile et muette, secouée de temps à autres par de violents frissons successifs qui s'emparaient de son corps fébrile. Le doux vent de la nuit déjà se glissait jusque dans les ruelles sombres du Londres caché, du Londres oublié. Elle le sentait murmurer à ses oreilles des paroles inaudibles, reliques de tout ce qu'il emportait sous ses bourrasques et sa force qui lui revenaient perpétuellement à l'esprit. Il était le vent. Insaisissable. Tantôt ici tantôt ailleurs, tantôt à elle tantôt à d'autres. Oksana observait Sohan sans jamais le quitter des yeux ; elle n'en avait plus la force. Dans ces combats qui se perpétraient, dans ces guerres à l'intérieur desquelles ils n'étaient que de vulgaires pions supplémentaires elle perdait, toujours un peu plus de cet éclat qui lui avait appartenu auparavant sous les rayons brûlants d'un soleil d'antan. Elle ne se l'avouait pas. Rose déchue, effeuillée, esseulée et abandonnée. Rose fanée. Si elle perdait de sa brillance, sa beauté elle restait parfaite, intouchable. De ces masques qu'ils n'avaient de cesse de revêtir inlassablement elle était maîtresse, art de feindre qu'elle maniait particulièrement aisément. On le lui avait appris. Elle exécutait. Telle un vulgaire pantin, manipulable le sourire perpétuel au bout des lèvres, teinté de cette amertume propre à la frustration. Fut un temps où elle l'avait ôté. Quelques instants, quelques années, quelques rires envolés au bout d'un couloir, quelques secrets effacés dans les braises d'une salle commune trop indiscrète. Il le lui avait retiré. Dans un autre monde. Artémis pouvait encore sentir son regard chaud se mêler aux braises les nuits d'hiver. Et ces sourires qui dans la nuit s'évanouissaient, et ces promesses lointaines d'un ailleurs, d'un autrement, mais perpétuellement, ces promesses d'infini qu'ils avaient rompues sous les bruits des larmes silencieuses. Ils les savaient existantes, elle les savait enterrées. Là, juste ici, au creux de son cœur Hawkins pouvait sentir ces souvenirs se ranimer, oppresser cet organe qui irrémédiablement semblait s'emballer. Elle n'en fit rien, ne démordit pas de ces regards défiants qui tendaient leurs muscles et lui coupaient le souffle. Elle le haïssait. Tout en elle le haïssait. De ce cœur, coureur enragé et effréné à ses poumons, avares d'air et éternels insatisfaits, jusqu'à sa raison, déroutée et déconcertée. Absolument tout. Oksana restait immobile pourtant, l'attaquant du peu d'énergie qu'il lui restait. Elle aurait souhaité déverser cette peine qui violemment s'était emparée d'elle, elle aurait aimé qu'il voit à quel point elle avait souffert. Elle aurait réellement voulu être quelqu'un d'autre. Juste maintenant. Juste ici. Juste avec lui. Le détester pour l'avoir aimé. Le détester pour qu'il l'ait laissée. Et au sein de cette douleur lancinante qui, de ses doigts si glacés qu'ils en devenaient brûlants caressait le visage figé d'Artémis naissait ce désir, inattendu mais pas moins intense qu'elle avait de le serrer dans ses bras. Tant de haine et tant de peine, tant de guerres et de combats qu'elle menait inlassablement en quête d'une chose dont elle ne connaissait que l'orthographe : la paix. Elle n'était ni intérieure ni réelle, elle n'était ni fictive ni imaginable. Elle n'était pas. Elle n'était plus. Ni entre eux ni nul part, ni en elle ni ailleurs. Elle lui filait entre les doigts, toujours, s'en allait au détour de l'amour et de la haine, s'évanouissait au sein de la réalité, mourait dans la réalité. Cette guerre qu'elle menait contre elle-même avait toujours été la même. Sohan l'avait toujours ranimée. Être ce que l'on attendait d'elle ou la personne qu'elle était réellement.
Ses mots retentissaient dans le silence comme la lune brillait dans la nuit noire. Etrange. Perpétuelle. Imprévisible. À un seul détail près peut-être. Oksana ne se faisait pas bienveillante. Ses paroles ne couvaient pas leur témoin. Elle ne le voulait pas. La facilité l'emportait à présent, quand bien même ses volontés puissent être toutes autres. Elle conserva en dépit de tout le reste ce rictus moqueur, ombre supplémentaire se glissant sur son visage déjà rongé par les ombres. Elle le défiait. Elle l'avait toujours fait. Plus encore aujourd'hui. Hawkins aurait tant aimé que lui fasse ce qu'elle ne parviendrait jamais à faire. La prendre dans ses bras, et ne jamais la quitter. Plus jamais. Les secondes s'égrainèrent, pourtant. Elle pouvait deviner grâce au visage déconcerté d'Oswald qu'elle l'avait troublé. Son sourire s'accentua, juste un peu. Satisfaction procurée de cet effet qu'elle pouvait encore avoir sur lui, malgré tout. Malgré lui. Malgré eux.
Elle ne s'y était pas attendue. Pas un seul instant. À le retrouver, lui, après tout ce temps. Elle croyait qu'il lui revenait par ces mots qui lui étaient parvenus. Ils n'avaient pas changé. Pas tant que cela. Ils se défieraient, toujours, s'entrechoqueraient brusquement puisqu'il n'y avait que de cette manière qu'ils se perdaient et se retrouvaient. Il était toujours là. Quelque part ici. Un jour peut-être avec elle. Pourtant elle n'en fit rien, resta impassible, muette en premier temps face à la dureté du ton qu'il avait employé, foncièrement. Un léger rire pourtant s'échappa d'entre ses lèvres gercées face à son expression empreinte d'un sarcasme qu'ils avaient toujours tous deux manié à la perfection ensemble. À se leurrer pour ne pas dire. À ne pas dire par peur de se leurrer.
Et cet air qui soudainement semble s'échapper de ses poumons en dépit de ses efforts pour le garder. Elle ne le quitta pas du regard, jamais. Ses yeux plantés dans ses prunelles noircies par la nuit. Elle pouvait sentir se glisser sous ses narines ce parfum qu'elle avait tant aimé, avant, tandis que de manière déraisonnable son cœur lui brisait les côtes à intervalles réguliers. Cette intensité. Celle-ci, en ce moment précis, juste maintenant. C'étaient les nuits passées à ses côtés, c'étaient les bisous dans le cou, c'étaient les défis et l'espièglerie, c'étaient eux. Cette intensité. C'était celle qui la terrassait, c'était celle qu'elle avait toujours voulu conserver. Terrassée soudainement par tout ce qu'elle désirait, tout ce qu'elle rejetait, déconcertée par ces frissons qui parcouraient sa peau mêlés à cette chaleur intense qui s'abattait sur elle. Le sourire toujours au bout des lèvres, le visage perpétuellement impartial - tout du moins elle le pensait. Elle attendit qu'il s'arrête, face à elle, pour lui répondre, d'un ton nettement plus confiant cette fois-ci. On a toujours beaucoup aimé la nuit. Je vais aussi bien que la dernière fois que l'on s'est vus... Oh c'est vrai excuse moi, après douze ans les souvenirs que tu as de la petite Oksana doivent être plutôt imprécis.
Un sourire, un nouveau, fière d'elle. Elle lui crachait son venin avec élégance. Elle l'avait toujours fait ainsi. Il ne le relèverait pas cette fois-ci, elle en était presque certaine. Pourquoi éprouvait-elle donc cette nécessité de lui faire savoir qu'elle lui en voulait ?
Ils se haïssaient avec un amour déconcertant. Ils se détruiraient de la même manière s'ils en avaient l'occasion. Elle en était certaine à présent. Ce bourgeon de folie qui auparavant leur avait été bénéfique se transformait dès à présent en démence incontrôlable. Ils avaient grandi. Ils avaient mûris. Leurs sentiments, aussi. Et Hawkins savait pertinemment sous les prunelles de Sohan que jamais ils n'auraient été si proches. Pourtant maîtresse de la feinte son sourire ne s'échappa pas un seul instant, pas même lorsqu'il reprit la parole. Elle enchaîna alors, amusée par la situation. C'est vrai que je dois t'avoir tellement manqué... Mais dis-moi en aurais-tu oublié la bienséance ? Prendre quelqu'un en filature ne présage ordinairement pas de simples retrouvailles autour d'un thé brûlant. Et cette ironie qui lui était propre. Les yeux brillants, malicieux, et vifs. Si en premier lieu il l'avait effrayée maintenant la peur s'en était allée, laissant place à une confiance qu'elle n'avait soupçonnée jusqu'ici. Une confiance en elle qui depuis longtemps déjà l'avait quittée. Soutenant toujours son regard noir et profond, elle reprit cependant une expression sérieuse, sondant de longs instants ses expressions figées dans la nuit. Qu'est-ce que tu veux Oswald ? Elle ne pouvait s'en empêcher. Il n'était pas là par hasard, elle en avait la certitude. Et même si à outrance elle se délectait du simple fait de l'avoir face à elle sa méfiance éternelle l'emportait cette fois-ci sur n'importe quel sentiment éprouvé, n'importe quelle émotion. Ou presque.


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MessageSujet: Re: time changes everyone ❞ (sohan)   Mar 20 Aoû - 21:11



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Douze ans. Douze années que je ne l'avais pas vue, que je n'avais pas aperçu la crinière blonde, contemplé le sourire, plongé dans les prunelles azur qui avaient fait mon quotidien à l'école de magie. Oksana. Tout en elle me ramenait bien longtemps en arrière. Une époque révolue. L'adolescence. L'innocence. Cette nuit n'était pas si différente de celle de notre rencontre, la dernière fois déjà je lui avais fait peur. J'étais toujours là, tapis dans l'obscurité, près à lui faire rater un battement cardiaque, près à la faire sursauter, à me rappeler à elle. J'avais été un jeune garçon comme les autres. J'étais arrogant et fier, discret et violent, un véritable chieur. Je peux aujourd'hui le constater, j'ai atteint un âge où on n'en est plus à se voiler le petit merdeux qu'on a été quand on faisait encore des poussées de croissance et que notre voix était en pleine mue. Même les sorciers connaissent les joies de la puberté, faut pas croire, ils ont juste de meilleurs moyens de faire avec que les moldus. Je me souviens encore de celui que j'étais. Sohan, le gryffondor mystérieux, le sang pur trop téméraire, le bricoleur irrespectueux, le bagarreur qui oubliait trop souvent l'existence de sa baguette magique. Je me souviens aussi d'elle. Parfaitement. Le portrait de la cadette Hawkins est gravé dans mon esprit à jamais, de façon plus intemporelle encore que celui de ce cher Dorian. Comment l'oublier ? Elle avait été la révélation de ma jeunesse. C'était improbable, ce n'était qu'une gamine, elle avait trois ans de moins que moi. Qu'est ce qu'elle était insupportable et qu'est ce que je l'adorais. On ne pouvait pas passer à côté d'elle, encore moins quand elle était dans la même maison que vous, qu'elle partageait votre salle commune. J'avais jalousé sa perfection, son aisance. Elle. Cet effet qu'elle avait sur tous, y compris moi, c'était une gamine, un bébé et elle m'agaçait, sa simple présence me donnait envie de lui cracher des horreurs à la figure. Injuste ? Peut être.

Il fut un temps où je ne la supportais pas. Je n'avais jamais aimé la perfection. La perfection est sans intérêt, elle est fade, elle est lisse, elle est terne et éternelle. La perfection n'appelle aucune interactions, elle n'invoque pas la moindre modification, tout amélioration de son état est superflu, voire impossible. Elle se suffit à elle même. Elle est seule. Aucun adjectif autre que son propre nom ne lui rend suffisamment justice. Je déteste ça. Cette apparence dénuée de la moindre faille, cette enveloppe inatteignable, ce masque d'arrogance involontaire et de gentillesse tout aussi naturelle. Pourquoi aussi belle ? Pourquoi aussi intelligente ? Pourquoi aussi gentille ? Pourquoi aussi douce ? Pourquoi aussi prude ? Pourquoi aussi avenante ? Pourquoi aussi lisse ? Pourquoi aussi agréable ? Où avaient bien pu passer commande les parents Hawkins pour s'assurer une progéniture made in perfectland. Trois sœurs, trois beautés, trois blondes à la silhouette chimérique. Hawkins, plus qu'un nom c'est une marque de fabrique. Une assurance de qualité, une appellation contrôlée. Oksana est parfaite. Je déteste Oksana.

Oksana n'est cependant pas que ça. Elle navigue doucement de sa démarche chaloupée avec cet étendard zéro défaut flottant au vent, ballotté délicatement par une brise ni trop fraîche, ni trop lourde. Elle se cache derrière un masque mais elle n'est pas si parfaite que ça. Seulement elle ne le sait pas, seulement elle a besoin de moi pour faire ressortir ses défauts, pour être vivante, pour être humaine. Il y a treize ans j'ai brisé la poupée de cire, j'ai ouvert la première poupée russe, depuis j'ai continué, depuis je l'ai poussé, jusqu'à que chaque enveloppe tombe, jusqu'à rencontrer la jeune femme, jusqu'à la connaître. J'avais mauvaise influence sur elle, mais débarrasser quelqu'un de la perfection qui lui entrave les poignets, est ce vraiment une mauvaise influence ? N'est ce pas plutôt un service que je lui ai rendu ? À croire que j'ai toujours été fait pour travailler dans cette branche, je savais que sauver les âmes perdues c'était un bon créneau pour moi, j'aurais du me lancer dans l'industrie plus tôt.

Elle changeait quand elle était avec moi mais dans l'immédiat je n'avais pas le droit au grand sourire qui m'était auparavant destiné. Elle était froide, distante, elle me toisait avec un regard tranchant et une impassibilité terrifiante. Je pensais qu'elle serait tout de même un petit plus heureuse de me voir. Je pensais que je lui aurais un peu manqué. En y réfléchissant c'était normal, elle n'avait pas eu besoin de moi dans sa nouvelle vie, tout comme je n'avais en aucun cas besoin d'elle dans la mienne. Je servais une cause plus grande désormais, je n'allais pas m'encombrer d'une gamine. J'avais envie de m'approcher d'elle, de passer ma main dans ses cheveux, d'envelopper ses épaules de mes bras. Je restais face à elle, arborant ce sourire arrogant avec lequel j'étais né et qui ne me quitterait jamais. J'avais gagné en beaucoup de chose depuis la dernière fois. J'avais gagné en carrure, j'avais gagné en politesse, j'avais gagné en connaissance et maturité, j'avais libéré mon esprit, mais ce sourire qui vous donne envie de m'en coller deux, celui là il faudra m'enterrer avec.

Elle avait brisé le silence pour prononcer une simple question, froide et direct. Après douze ans c'est tout ce qu'elle avait à me dire ? Heureusement je maniai le sarcasme à la perfection. Le hors sujet également. Pourquoi parler de la nuit ? Je n'allais pas me mettre à parler météo. J'affectionnais les métaphores à propos avec mes proies, mais la jeune femme n'était pas n'importe quelle proie. Ce n'était pas la même chasse. Pas pour le moment. Il ne lui avait pas fallut longtemps pour en venir à ça, il ne lui avait pas fallut longtemps pour le souligner, ce temps, ce temps qui nous séparait. Douze ans. Elle était aussi fautive que moi, et elle le savait, même s'il m'aurait été bien plus facile de la retrouver que le contraire. Détrompe toi. Mes souvenirs de cette petite fille sont parfaits encore aujourd'hui. Je m'approchais encore d'elle jusqu'à ce que la distance entre nous soit presque inexistante. Je portais une main à son visage, effleurant d'une caresse sa joue gauche. Je me souviens des larmes qui perlaient juste ici la dernière fois. Alors j'espère qu'en vérité tu te portes bien mieux que lors de notre dernière entrevue... il y a douze ans. Moi aussi je savais que ça faisait longtemps. Je m'éloignait à nouveau un petit peu d'elle. Rompant le contact entre nos deux corps. J'avais toujours été très tactiles avec elle, ça ne devrait pas la choquer, bien qu'à trente ans, trimbalant avec moi un mélange d'odeur de forêt, de lessive bon marché et surtout un forte fragrance de tabac je n'avais plus grand chose à voir avec le gosse de 17 ans qui l'avait quittée. Je ne pu réprimer un rire. En effet je l'avais prise en filature. C'était une technique d'approche comme une autre non ? Je me mis à marcher un peu autour d'elle. J'avais toujours eu du mal à rester en place et puis ça m'aidait à réfléchir, or j'avais le sentiments que ne pas balancer des paroles irréfléchies pourrait être une bonne idée ce soir. De plus je suis sûr que ça me donnait un petit côté inquiétant. Je l'avais suivie, il fallait bien que je reste dans mon rôle. Tu sais bien que je n'ai jamais été un exemple en terme de bienséance lui glissais je en souriant. Ça n'avait définitivement jamais été mon point fort. M'arrêtant en face d'elle je me rapprochais à nouveau. J'avais envie de jouer un peu. Je sais qu'avec elle c'était dangereux mais la faire sortir de ses gonds et l'agacer, n'était-ce pas ce que j'avais toujours le mieux fait ? Qui a parlé de simples retrouvailles autour d'un thé brûlant? lui murmurai-je à l'oreille alors que je l'attrapai par la taille, l'attirant à moi, collant son corps au mien, inhalant son parfum. Elle m'avait toujours fait de l'effet, même si aujourd'hui c'était différent, c'était plus fort, plus animal. Il en fallait peu pour déstabiliser mon esprit. Je le savais. Mais il fallait toujours qu'elle gâche tout ! Comment ça qu'est ce que je voulais ? Mais rien. Je venais juste pour elle. Je n'avais pas réfléchis. Tout ça n'était vraiment pas sensé se passer de cette manière. Je devais cependant rester calme. Seigneur aidez moi. Que votre lumineuse obscurité me permette de ne pas perdre mon sang froid, pas avec elle. Vous verrez, quand elle sera avec nous elle sera magnifique. Il nous la faut. Il me la faut. Au moins tu te souviens de mon nom. Je repris ma marche lente et systématique, la couvant d'un sourire moqueur en coin. Ai-je véritablement besoin d'une raison pour te rendre visite ? N'ai-je pas le droit d'avoir seulement envie de te revoir ? J'étais curieux de savoir ce que tu étais devenue Hawkins. Moi j'ai trouvé la voie et toi ? Qu'est ce que tu as fait toi ? Tu a rejoins les impies ? Tu t'es laissées endoctrinée dans cette secte païenne. Ne t'inquiètes pas, je suis là maintenant, je vais t'en sortir.  


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MessageSujet: Re: time changes everyone ❞ (sohan)   Jeu 22 Aoû - 3:26



time changes everyone.



Il y avait tout ce qu'elle aurait souhaité étant enfant, adolescente même, chahutée par ses désirs les plus fous et les plus inavouables. Ce goût de l'interdit auquel Sohan l'avait tant habituée, cette adrénaline ô combien délicieuse qui l'accompagnait, toujours. Et ce plaisir, sain ou non, dont elle se délectait à chaque instant lorsqu'elle était élève. Elle pouvait encore les sentir. Il les avait ramenés avec lui. Comme une perpétuelle empreinte qui toujours l'accompagnerait, peu importe le temps passé, le lieu, ou même les mots. Il y avait de ces choses qui jamais ne s'effaçaient, marqués au fer rouge dans des esprits trop juvéniles, sur un cœur inexpérimenté et affolé. Battant à tout rompre, elle pouvait l'entendre au creux de son oreille se frayer un chemin vicieusement. Elle pouvait l'entendre se débattre chaque instant un peu plus fort, un peu plus vite. Une vulgaire proie. Voilà ce qu'il était. Empreint du passé et des ces réminiscences qui toujours un peu plus s'offraient à elle sans que jamais elle ne le demande. La nuit et la chaleur tendre des braises frétillantes, un sourire perdu dans les ombres, des visages meurtris par la nuit. Quelques larmes encore et quelques cris. Tant de souvenirs qui ne faisaient que se bousculer devant un tableau à l'opposé de ce qu'ils avaient vécu. Ensemble ils étaient expansifs, amants fictifs passionnés et passionnels bien souvent dépassés par cette saturation d'amour, de haine, de désir aussi. Un peu de tout un peu de rien. Plus rien maintenant, rien du tout. Si ce n'était quelques mots dont elle se souvenait la prononciation exacte, l'intonation aussi avec laquelle ils avaient été dits. Des mots, rien que des mots. Il n'y avait jamais eu que ça encore. Des promesses oubliées au détour de leurs vies, des chemins différents qu'ils avaient empruntés. Pour se retrouver. Ils se retrouvaient toujours. Ils le feraient jusqu'à leur mort. En dépit des mensonges et des blessures. Leur fatalité résidait ici. Cette attraction inexplicable et perpétuelle qui n'avait de cesse de s'emparer de leurs corps fébriles.
Elle entendait encore son rire lui parvenir, enfantin et joueur qu'elle avait tant aimé un temps. Cette susceptibilité aussi qui parfois lui avait été propre, ces remarques cinglantes dont souvent elle avait été la cible, ces défauts qui faisaient qu'elle l'avait tant aimé en tant qu'homme. Perfectibles ils s'étaient façonnés, mais dans quel but ? Oksana ne l'avait jamais su ni compris. Pourquoi lui, pourquoi ainsi, pourquoi maintenant. Elle n'avait jamais cherché non plus, effrayée par cette intensité à laquelle elle se pliait en la présence d'Oswald. Si un jour elle s'était soumise ce n'était pas à lui, mais à ses sentiments, incontrôlables et désordonnés qui toujours un peu plus venaient battre dans ses veines, dans son sang, dans son cœur et dans sa tête. Ebranlés la raison et les doutes, envolés la bienséance et le respect. Peut-être se trouvait là la raison d'une telle fascination pour son ancien ami. Cette façon qu'il avait de lui permettre d'être celle qu'elle aurait voulu être. Audacieuse, enjouée et insouciante. Il rendait tous les impossibles imaginables, tous les inimaginables possibles d'un claquement de doigts, muni de son sourire auquel elle n'avait en dépit de toute volonté jamais pu résister. Il était doué pour cela, oui. Faire rêver. Et doter d'une beauté infinie chaque chose, chaque instant, aussi simple soit-il. Il était simple. Il était beau. Tout du moins il l'avait été, pour elle, plus que quiconque. Ainsi le simple devenait sublime. Et Sohan devenait ce qu'elle avait toujours aimé. Lui. Juste lui. Mêlé à ces facettes d'elle qu'il lui avait dévoilées, multiples et tranchantes, aux reflets flous et parfois abstraits. Mais c'était elle. Elle était elle avec lui. Entièrement elle. Pas qu'un bout de papier lisse et parfait en tous points, pas qu'une image calquée sur les attentes d'un groupe ou d'une lignée quelconque. Artémis le haïssait pour cela. Il avait terrassé ces certitudes, les unes après les autres avec une aisance déconcertante, d'un regard dans lequel plusieurs fois elle s'était perdue et de quelques mots en lesquels elle avait naïvement crus. Il n'avait qu'à être là pour que tous ses principes, toutes ces choses sur lesquelles elle s'était construite se dérobent en quelques instants. Que restait-il alors ? Que lui restait-il si ce n'était lui ?

En dépit du temps et de cette haine qu'elle lui avait vouée durant douze longues années il parvenait encore aujourd'hui à semer le doute dans son esprit fébrile et vulnérable. D'une ampleur moindre, certes, mais toujours persistants, tentant de se frayer un chemin jusqu'à sa raison à laquelle bien des fois Oswald avait eu accès sans même le soupçonner. Elle n'en avait pas eu besoin à ses côtés lorsqu'ils étaient à Poudlard. Seuls demeuraient maîtres mots les plaisirs et l'instantané. Ce n'était plus le cas. Plus maintenant, les responsabilités n'étaient pas les même, les enjeux non plus. Rien n'était pareil. Rien du tout. Si ce n'était ce désir, plus grand encore qu'avant, ce lien qui aurait détruit n'importe quoi sur son passage, n'importe qui surtout. Cette peine lancinante aussi qui en ces instants noyait son cœur dans ces larmes qu'elle avait versées une décennie auparavant en hurlant au manque, en hurlant à l'amour silencieusement. Personne ne l'avait jamais entendue. Elle avait espéré secrètement que lui l'aurait su, aurait souffert comme elle l'avait fait même si cela pouvait paraître égoïste. Qu'il ressente à quel point elle l'avait aimé. Qu'il le sache en son fort intérieur, aussi profondément ces certitudes pouvaient-elles être enfouies. Elle avait tenté de longues secondes après l'avoir reconnu de retrouver ces mots qu'ils n'avaient jamais eu besoin de se dire, ce savoir qu'ils avaient de l'un et de l'autre dans un regard. Seuls demeuraient maintenant au fond de ses prunelles une folie qu'elle ne lui connaissait pas mêlée à un recul et une distance qui l'avait effrayée. Elle ne pensait pas le retrouvait en ces instants. Elle croyait le perdre davantage, si cela était encore possible. De là peut-être provenait une partie de sa douleur. Elle ne le retrouverait pas, jamais comme avant.

Malgré cette peur mêlée à la haine de l'abandon, un sourire, terriblement innocent se glissa sur ses lèvres lorsqu'Oswald évoqua la jeune fille qu'elle avait été, studieuse et rayonnante. Insouciante. Bercée par les illusions familiales et gouvernementales. Bercée par les traditions. Tout ce qu'il lui avait retiré aisément. Tout ce qu'elle oubliait à présent.
Elle aurait aimé lui répondre systématiquement, lui renvoyer une réplique cinglante, reprendre en assurance. Une faille. Une seule. Il ne la connaissait encore que trop bien. Elle le détestait pour cela. Artémis le voyait s'approcher d'elle, lentement, tel un prédateur guettant sa proie. Elle ne bougea pas, tétanisée et soumise à ce désir lancinant et brûlant qui vicieusement se glissait dans son corps entier tandis qu'elle le regardait la rejoindre doucement. Et bientôt son torse effleura sa poitrine. De multiples décharges se glissèrent dans son corps entier, ô doucereuses souffrances dont elle se délectait silencieusement, ne le quittant pas du regard, jamais. Elle pouvait entendre son cœur battre, résonner jusqu'au creux de ses oreilles, s'écrasant toujours plus violemment contre sa cage thoracique dans un fracas épouvantable. Elle en était certaine, de là où il était Sohan pouvait l'entendre battre, juste pour lui, rien que pour lui. Il pouvait entendre à quel point elle l'aimait encore.
Hawkins se ressaisit pourtant, au terme de plusieurs secondes de doute et d'étourdissement dont seul lui était le maître. Elle se remit d'aplomb, droite et impassible tandis qu'elle pouvait sentir son souffle se glisser sur son visage de manière déconcertante. Elle n'en fit rien. Rien du tout. Elle se le devait. Ainsi affichant de nouveau un sourire narquois et joueur, elle approcha ses lèvres de son oreille, murmurant d'une voix suave et enjouée. Tu m'en vois ravie... J'ai pourtant du mal à me rappeler de toi, moi... Il y a de ces visages que l'on préfère oublier, pas vrai ? Un rictus, léger s'échappa d'entre ses lèvres, se glissant au creux de son oreille. Elle n'entrait dans son jeu que trop aisément et en avait conscience. Mais elle brûlait, brûlait comme jamais, sentant sa peau si proche de la sienne, son cœur tout contre elle, son cœur rien qu'à elle. Elle le haïssait, désirait le haïr et haïssait le désirer de cette manière. Ainsi lorsque ses doigts vinrent flirter avec la peau de sa joue, sa poitrine se souleva frénétiquement, inspirant profondément. Ces caresses de velours, brûlantes et délicieuses dont elle se délectait sans réellement le vouloir. Conservant cependant toujours ce masque dont elle était maître, elle ne se détacha pas de ce sourire, incroyablement amusé et enjoué qui ne traduisait que trop peu la vérité. Elle aurait aimé se nicher contre son torse, humer ses parfums, juste une fois, glisser son nez doucement contre la peau de son cou et frissonner sous ses baisers. Quelques images encore tandis que sa voix retentissait dans l'esprit d'Oksana, résonnait contre chaque paroi de son crâne de manière incessante, agaçante. Les mots accompagnèrent les gestes. Ainsi lorsqu'elle parvint à se reprendre, elle esquissa un sourire, troublée et troublante. Doucement, elle glissa son index sur les lèvres d'Oswald, les caressant du bout des doigts tout en lui répondant à mi-voix. Je me souviens de ces lèvres qui se sont échouées sur mon front en murmurant des promesses bafouées... Et j'ose penser que toi, tu n'as pas changé. Toujours beau parleur. Ainsi achevant ses mots Artémis descendit sa main le long de son torse, le repoussant légèrement afin de se séparer de lui, le sourire aux lèvres, toujours. Il avait cet effet sur elle. La rendre plus garce que jamais. Plus joueuse aussi. Mais n'était-ce finalement pas le but de ces retrouvailles ? Tester les limites de l'autre en se délectant du spectacle ? Elle aimait imaginer qu'il ne lui était toujours pas indifférent. Elle aimait imaginer qu'il était toujours à elle, aussi malsain cela puisse être.
Encore une pointe de sarcasme. Un rire s'échappa d'entre les lèvres de son interlocuteur. Se fichait-il alors vraiment de tout ? Si elle maniait l'art des mots avec aisance, ceux-ci reflétaient pourtant une réalité qu'elle s'efforçait d'enfouir sous sa haine et sa rancœur. Et lorsque ses mots parvinrent à son esprit, son regard s'anima de nouveau, repartant à la recherche de celui d'Oswald en quête de réponses. Elle n'eut pas le temps d'en avoir, déjà elle sentait sa voix s'infiltrer dans son corps et sa main presser sa taille. Encore une surprise. Une de trop. Encore une respiration haletante, rythme régulier terrassé par l'intensité, terrassé par la haine et l'amour, le désir et la rancœur. Il n'y avait plus rien de ce qu'ils avaient laissé. Plus rien. Plus d'innocence, plus de rires échangés et s'évanouissant dans la nuit au coin du feu, plus d'insouciance, non, plus rien de cela si ce n'était cette flamme qui brûlait et brûlait, alimentée par le désir lancinant et grandissant qui avait pris place suite à l'amour infantile. Ils restèrent ainsi plusieurs secondes, elle tout contre son torse les yeux clos, à humer son parfum, à profiter de ces instants, aussi infimes soient-ils. Elle n'en oubliait pourtant pas moins le reste. Elle n'en oubliait pourtant pas moins sa répartie. Ainsi, le souffle court pourtant, elle se redressa légèrement et plongea son regard dans le sien, parcourant l'arrête de sa mâchoire de ses doigts agiles. Tu ne l'étais pas quand nous nous connaissions encore. Ce qui est sûr, c'est qu'ici, le thé n'est pas celui qui est brûlant. Encore un rire cristallin qui s'échappa d'entre ses lèvres tandis qu'elle commença à se reculer, doucement, à pas de velours pour finalement s'arrêter à un ou deux mètres de Sohan. Et elle passa d'une étreinte à une autre. De la sienne à celle de ses craintes. Elle n'avait pu s'en empêcher, avait besoin de savoir. Pourquoi maintenant ? Pourquoi ainsi ?
Il répondit finalement, amusé et troublant. Elle fit de même, du tac au tac. C'est déjà ça de gagné pas vrai ? Un sourire, encore. Ils étaient doués pour cela. Puis vinrent ses mots, qui eux, eurent plus d'impact. Un temps d'hésitation et de trouble. Elle pouvait discerner avec facilité cette folie pure qui l'animait. Elle n'en avait pas peur. Elle n'avait jamais eu peur de lui. Tout du moins elle tentait de se le convaincre. Elle n'avait pas peur. Elle n'y croyait pas, pourtant. Ne pouvait plus y croire. Pas après ses espoirs vains et évanouis dans le temps, dans le vent, dans toutes ces choses qu'ils avaient tous deux laissé filées. Ainsi, un peu moins joueuse cette fois-ci, elle redressa finalement le regard vers lui, esquissant un léger sourire tout de même, à demi teinté d'une tristesse qu'elle tentait de dissimuler. Comme c'est attentionné de ta part. Tu en as mis du temps à rendre visite à ta vieille copine Oksana dis-moi ! Alors c'est tout ? On ressasse le passé et on rigole autour d'anecdotes comme des vieux ayant tout vécu ? Tu me déçois Oswald, je te croyais plus surprenant. Et meilleur menteur, aussi. Elle marqua une pause, infime. Terminé les futilités et l'amusement. Elle voulait savoir. Je reformule alors. Qu'est ce que tu me veux ? Après tout ce temps, pourquoi reviens-tu Sohan ? Pourquoi es-tu parti, aussi ? Je t'aimais. J'étais amoureuse de toi. Pourquoi m'as tu échappé, dis-moi ? et ces pensées qui restèrent muette. Elle avait tant de choses à lui dire, tellement. Elle l'aurait fait s'il avait été quelqu'un d'autre. S'il avait été lui-même.


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MessageSujet: Re: time changes everyone ❞ (sohan)   Jeu 12 Sep - 22:05



time changes everyone.



Je ne devrais pas rester avec elle, avec elle mon disque dur risque la surchauffe, avec elle j'oublie presque mon but. Ce n'est pas bien. Je ne devrais pas. Elle n'en vaut pas la peine. Elle n'est pas à la hauteur. Elle n'est rien. Ce n'est qu'une femme. Une enveloppe corporelle. Un chiffon de chair qui a grandit. Elle a grandit. J'ai quitté une gamine de quatorze ans. Je me suis attaché à une gosse de quatorze ans quand j'en avais dix-sept. Mais quelle importance ? Je m'en fichais, elle s'en fichait. Elle n'a jamais eu peur de moi, jamais eu peur du danger, jamais eu peur de ce que je lui faisais risquer, de laisser tomber le masque en ma présence. Aujourd'hui ce n'est plus une petite fille. Je le vois. Je le sens. Je suis bien obligé de le constater. Elle me met devant le fait accompli. En douze ans elle a changé. Au premier regard j'ai cru qu'elle était la même, exactement, que tout était resté à l'identique et qu'il n'y avait rien de plus, mais ce n'est pas vrai. Elle n'est plus la petite dernière des Hawkins, elle n'est plus que ça. C'est faux. Elle n'est également plus aussi innocente. Elle a vingt-sept ans, je ne suis peut être pas un grand magicien mais je sais compter. C'est une femme, véritablement. Son corps a changé, son visage s'est affirmé, il s'agit de la même enfant mais transformé, sublimé. Elle n'est plus seulement belle, elle est désirable. En une décennie elle était passée de terriblement mignonne à diablement attirante. J'étais une homme, j'étais fait de la même matière que les hommes et je sentais mes hormones se mettre en marche, s'enclencher, inexorablement. C'était inévitable, ça devait arriver. À l'époque ça ne se serait pas passé ainsi, à l'époque il n'était pas question de ce genre de chose, à l'époque c'était une fillette. À l'époque je ne la voyais pas comme ça, pas elle, je ne pouvais pas. À l'époque je ne voyais que les autres filles, à l'époque j'étais stupide, j'étais un garçon de dix-sept ans qui a besoin de tester sa virilité, de voir si au rez de chaussé tout marche. Cependant c'était elle qui restait, alors que les autres défilaient elle était toujours là.

C'était impossible. Je ne pouvais pas ressentir ce genre de chose pour elle. Je ne devais pas m'attacher ainsi. C'était stupide, anormal. Elle avait trois ans de moins que moi, aujourd'hui ça n'avait aucune importance, absolument aucune, c'était infime et plus que négligeable comme différence d'âge, ça ne pesait pas dans la balance, mais il y a treize ans ça importait, ça comptait malgré moi, malgré elle, malgré nous. Pourtant je ne l'avais pas oubliée. Pourtant j'avais continué de penser à elle. Pourtant j'avais été déchiré de la quitter, de la laisser. J'avais ressenti le besoin de la revoir. Pressant et impérieux. Je ne pouvais pas faire autrement, je n'avais pas le choix, je me retrouvais dans la totale incapacité de m'y soustraire. Plus fort que moi. Ce n'était pas bien. Ça ne faisait pas partie des plans, ce n'était pas une mission, ce n'était pas indispensable. Ça ne servait pas le maître. Pas directement, bien sûr un jour si, un jour je lui ferais voir la lumière, un jour je lui montrerais tout ce qu'elle avait éludé jusqu'à présent, tout ce qu'elle avait raté, tout ce que dans son empressement de choisir un côté, le mauvais côté, elle avait oublié de prendre en compte. Non. Ce soir je n'étais pas là pour lui. Il était mon mentor et je ferais tout pour le servir et l'aider, il avait libéré mon âme, je savais ce que je lui devais, je savais que mon service pour lui était important, mais ce soir j'étais égoïste, ce soir j'étais venu pour moi, pour elle, pour la voir. Au début je ne voulais que ça : la voir. Et puis l'envie engendrant l'envie j'avais voulu la voir de plus près et puis lui parler, l'approcher, et maintenant je la voulais. C'était de la logique simple. Nous étions deux êtres humains après tout, il n'y avait rien de surprenant à ce qu'un homme et une femme soient attirés l'un par l'autre. Ce n'était pas bien. Pas elle, pas maintenant. Elle mettait mon cerveau en surchauffe et pourtant je n'y pouvais rien. Face à elle j'étais faible. Elle m'attirait tel un aimant. Je ne pouvais la fuir. J'étais condamné à la voir faire irruption dans ma vie au moins tous les treize ans.

Elle était distante. J'avais imaginé cette scène des milliards de fois, j'avais imaginé nos chemins qui se croisaient à nouveau. J'avais imaginé sa réaction et dans aucun des cas ça ne se passait comme ça. J'avais imaginé son sourire, ses yeux qui s'illuminent en me voyant, ses bras qui s'ouvrent alors qu'elle s'élance vers moi. J'avais imaginé la gifle, j'avais imaginé les reproches, j'avais imaginé l'incrédulité mais ça non. Cette froideur indifférente, cette distance. Non. Je lui avais trop bien appris à rentrer dans mon jeu, le reste elle avait toujours su le faire, elle avait toujours été la meilleure dans l'art de cacher ce qu'elle ressentait, mais pas avec moi, pas avant en tout cas.

Cette distance je me devais de la diminuer, c'est pour ça que je m'approchais d'elle. Mon torse entrant en contact doucement avec sa poitrine, mon bras effleurant le sien. J'entendais son cœur battre, fort, rapidement, trop rapidement. Elle pouvait mentir, sa valve cardiaque elle avait toujours été très mauvaise à ce petit jeu là. Ses palpitements précipités faisaient écho à mon rythme lent, à la sérénité de ma cage thoracique. Nous n'étions pas sur la même mesure. Entendre son cœur me déchirait et me remplissait de plaisir. Je lui faisais de l'effet, encore, après tout ce temps. Elle pouvait le nier, elle pouvait tenter de le cacher, je le sentais et ça m’apaisait encore davantage. Je me délectais du calme qui était le mien et qui pourtant ne parvenait pas à se propager à mon interlocutrice agitée. Rentrant dans le jeu avec ce sourire narquois que je lui avais laissé, avec cette arrogance que je lui avait involontairement communiquée ce fut à son tour d'approcher ses lèvres de mon oreille pour y souffler son venin. Elle attaquait. Oksana la petite fille n'aurait sûrement pas eu cette amertume dans la voix et cette agressivité dans le propos mais la femme qui se tenait devant moi n'avait pas l'air de s’embarrasser de ce genre de chose, pas face à moi en tout cas. Je souris d'un air amusé alors qu'elle s'éloignait à nouveau de moi.  Peut être, sans doute. Mais je ne suis pas certain que tu ai vraiment pu m'oublier Oksana... quoi qu'il en soit, heureusement je suis là pour te rafraîchir la mémoire aujourd'hui Il était tellement aisé de se laisser aller à l'ironie, au sarcasme et aux piques qui venaient à notre bouche sans se faire prier. Je jouais avec ses nerfs comme elle tentait d'atteindre les miens, en vain, j'avais changé, il n'était plus aussi facile de me faire sortir de mes gonds. Lord Voldemort m'avait apaisé, il avait en partie chassé le jeune homme impétueux au sang en perpétuel bouillonnement. Mon doigts parcourant lentement sa joue, douce caresse brûlante qui fit s'emballer un peu plus son cœur alors que je savourais le contact avec sa peau satinée, parlant calmement. J'avais toujours eu besoin de la toucher, de sentir son contact. C'était à la fois apaisant et troublant, et dans tous les cas loin d'être satisfaisant. Quand je me fus tus et qu'elle remplaça ce premier contact par un autre je sentis mon cœur rater un battement alors que son index glissait sur mes lèvres. Si je repris sans tarder un rythme régulier et calme le sillon dévorant qui avait enflammé ma bouche lui ne semblait pas vouloir s'atténuer alors que tout mon être me disait que seul les siennes pourraient apaiser mon désir. Beau parleur. Oui je l'étais. Pas tant que ça mais un peu, je le savais, j'en jouais. Je me souvenais des dites promesses aussi. Je ne l'oublierai jamais, ça ne durerait pas, nous serions bientôt réunis, je ferais tout pour qu'elle soit heureuse, je la retrouverais. Mais au final peut être que ces deux promesses étaient en contradiction dès le départ. Elle descendit sa main sur mon torse et je sentis sa paume chaude à travers le tissu de mon t-shirt alors qu'à hauteur de mon cœur elle me poussait légèrement, m'éloignant d'elle. Elle ne pouvait pas le nier, elle avait besoin de me toucher aussi, de retrouver ce qu'elle avait perdu, de parcourir le poitrail qui s'était développé en douze ans, d'examiner l'homme qui lui faisait face. Je souris. Oui. Beau parleur. C'est pour ça qu'elle me fuyait, à cause de ces mots que j'avais tous pensé et que j'avais semblerait-il tous bafoués comme elle dit. Mon sourire arrogant était la seule réponse convenable à ces accusations. Chacun son tour. Elle m'accablait de reproche, comme si j'étais le seul fautif dans cette histoire. Elle n'aurait pas du compter sur moi, elle avait toujours été la plus mâture et responsable de nous deux.

Elle arborait un sourire délicatement mauvais qui étirait ses lèvres d'un rictus aux intonations sadiques. C'était nouveau, j'aimais bien ça. Elle avait gagné en assurance face à moi, elle jouait aussi bien que moi ou presque, elle était devenue garce, adieu la gentille petite cadette Hawkins. J'avais repris ma ronde, tel un animal en cage, semblable à un félin en chasse. Je la couvais du regard, la gratifiais de mon rire et de mes mots avant de l'entourer à nouveau de mon corps. J'étais plus pressant cette fois, plus présent aussi. Je glissais ma main au creux de sa taille l'attirant à moi, aimantant son corps au mien alors que je la sentais prête à exploser. Je n'y pouvais rien j'avais toujours été joueur, j'avais toujours eu cette tendance à repousser les limites de quoi que ce soit et ce nouveau terrain de jeu qui s'offrait aux deux jeunes gens dans la fleur de l'âge que nous étions était merveilleux, je me délectais de redécouvrir son corps du regard, de la faire trembler d'une simple pression de ma main sur son organisme. Pendant quelques instants elle se tut et je sentis seulement tout son être aussi proche du mien, et je sentis seulement un amour adolescent mue en désir ravageur se propager à travers nous. Le souffle un peu court elle se redressa et planta ses yeux dans les miens, avec autorité et détermination, ne m'autorisant pas le moindre battement de paupière. Elle fit glisser ses doigts sur ma mâchoire, traçant de nouvelles raies enflammées sur ma peau, joignant la parole au geste pour me prouver qu'elle avait grandi. Les choses étaient différentes. Elle n'y pouvait rien, moi non plus. Pourtant nous étions en hiver et nos deux corps irradiaient une chaleur malsaine, insoutenable. Je me contentais de lui sourire en réponse, d'un sourire à la fois sincère et amusé et terriblement engageant. Nous nous connaissons encore. J'approuvais ses paroles. Je n'avais plus rien à lui apprendre, elle m'étonnait désormais, encore plus qu'auparavant et l'arrogance et l'envie qu'arboraient mes lèvres s'étaient teintées de fierté. Et puis elle se détacha de moi. À nouveau. Retournant dans l'ombre, me laissant seul, abattant un bloc de glace sur mon être tout entier.

Elle redevint froide. Elle me toisa à nouveau de ce regard accusateur que la danse de la séduction avait momentanément chassé. Elle s'était fermée. Répondant sans répondre, commentant avec distance, avec un humour grinçant tandis que le Sohan prêt à sortir à la surface sous des caresses voilées avait à nouveau laissé la place à César. C'était déjà ça. Peut être. En même temps j'ose espérer qu'elle n'aurait jamais oublier mon nom. Moi jamais je n'aurais pu bannir le sien. Sûrement. répondis-je sur un ton qui était redevenu plus sec, plus mystérieux et bien moins familier. Je me remis doucement en mouvement, presque imperceptiblement alors que je tentai de lui expliquer que je n'avais pas besoin de raison pour la voir, que l'envie devrait suffire. Elle ne semblait pas de cet avis. Je n'appréciais pas son ton. Elle semblait oublier qu'elle n'avait pas tenté de me retrouver non plus, pas à ce que que je sache en tout cas, elle avait autant à se reprocher que moi. Elle n'avait pas le droit de me parler comme ça, elle n'avait pas le droit de me reprocher tout ce qui ne la satisfaisant pas dans sa vie de pêcher perpétuel. Je me renfermais complètement sous l'attaque, laissant place à l'homme sombre que j'étais devenu. Je n'étais pas un menteur, j'étais tout sauf ça. Je m'arrêtais face à elle. Plantant un regard où une rage contenue avait rejoins la flamme perpétuelle de la folie qui l’illuminait, dans le sien toujours aussi glacial, je la toisais sans répondre. Puis aussi rapidement que la colère était montée, menaçant de me rendre violent -très violent- elle était retombée. Une partie de moi qu'elle n'avait encore jamais vue d'ailleurs. Si elle avait été n'importe qui d'autre je l'aurais sûrement déjà frappée pour ses mots, j'aurais perdu mon sang froid, mais je ne pouvais pas, pas face à elle. Je ne pouvais pas lui faire du mal et surtout je ne pouvais pas perdre contre elle. Mon arrogance familière revint se calquer sur mon visage, étirant les coins de ma bouche. Il faut croire que j'attendais la tienne de visite. Je suis plus surprenant encore que tu ne le crois et je suis piètre menteur, tu le sais, c'est pour ça que je ne mens pas, même maintenant que nous sommes devenus des vieux qui ont tout connu.

C'est qu'elle insistait en plus. À croire qu'elle voulait juste que je le dise, qu'elle voulait juste que je l'admette, que j'énonce qu'elle me manquait, que je me jette sur elle, que je la serre dans mes bras et que je dévore son corps. Cette froideur. Elle allait me rendre fou. Le faible équilibre de sérénité que j'étais parvenu à reconquérir vola à nouveau en éclats et je m'éloignai d'elle subitement. Je perdais le contrôle. Je le savais. Je le sentais. Je ne répondais plus de moi même. Les crises n'étaient pas courantes et en général elles me permettaient de communiquer avec le maître mais pas cette fois. Je perdais la notion du lieu, du temps, de qui j'étais. Je ne voyais plus qu'elle. Comme il m'apparaissait, je la voyais. Je donnais un violent coup de pied sur un vieille canette près de moi avant de revenir vers elle. Rapidement. Trop rapidement. Brusquement. Trop brusquement. Il était trop tard. Je n'avais plus le contrôle. Mon cerveau avait laissé les commandes à mon corps et mon subconscient, me laissant totalement esclave de mes pulsions et mes convictions. Il était trop tard. J'avais saisi la jeune femme par la taille, réduisant violemment à néant la distance nous séparant alors que passant mon autre main dans sa nuque je capturai ses lèvres. Trou noir de quelques secondes. Je reprenais conscience sous son étreinte. Cette fois mon rythme cardiaque était passé à une vitesse presque inimaginable, largement incontrôlable alors que me rendant comte de la force que j'exerçais sur le corps frêle d'Oksana je rompis le contact. Toi. C'est toi que je veux. répondis-je le souffle court et l’œil fiévreux du désir malsain qui me dévorait.

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