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 ❝ you make sense of who i am ❞ (ft.meera-louise)

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ADMIN ❖ we are the champions
≡ ton pseudo : sweet poison.
≡ hiboux envoyés : 5700
≡ date d'arrivée : 15/01/2013
≡ tes points : 50 points.
≡ ta disponibilité rp : free 1/3 (elladora + abraham).
≡ ton avatar : richard madden.
≡ tes crédits : rose red (avatar).

≡ âge du perso : vingt-cinq ans.
≡ amoureusement : célibataire.
≡ son emploi : soigneur de dragon à gringotts.
≡ statut de sang : sang-pur.
≡ sa maison : gryffondor.
≡ niveau d'études : études terminées avec six buses et six aspics.
≡ sa baguette : sa baguette magique est en bois d'ébène. Elle mesure 22,5 cm et contient un poil de licorne.
≡ son patronus : un ours.
≡ son amortencia : ....
MessageSujet: ❝ you make sense of who i am ❞ (ft.meera-louise)   Mar 2 Juil - 3:10


“ you make sense of who i am  ”

I'm here again A thousand miles away from you,
A broken mess, just scattered pieces of who I am.

Meera-Louise and Elwood
--------------------------------------------
Cersei avait disparue. C’était ce que lentement, il avait pu constater à son réveil le matin, très tôt le matin. Il lui avait fallu plus de temps qu’on ne pourrait l’imaginer pour arriver à cette bien triste conclusion que la jeune femme avait mis les voiles. Elle avait peut-être raison, rester là à rien faire au beau milieu d’un camp, ça n’avait rien de passionnant. Il était pourtant habitué d’être celui qui restait tranquillement dans son coin à rien faire. C’était ce qu’il avait choisi de faire durant tout le début de la guerre. Persuadé que c’était la meilleure chose à faire pour un type comme lui. Il n’avait pas eu franchement de raison de vouloir faire quelque chose à ce moment là. Il sortait tout juste d’Azkaban et sa vie ne ressemblait pas à grand-chose. Il estimait qu’il devait d’abord penser à lui avait de penser aux autres. Parce que c’était comme ça que le monde semblait fonctionner, c’était comme ça qu’il tournait dans sa tête depuis qu’on l’avait condamné à Azkaban pour un crime qu’il n’avait pas commis. Il était égoïste, c’était ce que beaucoup disaient, c’était ce que lui il pensait. Jusqu’à présent, ça n’avait pas eu la moindre importance. Il voulait bien être égoïste tant qu’on lui foutait la paix et qu’on le laissait tranquillement vivre sa vie, au fond de la librairie d’Alice, bien loin d’Azkaban. Il aurait voulu que les choses puissent continuer ainsi. Il aurait aussi aimé que Cersei ait pu retourner à Poudlard sans le moindre souci, il aurait voulu que Lyse ne revienne jamais en Angleterre et que son père soit encore en vie. Mais la guerre avait éclaté et tout c’était compliqué. Elwood n’était de toute évidence pas le genre d’homme à qui la chance souriait. Qu’importait ce dont il pouvait avoir envie, il semblait évident qu’il ne l’aurait probablement jamais. Pas sans que le destin lui mette bien des bâtons dans les roues. Maintenant, il voulait retrouver Cersei, mais ça aussi ça allait forcément être compliqué, ça aussi, ça allait mal se terminer. Maintenant il en était sûr. Son optimiste déjà amoindri par les années passées derrière les barreaux d’Azkaban, semblait avoir définitivement disparu. Il l’avait quitté finalement sa boutique, certains seraient sans doute ravi de voir qu’il avait enfin décidé de faire autre chose que d’essayer de vendre des livres à quelques uns des derniers péquenauds qui osaient encore se balader à Pré-Au-lard. Il n’avait cependant pas l’impression d’être plus utile ici qu’à l’intérieur de sa boutique, alors souvent il se demandait pourquoi est-ce que les gens avaient voulu le voir faire autre chose que son boulot de libraire. Faire du camping au beau milieu d’une forêt d’écosse, ça n’avait rien de plus glorifiant que de vendre des bouquins. Il ne servait à rien sans doute parce qu’il n’avait pas franchement envie de se rendre utile. Utile à quoi faire ? S’occuper des autres alors même qu’il semblait incapable de s’occuper de lui et de ce fils qu’il se retrouvait à devoir gérer parce que tôt ou tard l’autre enfoiré de Fleming serait remonté jusqu’à lui et l’aurait tué de la même façon qu’il avait tué Lyse. Il n’était pas à même de gérer un gamin de quatre ans qui venait de perdre sa mère et dont finalement, il ne savait pas grand-chose. Il n’avait rien d’un père et malgré tous les efforts qu’il pouvait bien essayé de faire il avait l’impression que ça ne serait jamais suffisant. Il ne pouvait pas éternellement demandé de l’aide à sa mère ou aux autres personnes du camp, même s’il avait définitivement l’impression d’avoir besoin d’aide. De plus, ce camp n’était pas un endroit pour un gamin et s’il devait partir, il voulait être sûr que Cayden soit en sécurité. Il ne doutait pas de sa mère, malgré toutes les erreurs qu’elle avait pu commettre à son égard, il savait qu’elle n’abandonnerait pas son petit fils de la même façon qu’elle l’avait laissé tomber lui. Poussée par Sansa à choisir entre Cersei et lui, elle avait choisi Cersei, un choix logique, plus judicieux, qui avait assuré leur survie à tous les deux. Il pouvait lui faire confiance pour protéger Cayden. Il ne voulait juste pas le laisser ici. Au beau milieu de nulle part, aussi bien protégé soit ce camp, il n’était pas infaillible. Il pouvait tomber à n’importe quel moment et si ça devait arriver, il ne voulait pas que son fils soit là. Il avait beau retourner le problème dans sa tête à l’infini. Il ne trouvait pas cinquante mille solutions. Il y avait bien une personne qui avait le pouvoir de protéger ce pauvre enfant. C’était ce qu’elle faisait, entre l’ordre et les mangemorts, au beau milieu d’un champ de bataille, elle, elle s’occupait des enfants victimes de la guerre, se fichant bien de ce que pouvait faire leurs parents avant de mourir.  Une femme admirable, mais qui lui avait explicitement dit de ne jamais se tourner vers elle s’il avait besoin d’aide.

Meera-Louise. La seule, l’unique personne qui était venue vers lui quand il était sorti d’Azkaban, la seule qui l’avait soutenu, au moins avant qu’il ne rencontre Alice. Elle était restée, elle était toujours restée. Comme elle l’avait elle-même souligné ; pendant poudlard comme après. Il n’avait rien trouvé de mieux à faire que de lui balancer des reproches qu’elle était bien la dernière à mériter. Il aurait du ma remercier mais elle avait été là en face de lui à essayer de le faire changer d’avis, cherchant à le faire bouger de sa boutique pour une soit disant noble cause alors qu’il ne croyait plus à rien. Ça avait fini par exploser et là en face de lui elle avait pris en pleine face tout ce qu’il gardait sur le cœur depuis sa sortie de prison et qui ne s’adressait finalement pas à elle. Peut-être qu’il aurait pu lui dire, s’il n’avait pas été énervé, s’il avait été lui-même et qu’il lui avait couru après. Mais il n’avait pas bougé de la boutique, il ne s’était pas excusé, il n’avait pas cherché à lui expliquer. Il n’avait pas eu la réaction adéquate, il n’avait jamais la réaction adéquate. Ce n’était pas lui qui était sorti d’Azkaban, c’était une ombre de tout ce qu’il avait pu être à un moment, un homme bien différent de celui qu’il avait été et il en avait bien conscience, mais ce n’était certainement pas aujourd’hui qu’il pourrait prétendre pouvoir redevenir celui qu’il avait été. Cette douleur qu’il ressentait depuis que Lyse était morte, ça lui donnait presque l’impression d’être à nouveau entouré par les détraqueurs, eux qui avaient le talent de réveiller les pires souffrances jamais connues. Peut-être même que c’était pire qu’à Azkaban. Il ne savait plus vraiment. Il semblait de toute façon être complètement à la ramasse et sans doute qu’il n’était vraiment. Il le savait pourtant, là c’était le moment de se donner un coup de fouet et de bouger enfin. Pour Cersei, bien que, si elle avait vraiment eu besoin de quelqu’un elle ne serait pas partie comme une voleuse ; peut-être aurait-elle pu au moins laisser un mot rapide comme l’avait fait Blodwyn. Tant pis, il avait essayé de retrouver Blodwyn malgré ses recommandation, alors rien ne l’empêchait de se lancer à la recherche de sa cousine. Il ne pouvait de toute façon pas rester là les bras croisés à attendre il ne savait trop quoi. Il ne savait même plus ce qu’il y avait à attendre. C’était comme si le monde entier était fichu, comme s’il s’était déjà complément effondré et qu’il y avait bien rien à espérer. Protéger Cayden, protéger Cersei, il avait presque l’impression qu’au bout du compte ça n’avait même pas d’importance, tout le monde finirait par crever au beau milieu de cette guerre. Il n’était même pas sûr d’avoir encore la force de pouvoir résister si jamais son tour devait venir.  Mort au moins, il aurait enfin la paix. Aujourd’hui, on pouvait bien le renvoyer à Azkaban que ça n’avait plus d’importance. Lui qui avait observé bien des horreurs sans bouger le petit doigt pour ne pas risquer de retourner là bas, aujourd’hui il s’en fichait. Finalement, dans une boutique au beau milieu de Pré-Au-Lard, dans un camp de réfugiés ou à Azkaban c’était presque du pareil au même. Plus que jamais, il avait l’impression que cette guerre ne prendrait jamais fin.

Il avait passé une bonne partie de la matinée à réfléchir à ce qu’il devait faire et Meera-Louise était définitivement la seule solution qu’il trouvait. Retourner vers elle revenait à ravaler son orgueil, ignorer les avertissements qu’elle avait pu lui donner. Pour son fils, il pouvait bien faire ça. Pour un enfant, peut-être serait-elle capable de faire de même. Oublier son orgueil et passer outre ses propres paroles. L’aider alors qu’il ne le méritait pas. Si elle ne voulait pas le faire pour lui, elle pouvait au moins le faire pour le petit garçon. Il n’avait rien demandé à personne lui, jamais il ne lui avait causé de tord et ce serait injuste de lui faire payer les erreurs de son père. Un père dont il n’avait pas grand-chose, les yeux, aussi bleus que les siens, les bouclettes que dessinaient ses cheveux. Le rire d’après Lyse. Mais il ne l’entendait pas rire. Lui-même il avait l’impression de n’avoir pas rigolé depuis une éternité. Des années en tout cas. Des années passées à Azkaban où franchement rien n’était drôle, puis des mois passés à essayer de se réadapter à un monde qui avait beaucoup trop changé, des efforts soldés par un échec cuisant. Il n’avait pas réussi à suivre le rythme, il avait sans doute trop ignoré les conséquences de cette guerre et aujourd’hui elles lui retombaient dessus avec une force qu’il n’était pas à même de supporter. Il n’était plus à même de supporter grand-chose. Une fois sa décision prise, il en avait informé sa mère et sans lui laisser le temps de répliquer il avait ramassé les affaires de son fils avait d’aller à la recherche de ce dernier. Dans le camp il n’avait pas été dur à trouver. Après de courtes explications, il avait transplané avec lui. Il savait très bien où il allait. Pendant de nombreuses années, Meera-Louise avait été sa meilleure amie. Il savait où elle habitait, il savait ce qu’elle faisait aujourd’hui dans cette maison qu’elle avait hérité de ses parents. Il connaissait bien le coin et depuis la guerre, il y était déjà venu, ainsi il n’eut aucune difficulté à franchir les sortilèges de protection dont elle avait entouré la maison, parce qu’il les connaissait, parce qu’il la connaissait elle peut-être mieux que personne et c’était réciproque. Dans son cas, elle le connaissait même mieux qu’il ne se connaissait lui-même, parce que le véritable lui était encore perdu quelque part entre Azkaban et le cimetière où reposait aujourd’hui le corps de la femme qu’il avait un jour voulu épouser. Après avoir soupiré comme pour se donner la force d’agir, il toqua à la porte, avant d’attendre, non sans un léger stress qu’on vienne lui ouvrir. Finalement, elle était là. Meera-Louise. Juste devant lui. Toujours aussi resplendissante alors que lui il devait être aujourd’hui dans un état proche de celui dans lequel il avait été quand elle était venue vers lui à sa sortie d’Azkaban, quoi qu’il était peut-être même pire. Peut-être un peu moins barbu, il avait pris l’habitude de s’occuper de ça avec Alice. Histoire de ressembler plus à un libraire qu’à un clochard et certaines habitudes ont la vie dure, même au beau milieu de ce camp il avait fait en sorte d’être presque présentable. Finalement rien n’effacerait les cernes sous ses yeux, cet air épuisé et déprimé qui s’était emparé de ses traits. « Meera-Lou. » Il ferma les paupières un court instant, se reprenant aussitôt. « Louise. » Certaines habitudes avaient vraiment la vie dure et ce surnom il l’avait utilisé tellement de fois. Bien plus qu’il n’avait utilisé son prénom complet, même si ça semblait l’agacer à chaque fois. « Je sais ce que tu m’as dis la dernière fois qu’on s’est vu. Tu n’as pas envie de m’aider et tu as raison. » Bien-sûr qu’elle avait raison. Il avait agit comme un connard avec elle. Comme avec d’autres d’ailleurs. Il le faisait si bien. « Je ne sais pas si ça vaux quelque chose pour toi aujourd’hui, mais je suis désolé. » Il l’était. Mais elle avait bien des raisons de ne pas accepter ses excuses, ne serait-ce que parce qu’il les lui présentait uniquement parce qu’il avait besoin d’elle. Elles étaient sincères, mais, il le savait tous les deux, jamais il n’aurait fais le chemin juste pour s’excuser. « Si tu ne veux pas m’aider moi, est-ce que tu pourrais au moins aider mon fils ? » Un fils qui sortait de nulle part pour elle, parce qu’il ne lui en avait pas parlé, parce qu’il était carrément sortit de nulle part pour lui aussi, parce que c’était vraiment compliqué. Dans un soupire il posa son regard sur le petit garçon dont il tenait fermement la main entre ses doigts. Son fils, aussi invraisemblable que ça puisse paraitre.

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lalalala citation ici.
des paroles par là. — titre de la chanson.
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MessageSujet: Re: ❝ you make sense of who i am ❞ (ft.meera-louise)   Mar 2 Juil - 19:34


« it's time to leave and turn to dust »

THERE IS A HOUSE BUILT OUT OF STONE. WOODEN FLOORS, WALLS AND WINDOW STILLS. TABLES AND CHAIRS WORN BY ALL OF THE DUST. THERE IS A PLACE WHERE I DON'T FEEL ALONE, THERE IS A PLACE WHERE I FEEL AT HOME. OUT IN THE GARDEN WHERE WE PLANTED THE SEEDS, THERE IS A TREE AS OLD AS ME. BRANCHES WERE SEWN BY THE COLOR OF GREEN. GROUND HAD AROSE AND PASSED IT'S KNEES. I CLIMBED THE TREE TO SEE THE WORLD. WHEN THE GUSTS CAME AROUND TO BLOW ME DOWN, I HELD ON AS TIGHLY AS YOU HELD TO ME. CAUSE I BUILT A HOME, FOR YOU, FOR ME + MEERA-LOUISE PRESCOTT & ELWOOD HARKNESS      ★ ★ ★


Dans l’escalier, quelques grognements furibonds, marmonnés du bout des lèvres, accrochèrent le regard de la brune. La réprimande au bord des lèvres, elle toisa un instant l’elfe de maison, qui ravala bien vite sa langue et s’octroya au silence : la créature n’avait jamais été maltraitée au sein de la famille Prescott, mais depuis que les lieux étaient investis de dizaines de petites têtes blondes, celle-ci se retrouvait si souvent débordée que son humeur en devenait parfaitement exécrable. Parfois, Meera en venait même à se demander s’il n’avait pas trop de liberté : bientôt, elle ne serait pas surprise de voir les enfants s’insulter des mêmes noms que ceux qui franchissaient les lèvres de l’elfe. Mais elle avait besoin de son aide, et quoiqu’âgée, la petite créature s’appliquait à aider sa famille du mieux possible. Après tout, c’était elle qui avait décidé de rester auprès des Prescott lorsque ceux-ci lui avaient offert, il y a déjà des années, un habit à même de lui garantir sa liberté. Les elfes étaient cependant faits pour servir, ils ne pouvaient s’en empêcher, et celui qui habitait encore la demeure de Bembridge se contentait des quelques gallions qui lui étaient offerts pour ses services. La guerre exigeait pourtant, bien des sacrifices, et depuis quelques temps, les missions de l’elfe s’apparentaient surtout à du bénévolat : tout l’argent dont Meera avait hérité de ses parents allait irrémédiablement dans le soin des enfants, dans l’aide à l’Ordre du Phénix et dans d’autres dépenses de base. Au final, elle préférait largement sauvegarder précieusement son argent plutôt que le perdre partout, encore moins aux mains de quelqu’un qui se contentait de les planquer dans une petite boîte sous une latte de parquet. Tout ceci ne leur servirait à rien, en effet, s’il fallait rapidement protéger les enfants qui habitaient cette maison, s’assurer de leur fuite et de leur sauvegarde dans un autre endroit. Et l’elfe n’était pas la seule personne à s’échiner à longueur de journée dans ces gigantesques couloirs : Meera y allait de sa participation, de A à Z également. Elle nourrissait, lavait, bordait, consolait, séchait les pleurs, lisait des histoires, gérait les crises de plus d’une dizaine d’enfants, recueillis depuis le début de la guerre. Le plus âgé d’entre eux devait être déjà à Poudlard, en première ou en deuxième année lorsque ses parents avaient décidé de prendre la fuite : quoiqu’il arrive, à onze ou douze ans, il était bien trop jeune encore, pour errer seul dans les ténèbres grandissantes de cette guerre. Parfois, la sorcière se disait qu’elle utiliserait bien une paire de mains en plus, de l’aide venant de l’Ordre à nouveau ; car elle le savait – ils le savaient même eux – si elle venait à se faire attaquer ici-même par une troupe de Mangemorts, elle n’en viendrait absolument pas à bout. Heureusement pour l’instant, les sbires du Mage Noir étaient trop occupés à chercher les nés-moldus et les traîtres à leur sang pour se préoccuper de leurs progénitures, et il en allait de même dans l’autre camp. Car déjà Meera avait dû avoir à faire à quelques troupes de garçons turbulents qui criaient « SANG DE BOURBE » à n’importe quel autre gamin du groupe sans même comprendre ce qu’ils disaient, sans doute. Mangemorts, sorciers honnêtes qui n’avaient jamais vraiment décidé de s’engager dans cette guerre, ou membres de l’Ordre : ici, tous les camps se côtoyaient et parfois, avec bien des difficultés. Le visage fatigué, la mine usée par les mois qui s’étalaient en longueur, le regard de Meera ne s’en faisait pas moins sévère quand il le fallait, mais elle eut à peine le temps de s’entretenir avec l’elfe de maison qu’un bris de verre au rez-de-chaussée attira son attention également.

En dévalant les escaliers, elle manqua de peu de s’écrouler de quelques marches sur des habits qui traînaient : même au milieu d’une guerre, les enfants restaient des enfants et tous ne prenaient que très peu soin de leurs affaires, ou de tout ce qui pouvait traîner dans cette maison. Encore une fois, alors qu’elle arrivait dans la cuisine, elle put remarquer ça : ses yeux sombres se posèrent sur un verre brisé au sol, que trois enfants tentaient vainement de faire disparaître, étalant par la même occasion la plupart des débris autour d’eux. Jamais la brune ne s’était imaginée construire une famille, jamais même elle n’avait eu de relation assez sérieuse pour envisager une telle chose, mais en s’improvisant matrone de foyer pour enfants, elle avait parfois le sentiment de bien s’en sortir. D’autre fois, d’être totalement débordée : il lui arrivait d’avoir envie de s’époumoner sur ces enfants pour les rendre un tant soit peu responsables, puis elle se rendait compte que leur innocence était sans doute la chose qu’elle cherchait surtout à conserver chez eux. Alors elle ne disait rien : encore et toujours, elle cajolait, consolait, aidait, comprenait plutôt que de s’énerver. La plupart des enfants qu’elle accueillait ici n’avaient plus de parents, soit parce que ceux-ci étaient en fuite, et Merlin seul savait quand ils reviendraient, soit pour des raisons plus tragiques encore. Il y avait des morts, bien entendu, mais il y avait aussi des parents réduits à pire que ça, en miettes, à l’état de coquilles vides à peine humaines, en humains rendus fous par les tortures. Parfois, quand il lui arrivait d’abandonner cette maison l’espace de quelques heures pour se rendre sur le champ de bataille, au front là où tout le monde se déchirait, Meera voyait tous les stigmates de la guerre, tous ceux qui en étaient détruits. Irrémédiablement, les parents de ces enfants étaient passés par là également, et c’était toujours avec délice que Meera retrouvait la candide agitation de sa maison d’enfance. C’était mieux ainsi, se concentrer sur cette partie-là de la guerre semblait moins compliqué pour elle que d’observer de trop près les corps mutilés, les esprits brisés et les vies arrachées. « J’ai pas fait exprès ! Autour de lui, le petit gamin aux mèches brunes en bataille chercha un complice ou tout témoin pouvant l’aider. Il m’a poussé ! » Le petit blond à côté parut sans aucun doute vexé d’être accusé de la sorte, ou peut-être bien gêné d’avoir été aussi vite dénoncé. « C’est pas vrai ! Il l’a fait tomber tout seul. » Mais dans cette maison, il y avait bien peu place à de tels concours d’arguments, et Meera se contenta de lever les mains, pour faire taire par avance toute nouvelle réplique. « Tous les deux, vous devriez savoir qu’on demande avant de se servir. Maintenant, allez voir ailleurs, je m’en occupe. » Heureusement pour ses cordes vocales, Meera n’haussait jamais le ton plus que de mesure, là, sa voix quoique calme, s’était faite ferme, et elle avait suffi à faire disparaître quelques-uns des enfants qui se trouvaient là. L’un s’attarda, et la jeune femme comprit bien vite pourquoi. « Tu t’es fait mal ? » A sa main, une petite coupure – faite avec le verre brisé, sûrement – saignait abondamment, et elle put remarquer au fond des prunelles de l’enfant qu’il s’était bravement retenu de pleurer. Saisissant les petits doigts de l’enfant entre sa main, Meera l’attrapa dans ses bras, pour le hausser au niveau du lavabo. « C’est rien. Regarde, ça a presque arrêté de saigner. » Mais quelques larmes avaient roulé silencieusement sur les joues du petit garçon, Meera les essuya avec la douceur d’une main tendre. Elle allait reposer l’enfant et lui donner un cicatrisant pour faire disparaître cette petite coupure plus vite que l’éclair, mais on frappa à la porte. Sur ses gardes, la sorcière glissa sa main au niveau de sa baguette, s’assurant que celle-ci était toujours là, à portée s’il le fallait : généralement, les Mangemorts venus assaillir cette maison ne se seraient pas donnés la peine de frapper, mais il était rare que quelqu’un (si ce n’est de l’Ordre), ne vienne la déranger en des circonstances pareilles. En une œillade dans sa direction, l’enfant compris, pressant sa main encore blessée contre lui, il escalada le grand escalier de bois pour disparaître à l’étage. Les autres l’imitèrent, en un petit mouvement de masse précipité : ils avaient au moins retenu cette leçon, de monter dans leurs chambres dès que quelqu’un venait visiter la maison, du moins jusqu’à ce qu’elle leur dise de revenir.

Prudemment, donc, elle atteignit la porte de la grande demeure, l’ouvrant sans hésitation. Pour découvrir… Son regard s’arrêta instinctivement sur l’homme en face d’elle, et il lui fallut de longues secondes pour remarquer qu’il n’était pas seul. Elwood suffisait à lui tout seul pour capturer totalement l’attention de Meera, et sûrement qu’il le savait depuis aussi longtemps qu’elle. Il y a des années de cela, elle avait eu la naïveté d’imaginer que ça pouvait avoir un sens, tout ça, leurs regards se perdant l’un dans l’autre, cette façon qu’elle avait de se sentir idiote à chaque fois qu’il la regardait. Maintenant, là, en cette matinée face à lui, c’était surtout la rancœur qui parlait pour elle. Aussi, sans autre forme de procès, la sorcière croisa les bras contre sa poitrine, se fichant devant l’entrée comme pour lui signifier qu’il ferait mieux de parler plus vite que ça, qu’elle avait forcément mieux à faire que l’écouter. Ce qui était le cas, tout du moins, elle le soupçonnait grandement : si Elwood avait fait tout le détour jusqu’ici pour recommencer à se plaindre sur ses années d’emprisonnement, ou sur combien personne n’était venu l’aider une fois qu’il avait quitté Azkaban, elle n’avait pas envie de faire durer la discussion plus d’un dixième de seconde, et quelques-unes de plus le temps de lui en retourner une belle dans la tronche. Il la mériterait grandement, même si elle le regretterait bien vite, comme elle avait toujours regretté trop de choses le concernant, lui. Au moins s’était-il donné la peine d’enfin retenir son prénom complet, après quinze années à se connaître, c’en était presque surprenant. Elle ne laissa paraître ni un quelconque contentement, ni même un agacement quel qu’il soit devant ces premières paroles ; il pouvait de toute façon, très aisément deviner que sa présence n’était pas l’événement le plus réjouissant de sa journée. « Je sais ce que tu m’as dit la dernière fois qu’on s’est vu. Tu n’as pas envie de m’aider et tu as raison. » Et là, elle aurait sûrement pu caser un truc du genre t’as raison, dis donc pour appuyer les paroles de son « ami », du moins, ce qu’elle avait pensé comme tel jusqu’à il y a peu, mais elle se retint, et garda toute parole pour elle ; sûrement aussi parce qu’elle espérait qu’ainsi, leur face à face se terminerait plus vite. « Je ne sais pas si ça vaut quelque chose pour toi aujourd’hui, mais je suis désolé. » Têtue et orgueilleuse (il était temps), Meera ne cilla pas, encore une fois. S’il était là, c’était forcément parce qu’il avait une raison, et évidemment elle se doutait déjà de quoi il en retournait ; soit il avait trouvé ce gamin dans la rue et s’était lancé dans une subite mission sauvetage héroïque (ce qui ne lui ressemblait absolument pas – plus, en tout cas), soit cet enfant faisait partie de ses proches, de sa famille d’une quelconque manière ; et il revenait vers elle parce qu’il savait très bien ce qu’elle faisait, parce qu’il avait encore une fois besoin d’elle et qu’il savait pertinemment qu’elle ne le refuserait pas. Evidemment, et si un jour seulement il se donnait la peine de venir rien que pour s’excuser, l’Apocalypse serait déchaînée sur la terre. « Si tu ne veux pas m’aider moi, est-ce que tu pourrais au moins aider mon fils ? » Elle s’y était attendue. Mais pas préparée pour autant. Sa gorge se serra, son cœur manqua un battement : elle en était presque vexée, même si ça ne voulait pas dire pour autant qu’Elwood lui avait ouvertement caché l’existence de cet enfant. La simple idée qu’il ait pu construire quoique ce soit avec Lyse, c’était… c’était ouvertement ressentir tout le poids de leur non-relation s’installer sur ses épaules. Meera le dévisagea donc, de longues secondes, en arrivant presque à le détester pour ce qu’il lui imposait. Mais elle se ressaisit – c’était toujours mieux que de recommencer à passer des jours à se lamenter pour ce qui, de toute évidence, n’existait que pour elle ; sans une parole au père, elle s’accroupit pour faire face au petit garçon. Et sorti de nulle part, d’une volonté de fer, Meera lui offrit un doux sourire : en quelques mots, elle se présenta, tentant de passer outre la ressemblance frappante entre Elwood et l’enfant. Il ne parlait pas, il ne lui répondit que par quelques hochements de tête ; sûrement était-il déjà assez déstabilisé comme ça. Mais lorsqu’elle eut le sentiment d’avoir assez longuement parlé avec le petit garçon, alors que certains des enfants étaient déjà redescendus au rez-de-chaussée, elle finit par l’inviter à entrer : il entra prudemment, sans oser aller très loin. Même en ces quelques pas, il était déjà la cible de bien des attentions, de l’autre côté du hall. Finalement, Meera se redressa sur ses jambes, pour faire à nouveau face à Elwood : afficher sa rancœur face à lui semblait soudainement plus difficile. A les voir tous les deux, ils avaient vécu des péripéties fort déplaisantes ; Meera en eut un frisson un instant, alors qu’elle resserrait ses bras autour de sa poitrine. « Tu devrais entrer aussi. » Finit-elle par articuler, s’écartant de devant la porte en lui faisant signe de la suivre : c’était avant tout une précaution plus qu’un signe de politesse, elle estimait ne rien devoir à Elwood, encore à présent. Lui cependant, il lui devait beaucoup de choses ; surtout des explications à l’instant présent, bien qu’elle ne sache pas exactement si elle les souhaitait vraiment.
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MessageSujet: Re: ❝ you make sense of who i am ❞ (ft.meera-louise)   Mer 3 Juil - 21:26


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Meera-Louise and Elwood
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Meera-Louise avait été la solution qu’il avait pu trouver à ses problèmes. Au moins à une partie de ses problèmes. Elle avait toujours été une solution à une partie de ses problèmes. A Poudlard déjà, elle avait tenu le rôle de la confidente attentive, après Poudlard également et contrairement à ce qu’il avait pu lui dire quelques temps plus tôt, elle ne l’avait jamais laissé tomber. Même après Azkaban elle avait été là et elle serait restée à ses côtés si jamais il ne l’avait pas envoyée balader comme il l’avait fait. Il ne savait pourtant pas si elle avait eu raison ce jour là de venir l’insulter dans l’espoir qu’il décide de quitter la librairie pour se rendre un peu utile dehors. Ce n’était pas ça qui aurait sauvé Lyse en tout cas. Ni même son père qui était mort quelques mois plus tôt sans qu’aucun écho ne lui parvienne à ce propos. Quoi qu’il ait pu faire, il aurait été incapable de sauver ses proches, c’était une certitude qu’il avait désormais. Il s’était montré lâche et égoïste en refusant de bouger de la librairie, mais il y avait été plus à son aise que dans un camp de réfugiés. Chercher Cersei-Jane, c’était tout ce qu’il lui restait aujourd’hui, il n’avait pas l’intention de rester dans ce camp encore bien longtemps, il avait à un point où il avait cette impression que s’il ne faisait pas quelque chose et vite, il allait imploser. C’était peut-être ce que Moses avait cherché à créer en lui, c’était probablement ce que certaines personnes, dont Meera-Louise et Cedrella avaient eu envie de voir chez lui. Et bien, elles seraient très certainement les seules à s’en réjouir. Voilà, il l’avait quitté sa librairie, mais à quel prix ? Ça avait toujours été son droit après tout de simplement rester dans sa librairie à se foutre du reste du monde, qu’importe ce que pouvaient en penser les autres. Ce n’était pas comme s’il avait été un grand sorcier, qui avait accomplit des choses extraordinaires durant sa vie, au contraire, il était juste le pauvre type qui sortait tout juste d’Azkaban et qui comprenait à peine ce qui était en train de se passer. Il n’aurait pas été un guerrier indispensable, il ne serait jamais un guerrier indispensable. Il avait même l’impression qu’il était plus utile au fin fond de sa librairie que sur un champ de bataille. Encore aujourd’hui, c’était le cas, peut-être même encore plus qu’auparavant. Il était déboussolé et bien souvent complètement à la ramasse. Il fallait croire qu’il avait trop à emmagasiner en trop peu de temps et encore victime du traumatisme des quatre années qu’il avait passé à Azkaban. Les choses s’enchainaient trop vite pour qu’il ait le temps de tout assimiler. Il était clair qu’à une autre époque tout aurait été plus simple, sans la case Azkaban, il aurait sans hésité suivit Meera-Louise et Lyse au sein de l’ordre du phénix, ça aurait été la plus évidente des options qui s’offraient à lui. Il aurait clairement mieux gérer la situation s’il n’avait pas été contraint un jour de passer tant de temps derrière les barreaux. Même la mort de Lyse aurait été moins compliquée. Là il ne savait absolument pas comment gérer la chose, comment gérer son fils dont il avait à présent la garde et dont il ne savait pas grand-chose. Il l’avait déjà vu plusieurs fois avant la mort de Lyse, il avait décidé de faire des efforts pour apprendre à le connaitre, mais il était clair que quelques après midi passés avec le petit garçon ne faisait pas de leur relation la plus belle des relations père/fils du monde. Il aurait bien besoin de son père en cet instant, il voudrait pouvoir lui demander des conseils, qu’il lui dise quoi faire, mais il n’était plus là. Il était mort lui aussi, assassiné de la main de son propre frère. Les relations fraternelles au sein des Harkness, c’était assez particulier. Elwood avait été condamné à Azkaban à cause de sa sœur et son père s’était fait tué par son frère. Quelle famille ! Cayden allait grandir au sein d’une famille en pièce et sans sa mère, Elwood ne devait que plaindre le gamin et tenter au mieux qu’il le pouvait de le protéger de cette guerre, tout comme ses parents à lui, l’avait protégé de la première guerre. Cela dit, eux ils avaient clairement mieux réussi que lui. Meera-Louise réussirait mieux que lui également, il n’en doutait pas une seule seconde.

Elle avait toujours été une femme exceptionnelle, il la connaissait depuis des années. La petite Prescott, gamine de onze ans que le choixpeau magique avait envoyé à serpentard, tout comme il l’avait fait avec lui. Il l’avait rencontré quand il n’était qu’un gosse et elle avait été la première personne qu’il était venu voir après que Lyse ait accepté sa demande en mariage. Ils en avaient fait du chemin ensemble depuis le premier repas partagé à la même table dans la grande salle de Poudlard. Elle avait toujours été brave, elle aurait facilement pu avoir sa place à Gryffondor selon Elwood, même s’il était bien content qu’elle ait été envoyé à ses côtés chez les serpentards, elle aurait eu les qualités requise pour la maison des lions. La preuve étant qu’elle s’était engagée au sein de l’ordre du phénix. Elle sauvait des gamins et sans doute bien d’autres personnes grâce à ses  talents de guérisseuse. C’était une femme bien, il n’en doutait pas, il n’en avait jamais douté. Il s’était mal comporté avec elle et bien-sûr, il n’était pas juste venu vers elle pour s’excuser. Il était trop orgueilleux pour ça ; déjà demander de l’aide ce n’était pas quelque chose qu’il faisait – et pourtant bien souvent il semblait en attendre – mais alors s’excuser souvent ça relevait presque du miracle. Il était plutôt du genre à camper sur ses positions en toute circonstance. Pourtant ces derniers temps il était bien obligé d’admettre qu’il devait des excuses à bien des gens parce qu’il foirait absolument tout avec tout le monde. Remettre le tout sur le dos des quatre années qu’il avait passé à Azkaban, c’était légitime, mais ça ne suffisait pas. Il avait souffert là bas. Il avait eu l’impression d’avoir été abandonné et a sa sortie il avait compris que ça avait bel et bien été le cas. Pourtant, Meera-Louise elle, elle avait été là. Il lui devait des remerciements et au lieu de ça, il l’avait mise dans le même panier que les autres. Elle s’était mangé en pleine face tout ce qu’il avait à reprocher au reste de ses proches alors qu’elle, elle ne méritait pas le moindre reproche. Elle avait bien des raisons de lui en vouloir. Il comprenait parfaitement, même si ça ne l’avait de toute évidence jamais motivé à venir lui présenter des excuses. Si c’était pour recevoir un nouveau discours pour essayer de le convaincre de s’engager dans quelque chose, il s’en passait bien. Il était fatigué de ce genre de discours. Il n’était pas venu pour des tas de raisons toutes moins valables les unes que les autres. Mais il était là aujourd’hui, certainement pas pour les bonnes raisons et pour-sûr, il aurait voulu que les choses se passent différemment et qu’ainsi il ne se retrouve pas obligé d’aller quérir de l’aide auprès de Meera-Louise. Il aurait voulu que Lyse soit encore vivante, qu’il n’ait pas la soudaine impression que Fleming pourrait aisément retrouver son fils et le tuer à son tour juste pour s’amuser et se réjouir de détruire pièce par pièce ce qui restait de son ancien compagnon d’Azkaban. Il aurait aimé que tout ça n’ait pas lieu d’être, malheureusement, il était bien là, à la porte de Meera-Louise, obligé d’affronter son regard et cette rancune qu’il pouvait aisément lire en elle. C’était ce que Lyse avait du affronter à chaque fois qu’elle était venue vers lui. Une rancune débordante de la part de son ex-fiancé. Il remarquait à présent à quel point ça avait du être difficile pour la jeune femme de revenir vers lui encore et encore en sachant très bien ce qu’elle devrait affronter. Il n’était même plus en mesure de lui demander pardon à présent. Il pouvait au moins le faire avec Meera-Louise, espérer qu’elle finisse par lui en vouloir un peu moins pour les choses qu’il avait pu lui dire et qu’il ne pensait même pas. Elle ne l’avait pas laissé tomber, il en avait conscience. Encore aujourd’hui, alors qu’elle lui avait explicitement dit qu’elle ne serait plus là pour l’aider, elle ne le laissait pas tomber. Elle aurait simplement pu lui fermer la porte au nez, lui faire comprendre qu’il devait se débrouiller tout seul mais elle n’en fit rien. Sans doute plus pour le petit garçon que pour lui, mais tant pis ça lui allait très bien et pour ça, il saurait la remercier cette fois-ci, puisqu’il ne l’avait pas fait la fois précédente.

Il observait avec peine, son enfant face auquel Meera s’était baissée. Elle savait s’y prendre elle au moins, alors que lui, franchement il avait l’impression d’être le pire père du monde. Il ne savait absolument pas comment s’y prendre avec Cayden. Il n’avait pas franchement eu le temps de se préparer à endosser le rôle de père, ça lui était tombé dessus comme un cheveu sur la soupe et au départ, il avait surtout essayé de le fuir, il pensait que ce serait plus simple pour lui comme pour Cayden. Pourtant il avait fini par admettre qu’il se trompait, il avait voulu essayer de construire quelque chose avec l’enfant, mais il n’avait certainement pas envisagé qu’il se retrouverait un jour le seul à devoir l’élever. Il ne savait pas faire ça. Tout ce qu’il savait à présent, c’était que Cayden  n’était pas n sécurité dans ce camp et que son devoir était de le protéger. C’était pour ça qu’il l’avait emmené jusqu’ici, c’était pour ça qu’il avait presque prié en son fort intérieur que Meera ne se contente pas de l’envoyer sur les roses. Qu’est-ce que les mangemorts pouvaient faire contre un orphelinat après tout ? Il se fichait bien des gamins qui étaient là dedans, ce n’était pas dans leur intérêt de s’en prendre à un lieu comme celui-ci alors qu’un camp au beau milieu d’une forêt, plein de nés-moldus et de traitres, ça les intéressait déjà beaucoup plus. Elwood savait qu’ici il serait plus en sécurité que dans ce fichu camp. Il savait aussi qu’il devait retrouver sa cousine et qu’il ne pouvait pas trimbaler le petit garçon avec lui à travers les bois, il n’était pas encore assez débile pour faire une chose pareille. Il lâcha la main de son fils alors que Meera l’invitait à entrer. Il lui adressa un regard face auquel Elwood acquiesça en lui adressant un léger sourire comme pour lui faire comprendre qu’il pouvait avoir confiance et avancer dans la pièce, ce qu’il fit sans oser aller très loin. Il reposa son regard sur la jeune femme alors qu’elle l’invitait à entrer à son tour. « Merci. » Il pénétra dans la pièce, retrouvant bien vite son fils qui était seulement à quelques pas de l’entrée. Il s’accroupi en face du petit garçon avant de l’attraper par les épaules. Il devait parler à Meera-Louise, mais pas avec Cayden à ses côtés. Il ne voulait pas avoir à expliquer en sa présence les circonstances de sa naissance et encore moins de le laisser entendre encore une fois que sa mère était morte. « Tu veux bien aller voir les autres enfants là-bas ? Il faut que je parle à la dame, je reviens te voir après d’accord ? » Lentement, le garçon acquiesça avant de s’éloigner vers les autres enfants, il n’avait certainement pas très envie de jouer avec eux, il ne comprenait sans doute même pas ce qui était en train de lui arriver, mais il jugea bon apparemment d’obéir à son père en s’éloignant. Dans un léger soupire, Elwood se redressa puis se tourna vers Meera. « Lyse, elle était enceinte quand on m’a condamné. Je le savais pas. Je l’ai appris quand elle est revenue en Angleterre, il y a trois mois. » Ça ne faisait clairement pas longtemps qu’il savait qu’il avait un fils. C’était compliqué, il fallait plus de trois mois pour devenir père, les hommes normaux en avaient au moins neuf pour se préparer mentalement, ça n’avait pas été son cas. « Lyse est morte » Il baissa les yeux vers le sol, ça expliquait sans doute plein de chose ça, au moins la raison pour laquelle Cayden était avec lui alors que de toute évidence il n’avait rien d’un père. Dans un soupire il reposa les yeux sur la jeune femme. « J’ai voulu la défendre alors je suppose que ça fait de moi un fugitif à présent. Je peux le laisser dans un camp et je peux pas le garder avec moi, si jamais il m’arrive quelque chose … Je suis pas encore mort et on est dans un orphelinat, mais je savais pas quoi faire d’autre. » Techniquement, Cayden n’était pas complètement orphelin, il n’avait qu’à moitié sa place dans cet orphelinat, mais il ne pouvait pas rester avec lui, pas maintenant qu’il était rechercher pour une pseudo trahison.

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lalalala citation ici.
des paroles par là. — titre de la chanson.
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MessageSujet: Re: ❝ you make sense of who i am ❞ (ft.meera-louise)   Dim 7 Juil - 2:13


« it's time to leave and turn to dust »

THERE IS A HOUSE BUILT OUT OF STONE. WOODEN FLOORS, WALLS AND WINDOW STILLS. TABLES AND CHAIRS WORN BY ALL OF THE DUST. THERE IS A PLACE WHERE I DON'T FEEL ALONE, THERE IS A PLACE WHERE I FEEL AT HOME. OUT IN THE GARDEN WHERE WE PLANTED THE SEEDS, THERE IS A TREE AS OLD AS ME. BRANCHES WERE SEWN BY THE COLOR OF GREEN. GROUND HAD AROSE AND PASSED IT'S KNEES. I CLIMBED THE TREE TO SEE THE WORLD. WHEN THE GUSTS CAME AROUND TO BLOW ME DOWN, I HELD ON AS TIGHLY AS YOU HELD TO ME. CAUSE I BUILT A HOME, FOR YOU, FOR ME + MEERA-LOUISE PRESCOTT & ELWOOD HARKNESS      ★ ★ ★


Il y avait eu un temps où elle avait caressé du bout des doigts un rêve déplacé, un rêve irréalisable. Un rêve destiné à ne rester qu’à l’état d’un rêve ; pauvre étudiante niaise et stupide, elle n’avait pas vu ce qui avait crevé les yeux de n’importe qui. Ils représentaient pourtant un joli couple – aux dires de beaucoup – Lyse et Elwood ; un couple que beaucoup jalousaient, détestaient. Parce qu’elle faisait partie des jolies filles de l’école, parce qu’Elwood était indéniablement un de ces golden boy bénis par mère nature, qui n’avait aucun défaut visible : même derrière la surface du physique, il avait eu toutes les qualités du monde qu’une fille pouvait souhaiter en un garçon. Meera l’avait en tout cas toujours vu ainsi, perçu ainsi – et insaisissable, par la même occasion. Intouchable, parce qu’il était son ami et que ce n’était pas sa place de le mettre dans une situation telle que celle à laquelle elle pensait sans cesse ; et parce qu’elle avait appris à apprécier Lyse avec le temps, derrière les sourires circonspects qu’elle lui offrait. Lyse était gentille, attentive, douce ; une femme idéale pour quelqu’un comme Elwood, car tout autant qu’elle cachait en elle une profonde force de lionne, elle avait été maligne, et à même de dérober le cœur du jeune Harkness, il y a bien longtemps déjà. A vrai dire, Meera et Lyse avaient longtemps eu beaucoup en commun, des causes communes, des buts identiques, qui les avaient amenées à se retrouver dans l’Ordre toutes les deux. Dans ce complexe triangle qu’ils avaient formé pendant longtemps, il n’y avait personne à détester – personne de détestable, de toute manière – et ça avait sûrement été la chose la plus compliquée à gérer pour Meera : elle aurait pu se mettre à détester Elwood pour l’incapacité qu’il avait à la remarquer elle, ou trouver quelque défaut que ce soit à la dénommée Lyse qui rendait son ami si heureux. Mais non. Non : lentement mais sûrement, elle s’était réduite à l’état de spectatrice de leur si beau amour, elle aurait presque pu assister à leur mariage en tant que témoin, sans sourciller, sans rien avoir à Elwood, rien que pour lui – leur – faire plaisir. Elle aurait pu garder leurs enfants lorsqu’ils seraient sortis en amoureux, supporter la construction de leur vie de couple s’il l’avait fallu. Peut-être. La guerre avait tout bouleversé cependant, la guerre et Azkaban bien entendu, en une gigantesque marée qui n’avait laissé dans la vie du sorcier Harkness, que ceux qui tenaient véritablement à lui : Meera était restée, Meera s’était accrochée, envers et contre tout ; contre tous. Son père qui avait, derrière les apparences, cru Elwood coupable également, sa mère qui ne trouvait aucune parole pour complètement la réconforter, les gens avec qui elle travaillait à Sainte Mangouste et qui connaissaient son lien très proche avec l’accusé. Elle était restée, elle serait restée contre tous les intempéries, plus d’années encore que celles qu’il avait passées dans cette prison. Mais en en sortant, il n’avait pensé qu’à Lyse ; Lyse qui, elle, l’avait abandonné, Lyse qui n’était plus là. Et personne n’était venu pour lui : c’était ce qu’il avait compris de la vie, ce qu’il avait hurlé à voix haute à l’adresse du destin. Ou à l’adresse de l’amie qui était restée là pour lui, bien plus longtemps, bien plus souvent et contre bien plus de difficultés qu’il ne pourrait jamais l’imaginer. A présent, elle s’en rendait pleinement compte : à chaque fois qu’elle posait un œil sur Elwood, ces ultimes répliques cinglaient son visage, résonnaient dans sa tête avec la même force que sa voix. Si fort, si nettement. Aurait-elle pu rester une décennie, un demi-siècle à ses côtés, qu’il ne s’en serait même pas rendu compte. Ca n’en avait jamais valu la peine, car tout autant qu’elle n’avait eu de cesse de le remarquer, de le voir et de l’admirer, elle n’avait été qu’une ombre faiblarde dans la vie d’Elwood, un fantôme sur lequel il n’avait attardé qu’une maigre attention. Rien. Du vent. Pas même une amitié, sans doute.

C’était du moins ce que l’homme d’Azkaban lui criait en pleine face, dans chacune des inattentions qu’il avait à son égard. Qu’avait-elle bien pu faire pour mériter ça ? C’était une question à laquelle elle ne voulait pas de réponse : peut-être que par rapport à la pétillante Lyse, elle avait été bien insipide, assez triste et inintéressante pour en devenir totalement inutile, sauf lorsqu’il avait besoin d’elle. C’était l’histoire de leur vie commune, ça : passer le bézoard, aider pour les devoirs, donner des conseils pour sa vie de couple, aider même pour son mariage. Jamais n’avait-il retourné la moindre faveur ; jamais n’avait-elle rien demandé. Cruelle erreur. Il ne lui donnerait rien, de toute manière. « Merci. » Au moins la remercia-t-il alors qu’il franchissait le seuil de sa maison, ce qui n’était pas du luxe. La prison avait rendu Elwood plus orgueilleux que jamais – presque égoïste, à croire qu’entre les deux, la limite s’était ténue au fil des années ; elle pouvait déjà s’estimer heureuse qu’il tienne assez à son aide pour marcher sur des œufs en sa présence. Merlin seul savait, pourtant, ce qu’il pouvait bien penser d’elle en réalité, ou quels égards qu’il pouvait avoir pour elle une fois qu’il obtenait ce qu’il voulait d’elle. Parfois, elle en était arrivée à se dire qu’il n’en avait cure, et qu’elle n’était que l’imbécile de pauvre fille dont il abusait de la générosité sans cesse. Mais quand bien même sa relation avec Elwood était à présent noyée sous la complexité, Meera ne pouvait pas se résoudre à laisser un enfant derrière elle, rien que pour faire comprendre au père qu’il ne pouvait pas obtenir ce qu’il voulait d’elle en un claquement de doigts rien, après lui avoir craché en pleine figure. Encore aujourd’hui, blessée et trahie, elle n’était pas orgueilleuse à ce point, elle. Aucun mot ne passa ses lèvres cependant, alors qu’elle pénétrait plus avant dans la grande demeure, poussant ses invités à en faire de même. « Tu veux bien aller voir les autres enfants là-bas ? Il faut que je parle à la dame, je reviens te voir après d’accord ? » En faisant volte-face, Meera observa de loin Elwood parler à son fils, l’air solennel et distrait à la fois, il avait manifestement l’air pris dans bien des débats intérieurs. Préoccupé. Et instinctivement, elle ne put s’empêcher de s’inquiéter distraitement pour lui, comme elle en avait trop souvent pris l’habitude : l’air fatigué et triste qu’il affichait n’indiquait rien de bon, tout comme son subit débarquement avec un fils sorti de nulle part. Ce n’était cependant pas à l’enfant de subir les actes de son père, ou les erreurs que celui-ci avait pu commettre à l’égard de la sorcière digne qu’elle essayait d’être. Aussi, elle fit signe à une fille, parmi les enfants déjà présents de la rejoindre, se penchant dans sa direction. « Il fait très beau dehors. Essaye de faire sortir les autres dans le jardin, et allez jouer avec le petit garçon, d’accord ? » L’enfant, qui ressemblait tant à Elwood, ne lui avait pas dit son nom et elle n’avait pas essayé de particulièrement lui tirer les vers du nez : car tout comme le regard de son père, les prunelles encore candides de l’enfant affichaient une certaine tristesse, palpable jusqu’au dehors. D’un fin sourire à l’adresse de la petite fille, Meera la laissa disparaître, en la voyant emmener le fils d’Elwood avec elle, en lui adressant quelques paroles. Ils étaient seuls à présent, Elwood et elle, et bien qu’elle se soit montrée chaleureuse et douce avec le petit garçon, son instinct glacial et distant revint vite au galop. D’un signe, elle fit comprendre à son ami – ou du moins, celui qu’elle considérait en tant que tel – de la suivre dans la cuisine ; à peine furent-ils entrés qu’elle ferma la porte derrière eux, bras croisés une nouvelle fois.

« Lyse, elle était enceinte quand on m’a condamné. Je le savais pas. Je l’ai appris quand elle est revenue en Angleterre, il y a trois mois. » Encore une fois, la jeune femme ne répondit rien, son regard vaquant subitement autour d’eux, n’importe où si ce n’est sur Elwood. A voir le petit garçon (et comme elle en connaissait déjà un rayon, sur les enfants), elle avait eu le temps de dresser quelques estimations sur l’âge de celui-ci, la période à laquelle il avait pu être conçu ou même combien Elwood pouvait le connaître, à en juger par le retour de Lyse en Angleterre et sa libération d’Azkaban. Au moins osait-elle espéré qu’il n’ait pas appris son existence avant qu’ils n’aient coupé les ponts tous les deux, et qu’il ait alors jugé bon de la mettre en dehors de cette histoire ; comme de beaucoup d’autres choses déjà. « Lyse est morte. » La surprise lui coupant le souffle, la brune ne put s’empêcher de lever les yeux vers Elwood, pour le dévisager un long instant. Mais lui avait détourné le regard à son tour, le poids d’une tristesse invisible pesant subitement sur lui. Les mâchoires de Meera se serrèrent l’une contre l’autre, avec la force de deux aimants entrant subitement en collision : devait-elle dire qu’elle était désolée, ou quoique ce soit ? Si Lyse était revenue ici, ça ne voulait pas pour autant dire que leur relation était au beau fixe, ou reparti sur la base qu’ils avaient connue avant que le jeune homme ne soit condamné. Restait qu’il aimait Lyse, qu’il l’avait aimée du moins comme il n’avait jamais été capable, et ne serait jamais capable, de l’aimer elle. Une main glissant dans sa nuque, ce n’est que maintenant que Meera sentit tout le poids de sa fatigue tirer sur chacun des muscles de son corps : quand elle s’agitait dans tous les sens pour surveiller tous les enfants qui vivaient ici, il n’y avait que très peu de place pour les manifestations de douleur/fatigue de son corps, mais maintenant, alors que le face à face se noyait dans la gêne, Meera sentait les cris perçants de chaque fibre d’elle-même se faire de plus en plus perçants. Entre son rôle au sein de l’Ordre et son travail de gardienne d’orphelins, elle n’avait certainement pas la moindre minute pour traiter ses crampes et autres petites douleurs. « J’ai voulu la défendre alors je suppose que ça fait de moi un fugitif à présent. Je peux le laisser dans un camp et je peux pas le garder avec moi, si jamais il m’arrive quelque chose … Je suis pas encore mort et on est dans un orphelinat, mais je savais pas quoi faire d’autre. » Prescott ne cacha pas la gêne grandissant en elle, lui empourprant subitement les joues ; dans un long soupir, elle regarda par la fenêtre à quelques pas de là : dehors, les enfants riaient et jouaient, et leurs éclats de voix lui parvenaient, à l’opposé total de l’atmosphère entre eux deux ici. Finalement, Meera se détacha de la table contre laquelle elle s’était appuyée. Dans un regard – non dénué de cette rancœur qu’elle avait encore pour Elwood, mais ce sentiment mélangé à de la peine maintenant – elle s’approcha de lui, avant de dévier sa route pour se rendre quelques pas plus loin, là où, quelques temps plus tôt, elle avait laissé traîner les bouts de verre. « Techniquement, il est orphelin. Orphelin de mère, ça s’appelle. » L’amertume teintant dans sa voix, Meera n’avait rien trouvé de mieux à dire comme premières véritables paroles ; elle faisait dos à Elwood, et elle sortit sa baguette de sa poche. L’agitant en un geste, elle fit disparaître les bris de verre encore au sol, avant de dévisager à nouveau le sorcier face à elle, son visiteur impromptu. « Je peux m’en occuper. C’est ce que je fais, de toute manière. » Peut-être cette remarque était-elle baignée de sous-entendus, mais Meera ne lui laissa pas le temps de répondre quoique ce soit, elle lui désigna une chaise, à la table à quelques mètres de là. Passant derrière les fourneaux, elle prit une bouilloire, la faisant chauffer comme l’aurait fait n’importe quel moldu – aux enfants qui vivaient ici, elle leur apprenait à savoir faire des choses sans avoir à utiliser la magie pour autant : qui serait-elle pour aller contre ces principes ? Il y avait des cracmols parmi les gamins qui vivaient dans cette maison, et elle ne voulait pas qu’ils se sentent différents des autres, ou même d’elle ; d’autant plus que préparer le thé s’avérait être le seul moyen qu’elle avait trouvé pour allonger la distance entre Elwood et elle. « Je le fais à une condition, cependant. » La sentence tomba d’une voix neutre, alors qu’elle arrivait à hauteur de la table pour y poser deux tasses. Debout devant le jeune homme, elle le dévisagea, comme si elle cherchait à sonder sous son apparence fatiguée pour deviner ses véritables intentions. « Je ne l’accueille pas pour te permettre de courir les forêts sans réfléchir pour mourir toi aussi. Si tu cherches à te débarrasser de lui pour te venger, tu ferais mieux d’aller voir ailleurs. » Ferme et impérieuse, elle arqua les sourcils : elle n’avait pas envie que Elwood meure pour une cause pareille ; et elle voyait trop d’enfants ayant perdu leurs deux parents pour pouvoir supporter ça une nouvelle fois. Elle ne voulait pas le perdre, quand bien même ces mots ne passeraient plus jamais ses lèvres. Elle s’assit finalement en face d’Elwood, tirant une chaise vers elle. « Qu’est-ce que tu comptes faire ? Tu aurais mieux fait de prendre ton fils sous le bras et prendre un congé sabbatique sur une île déserte. » Certes, cette indifférence qu’il avait eue à l’égard de la guerre jusque-là, avait toujours eu tendance à agacer Meera plus qu’autre chose, mais là, les circonstances étaient différentes. Et elle ne doutait pas qu’il en soit capable, comme il le lui avait fait si souvent comprendre depuis des mois déjà.
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≡ sa maison : gryffondor.
≡ niveau d'études : études terminées avec six buses et six aspics.
≡ sa baguette : sa baguette magique est en bois d'ébène. Elle mesure 22,5 cm et contient un poil de licorne.
≡ son patronus : un ours.
≡ son amortencia : ....
MessageSujet: Re: ❝ you make sense of who i am ❞ (ft.meera-louise)   Jeu 25 Juil - 15:17


“ you make sense of who i am  ”

I'm here again A thousand miles away from you,
A broken mess, just scattered pieces of who I am.

Meera-Louise and Elwood
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Il avait été stupide de parler à Meera-Louise comme il l’avait fait la dernière fois qu’ils s’étaient croisés. Il avait été stupide cette fois-là comme il l’avait été tant d’autres fois. Meera-Louise n’était pas la seule personne avec laquelle il s’était mal comporté. Il avait mal accueillit Lyse la première fois qu’elle était revenue vers lui et malgré les efforts qu’il avait pu faire après ça, il y avait toujours eue une partie de lui qui baignait en pleine rancœur à chaque fois qu’il la voyait. Il y aurait peut-être toujours une part de rancœur en lui quand il penserait à Lyse, même maintenant qu’elle était morte, parce qu’il n’avait jamais été capable de lui pardonner complètement de l’avoir abandonné, parce qu’elle n’avait pas su comprendre le sens de ses paroles toutes ses fois où il avait voulu la tenir éloignée de Poudlard. Parce que la rancœur bouffait une part de la douleur, allégeant légèrement un poids dans son cœur laissant les choses moins difficiles à vivre. Il ne s’était pas mieux comporter avec sa mère quand il l’avait revue, ni avec Cedrella la dernière fois que leurs routes s’étaient croisées. Il fallait croire qu’il s’acharnait à détruire toutes les relations qui avaient pu un jour composer sa vie, comme si ça pouvait lui permettre d’aller de l’avant en laissant chacun des éléments de son passé derrière lui, pourtant au lieu d’avancer, il continuait de faire du sur place, inlassablement plongé dans un passé dont quoi qu’il face, il ne pourrait jamais se défaire. Il aurait dû agir autrement avec Meera-Louise au moins, car il savait qu’elle avait été là, qu’il n’avait pas été seul à sa sortie d’Azkaban. Ce jour là, ses mots avaient dépassé ses pensées. Il aurait certainement dû lui courir après pour lui expliquer qu’il n’avait pas voulu dire ça, que c’était juste façon de parler. Elle était la seule qui ne l’avait pas laissé tomber à ce moment là. Il n’y avait pas eu personne, il y avait eu Meera-Louise. Il le savait, il lui en était reconnaissant mais il n’avait jamais su le lui dire et finalement, aujourd’hui il était peut-être trop tard pour rattraper les choses. Il aurait du le faire depuis de longs mois. Il ne l’avait pourtant pas fait et c’était une erreur qu’il pouvait ajouter à son palmarès de toutes celles qu’il avait commises jusqu’à présent. La liste était certainement bien plus longue qu’il ne voudrait bien l’avouer. Il avait changé à Azkaban et pas en bien, au contraire. Il était devenu ce pauvre type, complètement stupide et clairement égoïste qui causait bien du tord à ses gens qui ne le méritait pas. Il était incapable de savoir comment se rattraper. Il avait laissé des mois s’écouler avant de revenir vers Meera-Louise et il n’était pas venu juste pour s’excuser, il était venu avant tout parce qu’il avait besoin de son aide. Il agissait définitivement comme un pauvre type, il aurait sans doute bien mérité qu’elle l’accueille en lui collant une bonne claque en pleine face. Ça l’aurait peut-être réveillé au final. Il en aurait bien besoin, il fallait bien l’avouer, il était complètement en dehors de ses pompes depuis qu’il était sorti d’Azkaban et, la mort de Lyse n’arrangeait sans doute rien à son état bien pathétique. Il avait besoin d’aide, une aide qu’il ne méritait même pas. Meera-Louise était bien la dernière personne au monde qui lui devait quelque chose, ça aurait plutôt dû être le contraire, lui il lui devait bien des choses. Aussi bien pour ce qu’elle avait fait pour lui après Azkaban que tout ce qu’elle avait pu faire avant. Elle avait toujours beaucoup donné pour lui et de toute évidence, il n’avait jamais été capable de lui rendre la pareille. Encore une fois, il se rendait compte de la chose bien trop tardivement. Il fallait croire qu’il était particulièrement long à la détente et pour ça, il ne pouvait même pas accuser Azkaban. Il l’avait finalement toujours été, si ça n’avait pas été le cas, les choses seraient peut-être différentes aujourd’hui. Il n’aurait sans doute pas envoyé balader Meera-Louise de la façon dont il l’avait fait, ou alors il aurait réalisé bien plus vite qu’il lui devait des excuses.

Il était venu jusqu’à la demeure Prescott sans avoir la moindre idée de comment les choses allaient se dérouler. Il avait vraiment besoin d’aide et elle était la seule personne à qui il pouvait avoir envie de confier son fils. Il lui faisait confiance, depuis des années, depuis la première fois qu’il l’avait rencontrée, il savait qu’elle était digne de confiance. Et puis elle avait cette maison, elle avait cette capacité à s’occuper des enfants, à les protéger contre cette maudite guerre. Ils étaient plus en sécurité ici que dans n’importe quel camp de réfugié et s’il avait du confier le petit à sa mère, ça aurait été dans un camp qu’il aurait du vivre. Un camp protégé certes, mais qui aurait moins de mal à échapper à une attaque de mangemort qu’un orphelinat. Aussi monstrueux soient-ils, les mangemorts n’auraient que faire d’enfants orphelins, alors qu’un camp plein de nés-moldus, de traitres et de membres de l’ordre du phénix, c’était forcément bien plus intéressant. Elwood avait beau avoir du mal à réfléchir correctement, il n’avait pas mis beaucoup de temps avant de comprendre que Cayden serait bien plus en sécurité ici qu’à Craik. Il n’avait pas hésité longtemps avant de venir jusqu’ici, alors même qu’il avait la conviction que Meera-Louise ne l’accueillerait pas à bras ouverts. Tout ce qui comptait pour l’heure, c’était Cayden et pour son fils, il pouvait bien affronter la rancune que Meera devait dès à présent porter à son égard et les regards qu’elle lui lançait, en disaient long sur le sujet. Elle lui en voulait, c’était clair comme de l’eau de roche, mais au moins, elle ne lui avait pas fermé la porte au nez. Il l’avait suivie à l’intérieur de la maison et alors que son fils s’éloigné vers l’extérieur en compagnie d’autres enfants, il avait bien du mal à le quitter du regard. Depuis des jours qu’il était avec lui, il n’osait qu’à peine le quitter des yeux. Il n’avait aucune idée de comment gérer un enfant de quatre ans qu’il connaissait à peine et qui venait de perdre sa mère, il était de toute évidence incapable de se gérer lui-même, alors s’occuper d’un enfant, c’était une chose bien difficile. Il savait cependant que pour commencer, ne pas le laisser lui filer entre les doigts était la meilleure chose à faire et si Cayden tenait de lui, esquiver la surveillance parentale serait une chose aisée pour lui. Il s’était donc acharné à toujours avoir un œil sur le petit garçon et pourtant, il était temps qu’il le lâche un peu pour se concentrer d’avantage sur Meera-Louise, de toute façon, ici, il ne lui arriverait rien. Il se focalisa sur cette pensée avant de quitter enfin le gamin des yeux pour suivre, non sans une légère hésitation, la jeune femme jusque dans la cuisine. Ils n’étaient plus que tous les deux, bien loin des enfants qui jouaient dehors, ainsi, il en profita pour lui raconter les raisons de sa présence ici. Il s’était pointé devant sa porte avec un fils dont forcément, elle ignorait l’existence. Il lui devait bien des explications, tout comme Lyse avait du lui en fournir quand quelques mois plus tôt elle était revenue vers lui avec cette nouvelle particulièrement troublante. Il devait tacher de lui expliquer également pourquoi il avait besoin de son aide, la mort de Lyse, en évitant les détails simplement pour ne pas avoir à se replonger dans cette journée qui hantait pourtant son esprit à présent. Quand ce n’était pas Azkaban qui revenait en force dans ses cauchemars, c’était le corps de Lyse. Pour pallier à ce genre de vision, il avait définitivement décidé d’arrêter de lutter contre les insomnies, s’il ne dormait quasiment plus la nuit ce n’était pas pour se replonger là-dedans en pleine journée, bien que la seule évocation de la mort de son ex-fiancée suffisait à ramener les images à son esprit.

Il reposa son regard sur la jeune femme alors qu’elle s’adressait à lui. Cayden était orphelin de mère, certes, elle avait raison, mais il se serait bien passé de la piqûre de rappel qui le fit baisser les yeux vers le sol. Il ne trouva rien à répondre, de toute façon, il n’y avait rien à ajouter. Il releva la tête quand elle lui annonça qu’elle voulait bien s’en occuper, lui arrachant ainsi un léger soupire de soulagement auquel il n’ajouta rien, s’empressant de rejoindre la chaise qu’elle lui avait désigné. Il ne la lâcha pas des yeux alors prêt à écouter les conditions qu’elle voulait lui imposer. Il était prêt à les respecter, de toute façon, il n’avait pas vraiment le choix, il la connaissait suffisamment bien pour savoir que si elle avait des conditions, il avait plutôt intérêt à les respecter. L’évocation des dites condition fut moins terrible que ce qu’il avait imaginé. Il n’avait pas envisagé d’aller se venger. Il n’avait pas envie de courir après Fleming pour se venger, tout comme malgré ses dires, il n’avait jamais cherché Sansa pour lui faire payer ce qu’elle lui avait fait. Bien qu’il sache pertinemment où est-ce qu’il pourrait les trouver ces deux là. S’il avait besoin de laisser son fils quelque part en le sachant en sécurité, ce n’était pas parce qu’il visait un but aussi absurde que la vengeance. Il aurait fallu être fou pour décider d’éliminer un sorcier comme Fleming, il était clair que le fuir était la meilleure chose à faire. Elwood avait appris à être lâche ces dernier temps et si fuir le sorcier faisait de lui encore plus un lâche qu’auparavant, il était prêt à l’accepter, mieux valait être lâche que complètement suicidaire. « Je ne cherche pas à me débarrasser de lui, pas plus que je ne cherche à me venger. » Il n’avait pas l’intention de se débarrasser de son fils, il n’allait pas le laisser là pour ne plus jamais revenir. C’était une solution temporaire. Il reviendrait vers le petit, pas question de l’abandonner complètement simplement parce qu’il ne savait pas comment le gérer. Il ne put retenir un léger rire ironique suite à la réplique de son interlocutrice. S’isoler sur une île déserte avec son fils, venant d’elle c’était carrément ironique selon lui, après tout elle avait fait partie de ceux qui avaient voulu le convaincre de s’impliquer dans la guerre au lieu de la fuir comme il le faisait si bien. « Est-ce que ce serait moins lâche et égoïste que de rester tranquillement au fond d’une librairie ? » Au final, ça reviendrait au même, s’il avait regardé les mangemorts s’en prendre aux habitants de Pré-Au-Lard sans bouger le petit doigt, partir loin d’ici en ignorant la guerre, c’était exactement la même chose, ce qu’elle-même lui avait reprocher quelques mois plus tôt. « Cersei-Jane. Elle s’est enfuie, à cause de son père, une histoire compliquée à la Harkness. Il faut que je la retrouve. » Il le fallait avant que quelqu’un d’autre ne s’en charge, que ce soit Doezwal, qui l’épargnerait sans doute mais qui lui ferait vivre l’enfer ou bien Sansa qui serait sans doute ravie de la voir morte, l’ayant déjà menacée quelques années plus tôt afin que personne ne plaide en sa faveur à lui, qu’il reste en prison pour ses crimes à elle. Fleming lui-même la tuerait s’il devait croiser sa route, il connaissait son existence et pour une raison qui échappait complètement au sorcier, il semblait avoir décidé de lui pourrir la vie. « J’ai appris récemment que si on m’avait laissé pourrir à Azkaban c’était pour la protéger de Sansa. » Ce serait idiot d’avoir passé quatre ans à Azkaban pour rien, si Cersei devait mourir à présent, ça rendrait ces quatre années, marquées à jamais dans son esprit, encore plus difficile à supporter. « Mon père est mort en essayant de la protéger. J’ai pas forcément envie de finir comme lui, mais je peux pas la laisser tomber. Je pense pas pouvoir encaisser de la perdre aussi. » Il était clair que s’il devait perdre Cersei à présent, il serait bon pour la partie psychiatrique de l’hôpital de sainte mangouste. Entre chaque nouvelle qui s’abattait sur lui, il n’avait même pas le temps de souffler et de permettre à son esprit d’accepter les choses, forcément, si ça continuait comme ça, il allait devenir complètement fou. Il laissa échapper un léger soupire avant de reprendre. « Et puis quel genre de père je ferais si je laissais à jamais passer Cayden comme le fils du type qui a passé la guerre enfermé dans une librairie puis tranquillement sur une île déserte ? » Le pauvre garçon serait déjà à jamais le fils d’un taulard, autant essayé maintenant de ne pas le faire passer pour le fils de l’homme le plus lâche de tout le royaume unis. S’il n’avait pas bougé après les réflexions de Meera-Louise ou celles de Cedrella, il était quand même peut-être temps qu’il bouge, au moins pour son fils ou pour la mémoire de Lyse qui elle, avait eu le courage de se battre.


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lalalala citation ici.
des paroles par là. — titre de la chanson.
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MessageSujet: Re: ❝ you make sense of who i am ❞ (ft.meera-louise)   Mar 6 Aoû - 14:41


« it's time to leave and turn to dust »

THERE IS A HOUSE BUILT OUT OF STONE. WOODEN FLOORS, WALLS AND WINDOW STILLS. TABLES AND CHAIRS WORN BY ALL OF THE DUST. THERE IS A PLACE WHERE I DON'T FEEL ALONE, THERE IS A PLACE WHERE I FEEL AT HOME. OUT IN THE GARDEN WHERE WE PLANTED THE SEEDS, THERE IS A TREE AS OLD AS ME. BRANCHES WERE SEWN BY THE COLOR OF GREEN. GROUND HAD AROSE AND PASSED IT'S KNEES. I CLIMBED THE TREE TO SEE THE WORLD. WHEN THE GUSTS CAME AROUND TO BLOW ME DOWN, I HELD ON AS TIGHLY AS YOU HELD TO ME. CAUSE I BUILT A HOME, FOR YOU, FOR ME + MEERA-LOUISE PRESCOTT & ELWOOD HARKNESS      ★ ★ ★


C’était dans une autre vie, lui semblait-il, qu’elle avait pu s’imaginer mener cette guerre de front en compagnie d’Elwood. Avec quelqu’un qui se battait pour les mêmes principes qu’elle – à n’en pas douter – quelqu’un qui aurait eu la même foi en l’humain qu’elle. Ces idéaux s’étaient envolés lorsqu’elle avait croisé le regard froid et vide de l’ex-prisonnier qu’elle avait si loyalement attendu. D’où pouvait bien provenir cette dévotion qu’elle n’avait que trop longtemps eue à l’égard d’Elwood ? Elle était de la maison des Serpentard après tout, certainement pas – en principe du moins – le genre de caractère se devant de dépendre de quelqu’un d’autre pour subsister. C’était ce qui faisait le plus mal, ce qui était le plus désagréable dans toute cette histoire – la seule âme dont elle s’était sentie avoir besoin dans cette guerre, n’en avait rien eu à faire d’elle, et lui avait craché une haine glaciale en plein visage. Pire encore que la haine, l’indifférence d’Elwood avait participé à rompre définitivement le lien qu’elle avait entretenu avec tant d’acharnement, des années durant. Pas seulement pendant l’enfermement de son ami à Azkaban, quand elle était persuadée – contre vents et marées – de son innocence, mais à Poudlard déjà, quand il l’ignorait si aisément lorsque Lyse ou n’importe qui d’autre venait à entrer dans le décor. Finalement, avec du recul, la distance qu’elle avait laissée, palpable et gênante, entre elle et Lyse n’avait été que déplacée : Lyse ne faisait, elle, aucun faux pas, elle se contentait de répéter la même erreur que Meera elle-même, aimer quelqu’un. Aimer Elwood, d’une certaine manière. Lyse avait simplement été plus chanceuse, et c’était à présent sans vergogne que la brune laissait apparaître toutes les rancœurs qu’elle portait en elle : depuis Poudlard, depuis le reste de leur vie en dehors de l’école, depuis l’instant où il lui avait annoncé, tout sourire, qu’il allait se marier. Qu’il en aimait une autre, au point de vouloir construire sa vie avec, fonder une famille. Elle ne répéterait pas deux fois les mêmes erreurs, c’était ce que la ritournelle d’une voix distraite et généreuse lui murmurait au creux de l’oreille : Cayden, quand bien même s’imprimaient sur son visage les traits de ses deux parents, de leur amour si beau et si pur, n’était en rien responsable pour les faux pas de son père. Il ne connaissait même rien d’elle, la pauvre et pitoyable amie qui était restée dans les environs pour le moment clément où Elwood sortirait de prison : parce qu’évidemment, il était dans le concept même de l’amie idiote et stupide, de s’accrocher à l’espoir qu’un jour, la vérité éclaterait au visage du reste du monde, et qu’elle, elle serait la dévouée épaule sur laquelle se reposer, l’oreille attentive pour panser les plaies. Elle n’avait simplement, jamais rien été de tout cela, juste un parasite à l’existence d’Elwood, quelqu’un qui aurait mieux fait de poursuivre son propre chemin, faire sa propre vie sans honte ni remord, lorsqu’ils s’étaient retrouvés séparés : Elwood aurait sûrement préféré que ce soit Lyse plutôt qu’elle, qui l’accueille à la sortie de prison, et chacun des actes commis par Meera n’avaient été que vains dans l’océan d’indifférence du jeune homme. Il s’était contenté de s’accrocher à l’absence de Lyse, au silence de sa famille, à tout ce temps qu’il avait perdu lui-même, à la haine qu’il avait envers ceux qui n’étaient pas là – la seule qui avait été là, finalement, avait été le bouc-émissaire, l’image typique de la pauvre fille qui est définitivement trop naïve pour l’homme qu’elle a en face d’elle – par Merlin, et dire que ça avait été pourtant si évident d’ouvrir les yeux. Il lui avait pourtant fallu des années pour se rendre à l’évidence – des années, et une bien désagréable métamorphose de la part d’Elwood ; si tant est qu’elle avait pu en vouloir un tant soit peu à son ami d’autrefois, il était on ne peut plus aisé de détester un être comme le Elwood avec qui elle avait échangé de dernières paroles cinglantes.

Les ressentiments qu’elle entretenait pour Elwood avaient au moins pour effet – vicieux – de la faire se concentrer sur l’essentiel ; je te l’avais dit brûlait ses lèvres tandis qu’il ressassait le douloureux passage de la mort de Lyse – qu’est-ce qu’il pouvait bien attendre d’elle ? Qu’elle fasse preuve de compassion ? Plus le temps avançait dans cette guerre lugubre, plus elle avait le sentiment d’avoir déjà déversé trop de sa compassion sur le monde, pour des gens qui ne la méritaient pas nécessairement : ces enfants, dehors, qui avaient besoin de sourire, de pouvoir vivre normalement, eux, méritaient grandement les rares relents de compassion dont elle pouvait encore faire preuve. Quitte à devoir économiser des sentiments aussi douloureux à produire pour du vide, elle préférait s’en donner à cœur joie, et les offrir en lueur d’espoir à ceux qui en avaient le plus besoin. Lorsque cette guerre serait finie, ce serait au Ministère de la Magie – si tant est qu’il s’en sorte – de décider du sort de tous ces enfants, de chercher à savoir s’ils avaient encore la famille, ou s’ils ne seraient que des gamins perdus dans le système imprenable d’une société noyée sous les conséquences de la guerre. Leur vie à venir, que la guerre se prolonge pour des années ou s’arrête d’ici quelques mois, ne serait pas toute rose, et Meera n’avait plus de temps à perdre dans des efforts vains. Si Elwood s’était contenté de détourner le regard de la guerre, de l’ignorer ouvertement et sans le moindre remord, la guerre, elle, n’avait pas épargné Elwood : c’était la base même des systèmes de cause à effet, il avait eu la bêtise de se stationner dans l’avant-garde des Mangemorts – Pré-Au-Lard – et de croire que son non-investissement suffirait à lui sauver la mise. Mais le chaos s’immisçait partout, le malheur brisait toutes les vies, même celles des sorciers les plus neutres, et d’ici peu sans doute, celles de moldus qui n’avaient rien demandé à personne, et ignoraient même l’existence du monde magique. Les Mangemorts, Lord Voldemort – ils n’épargneraient personne, c’était là tout le drame de cette guerre. S’ils ne pouvaient, même, s’ils savaient qu’un tel foyer pour enfant existait, ils viendraient sans doute ici, rien que pour trancher net la survivance des nés-moldus, des cracmols et des traitres qui se trouvait ici : chaque jour, Meera se levait avec cette crainte au creux du ventre, chaque soir, elle s’endormait en s’assurant que toutes les sécurités étaient mises en place, et que tout était prêt au cas où ils doivent abandonner les lieux subitement. Bien entendu, elle ne pouvait pas attendre de son ami de savoir tout ça : il s’en fichait éperdument, s’en était du moins fichu jusque-là, mais peut-être que le sort de son fils l’intéresserait assez pour qu’il sache ce que le mot guerre signifiait. Il était synonyme de mort, pas seulement celle de Lyse, mais celle de beaucoup d’autres – synonyme d’orphelins, d’enfants sans parents, des enfants venant de Pré-Au-Lard, même, à quelques centaines de mètres à peine du Troisième Œil. Des enfants qui avaient dû fuir Poudlard, ce même château qui se trouvait à peine un kilomètre dans les hauteurs du village où Elwood avait demeuré si impassible. C’était toute l’ironie de l’existence de le voir débarquer ici, avec ses grandes assurances brisées en mille morceaux, il avait cru que ce jour n’arriverait jamais. Meera, elle, avait su que tôt ou tard, son passé, sa famille, la guerre elle-même finirait par le rattraper – et elle ne pouvait s’empêcher de se sentir si en colère contre lui. S’il l’avait écoutée, peut-être que ça aurait changé quelque chose. Pour lui, pour son fils, pour d’autres enfants. Pour eux. « Je ne cherche pas à me débarrasser de lui, pas plus que je ne cherche à me venger. » Soufflant d’un air dédaigneux, la brune exposa sans un mot les doutes qu’elle avait sur cela : peut-être ne cherchait-il pas à le faire pour le moment, mais dans ces combats incessants, tout pouvait basculer en un claquement de doigt. C’était un droit humain, une justice viscérale que d’essayer d’obtenir vengeance, un jour, cela finirait par dévorer Elwood tout autant que ça pourrait la dévorer elle, si quelque chose devait arriver à l’un des siens à cause de quelque Mangemort que ce soit. Et quand bien même il cherchait à le cacher depuis les mois qui constituaient sa nouvelle liberté, Elwood Harkness était simplement un être humain, alignant les erreurs, et incapable d’imaginer, bien souvent, la virulence des sentiments qui continuaient de dormir en lui.

Le ricanement sarcastique de son ami ne manqua pas d’échapper à Meera, qui leva vers lui un regard mi-sévère, mi-interloqué ; oh elle savait très bien pourquoi il affichait une telle ironie devant les paroles qu’elle venait de tenir, mais Elwood croyait sans doute qu’il était plus honorable de détourner le regard pour sauver sa peau plutôt que de le faire pour sauver la vie de quelqu’un à qui l’on tenait. La jeune femme, elle, ne reprochait pas à sa mère d’être partie, d’avoir pris un congé sabbatique à sa manière, à l’autre bout du monde : elle le méritait, et Meera se savait totalement incapable de faire la part des choses, de penser clairement si sa mère, le dernier restant de sa famille, devait se mêler à cette guerre. « Est-ce que ce serait moins lâche et égoïste que de rester tranquillement au fond d’une librairie ? » « Oui ça l’est. » Répondit-elle de but en blanc, les sourcils froncés et le visage fermé, avant de reprendre, d’un air moins contrit, mais guidée par une logique implacable – du moins, ce que lui dictaient chaque parcelle de son esprit. « Ou peut-être que tu veux me dire pourquoi tu restais tranquillement au fond d’une librairie, si ce n’est pour toi-même. » Bien entendu, elle lui adressait un jugement bien sévère, mais sans doute le méritait-il, ne lui avait-il pas, lui, craché en pleine figure ce qu’elle ne méritait absolument pas ? Il avait déversé sur elle la haine qu’il entretenait pour tous ceux qui l’avaient abandonné, sur elle, autrement dit, la seule personne qui ne l’aurait jamais, au grand jamais mérité : quand il avait décidé de vivre avec Lyse, après Poudlard, elle ne l’avait pas laissé tomber. Quand il lui avait annoncé son stupide mariage, elle ne l’avait pas laissé tomber. Azkaban n’était qu’un énième composant de l’interminable supplice qu’elle traversait depuis des années, pour lui, alors pour ça, pour ces années de service rendu, elle méritait bien de pouvoir délier sa langue, pour quelques minutes. « C’est ça qui a coûté la vie de Lyse. Elle faisait partie de l’Ordre, et je suis bien placée pour le savoir – elle avait un fils et elle faisait partie de l’Ordre. Et par Merlin, je ne sais pas du tout ce qui peut pousser des gens à être si égoïstes, mais crois-moi que si tu vivais ne serait-ce qu’une journée dans cette maison, tu saurais que protéger ton fils est bien plus honorable que protéger tes propres intérêts. » Peut-être qu’Elwood n’avait pas songé, à ce qui arriverait à son fils s’il devait mourir, ici, pendant cette guerre, en se comportant de la manière aussi honorable que Lyse l’avait fait. Elle ne voulait pas y songer elle-même, à chaque fois qu’elle regardait tous ces enfants autour d’elle : un jour, le Ministère les lui reprendrait, parce que c’était ainsi que le monde tournait. Ici, ce n’était qu’une étape illusoire, un havre de paix dans un monde en guerre, mais la guerre avait ouvertement bouleversé la vie de tous ces gamins, là-dehors, et maintenant elle le savait jusqu’au plus profond de ses entrailles, Meera n’aurait jamais permis qu’une chose pareille arrive à ses propres enfants. Bien entendu, il n’y avait personne à blâmer pour le destin que certains choisissaient, la cause en laquelle ils croyaient – c’était ainsi, et Elwood ne l’écouterait de toute manière pas. Il ne l’avait jamais fait. Meera finit par faire volte-face, pour rejoindre une bouilloire qui à présent, sifflait d’un bruit aigu. Trouvant un torchon à proximité, elle attrapa celle-ci pour remplir leurs deux tasses, et s’asseoir à nouveau dans un long soupir. « Cersei-Jane. Elle s’est enfuie, à cause de son père, une histoire compliquée à la Harkness. Il faut que je la retrouve. » Un instant, la jeune femme dévisagea Elwood, incrédule. Les histoires des Harkness demeuraient parmi les plus compliquées qui soient, et Meera n’en avait eu qu’un bref aperçu, à travers les récits de Cersei-Jane elle-même. « Je sais. Je l’ai vue, il y a quelques semaines. Je l’ai aidée, et elle est repartie. » Et rien que pour ça, rien que pour Cersei-Jane, Meera avait toujours trouvée plus scandaleuse encore l’inaction d’Elwood : peut-être ne savait-il pas, à l’époque ; elle n’avait pas cru bon d’en parler. Parce que Cersei-Jane était déjà perdue, quelque part dans le grand pays qui s’étendait autour d’eux, et qu’elle avait préféré garder le silence plutôt que d’imaginer son ami hausser les épaules avec indifférence devant les desseins de sa cousine. « J’ai appris récemment que si on m’avait laissé pourrir à Azkaban c’était pour la protéger de Sansa. »

La brune perdit son regard sombre dans la tasse de thé devant elle, regardant le liquide tournoyer juste sous ses yeux, l’air chaud s’élevant à hauteur de son visage. « Mon père est mort en essayant de la protéger. J’ai pas forcément envie de finir comme lui, mais je peux pas la laisser tomber. Je pense pas pouvoir encaisser de la perdre aussi. » Elle souffla vaguement, pinçant les lèvres dans un silence de plomb : si elle avait eu le loisir de parler quelque peu avec une Cersei-Jane qui avait bien grandi, Meera savait pertinemment que celle-ci avait du mal à supporter tous les songes qui se bousculaient dans sa tête : ne manquait plus qu’elle apprenne qu’elle soit à la fois responsable de la condamnation de son cousin et de la mort de son oncle, pour que les choses deviennent encore plus compliquées pour elle. « Et puis quel genre de père je ferais si je laissais à jamais passer Cayden comme le fils du type qui a passé la guerre enfermé dans une librairie puis tranquillement sur une île déserte ? » Elle reposa bruyamment sa tasse, dans un bruit de porcelaine contre le bois, avant d’observer à nouveau Elwood. Sa cause si tant est qu’elle puisse la juger, semblait être bien plus honorable qu’une quelconque vengeance ou qu’un simple désir de faire quelque chose, maintenant qu’il n’avait plus rien à perdre et que sa vie paisible s’en retrouvait bousculée. « Je peux t’aider. » D’un regard soigneux, Meera observa autour d’eux, pour s’assurer qu’aucun enfant n’était alentours et qu’aucun problème ne perturbait le groupe qui jouait dehors. Les sortilèges dressés alentours empêchaient les enfants de sortir sans autorisation préalable, et empêchait qui que ce soit d’entrer sans que ça ne déclenche le branlebas de combat. La maison des Prescott, ici, ressemblait à s’y méprendre à un havre de paix, mais la brune, elle, avait peu l’occasion d’oublier que dehors, le monde était en guerre. « Je peux t’aider à retrouver Cersei-Jane. La dernière fois que je l’ai vue, elle était au camp de Craik. Je lui ai donné d’autres moyens de rejoindre d’autres camps, mais je sais qu’elle passe la plupart du temps seule, elle n’a pas spécialement le choix. » Fugitifs, rafleurs, Mangemorts, la jeune Harkness faisait partie de ces rares malchanceux qui pouvaient avoir des ennemis partout : certaines personnes parmi les « traitres et les fuyards » la reconnaissaient à cause de son père, les rafleurs et les Mangemorts quant à eux, sauteraient pour la plupart sur l’occasion de la ramener à son père. Si Cersei-Jane avait été quelque peu évasive sur la plupart des troubles qui dévoraient son quotidien, Meera avait eu l’occasion d’en saisir l’essentiel. « Je peux contacter différentes personnes à travers le pays, pour voir s’ils ont pu la voir depuis que tu l’as perdue. » Elle fit une brève pause, son doigt caressant le contour de sa tasse, comme si elle cherchait un vague courage pour finir par ajouter : « Mais ça risque de prendre du temps, c’est difficile d’être en contact, quand la plupart des moyens de communication sont surveillés. » La radio pirate demeurait comme étant le meilleur moyen pour l’Ordre d’échanger des informations, mais encore une fois, il fallait laisser le temps au message de se diffuser. Finalement, Meera ouvrit à nouveau la bouche, avec la ferme intention de poser la question qui lui brûlait les lèvres. « Et qu’est-ce que tu vas faire, quand tu l’auras trouvée ? Son père ne va sûrement pas s’arrêter là… ni tous les rafleurs qui la cherchent. Ni cette guerre. » Sa question n’était en rien une accusation, juste une préoccupation qui embrumait son esprit : Cersei-Jane ne pouvait pas rester très longtemps en place, c’était ce qui la faisait fuir avec tant d’acharnement et quand bien même Elwood lui trouvait un endroit sûr, elle ne cesserait jamais de courir, tant qu’il y aurait quelqu’un pour la poursuivre.
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≡ son amortencia : ....
MessageSujet: Re: ❝ you make sense of who i am ❞ (ft.meera-louise)   Lun 12 Aoû - 16:18


“ you make sense of who i am  ”

I'm here again A thousand miles away from you,
A broken mess, just scattered pieces of who I am.

Meera-Louise and Elwood
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Elwood n’avait de cesse de commettre des erreurs. Depuis qu’il avait quitté sa sombre cellule d’Azkaban, il ne faisait que ça, encore et encore. Il en avait commis une quand il avait reproché à tout le monde de l’avoir laissé tomber face à Meera-Louise qui elle avait pourtant été là. Elle était venue quand il était sorti d’Azkaban, elle avait été le seul visage familier qui s’était dessiné dans la foule. Elle ne l’avait pas laissé tomber, elle ne l’avait jamais laissé tomber. C’était sans doute son erreur à elle ça, être restée quand tous les autres été partis, avoir été la seule à se retrouver face à ce qui restait d’Elwood, être la seule à en payer les conséquences. Il n’aurait pas dû être si sévère avec elle. Il fallait croire qu’une partie de lui avait besoin de causer encore plus de dommages à ce qui restait de sa vie. Il ignorait pourquoi il avait agit ainsi, quoi qu’au fond la réponse était assez simple, il était devenu un pauvre nase complètement blasé par la vie qui se devait de trouver quelqu’un sur qui décharger tout ce qu’il avait sur le cœur. Il avait fallu que cette personne soit Meera-Louise. Elle avait été là au mauvais moment, essayant de le convaincre de s’engager dans cette guerre qui le dépassait. Il ne voulait pas s’engager, il ne voulait pas qu’on le lui reproche, c’était pourtant ce qu’elle avait fait ; alors comme dans une stupide stratégie de défense, il s’en était pris à elle. Il aurait pourtant dû l’écouter ce jour là, mais il avait préféré continuer de commettre des erreurs. Son indifférence en avait été une de plus à son palmarès. Son indifférence. Ça n’avait été que de la foutaise. Il n’avait jamais été complètement indifférent à cette guerre. C’était ce qu’il voulait. Ne pas s’intéresser, ne pas s’inquiéter pour le reste du monde, rester là impassible à regarder les choses se dérouler devant ses yeux et ainsi, être protéger de la guerre. Mais il n’avait pas fait preuve d’indifférence quand il avait hébergé Blodwyn chez lui, il n’avait pas fait preuve d’indifférence en ramenant Cersei-Jane à la librairie ne serait-ce qu’une soirée et il n’avait certainement pas fait preuve d’indifférence quand Fleming s’était pointé dans la petite librairie où lui, il s’acharnait à rester cacher. Le mangemort l’avait bien vu que malgré ce qu’il voulait bien en dire, il n’était pas aussi neutre qu’il le prétendait. C’était peut-être pour ça qu’il avait tué Lyse juste devant ses yeux, pour lui prouver qu’il se soucier d’autrui plus qu’il ne l’aurait voulu. Il ne pouvait s’empêcher de se dire que s’il n’avait jamais croisé le mangemort, s’il ne lui avait jamais adressé la parole, Lyse serait sûrement encore en vie à l’heure actuelle. Son décès ne semblait être finalement que la conséquence d’une de ses nombreuses erreurs à lui. S’il avait été fichu d’écouter Meera-Louise quand elle était venu dans la boutique pour essayer de le convaincre de se bouger les puces au lieu de rester en totale inaction au fond de sa boutique ; s’il avait écouté Cedrella quand elle aussi l’avait averti – à sa manière – qu’il fonçait droit dans le mur peut-être que Lyse serait encore vivante. Il avait été trop borné pour écouter les conseils qu’on avait lui donner, il était trop rancunier pour oublier Azkaban et ses conséquences et simplement avancer au lieu de resté coincé sur place comme un idiot. Voilà où il en était aujourd’hui ; à chercher quelqu’un pour s’occuper de son fils alors qu’il avait presque lui-même assassiné sa mère. C’était peut-être pour ça qu’il n’avait au fond aucune raison de chercher la vengeance. Fleming l’avait tuée parce que c’était dans sa nature, c’était lui qui avait fauté alors qu’il avait presque servie la jeune femme sur un plateau d’argent au mangemort. Pour-sûr, il en voulait à Fleming, il voudrait le voir mourir dans d’atroce souffrance, payer pour ce qu’il avait fait à Lyse ou à tous les autres qui avaient croisés un jour son chemin et qui aujourd’hui n’étaient plus en position d’en témoigner ; la liste de ses personnes devait être très longue selon Elwood. Cependant, il s’en voulait sans doute autant qu’il en voulait au mangemort et croiser la route de Moses Fleming ne serait qu’un bon moyen de retourner d’avantage le couteau dans la plaie, car il était clair que le mangemort était doué pour tirer sur les cordes sensibles. Fleming avait finalement bien plus de talents qu’on voudrait bien lui en accorder, malheureusement ce n’étaient clairement pas des talents qui lui vaudrait de recevoir un jour le prix Nobel de la paix.

Non, il ne cherchait pas la vengeance. En plus de ne pas savoir à qui il en voulait le plus dans cette histoire, il savait que c’était stupide, risqué et parfaitement suicidaire. Il avait vu Fleming agir et même s’il avait un orgueil assez mal placé, il n’oserait prétendre pouvoir tenir tête au mangemort bien longtemps. Il était clair que ce type était un grand malade, un psychopathe en puissance qui semblait bien s’éclater en tuant des innocents, en tout cas, il avait carrément eu ce sourire malsain sur les lèvres quand il était sorti de la boutique, un sourire à faire frissonner les plus braves (Elwood n’en faisait carrément pas parti de ceux là). La vengence, c’était finalement un acte de pure folie qui poussait les gens à sous estimer leurs adversaires. Elwood avait pourtant appris, durant sa formation pour devenir Auror, qu’il ne fallait jamais sous estimer son adversaire. On lui avait dit, on lui avait redit et pourtant, il avait trouvé le moyen d’oublier ses sages paroles une fois. Il s’était ainsi retrouvé à Azkaban. sa sœur jumelle, forcément qu’il n’avait pas imaginé une seule seconde qu’elle pourrait être aussi mauvaise, qu’elle pourrait mettre à exécution un plan qu’il pourrait aisément qualifier de diabolique, pour l’envoyer lui en prison, plutôt qu’elle. Il avait sous estimer Sansa-Ruth de trop nombreuses fois et ce n’était clairement pas en sa faveur. Elle avait été le point de départ de nombreux de ses problèmes. Elle l’avait envoyé à Azkaban, sombre période qui marquerait son existence à jamais. Encore une fois, il devait admettre que Meera-Louise avait raison et cette fois, il ne chercherait pas à la contredire ou à la repousser avec des paroles aussi blessantes qu’insensées comme il l’avait fait bien des moins plus tôt. A la réplique de la sorcière, il haussa légèrement les épaules, s’il était resté si longtemps enfermé dans cette librairie, c’était pour lui-même et pour personne d’autre, il ne pouvait pas le nier. « Non, je ne peux pas. Il n’y a pas d’autres raisons. » Oui forcément, partir sur une île déserte pour protéger son fils, ce serait moins lâche et égoïste que de se cacher dans une librairie pour ne sauver que ses propres fesses. C’était clairement ce qu’il avait fait, ce qu’il aurait voulu continuer à faire. Au moins, avant qu’il commence à s’inquiéter de nouveau pour autrui, tout allait presque bien dans sa vie, les mangemorts ne venaient pas souvent le faire chier et tant qu’il se comportait bien, ils n’avaient aucune raison de le faire. Elle avait raison, ça avait été lâche et égoïste, il l’avait réalisé trop tardivement, il l’avait réalisé parce que trop de gens étaient morts à cause de lui. Il ne pouvait plus resté dans cette librairie, c’était fini. En essayant de protéger Lyse, il était devenu officiellement un traitre, maintenant il devait protéger son fils et peut-être que le confier à Meera-Louise n’était pas la meilleure solution au monde, disons que ce n’était pas la meilleure façon de prouver qu’il s’investissait dans la vie de son enfant. Mais il avait compris qu’il ne pouvait pas, ou du moins qu’il ne voulait pas, juste s’enfuir sur une île déserte avec lui en oubliant tous ceux qui comptaient pour lui. « Je le sais maintenant. La dernière fois qu’on s’est vus, c’était différent. » Evidemment, à cette époque là, il n’avait pas pu prétendre vouloir protéger son fils, il n’était même pas au courant qu’il avait un fils. « Je sais que je me suis comporté comme un abrutit. Je voulais juste … faire en sorte de ne pas y retourner. » C’était bien pour ne pas retourner pourrir au fin fond d’une cellule d’Azkaban qu’il avait, pendant si longtemps fait preuve de toute la neutralité dont il était capable. Maintenant, c’était fini, en tant que traitre, c’était là où on l’enverrait si on devait lui remettre la main dessus. Il avait levé les yeux sur la sorcière alors que cette dernière était partie chercher la bouilloire. Elle aussi elle avait croisé Cersei-Jane, avant qu’elle ne disparaisse comme elle l’avait fait avec lui. Elle était repartie, elle repartirait toujours, à moins que cette fichue guerre ne s’arrête enfin, ce qui au fond semblait parfaitement impossible pour le moment. Il voulait aider sa cousine, il voulait s’assurer qu’elle survive à cette guerre, qu’elle n’ait pas à finir comme Lyse parce que son imbécile de père aurait compris qu’après dix-sept ans de silence, il était clairement trop tard pour essayer de refaire son éducation, ou parce que Sansa-Ruth serait enfin passée à l’acte, toujours aussi méprisante envers la jeune femme. Il pouvait aussi compter Fleming dans la liste de ceux qui se feraient un plaisir de réduire l’étudiante au silence. La liste était longue, les autres mangemorts, les rafleurs, tous ceux là pourraient avoir raison d’elle et il ne voulait pas la perdre. Il était capable – non sans difficultés – d’accepter d’avoir passé quatre ans à Azkaban pour la protéger (c’était plus honorable que de se dire qu’il avait perdu inutilement quatre années de sa vie) mais il était clair qu’il ne saurait accepter de la perdre elle aussi.

Il avait continué d’expliquer la situation à la jeune femme, le nez plongé sur la tasse de thé qu’elle lui avait servie et pour laquelle il l’avait remerciée d’un léger signe de tête, alors qu’il continuait de parler de la situation désastreuse de sa famille et de sa volonté de protéger sa cousine. On lui avait déjà pris son père, sa sœur – la Sansa qu’il considérait comme sa sœur était morte à ses yeux – ainsi que son ex-fiancée, il ne voulait pas qu’on lui prenne également celle qui considérait comme la seule sœur lui restant. La réponse de son amie lui fit relever la tête. Elle pouvait l’aider d’après ses dires. Une aide qui ne se refusait pas. Il écouta ses paroles, elle l’avait vue au camp de Craik, lui il avait du arriver trop tard, la seule personne qu’il avait retrouvé là-bas, ça avait été sa mère. Les deux Harkness ne s’étaient en revanche apparemment pas croisées, Cersei n’avait pas dû rester bien longtemps dans le camp pour qu’elles ne se remarquent pas. L’aide que lui proposait Meera risquerait de prendre du temps, au fond, il n’était pas sûr d’en avoir beaucoup du temps. Il avait bien compris avec Lyse, que les choses pouvaient aller très vite. Il n’avait clairement pas eu le temps de lui offrir une porte de sortie avant que le mangemort ne débarque dans la boutique pour l’assassiner. Il ne voulait pas faire la même erreur avec Cersei, cependant, il savait que seul, il lui faudrait encore plus de temps. Il faisait suffisamment confiance à Meera pour savoir que si elle lui proposait son aide, elle ferait quand même de son mieux pour que les choses soient le plus rapide possible. Elle avait toujours été une fille très efficace. « Merci. Je suppose que ce sera toujours plus rapide que si je me lance au hasard à sa recherche. » Il le savait bien. Il l’avait bien compris avec Alice. Elle n’avait pas simplement quitté sa librairie sans savoir où aller, pour essayer de retrouver sa sœur. Elle avait cherché de l’aide, des renseignements et tout ce qui allait avec. C’était beaucoup plus stratégique que de se lancer dans des recherches à l’aveuglette. Même si, aux dernières nouvelles, Alice n’avait pas réussi à retrouver sa sœur cadette. Dans un soupire, il baissa à nouveau les yeux vers sa tasse. Il ne savait pas encore ce qu’il ferait une fois qu’il aurait retrouvé Cersei, il savait qu’elle chercherait un moyen de lui filer entre les doigts, parce qu’elle pensait que ce serait la chose la plus juste à faire. Dans un haussement d’épaules, il releva les yeux vers son amie, un sourire sonnant faux sur les lèvres. « Je sais pas encore. L’emmener avec moi dans un camp et l’attacher à un arbre pour pas qu’elle s’en aille ? » Non, bien sûr il ne ferait pas ça. « Ou alors je l’emmènerai avec moi sur mon île déserte. » Dans un léger rire, il pinça les lèvres avant de baisser à nouveau les yeux vers sa tasse. Il ne savait pas ce qu’il ferait, mais il s’arrangerait pour trouver, il ne voulait pas la laisser seule.

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lalalala citation ici.
des paroles par là. — titre de la chanson.
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