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 ❝ nothing really matters to me ❞ (ft.isleen)

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ADMIN ❖ we are the champions
≡ ton pseudo : sweet poison.
≡ hiboux envoyés : 5700
≡ date d'arrivée : 15/01/2013
≡ tes points : 50 points.
≡ ta disponibilité rp : free 1/3 (elladora + abraham).
≡ ton avatar : richard madden.
≡ tes crédits : rose red (avatar).

≡ âge du perso : vingt-cinq ans.
≡ amoureusement : célibataire.
≡ son emploi : soigneur de dragon à gringotts.
≡ statut de sang : sang-pur.
≡ sa maison : gryffondor.
≡ niveau d'études : études terminées avec six buses et six aspics.
≡ sa baguette : sa baguette magique est en bois d'ébène. Elle mesure 22,5 cm et contient un poil de licorne.
≡ son patronus : un ours.
≡ son amortencia : ....
MessageSujet: ❝ nothing really matters to me ❞ (ft.isleen)   Lun 17 Juin - 22:28


“ nothing really matters to me ”

Mama,life had just begun, But now I've gone and thrown it all away. If I'm not back again this time tomorrow carry on.

Isleen and Elwood
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Bloxam creek. C’était dans cette ville qu’il avait grandi, dans cette ville qu’il s’était installé une fois en âge de quitté le cocon familial. Pendant toutes ces années, il avait beaucoup aimé cette ville, c’était son enfance, sa famille, son avenir, sa fiancée. Il en avait passé des heures à courir dans les rues de cette petite ville, au plus grand désespoir de sa mère, il en avait passé des heures à imaginer la vie qu’il pourrait avoir avec Lyse, ici même. Lui-même, en train de courir après ses propres enfants dans ces mêmes rues. Une chose qui ne se réaliserait sans doute jamais. Il avait bien Cayden, mais c’était compliqué et il n’avait pas l’intention d’emmener le petit garçon dans les rues de cette ville. Son passé, son hypothétique futur dans cette ville, tout ça c’était envolé comme des cendres au vent à la minute où on l’avait condamné à Azkaban. Il avait tout perdu là-bas, de sa fiancée à sa famille en passant par la plupart de ses amis. Quand bien même, il ne les aurait pas perdus là-bas, il s’était presque efforcé de les repousser sans vraiment s’en rendre compte. Meera-Louise, Cedrella et peut-être même Blodwyn qui avait finalement décidé de déserté en ne laissant qu’un simple mot. Il ne devait pas chercher à la retrouver selon elle. C’était plus facile à dire qu’à faire. Il y avait déjà Cersei dans la nature, elle était là, quelque part introuvable et elle ne voulait pas plus que Blodwyn qu’il se lance à sa recherche – est-ce qu’il en était vraiment capable, ça restait une grande question ça. Peut-être que Blodwyn, c’était la goutte qui faisait déborder le vase. Le poussant à passer trop de temps à Bloxam Creek, comme si c’était possible qu’elle décide subitement de revenir ici. Elle n’en ferait rien, Cersei-Jane non plus. Il perdait son temps dans cette ville hantée par les vieux souvenirs d’un passé dans lequel il semblait être coincé à jamais et dont il ne restait plus rien. Ce n’était pas ici qu’il retrouverait Blodwyn, ce n’était pas non plus ici qu’il pourrait avoir la chance de remettre la main sur Cersei. Il devait trouver quelque chose. Il était là, assis sur le canapé de son ancienne maison depuis facilement une bonne heure et de toute évidence, à part perdre son temps, il ne faisait pas grand-chose. Il ne faisait rien du tout à dire vrai, si ce n’est se torturer l’esprit avec des pensées toutes plus désagréables les unes que les autres. Il avait pourtant l’impression que s’il avait été à la librairie avec Alice, il n’aurait pas été d’une grande aide non plus. Ce n’était pas comme s’il y avait foule dans le petite enseigne qu’ils s’efforçaient de tenir malgré cette guerre qui faisait couler un a un chacun des commerces de la ville. Ils s’accrochaient pourtant, ils étaient l’une des dernières boutiques encore ouvertes dans la ville de Pré-au-lard. Cedrella elle-même avait fini par abandonner, alors que bien souvent il avait vu en Cedrella une femme indestructible. Elle avait des faiblesses pourtant, suffisamment pour avoir été poussée à la suite au bout d’un moment. Peut-être que personne n’y échappait. Peut-être que lui aussi un jour, il se retrouverait à devoir fuir pour ne pas finir à nouveau à Azkaban. L’idée ne le réjouissait pas du tout. Depuis le début de la guerre, il faisait de son mieux pour éviter de trop s’impliquer, il avait bien trop peur de retourner là-bas. Pourtant avec Blodwyn il avait franchi une limite, il avait aidé une née-moldue, c’était un acte de trahison. Il avait aussi apporté de l’aide à se cousine, une jeune femme en fuite recherchée activement par au moins un mangemort et ça aussi il pourrait le payer cher. Il avait rompu les promesses qu’il s’était fait à lui-même, sans même le remarquer. Il était peut-être long à la détente pour ne remarquer que maintenant, ou peut-être que c’était Moses qui le lui avait fait réalisé quand il était venu jusque dans la librairie. Ça n’avait plus d’importance aujourd’hui de toute façon. S’il était déjà dans la merde, il pouvait toujours s’y enfoncer d’avantage, ce n’était pas comme s’il pouvait craindre pire qu’Azkaban.

Rapidement, il quitta le canapé, il fallait qu’il fasse quelque chose, n’importe quoi. Qu’il essaie de la retrouver, même si elle lui avait dit de ne pas le faire. Ne serait-ce que pour pouvoir s’assurer qu’elle allait bien. Blodwyn venait de perdre son fiancé, il avait l’impression d’avoir bien des raisons de s’inquiéter pour elle. Plus que pour Cersei, il ne l’avait jamais connue particulièrement indépendante, mais le peu de temps qu’il avait pu passer avec elle, il avait pu remarquer qu’elle avait bien changé depuis la dernière fois qu’il l’avait vue, avant Azkaban. Blodwyn elle, elle était détruite, même si elle s’efforçait de prouver le contraire, il l’avait côtoyée suffisamment longtemps pour remarquer qu’elle était dévastée par la mort de son fiancé et c’était parfaitement compréhensible. De toute évidence, les bouteilles qu’il avait pu lui apporter n’avait en rien estompé sa peine. L’alcool c’était bien, mes ses effets finissaient toujours par s’évaporer en ne laissant derrière eux qu’une désagréable migraine. Parfois moins désagréable que les choses qu’on pourrait essayer d’oublier en se noyant dans l’alcool. La mort d’un être aimé ou les souvenirs de quatre longues années passées derrière les barreaux sans raison valables. Après avoir attrapé son manteau qu’il avait déposé en arrivant dans la maison, il transplana, sans vraiment savoir où il allait. Alice avait des amis dans l’ordre, elle avait entendu parler d’un camp de réfugié dans la forêt de Craik. Sa sœur s’y était arrêtée un temps avant de disparaitre encore dans la nature. C’était là qu’il voulait se rendre, peut-être qu’il pourrait y retrouver Blodwyn ou même Cersei-Jane. Il aurait sans doute bien trop de chance s’il les retrouvait ici et de toute évidence, la chance, ce n’était pas son fort. Durant les dernières années de sa vie, il avait pu constater qu’il n’était pas du genre à avoir de la chance, c’était plutôt la poisse qui lui courrait après. Une poisse plutôt conséquente puisqu’il avait quand même réussi à se retrouver à Azkaban en étant parfaitement innocent. Ce n’était pas la chose la plus fréquente au monde. Heureusement, les erreurs judiciaires de ce type étaient plutôt rares. Au moins avant la guerre. Aujourd’hui dire qu’il existait une quelconque justice était impossible. Il n’y avait plus que des innocents derrière les barreaux d’Azkaban. Ils avaient au moins la chance – quoi que le mot soit carrément démesuré – de ne plus avoir les détraqueurs pour leur tenir compagnie. C’était ironique quand même que ces gens qui n’avaient jamais tué personne, peut-être que certains n’avaient même jamais osé lancer le moindre sortilège impardonnable, soient derrière les barreaux pendant que les mangemorts, grand psychopathes en puissance étaient encore dehors à jouir d’une liberté qu’eux, ils ne méritaient pas. La vie était mal faite, surtout quand la guerre faisait rage. Une guerre débile selon Elwood – et d’autres gens très certainement. Il avait passé quatre ans isolés du monde alors il avait bien longtemps cru que s’il ne comprenait pas le sens profond de cette guerre c’était parce qu’il avait loupé un épisode, mais en fait, absolument pas. Le temps passant il avait fini par réalisé que le problème ne venait pas de lui et de sa totale déconnexion avec la réalité. C’était juste que cette guerre n’avait aucun sens. Peut-être que c’était le propre d’une guerre de ne pas avoir de sens après tout. Il avait été trop jeune pour comprendre la première, mais finalement, c’était exactement la même chose, la même histoire qui se répétait bêtement, apparemment, le seigneur des ténèbres – malgré la perfection que certains lui accordaient volontiers (à commencer par sa sœur jumelle et son oncle) – manquait  cruellement d’imagination. Maintenant, il n’y avait plus qu’à prier pour que cette histoire ce termine de la même façon que la précédente ; par la chute du mage noir.

Après plusieurs minutes à tourner dans les bois, il fini par trouver ce qu’il était venu chercher, ce camp, plutôt bien protégé, mais auquel il eu quand même accès, après un long interrogatoire. Les membres de l’ordre étaient assez malins pour ne pas laisser n’importe qui accéder à leur camp, c’était tout à leur honneur. Cela dit, ils étaient particulièrement chiants. Heureusement pour lui, il avait des connaissances dans l’ordre, à commencé par Lyse avec qui mine de rien il avait eu par le passé un lien suffisament étroit pour qu’on arrête de le faire le faire chier au moment où il évoquait la jeune femme. Ils avaient étaient fiancés à une époque, elle était la mère de son fils et il ne pensait pas trop s’avancer en disant qu’aujourd’hui ils étaient au moins amis. Il ne l’avait pas étripée, il l’avait même défendue auprès de Moses. Il avait fait beaucoup de chemin finalement depuis qu’il était sorti d’Azkaban. Pas assez selon lui, ni selon Cedrella de toute évidence. Enfin, chaque chose en son temps apparemment.  S’il était venu dans ce camp c’était parce qu’il avait au moins compris qu’il était temps pour lui de s’occuper de quelqu’un d’autre que de sa petite personne. Il se débarrassait petit à petit de l’égoïsme qui s’était emparé de son âme, là bas à Azkaban. Peut-être que bientôt, il apprendrait à ménager un peu les gens venant vers lui pour avoir un semblant de soutiens, mais Cedrella n’en serait pas témoin. Peut-être qu’elle aussi elle était dans ce cas d’ailleurs. Enfin, si c’était le cas, mieux valait éviter de la croiser. Les choses avaient été bien trop compliquées la fois dernières. Les choses étaient toujours compliquées ces derniers temps, parce qu’elles avaient changées et qu’il n’y était clairement plus habitué. Il n’avait plus l’habitude de grand-chose, surtout pas des gens qui répondaient vaguement à ses questions. Ce n’était pourtant pas bien compliqué, il demandé s’ils n’avaient pas vus une rouquine de dix-sept balais, très grande répondant au nom de Cersei-Jane ou une autre rouquine appelée Blodwyn, genre les deux noms les plus improbables et on lui disait même pas ou on non mais juste des ‘ça me dit quelque chose oui, mais allez voir machin’. Il en avait marre à force d’aller toute sorte de personne qui lui répondait vaguement des trucs dont il se fichait comme de sa première chemise. Soit elles étaient là, soit elle n’y était pas, il n’y avait rien de franchement compliqué là-dedans. Une des nombreuses réponses qu’on lui apporta attira pourtant son attention. « La seule rousse que j’ai vu récemment, c’est Isleen. » Isleen. C’était le nom de sa mère, qui à part si elle s’était coloré les cheveux depuis la dernière fois qu’il l’avait vue, quatre années et bien neuf mois plus tôt avait toujours été rousse. « Harkness ? » L’homme haussa les épaules, apparemment, il n’était pas coutume de connaitre les noms de famille dans ce camp, ou alors que lui en particulier il n’en avait rien à faire. « Est-ce que vous savez au moins où je peux la trouver ? » S’il l’avait vue récemment, il devrait pouvoir l’aider non ? Elwood en doutait un peu, il était tombé sur le mec bizarre du coin. Sa patience était particulièrement limitée, encore un des nombreux effets d’Azkaban sur sa petite personne, et là il avait l’impression que tout le monde était en train d’en abusé. D’un signe de tête son interlocuteur désigna l’une des tentes du camp. Il n’était finalement pas si inutile que ça. Si cette Isleen était bien sa mère (après tout des Isleen rousses ce n’était peut-être pas la chose la plus rare au monde), il se demandait ce qu’elle pouvait bien faire là. Depuis des mois, il était persuadé qu’elle et son père coulaient des jours heureux bien loin de la guerre et de leurs enfants. Ils n’étaient pas revenus pour lui et il avait cru comprendre qu’ils avaient abandonné Cersei à son triste sort. Il rejoint rapidement la tente en question, un peu nerveux. Si c’était bien elle, il ne savait même pas quoi lui dire après tout, depuis le temps. Devant la tente, il hésita un court instant avant de finalement entrer. Il ne lui fallu pas beaucoup de temps pour la reconnaitre. C’était sa mère et quatre années et neuf mois n’avaient pas été suffisants pour la faire complètement changer. « C’est drôle, je ne sais même pas quoi dire. J’avais pensé à ‘salut, c’est Elwood, ton fils que tu as laissé croupir en prison, tu te souviens ?’ ou alors, ‘hey, tu as regardé le journal en juin dernier ? Ils disent que finalement, ce n’est pas moi le monstre’. Mais je ne suis pas sûr que ce soit correct. » Il haussa légèrement les épaules, d’une façon ou d’une autre il l’avait déjà dit de toute façon. Il glissa les mains dans ses poches avant d’examiner la tente avec une attention particulière, il n’avait pas envie de poser ses yeux sur elle. « Il parait que j’ai encore du mal à communiquer convenablement avec les autres. Azkaban, tu sais. Personne n’en sort indemne. » C’était impossible en effet. Il y avait de quoi devenir fou dans cette prison. Sans doute qu’on voyait moins cet effet sur les mangemorts, puisqu’ils étaient fous au naturel, mais même eux, il était sûr que leur expérience du temps passé au fin fond de cette horrible prison ne les laissait pas inchangés.

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lalalala citation ici.
des paroles par là. — titre de la chanson.
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MessageSujet: Re: ❝ nothing really matters to me ❞ (ft.isleen)   Jeu 20 Juin - 16:50

Derrière mes paupières closes, mon esprit s’agite sur de sombres cauchemars ayant pourtant un jour été réels. De l’auror venu chez moi pour me ramener ma fille tout en incriminant mon fils pour un crime qu’il n’a jamais connu, jusqu’au visage de Doezwal alors que la baguette en main, il avançait vers Cersei-Jane. Pauvre fille n’ayant jamais eu le loisir de connaître son père, c’est avec un homme à l’attitude menaçant avec lequel elle a dû faire connaissance. Un homme venu la chercher, baguette en main, tuant son oncle – qu’elle considérait peut-être comme son père, à défaut de m’avoir un jour déjà vu comme une mère – devant ses propres yeux. Tout cela alors que moi je m’étais enfuie, partie loin de tout ce remue-ménage comme me l’avait demandé mon mari. Chose que je regrette sans aucun doute à présent, alors que le visage du mangemort laisse place à celui de la rouquine, alors que les derniers mots qu’elle a prononcés à mon attention, me reviennent en mémoire. « Tu n’es pas ma mère. » Et aussitôt, mes paupières s’ouvrent alors que je me réveille, quelque peu haletante, l’échine couverte de sueur. Je m’oblige à me redresser, pivotant sur mon lit pour m’asseoir sur le bord du matelas de la vieille tente familiale que j’occupe, laissant mes pieds toucher le sol. Posant mes coudes sur mes genoux, j’enfouis ma tête entre mes mains. Le réveil est difficile, tout autant que le cauchemar en lui-même. Certainement parce que je me rends compte qu’il ne s’agit pas juste là d’un cauchemar, mais bien de quelque chose s’étant réellement passé. Des souvenirs qui ne cessent de me hanter, comme des boulets m’entravant les chevilles, qu’il me faut sans cesse trainer derrière moi. Éreintants efforts, aujourd’hui encore. En même temps, je ne peux pas décemment prétendre que quelqu’un soit capable de se faire à pareille chose, c’est une épreuve trop difficile à surpasser. Que l’on soit mangemort ou pas d’ailleurs. Car je suis certaine que des épisodes comme ça, les mangemorts ont dû en vivre pleins. Faits alimentant sans aucun doute leur rage contre le monde, car au bout d’un moment, les larmes cessent de venir, comme-ci l’on a acquis une immunité contre ces dernières, nous promettant pourtant de continuer à subir nos erreurs. Et ce même dans les générations futures. C’est sans doute ce pourquoi les enfants de mangemorts, se doivent de devenir mangemorts à leur tour, même si ce n’est pas leurs affaires. Pour conserver l’honneur de leur famille. Je me demande ce que Cersei-Jane en pense, elle que son père est venu rechercher. Peut-être qu’elle a été prise d’un élan d’affection pour lui, comme en réveillent souvent les liens de parenté. Aussi sûrement a-t-elle oublié que Doezwal n’a jamais été là pour elle, et qu’il l’a abandonné alors même qu’elle n’était qu’un bébé. Et puis, il y a Elwood aussi. Sûrement celui le plus touché par mes erreurs et par celles de sa sœur également – si l’on peut toujours considérer comme une erreur, les choses qu’elle fait avec le sourire aux lèvres et dont elle se montre particulièrement fière –, ayant eu à croupir à Azkaban pendant de nombreuses années. Y est-il toujours d’ailleurs ? J’espère qu’il n’a pas décidé de faire quelque chose d’absurde pour en sortir, comme rallier la cause des mangemorts. Tout comme j’espère qu’il est toujours vivant. Je pince les lèvres, secouant légèrement la tête. Car après tout, peut-être est-ce hypocrite d’espérer tout ça pour lui, alors que je l’ai laissé partir à Azkaban, subir les baisers des détraqueurs, alors qu’il aurait pu avoir une belle vie devant lui. Alors que je savais son innocence. Mais Cersei-Jane se trouvait menacée et je suis sûre qu’il aurait voulu que je le laisse partir là-bas, si cela pouvait sauver sa cousine – sa sœur même, si l’on peut dire ; peut-être pas par le sang, mais au moins par le cœur. Et après tout, je suis sa mère et je l’aime, ce qui me donne bien le droit de m’inquiéter pour lui, au même titre que je m’inquiète pour la rouquine, quand bien même cette dernière m’a envoyée des paroles blessantes au visage. La seule pour laquelle je ne m’inquiète pas, est sans aucun doute Sansa-Ruth. Je ne reviens toujours pas du fait d’avoir engendré pareil enfant – pareil monstre. Souvent, il m’arrive d’ailleurs de me demander ce que j’ai pu faire au monde pour qu’elle vire ainsi, changeant de cette façon. Aussi, des fois, il m’arrive de me dire que j’ai été une mauvaise mère. Ce qui est tout à fait probable, quand je vois ce que je leur ai tous laissé devenir. Ainsi ai-je été une mauvaise mère au même titre qu’une mauvaise femme ; mon mari, du fin fond de sa tombe, pourra certainement en témoigner un jour si quelqu’un parvient à mettre la main sur cette maudite père de résurrection – quoi que d’après Beedle le Barde, il risque de ne pas se montrer très bavard s’il revient sous sa forme spectrale. Je passe ma langue sur mes lèvres, redressant finalement le visage. Ces réflexions ayant certainement pour but de détruire le peu de moral qu’il me reste, et autant dire que le stock de bonne humeur qu’il me reste, s’amenuise de plus en plus étant donné que ces réflexions me viennent chaque matin au lever. Que ces mêmes cauchemars hantent mes nuits chaque jour. C’est sans doute ce pourquoi je préfère prendre les travaux d’entraide de nuit, allant cueillir des fruits dans la forêt de Craik de nuit, ou allant chercher quelques affaires dans le village voisin en essayant de me faire la plus discrète possible. Car il faut bien que j’apporte quelque chose au camp si je veux rester. Même pour moi, dire de ne pas trop culpabiliser en me disant que je vis sur le dos des autres, alors que dans tous les cas, cela reste un peu ce que je fais. Si bien que je finis par dormir de jour, me réveillant sensiblement à la même heure que les enfants qui ont fini leur sieste. M’approchant de la coiffeuse positionnée dans un coin de la tente de fortune, au miroir brisé – la tente a tellement été malmenée lorsque je l’ai porté sur mon dos, que cela ne m’étonne même pas qu’il y ait eu quelques dégâts, surtout que j’ai déjà dû faire la moitié des sept ans de malheur promis –, je m’empresse de prendre un bout de tissus que je mouille afin de me le passer sur le visage. L’eau est glacée, la sensation désagréable, mais je veux tout de même me défaire de cette sueur, tout comme je souhaite mieux me réveiller afin de fuir plus efficacement ces sordides cauchemars. Ou souvenirs, peu importe comment on les appelle, cela ne change pas ce qu’ils sont.

Redressant la tête, je repose le bout de tissus sur le bord de la coiffeuse, alors que les gouttes d’eau continuent de rouler sur mon visage, s’attardant sur mon menton, avant de finalement plonger vers le sol. Et derrière mes paupières closes, il n’y a alors plus d’images. Seulement de l’obscurité, une obscurité qui semble sans fin, au même titre que celle que promet la mort. Je déglutis devant cette pensée des plus morbides, me rappelant une énième fois que je ne peux pas me laisser aller au devant de la mort et m’échouer entre ses bras, tant que je n’aurais pas réparé mes erreurs auprès de mes enfants. Tant qu’ils n’auront pas la vie heureuse qu’ils méritent. Et c’est pour eux que je me dois de continuer de me battre, peut-être même de m’exposer un peu plus au devant de cette guerre, intégrer les devants de la résistance plutôt que de rester cachée au milieu de cette forêt, dans une protection qui n’est qu’apparente. Les mangemorts détruisent tout sur leur passage, alors pourquoi ne détruiraient-ils pas le camp de Craik ? Après tout, les défenses installées par l’ordre du phénix, ne sont pas infranchissables, ils l’ont déjà laissé entendre à plusieurs reprises il me semble. Un bruit à la tête me fait soudainement sursauter, si bien que je rouvre rapidement les paupières. Et dans le miroir face à moi, c’est alors le reflet d’Elwood que je peux embrasser du regard. Aussitôt que mes yeux se posent sur lui, ma gorge se noue alors que je me force à pivoter sur mes talons pour lui faire véritablement face, sans miroir pour faire interférence. Il me faut d’ailleurs prendre mon courage à deux mains pour se faire, sachant pertinemment à quel point il doit m’en vouloir. Nous nous observons quelques instants en silence, avant qu’il ne décide finalement de prendre la parole. « C’est drôle, je ne sais même pas quoi dire. J’avais pensé à ‘salut, c’est Elwood, ton fils que tu as laissé croupir en prison, tu te souviens ?’ ou alors, ‘hey, tu as regardé le journal en juin dernier ? Ils disent que finalement, ce n’est pas moi le monstre’. Mais je ne suis pas sûr que ce soit correct. » Il enfonce alors ses mains dans ses poches, détournant son regard pour montrer ainsi clairement qu’il ne veut pas avoir à supporter le miens. Il semble ainsi se perdre dans la contemplation de cette tente, qui doit pourtant lui rappeler quelque chose. Et je ne sais pas si c’est une bonne chose pour lui de se retrouver dans celle-ci. Je passe ma langue sur mes lèvres avant de déglutir alors que je baisse la tête pour fixer mes pieds. La culpabilité me remonte en plein visage, comme un sinistre poison venant m’étouffer. « Il parait que j’ai encore du mal à communiquer convenablement avec les autres. Azkaban, tu sais. Personne n’en sort indemne. » Je laisse échapper un rire nerveux, que je tente d’étouffer derrière ma main alors que je m’empresse de plaquer cette dernière sur ma bouche. Mes yeux s’embuent de larmes par la même occasion, mais je m’interdis de pleurer. Parce que ce n’est pas moi qui ai dû subir Azkaban, parce qu’il a toutes les raisons de m’en vouloir. Je suis vraiment une mère indigne pour l’avoir laisser aller là-bas. Pire, pour l’avoir fait envoyer là-bas. Mais je suis sûre que si je lui expliquais ce pourquoi je ne l’ai pas défendu, il comprendrait. Je n’ai pas envie de me chercher d’excuses cependant. « Je… Je suis désolée. » je souffle à son attention, baissant un peu plus la tête. Comme-ci cela peut changer quoi que ce soit. Comme-ci cela peut l’aider à changer en quoi que ce soit les quatre années qu’il lui a fallu passer derrière les barreaux, soumis aux sinistres créatures que se trouvent être les détraqueurs. Et j’ai honte de m’être montrée si peu courageuse, surtout à présent que le moment est venu de l’expliquer à mon fils. Pourtant, je sais que Sansa-Ruth n’aurait véritablement pas hésité à envoyer sa cousine six pieds sous terre. Après tout, elle a bien envoyé son frère à Azkaban alors qu’elle semblait l’aimer, alors qu’aurait-elle fait avec toute la haine qu’elle continuait de concentrer en sa cousine ? Je préfère ne même pas y songer. « Il arrive à Sansa-Ruth de parler toute seule tu sais. Et je l’ai surprise en train d’avouer, pour ce qu’elle t’a fait. C’était juste avant le procès. Mais elle m’a vu et elle a menacé de s’en prendre à Cersei-Jane. » Une nouvelle fois, je pince les lèvres, secouant la tête avant de la basculer en arrière, luttant contre une nouvelle larme qui menace de rouler le long de ma joue. Mais je continue d’affirmer que je n’ai pas le droit. Parce qu’Elwood doit à présent me détester pour tout ce qu’il a dû endurer alors que j’aurais pu empêcher ça. Et je me demande soudainement si le fait de lui avouer que je le savais innocent depuis le début, n’est pas ma première erreur de la journée, alors même que la journée en question vient à peine de débuter. « Je me suis dit que tu préférais aller à Azkaban que de voir ta cousine mourir. Je… Encore une fois, je suis désolée. » Je passe alors une nouvelle fois mes mains sur mon visage, évacuant toutes les larmes qui menacent toujours de couler. Après quoi, je baisse les yeux sur Elwood, tentant de capter son regard, mais il continue à me fuir de ses prunelles. Et je ne peux m’empêcher de le trouver courageux d’être rentré dans cette tente, alors même que je vois bien qu’il est difficile pour lui de se tenir devant moi. Et quand on y pense, cela n’est pas si étonnant que cela, que cela soit difficile pour lui s’entend. « Je veux que tu saches que ton père est mort. En tentant de protéger Cersei-Jane quand son père est venu la chercher. Je suis désolée. » Mon cœur se noue à cette déclaration. Je ne me remets pas de la perte de mon mari, je ne le cache pas. Et cette fois, je ne peux retenir les larmes qui se mettent à couler sur mes joues, quand bien même je me suis pensée immuniser contre ces dernières, quelques instants plus tôt. Je recule de quelques pas, venant de nouveau m’échouer sur le lit alors que je ne parviens pas à retenir un sanglot. Je lui ai annoncé cela comme une garce, comme-ci cela ne pourrait pas lui faire de mal alors qu’il va forcément souffrir de savoir qu’il a perdu son père. Et de nouveau, je m’en veux, mais je sais pertinemment que les mots sont déjà partis et qu’il est trop tard pour les rattraper à présent.
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MessageSujet: Re: ❝ nothing really matters to me ❞ (ft.isleen)   Dim 23 Juin - 15:08


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Isleen and Elwood
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Elwood n’aurait probablement pas du rentrer dans cette tente. Il avait l’habitude de fuir tout ce qui lui semblait être trop compliqué. Prendre la fuite, c’était devenu une habitude chez lui depuis qu’il était sortit d’Azkaban. C’était plus simple ainsi. Il passait sans doute pour un lâche de première catégorie, mais il avait appris à se moquer du jugement d’autrui comme de sa première chemise. Cette fois, il n’avait pourtant pas pu lutter contre sa curiosité. Il tenait sans doute plus à sa famille qu’il ne voulait bien l’admettre. C’était le nom de sa mère que cet homme avait prononcé. Il avait passé des mois à chercher sa famille. Ils avaient quitté Bloxam Creek peu de temps après son incarcération et personne n’avait été en mesure de lui dire où est-ce qu’ils s’étaient installé après ça. Il les avait cherchés, sans succès. Ça aurait du être le contraire selon lui. Ils auraient du venir ce jour là, en juin, quand on l’avait libéré. La guerre n’avait pas encore éclatée à cette époque et même si les gens en avaient peur, les Harkness ne craignaient rien. Ils étaient sang-mêlé depuis des générations et peu nombreux étaient ceux qui dans la lignée familiale s’étaient engagés dans un camp ou dans l’autre. Sansa-Ruth et Doezwal mis à part. il ne savait pas ce qui avait pu retenir ses parents de revenir vers lui, ce qui avait pu retenir Lyse de rentrer pour le retrouver. Peut-être qu’ils avaient eu peur de lui. Peur de ce qu’Azkaban avait bien pu faire de lui. Ils avaient peut-être raison finalement. Il avait changé derrière les barreaux, mais de toute évidence, se retrouver seul une fois libre, ça ne l’avait pas aidé à redevenir celui qu’il avait été avant ça. Il aurait bien eu besoin d’un peu d’aide, l’aide de ceux sur qui il avait toujours cru pouvoir compter. Sa famille, sa fiancée. Il n’y avait eu que Meera-Louise, mais il l’avait envoyée bouler comme un débile. Il y avait eu Alice. Elle, avait au final était la seule à l’avoir aidé alors qu’il ne la connaissait absolument pas avant de la rencontrer à Pré-Au-Lard. Il avait besoin d’un emploi et travailler avec un ex-taulard ne l’avait pas effrayé. Bien vite, elle avait même décidé de lui proposer de l’héberger. Ce n’était clairement pas d’une inconnue qu’il avait pensé qu’il recevrait autant d’aide et pourtant elle avait été la seule à avoir été là pour lui. Moses pouvait bien se foutre de lui et son emploi de libraire au fin fond d’une boutique en train de couler, jamais il ne comprendrait ce qu’elle représentait cette boutique. C’était celle d’Alice. Il pouvait facilement la considérer comme sa meilleure amie aujourd’hui et après tout ce qu’elle avait fait pour lui, il n’en avait rien à faire d’avoir l’air d’un stupide libraire qui luttait pour du vent alors que tout le monde savait que, tôt ou tard, comme les autres enseignes de la ville, le troisième œil fermerait également. Alice l’avait aidé et travailler avec elle à la librairie, c’était le seul moyen qu’il avait de lui rendre tout ce qu’elle avait pu lui offrir. Il avait une dette envers la jeune femme. Parce qu’elle avait été là quand tout le monde lui avait tourné le dos. Maintenant, il ne savait pas ce qui avait pu se passer chez lui pour que sa mère se retrouve dans une tente au beau milieu d’un camp de survivant, c’était bien le dernier endroit où il avait pensé retrouver ses parents. Il devait savoir, il voulait savoir. C’était plus fort que lui. Il aurait pourtant du s’en foutre, de la même façon que ses parents s’étaient bien foutu qu’il soit libre ou non. Finalement, peut-être qu’il venait également pour chercher des explications à ça. Il avait déjà demandé à Lyse et la réponse n’avait pas été franchement des plus plaisantes. Elle n’avait pas eu le courage de revenir plus tôt. C’était quand même six mois qui s’étaient écoulés avant qu’elle ne se pointe dans la librairie. Elle avait pourtant bien le courage de rester à Poudlard à vivre en compagnie des mangemorts alors qu’elle était une née-moldue. Il espérait quand même être moins terrible que les mangemorts. Si elle était revenue à sa sortie, ça aurait été beaucoup plus simple, il savait qu’il aurait pu la pardonner pour sa fuite, parce qu’elle serait revenue pour le retrouver, parce qu’il s’était attendu à ce qu’elle soit là au moment où on l’avait libéré. Tout comme il avait pensé que ses parents seraient là. Un minimum heureux de revoir leur fils. Peut-être que le courage leur avait manqué à lui aussi. Dans ce cas il savait d’où lui venait la lâcheté dont il faisait preuve ces derniers temps, pas d’Azkaban comme on aurait facilement pu le croire, mais de ses gènes.

Il était entré dans cette tente sans vraiment savoir à quoi s’attendre. Une partie de lui avait espéré que ce soit une autre Isleen rousse qui soit là-dedans. Ainsi il se serait juste excusé d’être entré là-dedans de la sorte, puis il serait reparti. Reparti à la recherche de Blodwyn et de Cersei-Jane ou juste au fin fond de la librairie, il n’en savait rien, mais au moins il n’aurait pas eu besoin d’affronter sa mère. Il l’avait vite reconnue, même de dos. Le miroir brisé en face d’elle lui renvoyait son image. Un peu plus ternie que quelques années plus tôt, mais pas assez différente pour qu’il ne soit pas capable de la reconnaitre. C’était bien sa mère qui était sous cette tente. Il aurait sans doute pu se montrer plus poli, de toute évidence, elle ne l’avait pas élevé à se comporter comme il le faisait. Il s’était souvent amusé à la faire tourner en bourrique, il l’avait souvent entendu râler, dire qu’elle finirait folle à cause de ses jumeaux, mais jamais il ne lui avait manqué de respect. Jamais, avant aujourd’hui en tout cas. On ne pouvait pas dire qu’il faisait preuve de la plus grande politesse du monde. Il était pourtant incapable de faire mieux. Plus que jamais il sentait sa rancune faire pression sur chacune des cellules de son corps. Parce qu’elle était là en face de lui, maintenant après des mois et des mois et que de toute évidence, ce n’était pas elle qui avait cherché à le retrouver (ni lui techniquement mais quand même, il avait de toute évidence eu le courage de rentrer dans cette tente).  Elle était face à lui maintenant et il se sentait obligé de fuir son regard. Observant la tente avec beaucoup d’attention, fronçant les sourcils devant la familiarité de cette dernière. Elle était désolée. Il ne pu retenir un rire imbibé d’ironie suite à cette réplique. Il avait l’impression qu’on la lui servait à toutes les sauces. « Ouais, comme tout le monde. Cette phrase manque d’originalité et je n’arrive pas vraiment à en saisir le sens. » Ce n’était pourtant pas la phrase la plus compliquée du monde, mais il fallait bien admettre qu’elle avait quelque chose d’ambigüe. Etre désolé, ça menait à quoi ? Aussi sincères qu’elles puissent être, ce n’était pas un ‘je suis désolé’ supplémentaire qui permettrait à Elwood d’oublier les quatre années qu’il avait passées à Azkaban. Ce n’était pas non plus ça qui pourrait lui permettre au delà du fait qu’elle n’avait pas été là à sa sortie. Ils étaient nombreux à l’avoir laissé tomber à ce moment là et il n’arrivait pas à comprendre pourquoi. Peut-être qu’il devrait songer à demandé à Meera-Louise pourquoi elle, elle était revenue, c’était peut-être un bon point de départ pour essayer de comprendre pourquoi elle avait été la seule. Enfin il ne pourrait lui demande que si un jour il avait l’occasion de lui reparler, mais ce n’était pas gagné. Il reposa les yeux sur sa mère alors qu’elle parlait de Sansa et de Cersei. Il sentit ses muscles se contracter de colère suite à ses révélations. Pour sûr, il préférait passer quatre ans, même plus encore à Azkaban que de voir sa cousine mourir. Il laissa échapper un soupire, comme si ça pouvait suffire à calmer cette rage qui bouillonnait en lui. « La garce. » Il avait tout un tas d’autres excuses qui menaçaient de franchir le seuil de ses lèvres en cet instant, mais c’était plus raisonnable qu’il tache de garder ça pour elle. « Je vais la tuer. » Plus le temps passait, plus il avait l’impression qu’il en serait véritablement capable. En cet instant, il avait même la sensation qu’il pourrait rentrer dans le château pour la retrouver dans sa maudite bibliothèque pour l’étriper de ses mains. Heureusement qu’il était loin de pré-au-lard en cet instant précis sinon il aurait été capable de se laisser emporter par la colère. Encore une fois, il s’efforçait de fuir le regard de sa mère, se perdant dans la contemplation de la toile de tente comme si ça pouvait l’aider à se calmer.

Pourtant, la suite des paroles de sa mère se firent encore plus dévastatrices. Il reposa les yeux sur elle, les sourcils froncés comme s’il s’attendait à ce qu’elle lui annonce qu’elle venait de lui faire une blague. Il avait croisé Cersei-Jane quelques temps plus tôt. Elle ne lui avait pas parlé de ça. Elle avait l’air d’ignorer ce qui avait pu se passer entre Doezwal et son frère. Elle avait l’impression que son oncle et sa tante l’avait laissée tomber tout comme ils l’avaient laissé tomber lui, alors qu’il était leur fils. « Quoi ? » Ce fut la seule chose qu’il se sentir capable d’articuler. Ça faisait des mois qu’il insultait silencieusement ses parents pour l’avoir laissé tomber, des semaines qu’il leur reprochait également d’avoir abandonné Cersei à son triste sort. Tellement de temps passé à insulter la mémoire de son propre père. Avant Azkaban pourtant, il avait eu pour lui, comme pour sa mère d’ailleurs, un respect des plus profonds. Son père ça avait été l’exemple du père qu’il aurait voulu être, si jamais sa vie avait été moins compliquée. Aujourd’hui, il ne savait même pas comment être un père alors être un bon père comme l’avait été le sien, c’était définitivement compliqué. « J’ai passé les neuf derniers mois à vous détester. J’étais en colère. Depuis le début de l’année c’était pire encore. Cersei m’a dit que vous l’aviez laissée  tomber, elle aussi. » Il posa son regard vers le sol, soudainement complètement perdu, alors qu’il sentait chacun des battements de son cœur au fond de sa poitrine se faire douloureux. « Il faut que je lui dise qu’elle s’est trompée. » Avant ça, il fallait qu’il la retrouve, ce qui pouvait s’annoncer compliqué et pourtant c’était d’après lui, la partie la plus facile dans la tâche qu’il venait de se confier. Il ne savait pas comment dire à la jeune femme que son père avait assassiné son oncle alors qu’il cherchait à la défendre. Il avait longtemps douté de son père, ces derniers mois il ne faisait que ça et pourtant cette révélation lui semblait presque évidence. C’était tout ça fait le genre de son père d’agir de la sorte. L’homme qu’il avait admiré pendant toute son enfance, son adolescence et la vie d’adulte qu’il avait essayé de se construire avant qu’on ne l’enferme, il ne pouvait pas avoir laissé un monstre s’emparer de Cersei sans se battre. Doezwal lui avait déjà tout pris, sa fille, son fils alors il avait voulu l’empêcher de lui prendre sa nièce, celle qu’il avait élevée comme si elle avait été la sienne. « J’ai besoin de … » Il termina sa phrase par un simple soupire avant de quitter la tente pour rejoindre l’extérieur. Il faisait plus froid dehors mais l’air lui semblait moins lourd, plus facilement respirable et il avait eu besoin de respirer alors que la nouvelle de sa mort avait semblé l’étouffer. Rapidement il trouva un tronc d’arbre renversé sur lequel aller s’asseoir avant de s’écrouler. Il avait sentit ses membres trembler et pendant un instant, il avait douté d’être capable d’arriver jusqu’à ce rocher qui pourtant n’était qu’à quelques pas de la tente. Il leva les yeux vers le ciel, comme si ça pouvait retenir les larmes qu’il sentait venir. Rapidement, il détacha son regard du ciel grisâtre pour de nouveau regarder en face de lui avant de passer ses mains sur ses joues et essuyer les larmes qui avaient coulées, bien malgré lui. Son père était mort, voilà une nouvelle dont il se serait bien passé.

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lalalala citation ici.
des paroles par là. — titre de la chanson.
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MessageSujet: Re: ❝ nothing really matters to me ❞ (ft.isleen)   Dim 7 Juil - 19:06

En voyant le pan de tissu marquant l’entrée de la tente, s’ouvrir à travers le reflet du miroir, jamais je ne me suis attendue à me trouver face à Elwood. Tout d’abord, j’ai même cru à une simple hallucination de ma part, tellement cette vision m’est apparue irréelle, ne sachant pas réellement s’il me fallait croire à la présence de mon fils au sein de la forêt de Craik. Il faut dire qu’il n’a pas passé une très agréable existence ces dernières années et que je me suis toujours surprise à espérer que les choses se rétablissent pour lui. Après tout, avec les meurtres que l’on lui prête, il n’est pas forcément en mesure d’être mal vu  par les mangemorts, à partir du moment que ces derniers ne sachent pas la vérité à propos des manigances de Sansa. Aussi n’a-t-il rien à faire par ici, à se cacher alors que pour une fois, il peut aspirer à la liberté – celle-ci étant toute fois assez relative, il me faut bien l’avouer. Alors le voir ici me fait un choc, surtout que je ne sais pas réellement comment réagir avec sa présence. Après tout, il est inutile de cacher que je ne suis pas venu le voir à sa sortie d’Azkaban, tout comme je n’ai jamais tenté de reprendre contact avec lui après sa sortie. Et je n’ai aucun doute quant au fait qu’il puisse m’en vouloir à ce propos. Ce serait même plutôt l’inverse qui serait inquiétant. Une famille est censée être toujours disposée à venir en aide à soutenir ses divers membres, ce que je me suis toujours efforcée de leur apprendre. Et j’ai pourtant agis dans un sens totalement différent, ce pourquoi je ne me sens pas très fière. Enfin, ce n’est pas non plus comme-ci il s’agit encore d’une famille réelle, celle-ci s’est disloquée depuis un bout de temps à présent. Cela a commencé lorsque Sansa-Ruth a tué la famille d’aurors et n’a fait que continuer lorsque Doezwal est revenu chercher Cersei-Jane, ne faisant que bousculer un peu plus, le reste d’ordre établi. Mon mari décédé, Sansa-Ruth devenue mangemort aux vues et sus de tout le monde, Cersei-Jane de nouveau aux mains de son monstre de père ; tout cela n’est que confirmations du fait que tout a volé en éclats. Du jour au lendemain certainement, la brèche s’ouvrant toujours un peu plus pour que tout puisse s’effriter un peu plus vite. Bien plus que la guerre elle-même, c’est la fragilité des choses qui m’accapare. La façon dont, du jour au lendemain, les choses peuvent changé pour tout faire bousculer et ne rien laisser d’identique à ce qui a bien pu se passer la veille. Un frisson me parcourt l’échine alors qu’une nouvelle fois, cette pensée m’effleure l’esprit. Je pince les lèvres, faisant alors volte-face vers mon fils, laissant mon regard s’échouer sur son visage. Il n’a pas beaucoup changé depuis la dernière fois que je l’ai vu, quelques années plutôt. Peut-être a-t-il maigri un peu, comme il arrive souvent que cela se produise dans la prison des sorciers, et revêt maintenant fièrement une barbe qui le fait paraître un peu plus vieux. Mais malgré ces quelques changements, il reste toujours mon fils. Le fils que je ne suis pas venu voir à sa sortie d’Azkaban, et quand bien même cela était sous contrainte de sa sœur, il n’en reste pas moins que je ne l’ai jamais rejoint, que je n’étais pas là pour lui au moment où il en avait le plus besoin. Et face à cette évidence, je ne peux que tenter de m’excuser, me sachant incapable de revenir en arrière. A présent, il ne me reste plus qu’à assumer le fait de l’avoir laisser derrière moi, peut-être même de la même façon que j’ai laissé mon mari derrière moi. Le laissant derrière pour pouvoir survivre. Enfin non, pas tout à fait, car je n’ai jamais formulé les choses ainsi au moment de le faire et que personne de sain d’esprit ne sacrifierait son enfant – comprenez par là que Doezwal n’a jamais été quelqu’un de sain d’esprit – et ce n’est clairement pas ainsi que j’ai réfléchi. Mais c’est pourtant comme cela qu’Elwood doit voir les choses à présent, alors je ne peux que lui demander pardon. « Ouais, comme tout le monde. Cette phrase manque d’originalité et je n’arrive pas vraiment à en saisir le sens. » Du moins veut-il dire qu’il trouve que ce sont des mots qui sonnent creux, dénudés de sens peut-être. Je pince les lèvres, baissant la tête pour fixer mes pieds. Comme-ci il est subitement devenu le père qui réprimande et moi la gamine qui ne cherche qu’à se faire petite pour éviter de subir la fureur d’un parent plus longtemps. Pourtant, la voix d’Elwood reste bizarrement posée, comme-ci toutes ces années passées derrière les barreaux d’Azkaban l’ont aidé à apprendre à prendre sur lui, à se contenir. Envolé l’enfant turbulent d’autrefois, aujourd’hui il est bien plus mature. Chose que je n’avais pas forcément pris le temps d’observer avant son séjour forcé aux mains des détraqueurs. « C’est sincère tu sais. Je ne cherche pas à me racheter bonne conscience, je sais bien que tu m’en veux. Mais je veux juste que tu le saches. Ce n’est pas le meilleur choix que j’ai fait dans ma vie, mais un choix entraîne des conséquences et les autres alternatives me paraissaient bien pires encore. » Parce qu’à présent, Cersei-Jane possède une quelconque valeur aux yeux de son paternel, tout comme elle en possède aux yeux de Sansa-Ruth. Car aujourd’hui, avec le chantage, ils ont compris qu’ils peuvent se servir d’elle pour obtenir ce qu’ils veulent. Comme le fait de devoir délaisser Elwood. Car ils savent bien que de savoir que le jeune homme se trouve en train de dépérir, peut-être même aux portes de la dépression – s’il ne les a pas déjà franchies –, vaut toujours mieux que de savoir Cersei-Jane morte. Et c’est une chose que je m’essaye à exposer à Elwood, en lui confiant le fait que je connais son innocence. Sa réaction ne se fait pas attendre. « La garce. » C’est beau être un avis partagé, je ne peux m’empêcher de grimacer. Parce qu’il ne fait jamais bon de savoir que ses enfants se mettent à se haïr, que l’unité – ou du moins, ses résidus – s’effrite un peu plus. Parce que si elle est devenue ainsi, c’est que j’ai fait quelque chose de travers et forcément, je suis contrainte de m’en vouloir pour ça. Je ne peux décemment pas en éprouver une quelconque fierté, ce serait contre nature. « Je vais la tuer. » Je redresse brutalement la tête, vrillant de nouveau mon regard sur mon fils. Les poings serrés, l’air tout aussi enragé que déterminé, il a vraiment l’air près à mettre ses menaces à exécution. Et ce, quand bien même ce ne sont que des paroles sorties sous le coup de l’impulsion et que j’ai du mal à imaginer Elwood tuer quelqu’un avec préméditation, je ne peux m’empêcher de m’alarmer quelque peu. « Prends garde à ne pas devenir ce qu’elle veut que tu sois. Ne lui fais se plaisir. » je souffle d’une voix faible, la gorge quelque peu nouée. Parce que savoir que ma fille est déjà une meurtrière est amplement suffisant, pour que l’on me rajoute en plus le fait de savoir qu’Elwood souhaite en devenir un à son tour. Ce serait trop dur à supporter, irrécupérable peut-être bien même. Et puis, cela ferait bien trop plaisir à Sansa-Ruth et Elwood n’a pas à rendre sa sœur heureuse. Plus maintenant.

Et malheureusement, pour lui, ce n’est pas la fin des mauvaises nouvelles. Une autre franchie la paroi de mes lèvres pour venir s’échouer dans ses oreilles, alors que je me rends compte que je ne peux pas le laisser dans l’ignorance à ce sujet. Après tout, son père est mort et cela m’attriste également, mais ce n’est pas pour autant que je dois le lui cacher. Il se doit de savoir que ce n’est pas la faute de son père s’il n’est pas venu le voir pour sa sortie d’Azkaban. Qu’il ne sert à rien de le maudire pour cela, car ce n’est tout simplement pas sa faute. Bien vite, je vois le visage d’Elwood se décomposer, complètement interloqué par mes paroles. Dévasté même. « Quoi ? » Expression de surprise, assez légitime. Personne ne doit être venu lui dire, peut-être s’est-il tout simplement dit que son père ne s’est pas donné la peine de venir, tout comme je ne suis pas venue. De toute façon, c’est une question qui aurait bien fini par être posée, étant donné qu’il se serait bien demandé ce pourquoi je me trouve toute seule dans cette tente, perdue au milieu du camp de Craik, sans aucun membre de ma famille aux alentours. Alors autant lui dire la chose tout de suite. Peut-être que cela lui a fait moins mal ainsi, ou peut-être pas, je n’en sais trop rien. Je pince les lèvres alors que je déglutis, baissant mon regard vers mes pieds. Je devrais le prendre dans mes bras, tenté de le réconforter. Mais je dois l’avoir bien trop déçu pour que ce geste paraisse naturel et que je puisse l’esquisser sans qu’il s’en offusque. Alors je préfère me contenter de baisser la tête, jouant avec mes doigts pour éviter de laisser le stress monter. Avant cette guerre, cette situation en est une à laquelle trop peu de parents ont été confrontés. Parce que dans la logique des choses, les parents ne devraient pas mourir avant leurs enfants. Mais la logique des choses est une option bien abstraite à présent. « J’ai passé les neuf derniers mois à vous détester. J’étais en colère. Depuis le début de l’année c’était pire encore. Cersei m’a dit que vous l’aviez laissée  tomber, elle aussi. » Je redresse la tête, trouvant face à moi un Elwood à l’expression encore plus dépitée. C’est une chose de laquelle je me doutais, mais l’entendre le dire me désappointe tout de même un peu plus. Surtout qu’il a parlé de Cersei. Ainsi, tous ceux que j’ai un jour considérés comme étant mes enfants, me détestent à présent. Je fais une légère grimace, profitant du fait que mon fils baisse la tête et ne puisse ainsi pas me voir. C’est quelque chose de dur à entendre, vraiment. Et ce même si j’ai tenté de m’y préparer. Je sais que j’aurais dû tenter de revoir Elwood, de chercher après Cersei-Jane. Mais c’est sans compter sur les interventions de Sansa-Ruth et Doezwal, qui compliquent bien les choses. Enfin, je n’ai pas non plus l’impression que cela se montre être une excuse suffisante, surtout lorsque cela implique que les enfants que j’ai enlevé, ont le sentiment que je les abandonne aujourd’hui. « Il faut que je lui dise qu’elle s’est trompée. » Cela veut dire qu’il a gardé le contact avec Cersei. Qu’il l’a revue depuis qu’il est sorti d’Azkaban. A moins que, tout comme moi, il espère simplement pouvoir la recroiser un jour. Je pince les lèvres en secouant la tête. Dans tous les cas, elle ne me considère pas réellement comme étant sa mère, elle me l’a bien fait comprendre. Sans compter que le fait qu’elle doit à présent se coltiner la compagnie permanente de Doezwal, alors autant ne pas rendre les choses plus compliquées en faisant en sorte qu’elle recommence à me voir d’un mauvais œil. « Dis lui seulement pour votre père, je ne veux pas rendre les choses plus compliquées pour elle en ce qui me concerne. » Parce qu’Elwood sait certainement que je n’ai jamais considéré le véritable père de Cersei-Jane comme tel. Après tout, il l’a abandonnée alors qu’elle ne revêtait encore que l’allure d’un nourrisson et n’a même pas daigné lui accorder un prénom. Il n’a jamais fait attention à elle, l’abandonnant chez nous en faisant bien comprendre que son existence lui importait peu. Et du jour au lendemain, il est revenu avec en tête, l’idée de la faire devenir mangemort, de son plein gré ou non. Bien que j’imagine que ce ne soit pas quelque chose qu’elle souhaite réellement, étant donné que cela va à l’encontre de l’éducation que nous nous sommes évertués à lui donner. Mais bon, après tout, c’est un chemin que Sansa-Ruth a bien emprunté, alors j’ai tout de même envie de dire qu’à ce stade, plus rien n’est réellement en mesure de m’étonner. Je retiens de justesse un soupir, alors que je secoue la tête. « J’ai besoin de … » retentie la voix d’Elwood, perçant de nouveau le silence avec cette voix qu’il ne prend pas la peine de terminer, préférant s’enfuir loin de la tente alors qu’il s’empresse de rabattre le pan de tissu pour s’enfuir. Je le regarde faire, jusqu’à ce qu’il disparaisse complètement. Longtemps, je me demande s’il me faut le suivre ou pas, s’il ne vaut mieux pas lui laisser un peu de temps pour récupérer de ses émotions. Après tout, il y a fort à parier qu’en se levant ce matin, il ne s’est même pas attendu à me revoir et par conséquent, encore moins à apprendre de telles choses. Pourtant, je finis par le suivre, ne tardant pas à le voir assis sur un tronc d’arbre non loin, la tête renversée en arrière, le regard probablement fixé vers le ciel. Avant que je n’aie eu le temps de le rejoindre, il a déjà baissé sa tête, passant ses mains sur son visage pour en retirer les larmes présentes. Je déglutis alors que je viens m’asseoir à côté de lui, n’hésitant pas à passer une main par-dessus son épaule pour le ramener vers moi cette fois. « Allez, ça va aller, tout va rentrer dans l’ordre. » Paroles manquant cruellement de sincérité dans le sens que je ne suis sûre de rien et que je commence moi-même à y croire de moins en moins. Je caresse son épaule de mon pouce, dans un geste qui se veut réconfortant, quoi que quelque peu maladroit. Je n’ai jamais eu à annoncer la mort de quelqu’un auparavant et c’est le genre d’annonce un peu difficile à faire. Je ne sais clairement pas comment m’y prendre. Enfin, voilà qui est fait de toute façon. « Lui non plus, ne croyait pas en ta culpabilité, tu sais. Il aurait été là à ta sortie, malgré Sansa. Nous aurions été là tous les deux. » Triste vérité mais c’est pourtant bien réel. Après tout, avec mon mari à mes côtés, j’aurais été bien plus rassurée en ce qu’il s’agit de rejoindre la maison pour retrouver Elwood à sa sortie. Mais il nous a déjà fallu déménager en raison de son arrestation, puis il y a eu Doezwal, venu pour reprendre Cersei et tuer son frère. Les choses étaient contre nous et je n’ai tout simplement pas eu le courage de venir l’accueillir toute seule. De peur d’avoir à subir les représailles de Sansa, tout comme par peur d’avoir à lui annoncer les sinistres choses qui ont chamboulé notre famille, je suppose.
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MessageSujet: Re: ❝ nothing really matters to me ❞ (ft.isleen)   Jeu 25 Juil - 15:19


“ nothing really matters to me ”

Mama,life had just begun, But now I've gone and thrown it all away. If I'm not back again this time tomorrow carry on.

Isleen and Elwood
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Nombreuses étaient les personnes qui étaient désolées de ce qui avait pu lui arriver. Il avait cessé de compter le nombre de fois qu’on lui avait présenté ce genre d’excuses. Aussi sincères puissent-elles être, ça ne changeait pas grand-chose pour lui. De toute évidence, maintenant il avait l’impression que plus rien ne pourrait changer quoi que ce soit au malheur qu’il avait du connaitre. Il était resté enfermé quatre longues années dans une prison dans laquelle la vie n’était clairement pas des plus faciles, pour payer pour un crime qu’il n’avait pas commis. Il avait été cet innocent balancé en plein dans la cage aux lions. Jamais il n’oublierait ces quatre années, à moins qu’on ne lui impose un sortilège d’amnésie. Des fois, il se disait que ce ne serait pas plus mal. Toutes ces nuits où il s’était réveillé en nage après un nouveau cauchemar. Ils étaient si réels et s’imposait si souvent à lui, plus qu’une simple piqure de souvenir, il avait l’impression d’y être à nouveau, de pouvoir ressentir l’acier glacé des barreaux, la froide et terrifiante présence des détraqueurs, là à quelques pas de lui et cette angoisse qu’ils lui imposaient comme si le bonheur n’existait plus à chaque fois qu’ils s’approchaient un peu trop de sa cellule. Il entendait encore les rires de démences qui émanaient de quelques cellules, il pouvait encore respirer l’oppressent odeur de la mer brutale qui s’écrasait le long des murs de la gigantesque et terrifiante prison. C’était là dans sa tête et bien souvent quand il fermait les yeux, elle se redessinait devant sous ses paupières, le replongeant au cœur de l’enfer glacé qu’il avait connu là-bas. Il se réveillait alors et cherchait à s’occuper pour occuper les nombreuses heures qui lui restaient avant que le jour ne se lève. Trop souvent, il se noyait dans l’alcool jusqu’à tomber de sommeil, ça lui permettait de dormir au moins, mais pas assez pour effacer les cernes qui s’étaient dessinées sous ses yeux et qui lui semblaient presque indélébiles. D’autres fois, il se contentait de lire tout ce qui lui passait sous la main, lui qui avait été incapable de lire autre chose que des bandes dessinées étant plus jeune, il avait en quelques mois rattrapé ses lacunes en littérature sorcière et moldue, l’avantage dans la librairie comme dans l’appartement d’Alice, c’est qu’il y avait suffisamment de livres pour occuper chacune des nuits qui pouvaient composer toute une vie. Azkaban était là au quotidien dans ses cauchemars ou dans un coin de son esprit, Azkaban serait toujours là, comme une marque au fer rouge sur sa peau, comme ce tatouage lui ayant servit d’immatriculation là bas et qui souillait encore et pour toujours l’intérieur de son poignet, bien que dissimuler la plupart du temps sous le bracelet de sa montre. Ce n’était pas des excuses aussi nombreuses et sincères soient-elles qui réussirait à faire disparaitre tout ça. C’était en lui à présent, indissociable de ce qu’il était devenu, c’était comme un fardeau qu’il se devait de porter et dont il ne se débarrasserait jamais. Ce serait encore là dans vingt, cinquante, soixante ans, probablement jusqu’à ce qu’il pousse son dernier soupire. C’était Azkaban, la pire prison qui puisse exister sur terre et si ce n’était pas le cas, il ne voulait pas expérimenter ce qu’il pouvait y avoir de pire, après tout dans son esprit d’homme traumatisé, faire pire, c’était vraiment compliqué. Il n’avait pas encore expérimenté la guerre et ses conséquences, sans quoi il saurait sans doute à quel point il se trompait, sans quoi il comprendrait bien plus aisément qu’Azkaban ce n’était pas le paradis, mais c’était parfois plus enviable à ce que devenait le monde. S’il n’avait pas encore connu les conséquences de cette guerre qu’il comprenait à peine, c’était parce qu’il s’efforçait de la fuir du mieux qu’il pouvait, n’en déplaise à bien des gens d’ailleurs. Ça finirait par lui retomber sur le coin du nez, mais il n’en avait qu’à peine conscience, malgré les avertissements qu’on avait pu lui donner. Il préférait les nier, fuir et continuer de s’agacer contre les excuses bidons qu’on lui présentait, c’était plus simple ainsi, il ne faisait que repousser le reste du monde après lui avoir reprocher de l’avoir laissé tomber, réaction paradoxale mais tellement en accord avec son esprit quelque peu perturbé.

Le jeune homme haussa les épaules. Il le savait, il comprenait. Ça ne rendait pas les excuses plus utiles en son sens. Peut-être que c’était encore une conséquence d’Azkaban, il n’arrivait plus à comprendre le sens de certaines paroles, de certains actes. Elle avait cependant raison, c’était mieux ainsi. Lui à Azkaban mais Cersei encore en vie. Sa mère avait fait le meilleur choix possible, même s’il en avait subit les conséquences et qu’elles n’étaient pas moindres. « Je suppose que pour le coup, c’était le meilleur choix possible. Au moins, on est tous les deux en vie. » Elle était bien vivante, même si elle fuyait son père, elle était encore en vie et la dernière fois qu’il l’avait vue, elle n’avait pas l’air en mauvais était, après il avait jugé avec ses yeux à lui, et son jugement n’était pas forcément la meilleure référence. Lui aussi il était vivant, mais clairement en mauvais état. Il avait tout d’un homme bousillé et c’était au final parfaitement normal. Maintenant, il fallait sans doute qu’il prenne sur lui pour se réadapter particulièrement vite au monde, parce que c’était la guerre, évidemment qu’en d’autres temps, il aurait pu prendre son temps sans soucis, mais là c’était compliqué, la guerre le poussait à devoir avancer plus vite prévu et comme il en était incapable, il passait le plus clair de son temps enfermé dans une librairie, bien loin de la guerre. Il était bien là-bas, il vivait sa vie tranquillement en se fichant des autres, il n’avait pas à crapahuter dans les bois ou à vivre au fond d’une tente, il n’avait pas à se cacher comme un criminel (ce qu’il n’était définitivement pas pour le moment, malgré les années passées derrière les barreaux). Sa vie aurait presque pu lui convenir s’il n’avait pas manqué d’un équilibre certain qu’il aurait pensé retrouver auprès de sa famille. Sa famille qui, il l’avait cru n’avait pas su croire en ses paroles. Il avait entendu sa mère le traiter de monstre devant le magenmagot, jamais il n’aurait pu se douter qu’elle s’appliquait à l’enfoncer à contrecœur pour sauver la vie de Cersei-Jane. Il n’avait pas pensé que Sansa-Ruth pousserait le vice jusqu’à menacer sa cousine si quelqu’un essayait de l’envoyer en prison à sa place. Elle avait dépassé toutes les limites possibles inimaginables. Elle était vraiment devenue complètement tarée, irrécupérable. Il ne pouvait même plus la voir comme ça sœur, elle avait qui il avait pourtant partagé toutes les années de sa vie. Elle était sa sœur jumelle, c’était presque inconcevable qu’elle soit si différente de lui. Si tout avait toujours prouvé qu’ils étaient des faux jumeaux (forcément un garçon et une fille, la question ne se pose pas, il s’agit forcément de faux jumeaux) maintenant, il pouvait presque se demander si elle était vraiment sa sœur. Elle été issue d’une lignée pleine de consanguinité et avait été échangée avec sa vraie sœur à la naissance, ça pourrait expliquer sa folie au moins. Enfin, chercher des explications improbables à la folie de sa sœur s’avérait sans doute être parfaitement inutile. Tout ce qu’il pouvait faire à présent, c’était insulter sa sœur et menacer de la tuer, ce qu’il fit d’ailleurs sans se faire prier. Il avait déjà bien des fois ressenti l’envie d’étriper Sansa, mais à présent, c’était pire encore. Tout était de sa faute, de son enfermement jusqu’à l’abandon de sa famille, il voulait la voir se tordre de douleur sous l’impact d’un doloris, il voulait la voir emportée par une folie bien différente de celle dont elle était atteinte, à force de trop de douleur, il voulait la voir croupir au fond d’une cellule et plus que tout au monde en cet instant, il voulait voir un détraqueur s’emparer de son âme pour la pousser à continuer une existence vide de sens alors qu’elle ne serait qu’une coquille parfaitement vide. Le pire sort qui puisse exister en ce bas monde selon Elwood. La tuer serait cependant bien plus simple que de la faire croiser la route d’un détraqueur. « J’ai cru comprendre qu’on arrêtait plus les meurtriers aujourd’hui pourtant. Mais tu as raison, elle ne mérite pas que je me salisse personnellement les mains. » Il laissa son regard se perdre dans le vide, presque comme déconnecté de la réalité alors qu’il se perdait dans des pensées bien morbides, presque malsaines mais dans lesquelles justice pouvait être enfin faite. Il ne devait pas devenir ce qu’elle avait voulu faire de lui, ça ne voulait pas dire pour autant qu’il devait se priver d’une vengeance qui, il fallait l’avouer, serait parfaitement légitime.

L’annonce de la mort de son père le ramena cependant à la réalité, comme frappé soudainement d’un coup de fouet. Son père avait été un véritable model pour lui, un type vraiment bien, il l’avait aimé, admiré et respecté, jusqu’au jour où il avait eu l’impression qu’il n’en avait rien à faire de lui, qu’il ne lui faisait pas suffisamment confiance pour croire en son innocence et que même une fois la vérité rétablie (quatre ans plus tard), il se fichait toujours éperdument de ce que pouvait être devenu son fils. Il avait été profondément déçu par cet homme qu’il s’était efforcé de le détester de tout son être, tout comme il avait détesté sa mère. Il apprenait aujourd’hui qu’il n’avait fait que souiller l’esprit d’un homme d’honneur, de son propre père, de celui qui lui avait appris à être un homme. En plus d’avoir sans doute laissé une partie de son éducation de côté, il l’avait bien souvent insulté, il avait parlé de lui avec dégout et déception, le traitant de lâche à qui voulait bien l’écouter alors qu’il bouffait des pissenlits par la racine, six pieds sous terre, Merlin seul savait où (Isleen sûrement également). Il avait honte en cet instant de s’être ainsi comporté, il ressentait aussi bien le poids de la tristesse et celui de la culpabilité s’imposer à son cœur, rendant chacun de ses battements accélérés, particulièrement douloureux. Quand il avait retrouvé Cersei, il avait encore pensé bien du mal de son père, à tord. Il était mort en la protégeant alors qu’elle, comme lui pensaient qu’il l’avait abandonnée. Il s’était toujours soucié de Cersei, tout comme il s’était toujours soucié de lui. Tout deux avaient sans doute été juste trop rancuniers pour s’en rendre compte. Il ne prêta qu’à peine attention aux paroles de sa mère, il avait entendu les mots sans vraiment en saisir le sens alors qu’absolument tout s’embrouillait dans sa tête. Tellement qu’il avait l’impression que son cerveau n’avait plus assez d’oxygène pour que les choses soient claires. Il avait l’impression d’étouffer dans cette tente, si bien qu’il la quitta bien vite pour rejoindre l’air extérieur, frais et vivifiant. Il se posa rapidement sur un tronc d’arbre, persuadé que ses jambes avaient déjà bien du mal à le porter et qu’il devait s’asseoir s’il ne voulait pas s’effondrer. Il s’efforça d’essuyer les larmes qui avaient coulées sur ses joues alors que sa mère était revenue vers lui. il sentit une légère étreinte autour de son épaule dont il n’avait finalement pas la moindre envie de se débattre, malgré la pointe de rancœur qui lui restait encore et dont il tâcherait de se débarrasser, plus tard. Il agita lentement la tête de droite à gauche pour infirmer les paroles de sa mère. Ça ne rentrerait pas dans l’ordre. Jamais rien ne rentrerait dans l’ordre. « Je crois pas. Depuis des mois c’est pareil, à chaque nouvelle est pire que la précédente. » Sa famille l’avait abandonné, sa fiancée était partie en France, la guerre avait éclaté, il avait perdu Meera-Louise, il avait retrouvé sa fiancé et rencontré son fils, il avait retrouvé sa cousine, obligée de fuir son père complètement tordu et maintenant, il apprenait que son père était mort. Il ne savait pas quelle serait la prochaine nouvelle, mais il n’était pas sûr d’avoir envie de l’entendre. Il commençait à être à bout, Azkaban l’avait considérablement affaiblit et la vie semblait être bien décidée à l’achever. « J’aurais aimé que vous soyez là. Je pensais que vous seriez là. Toi, papa, Cersei, Lyse. J’étais encore là-bas alors que la plupart des mangemorts s’étaient enfuis, mais je n’avais pas la moindre idée de ce qui se passait dehors. J’aurais voulu le revoir. Lui dire que j’ai été tellement stupide d’avoir douté de lui et que je suis vraiment désolé. » Il ferma les paupières un instant, laissant échapper un soupire tremblant. Il releva la tête vers le ciel fixant à nouveau le ciel tout en se mordant l’intérieur de la joue pour retenir les larmes qui une nouvelles fois, menaçaient de venir s’échouer sur ses joues. « Avant Azkaban je pensais que si j’avais des enfants un jour je ferais tout ce qu’est en mon pouvoir pour être un père comme lui. » Après Azkaban, il n’avait fait que l’insulter et se persuadé qu’il avait vu le jour dans la pire famille qui soit. Il avait eu tord et il s’en rendait compte bien trop tard. Il reposa finalement son regard sur sa mère. « J’ai un fils, et finalement, je pourrais jamais être un père comme lui. » Il avait un fils, nouvelle toute récente, perturbante et qu’il ne savait absolument pas comment gérer. Il aurait finalement bien eu besoin des conseils de son père pour gérer ça, mais il ne les aurait jamais. Il ne reverrait jamais son père. Il laissa échapper un nouveau soupire avant de laisser sa tête retomber contre l’épaule de sa mère. Jamais il ne pourrait présenter des excuses à son père pour la façon dont il l’avait traité ces derniers mois, mais il n’était peut-être pas trop tard pour renouer avec sa mère, elle était toujours là elle et malgré la rancœur il n’avait pas envie de la perdre, elle aussi.


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lalalala citation ici.
des paroles par là. — titre de la chanson.
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MessageSujet: Re: ❝ nothing really matters to me ❞ (ft.isleen)   Sam 27 Juil - 18:16

Être mère ne m’est jamais apparu aussi compliqué qu’en cet instant, alors qu’il me faut me contenter d’observer, les bras croisés, la situation aller de pire en pire. Ma famille se disloque tout autour de moi, alors que je n’ai jamais rêvé de rien d’autre que de cette même famille, de pouvoir la mener toujours avec autant de droiture et de bonne volonté. D’élever correctement mes enfants, de les faire grandir de façon à ce qu’ils s’épanouissent toujours. Et il est clairement le cas aujourd’hui, alors que je contemple le visage député d’Elwood, que cela n’est pas le cas. J’ai échoué lamentablement et ce depuis le jour même où Cersei-Jane est arrivée à la maison. Pas que cela soit de la faute de la rouquine, bien au contraire, étant donné que je la dénude de toute implication dans les malheurs de notre branche de Harkness. Mais simplement parce que c’est le jour même où Sansa-Ruth a commencé à la haïr, à lui vouer une haine sans limite. Je le sais bien, cela se lit inéluctablement dans les yeux de ma fille, elle n’a jamais été en mesure de faire ne serait-ce que semblant d’aimer sa cousine. Et si je n’ai pas réussi à mener à bien leur en tête, ce n’est la force de personne d’autre. J’en prends toute la responsabilité, car c’est moi qui ai accepté de prendre la fille de Doezwal en charge – avais-je vraiment le choix, à la vue des menaces de son père ? Mais ce n’est en aucun cas un acte que je regrette, la petite ayant toujours été des plus agréables à vie, si l’on omet cette fois, gravée à jamais dans mon esprit, où elle m’a crachée à la figure que je ne suis pas sa mère. Elle n’a pas tord du tout, car jamais je ne serais sa mère. Je ne suis pas la femme qui l’a mise au monde et c’est une chose contre laquelle je ne peux lutter, car personne ne se trouve être en mesure de lutter contre la nature, la biologie et toutes ces choses que, sorciers comme moldus, nous ne parvenons qu’à comprendre à moitié. Pourtant, je suis bien la femme qui l’ait élevée, logée, nourrie, blanchie ; durant ces dix-sept dernières années. Et si un jour, elle a pu ne pas s’épanouir de cette situation, je ne l’ai jamais remarqué auparavant et dans ce cas, c’est une nouvelle fois de ma faute et non pas de la sienne. Elle qui n’a jamais rien demandé à personne, qui n’a jamais fait de mal à une mouche ou voulu nuire à quiconque. Et je ne lui en veux absolument pour ses mots, aussi blessants soient-ils à entendre. Mais c’est une phase par laquelle passe chaque enfant ayant grandit dans une famille n’étant pas réellement la sienne, n’étant tout simplement pas composée de son père et de sa mère biologique. Et elle, n’a eu ni l’un ni l’autre pour s’appuyer, bien que son père biologique soit toujours vivant. Ainsi a-t-elle eu la même existence qu’une enfant adoptée, ce qu’elle a clairement été en fin de compte. Et comme dans chaque famille ou un enfant peut-être adopté, il se trouve souvent y avoir des complications. La notre s’est trouvée porter le nom de Sansa-Ruth et être ma fille, tout simplement. A elle non plus, je ne pouvais pas vraiment lui en vouloir, avant qu’elle ne se trouve devenir une tueuse en série, aux mains du Lord. Et c’était à moi de tenter de régler tout cela, avant qu’il ne soit trop tard. Avant qu’Elwood ne soit envoyé à Azkaban, avant que mon mari ne succombe de la main de son propre frère, avant que Doezwal ne vienne récupérer sa fille par la force. Aussi mon fils se trouve-t-il avoir simplement eu à subir l’un des multiples résultats de mes diverses erreurs. De mon échec, puisqu’aucun autre mot ne lui sied aussi bien. Je m’en veux terriblement qu’il ait eu à supporter tout cela alors qu’il n’a rien demandé à personne. Après tout, j’aurais très bien pu faire en sorte qu’il n’ait jamais à visiter les cellules de la prison des sorciers, étant donné que je connaissais la vérité à son sujet – le fait que c’est Sansa qui ait tué cette famille d’aurors. Mais cela aurait mis la vie de sa cousine en danger et, bien que je ne lise pas dans les pensées du jeune homme et que je sache encore moins ce qui s’y passe à présent, je crois tout de même avoir raison de croire qu’Elwood ne veut en aucun cas, qu’il arrive le moindre mal à sa cousine. Après tout, sa relation avec Cersei-Jane, s’est toujours trouvée être assez fusionnelle. Au même titre que celle avec sa sœur, avant que celle-ci ne dégénère.

Il n’est pourtant pas bien compliqué de voir à quel point son passage en prison, a laissé des traces dans sa vie. Cela se voit, rien qu’à son visage qui revêt un air fatigué, ses yeux se trouvant être bien cernés. Je n’ose même pas me demander combien de temps il parvient à dormir par nuit ou ce qui le fait se tenir éveiller. Les songes qui hantent son esprit d’homme torturé, ne doivent être beaux à voir pour personne. Pas même pour le Lord lui-même, alors que celui-ci ne rêve que de chaos et de dévastation. Alors qu’il n’aspire qu’à ôter des vies à de parfaits innocents et à rendre invivables les vies de centaines de personnes dans tout le Royaume-Uni. Bon nombre de ses mangemorts se trouvent d’ailleurs être passés par la case Azkaban, mais cela n’empêche en rien le fait qu’Elwood se trouve être innocent et qu’il a eu à subir cette terrible épreuve pour une chose qu’il n’a pas faite, alors que les sbires du mage noir, n’ont fait qu’enchainer maintes crimes. A tel point que leurs noms parviennent à faire trembler bon nombre de personnes, surtout ici. Je me rappelle sans aucun mal, le visage d’une jeune fille du camp, absolument terrorisée par le nom de Bellatrix Lestrange. Enfin, là ne se trouve pas être la question. Il me faut simplement avouer à Elwood ce pourquoi il a eu à côtoyer les cellules de la prison des sorciers, alors que c’est quelque chose que j’aurais pu lui éviter. Et je sais que ce n’est pas quelque chose d’aisé que de lui avouer cela, que j’y serais sûrement mieux parvenue si j’avais eu son père à mes côtés – mon mari s’étant éteint sans que jamais je ne lui révèle quoi que ce soit, bien que je n’ai aucun doute, au plus profond de mon être, qu’il sache pertinemment l’innocence de son fils. Aussi est-ce toute seule qu’il me faut lutter contre ma voix chevrotante, afin de la raffermir et annoncer de but en blanc, à Elwood, cette chose pourtant si peu aisée à annoncer. « Je suppose que pour le coup, c’était le meilleur choix possible. Au moins, on est tous les deux en vie. » Tous les deux en vie, oui, mais à quel prix ? Mon fils ne se trouve plus être qu’une épave, l’ombre de lui-même, un simple spectre si on veut pousser la vis aussi loin. Rien ne portait à croire qu’il puisse être un jour voué à pareil destin, mais pourtant, il l’a bel et bien été. Par la force des choses, par l’action de sa sœur qui, poussée par son oncle, l’a amené à vivre cette vie qui est désormais la sienne. Je pince un instant les lèvres, mon cœur battant à la chamade contre les parois de ma poitrine, me faisant un mal de chien. Mais pourtant, je sais bien que je n’ai aucunement le droit de me plaindre. Bien au contraire, il n’a jamais été aussi nécessaire d’assumer mes choix et mes diverses décisions. Je ne peux pas me dérober cette fois et je le sais depuis que le jeune homme se trouve avoir franchi le seuil de la tente. « Je me doute que ça doit être dur pour toi à encaisser. Et sache que je ne te demande pas de comprendre. Si tu ne veux pas me pardonner pour cela, je ne t’en voudrai pas. Jamais. Mais il fallait bien que je te le dise un jour ou l’autre. » Je me mordille doucement la lèvre inférieure, alors qu’il me faut me détourner de lui, m’arracher à la vision de l’homme qu’il est devenu. Car à travers lui, je ne parviens qu’à voir le petit garçon qu’il a été, bien des années auparavant. Il me faut m’arracher à cette envie de m’approcher de lui pour venir le saisir dans mes bras, me doutant bien que je risque fort d’essuyer un refus. Un geste d’écartement, duquel j’aurais toutes les peines du monde à me remettre. Si bien que je préfère éviter de tenter le diable. Et puis, pour lui aussi, la chose peut s’avérer être dévastatrice, car cela fait déjà bon nombre d’années que je ne l’ai pas pris entre mes bras. Je ne fais pas dans la psychologie et je n’ai aucune idées des réactions que cela pourrait provoquer chez lui, mais je ne veux pas me risquer à le briser un peu plus que je ne l’ai déjà laissé faire. « J’ai cru comprendre qu’on arrêtait plus les meurtriers aujourd’hui pourtant. Mais tu as raison, elle ne mérite pas que je me salisse personnellement les mains. » ne tarde-t-il pas à répliquer, alors que je lui demande de ne pas devenir ce que sa sœur veut qu’il soit, en mettant fin aux jours de sa jumelle. Son regard se perd alors dans le vide, comme une nouvelle fois ravagé par un tsunami d’émotions contradictoires. Ce qui doit être son lot quotidien, à présent. Me tournant de nouveau vers lui, je le décris un instant de mes prunelles, avant de m’autoriser à ouvrir de nouveau la bouche. « Tu es homme bien, Elwood. » Il me faut avouer qu’il m’est difficile d’appeler mon fils comme étant homme, alors qu’il me semble qu’il venait à peine de sortir de l’adolescence. Mais c’est pourtant bien ce qu’il est devenu durant ces quatre années et plus, passées bien loin de moi. Mon estomac se noue une nouvelle fois, alors que je considère le fait que j’ai loupé de nombreux moments, que j’aurais pu passer avec lui. Tout cela à cause de Doezwal, de Sansa-Ruth et de mes choix.

Mais bien plus difficile que de lui annoncer la vérité sur ce qui a conduit à sa condamnation et toutes ces années qu’il lui a fallu passer à Azkaban, c’est lui annoncer la mort de son père qui se révèle être compliqué. Surtout que je lui fais avec une certaine maladresse, ne sachant trop comment lui dire cela. C’est la première fois qu’il me faut l’annoncer à quelqu’un depuis que j’ai moi-même découvert son cadavre, étendu sur le sol, son corps sans vie posé à même le parquet. Doezwal l’a su parce qu’il l’a tué de ses propres mains et Sansa-Ruth l’a certainement appris de par son oncle. Je ne sais pas si mon beau-frère en a parlé à Cersei-Jane, mais une chose est sûre, c’est que je n’ai pas eu l’occasion de lui annoncer moi-même, surtout que je ne l’ai pas recroisée, depuis ce fameux jour où elle a annoncé ces mots brutaux à mon attention. En tout cas, une chose est sûre, c’est que je ne peux pas attendre plus longtemps pour annoncer la chose à mon fils ; ne sachant pas si je le reverrais à un autre moment pour lui en faire part ou quand est-ce qu’il partira du camp. Mais je ne peux décidemment pas le laisser dans l’ignorance d’une pareille chose, alors que je suis sûre que la nouvelle se trouve être en mesure de l’affecter. Et en effet, l’annonce parait le heurter avec autant de puissance que lorsqu’il a fallu me rendre à l’évidence que le corps étendu à mes pieds, se trouvait être un corps sans vie. Il faut d’ailleurs que le jeune homme sorte de la tente, tellement il a du mal à accuser le coup. Et vu comment j’ai moi-même du mal à tenter de faire mon deuil, je ne peux clairement pas l’en blâmer. Je ne mets pas plus de quelques secondes, avant d’écarter à mon tour le pan de tissu marquant l’entrée de la tente, afin d’en sortir. Je ne tarde pas à le repérer, assis un peu plus loin, sur la souche d’un tronc récemment coupé. Aussi je le rejoins sans perdre de temps, finissant par passer une main autour de son épaule, malgré mes craintes de me faire repousser, pour tenter de le réconforter, tant bien que mal. « Je crois pas. Depuis des mois c’est pareil, et chaque nouvelle est pire que la précédente. » me souffle-t-il à mi-voix, alors que pour ma part, je préfère ne pas perdre espoir quant à un retour à la normal. Car perdre espoir, c’est s’avouer vaincu et par conséquent, déjà à demi-mort. Et je ne le peux pas, car il me faut tenter de réparer la zizanie que j’ai laissée disloquer notre famille. Pourtant, avant de contredire Elwood, je me contente de hausser un sourcil intrigué, alors que j’attente qu’il me déblatère son récit et le fait qu’il pense ainsi. Pas difficile à comprendre, de la part d’un ancien détenu d’Azkaban. Un criminel simplement coupable d’avoir été victime d’une bien trop grande injustice. Pourtant, il se peut qu’il se soit passé autre chose dont je n’ai pas été mise au courant – depuis le temps, c’est bien possible – si bien que je décide de le laisser continuer de parler, sans l’interrompre. « J’aurais aimé que vous soyez là. Je pensais que vous seriez là. Toi, papa, Cersei, Lyse. J’étais encore là-bas alors que la plupart des mangemorts s’étaient enfuis, mais je n’avais pas la moindre idée de ce qui se passait dehors. J’aurais voulu le revoir. Lui dire que j’ai été tellement stupide d’avoir douté de lui et que je suis vraiment désolé. » Je pince une nouvelle fois les lèvres alors que je le vois clore les paupières, voyant bien qu’il trouve douloureux de dire ce qu’il a sur le cœur. Un soupir triste et tremblant s’échappe de sa bouche, alors qu’il bascule sa tête en arrière pour enfin rouvrir les yeux, fixant ses prunelles sur l’immensité du ciel. De mon pouce, je m’applique à lui caresser l’épaule, dans un geste se voulant réconfortant. « Avant Azkaban je pensais que si j’avais des enfants un jour je ferais tout ce qu’est en mon pouvoir pour être un père comme lui. » avoue-t-il alors que je déglutis, tandis que son regard se pose de nouveau sur moi. Un regard triste, confus et assurément dépité. Rien de très joyeux en somme. Mais la situation n’a rien pour se montrer joyeuse non plus, alors les expressions qu’il revêt, se voient être tout à fait légitimes. « J’ai un fils, et finalement, je pourrais jamais être un père comme lui. » Sa tête vient alors s’échouer sur mon épaule, alors que je me retiens tout juste d’afficher une expression béate. Apparemment, je ne suis pas la seule à pouvoir lui annoncer des choses aujourd’hui. Et je n’aurais jamais imaginé avoir à apprendre le fait d’être grand-mère, alors que la situation du monde magique semble si précaire. Je déglutis, mais ce n’est pas la question à laquelle je m’intéresse en premier finalement, me contentant de répondre dans l’ordre à ses paroles, ayant du mal à encaisser l’information, il me fait le dire. « Ton père serait venu s’il était encore en vie, Cersei aussi si Doezwal ne l’avait pas arrachée à nous et pour Lyse, je n’avais plus de nouvelles. Si je ne suis pas venue, c’est parce que Sansa-Ruth se trouvait auprès de ta cousine, toujours aussi menaçante. » Je secoue doucement la tête, m’en voulant tout de même pour le fait qu’il se soit trouvé seul après être sorti de prison. Après tout, encore une fois, il ne méritait pas cela. Mais il est trop tard pour revenir en arrière. « Ton père a toujours été fier de toi, tu sais. Il ne t’en aurait pas voulu un seul instant. » Je continue à frotter l’épaule de mon fils, dans un geste se voulant toujours aussi réconfortant, quoi que maladroit. Pourtant, je pense bien ce que je dis. Son père ne lui en aurait pas voulu le moins du monde. Après tout, il s’en voulait plutôt lui-même, d’avoir ainsi laissé son fils partir à Azkaban. Ses pleurs nocturnes résonnent encore en échos dans mon crâne, comme une sinistre berceuse de laquelle je n’arrive pas à me défaire. Car il ne fait aucun doute quant au fait qu’il ait toujours aimé son fils et qu’il n’a jamais voulu croire en sa culpabilité. « Et puis, son sang coule dans tes veines. Tu as ses gênes. Il ne fait aucun doute que tu vas faire un formidable père, comme à son effigie. Et ce malgré le fait que l’époque ne soit pas la plus encline au fait d’élever un enfant. » Je viens doucement embrasser son front, fermant un instant les yeux avant de venir poser ma tête sur la sienne, tout en continuant de lui frotter le haut du bras, mon pouce formant des arabesques irrégulières sur son épaule. « L’enfant est de Lyse n’est-ce pas ? Elle ne nous a rien dit. Félicitations en tout cas, tu dois avoir eu un beau garçon. » je lui souffle, sans changer de position, les paupières toujours fermées. Je ne veux pas lui demander à voir mon petit-fils sans qu’il ne décide lui-même de m’amener jusqu’à lui. Parce que s’il ne l’a pas amené avec lui, c’est bien qu’il doit y avoir une raison. Et peut-être ne veut-il pas qu’il me connaisse trop tôt, je n’en sais rien, ne sais même pas quel âge il a. Trois ans au minimum en tout cas, cela est certain. Et je n’ai jamais eu vent de son existence.
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MessageSujet: Re: ❝ nothing really matters to me ❞ (ft.isleen)   Jeu 1 Aoû - 14:32


“ nothing really matters to me ”

Mama,life had just begun, But now I've gone and thrown it all away. If I'm not back again this time tomorrow carry on.

Isleen and Elwood
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Elwood se souvenait encore très bien du jour où Cersei-Jane avait rejoint la famille. Il n’avait que neuf ans à ce moment là et pourtant, il pouvait revoir le petit bout de bébé qu’elle avait été à cette époque. Il avait toujours su qu’elle n’était que sa cousine, pourtant, il lui avait fallu peu de temps pour la voir comme une sœur. Tout comme il avait fallu peu de temps à Sansa-Ruth pour se mettre à la détester. Elwood avait longtemps pensé qu’il ne s’agissait là que d’une jalousie typiquement féminine qu’il ne pouvait pas comprendre, mais qu’au fond d’elle, sa sœur ne détestait pas la petite fille autant qu’elle le disait. Il avait eu tord, s’il y avait quand même une histoire de jalousie, ce n’était pas juste un caprice de petite fille. Elle la détestait vraiment. Ce n’était pas son cas à lui, si plus jeune il avait été très proche de sa sœur jumelle, il l’était tout autant avec la petite Cersei-Jane. Il avait toujours été là pour la réconforter et la soutenir quand Sansa-Ruth s’appliquait à lui faire connaitre l’enfer. À ce propos, il pouvait encore entendre sa jumelle lui reprocher d’être systématiquement ‘du côté’ de Cersei. Pour lui il n’y avait jamais eu de côté, juste une famille qu’il pensait plutôt unie malgré les problèmes entre les deux filles. Il n’avait jamais imaginé que les choses pourraient s’envenimer à ce point. Il n’avait jamais franchement apprécié son oncle et il n’avait apparemment pas eu tord. Il aurait peut-être même du le détester encore plus, autant qu’il le détestait aujourd’hui. C’était lui qui avait réduit la famille en miettes. Il avait commencé par attraper Sansa-Ruth entre ses griffes, en lui promettant Merlin seul savait quoi. Il l’avait manipulée pour qu’elle devienne le monstre qu’elle était aujourd’hui, il l’avait dressée pour qu’elle devienne à son image une belle pourriture. Sans lui, elle ne serait pas celle qu’elle était devenue, il en restait persuadé. Ainsi, sans lui, elle ne l’aurait jamais poussé tout droit dans une cellule d’Azkaban, oubliant dans ce geste, qu’un jour il avait été son frère, son jumeau qui plus est. Sans lui, Cersei n’aurait pas été poussée à la fuite, elle aurait pu rester à Poudlard où certes, elle n’aurait pas été plus en sécurité, peut-être qu’elle aurait pu rester auprès de sa tante et de son oncle. Il avait tout fichu en l’air. Lui, il aurait du pourrir à Azkaban depuis longtemps déjà. Les choses étaient pourtant bien mal faites puisqu’il avait fallu que ce soit lui, le pauvre Elwood Harkness, innocent jusqu’au bout des ongles, qui pait pour un crime qu’il n’avait définitivement pas commis. Au moins, il apprenait aujourd’hui qu’il n’avait pas passé quatre longues années à Azkaban pour le simple plaisir de Sansa-Ruth. Il avait connu cet enfer pour sauver la vie de Cersei-Jane. Ça rendait déjà le calvaire moins difficile à supporter. C’était et ce serait toujours là, pesant sur lui comme un poids dont il ne pourrait jamais se débarrasser, mais il était clair que les choses étaient mieux ainsi. Si c’était pour protéger Cersei, il pourrait même y retourner de suite à Azkaban. Elle était bien, à l’heure actuelle, l’une des rares personnes pour qui il ferait un tel sacrifice. Elle était aujourd’hui la seule sœur qu’il lui restait, malgré que ce pouvait en dire la génétique, c’était bien comme ça qu’il la voyait. Sans doute que s’il avait su plus tôt pour cette énième histoire avec Sansa-Ruth, il n’aurait même pas essayé de se défendre au tribunal, il aurait juste admis avoir tué ses gens. Il n’avait pourtant rien su, les choses s’étaient, de tout évidence, enchainées trop vite pour que quelqu’un puisse avoir le temps de le prévenir de ce qui était en train de se passer. Il n’avait clairement rien compris à ce qui lui arrivait à ce moment là, il n’avait eu que l’impression d’être trahis, complètement abandonné. Il avait passé ces quatre années à Azkaban à penser de la sorte, il avait eu largement le temps, là bas de ruminer toute la haine et la rancœur qu’il s’était mis à ressentir vis-à-vis de tous ceux qui n’avaient rien fait pour le sortir de là. La rancœur et la haine étaient toujours là à présent, mais au moins, à partir d’aujourd’hui il pourrait sans doute être capable de prendre un peu sur lui pour essayer de laisser ça de côté. Pardonner à ceux qui ne méritaient pas qu’il puisse ainsi leur en vouloir.

Pardonner. C’était sans doute quelque chose de plus facile à dire qu’à faire, malgré ces soudaines révélations qui s’imposaient à lui, malgré la certitude qu’il avait qu’il s’agissait maintenant de la seule chose à faire afin qu’il puisse enfin faire un pas en avant. Malgré même l’envie qu’il pouvait avoir de pardonner autrui, à commencer par sa mère, il y avait encore une pression douloureuse dans son cœur qui semblait être en contradiction avec cette envie. Il avait toujours été un garçon plutôt rancunier et si Azkaban avait effacé bien des traits de sa personnalité, ce n’était pas le cas de celui-ci, bien au contraire. La terrifiante prison des sorciers n’avait fait qu’accentuer ce défaut qu’il possédait depuis toujours. Il avait toujours eu du mal à pardonner et aujourd’hui ne faisait pas exception à la règle, sa mère le savait aussi bien que lui. Elle disait même qu’elle ne lui en voudrait pas s’il n’arrivait pas à la pardonner. Il préférait considérer qu’il finirait par y arriver, un jour, quand suffisamment d’eau aura coulé sous les ponts, quand il réussirait enfin à retrouver un semblant d’équilibre dans sa vie. Ce n’était pas gagné pour le moment, mais il pouvait d’ores et déjà essayer de faire des efforts, au moins se montrer moins froid avec elle. Elle était et elle serait toujours sa mère, elle ne méritait peut-être pas autant de froideur de la part de l’enfant qu’elle avait mis au monde, élevé, nourri, blanchi pendant bien des années. Elle n’avait jamais voulu le savoir au fond d’une cellule à Azkaban, elle n’avait fait que protéger la plus jeune des Harkness, la plus fragile. Elle avait eu raison. il laissa échapper un long soupire nerveux avant de hausser les épaules. « Au moins maintenant c’est fait. » Un peu tard peut-être. Il garda le commentaire pour lui, enfin, il continuait de penser que neuf mois plus tôt, quand il sortait d’Azkaban, ça aurait pu être tout aussi bien de venir le voir pour lui expliquer la situation. Neuf mois plus tôt, il n’y avait pas encore de guerre. Il ne savait pas comment vivaient ses parents à ce moment là, mais il avait bien l’impression qu’ils auraient pu prendre quelques minutes pour venir lui dire ça. Enfin, c’était trop tard pour revenir là-dessus. Ils n’avaient même pas pris cinq minutes pour prendre de ses nouvelles, en neuf mois, alors forcément lui donner des explications, ça aurait été trop leur demander. Cette absence ces derniers mois, c’était probablement la raison pour laquelle la rancune ancrée dans son cœur ne semblait pas être à même de s’évaporer, pas aujourd’hui, certainement pas le jour suivant, il ne savait pas quand, elle serait à même de partir. Il savait juste qu’à l’heure, elle était bel et bien toujours présente. Elle avait peut-être diminué un peu. Une chose était sûre elle était presque infime comparée à celle qu’il éprouvait pour sa sœur jumelle. Elle l’avait poussée au fond d’une cellule dans la pire prison du monde. Elle avait menacé de tuer Cersei-Jane si quelqu’un essayait de prouver son innocence et quand finalement, le ministère de la magie s’était rendu compte de son erreur, elle n’avait passé que quelques mois en prison avant d’être libérée. Elle avait passé trois mois derrière les verrous alors que lui, il y était resté pendant quatre longues années. Il avait largement de quoi lui en vouloir. Mais sa mère avait raison, la tuer, ce serait rentrer dans son jeu, devenir un assassin, comme elle avait essayé de le faire croire au monde entier et même si elle ne serait plus là pour s’en réjouir, il n’était pas question qu’il lui accorde un tel plaisir. Laisser les détraqueurs se charger de son cas, ce serait probablement plus sage. Lentement, il releva les yeux vers sa mère, un sourire ironique sur les lèvres. « Tu es bien la première personne à me dire ça depuis longtemps. Les autres pensent que j’ai changé. J’ai eu le droit à lâche, égoïste, abrutit sans compter ceux qui on dit que je passais mon temps à me plaindre pour rien. Alors ça, c’est vraiment une première. Merci. » Il était clair que depuis qu’il était sorti de prison et surtout depuis que la guerre avait éclaté, il ne se prenait que des reproches en pleine figure, parce qu’il ne faisait rien, parce qu’il se plaignait pour rien, ou juste parce qu’il faisait preuve de sincérité. De toute évidence tout ceux qui s’en étaient pris à lui n’avaient aucune idée de ce que ça pouvait faire de se retrouver quatre ans enfermé à Azkaban alors qu’on était innocent. Ils ne s’étaient pas intéressés à ce qu’il pouvait ressentir, personne ne l’avait fait. A part Lyse, à croire que celle qui l’avait le plus laissé tomber dans cette affaire était bien la seule à essayer de le comprendre. Celle à qui il en voulait le plus était sans doute la seule à qui il pourrait plus facilement pardonner.

C’était à son père qu’il aurait du pardonner bien plus tôt les erreurs qu’il avait pu commettre. Maintenant, il venait d’apprendre qu’il n’aurait plus jamais l’occasion de le faire. Doezwal s’était encore arrangé pour détruire d’avantage sa famille. Il s’acharnait définitivement contre eux. Son père était mort. C’était bien la dernière chose qu’il pensait apprendre en venant dans ce camp. Il n’avait même pas prévu qu’il retrouverait sa mère ici, alors bien évidemment, il n’avait pas imaginé obtenir autant de révélations en si peu de temps. C’était assez compliqué à encaisser. Avec tout ça, il pouvait presque être sûr qu’au moment où il rentrerait à la librairie, il aurait bien besoin de ses fidèles bouteilles, rangées dans les placards d’Alice et qui n’attendaient que lui. Là, dehors, il s’appliquait déjà à reprendre l’air dont il avait besoin et qui avait semblé lui manquer en dessous de la tente. Il faisait froid dehors, c’était encore l’hiver l’air glacial était presque vivifiant. Elwood cependant ne semblait même plus ressentir le froid, ça n’avait pas d’importance pour le moment, il avait l’impression que son monde venait de s’effondrer en l’espace de quelques minutes alors la météo c’était le cadet de ses soucis. Il s’en voulait d’avoir fait tant de reproches à son père ces derniers mois, il aurait voulu pouvoir lui présenter des excuses, mais il était, de toute évidence, bien trop tard pour ça. Il n’aurait pu l’occasion d’adresser le moindre mot à son père. Jamais son fils ne pourrait connaitre son grand-père et pourtant, Elwood le savait, il aurait été un grand père formidable, tout comme il avait été un père exceptionnel. « Je suis désolé de vous en vouloir autant alors que c’est pas de votre faute. » Il laissa échapper un long soupire. Il était désolé, il n’arrivait juste pas à faire autrement. Il était toujours plus simple de continuer à nourrir sa rancœur plutôt que de faire en sorte de passer complètement au delà. « Je ne sais pas s’il aurait vraiment eu de quoi être fier de moi. » Il avait beau dire ce qu’il voulait, dans tout ce qu’on avait pu lui dire depuis qu’il était sorti d’Azkaban, il n’y avait pas que du faux, certes, ça l’énervait tout particulièrement qu’on puisse lui balancer qu’il se plaignait pour pas grand-chose, mais à côté de ça, il était vrai qu’il avait changé, qu’il était devenu lâche et égoïste. Son père n’aurait pas été fier de lui s’il avait su qu’il s’était contenté d’observer en silence bien des malheurs à Pré-Au-Lard sans bouger ne serait-ce qu’un petit doigt. Il avait été spectateur silencieux des horreurs que pouvaient commettre les mangemorts, alors que lui, il n’avait pas hésité à se dresser entre son frère et sa nièce au risque de sa propre vie. Ce n’était clairement pas comme ça qu’il avait été élevé. La façon dont il s’était comporté ces derniers mois, ce n’était ce n’était pas ce que son père avait tâché de lui enseigner toute sa vie durant. Sans doute qu’en vérité, il serait affreusement déçu de voir ce que son fils avait pu devenir, au fond, il ne valait peut-être pas mieux que Sansa-Ruth elle-même. « Oui, il est de Lyse. Elle était déjà enceinte quand j’ai été inculpé. » Il ne savait en revanche pas depuis combien de temps. Il ne savait pas si elle le savait avant qu’il soit accusé. Il ne savait pas si ça faisait un moment et qu’il avait été juste trop débile pour ne pas le voir et il ne saurait que s’il osait un jour poser des questions à ce sujet, ce qui n’était pour l’instant pas être au gout du jour. « Merci. » Il n’était pas sûr que des félicitations soient adaptée dans de telles circonstances, lui ça lui paraissait juste très compliqué. « J’ai pas l’impression que je serais un jour à la hauteur. Je ne sais pas comment vous faisiez papa et toi, j’étais insupportable non ? » Il se souvenait d’avoir toujours pris un malin plaisir à faire tourner ses parents en bourrique. Il ne souvenait d’avoir désobéis un nombre incalculable de fois et il n’osait même pas essayer de compter les punitions qu’il avait récoltées à Poudlard. Il ne savait pas comment ses parents avaient fait pour ne pas l’étrangler un beau matin, pas qu’il ait cette envie avec son propre fils, bien entendu. « Enfin, quand il est avec moi, il est calme lui au moins, mais je sais pas comment m’y prendre, j’ai peur de tout rater. Je suis plutôt doué ces derniers temps pour tout rater. » Il laissa échapper un soupire. Il était clair qu’il était doué pour ça, il l’avait bien démontré avec Cedrella et avec Meera-Louise. Il se redressa, sans pour autant se défaire de l’étreinte de sa mère, afin d’aller fouiller dans l’une de ses poches, une photo qu’il tendit bien vite à sa mère. C’était Lyse qui lui avait donné cette photo, une photo de leur fils. « Il s’appelle Cayden, il vient d’avoir quatre ans. » Il lui semblait bon de lui signaler. Après tout, elle était sa grand-mère et si le petit garçon n’aurait plus jamais l’occasion de connaitre son grand-père, il n’y avait aucune raison pour qu’il ne connaisse pas sa grand-mère, la famille c’était important, même si celle des Harkness était compliquée au possible.

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lalalala citation ici.
des paroles par là. — titre de la chanson.
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MessageSujet: Re: ❝ nothing really matters to me ❞ (ft.isleen)   Mar 6 Aoû - 15:46

Je regrette l’idée que j’ai eu de mettre les pieds dans ce camp, je crois que je n’en ai jamais eu de pire de ma vie. Car ce n’est pas ici, isolée des maillons restant de ma famille, que je vais me trouver en mesure de faire en sorte que celle-ci se réforme et arrête de se disperser. Pour l’instant, elle continue de s’exploser en tout sens, se désagrégeant un peu plus à chaque instant. Et ce n’est pas en restant cachée ici, à l’écart du monde, que je vais pouvoir changer quoi que ce soit à cela. Rien que dans le fait que ce soit Elwood qui m’a trouvée, il y a quelque chose d’anormal, quelque chose qui me fait passer pour une mauvaise mère, je le sais bien. De toute façon, je ne nie pas le fait de ne pas être une mère exemplaire, surtout ces derniers temps. Il est toujours bien plus difficile d’être un bon parent durant les moments de crises dans des périodes de crise de toute façon, alors qu’il se trouve être bien plus simple d’assumer ses responsabilités lorsque tout va bien. Et il ne fait aucun doute que cette guerre a amené avec elle sa période de crise et que celle-ci s’avère être considérable. Je n’ai vraiment aucun don pour gérer les choses dans ces cas-là, la preuve en réside dans le fait que Sansa-Ruth se soit joint à Doezwal, que Cersei-Jane se trouve à présent être aux griffes de son père et que c’est Elwood qui est obligé de venir me retrouver, puisque je me suis trouvée incapable de venir le voir moi-même. Et si j’ai toujours cru que c’est uniquement en raison des menaces de ma fille que je ne me suis pas montrée capable de pouvoir rejoindre mon fils à sa sortie d’Azkaban afin de l’attendre, je me demande à présent si c’est la seule raison. Après tout, comment soutenir son regard après avoir affirmé devant tant de monde qu’il était un monstre ? Tout simplement après l’avoir condamné même. Car en taisant les crimes de Sansa, il ne fait aucun doute que je me suis montrée comme étant sa complice. Cela n’a d’ailleurs absolument rien de glorifiant, surtout lorsque cela inclus de sacrifier mon fils au passage. Et même alors que je ne pouvais plus dire si la jeune femme me surveillait encore, je n’ai pas su venir à sa rencontre. Venir le voir afin de m’excuser de ce que je juge moi-même comme étant une trahison. Tout simplement parce que j’avais peur d’affronter son regard, de me sentir juger par lui et de voir à quel point je l’ai déçue en criant mon accusation à travers la salle, devant toutes ces personnes rassemblées. Je me suis montrée lâche là où il n’a pas eu le choix, où il a été obligé de se montrer fort quoi qu’il lui en coûte. Tout simplement parce que la prison des sorciers ne fait aucun cadeau à ceux qui y sont envoyés – ce n’est pas faute de l’avoir lu dans la gazette des sorciers d’ailleurs, ils l’ont rappelé de nombreuses fois, lorsque le monde magique a commencé à s’agiter, craignant les évasions de mangemorts. Et Elwood a dû gérer tout ça sans ne jamais pouvoir flancher, obligé de se conduire en homme quoi qu’il advienne. Trop vite, il s’est trouvé retiré du statut de jeune adulte, sortant tout juste de l’adolescence. Et je donnerais tout afin de pouvoir revoir son visage joyeux de l’époque, cette expression enchantée qui le suivait sans cesse, comme une ombre collée à son visage. Je l’ai pourtant trouvée agaçante de nombreuses fois, alors qu’il la revêtait sans cesse en étant gamin. Cette expression satisfaite qui laissait grandement entendre qu’il avait fait une quelconque bêtise, que ce soit avec Sansa-Ruth, Cersei-Jane ou bien même seul. Mais si ses bêtises d’enfant ne m’ont jamais fait rire sur le coup, elles n’en restent pas moins de bons souvenirs, qui resteront sans doute gravés à jamais dans ma mémoire. Car je suis comme toute mère – du moins, il me semble – à ce propos ; je ne souhaite rien de plus ou de moins que de voir mes enfants grandir et s’épanouir, quel que soit le chemin dans lequel ils se lancent pour cela. Si je les ai vus grandir, le fait de les voir épanouis est loin d’être chose acquise, surtout ces derniers temps. Même Sansa-Ruth ne parait jamais satisfaite – du moins est-ce ce que j’en ai vu, les rares fois où je l’ai croisée – alors qu’elle est la seule à accomplir le destin qu’elle semble vouloir se forger. Il me faut donc faire face à un échec total, contre lequel je ne sais pas réellement quoi faire. Dans tous les cas, il est évident que ce n’est pas en restant assise là, en plein milieu du camp de Craik, que je vais pouvoir y changer quoi que ce soit.

Au moins puis-je tenter de réparer un tant soit peu mes erreurs, à présent que mon fils se trouve là, juste face à moi. Je le toise de mes prunelles, guettant ses moindres réactions, me montrant attentive à ses moindres faits et gestes. Je tente tant bien que mal de lire à sa façon de se mouvoir, les choses qu’il ne me dit pas – certainement parce qu’il reste tout de même un homme bien trop honnête pour tenter de blesser sa mère, quand bien même la vie lui a fait endurer de bien trop nombreuses épreuves. Et si je dois avouer avoir de piètres qualités dans le domaine de la lecture corporelle, on ne peut pourtant pas me reprocher de ne pas m’y essayer. Je vois d’ailleurs bien, à quel point Elwood se montre distant, gêné même. Nous ne sommes que deux inconnus finalement, quand bien même nous partageons le même sang. Car si je sais ce qu’a été son passé, je n’ai aucune idée de ce que peut bien être son présent. Ce qu’il lui faut vivre chaque jour, enduré chaque nuit. Comment il gagne sa vie ou encore, qui sont ses nouveaux amis, ses nouvelles fréquentations. S’il a gardé quelques contacts d’autrefois ou bien non – bien qu’il semble me dire là que ce n’est pas réellement le cas, avec ce qui s’est passé à sa sortie d’Azkaban, mais je peux très bien me tromper. Et je me sens coupable de tout cela, car encore une fois, cela prouve que je ne me suis pas comportée comme une mère suffisamment attentive. C’est avec nostalgie que je repense alors à ma propre mère, à la grand-mère d’Elwood, qui s’est montrée bien plus arrangeante que moi dans ce rôle. Bien plus à même de le mener à bien et de nous faire devenir ce que nous sommes aujourd’hui. C’est grâce à elle, en grande partie, que les Egan sont ce qu’ils sont aujourd’hui. Et peut-être – sûrement même – est-ce par ma faute que les Harkness sont ce qu’ils sont aujourd’hui. Mais si l’un est positive, l’autre se révèle être complètement aux antipodes de cette première. « Au moins maintenant c’est fait. » finit par souffler Elwood, une pointe d’amertume perceptible dans sa voix, accompagnée par une expression crispée qui ne manque pas de marquer plus profondément, le fait qu’il se sente tout de même blessé du fait que je ne lui ai pas fait part de tout cela plus tôt. Et par plus tôt, j’entends forcément sa sortie d’Azkaban, mais peu importe, dans aucun cas je ne me trouve être en droit de l’en blâmer, de toute façon. Il avait le droit de savoir et c’est un droit que je ne lui ai pas donné, en voulant fuir les menaces de sa sœur, en agissant en lâche, tout simplement. « Tu es bien la première personne à me dire ça depuis longtemps. Les autres pensent que j’ai changé. J’ai eu le droit à lâche, égoïste, abrutit sans compter ceux qui on dit que je passais mon temps à me plaindre pour rien. Alors ça, c’est vraiment une première. Merci. » C’est une information qui m’étonne tout de même assez. Je ne vois pas qui se trouve assez bien placé pour dire pareille chose d’Elwood, qui peut se permettre de lui faire un tel reproche. Il faudrait être quelqu’un dans le même cas que lui, pour se trouver dans le droit de critiquer un tant soit peu ce qu’il est devenu. Et s’il existe vraiment des personnes ayant eu le même parcours de vie que lui – ce dont je doute tout de même assez –, je ne suis pas convaincue qu’ils aient mieux fini que lui. Je trouve d’ailleurs que mon fils ce débrouille bien. Malgré ses cernes, il n’a pas l’air en trop mauvaise santé et c’est bien là le principal. La preuve qu’il arrive à s’en remettre, bien qu’il reste cette trace de son passage à Azkaban. Et je suis convaincu que cela doit être somme toute identique, au niveau de sa personnalité, de sa façon d’être. S’il est redevenu à peu près identique à celui qu’il était auparavant, cela veut sans doute dire qu’il n’est pas comme les autres prétendent qu’il soit. La seule différence avec l’Elwood d’avant, c’est sa façon d’avoir des envies soudaines comme celles de tuer sa sœur ou sa façon de se montrer plus détacher, moins impliqué si je puis dire. « N’écoute pas ce que les gens pensent de toi. Ils te reprochent ce qu’ils sont eux-mêmes. » Je ferme les paupières, secouant doucement la tête d’un air dépité. Si je n’ai pas été suffisamment là pour lui, ce n’est pas pour autant que j’accepte que des personnes le rabaissent. « On ne peut pas dire que tu sois lâche, égoïste ou abrutit, alors que tu as sacrifié quatre années de ta vie pour sauver ta cousine. Pour sauver Cersei-Jane. Les gens qui te disent ça n’ont certainement pas bougé le petit doigt pour venir en aide à qui que ce soit. » Et s’il ne savait pas jusqu’à aujourd’hui, que son emprisonnement ait pu être bénéfique à qui que ce soit – hormis sa sœur, qui a forcément dû bien en profiter vu que c’est elle qui l’a envoyé dans la prison des sorciers – cela ne change en rien le fait qu’il l’ai fait. Cela rend même certainement son geste bien plus beau d’ailleurs. Du moins, je le crois.

Les commentaires des diverses personnes qu’il a pu croiser, semblent toutefois l’avoir beaucoup touché. Cela se voit à sa mine dépitée, alors qu’il baisse les yeux. A moins que cela n’ait rien à voir avec ce que les gens aient pu lui dire, qu’il culpabilise simplement pour ce qu’il a lui-même pu penser à propos de ses parents – de nous –, à propos de son père. Je suis pourtant certaine que cela ne vaut pas qu’il se mette dans un tel état. Bien sûr, il est chamboulé en raison de cette annonce à laquelle il ne s’est pas forcément attendu, mais cela n’empêche pas le fait que je reste certaine qu’il n’a pas besoin de se montrer aussi injuste envers lui-même. Son père l’aurait forcément pardonné pour tout ce qu’il a pu penser à son sujet. Après tout, enfermé à Azkaban, Elwood ne pouvait rien savoir de ce qui se passait au dehors et c’est quelque chose que mon mari savait forcément. « Je suis désolé de vous en vouloir autant alors que c’est pas de votre faute. » Un soupire s’échappe d’entre ses lèvres entrouvertes, presque au même moment qu’une brise du vent froid de février, vient souffler sur nous. Comme-ci la nature elle-même, souhaite l’épauler dans ce moment de tristesse, tenté de le réconforter à sa manière. Faire en sorte qu’il ne se sente pas seul. « Je ne sais pas s’il aurait vraiment eu de quoi être fier de moi. » finit-il par lâcher, alors que la brise se tait, en même temps que le bruit de son soupire. Une nouvelle fois, je me mets à lui frotter l’épaule d’un geste se voulant réconfortant, mon pouce se mettant à former des arabesques par-dessus le tissu de ses vêtements. Je déglutis, ne sachant trop comment amener les choses pour le réconforter. Je ne suis pas son père et je n’ai jamais été légilimens, je n’étais pas en mesure de lire dans ses pensées. Mais malgré tout, il a été mon mari suffisamment longtemps pour que j’apprenne à connaître sa façon de penser et à savoir qu’en ce cas présent, en voyant ce qu’Elwood est devenu et la vérité sur son emprisonnement – quoi qu’il a tout de même dû avoir des doutes là-dessus dès le départ, car ce n’était clairement pas Elwood, le méchant désigné de la famille. « Il a vu comment tu as toujours été protecteur avec tes sœurs. Rien que pour ça, il t’admirait beaucoup. » Cela, je l’affirme avec conviction. De nombreuses fois, je l’ai entendu le dire. Que ce soit directement à moi ou à d’autres personnes, peu importe, il l’a dit tellement de fois que c’est une chose qui est forcément restée ancrée dans mon esprit. Et c’est une trace de fierté, qui n’a pas su disparaître après l’insertion d’Elwood à Azkaban, c’est une intime conviction que j’ai. « Pour lui, ça a toujours été la famille le plus important. » Dans un sens, heureusement qu’il n’est plus là pour contempler le chaos que sa propre famille est devenue. Mais s’il était toujours là, ce serait tout de même bien plus simple à supporter et à remettre en place. Tout comme la nouvelle d’être grand-mère, s’infiltrerait certainement mieux dans mon esprit. Il aurait été fier d’être grand-père, de toute évidence. Il aurait été fier de savoir qu’Elwood a un enfant. « Oui, il est de Lyse. Elle était déjà enceinte quand j’ai été inculpé. » Je hoche pensivement la tête. Ce n’est quelque chose que je n’ai pas remarqué, mais je ne l’ai pas revu depuis l’inculpation de mon fils. Et au tribunal, je ne sais même si elle était dans la salle. J’avais tout de même d’autres choses à penser. « Merci. » répond-t-il à mes félicitations, non sans se forger un air sceptique. Comme-ci il trouve que j’ai eu tord de le féliciter pour ça. Mais c’est pourtant formule courante, dans ce genre de situation. Et qu’importe le fait qu’il ait été à Azkaban, il a bien le droit de refaire sa vie à présent, d’avoir des enfants, quand bien même la période ne semble pas être la plus adéquate pour former une famille. Mais personne n’est en mesure de savoir quand les temps redeviendront meilleurs et il ne va pas attendre indéfiniment non plus. « J’ai pas l’impression que je serais un jour à la hauteur. Je ne sais pas comment vous faisiez papa et toi, j’étais insupportable non ? » Je laisse un sourire triste, imprégner mes lèvres, alors que je me rappelle de cette époque où il n’était qu’un gamin, chahutant sans arrêt. Mais, c’est quelque chose qui m’a toujours paru normal. Du moins, si j’ai quelques fois été énervée par les bêtises qu’ils faisaient sans cesse – avec sa sœur –, je ne me rappelle pas avoir été en colère contre lui, plus de quelques heures. Parce que le fait d’hausser le ton, ne servait qu’à tenter de mieux ancrer dans son esprit, quelques règles basées sur l’éducation que nous voulions lui donner. « Tu étais comme tous les gamins de ton âge. Turbulent, mais pas méchant. » Je hausse brièvement les épaules, comme pour appuyer mes dires. Après tout, ce n’est que la vérité. Elwood était un enfant agité, mais il nous amusait souvent, quand bien même il fallait lui courir après sans arrêt. « Largement plus supportable que ces gamins qu’on croisait souvent. Tu n’as pas à t’en faire. » Je lui adresse un sourire sincère. Je ne sais pas comment formuler cela comme je le souhaiterais, mais l’idée est tout de même là. Il n’a pas à s’en faire ou à culpabiliser, parce que je n’aurais pas pu rêver mieux. « Tu as toujours été l’enfant idéal. Pour rien au monde je n’aurais eu un autre fils que toi. » Et ce n’est pas juste des mots dits en l’air, c’est quelque chose que je pense vraiment. Quelque chose que je n’ai jamais cessé de penser, alors même qu’il se trouvait à Azkaban. Car si j’ai été déçue de sa sœur, je n’ai jamais rien eu à reprocher à Elwood. Dans un élan de nostalgie, je me rappelle encore une fois son sourire d’enfant. Les bêtises insignifiantes qu’il pouvait faire en étant gamin, restent comme de bons souvenirs, c’est tout. « Enfin, quand il est avec moi, il est calme lui au moins, mais je sais pas comment m’y prendre, j’ai peur de tout rater. Je suis plutôt doué ces derniers temps pour tout rater. » Comme tout parent ayant son premier enfant, il se sent un peu fébrile. C’est quelque chose de normal. Je n’ai aucun mal à me rappeler de ce stress qui me rongeait, lorsqu’Elwood et Sansa-Ruth sont nés. Cette impression de tout faire de travers, de s’y prendre mal pour chaque chose que je pouvais bien faire. « S’il est calme avec toi, c’est que tu ne rates pas tout, visiblement. Tu dois plutôt bien t’y prendre même. » Je pince les lèvres, tandis qu’il s’écarte légèrement, sans pour autant se défaire de mon étreinte. Fouillant dans sa poche, il ne tarde pas à en sortir une photo qu’il me tend. La saisissant entre mes doigts, je l’observe pendant un instant, mes prunelles s’agrandissant alors que je comprends de qui il s’agit. « Il s’appelle Cayden, il vient d’avoir quatre ans. » Un instant, je reste sans pouvoir faire quoi que ce soit d’autre que de fixer la photo, la bouche légèrement entrouverte. Il ressemble à son père. Me ressaisissant, je finis par déglutir, avant de me tourner de nouveau vers Elwood. « Il te ressemble. » Pinçant un instant les lèvres, je me tourne de nouveau vers la photo que je tiens toujours entre mes doigts, la détaillant du regard. « Tu le gardes de temps en temps ? Tu as le droit de le voir au moins ? » Je ne pourrais plus dire comment était Lyse ou ce qu’elle est devenue. A vrai dire, je n’ai jamais totalement pu dire comment était la jeune femme, ne la connaissant pas réellement bien. Mais je sais que quelques fois, dans certaines situations semblables, des parents sont privés de leurs enfants. Et j’espère que Lyse n’empêche pas Elwood de voir son fils – de voir Cayden ; puisqu’il a un nom, autant s’en servir.
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≡ son amortencia : ....
MessageSujet: Re: ❝ nothing really matters to me ❞ (ft.isleen)   Mer 14 Aoû - 0:55


“ nothing really matters to me ”

Mama,life had just begun, But now I've gone and thrown it all away. If I'm not back again this time tomorrow carry on.

Isleen and Elwood
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Azkaban lui avait pris bien des choses, mais même au fond de la cellule humide dans laquelle il avait passé quatre années de sa vie, il avait gardé intact les souvenirs de son enfance. Là-bas, il n’y avait eu que trop peu accès, les détraqueurs étant là pour s’assurer que les souvenirs tournant dans la tête des prisonniers, étaient bien les pires qu’ils avaient. Cependant, depuis qu’il était sorti, il avait eu de nombreuses fois l’occasion de renouer avec les souvenirs d’une époque qui lui avait semblée être révolue depuis longtemps déjà. Il savait que jamais il ne retrouverait sa sœur jumelle, celle avec qui il avait, pendant de nombreuses années, absolument tout partagé. Il se souvenait de bien des moments passés avec la petite fille qu’elle avait été. Ces moments qui ne devaient plus avoir la moindre importance pour elle. Sansa devait dès à présent cracher sur le passé qu’ils avaient en commun, suffisamment pour n’avoir aucun scrupule à le laisser pourrir à Azkaban alors même qu’elle était la mieux placée pour savoir qu’il était innocent. Ils avaient des souvenirs en commun, une histoire un passé, quelque chose qu’elle avait brisé en des millions de morceaux qui seraient à jamais irréparables. Ils avaient eu une vie plutôt belle et jamais leur parents n’avaient sous entendus préférer Cersei-Jane à Sansa-Ruth. La jalousie de sa sœur était née de nulle part, elle était injustifiée et malgré les efforts qu’il avait toujours faits pour essayer de la comprendre, il n’y était pas arrivé. Pour lui, Cersei avait été comme une petite sœur. La petite dernière de la famille qu’il aimait de la même façon qu’il aimait Sansa, en aucun cas il avait préféré la petite rouquine à sa jumelle. Il ne pouvait pas non plus dire qu’il avait préféré sa sœur à sa cousine. Il était juste entre les deux, parfaitement neutre, il les aimait toutes les deux. Sansa avait finie par s’éloigner, oubliant peu à peu ce qui avait un jour pu les lier. Il avait essayé de la retenir, il aurait voulu pouvoir l’arrêter avant qu’elle n’aille trop loin. La jeune femme avait pourtant toujours été particulièrement têtue et ses tentatives pour la ramener vers lui avaient été des échecs. Elle était partie trop loin pour qu’il puisse faire quoi que ce soit pour elle. Elle était définitivement perdue et aujourd’hui, il était bien le dernier à vouloir lui tendre la main pour l’aider. S’il devait le retrouver mourante sur le sol, il se plaisait à croire que la seule aide qu’il voudrait bien lui apporter, ce serait d’abréger ses souffrances. C’était ce qu’il restait d’eux, de la haine et de la rancœur. C’était tellement différent de ce qu’ils avaient été autrefois. Il regrettait cette époque où tout allait bien entre eux deux. Ces moments où elle ne l’avait pas condamné aux quatre pires années de sa vie. Cette époque où elle était encore humaine. Plongée dans la magie noire, elle s’était transformée, à l’image de leur oncle en un monstre. Il ne pouvait plus rien faire pour elle, il ne voulait plus rien faire pour elle. Pour Cersei c’était différent. Il ne voulait pas la perdre elle aussi. Son oncle avait déjà eu sa sœur jumelle, il n’aurait pas aussi celle qu’il considérerait à jamais comme sa sœur cadette, quoi qu’en disent les liens du sang. La vie s’était acharnée sur les Harkness, peut-être même sur Doezwal lui-même, au point d’en faire l’homme qu’il était aujourd’hui, un homme qu’Elwood avait toujours méprisé. Le sort leur en avait suffisamment voulu pour les mener à ce qu’ils étaient aujourd’hui. Un tas de chose, mais certainement pas une famille aussi unie qu’ils l’avaient été par le passé. Ils étaient brisés, tous à leur façon ils avaient été réduits en pièce et ce qui demeurait d’un passé meilleur, ce n’était à présent que des souvenirs, des images qui se ternissaient de jour en jour et qui finirait même par disparaitre de leurs esprits pour ne laisser plus que cette période de guerre et d’avant-guerre qui les avait séparés. Au fond, il n’arrivait pas à comprendre ce qui avait pu leur arriver pour qu’ils en arrivent là. Absent de leur vie pendant quatre ans, il avait loupé plusieurs épisodes et il avait cru avec naïveté, qu’une fois sorti d’Azkaban, tout redeviendrait comme avant, sa relation avec Sansa mise à part, mais il était prêt à l’accepter. En revanche, il n’avait pas été prêt à admettre que les choses puissent avoir changées à ce point et pourtant, dès sa sortie de prison, il avait été confronté à la dure réalité : il ne restait plus rien de la famille Harkness, même pas une dernière once de loyauté.

Il s’était trompé. Les choses avaient changées. Dans sa famille comme partout dans le monde. Tout avait changé. Trop vite, si bien qu’il avait été incapable de saisir ce qui s’était vraiment passé. La situation l’avait vite dépassée. Tout ce qu’il avait pensé, c’était qu’il était libre et qu’il devait rester libre, le reste n’avait plus d’importance. Après tout, à quoi bon se focaliser sur le reste, sur les autres, vu comment les autres s’étaient inquiétés pour lui. De la rancune, il avait l’impression d’en avoir bien trop pour un seul homme. Il devait pourtant, à présent, passer outre tout ça. Il devait arrêter de se focaliser sur ses déceptions et avancer. Il devait accepter d’avoir passé quatre longues années à Azkaban, parce que si c’était pour protéger Cersei, ça en valait la peine. Il le devait aussi pour éviter de briser d’avantage sa famille. Il avait passé bien du temps à simplement ruminer en silence ses histoires de famille. Maintenant il fallait qu’il arrête de s’apitoyer sur son sort et qu’il passe à autre chose, même si, à jamais, l’ombre d’Azkaban serait présente dans sa vie. Il feintait au moins d’avoir accepter la chose, comme si ça pourrait être vraiment convainquant. La rancune n’allait pas disparaitre dans la seconde alors qu’il l’avait nourrie pendant des années et à Azkaban, il n’avait pas eu grand-chose de mieux à faire. Il préférait passer à autre chose pour l’instant, ce n’était pas la peine de remuer encore le couteau dans la plaie, tout comme il estimait que ce n’était pas non plus le moment de vider son sac. Au fond tout ce qu’il avait à reprocher à sa mère n’avait plus vraiment lieu d’être, ça restait cependant encore coincé en travers de sa gorge et il avait besoin de temps pour oublier tout ça. Du temps qu’il n’avait peut-être pas, avec la guerre tout était devenu incertain. Il ne s’impliquait peut-être pas dans cette dernière, préférait de loin rester planqué au fond de sa librairie, mais il n’empêchait qu’il voyait des choses, suffisamment pour comprendre que les choses s’enchainaient très vite et qu’en un instant tout pouvait basculer. Il l’avait vu avec Cedrella. Elle avait été obligée de quitter la ville du jour en lendemain, elle avait vu se vie s’effondrer et il n’avait pas été aussi réconfortant qu’il l’avait espéré. Elle avait raison, à force d’agir comme il agissait, il finirait par se retrouver seul comme un con, parce qu’il n’était pas fichu d’avancer et qu’à l’heure actuelle, avec la guerre, c’était la seule chose à faire, avancer pour ne pas se retrouver piéger. Elle avait eu raison aussi de dire qu’il avait changé, c’était indéniable. De là à sous entendre que se plaindre d’avoir passé quatre ans à Azkaban c’était se plaindre pour rien du tout, c’était peut-être un peu abusé et carrément vexant. Il aimerait bien la voir elle, passer quatre ans à Azkaban et en ressortir en découvrant que tout ce qu’elle avait pu construire dans sa vie était réduit à néant. Il n’aimerait pas en fait. Il espérait vraiment que sa fuite puisse lui permettre d’éviter de se retrouver un jour à Azkaban. « J’ai changé pourtant, c’est sûr. » Il le savait lui-même. Avant, il voulait combattre les mange noir, il voulait être utile aux autres, maintenant, il passait la plupart de son temps au fond de la librairie d’Alice à vendre des bouquins aux quelques rares clients qui passaient dans le coin, sinon, il ne noyait dans l’alcool comme si ça pouvait vraiment l’aider à régler ses problèmes. « Les gens le savent pas ça. Je ne le savais pas en me levant ce matin. Tout ce qu’ils voient c’est que j’ai décidé de ne pas me battre et que je bois un peu trop. » Il laissa échapper un soupire suivit d’un léger rire ironique. « Et ils ont raison. » Ouais, il n’y avait bien qu’elle pour penser qu’il puisse être un type bien, au fond, même lui il en doutait. Meera-Louise dans ses insultes avait eu raison. Au fil des années, il aurait du le savoir, Meera-Louise avait toujours raison. C’était trop tard pour le lui dire ça, parce que cette amitié qu’ils avaient eu tous les deux, il l’avait ouvertement piétinée, parce qu’elle avait raison, il n’était qu’un abrutit.

Un abrutit. C’était clair que c’était ce qu’il était. Il avait jugé sans essayer de comprendre et maintenant, il n’aurait même plus l’occasion de demander pardon à don propre père. Il avait toujours beaucoup respecté son père, sa mère aussi, quand il était plus jeune. Même s’il avait été du genre à enchainé les conneries, il ne leur avait jamais manqué de respect. Pas avant Azkaban en tous cas. Tout ce qu’il avait pu dire sur eux, aujourd’hui, il ne pouvait que le regretter, sans excuser auprès de sa mère, mais son père lui il n’aurait plus l’occasion de lui dire quoi que ce soit. Il détestait vraiment ce qu’était devenu le monde. Il regrettait amèrement l’époque où les choses avaient été plus simples, quand tout allait bien, qu’il se réveillait aux côtés de sa fiancée le matin, qu’il partait travaillé et qu’il s’arrêtait, régulièrement voir ses parents le soir avant de rentrer. Tout ça c’était fini. Il ne pouvait même plus envoyer de courrier à Cersei comme il avait eu l’habitude de le faire. Il ne savait même plus où envoyer, il ne savait plus où elle était. Tout avait bien trop changé et tout était devenu parfaitement détestable. Tout autant qu’il l’était devenu lui-même. Une boule de rancune et d’indifférence, celui qui voulait que cette guerre se termine, celui qui s’en plaignait sans cesse mais qui ne bougeait pas ne serait-ce qu’un petit doigt pour essayer de faire bouger les choses. Alors non, son père n’aurait pas de quoi être fier. La réponse de sa mère lui arracha un léger rire toujours aussi ironique que les précédents. « Ouais, bha j’ai raté ça aussi. La Sansa que j’ai connue est morte et la nouvelle ressemble plus à un monstre qu’à autre chose. Quant à Cersei, je ne saurais même pas dire si elle est encore en vie. »  Elle était repartie très vite la dernière fois qu’il l’avait vue. Il n’avait pas su la protéger, il l’avait laissée filer et maintenant, il ne savait plus où elle était et si elle allait bien. Protéger ses sœurs, ça n’avait pas été un grand succès, bien au contraire. « La famille hein ? » Il laissa échappé un soupire. « Le pauvre, s’il voyait ce qu’il en reste de la famille. » Il fallait bien l’admettre, il n’en restait plus grand-chose de cette famille. Elle qui autrefois avait été parfaite aux yeux d’Elwood, malgré l’oncle un peu bizarre, malgré les tensions entre Sansa et Cersei, ça avait quand même était la famille parfaite. Il aurait voulu que Lyse puisse en faire partie, maintenant, ça aussi ça avait bien changé, il lui en voulait d’être partie et mieux valait qu’elle se tienne écarter de Harkness et de leurs histoires compliquées. La famille, c’était bien vrai que ça avait toujours été très important pour son père. Il avait été ravi d’apprendre ses fiançailles, il aurait été ravi d’avoir un petit fils. Pourtant, il était désormais clair que Cayden ne connaitrait jamais son grand-père. Il aurait pourtant eu bien des choses à lui apprendre, ça avait été un père formidable, pour le gamin que lui, il avait été. Tout comme sa mère avait été la meilleure des mères à ses yeux, au moins avant qu’elle ne l’accuse ouvertement de n’être qu’un monstre. « J’ai été plutôt bien élevé hein ? » Il adressa un léger sourire à sa mère. C’était vrai au fond, il avait été bien élevée, Azkaban avait eu quelques conséquences, même là-dessus. « Je suppose que je voudrais pas avoir d’autres parents non plus, malgré tout ça. » Avant Azkaban, il avait tout un tas d’excellents souvenirs qu’il ne voudrait changer pour rien au monde, ce genre de souvenirs auxquels ils s’accrochaient et qui finalement lui faisaient bien mal vu qu’il en restait aujourd’hui. « J’aimerai pouvoir être encore un enfant. C’était plus simple à cette époque là. » La vie d’adulte venait avec des responsabilités, c’était compliqué et à l’heure actuelle, ça lui semblait presque insurmontable. Il avait un fils et c’était quelque chose qu’il n’avait pas l’impression de pouvoir gérer. « J’espère, mais je sais pas, j’ai l’impression d’être complètement à la ramasse avec lui. » Il était devenu père un peu trop rapidement et sans s’y attendre. Un jour il n’était qu’un ex-taulard reconverti en libraire et le lendemain, il était le père d’un enfant de quatre ans. Forcément, c’était compliqué. Mais c’était son fils et même s’il ne le connaissait pas beaucoup, il l’aimait déjà. Il avait confié une photo du petit garçon à sa mère et un sourire étira ses lèvres. Finalement, on lui disait souvent que son fils lui ressemblait – au fond, c’était logique – il fallait croire qu’il était bien le seul à ne pas avoir su de ressemblance à première fois qu’il l’avait vu ; persuadé alors que Lyse n’avait pas tardée à refaire sa vie. « Oui, ça m’arrive de passer du temps avec lui. Lyse travaille à Poudlard et moi à Pré-Au-Lard alors on arrive bien à s’organiser. » Ils arrivaient à se voir assez facilement pour mettre ça en place, même si Lyse à Poudlard c’était la pire idée du siècle, ça avait quelques avantages. Hésitant, il posa un regard sur sa mère. « Je pourrais te l’emmener un jour, si tu veux. » Il pinça légèrement les lèvres. Emmener son fils dans un camp de survivant, ce n’était pas la meilleure chose à faire, mais ils pouvaient toujours se retrouver dans un coin moldus, là où les mangemorts n’avaient pas trop l’occasion d’agir. La famille Harkness avait bien des problèmes, mais il était encore temps d’en réunir les morceaux qu’il en restait.

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lalalala citation ici.
des paroles par là. — titre de la chanson.
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