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 retour aux sources •• abby

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MessageSujet: retour aux sources •• abby   Sam 15 Juin - 0:16

Il était là, entre mes mains, ce bout de parchemin que je ne cessais de triturer depuis tout à l'heure. Pour un peu, si j'en avais eu la possibilité, je l'aurais foutu au feu sans autre forme de procès, et je me serais arrangée pour tout oublier. Oublier que par ce beau matin de février, j'avais reçu cette lettre, laconique, certes, mais qui avait suscité en moi un intérêt que j'aurais voulu ne pas éprouver. Jamais je n'avais émis le désir d'être liée à cette famille, d'une quelconque façon. De toute façon, ils n'avaient jamais voulu de nous. Qui ça, nous ? Nous, c'était bien sûr mon père, ma mère, et moi. Simplement parce que mon père avait épousé une moldue, et que leur union était contre-nature, selon les dires des sorciers les plus extrêmes. Au fil des années, je m'étais donc résignée à abandonner cette partie de la famille, à renier une partie de mes origines comme ils avaient pu me renier moi. Enfin, surtout Colleen Davis, cette femme qui, disait-on, était dure et impitoyable, intransigeante et parfois injuste. Elle régnait sur son petit monde d'une main de maître et elle avait su tous les mettre à genoux, sauf mon père, qui était d'emblée catalogué comme le canard boiteux de la famille. Lorsque je prétendais que je n'avais plus de famille, c'était entièrement faux. Il restait bien tout un pan de ma famille, là, quelque part à Londres, sauf qu'ils étaient pour moi des étrangers et accessoirement des ennemis potentiels. Personne n'était sans ignorer leur position vis-à-vis du gouvernement en place. Clairement sympathisants, cela n'allait cependant guère plus loin, aucun d'entre eux n'avait la Marque au bras et encore heureux. Soit. Alors que j'avais définitivement tiré un trait sur eux, voilà que mon passé, le passé de mon père venait me rattraper, sans que je ne puisse faire quoi que ce soit pour retarder l'échéance. Car l'échéance, c'était ce morceau de parchemin que je tordais entre mes mains. Parchemin qui par ailleurs portait l'écriture désordonnée de Maynard Davis, le frère de mon défunt père. Aussitôt après avoir commencé ma lecture, j'avais senti mon sang se glacer dans mes veines. Mon oncle voulait me voir, pour me parler. Lui seul, disait-il, détenait des réponses aux questions que je me posais. Puis, j'avais ressenti un violent accès de haine, une haine pure et dure, comme si je leur en voulais personnellement d'avoir précipité ma famille à leur propre perte. Pourquoi me contactait-il maintenant, alors qu'il avait eu visiblement des années pour le faire ? Que me voulait-il ? Pourquoi moi ? Et de quoi souhaitait-il me parler, au juste ?

C'était ce dernier point qui m'avait rongée, des jours durant, j'avais voulu savoir de quoi il en retournait réellement. J'étais probablement masochiste de retarder cette rencontre de cette façon, mais c'était à mon sens nécessaire, je m'étais tout naturellement accordée quelques jours de réflexion, parce que ce n'était pas chez n'importe qui que je devais me rendre. Le manoir appartenait en effet à Colleen. Autrement dit, y aller revenait à me jeter dans la gueule du loup, et vu mon statut de fugitive, ce n'était pas du tout une bonne idée. J'avais quand même envie de savoir de quoi il en retournait exactement. Je ne connaissais pas du tout Maynard. J'avais déjà vu une photo de lui et entendu parler de sa réputation, mais c'était bien tout. Il était vrai qu'il avait quelque chose de magnétique, de charismatique, et qu'il était réputé redoutable, tout du moins dans son milieu. C'était un personnage fascinant, à n'en pas douter. Mais voilà, je ne la sentais pas, cette histoire. J'étais intimement convaincue qu'il allait de nouveau y avoir une catastrophe. J'étais douée pour attirer les ennuis, à n'en pas douter. Il ne m'en fallut pas davantage pour me décider. J'avais assez traîné. J'allais me rendre chez les Davis, chez ces inconnus, et les conséquences m'importaient peu. Au fond de moi, je savais que je voulais les connaître. Les découvrir. Qu'ils me considèrent enfin comme une des leurs et non pas comme un parasite qui était venu entacher leur précieux arbre généalogique. Le seul problème étant de savoir comment j'allais me rendre à Londres, vu que c'était là qu'ils habitaient tous. Colleen, Maynard et...Abigaïl. Si je risquais très probablement de tomber sur la première, que je croise la dernière était peu probable, puisqu'elle était censée se trouver à Poudlard en ce moment précis. J'étais donc à peu près tranquille pour retrouver mon oncle, et surtout, à l'abri des regards indiscrets. Pour être honnête, la simple idée de le rencontrer me rendait plus que fébrile, ne sachant pas du tout à quoi m'attendre. Mais à présent que j'y étais, je ne pouvais plus reculer. Ma décision était prise, et rien ne me ferait flancher – absolument rien.

Je fus accompagnée à Londres par Eugenie, qui était partie de son côté voir sa grand-mère. Comme quoi je n'étais pas toute seule à aller voir de la famille, à Londres qui plus est. Londres...Je n'avais pas réellement prévu d'y revenir un jour, j'avais bel et bien laissé la capitale anglaise derrière moi. Revenir en ces lieux était bizarre, réellement bizarre. Soit. J'étais là maintenant, aux portes du domaine appartenant à Colleen. En franchissant les larges grilles, j'avais ressenti comme un fourmillement. J'avais l'impression d'être la fille prodigue, enfin de retour à la maison. Sauf que cette maison n'avait jamais été la mienne, et elle ne le sera probablement jamais. Prudemment, je m'étais avancée sur l'allée, où aucune mauvaise herbe n'avait poussé entre les graviers blancs. Connaissant Colleen de réputation, elle avait dû mener la vie dure à ses jardiniers pour que le domaine soit toujours impeccablement entretenu. Je marchais lentement, comme pour retarder le moment où j'arriverai enfin à cette porte, cette porte qui dissimulait de nombreux secrets. La lumière sur mon passé, sans doute. Alors, timidement, je toquai à la porte. Une fois. Deux fois, beaucoup plus fort. Juchée sur le seuil, anxieuse comme jamais, j'attendais que l'on vienne enfin m'ouvrir. Je redoutais de tomber sur Colleen en personne. Je n'étais pas prête à l'affronter, pas encore, de toute façon, j'étais prête à parier qu'elle n'allait pas hésiter une seule seconde à me jeter dehors. Ce n'était pas elle que j'étais venue voir, mais Maynard. Je voulais juste rencontrer mon oncle, et puis partir, rien d'autre. Mon cœur se contracta dans ma poitrine lorsque je vis la porte s'entrouvrir légèrement. Et, à ma grande surprise, la tête d'Abigaïl apparut par l’entrebâillement de la porte. « Abigaïl. » saluai-je poliment, légèrement tendue. « à dire vrai, je ne m'attendais pas du tout à te voir ici. » Enfin, j'imaginais aisément qu'elle avait de bonnes raisons de se trouver ici au lieu d'être à Poudlard, ma cousine n'étant pas du genre à sécher les cours gratuitement. « Hum, tu peux...me laisser entrer ? Je suis venue voir Maynard, enfin, ton père. » Elle n'allait sans doute pas croire que j'étais là pour une simple visite de courtoisie, aussi crus-je bon de rajouter. « Il m'a demandé de venir. J'ai reçu cette lettre, regarde. » Je tendis alors à la jeune fille la lettre que son père m'avait envoyée il y a quelques jours de cela, aussi pouvait-elle constater par elle-même que je ne mentais pas.
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MessageSujet: Re: retour aux sources •• abby   Dim 23 Juin - 21:01

La journée promettait d’être affreuse.

Assise dans un fauteuil  du salon de chez sa grand-mère, les genoux ramené contre la poitrine et sa tête posé sur les os durs de l’articulation, Abigail faisait le comme back sur cette journée qui lui paraissait désastreuse, n’ayant jamais connu pire elle n’avait pas forcément les meilleurs comparaisons.

Après une nuit passé à faire des bons de carpes dans son lit à cause d’un sommeil agité de cauchemars, Abby avait très tôt été réveillée par le professeur responsable de la maison Serdaigle pour des raisons qu’elle n’avait pas tout de suite comprise, la tête dans un brouillard d’un réveil trop brutal. Elle avait été prié avec empressement de se rendre dans le bureau des Carrow, où elle avait trouvé presque avec soulagement son père qui l’attendait. Soulagement pas parce qu’elle était contente de la voir, mais plus parce qu’elle avait cru qu’elle allait avoir des problèmes avec les bourreaux de Poudlard. Ce léger soulagement avait rapidement été remplacé par une vague d’inquiétude et un énervement bourdonnant. Elle ne pouvait pas le supporter, son père. Jamais présent, sauf pour lui pourrir sa vie déjà pas joyeuse, elle s’était demandé ce qui l’avais ramené à Poudlard en plein trimestre, ce qu’il pouvait y avoir de si urgent à la faire sortir en petit short et T-shirt de pyjama à 4h du matin.
C’est après quelques formules de politesses échangés avec Maynard que celui-ci lui apprit la raison de sa soudaine venue. Colleen sa chère grand-mère était souffrante et réclamait sa petite fille à son chevet. C’est dans une angoisse terrible qu’Abby avait donc fait son sac pour quelques jours tandis que Maynard finissait de négocier avec les Carrow combien de temps pourrait-elle rester à Londres avec sa famille. En hâte, la jeune fille avait entassé quelques sous-vêtements en compagnie d’une jupe et quelques chemises et pulls, partant du principe qu’elle ne resterait, elle espérait pas longtemps à Londres. Non seulement elle croisait les doigts pour que sa grand-mère guérisse vite, mais aussi elle ne voulait pas passer trop de temps au manoir familial, surtout pas en compagnie de sa mère et son père. Autant elle se fichait presque de la présence de sa mère qui n’est qu’une potiche juste bonne à faire une jolie impression en société, autant la présence de son père l’incommodait vraiment. Elle ne savait jamais ce qu’il lui préparait et il y avait cette sorte de mur, de barrière invisible entre eux qui faisait qu’elle avait beau être sa fille biologique, son héritière, elle ne serait jamais sa fille chérie, et lui ne serait jamais son « papa ».
Finalement, Abby et son père avaient quitté Poudlard par la grande porte et traverser le parc puis le portail, passant non loin des détraqueurs qui gardaient en permanence le château. Malgré qu’elle avait continué à se tenir droite et fière en passant devant eux afin de ne pas se montrer faible devant son père, Abby avait sentit un froid plus glacial que jamais s’engouffrer en elle, accentué par son angoisse latente. Ils étaient finalement arrivé au manoir en transplantant plutôt que de déranger à une heure aussi matinale le chaudron baveur dans lequel ils auraient pu utiliser la poudre de cheminette et surtout afin de ne pas faire sonner l’alarme de couvre feu du village. Abby s’était sans hésiter un instant rendu au chevet de sa grand-mère, l’inquiétude lui mordant le vendre lorsqu’elle la découvrit très affaiblie, assise dans son lit, semblant attendre quelque chose, quelqu’un. Tout de suite, la vieille Colleen avait deviné l’identité de son visiteur, habitué au doux parfum de sa petite fille, et avait également sentie l’appréhension de la jeune fille. Après avoir passé de longues minutes à se faire rassurer, Abby se vit convaincre par sa grand-mère d’aller se reposer avant le petit déjeuné.

C’était donc là, enfoui dans le creux de son fauteuil préféré, qu’Abby essayait de dormir tandis que l’elfe de maison de sa grand-mère s’affairait à préparer un petit-déjeuner digne de ce nom pour toute la famille. La tête dans les vapes, les pensées ailleurs, la jeune fille n’entendit pas les coups frappé discrètement à la porte d’entré. La deuxième vague de coups ce fut clairement moins discrète et sortit la jeune fille de sa léthargie. Ne se levant pas tout de suite, Abigail fut légèrement agacée de se voir délogé de son fauteuil ainsi, puis déplia ses jambes fines l’une après l’autre, elle s’appuya sur les accoudoirs du fauteuil pour s’en extirper.
La main sur la poigné de la porte, la jeune fille soupira avant de tirer légèrement la porte.

- Qu’est que c’est… fit la jeune fille en passant la tête par l’entrebâillement de la porte. Hm ?

Surprise, la jeune fille avala ses derniers mots. Ça lui avait pris un instant mais la jeune fille avait reconnue le visage de sa cousine Tracey, qui semblait aussi surprise qu’elle de la voir. Abby fronça les sourcils et en répondit pas au salut de la jeune fille. Pourquoi aurait t-elle répondu, elle n’avait clairement pas la moindre envie de faire un effort et était « trop fatiguée » pour ça de toute manière.

- Qu’est ce que tu fais là ? lança Abby sur la défensive.
- A dire vrai, je ne m'attendais pas du tout à te voir ici. Hum, tu peux...me laisser entrer ? Je suis venue voir Maynard, enfin, ton père. Il m'a demandé de venir. J'ai reçu cette lettre, regarde.

Abby fronça les sourcils encore plus si cela était possible. Saisissant le papier qu’elle lui tendait, la jeune Serdaigle lui envoya un regard énervé. Qu’est-ce qu’elle pouvait bien vouloir dans un moment pareil. Et surtout que mijotait Maynard. Pourquoi lui avait-il demandé de venir tandis que Colleen était malade. Dépliant la lettre, la jeune fille parcouru rapidement les lignes écrites par son père. Elle ne pouvait pas le nier c’était bien l’inimitable écriture de son géniteur. Soudainement, son cœur rata un battement, et sa mâchoire se décrispa. Levant les yeux vers la cousine, Abby se sentit soudainement mal à l’aise, complètement désemparé de  ressentir de la compassion pour la jeune fille qu’elle avait envie de foudroyer sur place encore quelques instant plus tôt. Passant la porte et la refermant doucement derrière elle, Abby se tourna face à Tracey.

- Je suis désolé, fit-elle en lui tendant la lettre sans la regarder. Je ne savais pas pour tes parents…

Se mordillant l’ongle du pouce, la jeune fille marmonna :

- Qu’est ce que mon père veut bien te vouloir sérieux, qu’est ce qu’il a dans la tête ce vieux taré punaise ?! c’est pas du tout le moment pour parler de ce genre de truc, qu’est ce qu’il manigance sérieux ?!
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MessageSujet: Re: retour aux sources •• abby   Mar 25 Juin - 23:42

Je n'avais certainement pas fait tout ce chemin pour me faire claquer la porte au nez sitôt arrivée. Que je tombe directement sur Maynard aurait été trop beau pour être vrai, il fallait forcément que ce soit quelqu'un d'autre qui ouvre cette fichue porte. J'avais vraiment la poisse, cela ne faisait  aucun doute. Enfin. Ce n'était certainement pas Abigaïl qui allait m'empêcher de rencontrer mon oncle, d'ailleurs, si elle m'envoyait voir ailleurs si j'y étais, elle allait très certainement devoir rendre des comptes à Maynard, et connaissant la réputation du bonhomme, je doutais fort que ce soit une partie de plaisir. Alors, j'étais confiante, quelle que soit l'issue de cette conversation, j'étais victorieuse. Maintenant, il s'agissait de me débarrasser d'Abby. Au mieux, de la convaincre d'aller me chercher Maynard. Dans le pire des cas, je n'avais pas réellement besoin d'elle. Si elle me barrait toujours l'accès au manoir incessamment sous peu, je pouvais toujours faire ce que je savais le mieux : piquer une crise, de colère ou d'hystérie, peu importait, mais alerté par les éclats de voix, Maynard allait forcément rappliquer. Donc au cas où cette rencontre purement fortuite se goupillait mal, j'avais toujours un plan de rechange. Je n'étais pas une Serpentard pour rien, j'avais plus d'une corde à mon arc, plus d'un tour dans mon sac. Je n'avais jamais manqué de ressources. Je savais réfléchir vite et bien. Autrement dit, je n'allais pas rentrer bredouille. Pas aujourd'hui, en tout cas. Pourtant, à ma grande surprise, Abby ne semblait pas vouloir me mettre dehors. Mieux encore, elle semblait avoir baissé sa garde, ce qui arrangeait mes affaires, à dire vrai. De mon regard implacable, je guettais toute réaction de sa part, le moindre signe susceptible de trahir les émotions qui la traversaient en ce moment précis. Je ne savais pas ce qui se passait dans ce manoir, mais j'avais l'impression que j'étais en train de déranger, que j'avais débarqué au mauvais moment. Il fallait dire qu'il s'était passé plusieurs jours entre le moment où j'avais reçu la lettre et celui où je m'étais décidée à venir. Si ça se trouvait, Maynard avait déjà oublié l'existence de cette lettre. Ou alors, il avait dû se résigner, se dire que je ne viendrai pas. Ça ne collait pas avec l'image que je me faisais de mon oncle. Il savait très certainement ce qu'il faisait en m'envoyant cette lettre. De cette façon, il espérait toucher mon point faible, ma curiosité. Il savait comment m'appâter, mais comment avait-il pu savoir ? Il ne me connaissait même pas. J'étais même pas sûre qu'il sache à quoi je ressemblais.

Mon regard se posa à nouveau sur la silhouette chétive qui me faisait face. Abby. Si Maynard ne savait pas qui j'étais, elle, par contre, me connaissait, ne serait-ce qu'un peu. Certes, ce qu'elle savait de moi n'était probablement pas suffisant pour qu'elle puisse se faire une idée précise de ce que j'étais, mais comprendre que j'étais curieuse, maladivement curieuse, était à la portée du premier crétin : tout le monde pouvait le deviner. Je fixais toujours ma cousine, à l'affût de la moindre trace de remords. Si elle avait balancé, je le saurais bien assez vite. L'expression d'Abigaïl changea bien rapidement. De l'agacement, elle était passée à quoi...une certaine forme de tristesse ? Comment était-ce possible ? On se détestait, on n'avait rien en commun, elle et moi. Nos rares rencontres s'étaient soldées par un échec cuisant. Certes, je ne m'étais pas montrée particulièrement ouverte envers elle, mais tout de même. Mes sourcils se froncèrent lorsqu'elle sortit complètement du manoir pour me faire face, refermant la porte derrière nous. Elle n'avait vraiment pas l'intention de me laisser entrer ? Qu'est-ce que j'allais devoir faire pour rencontrer Maynard ? Montrer patte blanche ? Pourtant, d'après ce que j'ai cru comprendre, mon cher oncle n'était certainement pas un modèle de vertu et d'honnêteté. « Je suis désolé.  Je ne savais pas pour tes parents… » Elle ne savait pas. Bien sûr que non, elle n'était pas au courant. Comment aurait-il pu en être autrement, de toute façon ? Ils ne parlaient certainement pas du fils déchu à table, c'était plutôt le genre de secret que l'on enfermait dans un placard pour ne plus jamais l'en sortir. Ils avaient jugé bon de cacher cette information à Abigaïl. Ma cousine aussi avait le droit de savoir que son oncle était mort, de même que sa femme. C'était sa famille, bordel. Comment la vieille peau pouvait-elle oser taire de tels détails ? Si ça se trouvait, elle n'était même pas accablée par la mort de son propre fils. J'inspirai légèrement, comme pour freiner cette brusque colère qui venait de s'emparer de moi. J'avais la haine, la rage au ventre. Dans quelles mesures pouvaient-il être impliqués dans la mort de mes parents ? Je ne savais pas. Je ne voulais pas savoir, en fait. En fait, tout ça me donnait la gerbe. Venir ici n'était pas une bonne idée, finalement. Je le savais depuis le début. Question de flair. « Ne sois pas désolée. » coupai-je sèchement, alors que mon visage s'était fendu d'un rictus mauvais. « Ils ne le sont pas, eux. Colleen. Ton père. Alors ne le sois pas non plus. » La colère semblait dicter mes paroles, elle m'avait transfigurée. Intérieurement, je m'exhortais au calme. Ne surtout pas exploser. Dans le fond, Abby ne méritait pas ma colère. Ce n'était pas après elle que j'en avais, mais après ceux qui l'avaient élevé. Maynard. Colleen. Eux seuls étaient sur ma liste noire. « Je n'ai pas besoin de ta pitié. » ajoutai-je, la voix légèrement rauque. Il manquerait plus que ça, qu'elle se prenne de passion pour ma cause, que beaucoup jugeraient désespérée. Quoique. Quand on la voyait, la princesse pourrie gâtée, elle ne semblait pas accorder la moindre importance aux causes perdues d'avance. C'était déjà ça de pris.

Pourtant, quelque chose me soufflait qu'elle était sincère. J'ignorais quelles relations elle entretenait avec chacun des membres de sa famille, mais quelque chose clochait. Elle s'interrogeait, je pouvais presque voir les rouages de son cerveau s'activer sous sa boîte crânienne. « Qu’est ce que mon père veut bien te vouloir sérieux, qu’est ce qu’il a dans la tête ce vieux taré punaise ?! c’est pas du tout le moment pour parler de ce genre de truc, qu’est ce qu’il manigance sérieux ?! » Ah. Elle était tout aussi tiraillée par la curiosité que moi je l'étais. Elle n'avait dit que quelques mots, mais pourtant, elle avait lâché plusieurs informations qui étaient susceptibles de m'intéresser. Déjà, elle l'a qualifié de vieux taré. Elle ne devait pas avoir beaucoup de respect pour son géniteur pour le qualifier de la sorte. Certes, j'avais toujours une vieille rancune envers mon propre père, n'ayant pas digéré qu'il m'ait caché un secret d'une si grande importance mais ce n'était pas non plus au point de le détester, ou de lui manquer de respect de cette façon. Il n'avait pas dû être très présent pour elle, pire, il n'avait pas dû être un bon père. Cette représentation de Maynard était assez fidèle à l'image que je m'en faisais : un homme froid, manipulateur, dépourvu d'empathie. Un homme qui n'avait de considération que pour lui-même. « Ce qu'il a dans la tête ? » repris-je finalement, après quelques secondes de silence. « J'aimerais bien le savoir, moi aussi, figure-toi que c'est la raison pour laquelle je suis venue ici. » il n'y avait aucune douceur dans ma voix, aucune sympathie, juste une ironie mordante, cinglante, comme si j'étais incapable de m'exprimer autrement. « Formidable, n'est-ce pas ? » commentai-je en haussant les épaules d'un air blasé. Je me retins de l'interroger sur deux choses : d'une part, ce qui la poussait à penser que son père n'était qu'un tordu machiavélique, et d'autre part, qu'est-ce qui se passait ici pour que ça ne soit pas le moment, comme elle le disait si bien. « Tu me laisses entrer ? » C'était plus un ordre qu'une question. Quoique, quelque chose me disait que ma cousine ne me laisserait pas passer aussi facilement, c'était beau de rêver. Alors, je tentai un ultime argument, comme pour prouver ma bonne foi, alors qu'en soi je n'avais strictement rien à prouver. « Si tu veux vraiment savoir ce qui se trame dans la tête de ton vieux, tu n'as qu'à me laisser passer. Au pire, si tu y tiens vraiment, je te ferai un briefing quand toute cette histoire sera terminée. » Je ne savais pas trop si c'était une bonne idée de lui promettre un briefing ne sachant pas ce que mon oncle me voulait. Il voulait me parler, soit, c'était bien mignon, mais de quoi au juste ? Je n'étais pas sûre de vouloir faire un compte-rendu de la rencontre à qui que ce soit, et encore moins à ma cousine.
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MessageSujet: Re: retour aux sources •• abby   Jeu 25 Juil - 23:20

C’était indéniable, l’air était électrique autour des deux jeunes filles. Quiconque serait passé par aurait sentit la tension qui régnait entre elles, et aurait fuit au plus vite. Pourtant, Abby avait abandonné une quelconque agressivité, elle avait laissé parler son ressentit, sans mentir, sans jouer la comédie, fatigué de devoir toujours jouer ce rôle de fille parfaite qu’elle avait en permanence, aussi bien à Poudlard que chez elle. Elle n’en pouvait plus, épuisée par le manque de sommeil et la peur qu’elle avait eu, sans compter qu’elle détestait l’idée de mentir sur ses sentiments, prétendre qu’elle n’avait aucune compassion, aucune pitié était au dessus de ses forces et bien loin de ses envies.

Elle savait que sa cousine se méfierait et c’était bien normal. Comment ne pas haïr la famille qui les a renié, et d’autant plus elle, Abby, la petite cousine pourrie gâté élevé avec le plus grand soin par sa grand-mère tant haïe pour devenir l’héritière parfaite, la parfaite marionnette. Les rares rencontres entre les deux jeunes filles n’avait fait que renforcer encore et toujours plus ce sentiment qu’elles ne pourraient jamais s’entendre, encore moins maintenant que Tracey avait fuit Poudlard, tandis qu’Abby était tranquillement à l’ « abri » entre les 4 murs de l’école. Même si la jeune Serdaigle avait espéré, au fond, même après leur rencontre désastreuse, pouvoir s’entendre avec sa cousine. Elle représentait encore tellement de chose pour elle. Tracey, une fille indépendante, fière, qui avait ses idéaux, pour lesquels elle avait fuit Poudlard alors qu’elle n’était même pas une née-moldue.
Même si Abby était loin d’être cette parfaite petite héritière, elle-même serait resté sur ses gardes en présence de sa cousine si la situation avait été le contraire. Après tout, Abby avait mentit si souvent au début, sur son sang, sur son lien avec Tracey, elle jouait si souvent un rôle, que c’était légitime de ne pas croire en sa sincérité quand elle en montrait. Abigail pinça les lèvres et détourna la tête quelques secondes. Elle s’en voulait tellement. C’était à cause de ce comportement débile qu’elle n’avait aucun réel ami, aucun lien au delà de la camarade de classe. Tracey l’interrompit d’ailleurs bien rapidement. Une boule se forma dans la gorge d’Abby. C’était décidément bien idiot d’avoir espéré qu’elle la croie. Un silence froid s’installa entre nous après qu’elle eu marmonné quelques pensées à propos de son père.

Quelques longues secondes s’écoulèrent, tandis que les deux jeunes filles s’évitaient du regard. Abby commençait à n’avoir qu’une envie, rentrer et claquer la porte au nez de sa cousine. Certes, elle pouvait la laisser passer, après tout c’était Tracey elle-même qui était venue se jeter à proprement parler dans la gueule du loup, ce n’était pas le problème d’Abby. Quoi qu’elle fasse, aussi sincère et sympa pouvait-elle se montrer, Tracey restait froide et désagréable, tellement amère que la jeune fille s’en sentait blessé, comme une coupure ou une morsure. Certes elle n’avait rien fait pour améliorer les choses, mais ce n’était pas elle qui avait mit son oncle à la porte, ce n’était pas elle qui avait renié cette part de la famille, dont-elle n’avait compris l’existence que bien plus tard. Brisant le silence, Tracey répondit froidement aux pensées de la jeune fille, laissant Abby muette, le peu de mot qui lui vint restèrent bloqué dans sa gorge.

Retournant la tête vers sa cousine, Abby fixa une nouvelle fois l’ex Serpentard, ignorant presque ses questions et sa soit disant promesse.

« Pas besoin de ma pitié hein. Ce n’était pas de la pitié. Aussi étrange que ça puisse paraitre, je ne suis pas complètement soumise à la pensée de mon père ou de ma Grand-mère. Je sais penser par moi-même étrangement, ajouta t-elle sur un ton ironique et amère. De toute façon, Maynard n’est pas là, conclu la jeune Serdaigle. Il est partit travailler quelques minutes avant que tu arrives. Je crois bien. »

Elle se souvenait avoir entendu son père prévenir de son départ tandis quelque dodelinait de la tête enfouie dans son fauteuil. Peut-être avait-elle rêvé, dans ce cas elle passerait pour une menteuse, mais au final ça ne changerait pas de la vision qu’avait sa cousine d’elle. Abby pinça les lèvres.

« On… n’est pas obligé de se détester tu sais, risqua la jeune Serdaigle. »
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MessageSujet: Re: retour aux sources •• abby   Dim 18 Aoû - 21:43

Qu'on se le dise, je n'étais pas particulièrement enchantée d'être là. Si ça ne tenait qu'à moi, je ne serais jamais venue. J'avais une bonne raison d'être là, sinon, je n'y serais jamais allée par moi-même, jamais. Ce n'était donc pas avec une grande gaieté de cœur que j'avais sonné à cette porte ce jour là. Je voulais simplement des réponses et seul Maynard pouvait m'en apporter, même si l'idée de me retrouver face à cet homme me révulsait. Non, je ne portais pas les autres Davis dans mon cœur et je gardais bien en mémoire ce qu'ils avaient fait à mon père. Mon père qui désormais n'était plus de ce monde et qui est mort avec l'idée que même sa propre mère le détestait. Quel crime odieux avait-il pu commettre pour se faire exclure de la sorte ? Aimer ma mère, une moldue ? Cela ne me semblait pas suffisant. Beaucoup de sorciers estimaient qu'une telle union était contre-nature mais je ne voyais pas en quoi c'était particulièrement choquant. Je ne comprenais pas. Je n'avais jamais saisi pourquoi on faisait tant de chichis quant à la pureté du sang. Un sorcier est un sorcier, non ? En même temps, je n'avais pas vécu suffisamment longtemps dans le monde magique pour me faire une idée précise des conflits qui le gangrenaient, aussi était-il logique que je ne sache pas tout. Cela étant, je ne connaissais pas non plus toute l'histoire de ma propre famille, et il subsistait forcément des zones d'ombre. Mais les choses étaient ce qu'elles étaient, je ne me sentais pas à ma place ici, et encore moins la bienvenue. Moins je passerai de temps dans ce fichu manoir et mieux ça sera. Que Abby sera rassure donc, je n'avais pas l'intention de m'attarder, par ailleurs, c'était elle qui me faisait perdre mon temps en me soumettant à cette sorte d'interrogatoire, car si elle ne posait pas toutes ses questions inutiles et ne se dispersait pas en mondanités aussi superficielles qu'exaspérantes, l'instant serait moins douloureux pour l'une comme pour l'autre. Aussi avais-je rejeté ses condoléances sans aucune cérémonie, agacée qu'elle puisse même éprouver de la pitié à mon égard alors qu'elle ne savait même pas de quoi elle parlait. Je n'avais pas besoin de la compassion de qui que ce soit de toute façon. J'avais géré seule la mort de mes parents, et ça faisait deux mois que les choses étaient ainsi. Ce n'était pas ma cousine qui allait y changer quoi que ce soit. Elle, elle n'avait pas de soucis à se faire. Elle ne s'entendait certes pas avec son père à ce que j'ai cru comprendre, mais elle était entourée par sa famille, alors que moi, je n'en avais tout simplement plus. Plus encore, elle ne savait pas ce que c'était de perdre un proche. Il était vrai qu'avant ce funeste mois de janvier, je n'avais pas non plus eu de morts dans ma famille, mais ils étaient venus d'un coup, me laissant orpheline. Depuis j'étais en fuite, tentant d'échapper à un ennemi qui était partout et nulle part à la fois, et qui voulait ma peau sans que je sache réellement pourquoi puisque en tant que telle, je n'avais strictement rien fait.

Alors oui, j'étais odieuse, mais sa pitié, elle pouvait se la garder. Lui dire ne serait-ce qu'un simple merci m'aurait écorché la gueule de toute façon. Je n'avais pas envie d'être aimable, de toute façon, je n'avais jamais été réputée pour être l'amabilité incarnée. J'étais d'un naturel grincheux et j' étais bien peu avenante. Tous ceux que je fréquentais s'évertuaient à vouloir m'apprivoiser, en vain. Les épreuves de la vie m'avaient aigrie, et toute jeune que j'étais, cela n'allait pas aller en s'améliorant, bien au contraire, ça n'allait faire qu'empirer. En ce moment, j'étais incapable de ressentir autre chose qu'une profonde rancoeur, vivace et destructrice, qui menaçait d'exploser et de tout ravager sur son passage. C'était là, tout près, à fleur de peau, et il suffisait d'un rien pour que je démarre au quart de tour, pour que je sorte les crocs, hargneuse comme jamais. Loin de se laisser intimider par mes airs revêches, Abby crut bon de me faire la morale. Cela ne m'étonnait pas vraiment de sa part, ça cadrait bien avec l'image de la petite fille sage et malléable que je m'en faisais. « Pas besoin de ma pitié hein. Ce n’était pas de la pitié. Aussi étrange que ça puisse paraitre, je ne suis pas complètement soumise à la pensée de mon père ou de ma Grand-mère. Je sais penser par moi-même étrangement. De toute façon, Maynard n’est pas là. Il est partit travailler quelques minutes avant que tu arrives. Je crois bien. » Elle croit bien. Si seulement ce qu'elle savait ou croyait savoir avait une valeur de vérité générale, de principe à portée universelle. C'était loin d'être le cas. Son petit mensonge, je n'y croyais pas une seule seconde. Je me doutais bien que mon oncle avait une vie et que par conséquent, il n'allait pas attendre ad vitam aeternam que je daigne pointer le bout de mon nez dans son humble demeure, mais quand même. En fait, je n'appréciais tout simplement pas l'idée de m'être déplacée pour rien. Je refusai cependant de m'avouer vaincue, ma fierté légendaire m'empêchant de rebrousser chemin immédiatement. Je pinçai les lèvres une nouvelle fois, toisant ma cousine de mon regard glacial, avant de désigner du menton la porte d'entrée qu'elle gardait obstinément close. « Et sinon, tu comptes me laisser me cailler le cul encore longtemps comme ça ? » ironisai-je, toujours aussi odieuse. « Je ne sais pas pour toi, mais moi je ne compte pas camper sur le seuil de cette maison en attendant qu'il revienne, si tu n'y vois pas d'inconvénients. » Evidemment. J'aurais pu demander à mon hôte de me laisser entrer un peu plus gentiment, mais en ce moment précis, la gentillesse ne faisait pas partie de mes attributions. Déjà que j'étais agacée de savoir que Maynard m'avait peut-être filé entre les doigts, ce qui rendait ma tâche encore plus compliquée, mais si en plus elle me laissait mourir de froid, c'était vraiment le bouquet. Bon, d'accord, ce qu'elle ne savait pas, c'était sans doute que j'avais reçu sa lettre il y a quelques jours, mais elle n'avait pas vraiment besoin de le savoir, n'est-ce pas ? « Enfin, au cas où, si je n'arrive pas à le coincer d'ici là, tu pourras  lui dire qu'il peut aller se faire voir. » Abby n'allait sûrement pas oser dire à son père que je l'avais envoyé voir ailleurs si j'y étais, mais peu importait, exprimer le fond de ma pensée me soulageait un peu. En fait, c'est ce que j'aurais dû faire depuis le départ, l'envoyer bouler, ça m'aurait évité de perdre mon temps et celui d'Abby par la même occasion. De toute manière, je doutais réellement qu'il ait des réponses à apporter à mes questions. Je ne voulais pas avoir de dette envers cet homme, la simple idée de dépendre de lui me répugnait.

Tout naturellement donc, je commençai à rebrousser chemin, pivotant sur mes talons, tournant le dos à Abby tout en me jurant qu'on ne me verra plus jamais par ici. Je savais pertinemment qu'il ne fallait jamais dire jamais, mais pour le coup, je n'avais plus rien à faire ici, aussi m'en aller me paraissait être la solution la plus pertinente. De toute façon, je n'obtiendrai rien du tout d'Abby, il fallait que je me fasse à l'idée. Pourtant, ma cousine ne sembla pas disposée à me laisser partir. Elle crut bon de m'adresser la parole une dernière fois. Peut-être une tentative désespérée pour me retenir ? « On… n’est pas obligé de se détester tu sais. » Sa phrase me frappa droit entre les omoplates. Sans m'en rendre compte, je m'étais légèrement crispée, serrant les poings. J'étais partagée entre la colère et la lassitude. Lassitude, parce que j'étais fatiguée de me battre sans cesse, contre tout et n'importe quoi, et en colère, parce que c'était comique que ce soit elle qui dise ça alors qu'elle m'avait rejetée. Après tout, à l'école, elle m'avait toujours ignorée, ne levant pas le petit doigt pour me défendre lorsque je me faisais insulter. Elle avait toujours fait l'autruche devant mes problèmes, préférant préserver son image de petite fille parfaite plutôt que de venir soutenir un membre de sa propre famille. J'étais même certaine que lorsque quelqu'un lui demandait si nous étions de la même famille puisque nous avions le même nom, elle répondait que non, elle ne me connaissait pas. Et elle osait me dire qu'on n'était pas obligées de se détester ? « Vraiment ? » ironisai-je une nouvelle fois, comme si j'étais incapable de parler sur un autre ton. Peut-être qu'au fond je voulais m'assurer que j'avais bien entendu ou si ce n'était que mon esprit qui me jouait des tours tordus. « On n'est pas obligées de se détester, vraiment ? » La colère était là, toute proche, bouillonnante, menaçant de déborder et cette fois, je ne ferai aucun effort pour la contenir. « Qui c'est qui m'a toujours ouvertement reniée, je me le demande ! » Elle n'était pas la première à le faire, et sûrement pas la dernière non plus. Wolfgang avait déjà emprunté les mêmes chemins qu'elle quelques années auparavant, lorsqu'il a décrété que je n'étais qu'une connasse qui ne valait pas le coup qu'on s'intéresse à elle. « Je sais que je n'ai pas été très ouverte, j'ai sûrement mes torts dans cette histoire, mais putain, je ne pense pas avoir mérité ça ! Ce n'est pas à moi de payer à la place de mon père. Je n'ai rien à voir dans toute cette histoire. » Au final, je ne savais même plus si j'en voulais à Abby, à Colleen, à Maynard ou même à la terre entière. Tout ce que je savais, c'est que je n'avais même pas demandé à naître, alors je n'avais pas à être rejetée par le reste de la famille parce que j'étais la fille d'Edward. En son temps, Edward avait assumé ses conneries, et maintenant il y avait prescription. « C'est absurde de lui en vouloir parce qu'il a épousé ma mère. » il y avait forcément autre chose, et ça me tuait de ne rien savoir, dans le fond. Edward m'avait déjà menti sur le fait que j'étais une sorcière, sur combien d'autre choses m'avait-il encore menti ? Je ne savais pas, je ne savais plus, et il n'y avait rien de pire comme sentiment que de douter de son propre père, encore plus quand il n'était plus là pour répondre à mes trop nombreuses questions.
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MessageSujet: Re: retour aux sources •• abby   Mar 20 Aoû - 20:10

Abigail resta interloqué une demi seconde avec que son visage ne se referme. Elle croisa les bras sur la poitrine et fixa le visage énervé de sa cousine. Pendant quelques instants, la jeune fille se demanda comme elle avait pu la trouver si belle, comment elle avait pu être si jalouse de cette fille qui se tenait devant elle, si semblait si pitoyable en cet instant, rongé par un venin aigre qui la bouffait de l’intérieur.
La Serdaigle ne savait pas pourquoi elle avait proposé ça. Ne pas se détester. Peut-être avait-elle eu une lueur d’espoir pour Tracey pendant un instant, une lueur de pouvoir, l’aider, ou simplement avait t-elle voulu devenir amie avec elle. Amie. Cela était finalement, bien impossible. Mais oui, après tout, Abby était la brave petite fille, la petite héritière parfaite de la famille Davis, cette famille qui se croyait si importante, élevé par sa grand-mère pour qu’elle méprise les né-moldus autant que les sang-mêlé, comment avait t-elle pu penser à s’entendre avec sa cousine, cette cousine traite à son sang,  dont la mère était une sale moldue, et qui avait évidement été malheureuse toute sa vie. Après tout, Abigail valait tellement mieux que ça, après tout, n’était t-elle pas officiellement le brave petit toutou bien éduqué de la famille, qui n’a pas une seule idée à elle, à qui on a bourré le crane d’idée plus extrémiste les une que les autres comme une gave une oie.
Mais Abby n’était pas comme ça. Elle n’était cette personne sans personnalité, ce fantôme, ou du moins elle ne l’était plus. Elle avait changé, elle avait évolué, en allant à Poudlard, en rencontrant des gens, en grandissant simplement, elle avait fini par se rendre compte à qu’elle point elle était creuse, elle voulait tout faire pour changer. C’était pour ça qu’elle était entrée dans l’Armé de Dumbledore en quatrième année. Mais elle avait presque abandonné pour ne pas être renié par sa famille lorsqu’il avait été découvert. Et depuis elle se trouvait simplement pitoyable, ridicule, faible. Elle avait toujours envié Tracey qui elle s’était clairement affirmé contre Voldemort, qui c’était enfuit de Poudlard. Et elle enrageait de voir sa fille qu’elle avait tant enviée, tant admirée, dans un état presque aussi pitoyable qu’elle, renfermé sur elle-même, égocentrique et amère envers tout.
Abby s’était braquée. Complètement crispée, les mains refermé sur ses bras, ses ongles s’enfonçant presque dans sa peau. Elle n’en peu plus, ce faire agresser de la sorte la met hors d’elle. Sont ton devient cinglant alors qu’elle proposait la paix quelques minutes plus tôt :
« Bon, c’est bon, t’as finis ? T’as fini de jouer à « celle qui est la plus malheureuse » ? Lâcha la jeune fille, franchement énervé. Je compte pas jouer avec toi personnellement. Si ça t’amuse d’être une putain d’aigrie et à croire que tout ta vie n’a été que malheur et déception, c’est ton problème. »
La jeune fille chercha ses mots. Elle était tellement énervée que des phrases se bousculaient dans sa tête et dans sa gorge sans qu’elle arrive à y mettre un ordre logique. Les premières choses sensées qui lui vinrent étaient à propos des défunts parents de sa cousine, son oncle et sa tante qu’elle n’avait jamais connu sans pouvoir le regretter étant donné qu’elle n’avait apprit leur existence et comprit leur importance que bien trop tard.
« T’as perdu tes parents, en effet. Ce doit être une des pires choses qui arrive quand on les aime, et tu vas surement me dire que je peux pas comprendre, mais je suis pas assez insensible, contrairement à toi, pour ne pas avoir un minimum d’empathie tout le même. Tu t’en fous, tant pis pour toi ! Reste toute seule si t’es mieux comme ça, continue de rejeter tout les gens qui essayent de montrer un peu d’affection pour toi, c’est ça. Quand tu seras définitivement seule avec ton caractère de merde, ton aigreur, peut-être que tu regretteras un peu d’avoir autant foutu ta vie en l’air toute seule ! »
Elle savait à peine pourquoi elle disait ça. Peut-être espérait-elle toujours que ça cousine ai une illumination, même si elle n’y croyait pas du tout. La personne qu’elle voyait devant elle semblait bouffée jusqu'à la moelle, irrécupérable, et ça l’attristait. Ça lui semblait impossible qu’elle ai eu une vie si pourrie que ça pour être aussi blazée, aigrie. La mort de ses parents était certes un facteur important, mais avant ? Ça ne pouvait pas simplement être du au rejet de sa famille par Colleen. Abby reprit la parole au fil de ce qui lui venait à l’esprit, la vois cassante, qui sonnait désagréable même à ses propres oreilles.
« Je veux pas jouer à la plus malheureuse, j’l’ai dja dit, mais arrête de croire que t’es la seule qui à eu des problèmes dans sa vie. T’as perdu tes parents ? J’aurais voulu ne jamais en avoir. J’aurais voulu ne jamais les avoir eux ! Et la seule personne que j’aime est au bord de la mort. Tu t’en fous, tu la hais, et je l’aurais plus que haie si j’avais été à ta place, mais elle, c’est la seule, la seule personne qui m’aime, qui m’a aimé sans forcément d’idées derrière la tête, la seule. »
Une désagréable boule vint prendre place dans sa gorge, mais Abby résista pour refouler au possible toutes les larmes qui lui venaient. Ça ne lui allait pas de s’énerver, se lâcher autant lui faisait peur, elle était en train de craquer pour de bon. Tout ce qu’elle gardait en elle depuis des années allait ressortir et la rendre folle, et pourtant, elle savait que ça ne pouvait lui faire que du bien. Mais elle s’y refusait, elle refusait de craquer, de pleurer devant Tracey, elle savait que ce ne serait clairement pas elle qui viendrait la soutenir, ce n’est pas elle qui craquerait comme Abby était en train de le faire. Pourtant ça ferait surement du bien à l’ex Serpentard aussi.
« Je t’ai toujours ignoré ? C’est faux. Je t’ai toujours détesté. Je t’ai tellement renié au début c’est vrai. J’étais tellement jalouse de toi. Tu avais des amies, tu avais une vraie vie. Pire, mon père, et Colleen, alors qu’ils vous avaient tous renié, ils s’intéressaient tellement toujours à toi, souvent bien plus qu’a ce qui se passait pour moi à l’école. Surtout quand ils ont su que t’était à Serpentard. Toute ma vie il fallait que je fasse les choses parfaitement, que je sois parfaite, jamais j’ai pu me relâcher, toujours il fallait que je sois mieux que toi. C’était le seul moyen pour leur rappeler que j’étais la. »
« Franchement tu crois que j’ai voulu tout ça moi ? J’étais même pas née quand c’est arrivé. Pendant des années on m’a menti, on m’a caché jusqu’à ton existence, aujourd’hui encore je connais pas toute l’histoire. Quand j’ai compris que te haïr ne servait à rien, j’ai essayé, de venir te voir, et oui je t’ai rejeté, et tu n’y es clairement pas pour rien. Tu m’as rejetée autant que je l’ai fais, sans même essayer de savoir. »
« Je peux pas nier que c’est injuste de te reprocher ça, mais tu crois vraiment que c’est juste de me reprocher, de me cracher à la figure tout ce que EUX ils ont fait ? fit violent Abby, en montrant la maison derrière elle. Tu crois peut-être que je trouve ça normal de rejeter quelqu’un à cause de la personne dont il est tombé amoureux ? Si c’est la cas ils peuvent tout de suite me rejeter aussi
Tout ça ne serait strictement à rien. Tout ce qu’elle disait. Tracey s’en moquait, comme elle se moquait du reste. Même à 16ans à peine il était déjà trop tard pour qu’Abigail arrive à rattraper tout ce temps qu’elle avait perdu à croire aveuglément en ce que lui disait sa grand-mère ? Elle passerait peut-être toute sa vie à essayer de se faire pardonner, mais elle refusait tout de même de continuer dans cet état de léthargie avancé dans lequel elle était pendant toutes ses années. Elle refusait de rester sans rien faire, de continuer à faire semblant de croire en des choses qu’elle ne croyait pas. Le rejet de Tracey la rendait malade. Qu’elle la prenne pour une menteuse la rendait malade. Ce n’était après tout, que le prix de tout les mensonges, tout les faux-semblants qu’elle avait fait dans se vie. N’as-t-on pas le droit de regrets un jour ?
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