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 (2.2) because innocence isn't lost; it's taken + tracey

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MessageSujet: (2.2) because innocence isn't lost; it's taken + tracey   Mar 23 Avr - 18:49


Aodhan & Tracey
« INTRIGUE 2.2 : because innocence isn't lost; it's taken »


« Tracey Davis. Je cherche Tracey Davis. » Nonchalance quand tu nous tiens. Aodhan avait le sentiment de perdre son temps, papier en main avec un petit nom noté dessus, à faire le tour de tous les visages qu'il croisait. Tracey Davis, une jeune fille qui voulait se rendre utile, mais qui n'en avait qu'à peine les moyens : c'était un peu cliché, mais très utile pour l'Ordre. Assez pour qu'ils l'envoient lui à la recherche de la poule aux oeufs d'or : curieusement, depuis qu'il s'était fait mettre la main dessus par Hackett (sans mauvais jeu de mot) il avait comme l'amère impression d'être réduit aux tâches pour le moins... secondaires. Certes, sa captivité (des semaines durant) avait mis l'Ordre du Phénix en danger, mais il avait cependant été de taille pour rester au Ministère, parmi des dizaines et des dizaines de Mangemorts, sans sourciller. Au final, ce n'était même pas lui-même qui s'était trahi (pas officiellement en tout cas), mais Shae qui l'avait balancé comme un moins que rien. Restait pour lui la culpabilité d'avoir accordé sa confiance à l'officielle Madame Hackett - lui qui avait cru qu'ils avaient été amis pendant leur enfance, plus que de simples amants en tout cas, à présent. Les choses faisaient qu'il ravalait son orgueil et prenait son mal en patience : un jour peut-être, on lui confierait la garde de quelqu'un d'autre qu'une gamine. On lui avait désigné une direction, il la suivit, enfonçant ses mains dans ses poches pour les protéger du froid : le camp de Craik offrait un lieu sûr pour beaucoup de gens, certes, mais il y faisait atrocement froid ces derniers temps, surtout avec ce vent qui y soufflait sans faiblir. « Tracey Davis, je présume ? » Il avait traversé encore de bonnes centaines de mètres, demandé à bien des gens lorsqu'il finit par arriver à proximité d'un coin du camp, près d'un feu où il aurait presque pu s'arrêter un moment durant, faire une sieste peut-être bien. Mais ils avaient plus importants à faire, indubitablement. « On m'a dit de faire le détour pour venir te chercher, mais on ferait mieux de pas perdre de temps. » Parce qu'il avait envie de finir cette foutue mission : vite fait, bien fait. A partir de là, il fallait espérer qu'il ne soit pas tombé sur la traîne savates de service.
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MessageSujet: Re: (2.2) because innocence isn't lost; it's taken + tracey   Mer 24 Avr - 20:00

J'étais assise au coin du feu, emmitouflée dans une couverture, un mug de thé brûlant entre les mains avec un livre de magie médicale sur les genoux. Voilà bien longtemps que je n'avais pas eu l'occasion de m'adonner à mon loisir favori, et pouvoir lire enfin était un vrai bonheur. J'avais beau ne plus être à Poudlard, ma soif de connaissances et mon goût prononcé pour les gros livres ne s'étaient pas éteints, et c'était rassurant de voir que la guerre ne m'avait pas enlevé ça. Je profitais d'un moment d'accalmie, tâchant de me faire un peu oublier par la même occasion. Ces jours-ci, on m'avait pas mal sollicitée pour des missions diverses et variées, il fallait dire qu'ils avaient besoin de bras au camp. Ma nouvelle vie ne me déplaisait pas, j'avais réellement l'impression de faire quelque chose d'utile, et au moins, j'étais plus ou moins en sécurité ici, je ne vivais pas/plus dans la crainte permanente de me faire attaquer par ces saletés de rafleurs de façon impromptue. Je bus une gorgée sur ma tasse, sentant avec bonheur le liquide amer – quoique adouci avec un peu de miel – me réchauffer le gosier. Je venais tout juste d'écraser ma cigarette désormais consumée dans le cendrier lorsque l'on m'interpella. Je levai finalement la tête, m'arrachant de ma lecture par la même occasion. « Oui, c'est bien moi. » confirmai-je à l'homme avant de me lever, repliant légèrement la couverture pour la poser à côté, et refermant mon livre non sans glisser un marque-page à l'intérieur. « Qu'est-ce qui se passe ? » demandai-je, sourcils froncés, les poings sur les hanches. La présence de l'homme sembla alors tomber sous le sens. « Vous avez besoin de moi pour une mission, c'est ça ? » Je me demandais à quel point celle-ci pouvait être urgente au point de devoir partir séance tenante. « D'accord. » dis-je finalement en mettant ma cape d'hiver sur mes épaules. « Puisqu'il ne faut pas tarder, allons-y. » Ainsi, j'avais donné tacitement donné mon accord. Je glissai ma baguette dans ma manche, et au pire si j'avais besoin d'embarquer quelque chose en particulier, il allait me le dire, n'est-ce pas ?
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MessageSujet: Re: (2.2) because innocence isn't lost; it's taken + tracey   Jeu 25 Avr - 22:42


Aodhan & Tracey
« INTRIGUE 2.2 : because innocence isn't lost; it's taken »


Les missions à Sainte Mangouste s'avéraient plus périlleuses que ce que beaucoup imaginaient : à l'esprit de certains, c'était uniquement une histoire de pansements et produits à prendre, ce qui était bien souvent frustrant pour ceux qui en revenaient de justesse. Il ne fallait pas oublier pourtant, que l'hôpital sorcier se trouvait en plein coeur de Londres, elle-même littéralement assiégée par les Mangemorts : une ville en somme, où Aodhan n'aurait pas spécialement prévu d'attarder ses pas, si ce n'était dans le cadre d'une mission pour l'Ordre. Ce même Ordre à qui il dévouait sa vie depuis des mois déjà, aujourd'hui plus ardemment que jamais. C'était pour les causes auxquelles il croyait qu'il était resté au milieu de la fosse aux lions, faisant ami-ami avec les Mangemorts de la pire espèce, dans l'infime espoir de ramener avec lui quelques informations importantes. A cela il s'en était plutôt bien sorti, quand bien même il avait fini prisonnier de Silas Hackett - pourtant, ce soir, alors qu'il avait l'amer sentiment qu'on lui filait une mission proche du baby-sitting, Aodhan ne pouvait s'empêcher de remuer une certaine rancœur. Qui finirait forcément par ressortir à quelque moment de soirée et ce, quitte à ce qu'il s'énerve sur n'importe qui, même la dénommée Tracey Davis qui sirotait son thé tout en feuilletant un bouquin, soigneusement enroulée dans une couverture. Et dire qu'à des kilomètres de là, plusieurs de ses collègues traînaient dans la boue pour sauver un espèce de binoclard. Soit, il devait se concentrer sur plus important : c'est à dire, pas sur les questions de la demoiselle, qui, aux yeux du sorcier, amenaient des réponses pour le moins évidentes. « Oui, une mission. Il semblerait que l'Ordre n'ait pas trouvé mieux que recruter des réfugiés des camps. » Même des camps enterrés au milieu de nulle part, comme celui-ci. Serrant les dents, Aodhan décida de laisser sa rancœur pour plus tard. « Je parie que ça fait longtemps que tu n'as pas vu Londres. En tout cas, garde ta baguette prête, des Mangemorts nous attendrons forcément. » Il lui fit signe de le suivre, traversant le camp - car de là non plus, on ne pouvait pas transplaner, il était protégé par des charmes semblables à ceux qui sécurisaient Poudlard, ils allaient devoir marcher avant de pouvoir directement rejoindre Londres. « Et tu devrais passer ton permis de transplanage, ça peut s'avérer pratique. » D'un regard, il prit la demoiselle à partie, alors qu'il l'entraînait à avancer d'un pas pressé - car bien entendu, il savait déjà qu'elle ne savait pas transplané, c'était logiquement pour ça qu'il était ici et non pas directement à Londres pour l'attendre.
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MessageSujet: Re: (2.2) because innocence isn't lost; it's taken + tracey   Ven 26 Avr - 16:01

Peut-être que j'étais agaçante à toujours poser des questions, mais je ne pouvais pas m'en empêcher, j'avais besoin de savoir à quoi m'attendre avant de m'embarquer dans quelque chose. Je n'avais rien d'une tête brûlée, en fait j'étais plutôt réfléchie, je n'étais pas du genre à me mettre en danger soit délibérément, soit par négligence, en fait je n'avais certainement pas l'âme d'une aventurière. Aussi je ressentais toujours une certaine appréhension lorsque l'on venait me chercher afin de procéder à une mission. « Oui, une mission. Il semblerait que l'Ordre n'ait pas trouvé mieux que recruter des réfugiés des camps. » L'Ordre avait besoin de bras, c'était un fait, même si pour le moment j'avais plus l'impression d'être de la chair à canon qu'autre chose, ce qui était une impression évidemment déplaisante. J'emboîtai alors le pas de l'adulte, on n'allait tout de même pas parlementer pendant trois siècles. « Je parie que ça fait longtemps que tu n'as pas vu Londres. En tout cas, garde ta baguette prête, des Mangemorts nous attendrons forcément. » Je tressaillis légèrement, bien que je m'efforçais de rester impassible. J'avais exprès quitté Londres parce qu'en tant que fugitive, je ne pouvais pas y rester car cela me serait forcément préjudiciable un jour ou l'autre. Je n'étais pas tout à fait prête à y retourner, mais cela devait importer peu à l'Auror qui n'était sûrement pas là pour ménager la chèvre et le chou. « Et tu devrais passer ton permis de transplanage, ça peut s'avérer pratique. » Je laissai échapper un soupir désabusé lorsqu'il me reprocha de ne pas savoir transplaner. « Je n'ai pas fini mon année à Poudlard, ceci explique cela. » éludai-je en haussant les épaules, les poings légèrement serrés. « J'aurais sûrement passé mon permis de transplanage en juin si tout s'était déroulé normalement, mais vous savez la vie est pleine d'imprévus, je n'avais pas prévu que je serais obligée de fuir. » Ni même que mes parents soient tués dans une attaque de Mangemorts, d'ailleurs. Cela dit, je décidai de passer sous silence ce détail, ce n'était probablement pas son problème. « Enfin, j'en prends note, même si une question me taraude encore l'esprit. » je glissai alors un regard en coin, espérant qu'il soit en mesure de me répondre, car j'avais besoin de savoir. « Puisque c'est le Ministère qui délivre les permis de transplaner, et donc qui autorise les sorciers à le faire. Dans la mesure où celui-ci est détenu par les Mangemorts, est-ce que je ne risque donc pas de me faire attraper si je m'avise de transplaner disons...illégalement ? » J'imaginais sans peine que s'il existait ce que l'on appelait la Trace pour pister les jeunes sorciers qui n'étaient pas encore majeurs, il devait exister la même chose pour ceux qui n'avaient pas encore de permis de transplanage, non ?
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MessageSujet: Re: (2.2) because innocence isn't lost; it's taken + tracey   Sam 27 Avr - 21:18


Aodhan & Tracey
« INTRIGUE 2.2 : because innocence isn't lost; it's taken »


Aodhan n’était pas le pro de la diplomatie, ni même l’as de l’enseignement aux jeunes enfants : c’était bien pour cela qu’il n’avait jamais aspiré à devenir un professeur de Poudlard - il savait que les jeunes et lui, ce n’était pas toujours une entente parfaite et sans complications et que jamais il n’aurait la patience de ressortir quoique ce soit de positif d’un moment passé avec des élèves. Pour la diplomatie, il n’y avait qu’à voir au combien il avait passé son temps à provoquer Silas, flirtant dangereusement avec la patience de celui-ci sans sourciller, alors qu’il avait été un prisonnier enchaîné et tout simplement soumis aux tortures de son adversaire. Mais au combien la dénommée Tracey Davis pouvait être jeune, sympathie et polie, il n’en restait pas moins qu’Aodhan ne brillait toujours pas pour sa douceur d’âme, ses paroles réconfortantes et son instinct de protection pour le plus faible. Il n’était de toute manière pas victime de ces préjugés-là, conscient qu’un gamin tout juste sorti de Poudlard pouvait s’avérer être plein de ressources, bien plus que nombre des adultes qui gravitaient dans le monde de la magie : au fond, c’était tant mieux pour lui, puisque cette jeunesse encore candide et quelque peu naïve représentait ceux qui finiraient par faire tourner le monde tôt ou tard, qu’il soit encore en guerre ou à nouveau dans une illusoire paix. Il ne mâchait pas ses mots, se faisant dur et froid, quelque peu distant envers la pauvre fuyarde qu’elle était : sa vie ne devait pas être faite de licornes, de petites fleurs et d’arcs-en-ciel cependant - peut-être même avait-elle déjà connu ces sentiments acerbes et amers propres à la disparition ou la mort d’un proche : lui aussi, savait ce que ça faisait, mais ils n’étaient malgré tout pas là pour papoter autour d’une tasse de thé, même si cela pouvait leur permettre de faire connaissance. Allez à Sainte Mangouste pour prendre de quoi alimenter les camps en provisions pour soigner de potentiels blessés, était une mission imprévisible, qui pouvait à la fois prendre quelques minutes à peine, comme des heures entières : parfois, cela demandait de la précision et de la minutie dans une quelconque technique pour berner les Mangemorts et d’autres fois, il fallait faire preuve d’un véritable talent de duelliste. Il ne savait pas ce qu’elle valait, cette fille qui l’accompagnait, mais fluette, frêle et trop curieuse, elle ne laissait entrevoir que trop peu de choses sur elle. « Je n'ai pas fini mon année à Poudlard, ceci explique cela. »  La remarque (presque anodine) qu’il avait faite semblait ne pas être tombée dans l’oreille d’une sourde, Aodhan la toisa d’ailleurs un long moment, incapable de savoir ce que cela valait comme argumentaire, ou à quoi cela pouvait bien servir d’alimenter le débat plus longtemps. Le fait était que, pour une raison x ou y, elle ne pouvait pas transplaner, et qu’il avait dû venir la chercher. Point barre, sûrement. « J'aurais sûrement passé mon permis de transplanage en juin si tout s'était déroulé normalement, mais vous savez la vie est pleine d'imprévus, je n'avais pas prévu que je serais obligée de fuir. » Les réflexes subitement défensifs de la brune le firent légèrement sourire, alors qu’il se penchait un instant, tentant de masquer au mieux possible son mi-amusement ainsi que son semi-dédain. « Je m’en doute. Sinon j’ose espérer quand même que tu aurais fait ton possible pour avoir ton permis en sixième année. » Car bien entendu, elle n’avait pas non plus quatorze ans, et elle était majeure, puisqu’elle pouvait se prôner en fuite sans avoir une dizaine de Mangemorts collés aux fesses. Il s’était arrêté pour lui adresser ces quelques mots, comme l’aurait fait un maître critique à son élève récalcitrant, il reprit donc enfin sa marche, dans un regard la sondant à nouveau, de haut en bas. « Techniquement, être un animagus non déclaré est illégal, mais nous savons tous les deux que beaucoup de gens ne se donnent pas la peine de faire part de leurs secrets au Ministère. » Il avait longuement connu les retords et tous les coins secrets du Ministère, aussi, reprit-il dans un vague haussement des épaules. « Seule la marque, que tu portes avant ta majorité peut te mettre officiellement en situation d’illégalité si tu transplanes sans permis : mais peu de gens se risquent à le faire, ils préfèrent courir que risquer de perdre un bras parce qu’ils ne savent pas transplaner. Mais à la guerre comme à la guerre. » Elle était bien placée pour savoir que si elle ne décidait pas de sauter le pas un jour, ce serait un Mangemort qui lui arracherait le bras - l’un ou l’autre, ça ne faisait pas beaucoup de différence. « Pourquoi tu ne veux pas aller à Londres ? » Il n’était pas idiot et elle n’était pas particulièrement bonne pour masquer ses ressentiments : autant qu’elle joue franc jeu avec lui, il préférait savoir à quoi s’en tenir, s’il devait la voir s’enfuir en courant à travers les rues de la capitale sans crier gare.
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MessageSujet: Re: (2.2) because innocence isn't lost; it's taken + tracey   Dim 28 Avr - 22:21

Attentive, j'écoutais ce que l'adulte avait à dire. Malgré le semblant de conversation qui se nouait, je me sentais assez mal à l'aise en sa présence. Non seulement il m'impressionnait, mais en plus j'avais l'impression qu'il me méprisait quelque peu, ce qui était somme toute un sentiment très déstabilisant. Pourtant, ce n'était pas faute d'avoir l'habitude d'être regardée de haut, mais là, c'était différent, je n'arrivais pas à me défaire de ce semblant de malaise qui m'avait saisie à la gorge sitôt qu'il m'avait adressée la parole. Je n'aimais pas la façon dont il me regardait, je me sentais mise à nu, il devait être en train d'étudier chaque détail, il disséquait chacune de mes attitudes à la recherche de je ne savais quelle information, ce qui était dérangeant, en définitive. J'estimai qu'il n'était pas pertinent de rectifier ses dires en prétendant que j'étais en septième année – je ne voulais pas aggraver mon cas, si tant était qu'il avait une bien piètre estime de moi-même, ce qui allait sans dire. Pourtant, sa toute dernière question ne me laissa pas indifférente.  « Pourquoi tu ne veux pas aller à Londres ? » Je me mordillai la lèvre inférieure, ne sachant pas réellement que lui répondre. Devais-je lui dire que j'avais de très mauvais pressentiments concernant cette mission ? À quoi bon, puisqu'il venait de me dire qu'on rencontrerait sûrement quelques Mangemorts, ce qui en soi était plutôt logique puisqu'ils avaient désormais la mainmise sur toutes les institutions du monde magique britannique, exception faite de Gringotts. Il se passa alors quelques longues minutes avant que je ne me décide enfin à répondre. « J'ai tout simplement l'impression de revenir à la case départ. » expliquai-je finalement en haussant les épaules avec nonchalance, comme si au fond rien de tout cela ne m'atteignait. « C'est là bas que l'on m'a ramassée. » poursuivis-je non sans lui lancer un regard de biais, guettant sa réaction. « J'ai quitté cette ville pour de bon, en pensant ne plus y revenir. Ça me fait bizarre d'y remettre les pieds alors que je ne suis plus censée y être. » Bon, d'accord, vu comme ça, mes explications étaient plutôt foireuses. Je décidai alors de mettre les pieds dans le plat, et tant pis si ma réponse -la vraie- ne lui suffisait pas. « Je suppose que je n'ai fait qu'appliquer les quelques règles de bases. Comme par exemple, utiliser un faux nom lorsque l'on doit s'enregistrer quelque part. Ou bien...ne jamais rester plus de deux jours au même endroit pour ne pas attirer les soupçons. » il ne fallait pas être d'une intelligence supérieure pour le comprendre, c'était même la base. « Si j'étais restée à Londres, sachant que ça foisonne de Mangemorts plus que nulle part ailleurs, je suppose que statistiquement, j'aurais eu plus de chances de me faire attraper qu'en allant me planquer ailleurs. Enfin, chance...façon de parler. » Il ne fallait pas croire. J'étais peut-être maudite, mais je n'en étais pas moins maligne et débrouillarde. Après tout, j'aimais croire que je n'avais pas été répartie à Serpentard pour rien. Et même. Maison mise à part, j'étais plutôt douée lorsqu'il s'agissait de brouiller les pistes. J'avais effectivement de longues années de pratique derrière moi à n'en pas douter.
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MessageSujet: Re: (2.2) because innocence isn't lost; it's taken + tracey   Lun 29 Avr - 20:42


Aodhan & Tracey
« INTRIGUE 2.2 : because innocence isn't lost; it's taken »


Les bavardages s’étaient vite imposés comme secondaires dans cette guerre : Aodhan n’était pas le plus connu des sorciers de l’Ordre du Phénix, tout simplement parce qu’il se contentait généralement de rencontrer des personnes, pour ensuite bien vite les oublier, tant il leur prêtait peu d’attentions. Jamais il n’aurait prévu échanger plus de trois phrases avec la dénommée Tracey Davis avec qui on lui avait confié une mission : les trois phrases attendues étaient d’ailleurs tombées à deux, lorsqu’il avait remarqué son jeune âge ainsi que sa très forte propension à poser des questions. Généralement, les jeunes avaient des préoccupations bien différentes des siennes : il avait déjà vu des jeunes tout juste sortis de Poudlard vouloir rejoindre l’Ordre sans pour autant savoir de quoi il en retournait vraiment, ni être capables de faire preuve de la moindre prudence lors d’une mission. Elle semblait différente, ou du moins, beaucoup plus réfléchie que ce barbant commun des mortels dont Aodhan avait le sentiment d’avoir fait le tour. Pareille pensée était sans doute affreusement snobe venant de lui, mais tristement réaliste également : il ne se targuait pas non plus d’avoir quoique ce soit de plus intéressant à raconter que ces gens-là, mais lui au moins, savait quand s’arrêter avant de barber les gens. Ou les mettre dans un embarras excessif. Presque, en tout cas, puisqu’il ne se gênait pas pour s’immiscer dans les sombres secrets de la sorcière, ceux-là même qui l’avaient fait distraitement tressauter au simple énoncé de la ville de «Londres». Chose qu’il pouvait comprendre : lui non plus n’aimait pas particulièrement s’aventurer jusque dans la capitale anglaise, mais si l’Ordre avait besoin d’eux sur ça, mieux valait prévenir que guérir ; lui n’aurait aucun problème à se dévouer complètement à leur mission, il s’assurait simplement qu’il en allait de même pour elle. Il l’écouta longuement déballer les raisons de sa haine viscérale pour cette ville (ou du moins, de toute pensée l’engageant à y retourner) - le temps faisant, il décrocha presque du discours de la jeune femme, avant de finalement tourner à nouveau son attention vers elle. Vaguement, il hocha la tête, dans un geste presque invisible dans la nuit épaisse. « J’ai quitté Londres aussi. » Il n’aimait pas envisager la possibilité qu’il en avait été chassé, ou qu’on l’avait sauvé de la gueule du loup : il préférait être maître de ses propres choix, quitte à déformer quelque peu la réalité. « C’est la case départ de beaucoup de gens ici. » Avec amertume, il sourit légèrement. « Malheureusement, c’est là-bas que se passent plein de choses. » Comme pour le monde anglais du côté moldu : Londres était le centre névralgique de beaucoup d’organismes, notamment Sainte Mangouste. Ils arrivaient finalement aux bordures du camp, et Aodhan se tourna complètement vers la sorcière face à lui. « On ne restera pas assez longtemps pour que qui que ce soit te remarque. » Regardant longuement autour d’eux (par prudence et réflexe), il finit par tendre son bras à l’adolescente, il était temps qu’ils partent, s’ils ne voulaient pas passer la nuit sur cette mission - ce qui serait quand même dramatique, pour quelques pansements et produits médicaux.
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MessageSujet: Re: (2.2) because innocence isn't lost; it's taken + tracey   Mer 1 Mai - 17:54

Évoquer Londres me mettait un peu mal à l'aise. Cela devait se ressentir derrière mon apparente nonchalance. Beaucoup de souvenirs étaient rattachés à cette ville, et pas des plus plaisants. C'était notamment aux alentours du Ministère de la magie que j'avais appris la disparition tragique de mes parents. Londres était en quelques sortes le théâtre de ma propre débâcle, le début de la fin. Londres avait vu les vestiges de mon enfance, de mon innocence se disloquer peu à peu, pour finir par se dissoudre totalement. Londres, c'était l'enfer, et y retourner ne me disait rien que vaille, mais je n'avais pas le choix, n'est-ce pas ? On comptait sur moi, ce n'était pas le moment de les décevoir. Je voulais leur montrer que j'étais quelqu'un de droit, de digne de confiance, je voulais qu'ils cessent de se méfier de moi comme si j'étais une taupe potentielle pour l'autre camp. Comment cela pourrait-il être le cas, puisque ce sont eux qui ont tué mes parents ? Oeuvrer pour les Mangemorts reviendrait à trahir leur mémoire et cette simple idée me paraissait insoutenable. « J’ai quitté Londres aussi. C’est la case départ de beaucoup de gens ici. Malheureusement, c’est là-bas que se passent plein de choses. » Malheureusement. Il avait bien fait de le souligner. Non seulement il se passait plein de choses, mais en plus les risques de se faire attraper/attaquer étaient d'autant plus grands. Étais-je prête à risquer ma peau une fois encore ? Pas réellement, mais je serrais les dents, avançant vers mon but. Je n'étais pas un modèle de courage et de hardiesse, mais je n'étais pas non plus une poule mouillée, il fallait dire qu'avec la guerre je m'étais -un peu – endurcie. « On ne restera pas assez longtemps pour que qui que ce soit te remarque. » J'acquiesçai en silence, ne trouvant rien à ajouter. Néanmoins, malgré ses dires rassurants, je ne pouvais pas m'empêcher d'avoir quelques appréhensions, j'étais paranoïaque par nature, on ne me refera pas. Alors, ma main se referma sur son bras et on transplana. Cela faisait la troisième fois dans ma vie que je transplanais et je haïssais cette sensation. Je me sentais toujours mal après un tel voyage, aussi j'étais plutôt ravie de retrouver la terre ferme. « Sainte Mangouste ? » interrogeai-je en reconnaissant le lieu qui était dissimulé par plein de sortilèges repousse-moldus. Je n'y ai jamais été personnellement admise, n'ayant jamais souffert d'un quelconque désordre magique, mais je connaissais tout de même l'endroit, ce qui me paraissait être le minimum syndical. « C'est ici que j'aurais dû travailler...si les choses s'étaient déroulées autrement. » ajoutai-je sombrement, en fourrant mes mains dans mes poches, incapable de refouler le coup de bourdon qui venait soudainement de surgir. « Attendez. » dis-je soudain, après avoir réalisé ce que cela implique. « On va vraiment devoir s'infiltrer là dedans ? » Comment pouvait-on entrer là dedans sans se faire piéger comme des rats, je me le demande. « Ou pire encore, aider quelqu'un à s'en évader ? » J'espérais qu'il ne s'agissait pas d'un cas psychiatrique, parce que si on devait se coltiner un individu qui n'avait pas toute sa tête, on n'était pas rendus.
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MessageSujet: Re: (2.2) because innocence isn't lost; it's taken + tracey   Jeu 2 Mai - 11:34


Aodhan & Tracey
« INTRIGUE 2.2 : because innocence isn't lost; it's taken »


Il ne caressait que trop peu souvent aujourd’hui, l’espoir d’un jour retourner à Londres en homme libre. Sa loyauté pour l’Ordre du Phénix lui portait bien préjudice à l’heure actuelle, même s’il pouvait déjà s’estimer assez chanceux pour ne pas avoir dû prendre la fuite bien plus tôt. La chance était une notion bien relative en des temps comme ceux qu’ils connaissaient depuis le début de cette guerre : elle venait, et elle disparaissait en une fraction de seconde, poussant une situation, quelle qu’elle soit, à se renverser totalement. Au côté de Shae, il s’était toujours estimé protégé par une chance intouchable, inébranlable et pourtant, en une parole de la sorcière, de son amante, tout s’était envolé. Et il avait connu l’Enfer, cette parcelle d’indicible qui assombrissait bien souvent son regard. Il détestait Londres à présent, parce que de chaque quartier, chaque coin de la ville, il ne connaissait que trop bien le chemin qui menait au Ministère de la Magie : réduit à néant aujourd’hui, dirigé par des hommes tels que Silas Hackett, emprisonnant des sorciers qui ne méritaient nullement le sort qu’ils connaissaient. En siégeant comme espion au sein du Magenmagot, Aodhan en avait vu défiler, des injustices détestables, qui aujourd’hui encore, le poursuivaient dans ses pires cauchemars, lui faisait hérisser le poil sitôt qu’il y pensait. Ces songes handicapants, il tentait de les laisser derrière lui, alors que d’une poigne ferme, il entraînait la jeune Tracey dans une ruelle adjacente à l’artère principale qui menait à Sainte Mangouste. Ils venaient tout juste de transplaner, en plein coeur de la capitale ; il n’était pas encore assez tard pour que les rues soient paisibles et endormies, ce qui était à la fois à leur avantage et leur désavantage. Question de chance, cette éternelle chance qui pouvait constamment les poignarder dans le dos. Aux paroles subitement inquiètes de sa jeune coéquipière, Aodhan serra brusquement les mâchoires ; ils n’avaient pas de temps à perdre en des inquiétudes aussi futiles, et c’est dans un regard franc et sans doute implacable qu’il le lui fit comprendre. « On n’a pas de temps à perdre avec des questions stupides. Oui on va entrer dans cet hôpital, et estime-toi heureuse, c’est l’un des derniers endroits à Londres où nous avons des alliés. » Certains membres de l’hôpital aidaient plus que beaucoup ne pouvaient le soupçonner. A nouveau, il lança un regard vers l’hôpital sorcier : visiblement, aucun Mangemort ne semblait occuper l’entrée à faire le pied de grue comme un imbécile de première (à moins qu’il ne soit particulièrement discret) il y en aurait forcément à l’intérieur, mais ça c’était une autre histoire. « Dans une guerre, beaucoup de gens sont blessés. Malheureusement, personne ne peut aller à Londres sans risquer de crever et/ou, pourquoi pas, se faire torturer par des Mangemorts cherchant à glaner des informations sur tout et n’importe quoi. » Un nouveau regard droit vers la brune. « Nous avons besoin d’alimenter à nouveau les réserves. » Rien de plus simple, rien de plus compliqué. D’une de ses poches, il sortit un sac, qu’il tendit à la jeune femme. « Maintenant, ta grand-mère est affreusement folle et malade et nous allons lui rendre visite. » Elle n’avait pas la tête d’une londonienne, mais pas non plus celle d’une fugitive qui courait dans la merde depuis des semaines. L’inspectant un instant, Crowley finit par hausser les épaules, lui faisant signe de le suivre alors qu’il s’engageait en direction de l’hôpital, sans aucune hésitation dans ses pas.
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MessageSujet: Re: (2.2) because innocence isn't lost; it's taken + tracey   Jeu 2 Mai - 22:15

Trottinant presque en voulant calquer mes pas sur ceux de l'adulte, je tâchais de rester impassible autant que faire se peut alors que tout un tas de pensées dérangeantes affluaient dans mon esprit. Je m'efforçais de les chasser une à une, il ne fallait pas que mes doutes viennent gâcher ma première vraie mission – celle avec Cali ne comptant pas puisqu'on avait fait les piquets pendant des heures sans grand résultat, tout ce que nous avions fait était de nous prendre le bec pour des broutilles. Une fois encore, je craignais de ne pas être à la hauteur, que l'Auror me prenne pour une incapable. Malgré toute l'arrogance dont je pouvais faire preuve par moments, je manquais cruellement de confiance en moi. Il suffisait d'une broutille pour me faire vaciller et d'un échec pour me faire tomber. Je haïssais ces remises en question permanentes, bien que j'essayais de ne rien montrer, offrant un visage empreint d'indifférence au monde entier. Pourtant, il fallait gratter sous le vernis impeccable pour se rendre compte de la triste réalité des choses. Ces doutes, je venais de les exprimer en partie à voix haute, et voilà que l'adulte s'empressait de me rembarrer sèchement. « On n’a pas de temps à perdre avec des questions stupides. Oui on va entrer dans cet hôpital, et estime-toi heureuse, c’est l’un des derniers endroits à Londres où nous avons des alliés. » Sans doute, mais ça fourmillait aussi de Mangemorts, rafleurs et autres joyeusetés du genre, il fallait le garder à l'esprit. Devais-je lui rappeler que j'étais sans doute activement recherchée, étant une des évadées récentes de Poudlard ? Je me ravisai alors, il manquerait plus que ça, qu'il me prenne pour une trouillarde. Je serrai les dents. J'avais déjà vécu bien pire que ça, ce n'était tout de même pas une bête mission d'infiltration qui allait me faire peur ? Tout au mieux, ça sera une mission de reconnaissance pour plus tard. Au moins, quand je viendrai travailler ici après la guerre, je saurai où aller. « Dans une guerre, beaucoup de gens sont blessés. [...] Nous avons besoin d’alimenter à nouveau les réserves. » Voilà quel est donc le but de cette mission. Il fallait aller voler du matériel dans un hôpital. Ce n'était sans doute pas très moral, mais honnêtement, qu'en avait-on à battre de la morale, surtout à une époque aussi sombre ? À la guerre comme à la guerre, disait-on. Je pris alors le sac que l'Auror me tendit sans rien répondre, trop estomaquée par ce qu'il venait de dire pour ce faire – voilà qui était rassurant, n'est-ce pas ? « Maintenant, ta grand-mère est affreusement folle et malade et nous allons lui rendre visite. » Je ne pus m'empêcher d'esquisser une vague impression sidérée. Ma grand-mère ? Sans rire ? Il aurait quand même pu trouver autre chose ! Il fallait dire que je n'étais pas en bons termes avec elle, mais il devait probablement s'en foutre, de mes histoires de famille. « Vous ne pouvez pas imaginer à quel point vous n'êtes pas si loin de la réalité. » grinçai-je avec sarcasme, tout en me disant que pour rejeter les siens comme elle l'a fait, elle n'avait sans doute pas l'électricité à tous les étages. J'eus soudainement l'impression d'être dans la peau du petit Chaperon Rouge venu apporter des petits gâteaux à Mère-Grand, sauf que dans notre cas, la grand-mère s'était déjà fait bouffer par le loup. Et le loup n'était pas solitaire, il était accompagné du reste de sa meute. J'espérais vraiment pour l'Auror qu'il savait ce qu'il était en train de faire – de me faire faire. La tête que j'étais en train de faire – déconfite au possible – était bien adaptée aux circonstances, non ? Après tout, les gens qui allaient visiter leurs malades ne respiraient pas forcément la joie de vivre.
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MessageSujet: Re: (2.2) because innocence isn't lost; it's taken + tracey   Mar 7 Mai - 18:14


Aodhan & Tracey
« INTRIGUE 2.2 : because innocence isn't lost; it's taken »


La guerre ne laissait pas place aux états d'âme : Aodhan l'avait appris à ses dépends, mais en ces temps, il fallait oublier et les sentiments qui pouvaient nous rattacher aux autres, ces peurs sourdes qui rugissaient aux esprits, mais également tout signe de moral qui finirait tôt ou tard par devenir handicapantes. Voler dans cet hôpital avait beau être une action des plus répréhensibles, il n'en restait pas moins que c'était la seule chose à faire s'ils voulaient, un remplir leur mission, et deux, aider l'Ordre à se sortir de cette guerre. S'ils se laissaient posséder par l'éthique ou par la peur de tomber sur des Mangemorts au moindre faits et gestes, les membres de l'Ordre ne donneraient pas cher de leur peau. Mais elle, Tracey Davis, n'avait peut-être pas demandé à faire partie de l'Ordre, cette grande organisation qui s'avérait, parfois, même moins recommandable que leurs ennemis ; elle ne semblait en tout cas, pas taillée pour l'aventure et le risque, alors que depuis qu'ils avaient atteint Londres, elle semblait plus perdre de son assurance qu'autre chose. Ce qui pouvait s'avérer préférable pour leur petit jeu de rôle, mais extrêmement gênant s'il fallait à un moment ou un autre qu'ils affrontent quelqu'un. La précipitation avait beau être de mise (il valait mieux s'arranger pour vite revenir avec ce dont tout le monde aurait besoin), Aodhan attarda un long regard sur sa coéquipière : pourquoi donc est-ce qu'il avait fallu qu'il se coltine quelqu'un qui tremblait de la tête aux pieds à l'idée de regarder un potentiel Mangemort droit dans les yeux en lui montant le plus gros pipeau qui soit ? Certes, elle était recherchée dans la capitale, certes, elle avait fui Poudlard, mais ils ne resteraient pas longtemps, et ils étaient à des centaines de kilomètres de Poudlard, dans une ville bondée à souhait où personne ne la reconnaîtrait. Sinon dans ce cas, il aurait toutes les raisons du monde de bien plus s'inquiéter qu'elle : lui c'était du Ministère qu'il avait disparu, et c'était le Président du Magenmagot en personne qui avait foutu un prix sur sa tête. Quel privilège. Ils auraient donc dû se lancer vite, accomplir leur mission sans faire de vague et repartir sans se faire remarquer (dans l'idéal), mais le sorcier se stoppa à nouveau, faisant volte-face vers la sorcière - et dire qu'ils n'étaient même pas encore sortis de cette ruelle. « Arrête de paniquer. Et c'est bon, ta grand-mère est pas morte non plus, tu pourrais... avoir l'air normale plus que d'une fugitive. » Il souffla un instant, jetant un nouveau regard en direction de Sainte Mangouste ; personne ne semblait attendre ou inspecter particulièrement les visiteurs, sans doute donc qu'il y avait des Mangemorts à l'intérieur. « Et s'il te plait, ne t'évanouis pas si on croise un Mangemort. » Parce qu'il semblait bien évidemment qu'elle allait tourner de l'oeil aussitôt qu'ils seraient entrés dans l'hôpital (ce qui pourrait être une bonne diversion, d'ailleurs). Il ne lui laissa pas une chance d'hésiter, l'attrapant par le bras pour l'entraîner avec lui, se mêlant à la foule londonienne, encore quelques pas et ils trouvèrent l'entrée de Sainte Mangouste.
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MessageSujet: Re: (2.2) because innocence isn't lost; it's taken + tracey   Mar 7 Mai - 23:09

L'adulte ne me prenait pas au sérieux, cela se voyait à son air dubitatif et à ses sourires goguenards. Je ne pouvais pas m'empêcher de me sentir horriblement vexée lorsqu'on me vouait autant de condescendance. Je n'étais pas plus impotente qu'une autre. J'étais nouvelle, j'avais encore besoin de faire mes armes, je n'étais pas bien aguerrie au système, mais j'apprenais plutôt vite. C'était certes bien mignon de vouloir se rebeller, souhaiter la révolution, se jeter à corps perdu dans la bataille, mais dehors, ce n'était pas Poudlard, ce n'était pas de la rigolade. C'était marche ou crève et je l'apprenais encore une fois à mes dépends. Dans le fond, j'étais morte de trouille, ma confiance en moi vacillait de la même façon que la flamme d'une bougie tanguait sous un courant d'air, mais je faisais en sorte de ne rien montrer. Cela dit, l'adulte devait l'avoir compris, des jeunes poulains de l'Ordre, il avait dû en voir bien avant moi et il devait savoir identifier la peur, celle qui naissait du fond des tripes, cette peur viscérale, nauséabonde. Je n'étais pas tant terrifiée par l'idée de me faire attaquer par les Mangemorts que par celle d'échouer. Je ne voulais pas échouer. Je n'avais pas peur des Mangemorts, enfin pas vraiment, j'avais juste la pression. Mon sarcasme ne lui plut pas, apparemment, puisqu'il jugea bon de me rembarrer encore une fois. « Arrête de paniquer. Et c'est bon, ta grand-mère est pas morte non plus, tu pourrais... avoir l'air normale plus que d'une fugitive. » « Je ne panique pas. » rétorquai-je, les dents serrées, avec toute la mauvaise foi dont j'étais capable. Dans un sens, ce n'était pas un mensonge, c'était ce dont j'essayais de me persuader depuis tout à l'heure. « Excusez-moi de ne pas pouvoir faire mieux, certes, ma grand-mère n'est pas morte, mais mes parents le sont, partant de là, comprenez que je n'ai pas franchement la joie de vivre en ce moment. » Je commençais à trouver son exemple de très mauvais goût. Certes, il ne le savait probablement pas, mais la famille était un sujet extrêmement sensible, surtout en ce moment. La blessure était encore récente et pas tout à fait cicatrisée. J'avais même l'impression qu'elle ne le serait jamais. « Et s'il te plait, ne t'évanouis pas si on croise un Mangemort. » Je laissai échapper un ricanement. Des mangemorts, j'en avais croisés plusieurs depuis que j'étais en fuite, il ne fallait pas croire. Je n'eus cependant pas le temps de répliquer quoi que ce soit que déjà il me tirait par le bras pour me faire avancer en direction de l'hôpital. « C'est bon, je suis encore capable de marcher toute seule. » grognai-je en me dégageant de sa poigne. Je détestais définitivement qu'il me prenne pour une empotée. « Il n'y a pas l'air d'avoir quelqu'un ou quelque chose de suspect dans le coin. » dis-je finalement, trottinant presque à côté de lui, légèrement essoufflée par notre course. « On dirait que la voie est libre. » Je me tus, le temps de reprendre un peu ma respiration.
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MessageSujet: Re: (2.2) because innocence isn't lost; it's taken + tracey   Dim 19 Mai - 19:28


Aodhan & Tracey
« INTRIGUE 2.2 : because innocence isn't lost; it's taken »


D’aussi loin qu’il s’en souvenait, il y avait sans doute qu’avec Isolde qu’Aodhan avait su se montrer un tant soit peu patient et sympathique : cette gamine était pourtant naïve à souhait, d’un idéalisme désolant pour les deux parents qu’elle se traînait jour après jour, mais le sorcier avait toujours eu une profonde affection pour elle. Peut-être que c’était plus vis-à-vis de Shae que de la jeune fille elle-même, pour faire plaisir à son amante, ou ôter de lui la potentielle culpabilité de briser la vision bien rose et niaise que cette fille pouvait avoir du monde. Aujourd’hui tout cela n’avait plus d’importance, malgré lui, le souvenir d’Isolde était rendu amer par la trahison que celle-ci avait imposé à Shae, et le souvenir de Shae était simplement... baigné de ce dernier moment qu’ils avaient vécu, elle, le livrant en pature aux Mangemorts sans sourciller, sans même le regarder, disparaissant juste comme une voleuse. La voleuse de toute son existence, tout ce à quoi il avait voué sa vie : pour elle, il avait même passé la plupart de son temps à détester le mariage qu’il avait connu, alors qu’elle, elle avait agi bien autrement. L’amertume n’avait de cesse de pourchasser Aodhan qu’importait où il allait, ce qu’il faisait, avec qui il était : Shae était là, ancrée au plus profond de son être ; alors il était sans doute bien placé pour savoir quand est-ce qu’il fallait se lamenter et quand est-ce qu’il fallait s’accrocher, redresser les épaules et faire bonne figure. Cette fille, cette Tracey en était définitivement incapable, alors qu’elle enchaînait sur le malheur de sa vie, le meurtre de ses parents - une chose horrible certes, mais une pique qui fit soupirer le sorcier plus qu’autre chose. Peut-être bien qu’il était dénué de compassion, là, maintenant, mais si lui se laissait bouffer par ses propres sentiments, aucun d’eux ne serait capable de s’en sortir, et s’il devait mettre sa vie entre les mains d’une novice, il espérait au moins pouvoir le faire entre les mains d’une novice concentrée. « Je suis désolé, tu veux peut-être qu’on s’assoie pour en parler ? Une tasse de thé ? Ce n’est certainement pas le moment de pleurer sur tes parents morts. Ou sur quoique ce soit d’autre, alors fais ce que je te dis, si tu veux pas les rejoindre prématurément. » C’était rude et sans pitié, mais c’était bien ce qu’il devait devenir si lui, il ne voulait pas se laisser balayer par cette rage qui pourrait le faire tuer Shae à mains nues tout aussi ardemment qu’il l’avait aimée, ou se jeter au milieu du Ministère de la magie dans le futile espoir de pouvoir atteindre Silas. Dans cette guerre, ici, en plein coeur de Londres, ils avaient tous les deux mieux à faire, et il le lui rappela vite, même si l’orgueil de la sorcière réagit au quart de tour. Dans un soupir il la laissa marcher toute seule donc, sans montrer la moindre hésitation quant à l’allure avec laquelle il se rendait en direction de Sainte Mangouste : c’était avant de sortir de cette ruelle qu’elle aurait dû voir si une quelconque menace se pointait, pas maintenant. Il ne dit mot cependant, accélérant quelque peu l’allure au milieu de la foule, pour finalement facilement passer l’entrée : ça ne pouvait que présager la présence de Mangemorts à l’intérieur et sensiblement, Aodhan crispa les dents à cette idée. D’un regard, il trouva bien vite ce qu’il cherchait, se penchant en direction d’une réceptionniste pour lui adresser quelques mots. Heureusement, l’Ordre avait quelques alliés par ici, et s’ils se dépêchaient, ils avaient de potentielles chances de passer inaperçus. Ou presque. En une oeillade vers Tracey, il l’invita à le suivre. « On va au troisième. » Ajouta-t-il dans un sourire niais à l’adresse de la jeune sorcière, se faisant faussement compatissant ; s’ils commençaient à avoir l’air trop sérieux, ils finiraient par attirer l’attention. Déborder de bons sentiments n’était pas sa spécialité, mais jouer l’excessif, c’était assez facile en soit.
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MessageSujet: Re: (2.2) because innocence isn't lost; it's taken + tracey   Lun 20 Mai - 21:27

Ce que disait l'adulte n'était pas plaisant à entendre. Avait-il seulement compris que la blessure était bien trop fraîche pour pouvoir cicatriser correctement, que je n'avais pas encore eu le temps de faire mon deuil ? Certainement pas, puisqu'il ne se gênait pas pour me jeter ces mots cruels à la figure. Il était bien la dernière personne avec qui j'avais envie de parler de ça. Il semblait avoir oublié qu'un jour, il avait été un humain, avec des sentiments, des rêves, des désirs, des espoirs, déçus, peut-être, mais espoirs tout de même. J'aurais pu moi aussi verrouiller toutes mes émotions, oublier qui j'étais pour devenir un monstre, une machine qui ne faisait rien d'autre qu'obéir aux ordres qu'on lui donnait. Seulement, moi, j'étais humaine et c'était à la fois ma force et ma faiblesse. Sous l'épais blindage dont je m'étais enveloppée au fil des années pour me protéger du monde extérieur, il y avait un cœur qui battait, qui palpitait au gré de mes joies et de mes peines. Je riais, je pleurais comme toutes les adolescentes de mon âge. Il est vrai que ces temps-ci, je n'avais plus versé une larme parce que j'avais trop pleuré, mais il n'empêche que la douleur était quand même là, elle ne s'est jamais éteinte. Pour autant, je ne répondis rien à sa tirade meurtrière, et je me contentais d'avancer, le regard légèrement rageur, les poings serrés dans les plis de ma cape. « On va au troisième. » Le sourire qu'il me lança alors me fit froid dans le dos. Bien loin de me réconforter, son rictus me glaçait plutôt le sang, bien sûr, pour quelqu'un d'extérieur, la comédie était jouée à la perfection. Je n'avais même pas besoin de me forcer pour adopter l'air grave de celle qui avait un proche hospitalisé, et c'était tant mieux. Je marchais vite dans les couloirs, comme si je voulais en finir le plus vite possible avec cette tâche plus que pénible. Finalement, je me tournai vers l'Auror, l'expression dangereusement neutre. « Empoisonnement par potions et plantes, mh ? » Le plan de l'hôpital était quelque chose que j'avais mémorisé depuis longtemps sans jamais penser que cela puisse me servir un jour, dans de telles circonstances tout du moins puisque je voulais être médicomage depuis ma toute première année à Poudlard – a défaut de pouvoir faire médecine chez les moldus. « De quoi avons-nous besoin exactement ? » J'avais murmuré ces quelques mots du bout des lèvres, tout en m'assurant que personne ne nous écoutait. Apparemment, personne ne nous avait remarqués, ce qui en soi n'était pas bien compliqué puisque tout le monde était occupé à se regarder le nombril. Tant mieux, tant mieux.
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MessageSujet: Re: (2.2) because innocence isn't lost; it's taken + tracey   Dim 2 Juin - 18:08


Aodhan & Tracey
« INTRIGUE 2.2 : because innocence isn't lost; it's taken »


S’apprêter d’un rôle qui ne lui collait qu’à peine à la peau était devenu comme une seconde nature chez Crowley : il n’y avait plus à se demander pourquoi c’était à lui à présent, que l’on confiait ces missions-là. Pendant si longtemps il avait joué un double-jeu avec les Mangemorts, qu’il avait la réputation à même d’être soupçonné comme étant le meilleur pour ce genre de double-jeu. Et à défaut de mettre sans cesse sa vie en danger, ça lui ôtait bien souvent les songes les plus complexes que lui imposait généralement son esprit : pris dans le feu de l’action, agissant presque sans réfléchir, surtout sur l’intuition de l’instant que sur la réflexion, Aodhan ne pensait au moins plus à ce qui ne serait jamais. Aux promesses en l’air prononcées il y a de cela des années par Shae, à cette rancoeur qu’il remuait inlassablement en lui, qui stagnait, pourrissait son âme de l’intérieur. C’était ça, la guerre, une parcelle de difficultés enterrée sous des choix qu’il fallait tous faire : elle et lui avaient pris des chemins bien différents, qu’ils ne pouvaient pas rebrousser à présent. C’était ainsi, point final à l’histoire. De la même façon, tranchante et sourde que s’était achevée l’adolescence de Tracey Davis, l’histoire si longue et périlleuse de Aodhan et Shae s’était écrasée avec fracas contre la guerre, ses batailles intestines et tout le reste : ne restait que des cendres de tout ça. Mais ce n’était pas pour rien qu’ils faisaient partie de l’Ordre du Phénix, n’est-ce pas ? Qu’ils renaissent, c’était inlassablement ce qu’on exigeait d’eux ; ne rien laisser derrière. C’était facile, à présent que, dans les murs de Sainte Mangouste, l’adrénaline pompait dans ses veines à toute allure : il ressortirait de cette mission excité comme une puce, les sens aux aguets à tous les signaux extérieurs, sûrement qu’il ne dormirait pas de la nuit, encore une fois. Peut-être en serait-il de même pour lui, même si elle ne touchait que du bout des doigts tout ce qui se tramait dans les missions de l’Ordre, tout ce qui se jouait là, dehors. Lui aussi, quelque part, tandis que sa couverture au Ministère lui avait servi de protection contre bien des choses ; maintenant, il était simplement un soldat parmi tant d’autres qui faisait les mêmes besognes que les autres. Pas forcément bien accompagné : elle grinçait des dents, sûrement dans le même état d’esprit que lui, partagée entre l’ambition de bien faire et cette animosité réciproque née d’une étincelle à peine. Une chose était sure en tout cas, elle ne l’impressionnerait pas en ayant appris tous les noms des services de l’hôpital sorcier, il ne réagit qu’à peine à sa rhétorique, l’entraînant avec lui, sans songer à la nouvelle crise de fierté qu’elle ferait en lui faisant comprendre qu’elle savait marcher toute seule. « Ce dont nous avons besoin, c’est que grand-mère aille bien. » Souligna-t-il d’un ton neutre et un regard entendu à l’adresse de sa coéquipière ; n’avait-elle pas compris encore que sur les dix personnes autour d’eux, seuls eux-deux pouvaient s’avérer un tant soit peu dignes de confiance ? Dans quel monde vivait-elle ?! Il retint ces piques acerbes, la tirant vivement par l’épaule, son geste trahissant son agacement malgré tout, avant qu’il ne la regarde. « Pour quoi d’autre pourrions-nous être là, franchement ? » Ajouta-t-il du bout des lèvres, de la même manière qu’elle posait ses questions, se croyant plus discrète que à même d’éveiller la méfiance de n’importe qui. Arrivés à l'ascenseur, il entra, peu enclin à se cogner à une nouvelle plainte de la part de la sorcière-qui-savait-marcher-toute-seule. Les portes refermées sur eux, il chercha dans sa poche intérieure, en sortant un papier, qu’il donna à la jeune femme. « T’en poses de ces questions, on ne vient pas chercher des dragées surprise à Sainte Mangouste. Tu n’es vraiment jamais venue ici ou quoi ? » Sur le papier était inscrit tout ce dont ils auraient besoin, qu’elle le mémorise donc. Pendant ce temps, lui, tira sa baguette (il l’avait rangée à leur entrée), incitant la sorcière à faire de même, dans un signe de tête ; n’importe qui pouvait avoir pisté n’importe quoi, et espérer qu’ils s’en sortent sans avoir à rencontrer qui que ce soit, c’était comme espérer que Harry Potter parvienne à vaincre Voldemort.
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MessageSujet: Re: (2.2) because innocence isn't lost; it's taken + tracey   Lun 3 Juin - 23:21

M'introduire dans un hôpital pour y voler du matériel alors que tant de personnes en avaient besoin pour se soigner en ces lieux même heurtait mon éthique, mais en ce moment, l'adulte avait-il quelque chose à faire, de mon éthique ? Certainement pas. Tout comme il devait certainement ne pas avoir grand-chose à faire que je n'avais jamais volé quoi que ce soit, pas même un ingrédient lambda dans l'armoire du professeur de potions lorsque j'étais encore étudiante – une époque qui n'était pas si lointaine, finalement. La plus grosse bêtise que j'ai pu faire c'était de sortir en douce la nuit, outrepassant joyeusement le couvre-feu pour aller en griller une au sommet de la tour d'astronomie ou m'entraîner en cachette à jeter des sorts ou à fabriquer des potions alors que leur utilisation était formellement prohibée en dehors des salles de cours réservées à cet effet. Cette mission ne me plaisait guère, d'autant plus que l'endroit grouillait véritablement de Mangemorts, mais je n'avais pas le choix. À quoi bon râler de toute façon, puisque plus vite nous aurons pris le matériel dont on avait besoin, plus vite nous serons sortis d'ici. « Ce dont nous avons besoin, c’est que grand-mère aille bien. » Evidemment. Il ne me dira rien de plus tant que nous ne serons pas certains d'être seuls – loin de toute oreille indiscrète, cela s'entend. Je me retins de justesse de soupirer de dépit, je n'aimais vraiment pas ne pas savoir où j'allais, j'avais ce besoin, cette obsession de tout contrôler, de garder la mainmise sur chaque instant de ma vie – ce que je peinais à faire ces jours-ci, il fallait l'avouer. « Pour quoi d’autre pourrions-nous être là, franchement ? »  Il me poussa sans ménagement dans l'ascenseur avant de me tendre un bout de papier – sûrement la liste du matériel que nous étions censés emprunter. emprunter. Si seulement. Pour le coup, je me mettais clairement à la place des guérisseuses lorsqu'elles se rendront compte, demain, ou dans quelques jours que du matériel avait disparu et qu'elles n'en avaient pas assez pour soigner les patients, dont certains seront probablement en danger de mort. En l'occurrence, il fallait faire un choix. C'était eux ou c'était nous. Eux pouvaient se fournir plus facilement que nous, alors le choix était vite fait.  « T’en poses de ces questions, on ne vient pas chercher des dragées surprise à Sainte Mangouste. Tu n’es vraiment jamais venue ici ou quoi ? » Visiblement, il me prenait pour une bécasse écervelée. je n'aimais pas ça. D'un geste agacé, je sortis ma baguette magique, non pas pour l'attaquer mais pour changer les données inscrites sur le bout de parchemin une fois que j'eus tout mémorisé. Désormais, on y voyait un patronyme bidon et un numéro de chambre. Mieux valait dissimuler nos informations correctement. « Ah bon, je croyais ? » sifflai-je d'un ton acerbe, alors que je triturais nerveusement le malheureux morceau de parchemin. « D'un côté, il vaut mieux, non ? » Je n'avais pas vraiment répondu à sa question, d'ailleurs, il devait s'en moquer comme de l'an quarante. « Généralement, quand on va à l'hôpital, ce n'est pas parce que tout va bien, voyez-vous. Après tout, ma grand-mère est sur son lit de mort. » glissai-je en me faufilant hors de l'ascenseur une fois qu'il fut arrivé au bon étage. « Les visiteurs, c'est par-ici. » indiquai-je simplement à mon coéquipier en m'engouffrant dans le couloir. « Chambre 430. » lançai-je finalement à son attention, par dessus mon épaule, marchant d'un pas rapide dans le couloir – après tout, son temps était compté, il fallait faire vite.
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MessageSujet: Re: (2.2) because innocence isn't lost; it's taken + tracey   Dim 9 Juin - 13:41


Aodhan & Tracey
« INTRIGUE 2.2 : because innocence isn't lost; it's taken »


La guerre n’offrait pas les meilleures circonstances possibles pour faire connaissance, ce soir, peut-être étaient-ils victime de la précipitation brûlant au fond de leurs entrailles, ou des innombrables difficultés qu’ils avaient déjà rencontrées depuis les quelques mois que duraient les combats. Depuis la trahison de Shae, de toute manière, Aodhan était bien peu enclin à faire connaissance avec qui que ce soit d’autre que ceux qui gravitaient déjà dans son entourage, ceux à qui il pouvait se croire encore connecté par une quelconque loyauté : il était au moins, dans les intérêts de l’Ordre du Phénix de ne pas le trahir, au moins pouvait-il un illusoire sentiment de sécurité, par ce biais. Cette Tracey cependant, bien trop jeune pour se retrouver sur le champ de bataille où des gens mouraient bel et bien, représentait un électron libre, qui certes, montrait une certaine fidélité envers l’Ordre : était-ce parce que c’était un camp de réfugiés qui l’abritait, ou parce qu’elle y croyait vraiment ? Elle pouvait très bien être un espion, ou un esprit brisé par la mort de gens trop proches d’elle, ou même simplement quelqu’un qui balançait inlassablement entre les propos de Lord Voldemort et ce que les membres de l’Ordre défendaient. Il préférait ainsi ne pas avoir à se poser toutes ces questions, se laissant happer par la précipitation ambiante et l’importance primordiale de leur mission. C’était ainsi qu’il fonctionnait du moins, depuis que Shae était sortie de sa vie et que chaque jour de son existence se limitait aux services qu’il rendait au monde des sorciers. Pour cela, il ne recevrait jamais de couronne, et la jeune fille qui l’accompagnait non plus : au mieux, ils survivraient, marqués à jamais par tout ce qui était arrivé ces derniers mois. Au pire, ils mourraient, et tomberaient dans l’oubli, l’infinie liste de cadavres offerts à la terre par ces combats. Il pressa l’allure une fois sorti de l’ascenseur, balayant ces songes pour rattraper la brune en quelques enjambées, la dépasser même au moment de tourner à l’angle d’un couloir ; mais net il s’arrêta, abattant son bras sur la sorcière pour la repousser brusquement, baguette levée à l’instant de dévier un sortilège qui venait de l’autre bout du couloir : c’était à prévoir. Quelques secondes d’un échange effréné de sortilèges, et Aodhan repoussa à nouveau la sorcière, l’entraînant avec lui à couvert, à l’angle du couloir où ils avaient été quelques instants plus tôt. « Il faut toujours un comité d’accueil, évidemment. » Cracha-t-il avec amertume, serrant les dents. « Combien ils étaient ? » C’était à la fois pour la sorcière à côté de lui et pour lui-même qu’il laissait ce souffle passer ses lèvres, tentant lui-même de se remémorer combien de silhouettes il avait pu vaguement discerner depuis l’autre bout du couloir : à ce rythme-là, ils ne sortiraient pas d’ici avant qu’ils aient alerté des renforts, il fallait qu’ils accélèrent le mouvement.
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MessageSujet: Re: (2.2) because innocence isn't lost; it's taken + tracey   Dim 9 Juin - 15:33

Jusqu'alors, nous n'avions pas fait de mauvaises rencontres. C'était trop louche. Je n'arrivais pas à m'enlever cette idée de la tête. L'endroit était infesté de Mangemorts, j'étais sans doute recherchée dans tout le pays – même partie de Poudlard, ils allaient continuer à me pourrir la vie – c'était impossible que personne, dans cet hôpital, ne m'ait pas encore reconnue. Pour le coup, je n'étais pas visage couvert, car automatiquement, si j'étais cachée de cette façon, cela aurait forcément paru suspect aux yeux des autres. Nous étions arrivés à l'étage concerné sans encombre. C'était bizarre. Ça ne pouvait pas se dérouler aussi normalement, ce serait trop facile sinon. Depuis le début, j'avais des réserves sur cette mission, mais l'adulte n'en avait pas pris compte, il nous avait jetés dans la gueule du loup sans ménagements. D'où le fait que j'avais transformé la liste en tout autre chose, parce que si on se faisait pincer avec des infos compromettantes, autant dire que nous étions morts. L'adulte à côté de moi me paraissait tellement sûr de lui...mais qui ne le serait pas, à sa place, il devait avoir de l'expérience, et il devait en avoir vu, des vertes et des pas mûres. Soudain, il me projeta contre le mur une fois l'angle tourné, à un point tel que j'en eus le souffle coupé. Je n'eus même pas le temps de manifester mon indignation qu'un éclair me frôla de justesse.  Il faut toujours un comité d’accueil, évidemment. » Tu parles. Ils ne seraient sans doute pas à nos trousses si quelqu'un n'avait pas donné l'alerte. Quelqu'un avait forcément cafté. J'avais bien une autre hypothèse en tête, mais je refusais d'y penser pour le moment.  « Combien ils étaient ? » Je lui lançais un regard suspicieux. « Qu'est-ce que j'en sais, moi ? » lançai-je d'un ton acerbe. Après tout, je n'avais certainement pas pris le temps de les compter, c'était le cadet de mes soucis. Tout ce que je savais, c'était qu'ils nous avaient repérés. « Beaucoup trop pour surveiller un seul et même endroit, à mon avis. » Je ne comprenais pas ce truc qu'ils avaient de poster tout une armada au même endroit, ils n'était quand même pas aussi nombreux au point de pouvoir quadriller tout l'hôpital, non ? Dans tous les cas, ça ne sentait pas bon. « Je vous l'avais dit que j'étais recherchée. Quelqu'un a dû me reconnaître et les avertir. » je me retins d'ajouter mais vous ne m'avez pas crue. Ou tout du moins, il a refusé de prendre en compte mes protestations, et voilà où nous en étions : dans la merde. « On se tire. » décrétai-je en bifurquant vers la gauche, en priant pour ne pas me tromper de direction. Il ne manquerait plus que ça, qu'on tombe dans un traquenard.
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MessageSujet: Re: (2.2) because innocence isn't lost; it's taken + tracey   Dim 9 Juin - 16:14


Aodhan & Tracey
« INTRIGUE 2.2 : because innocence isn't lost; it's taken »


Au sein de l’Ordre, ou même dans les camps, le passé n’avait pas grande importance : il était peu important de savoir d’où venait quelqu’un si tant est qu’il promette d’aider l’Ordre du Phénix à libérer le monde de la magie de l’oppression du Mage Noir et de ses disciples. Aodhan n’avait pas non plus, en résonnant en termes de l’Ordre, un passif blanc comme neige, puisque Shae faisait, elle, partie des Mangemorts – ce qui ne l’avait pas empêché de lui révéler son appartenance à l’armée de Dumbledore et beaucoup d’autres choses. Mieux que quiconque dans l’Ordre lui-même, Shae avait eu une pleine connaissance de lui jusqu’à aujourd’hui, il lui avait voué une confiance sans faille, oubliant à chaque fois qu’il la regardait, qu’en termes de guerre, ils étaient ennemis. L’un des deux finirait par mourir dans cette guerre, ou par être envoyé à Azkaban pour une quelconque raison : si l’équilibre revenait parmi le monde magique, Shae tout comme son mari, serait traquée à travers le pays par des dizaines d’Auror en quête de vengeance, au fond de lui, Crowley ne voulait pas penser à toutes ces éventualités, qui auraient pourtant dû avec le temps, le laisser de marbre. Elle l’avait livré à des desseins bien pires. Il n’était donc sûrement pas le mieux placé pour porter un jugement sur l’existence que sa coéquipière gardait pour elle, caché dans un jadis facilement atteignable du bout des doigts : à vrai dire, il n’en avait rien eu à faire jusqu’à présent, il n’en avait encore rien à faire tandis qu’elle proférait des paroles lourdes de sous-entendu. Elle semblait persuadée que ces Mangemorts étaient là pour elle, soit par excès de mégalomanie, soit par paranoïa extrême : l’un ou l’autre n’annonçait rien de bon de toute manière. Il la rattrapa tout juste lorsqu’elle décréta qu’ils devaient partir, la retenant avec lui non sans y mettre une bonne poigne : ils n’étaient pas venus jusqu’ici pour se défiler. « Comme si tu étais la seule de cette planète que les Mangemorts recherchaient. » Marmonna-t-il finalement, dans un regard entendu sur la jeune femme. « Je serai pas à ta place dans le camp, quand des blessés arriveront et que tu devras leur dire toi-même que tu n’as rien ramené d’ici. » La loyauté pour l’Ordre du Phénix devait aller bien au-delà du risque, elle ne semblait pas l’avoir compris : dans cette guerre, ceux qui s’y engageaient ne pouvaient pas le faire à demi-mesure, sinon autant continuer de détourner le regard. « Si on est deux, on a forcément plus de chance que si je suis tout seul. Alors maintenant, soit on y va, soit tu rentres au camp, pour y prendre tes affaires et dégager au plus vite ! Ça sert à rien de s’engager pour faire les missions à moitié. » Ce n’était pas dans la politique de l’Ordre de forcer des gens qui n’avaient rien demandé, à faire des missions suicides comme celle-ci : si elle était là, c’était bien parce qu’elle s’était portée volontaire, en connaissance de cause.
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MessageSujet: Re: (2.2) because innocence isn't lost; it's taken + tracey   Dim 9 Juin - 16:50

Je faisais partie de ceux qui étaient redevables. Je n'avais pas le choix, je n'avais pas pu dire non. Dans le fond, ce n'était pas le courage qui me caractérisait le plus. J'étais une Serpentard, après tout, nous n'étions pas réputés pour notre bravoure. Je me retrouvais coincée, entre deux eaux. Je ne faisais pas partie de ces fous complètement suicidaires qui se jetaient à corps perdu dans la bataille. J'étais prudente, mesurée, et risquer ma vie pour du matériel médical ne me disait rien. Ce n'était pas une cause pour laquelle je voulais crever. Ma loyauté avait des limites. Je ne croyais pas suffisamment à leur combat pour cela. La haine que j'avais envers les Mangemorts et mon désir de vengeance ne suffisait pas. Il fallait en plus la conviction et je ne l'avais pas. Et voilà que je me faisais sermonner. Il n'avait visiblement pas compris ce que je voulais dire par on se tire. Je n'avais pas l'intention de risquer ma propre vie pour rentrer bredouille. Quand je disais je me tire, je voulais surtout dire qu'on ne s'attardait pas trop, on faisait ce qu'on avait affaire et on se barrait. Je n'étais pas non plus une déserteuse, il y avait eu un malentendu. « Jusqu'à preuve du contraire, c'est par-là qu'on doit aller, la sortie est dans notre dos. » répliquai-je d'un ton tranchant, tout en essayant de me dégager de sa poigne. « Si j'avais voulu partir je serais retournée vers l'ascenseur, je ne me serais pas enfoncée dans ce labyrinthe. » Je ne connaissais pas suffisamment l'hôpital pour connaître toutes les sorties de secours de toute façon. « Maintenant, je ne sais pas pour vous, mais moi, je n'ai pas l'intention de rester là et d'attendre sagement qu'ils viennent nous cueillir. Plus vite on en aura fini avec ça et mieux ce sera. Avec un peu de chance, on sera dehors avant même qu'ils aient eu le temps d'avertir qui que ce soit. » Tout ce que je voyais maintenant, c'est qu'il fallait faire vite. « Avec le matos, tant qu'à faire. » m'empressai-je d'ajouter quelques fois qu'il se mettrait en tête l'idée que j'avais l'intention de me barrer lâchement. « Voilà ce que j'entendais par on se tire » insistai-je non sans sarcasme, avant de me dégager sèchement et poursuivre mon chemin. « Si vous voulez bien me suivre. » Mon intuition me soufflait d'aller par-là. Je n'avais même pas consulté de plan, ce qui était risqué, mais mon intuition ne m'avait jamais trompée.
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MessageSujet: Re: (2.2) because innocence isn't lost; it's taken + tracey   Mar 11 Juin - 0:25


Aodhan & Tracey
« INTRIGUE 2.2 : because innocence isn't lost; it's taken »


Bien souvent, lorsqu’il errait à laisser traîner son oreille vers chez les autres, Aodhan se demandait bien ce qu’ils pouvaient entendre recevoir en temps de guerre. Il était clair que certains réfugiés dans les camps s’étaient attendus à des tentes grand luxe, une vie grand train et un retour chez eux pour Noël, avec Voldemort supprimé et les Mangemorts balayés de la surface de la terre. Tant de fois, l’Ordre avait été habitué à des fuyards qui se contentaient simplement de fuir sans même chercher à rendre la pareille à tous ceux qui mouraient pour cette cause, qu’il n’avait sûrement jamais eu aucune envie de se fier à la bravoure d’un de ceux-ci pour une mission aussi périlleuse que celle qu’ils accomplissaient ce soir. Evidemment, les quiproquos fusaient à toute allure, mais alors qu’elle parlait, le sorcier haussa des sourcils incrédules ; à croire qu’elle s’était attendue à ce qu’ils fassent le pied de grue dans l’hôpital pendant toute la nuit, ou quelque chose du genre. Le sorcier laissa d’ailleurs un rire sarcastique passer ses lèvres, alors qu’elle lui faisait comprendre par a+b la soi-disant logique dans son fonctionnement. « Bien entendu, je comprends tout à fait. Moi qui avais juste prévu de leur taper la discut’ en attendant qu’ils rameutent leurs amis Mangemorts, peut-être que j’y aurais croisé de vieilles connaissances ! » Si elle voulait user de sarcasme, il pouvait le faire aussi, et beaucoup mieux qu’elle, l’âge affutant pas mal les langues. Sans parler du Ministère de la Magie, où ceux qui ne savaient pas jouer des mots étaient rapidement expédiés dans les bas-fonds de la hiérarchie. Mais rien que pour lui prouver qu’il avait raison – forcément – Aodhan suivit la jeune femme, lançant un regard par-dessus son épaule pour s’assurer que personne ne les suivait. Les Mangemorts étaient peut-être stupides (une grande partie d’entre eux en tout cas), ils n’étaient pas simplets au point de se laisser avoir par une astuce aussi stupide qu’un contournement, mais soit. « Eh bien, je suppose que dans les dix mètres qu’on a franchi déjà, ils ont eu le temps d’appeler des secours. Maintenant, au lieu de cinq Mangemorts, on a plus de chances d’en croiser une bonne dizaine. Si ce n’est plus s’ils m’ont reconnu. » Puisque techniquement, il était le seul qu’ils avaient eu le temps de voir et reconnaître à proprement parler : et sans arrogance aucune, un membre de l’Ordre qui avait passé des mois à espionner l’ennemi en siégeant au Magenmagot avait plus de chance d’être recherché qu’une élève manquant trois cours à Poudlard. « Si tu n’es jamais venue ici, d’ailleurs, j’aimerais vraiment savoir pourquoi on s’engage dans ce couloir-là. C’est fou quand même que tu n’aies pas encore appris que la chance est vraiment la dernière de tes alliés, à présent. » Et Aodhan, lui, de toute manière, avait comme l’intuition qu’ils auraient dû préférer combattre les cinq pauvres Mangemorts qu’ils avaient rencontré quelques temps plus tôt, au lieu d’attendre qu’ils soient trois fois plus nombreux, en optant pour la possibilité de ne pas les croiser : s’il leur prenait l’envie de mettre l’hôpital en quarantaine, ils seraient définitivement coincés.
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MessageSujet: Re: (2.2) because innocence isn't lost; it's taken + tracey   Jeu 13 Juin - 1:00

L'air était électrique. De toute évidence, on ne s'entendait pas, d'une part, en raison de notre (trop) grande différence d'âge et d'autre part, en raison de notre fort caractère, à l'un comme à l'autre. Dans de telles circonstances, comment pouvions nous être partenaires ? Nous étions censés coopérer, et voilà que nos opinions commençaient à diverger sérieusement. Je n'étais pas sûre d'apprécier cet homme, mais ce n'était pas important, car je ne le reverrai probablement jamais après cette mission. « Quel charmant tableau. » commentai-je avec aigreur alors qu'il parlait de ses amis Mangemorts et la possibilité de se taper la discut' comme il disait si bien. De toute évidence, moi, je ne souhaitais pas tomber sur ces foutus Mangemorts. S'il y avait le professeur O'Donnell dans le tas, autant dire que j'étais morte, car me trouver ici, avec cet Auror en cet instant précis ne pouvait signifier qu'une chose : que j'avais rompu ma promesse de ne pas m'engager, d'une quelconque façon que ce soit. « Faites ce que vous voulez » répétai-je avec aplomb « mais ce n'est certainement pas le moment de jouer les héros et de foncer dans le tas. Je vous le dis tout de suite, en matière de duel, je ne vous serai d'aucune aide, et je n'ai aucune envie de me retrouver avec votre cadavre sur les bras, encore moins avec votre mort sur la conscience. Alors si vous avez une meilleure alternative que la fuite, dites-moi, je suis toute ouïe. » Alors oui, peut-être que préférer la fuite, c'était lâche, mais ce n'était pas stupide au point de combattre seul contre une armée. Là, ce n'était plus stupide, c'était carrément suicidaire. D'autant plus que les Mangemorts n'avaient aucun sens de l'équité, et ils ne se gêneraient pas pour l'attaquer, quand bien même il serait seul pour se battre puisqu'ils auraient vite fait de me neutraliser. J'étais peut-être orgueilleuse, prétentieuse pour certains, mais je savais très bien ce que je savais faire – et ce que je ne savais pas faire, d'ailleurs. Me battre en duel ne faisait décidément pas partie de mes attributions. « L'intuition féminine, vous connaissez ? » lançai-je finalement, lorsqu'il m'attaqua sur le fait que je n'avais jamais mis les pieds ici et donc, en toute logique, que je n'étais pas censée connaître les lieux. « Ou si vous préférez, l'instinct de survie, appelez ça comme vous voulez. » Alors, je sortis de la poche arrière de mon jean un plan dépliant de l'hôpital, que j'avais pris au passage lorsque nous étions entrés, avant de le tendre à l'Auror. « Je me suis dit que ça pourrait nous être utile, ce genre de plans est toujours pratique pour des visiteurs comme nous. La zone hachurée montre ce qui est accessible aux visiteurs, comme les chambres, l'accueil, les salles de consultation, tout ça. Le reste, je suppose que ce sont les locaux où ils stockent le matériel, ce genre de choses. » Et si cela ne suffisait pas, il y avait toujours les plans d'évacuation en cas de problème affichés un peu partout, car on ne pouvait pas transplaner à Ste-Mangouste, de la même façon qu'on ne pouvait pas transplaner à Poudlard ou encore au Ministère – dans ces lieux, on n'y entrait pas comme dans un moulin.
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MessageSujet: Re: (2.2) because innocence isn't lost; it's taken + tracey   Dim 16 Juin - 20:07


Aodhan & Tracey
« INTRIGUE 2.2 : because innocence isn't lost; it's taken »


Il n’était pas dans les habitudes de Crowley de perdre son temps en bavardages dignes d’un échange de deux adolescentes cherchant à avoir absolument raison ; mais sa vision de la guerre et de leur mission semblait drastiquement opposée à celle de la jeune sorcière qui l’accompagnait. Probablement parce qu’il avait déjà fait bien des missions périlleuses à sa manière, se fiant à la chance/la malchance pour savoir où il finirait. La guerre lui avait appris à se faire beaucoup plus casse-cou que prudent, là où la prudence, la finesse d’esprit l’avaient mené à se fier aux mauvaises personnes, à confier ses secrets à ceux qui ne savaient pas les garder. Finalement, tout n’était qu’un jeu de pile ou face, même le détour qu’elle prenait à travers les couloirs de l’hôpital : au choix, ils laissaient soit plus de temps aux Mangemorts pour contacter des renforts, soit ils trouvaient de quoi remplir leur mission avec dignité, et s’en sortaient avec les honneurs. Autant y aller en se fiant plus à ses talents qu’au hasard, car celui-ci n’avait jamais été particulièrement clément avec le sorcier qu’il était. Il lâcha d’ailleurs un rire amer aux paroles de la brune, «l’intuition féminine» il avait suivi bien trop de femmes dans sa vie, voilà où ça l’avait mené, trahi par celle qu’il aimait le plus, pourchassé à chaque fois qu’il remontait à la surface de cette planète ; sa guerre à lui, ne s’arrêterait jamais vraiment, pas tant que Silas continuerait d’exister, pas tant qu’il ressentirait cette douleur brûlant au fond de ses entrailles à chaque fois qu’il pensait à Shae. L’intuition féminine, c’était du vent. Mais il ne dit rien, peu désireux de briser les idéaux de cette pauvre fille (on vivait avec ce qu’on avait, dit-on), il la suivit donc, avant de s’emparer du plan qu’elle lui confiait. Finalement, il n’eut guère besoin de l’observer longtemps. « Je connais cet endroit, pas besoin de plan. » Ajouta-t-il comme remarque, sans animosité aucune et plus pour lui-même que pour elle. Il rendit donc le papier à la jeune fille, cherchant à se repérer du mieux possible. « Il faut s’occuper de ces Mangemorts, au mieux ils sont stupides et nous cherchent, au pire ils sont plus malins et risquent de mettre la zone en quarantaine, ce qui nous bloquera définitivement là-dedans, comme des lapins attendant d’être cueillis. » Un sourire ironique passa sur ses lèvres, déformé par une inquiétude palpable, malgré tout. « Ton intuition féminine a une idée, peut-être ? » C’était à croire qu’il ne pouvait pas s’en empêcher (sûrement que c’était le cas, d’ailleurs), mais il n’attendit pas de réponse, reprit sa marche à travers les couloirs, poussant une porte menant à des escaliers pour commencer à les escalader, il y avait de quoi alimenter les ressources de l’Ordre, un peu partout dans cet hôpital, autant y aller à l’improvisation complète.
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MessageSujet: Re: (2.2) because innocence isn't lost; it's taken + tracey   Dim 16 Juin - 23:38

En réalité, je ne savais pas du tout ce que je faisais, mais je faisais comme si c'était le cas. Tout n'était qu'une question d'apparences, je ne devais pas montrer que je doutais, que j'hésitais. Sans doute mon coéquipier était-il du genre à agir sur un coup de tête, mais je ne fonctionnais pas ainsi, j'avais besoin de réfléchir, de planifier. J'élaborais ma stratégie à mesure que j'avançais, prenant en compte la configuration des lieux, la situation dans laquelle nous nous trouvions. Quant à la fuite, j'étais certaine de mon choix, à mon sens, il n'y avait pas d'autre solution qui soit acceptable, et je trouvais inadmissible de devoir prendre des risques inconsidérés pour du matériel médical. Il pouvait toujours retourner les combattre si ça l'amusait, mais moi, je m'étais fixée un but et le tout était à présent de l'atteindre. Si on pouvait éviter les bavures, c'était tant mieux, car on s'était déjà assez fait repérer comme ça. Je haussai simplement les épaules lorsqu'il me rendit mon papier, affirmant qu'il connaissait l'endroit. C'était un bon point pour moi : s'il ne m'avait pas encore contredite, c'était sans doute que j'avais raison et qu'il n'y avait rien à redire à ce sujet. D'ailleurs, il n'épilogua pas bien longtemps là dessus, préférant insister sur son idée première, à savoir neutraliser les mangemorts. Et puisqu'il voulait mon avis, prenant directement mon intuition féminine à parti, je le lui donnai donc, que ça lui plaise ou non – après tout, de nous deux, j'avais l'air d'être la plus raisonnable. « Je penche pour l'option stupide. » raillai-je non sans adresser à l'Auror un sourire ironique. « Nous sommes deux, ils sont cinq. Vous êtes un adulte, la quarantaine sans doute, je suis une gamine de dix huit ans à peine et une fugitive de surcroît. Ils savent qu'ils peuvent me neutraliser facilement. Vous leur donnerez peut-être plus de fil à retordre, mais à cinq contre un, sans vouloir sous-estimer vos capacités, ils auront vite fait de vous avoir vous aussi. Par conséquent, ce serait déployer beaucoup de moyens que de mettre l'hôpital en quarantaine pour deux pauvres intrus, et une perte de temps considérable. » Et alors que j'exposais mon raisonnement à l'adulte, je montai à mon tour les escaliers à sa suite, avant de reprendre mon argumentaire. « Et entre nous, par orgueil, ils n'appelleront pas de renforts. Car ça ne va pas le faire auprès de la hiérarchie s'ils n'arrivent pas à nous mettre la main dessus alors qu'ils sont cinq, c'est un coup à se faire passer pour des incapables. » Et moi, je savais très bien ce qui motivait ces individus : un fort désir de reconnaissance, l'appât d'une petite gloire dangereuse et éphémère. « Alors, allez casser du Mangemort si ça vous chante, moi, je fais ce que j'ai à faire. D'ailleurs, au cas où vous auriez encore des doutes à ce sujet, si vous passez à l'attaque, effectivement vous vous retrouverez avec le double sur le dos. Prenez-vous en à l'un d'entre eux et ils se démultiplieront comme par magie.  Dix contre un, ce n'est pas ce qui les dérangera le plus. » J'étais sûre de ma théorie. J'avais eu l'occasion d'apprendre certains trucs au cours de ma cavale, et j'avais même croisé certains rafleurs. Je savais donc très bien comment ces organisations-là fonctionnaient. J'avais beau être tout juste sortie de Poudlard je n'étais pas stupide pour autant, il était peut-être temps que les autres commencent à m'apprécier à ma juste valeur.
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