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 (aodhan&shae) ✲ maybe by morning you’ll realize why.

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ADMIN ❖ we are the champions
≡ ton pseudo : sweet poison (anaïs).
≡ hiboux envoyés : 2768
≡ date d'arrivée : 27/03/2013
≡ tes points : 185 points.
≡ ta disponibilité rp : free.
≡ ton avatar : sophie turner.
≡ tes crédits : jukebox joints (avatar).

≡ âge du perso : dix-sept ans.
≡ amoureusement : fiancée, contre sa volonté.
≡ son emploi : étudiante, 7ième année à poudlard.
≡ statut de sang : sang-pur.
≡ sa maison : poufsouffle.
≡ niveau d'études : 7ième année, elle a déjà 7 buses.
≡ sa baguette : bois de noyer. Elle mesure 20,5 cm et contient une plume de phénix.
≡ son patronus : un panda roux.
≡ son amortencia : l'odeur de la cire à polir les balais, de l'herbre fraichement coupée et cette délicieuse odeur qui caractérise la grande salle de poudlard lors des repas.
MessageSujet: (aodhan&shae) ✲ maybe by morning you’ll realize why.   Ven 5 Avr - 1:03


“ maybe by morning you’ll realize why ”
times are tough, what are we losing if we give it up.
some would say we’re a story unheard.
Aodhan and Shae-Layne
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« Shae-Layne, tu peux me rendre un service ? » Non. Ce fut la première réponse qui vint à l’esprit de la sorcière suite à la question de son époux. Elle n’avait pas la moindre envie de faire quoi que ce soit pour lui. Lui qui passait les trois quart de son temps à chercher comment lui rendre la vie moins agréable. Lui qui lui avait pris son seul amour, lui qui ne cessait de la menacer de lui prendre sa fille, lui qui piétinais son honneur depuis trop longtemps déjà. Elle ne répondit pourtant pas par la négative. Se contentant de relever la tête vers lui, un sourcil arqué comme pour lui demander sans user de sa salive ce qu’il pouvait bien attendre qu’elle. « Arthur Fletcher. Un membre de l’ordre, on l’avait pris mais il s’est échapper. » Bizarrement la sorcière ne put s’empêcher d’étirer les lèvres en un discret sourire. Elle se délectait bien souvent des échecs de son mari, lui qui se vanter d’être infaillible, c’était drôle qu’un prisonnier ait réussi à lui échapper. Finalement, Aodhan n’avait pas trop de soucis à se faire. Peut-être était-il déjà bien loin de la cage dans laquelle Silas avait prétendu pouvoir le retenir. Comme pour masquer ce sourire qu’elle n’arrivait pas à faire disparaitre de ses lèvres, elle porta son verre de vin à la bouche, en avalant une longue gorgée. « Cet imbécile a été vu à Sainte Mangouste. J’aimerai que tu me le ramènes. » Imbécile en effet. Il ne fallait pas être né de la dernière pluie pour savoir que se faire soigner à Sainte Mangouste quand on était recherché, c’était signer son arrêt de mort. Elle reposa son verre sur la table. Laissant échapper un léger rire. « Sainte Mangouste, vraiment ? » C’était de la folie, de la stupidité pure et dure. Un point sur lequel elle devait s’entendre avec son mari à en juger la façon dépitée dont il haussa les épaules. C’était rare qu’ils trouvent un sujet sur lequel ils s’entendaient. C’était même très rare puisqu’elle avait appris à tout détester en lui. Elle termina son verre de vin avant de se lever de table. Elle irait chercher ce type. Ça lui éviterait de passer trop de temps en compagnie de son cher et tendre époux qui pour une fois semblait avoir décidé de remettre le pied dans leur humble demeure, lui qui passait d’habitude tant de temps au ministère de la magie. C’était devenue sa seule maison le ministère et ses collègues éraient sans doute devenus sa famille, le laissant ainsi délaisser son épouse et sa fille. Si Shae-Layne s’était faite aux trop nombreuses absences de son mari, si elle avait appris à vivre sans son amour, à ignorer la haine qu’il lui portait et à la lui rendre avec subtilité, ce n’était pas le cas d’Isolde qui semblait aimer son père d’un amour inconditionnel, presque au plus grand désarroi de Shae-Layne qui savait qu’un jour, elle tomberait de haut. Ce jour où elle aurait vent du nombre incalculable de fois qu’il avait menacé sa vie sans qu’elle se doute une seule seconde. Ce nombre de fois ou Shae avait du faire des sacrifices pour empêcher son époux d’agir. Elle était prête à tout pour sa fille. Si elle avait donné la liberté d’Aodhan avec hésitation, s’il s’agissait de sa propre vie, elle n’hésiterait pas. Elle avait quarante longues, trop longues années de vie derrière elle, elle pouvait aisément imaginer que la mort l’emporte, si c’était pour le bien de sa fille. Pour d’autres raisons, c’était une autre histoire. Isolde était le seul bonheur qu’elle avait obtenue dans ce désastreux mariage, à la minute même où elle savait serré le petit bébé dans ses bras, la sorcière avait su que cette enfant serait à jamais son plus grand trésor. Cette vie qui était à présent entre ses mains et qu’elle protégerait envers et contre tout. Une vie pour qui elle avait sacrifié Aodhan et l’amour qu’elle lui portait. Leur histoire qui durait depuis des années, même s’ils avaient été séparés trop longtemps par le mariage de Shae, ses tentatives pour aimer son mari, le mariage d’Aodhan, le temps tout simplement. Elle n’avait toujours aimé que lui et elle n’aimerait probablement que lui jusqu’au restant de sa vie et même si lui, ou qu’il soit, il devait avoir appris à la détester de jour en jour et à ne souhaiter plus que son malheur le plus profond. Sa mort peut-être. C’était légitime, elle l’avait trahis, malgré son amour, malgré sa loyauté, malgré les incalculables promesses qu’elle avait pu murmurer à son oreille toutes les fois où elle en avait eu l’occasion. Elle s’en voulait, le poids de la culpabilité la paralysait bien souvent, mais elle finissait par admettre qu’elle n’avait pas eu le choix. Il fallait qu’elle se dépêche, qu’elle sauve Isolde. Elle n’avait pas eu le choix. Ça l’aidait sans doute à s’endormir le soir que de se répéter sans cesse ces mots, ou peut-être était-ce le vin dont elle abusait bien souvent, le soir avant d’aller se coucher.

Elle avait quitté la pièce, sans prendre le temps de saluer son mari, ni même de lui répondre, il n’était pas complètement stupide, il avait compris qu’elle irait chercher ce type et puis, d’une façon ou d’une autre, il ne le lui demandait pas, il lui imposait cette tâche à la manière d’un ordre déguisé. Il lui avait fallu peu de temps pour se rendre à sainte mangouste, quelques secondes à peine puisque c’était le temps qu’il fallait pour transplaner. C’était dans un bruit de craquement qu’elle était arrivé à l’hôpital. Elle avait demandé la chambre de ce dit Arthur et l’hôtesse avait hésité un long moment à lui donner l’information. Soucis d’humanité sans doute. Elle travaillait dans un hôpital, elle voulait soir des vies sauvées, pas les livrer aux mangemorts. Pourtant, elle avait fini par parler. Les mangemorts étaient partout alors, ce n’était pas comme si elle avait le choix. L’information obtenue, la sorcière s’était rendue dans la dite chambre pour découvrir les médicomages recouvrir l’homme d’un draps blanc. Il était mort. Génial. Elle était venue ici pour rien. Sans doute avait-il lui-même réduit sa durée de vie en transplanant jusqu’à sainte mangouste alors qu’il était déjà à moitié mort. Cet homme n’avait, de toute évidence, pas inventer l’eau chaude. Elle regarda les sorciers déplacer le corps pour le ramener à la morgue et laissa échapper un long soupire avant de pénétrer dans la chambre pour fouiller dans les bien personnels du sorcier. Elle n’était pas sûr qu’il puisse avoir sur lui quelque chose de très intéressant mais bon ça valait la peine de regarder. « On s’en fiche … » Elle cassa la baguette du sorcier entre ses doigts avant d’envoyer les deux morceaux voler à travers la pièce. Elle attrapa une photo montrant une famille heureuse, elle l’observa un court instant avant de la balancer également valser plus loin. « Encore un dont la stupidité va laisser des orphelins. » Elle laissa échapper un long soupire avant de vider complètement le sachet contenant les affaires de ce pauvre type, fouillant dedans d’un air agacé avec le bout de sa baguette. Elle n’arrêta pas son geste en entendant la porte bouger derrière elle. « Si vous cherchez Arthur Fletcher, il est mort. » Elle prononça ces quelques mots d’un ton las, se fichant bien que ça puisse être quelqu’un de sa famille qui puisse être là derrière elle. Elle se retourne d’ailleurs rapidement pour voir qui se tenait dans son dos et aussi tôt qu’elle vit son visage elle fronça les sourcils et son visage dû pâlir de la même façon que si elle avait vu un fantôme. « Aodhan ? » La question ne se posait même pas. Elle l’aurait reconnu entre mille. Elle laissa échapper un très léger soupire comme pour reprendre contenance. « Tu es libre alors et tu oses venir à Sainte Mangouste. » Elle lui adressa un sourire ironique. Ça devait être la journée des actes stupides au sein de l’ordre du phénix. Elle se retourna vers les affaires du défunt. « Qu’est-ce qui t’amène ? L’imbécile qui est décédé dans cette chambre ? Ou bien serais-tu venu me tuer ? » Elle comprendrait qu’il ait envie de la tuer. Elle l’avait trahi et toutes les excuses qu’elle pourrait lui présenter en cet instant ne lui permettrait sans doute pas d’oublier ce qu’il avait dû subir entre les doigts malsain de Silas. Elle était bien placée pour savoir qu’il n’était pas le plus tendre des hommes quoi qu’il ne se permette pas de la torturer physiquement elle. Ça ne lui empêcher pas de lui causer bien du tord au quotidien, c’était un monstre qu’elle avait épousé au sortir de l’adolescence, c’était à monstre qu’elle avait livré l’homme dont elle était amoureuse quelques mois plus tôt.

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MessageSujet: Re: (aodhan&shae) ✲ maybe by morning you’ll realize why.   Ven 5 Avr - 17:26


Aodhan & Shae-Layne
« MAYBE, BY MORNING YOU'LL REALIZE WHY »


« Et alors quoi, c’est le fils d’un troll ou quelque chose comme ça ? » Il ressentit le vif regard désapprobateur de son compagnon de l’ordre, le toiser de haut en bas : levant les yeux au ciel, un haussement des épaules pour effacer toute trace d’animosité dans l’air, Aodhan tourna son attention – plus sérieux, cette fois – vers le type assis à côté de lui. « Ne t’en fais pas, ça ne m’empêchera pas d’aller le chercher. » L’autre ne dit mot, semblant pourtant plus ouvert à la discussion, et Crowley n’hésita pas à sauter sur l’occasion. « Depuis mon "absence" l’Ordre recrute quand même des imbéciles : transplaner à Sainte Mangouste alors qu’on est traqué par des Mangemorts, c’est la pire idée imaginable. » Il avait une tête d’imbécile. Sa femme, en pleurs (elle aussi membre de l’Ordre), avait confié la photo de son mari, quelques heures plus tôt : preuve à l'appui, il avait une tronche de crétin. Voilà que c’était sur lui que ça tombait, la lourde tâche d’aller chercher cet imprudent en terrain exposé, comme ça. Ce n’était pas comme si sa tête à lui était mise à prix par l’un des Mangemorts les plus fous de ce monde, mais soit. Il ne ferait jamais l’honneur aux Hackett de rester terré dans son coin parce qu’ils avaient lancé des menaces sur sa petite personne : Silas s’était révélé être un ennemi bien moins incisif que ce qu’il avait cru et le temps faisant, le sorcier avait appris à faire avec l’ombre de son très cher ami planant dans son dos. Un jour, ils finiraient par se recroiser, c’était une certitude, mais en attendant, il comptait bien profiter des dernières parcelles de son existence qui en valaient encore la peine. Tristement, en faisant le compte, il avait bien vite compris que la seule fierté de sa pourtant longue vie, n’était plus que son engagement au sein de l’Ordre du Phénix, cette bande d’idiots qui allaient pleurnicher dans le plus grand hôpital magique de la capitale anglaise, aussitôt qu’ils avaient un vilain bobo : lui, il n'avait plus ni mariage, ni place au sein du Ministère - il fallait se contenter de ce qu'il restait, donc. S’humectant les lèvres, Aodhan envoya promener la photo, l’autre l’attrapant au vol comme s’il s’agissait du plus précieux bien de cette planète : un peu de respect pour les copains, voyons. Sans un mot de plus, il se leva, un sourire obséquieux plaqué sur les lèvres : tout en écoutant le compte-rendu de son collègue, Aodhan n’avait pu s’empêcher de s’interroger sur les véritables volontés de l’Ordre – l’inquiétude de certaines personnes semblait surtout se concentrer sur les informations que le sorcier pourrait livrer au camp ennemi. Ils auraient presque pu caser l’ordre insidieux d’exécuter cet idiot qu’il n’en aurait été qu’à peine surpris – de là à le faire, ça aurait été une toute autre histoire, bien entendu.

En transplanant au cœur de Londres, Aodhan se retrouva bien vite noyé dans une épaisse foule de mi-journée : le monde moldu tournait à toute vitesse, il se souvenait encore de la vision qu’il avait eu d’eux, plus jeune, comme des fourmis courant partout à travers chaque coin de la ville. Dans le monde des sorciers, les choses avaient semblé plus simples, jusqu’à il y a peu : aujourd’hui, la capitale anglaise avait l’allure d’un coin tranquille et reposant, où aucun Mangemort digne de ce nom n’oserait s’attaquer à un potentiel ennemi en pleine rue, ainsi. Car si les événements étranges et déplaisants au sein du monde moldu se multipliaient, Voldemort ne s’était pas encore donné la peine de révéler l’existence du monde sorcier à ces humains lambda, c’était sans doute pour une raison. Sans perdre son objectif de vue, Aodhan se lança à vive allure – comme pour imiter tous ceux qui l’entouraient – pour fendre les épaisses foules de Londres, et ainsi rejoindre l’hôpital invisible le plus vite possible. La zone où celui-ci se trouvait était détestable, certes, au cœur même de la ville, mais dans un quartier pour le moins ignoré par beaucoup de gens : il put au moins presser l’allure ; conscient que le temps était compté. S’il pouvait arriver avant de devoir croiser un quelconque ennemi, c’était l’idéal : les Mangemorts s’avéraient plus tenaces qu’il n’aurait voulu le reconnaître et si beaucoup n’étaient que des adversaires orgueilleux et pitoyables, certains pouvaient quand même s’avérer bien difficiles à mettre en échec. Ses efforts restèrent vains cependant, il le comprit bien vite au regard inquisiteur, et pourtant soucieux de la réceptionniste qui l’accueillit. Arthur Fletcher semblait être un nom qui lui était fraîchement familier : il la vit froncer les sourcils, une inquiétude certaine barrant son front, avant qu’elle ne reprenne son courage. « Je suis désolée Monsieur, mais Monsieur Fletcher est décédé, il y a quelques minutes. Vous êtes de la famille ? » D’une main dans ses cheveux, glissant sur sa nuque, le sorcier souffla un instant – il imaginait déjà toute la zizanie que cette histoire allait créer au sein de l’Ordre : certains le pleureraient, tandis que d’autres n’hésiteraient pas à souligner l’idiotie de ce type, qui aurait dû revenir à leur QG, plutôt qu’aller courir dans la nature dans le vague espoir d’avoir la vie sauve. « Oui. Hm, Arthur était… comme un frère, vous savez. Sa femme m’envoie, elle… Je pourrais avoir ses affaires ? » Mentir se devait d’être un talent inné chez bien des membres de l’Ordre, il remarqua bien vite que l’infirmière était bien peinée de le voir ainsi, l’observant avec une générosité dégoulinante en de pareilles circonstances. Il ne manquait plus que l’habituelle petite réplique de condoléances pour faire larmoyer dans les chaumières. Soit, elle lui désigna la chambre où il avait été accueilli, dans l’espoir d’être soigné, et alors qu’Aodhan la remerciait, d’un faible hochement de tête, elle le retint. « Quelqu’un est déjà venu. Le pauvre homme était déjà mort avant qu’elle ne lui fasse quoique ce soit, mais soyez prudent, des Mangemorts le cherchaient. »

Il s’en occuperait. Pour accrocher la confiance de la jeune infirmière, il lui lança un bref sourire sans joie, elle s’en contenta pour le laisser filer. En espérant qu’elle ne commette pas la folie d’envoyer quelques personnes se mêler de ces histoires : Sainte Mangouste était encore un des rares lieux de ce pays qui pouvait se prétendre hors de la guerre. Ici, Mangemorts, membres de l’Ordre ou nés-moldus, sang-pur, ils soignaient tout le monde, et cette histoire de cadavre déjà en train de moisir ne valait pas la peine qu’elle se mette qui que ce soit à dos. Chassant toute pensée vers la jeune infirmière (elle savait sans doute s’occuper d’elle-même toute seule), Aodhan tâcha de laisser ses doutes derrière lui, lorsqu’il pénétra en trombe dans la chambre déjà vide. Vide, ou presque. Restait pour seule occupante qu’une haute silhouette à la longue cascade blonde : le spectre des cauchemars et des rêveries du sorcier. Il pinça les lèvres, retenant un juron à l’égard de ces sales coups de malchance, de cette foutue destinée de merde qui lui foutait une sacrée épine dans le pied, aujourd’hui. Après tout ce temps. Ces éternités douloureuses qu’il avait senties passer comme si chaque jour durait cent ans. La voix, dénuée de joie ou d’intérêt, de Shae le ramena à la réalité, alors qu’il faisait un pas, ne daignant pas fermer la porte derrière lui : avec elle ou avec n’importe quelle pourriture des rangs de Voldemort, il n’avait pas envie de discuter très longtemps. De préférence, il n’avait pas spécialement envie de chasser un fantôme pour le reste de sa journée : Arthur Fletcher était mort, c’était la sympathie qui l’amenait ici, à aller chercher les affaires de ce pauvre type, mais il n’était pas un assez bon samaritain pour perdre son temps en des bavardages inutiles. « La jolie demoiselle à la réception me l’a déjà dit, mais elle avait plus de tact, faut lui reconnaître ça. » Alors même qu’elle lui faisait dos, il semblait déjà très intéressé par le reste de la pièce – vide et blanche – qui les entourait : tout ce qui l’empêchait d’attarder trop longtemps une œillade sur le dos de Shae-Layne Hackett était digne d’intérêt. Elle se retourna bien vite, il la vit pâlir ; lui au moins, avait déjà eu le temps de reprendre sa contenance, assez pour afficher un sourire légèrement suffisant pour répondre à sa réplique. Il osait précisément, tout autant qu’elle osait lui adresser le moindre mot. Il regarda le sol pour un bref instant, avant de se décider : en quelques pas, il se posta juste à côté de la sorcière – voire même, dans son dos, ramassant les affaires qu’elle avait déjà retournées dans tous les sens, il était venu ici, et pas pour elle, qu’elle arrête de se croire indispensable au cycle du monde. De son monde, à lui. « Crois-le ou non, j’avais une jambe cassée jusqu’à il y a trente secondes. » Il lâcha un rire, presque amer, avant de reprendre son sérieux. « Tu ne vaux pas spécialement le déplacement, t’es un peu comme un chien de garde qui lève la patte dès que son maître le demande. Un Mangemort femme au foyer, on ne me demande pas de me déplacer pour ça. » Narquois à l’excès, il n’accorda pas le moindre regard en direction de sa vis-à-vis (fasciné qu’il était, par les trois babioles que l’autre avait emmenées avec lui, les remettant dans le sac à la vitesse de la lumière). Attrapant celui-ci, il s’écarta finalement, comme s’il était apte à déjà faire demi-tour, à oublier cette rencontre qui pourtant, avait brusquement ramené ce picotement doux-amer au creux de sa gorge. « Tu devrais penser à te repoudrer avant de partir, une boniche au teint cadavérique, ça ne plait pas à tout le monde. » Pour avoir été, il fut un temps, dans les cercles bien trop proches de la famille Hackett, Aodhan ne témoignait qu’avec une tranchante justesse de la réalité de la vie de Shae – sans doute qu’elle, ne le reconnaîtrait jamais. C’était cette vie qu’elle avait choisie, après tout.
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MessageSujet: Re: (aodhan&shae) ✲ maybe by morning you’ll realize why.   Lun 8 Avr - 11:30


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Aodhan and Shae-Layne
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C'était une perte de temps que de venir à sainte mangouste aujourd'hui. Elle s'était déplacée pour un macchabée qui semblait n'avoir sur lui que des broutilles. Elle se demandait ce que Silas pouvait bien avoir voulu faire de ce type qui lui semblait à elle être bien inutile. Suffisamment stupide pour se rendre jusqu'à sainte mangouste sans même se dire que là bas il serait accueillit par les mangemorts, décidément l'ordre engageait des sacrés boulets à présent. Sans doute que leurs meilleurs soldats étaient déjà tombés au combat depuis bien longtemps. Les sorciers comme Aodhan par exemple. Elle ne savait pas quel sort funeste lui avait réservé Silas, elle avait longtemps ignoré s'il était encore enfermé quelque part ou bien, s'il avait réussi à s'échapper, elle avait longtemps ignoré s'il était seulement encore en vie. Elle ne pouvait guère poser la question à Silas, il ne lui répondrait pas et quand bien même il le ferait, ce serait avec une colère qu'elle préférait autant éviter. Elle se savait capable de supporter la colère de son époux, elle l'avait déjà fait si souvent durant leurs longues années de mariage. Cependant, l'affaire Aodhan, elle le savait, c'était mieux de la laisser sous silence auprès de son mari. Elle n'avait que trop bien compris ce qu'il était capable de faire à Isolde si elle le mettait un peu trop en rogne. C'était sûrement pour cette raison qu'elle avait décidé de lui obéir sans broncher aujourd'hui. Évidemment qu'elle avait mieux à faire que de courir après un imbécile de l'ordre pas assez malin pour sauver sa propre vie. Elle avait bien mieux que ça à faire de ses journées, bien que son cher et tendre époux n'est pas toujours l'air de s'en rendre compte. Pourtant, elle était venue jusqu'ici, pour qu'on lui apprenne que la personne qu'elle recherchait était décédée. Elle aurait pu partir directement, de toute façon, elle savait déjà qu'elle ne trouverait rien d’intéressant dans les affaires de ce type. C'était un prisonnier qui venait de s'échapper, il n'avait sans doute pas eu le temps de piller à lui tout seul le campement des mangemorts surtout dans l'état dans lequel il avait du être quand il avait réussi à s'échapper. Elle se doutait bien que ça ne devait pas être très joyeux puisqu'il était mort peu de temps après son arrivée à sainte mangouste. Elle pris quand même le temps de fouiller dans ses affaires, par simple question de prudence, mais de toute évidence, s'il avait appris quelque chose qu'il ne devrait pas savoir, il y avait de fortes chances pour qu'il ait emporté ce secret avec lui dans sa tombe, ce qui n'était sans doute pas plus mal. Quoi que, si Silas tenait à remettre la main sur lui, c'était peut-être parce qu'il connaissait des informations que Silas voulait savoir et qu'il avait également emporté ça dans sa tombe. Forcément, si c'était le cas, ce serait sur elle que ça finirait par retomber, et ce même si elle n'avait absolument rien à voir avec sa mort. Ce n'était ni elle qui l'avait torturé, ni elle qui l'avait achevé. Elle s'était simplement contenté d'obéir aux ordre que Silas lui avait donnés, ce n'était pas de sa faute si ce type avait été suffisamment débile pour transplaner jusqu'à sainte mangouste et ainsi perdre le peu de temps qu'il devait rester à sa misérable vie. Une chose était sûre, elle s'était rapidement lassée de cette pseudo mission qu'elle s'était vue confier. C'est une présence dans son dos qui interrompit ses recherches peu motivées. Aodhan. Ici à sainte mangouste. Lui aussi devait être fou pour oser mettre les pieds dans un tel lieu. Si quelqu'un d'autre qu'elle le reconnaissait, il pourrait facilement se créer bien des problèmes. Il pouvait être sûr que ce ne serait pas elle qui le reconduirait jusqu'à Silas. Il était libre et c'était un soulagement pour elle de le revoir. Il était vivant, c'était déjà ça. Peut-être que ça aurait du n'avoir plus aucune importance puisqu'il la détestait sûrement pour l'avoir livré à un bien triste destin, mais elle n'en était pas moins soulagé. Mieux valait qu'il vive en la détestant plutôt qu'il soit mort en l'aimant. Leur histoire était vouée à l'échec et ce depuis bien trop longtemps de toute façon. Ils n'avaient été que des fous de croire que ça pourrait les mener quelque part. Une douce folie qui avait, cependant rendu son quotidien bien plus appréciable alors même que Silas faisait tout pour le rendre insupportable.

Aodhan avait toujours été un réconfort à toute épreuve, qu'il ait été l'ami fidèle ou bien, l'amant chaleureux. Elle avait sans doute trop compter sur lui et il avait penser pouvoir compter sur elle. Une confiance dont il aurait du se méfier puisqu'elle l'avait trahit. Elle avait été bien lâche d'agir ainsi. Elle ne cessait de culpabiliser, de regretter les chois qu'elle avait fait ce soir là, dans le but de protéger sa fille, mais ça ne changeait absolument rien à ce qui s'était passé. Peut-être qu'avec un retourneur de temps, elle aurait pu faire des miracles, mais avec sa seule culpabilité, elle était inefficace. « C'est son métier à la demoiselle de la réception, d'annoncer les décès avec compassion, mais ce n'est pas le mien. » Elle valait mieux qu'une simple réceptionniste à l'entré d'un hôpital. Elle avait toujours eu beaucoup d'ambition, suffisamment pour finir par diriger un service au sein du ministère de la magie. Son ambition n'avait d'ailleurs que très peu de limites. Si le poste de ministre de la magie était encore à pourvoir, elle se serait proposée. Bien que, Voldemort n'aurait certainement pas voulu voir une femme à la tête de l'état. Comme tant d'autres sorciers d'ailleurs. Ça avait une véritable surprise pour la sorcière d'apercevoir le visage d'Aodhan au moment où elle s'était retournée. Elle aurait presque voulu s'avancer vers lui, poser délicatement sa main contre sa joue, retrouver la chaleur de sa peau, ne serait-ce qu'un court instant au moins pour s'assurer que ce n'était pas qu'une illusion servant à triturer un peu plus son cœur déjà mal en point. Mais elle n'en fit rien. Se retournant vers les affaires du défunt, comme pour fuir le regard du sorcier. Elle n'était peut-être pas prête à assumer la rancœur qui devait très certainement avoir pris place au fond de ses yeux. Elle l'aimait et jamais elle n'avait voulu voir naître un tel sentiment à son égard dans le cœur du jeune homme. « Au moins, les médicomages sont toujours aussi efficaces. » Puisqu'il prétendait avoir eu une jambe cassée quelques instants plus tôt et qu'il tenait pourtant sur ses deux jambes. Elle sentit le sorcier se rapprocher pour ramasser les affaires dans lesquelles elle venait de fouiller. « Je ne suis pas femme au foyer et encore moins un chien de garde. » C'était une insulte pour elle. Elle avait travaillé dur pour obtenir sa place au ministère de la magie et puis elle ne se considérait pas comme le chien de garde de Silas, elle valait bien moins que ça et puis, s'il fallait le défendre d'une mort imminente, sans doute qu'elle ne lèverait même pas le petit doigt. « Merci du conseil, j’essaierais d'y penser. Que penserais mon cher et tendre époux s'il me voyait avec un teint pareil ? » Elle laissa échapper un ricanement ironique, elle savait que Silas ne remarquerait rien. Elle pourrait presque revenir défigurée qu'il ne remarquerait absolument rien. Quel beau mariage formaient-ils.

Il fallait qu'elle parte. Ce serait plus simple ainsi, affronter Aodhan plus longtemps ne faisait pas parti de ses envies imminentes. Elle l'avait trahit, elle ne le savait que trop et sans doute qu'elle devait en assumer les conséquences, ce serait la moindre des choses après tout. Mais elle n'en avait pas envie, pas dans l'immédiat, sans doute jamais. Elle n'avait pas non plus envie de perdre plus de temps dans cette chambre d'hôpital dans laquelle elle ne trouverait de toute façon pas la personne qu'elle était venue chercher. Elle perdait surtout son temps dans cette pièce et a trop s'attarder elle aller sûrement s'attirer les foudres de son très charmant mari. Évidemment, il ne fallait pas bien longtemps pour récupérer un type à moitié mort, sans doute qu'il pensait qu'elle serait revenue à peine cinq minutes après être partie. Elle n'avait guère envie de faire attendre monsieur Hackett, si c'était pour ensuite supporter ses plaintes pour lesquelles il était si doué. Un léger soupire s'extirpa des lèvres des lèvres de la sorcière alors qu'elle faisait volte face dans le but de quitter la pièce. À peine eut-elle fait un pas en avant que la porte se ferma d'un coup sec et qu'une alarme se fit entendre dans le couloirs. « Sur ordre ministériel l'hôpital passe en quarantaine. Veuillez rester ou vous êtes et ne pas vous inquiéter. » Shae-Layne arqua un soupire suite à cette annonce, génial, la voilà coincée dans la même pièce qu'Aodhan pendant un temps indéterminé. Évidemment, la mise en quarantaine entraînait la mise en place d'un sortilège empêchant les transplanages, elle n'avait aucun moyen de fuir. À croire que le destin avait décidé qu'elle devrait assumer ses fautes dès à présent. Elle se retourna vers le sorcier, les bras croisés sur la poitrine. « J'espère que ce n'est pas toi qui le recherchent. » Elle en doutait. Si Aodhan s'était échappé des mains de Silas, il serait venu en personne le chercher et il n'aurait certainement pas pris le temps de mettre l'hôpital sous quarantaine. Elle n'était même pas sûre que sa position lui permettre un tel acte. Elle se dirigea vers le petit canapé de la chambre, s'y asseyant d'un air las. En un autre temps, cette situation aurait été plus amusante, plus divertissante. Elle se surprenait presque à penser à ce qu'elle aurait pu faire, coincée dans une pièce seule avec Aodhan à cette époque où elle ne l'avait pas encore trahit. Elle effaça rapidement ses pensées de sa tête, elles n'avaient pas lieu d'être puisqu'elle l'avait trahit.

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MessageSujet: Re: (aodhan&shae) ✲ maybe by morning you’ll realize why.   Mer 10 Avr - 23:27


Aodhan & Shae-Layne
« MAYBE, BY MORNING YOU'LL REALIZE WHY »


Retrouver Shae avait bien été la dernière chose qu’il avait prévue, ce matin en se levant - ou il y a seulement quelques minutes à peine, lorsqu’il avait transplané au milieu des rues bondées de Londres. Il s’avérait en réalité, qu’il s’était acharné à ne pas penser à la jeune femme depuis bien longtemps déjà : dès lors que son esprit s’échappait jusqu’à elle, c’était un mélange vertigineux et déplaisant d’amertume et d’amours blessés qui lui dévorait littéralement l’esprit. Mais il ne voulait pas se laisser happer par tout ça, se faire prendre d’assaut par ses ressentiments alors qu’il y avait bien plus important qui se jouait, partout, dans le reste du pays. Et plus loin encore, au combien beaucoup pouvaient en douter ; sa vie, il comptait bien la destiner à l’Ordre du Phénix aujourd’hui : il n’avait plus rien à perdre, plus grand chose à quoi se raccrocher, si ce n’est de lointains souvenirs. Il pouvait toujours se grimer d’un masque d’indifférence devant la femme Hackett, n’en restait pas moins qu’il y avait ces souvenirs communs entre elle et lui, qui s’acharnaient à s’écraser contre son esprit. Aux barrières de ses volontés, venaient charrier les images qu’il partageait avec Shae - toute sa scolarité à Poudlard, au côté de la jeune femme ne lui avait jamais échappé et ce, jusqu’au dernier jour où ils avaient dû se séparer, avec le savoir que plus rien ne serait jamais pareil. Depuis le temps, elle s’était mariée, elle avait eu une fille (au combien Isolde n’était qu’adoptée, il imaginait cependant que Silas Hackett n’avait rien d’un homme de religion ou d’un puceau), elle s’était construit toute une vie, si lointaine de la sienne qu’ils se retrouvaient à présent dans des camps adverses. A quel point pouvaient-ils plus opposés ? Depuis son départ de la maison des Hackett, alors qu’il pourrissait dans la boue au fond d’une de cellule crasseuse, Aodhan avait largement eu le temps de ressasser d’acerbes pensées, qui n’avaient eu de cesse d’effacer tout espoir de retrouver Shae. Ou de pouvoir passer outre tout ce qui, à présent, s’amoncelait comme obstacle dans leur vie commune. Il savait à présent qu’il n’aurait jamais dû perdre ses pas jusqu’à elle à nouveau, à travers sa vie, son mariage, il avait porté le souvenir de Shae comme un poids trop lourd sur ses épaules - ç’avait été comme une évidence, d’être à nouveau captivé par la femme qu’elle était devenue ; sans penser aux voeux de mariage qui la liaient à un autre homme, à tout honneur ou même à la pauvre Isolde, qui ne se doutait qu’à peine de toutes les mascarades qui se jouaient juste sous son nez. Si jamais Aodhan n’avait ressenti la moindre empathie pour l’être imbuvable qu’était Silas, il en avait été tout autre à chaque fois qu’il croisait la jeune et naïve fille de la famille, qui souriait jusqu’aux oreilles, en arrivait encore à croire au prince charmant au milieu d’un tel enfer. La pauvre gamine ne se voyait pas se dessiner les ombres de ses cauchemars derrière elle.

Bien qu’il n’en donne qu’à peine l’impression, Aodhan sentit un vague soulagement alléger sa conscience, alors qu’il trouvait Shae du regard, ici. Certes, ça ne le surprenait qu’à moitié de la voir faire les sales besognes desquelles personne ne voulait s’occuper, mais elle semblait aller bien. Sans doute n’avait-elle pas trop pâti de la trahison du sorcier envers Silas, des confidences qu’ils avaient échangées, de la vérité dont elle avait été ouvertement consciente, ou même de ces histoires de coucheries que le sorcier n’avait pas hésité à cracher dans la figure de cet idiot. Hackett avait la décence de ne pas mêler sa femme à leurs histoires ; elle avait même l’allure de ne pas savoir qu’il s’était enfui - logique, l’attaque de l’ordre contre les mangemorts qui avait permis à Aodhan de s’échapper n’avait sûrement pas joué en faveur de l’orgueil de Silas. « Je ne fais pas douter du fait que les Mangemorts soient dénués de compassion. » Etait-ce une pique qui concernait la mort d’Arthur Fletcher le membre de l’Ordre dont il n’avait jamais soupçonné l’existence jusque-là ou alors l’intimité de leurs secrets, leur situation aussi obsolète soit-elle ? Il ne s’était pourtant jamais imaginé du genre nostalgique, traînant ses déplaisants souvenirs avec lui, les ressassant jusqu’à ce qu’ils s’extirpent avec amertume entre ses lèvres. Mais déjà le regard de Shae le trouvant, lui fit détourner la tête, regarder ailleurs à la recherche d’une quelconque assurance : il avait beau n’afficher aucune émotion, parlant avec son ancienne amante comme si elle avait été une rencontre au détour des couloirs, tout se bousculait dans sa tête. Il y avait une partie de lui qui aurait voulu la prendre dans ses bras, lui demander comment elle allait, s’enquérir avec crainte de savoir si elle avait ou non, subi ses choix tout autant que lui ou si elle avait au moins réussi à se préserver de toutes les difficultés qu’il avait connues, de son côté. C’était la part attentive, la part doucereuse, la part éternellement accrochée à Shae, qui ne la perdrait jamais vraiment. L’autre fragment de lui était né au sein de ses geôles glaciales, avec une épineuse colère brûlant au fond de ses entrailles - il lui en voulait, il avait eu le temps d’imaginer tant d’autres scénario possibles pour eux, que celui d’une acerbe trahison telle que celle qu’il avait connue. Finalement, il s’avérait qu’il n’était pas aussi détaché de la situation que ce qu’il aurait voulu croire : triste ironie, de se rendre compte que Shae avait encore trop d’importance dans sa vie, malgré tout ce qu’elle avait fait. Il s’imaginait que c’était légitime parfois ; Silas était capable de tout, et en tant que témoin principal des sautes d’humeur imprévisibles du sorcier, Aodhan n’avait été guère surpris des techniques dont il avait usé, quelques semaines plus tôt : utiliser Isolde pour nuire à Shae avait l’air d’être l’amusement favori de celui-ci, mais désormais, il avait au moins la prétention d’être assez détaché de cette famille maudite pour ne plus se sentir concerné. Essayer en tout cas ; restait pour lui cependant le fardeau de son affection pour la sorcière et pour sa fille - voilà que tout était compliqué pour lui, quand bien même il le cachait sans vergogne.

« Les médicomages sont toujours très performants. » Un sourire tendant le coin de ses lèvres, Aodhan se sentait presque fasciné par les quelques dernières propriétés du sorcier décédé : il s’en donnait l’air en tout cas, pour ne pas égarer une oeillade trop longue en direction de la sorcière. Son adversaire ici, il lui semblerait : heureusement pour eux, il n’y avait plus rien d’autre à sauver qu’un portefeuille, quelques gallions et des affaires toutes les plus extravagantes les unes que les autres. Peu de gens de l’Ordre avaient la prétention de se promener avec une photo de leur famille sur eux : pour Aodhan, c’était stupide et imprudent, une faille totalement prévisible dans toutes les stratégies possibles et imaginables. Heureusement qu’un idiot pareil soit mort, finalement. Bien évidemment, il ne lâcherait jamais de telles paroles face à ses camarades d’infortune, ou la femme du fameux Arthur Fletcher. Il n’y avait qu’avec Shae qu’il pouvait se permettre de hausser les sourcils avec un scepticisme indéniable. Au moins, il bénéficiait encore de quelques minutes pour adopter une attitude plus humble devant le malheur des autres - une perte au sein de l’Ordre du Phénix s’avérait être une épine dans le pied non négligeable, alors qu’Aodhan avait parfois l’amère impression que les rangs des Mangemorts n’avaient de cesse de grossir. Jamais il ne croisait les mêmes visages ennemis, si ce n’est celui de Silas Hackett, qui lui collait aux baskets avec une rage bien surprenante : celui-ci ne devait qu’à peine digérer l’idée que l’amant de sa femme, qu’il avait considéré comme un ami pendant que celui-ci se tapait son épouse dans son dos, soit libre et à l’abri de son courroux vengeur. A cela, il répondait par une véhémence ouvertement affichée, qu’il utilisait pour titiller la fierté froide de Shae : peut-être était-ce mieux pour eux deux qu’elle se comporte ainsi, comme une hautaine peste qu’elle pouvait être avec talent - il avait au moins le réflexe de réagir sur le même ton, de se faire voire même plus incisif qu’il ne l’aurait cru. Il lâcha même un rire acerbe aux réponses de la sorcière, elle se contentait de se défendre, sa voix débordant d’une certaine animosité presque déstabilisante - ça faisait des lustres qu’ils ne s’étaient pas adressés la parole d’une telle manière, mais soit. « N’oublie pas de lui transmettre mes salutations, ça devrait lui faire plaisir. » Ca aurait été un délice de pouvoir voir la tronche qu’il ferait, si elle lui faisait une telle annonce - elle ne le ferait certainement pas, rien que par prudence ; en tant que pauvre homme blessé, il pouvait se montrer imprévisible. Elle esquissait quelques pas pour quitter la pièce, il ne tenta pas le moindre geste pour la retenir, ou pour remuer plus encore le couteau dans la plaie - peut-être ne se reverraient-ils jamais, à partir d’aujourd’hui, mais c’était mieux ainsi. Mieux pour eux. S’humectant les lèvres, Aodhan se força au silence, mâchoires serrées pour ce qui lui semblait être une éternité. Et pourtant. « Sur ordre ministériel l'hôpital passe en quarantaine. Veuillez rester ou vous êtes et ne pas vous inquiéter. »

Le premier réflexe du sorcier fut de faire volte-face, pour voir la porte se fermer sans plus de cérémonie. Ils ne faisaient pas les choses dans la demi-mesure, le tout sans beaucoup d’explications, mais visiblement, Shae tout comme lui avaient assez l’habitude de gérer les situations de stress pour rester d’un calme placide. Il détestait pourtant la tournure des événements, enfonçant ses mains dans les poches de sa veste alors que le temps lui semblait déjà bien long. « Pourquoi me rechercheraient-ils ? » Piqué au vif par la petite pique de Shae, il venait d’arquer un sourcil interrogateur, choisissant d’oublier cette question aussitôt qu’elle fut posée. D’un geste de la main, il fit comprendre à la sorcière d’oublier cette question, croisant finalement les bras. « Peut-être que ton mari estime que tu es partie depuis trop longtemps, il envoie quelques larbins du Ministère pour te retrouver. » C’était tout autant une possibilité que celle du Ministère à la recherche du traître qu’il était. D’un pas nonchalant, il glissa jusqu’au lit désormais vide, s’allongeant contre celui-ci : le temps allait être long, il n’avait pas envie de rester debout comme un piquet. Ils le sauraient bien assez vite, si le Ministère bloquait tout un hôpital pour l’un d’eux. C’en serait presque flatteur, mais il avait au moins la prétention d’avoir été assez discret pour que personne ne lui tombe dessus - encore moins des Mangemorts. Glissant ses mains sur son visage dans un long souffle traînant, Aodhan laissa quelques sifflotements, briser le silence. « Manque de chance, ils risquent de te trouver avec moi. Ca va faire jaser, ma parole. » Cette pensée le fit rire, légèrement, avant que tout ne s’évanouisse en une fraction de seconde. Le sérieux s’imprima insidieusement sur son visage, voilà qu’il réfléchissait trop à nouveau, d’un long regard, il retrouva enfin Shae, l’inspectant de haut en bas. « Est-ce que tu vas bien ? » Il avait hésité de longues secondes avant de laisser ces mots passer la barrière de ses lèvres, mais c’était comme ça. C’était viscéral, il avait besoin de savoir ce qu’elle pensait, ce qu’elle ressentait ou du moins, si elle avait été capable de surmonter tout ça, mieux que lui au moins. Ces paroles représentaient déjà une semi-confidence de toutes les pensées qu’il avait eues à l’égard de la jeune femme.
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MessageSujet: Re: (aodhan&shae) ✲ maybe by morning you’ll realize why.   Ven 19 Avr - 22:44


“ maybe by morning you’ll realize why ”
times are tough, what are we losing if we give it up.
some would say we’re a story unheard.
Aodhan and Shae-Layne
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Les jours que Shae-Layne avait passé loin d’Aodhan, avait tous étaient longs, presque interminables. Bien souvent, elle l’avait cherché autour d’elle, quand ce besoin de se nicher dans ses bras avait été trop fort pour qu’elle puisse y résister, mais bien évidement, elle ne l’avait jamais trouvé. Il n’avait plus sa place dans la maison des Hackett, il n’avait pu sa place nulle part, si ce n’était dans un camp en train de pourrir dans le froid et la boue. Elle n’aurait pas du avoir le droit de s’en plaindre, puisqu’elle avait été celle qui l’avait envoyé là-bas. Elle avait causé sa chute, les tortures qu’il avait du encaisser, les conditions dans lesquels il avait du vivre. Elle était responsable de son malheur à lui, comme de celui qui alourdissait son cœur au quotidien. Elle avait été le monstre qui l’avait vendu à son époux, par réflexe, par manque de jugeote, parce qu’elle avait été sur le fil du rasoir et qu’elle n’avait guère le temps de réfléchir à quoi faire. Elle était pourtant douée dans l’art du mensonge, elle avait pris des amants sans que Silas ne le sache, ou alors, il avait pris sur lui de ne rien dire, peut-être conscient que c’était parfaitement légitime (quoi qu’elle en doute, elle était à ses yeux un objet lui appartenant et qu’il n’était guère du genre à prêter, alors s’il le savait, il attendait juste le bon moment pour lui en faire part). Elle avait menti au reste du monde en prétendant qu’Isolde était sa vie, elle mentait également toutes les fois où elle prétendait que son couple était heureux et plein d’amour, elle mentait à tout va sans se soucier des conséquences et ce jour là, elle avait été incapable de mentir. La vérité était sortie de la bouche comme si elle avait été sous veritaserum. L’amour qu’elle portait à sa fille était la chose la plus puissante qu’elle possédait, celui qu’elle avait envers Aodhan n’arrivait qu’en deuxième position, pourtant elle l’aimait, vraiment, mais elle n’avait pas su le protéger. Alors, toutes les fois où elle avait besoin de lui et qu’il n’était pas là, elle ne pouvait s’en vouloir qu’à elle-même et se morfondre dans sa culpabilité et sa solitude. Elle ne méritait pas mieux. Elle n’était qu’une traitresse. Peut-être qu’elle l’avait été toute sa vie. Déjà à sa sortie de Poudlard, quand elle avait épousé un autre homme, qu’elle avait essayé de l’aimait, d’évincer Aodhan de cette place qu’il occupait dans son cœur pour l’offrir à Silas. Elle se demandait encore si elle avait réussit mais que Silas n’en avait que trop peu voulue de cette place ou si elle n’avait jamais eu la moindre importance à ses yeux. Elle aurait du refuser ce mariage s’enfuir à l’autre bout du pays avec Aodhan dans l’espoir qu’ils puissent rester ensemble jusqu’à la fin de leurs vies. La seule chose bien que Silas lui avait apporté dans son quotidien, ça avait été Isolde. C’était la seule chose qu’elle ne regrettait pas dans ce mariage bancale, bien que, les années passant elle ne pouvait s’empêcher de se dire qu’elle était bien égoïste d’avoir pensé à son bonheur avant celui de ce bébé qu’on lui avait tendu. Sans doute aurait-elle pu être bien plus heureuse dans un autre foyer, chez des moldus qui seraient loin de cette guerre, chez des gens où elle n’aurait pas été insultée de cracmolle au quotidien. Même avec cette pauvre Isolde, Shae n’était qu’une égoïste, tout comme elle l’avait été avec Aodhan.

Elle n’avait pas pensé le revoir, pas ici, pas dans cet hôpital alors qu’elle était venue à la poursuite d’un fantôme. Ça aurait été plus simple que leurs chemins restent séparés. Elle se réjouissait de sa liberté, bien qu’elle ne soit pas à même de le dire. Mais elle ne pouvait s’empêcher de penser qu’elle aurait sûrement préféré ne jamais le revoir. Parce qu’il n’y avait plus rien entre, elle avait brisé leur histoire et elle était persuadée que jamais elle ne serait capable de recoller les morceaux, qu’il la détestait tout autant qu’il pouvait détester Silas, si ce n’est plus. Il aurait bien raison si tel était le cas. Il était celle à qui il avait fais confiance, celle qu’il avait aimé malgré les risque qu’un tel amour puisse avoir et tout ce qu’il avait gagné, c’était un lâche coup de poignard dans le dos. Elle aurait voulu disparaitre de la pièce, ne pas avoir à le regarder ni à entendre le son de sa voix qui sonnait comme une torture à son cœur fatigué. Mais il était là et à moins de transplaner, elle ne pouvait pas disparaitre. La compassion des mangemorts était une chose rare, il avait sûrement raison. Elle-même n’en avait que très peu. C’était dans son éducation. Pas dans celle qu’elle avait donné à Isolde en revanche. Elle était bien différente d’elle cet enfant, heureusement d’ailleurs. « Ce serait idiot d’en douter. Mais certains en ont quand même, juste, pas pour tout le monde. » Elle, elle en avait. Pour sa fille, qu’elle soutenait au quotidien, dans toutes les épreuves de sa vie. Pour Aodhan, même s’il en doutait sans doute fortement, pour Cersei-Jane, cette gamine qui n’avait rien demandé à personne et qui s’était retrouvée prisonnière d’un père bien trop exigeant qui l’avait – bien malgré lui sans doute – contrainte à la fuite. Mais pas pour Arthur Fletcher, cet inconnu complètement stupide qui avait jugé bon de venir mourir à Sainte Mangouste.

Aodhan souligna la performance des médicomages, elle laissa un léger sourire apparaitre sur son visage. « Oui, c’est vrai. » En même temps s’ils n’avaient pas été doués ils ne travailleraient plus dans cet hôpital depuis un moment. Fort heureusement qu’ils étaient doués. Bien vite, la sorcière compris que les quelques affaires du défunt membre de l’ordre du phénix n’avaient pas le moindre intérêt. Rien qui puisse l’informer sur ce qu’il cachait d’assez important pour que Silas veuille le retrouver. Peut-être rien du tout. Silas avait juste envie de retrouver un pauvre malheureux sur lequel il pourrait se défouler. Au fond, ça aurait pu arranger Shae, ça aurait voulu dire qu’il aurait déchargé ses nerfs sur quelqu’un d’autre qu’elle ou qu’Isolde. Enfin, maintenant il était mort et il fallait qu’elle annonce la nouvelle à son mari. Elle s’apprêtait à quitter la chambre du défunt, pour aller transplaner plus loin, puisque de toute évidence, elle ne se mêlerait pas à la foule des Londoniens, trop sorcière pour passée inaperçue devant eux. Son style vestimentaire ne passerait pas inaperçu dans les rues de la ville. Cependant la chance devait être contre elle puisque rapidement on annonça la mise en quarantaine de l’hôpital. Elle ignorait ce qui valait une telle mesure, lais elle savait que ça l’agaçait. Elle avait l’impression de perdre son temps pour pas grand-chose et d’être coincée avec l’objet de sa plus grande culpabilité (ce qui en soi, n’était pas qu’une impression). Depuis des mois, elle espérait pouvoir le retrouver le prendre dans ses bras, lui dire qu’elle était désolée, mais maintenant qu’il était face à elle, c’était plus compliqué et elle voulait simplement prendre la fuite, comme pour lui montrer à nouveau à quel point elle était lâche. Elle haussa les épaules suite à la question du sorcier. Il était dans l’ordre, le monde était contrôlé par les mangemort, c’était une raison suffisante pour qu’il soir recherché. Elle laissa échapper un léger ricanement à sa réflexion avant de s’asseoir sur le canapé. « Tu dois avoir raison. Y a plus de chance pour qu’il envoie des larbins pour me chercher moi. Si c’était toi, il se serait déplacé. » Elle n’en doutait pas. Un prisonnier en fuite avait plus de valeur aux yeux du mangemort que sa propre épouse. Elle laissa échapper un léger soupire. « Quoi que, je pourrais revenir dans deux mois, qu’il n’aurait même pas remarqué mon absence. » Il était clair qu’il se contrefichait d’elle, et ce depuis des années et malgré le fait qu’elle ait fait bien des efforts pour lui. Elle avait été une épouse attentionnée, presque aimante à une époque de sa vie, elle lui avait tout donné, jusqu’à un semblant d’amour qui, elle l’avait cru, aurait pu s’épanouir et les lier comme deux époux. Mais il avait fini par la rejeter et les années passant il l’avait presque oubliée. Ne la retrouvant que pour se servir d’elle au risque de lui faire du mal. Les retrouver ensemble pourrait faire jaser. Ça arracha un sourire mélancolique à la sorcière, la ramenant à une époque où ils avaient vraiment eu de quoi faire jaser. Une époque qui lui semblait vraiment lointaine. Pourtant, ça ne faisait que quelques mois. Elle reposa son regard sur le sorcier alors qu’il lui demandait comment elle allait. Elle haussa les épaules en guise de réponse. Si elle pouvait se plaindre en son fort intérieur, elle ne pouvait pas le faire face à lui. « Je suppose que oui. Et toi ? » Au moins, elle, elle n’avait pas été enfermée dans une cage à être torturée. Bien qu’on puisse au moins considérer qu’elle était enfermée dans un mariage qui la torturait, bien que ce ne soit pas physiquement. « Je suis désolée. » Elle fixa son regard sur le sorcier, avec sincérité. Ça ne valait peut-être pas grand-chose, mais elle était vraiment désolée et bien-sûr elle comprendrait qu’il n’ai ni l’envie, ni la force de la pardonner, elle ne le méritait pas.

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MessageSujet: Re: (aodhan&shae) ✲ maybe by morning you’ll realize why.   Sam 27 Avr - 18:18


Aodhan & Shae-Layne
« MAYBE, BY MORNING YOU'LL REALIZE WHY »


Aodhan se souvenait encore très bien des jours qui avaient composé sa captivité. Des longues heures qui, peu à peu, avaient transformé le souvenir de chaque moment joyeux passé avec Shae, en une amertume glaciale, longée au fond de ses entrailles. A cela, les tortures que Silas Hackett lui avaient imposées n’avaient été que des parcours de santé, plus chargés de réduire son corps au même état que son esprit, plutôt que de réellement le blesser. Il n’était, lui, pas né dans une famille de tordus qui avaient passé leurs nerfs sur lui dès qu’ils en avaient eu l’occasion, que ce soit par la force de leurs poings ou d’une quelconque magie : les doloris et autres sortilèges détestables, à même de réduire un corps à un tas de chair sanglantes, il ne les avait connus que depuis le début de la guerre. Avant ça, la société magique avait connu une relative paix, qui avait fait que les sortilèges impardonnables étaient restés impardonnables, de sorte à ce que personne ne les utilise ouvertement. Sans quoi, le Ministère envoyait automatiquement un petit courrier au fou croyant échapper à Azkaban, ainsi que tout un escadron de sorciers aux baguettes affutées : la police magique n’était sans doute plus ce qu’elle avait été, fut un temps. Aujourd’hui, ses membres étaient majoritairement chargés de trouver les traîtres, ainsi que les nés-moldus qui, selon les propres dires du Nouveau Ministère, usaient illégalement de la magie. Aodhan, lui, avait la chance de faire partie des deux écoles : les officiels traîtres et les nés-moldus. Sa place, sans conteste, si on lui remettait la main dessus un jour, serait sous terre dans une tombe qu’on lui aurait fait creuser lui-même, ou quelque chose d’aussi sadique, pervers et excessif. S’il était resté quelques temps de plus entre les mains de Silas, il n’y avait pas à douter que le sorcier qu’il était aurait connu une initiation de ce genre-là, un beau matin sans crier gare. Heureusement, l’Ordre était intervenu à temps (même s’il ne s’était pas spécialement attendu à un secourisme express de leur part, s’il s’était cru livré à lui-même maintenant qu’il avait été ouvertement débusqué comme un traître), le tirant de ce cauchemar incessant et lui permettant de survivre au moins à ça. Pour combien de temps, c’était la question à mille gallions, celle à laquelle il préférait ne jamais donner de réponse : de toute manière, à présent, il avait remué en lui assez de rancune et de mécontentement pour être prêt à affronter son cher ennemi le moment venu. Cette guerre finirait par avoir raison de la plupart de ses protagonistes, c’était ainsi seulement qu’elle se finirait de toute manière : et à devoir parier entre Hackett et lui, Aodhan (aussi honorable soit-il) préférait malgré tout faire en sorte que les chances jouent plutôt en sa faveur. Mais dans cela, dans ce nouveau monde, Silas avait le Magenmagot placé sous sa coupe, sans compter le fait qu’il était un larbin de Voldemort assez influent : restait que ça ne faisait de lui toujours qu’un larbin, à peine capable de voir plus loin que la silencieuse loyauté qu’il avait jurée à son maître - mais soit, ce n’était qu’un détail sur lequel reposerait un argumentaire épuisant, d’avis à avis, auquel il préférait ne jamais avoir à se prêter : les Mangemorts qui se pensaient libres restaient cependant, les plus fous de tous, ceux dont le Lord se débarrasserait au moindre problème sans sourciller, afin d’asseoir plus fermement sa prise sur ses armées.

Car aucun soldat du Mage Noir n’était libre, ils étaient tous pris dans des préjugés tous plus aberrants les uns que les autres, ou aspirés dans un tourbillon sans fin, une vie dont ils ne voulaient qu’à peine, partagée entre menaces et fausses récompenses. C’était ainsi que le monde finirait par être totalement, plongé dans une noirceur d’encre si personne ne faisait rien, si cette guerre (dans les pires options imaginables) en venait à ne jamais se finir : déjà, la société magique se retrouvait totalement bouleversée, et Aodhan avait, malheureusement pour lui, été au premier plan pour assister à toutes les modifications opérées par le Ministère. Modifications dont les effets seraient empreints sur le monde magique, des décennies encore après la mort de Voldemort, la chute des Mangemorts et la mise en place d’un nouveau régime. Se redresser serait difficile, voire même impossible et encore une fois, le monde de la magie se retrouverait comme une fourmilière dans laquelle Voldemort avait frappé sans crier gare. Peut-être qu’au final, mieux valait crever dans cette guerre, mourir en héros pour ne pas avoir à subir tous les déséquilibres qui allaient, un jour ou l’autre, finir par détruire le monde de la magie à nouveau. Car ces principes de sang-pur, de né-moldu, ne disparaitraient de toute manière jamais. Au milieu de cela, Aodhan et Shae n’étaient que des pions et cela, bien malgré eux : des petits soldats qui obéissaient aux ordres d’un supérieur invisible, quoique palpable, deux piètres pantins qui se retrouvaient ici, à la recherche d’un fantôme et de ses épais souvenirs sans intérêt. Avec Arthur Fletcher, étaient morts tous les secrets dont il avait été le détenteur, tout ce que les Mangemorts auraient voulu lui arracher comme information : et c’était sûrement mieux ainsi, sans quoi, alors que Shae avait une longueur d’avance sur Aodhan, il aurait fini enchaîné à une chaise (ou dans une quelconque situation pire encore) à se faire torturé jusqu’à la mort. La finalité restait la même, sauf pour eux deux, les deux marionnettes qui n’avaient plus aucun intérêt maintenant que leur mission s’était envolée dans la nature : lui, il devrait annoncer la mort de son mari à une veuve ainsi qu’à leurs enfants, et elle, elle devrait essuyer la colère de son mari face à son incapacité à remplir une mission bien basique. La journée était loin d’être terminée, finalement et cela, la guerre l’imposait. Dormir rarement, et ne jamais trouver une quelconque tranquillité d’esprit, la mort semblait presque être un cadeau. Qui viendrait sans prévenir, sans qu’ils ne la veuillent spécialement, mais qui serait plus apaisante qu’ils ne pourraient jamais l’avouer. Il n’y avait sûrement plus rien à faire pour eux deux - leur histoire, ce qu’ils avaient été, ce qu’ils avaient pu être, avait sans doute disparu en un tas de cendre à la seconde même où Shae avait fait son choix. Le choix de le trahir. Il attarda longuement son regard sur le dos de la jeune femme alors qu’elle parlait, un détachement palpable au fond de sa voix : la compassion était bien un trait de la personnalité humaine de laquelle ils se détachaient au plus vite, sans quoi, ils ne pourraient pas dormir la nuit sans incessamment voir les visages de ceux qu’ils avaient détruit, passer devant leurs yeux. Soit, Aodhan n’avait de toute manière jamais compris comment un homme comme Hackett pouvait trouver le sommeil, celui-ci s’avérant alors être une véritable énigme d’un point de vue humain. A la réplique de celle-ci, il ne fut nullement surpris d’entendre de telles paroles glisser entre ses lèvres. Des lèvres qu’il avait souvent observées, sans rien laisser paraître, des lèvres qu’il avait embrassées et qui, à présent, s’avéraient déblatérer un venin détestable qu’il préférait ignorer. Ignorer si ce n’est dans un ricanement amer, soulignant silencieusement la justesse des paroles qu’elle venait de dire : oui, pour certaines personnes, les Mangemorts se retrouvaient dénués de tout sentiment. Il avait espéré qu’elle était différente, parce qu’elle l’avait été, à cette époque où ils avaient grandi ensemble, mais finalement, ce n’était que du vent.

Du vent auquel il se fiait surtout par amertume, orgueil brisé et déplacé, mais c’était bien plus simple de voir les choses ainsi, que d’accepter l’idée que Shae ait un semblant d’âme. Un semblant d’âme qui aurait décidé de le sacrifier sans sourciller - en quoi ça la rendait alors meilleure pour lui qu’un Mangemort sans coeur et incapable de vraiment l’aimer ? Et cela faisait précisément partie des questionnements qu’il préférait refouler dans un coin silencieux de son esprit, pour de préférence, ne pas s’y accrocher trop fortement : généralement, alors, les missions pour l’Ordre représentaient un échappatoire digne de ce nom, capable de faire couler en lui assez d’adrénaline pour balayer de sa tête ses vieilles rancoeurs, Shae, Silas et tout ce qui allait avec pour qu’il ne se concentre que sur l’essentiel : l’infime chance qu’il avait de sortir vivant de ce face à face ou d’un autre, de cette mission ou d’une autre. Tout s’avérait plus compliqué aujourd’hui et pourtant, il n’y avait plus aucune mission à laquelle se vouer jusqu’à la mort ; il n’y avait même pas d’ennemi, si ce n’est Shae, qui n’avait pas encore dégainé sa baguette, et dont il ne se méfiait - malheureusement - pas encore assez pour avoir sorti la sienne. Et cette mission était un tel fiasco, pour l’un comme pour l’autre, qu’ils se retrouvaient même enfermés, là, dans cette chambre sans en connaître les raisons : il semblait que les employés de Sainte Mangouste ne se perdaient pas en plus d’explications que cela, ils avaient d’autres choses à faire que de remplir des formalités aussi secondaires que d’expliquer une mise en quarantaine (toute ironie étalée au grand jour, bien entendu). Finalement, rien ne pouvait être pire que ça ne le semblait à l’heure actuelle : il n’avait d’abord eu aucune envie de se lancer dans une telle mission de secourisme, mais à présent, il avait encore moins envie de s’attarder - pourtant, aucun sortilège ne pourrait sans doute lui permettre de sortir d’ici : c’était une caractéristique de Sainte Mangouste qui en faisait encore l’un des rares lieux neutres du monde magique ; il était totalement imprenable, et il était vain d’essayer d’en sortir si le destin en avait décidé autrement. Le destin ou une troupe de Mangemorts, plus officiellement nommés «le Ministère de la Magie» qui n’en était plus vraiment un depuis longtemps déjà. C’était affreusement mégalomane d’oser croire que quelqu’un se donnerait la peine de mettre tout un hôpital en quarantaine pour lui mettre la main dessus, à lui ou à elle, mais mieux valait prévenir que guérir. Indubitablement, Silas aurait préféré récupérer son ancien prisonnier à coups de sortilèges et de baguettes magiques plutôt que de faire le tout dans la dentelle, en jouant de ses relations - l’évidence ne semblait pourtant éclater à la jeune femme que maintenant. « Tu ne devrais pas croire que ton mari s’en fiche de toi. Il n’avait presque que ton nom à la bouche la dernière fois que je l’ai vu. » Ajouta-t-il, une brève ironie dessinant le coin de ses lèvres : il préférait ne pas repenser à toutes les longues, interminables et pénibles entrevues (qui ne pouvaient pas se qualifier de discussions) qu’il avait eues avec Silas. Restait que Shae avait, malheureusement, été un sujet central de leurs duels verbaux, tout comme dans l’esprit du sorcier, quand bien même il s’écharnait à croire aujourd’hui, qu’il avait largement passé l’éponge sur tout ça, que l’amertume était devenue pure indifférence.

Car bien entendu, si quelqu’un venait frapper à cette porte pour emporter Shae, il ne ferait rien pour la défendre ou l’aider : elle était un Mangemort, ce n’était pas comme si sa vie était menacée. Et Aodhan aimait particulièrement se persuader, encore et encore, qu’il n’en avait plus rien à faire. Ils ne semblaient de toute manière pas confrontés au risque à proprement parler, puisque leur chambre, où ils étaient coincés depuis trop longtemps déjà, n’avait pas encore été la cible de quelque visite que ce soit. Emporté par la volonté de creuser le plus de distance possible entre eux deux, Crowley en vint même à s’allonger, là où, quelques dizaines de minutes plus tôt, Arthur Fletcher avait poussé son dernier soupir : et avec ça, il pouvait toujours parler de compassion. Il fut bien vite piqué par ce sentiment malgré tout, ou par la gêne ambiante que laissait planer leur silence - et il n’avait rien de trouvé de mieux à faire que lui demander si elle allait bien. Parce qu’il s’en préoccupait, parce qu’elle restait Shae, l’indélébile trace de la pire trahison de son existence, mais également l’indélébile trace de tout l’attachement qu’il pouvait porter à un être sur cette vaste planète. Il n’avait jamais aimé sa femme, il n’avait jamais aimé aucune de ses maîtresses, toutes celles-ci n’avaient représenté que des fuites en avant, une course contre la montre, contre l’irrémédiable avec lequel Shae et lui avaient fini par renouer. Leur histoire, ou ce qu’on pouvait qualifier de triste romance, digne d’une tragédie pitoyable. Il ne fut pas surpris qu’elle lui retourne la politesse, juste... quelque peu déçu qu’elle se force à le faire alors qu’elle savait sans doute pertinemment, qu’il n’avait aucune envie de s’aventurer sur cette voie-là avec elle. Il ne daigna pas la regarder, pas sourciller : elle allait bien (elle supposait en tout cas) et ils auraient dû se contenter de ça. « Comme un charme. » Admit-il finalement, en un fieffé mensonge dont ils n’auraient rien à foutre tous les deux, arquant un sourcil ironique dans l’espoir de totalement refroidir la timide jeune femme qu’elle était subitement devenue. Ils n’avaient pas besoin de prolonger les obséquieuses attentions plus longtemps, ils avaient sans doute dépassé ce stade-là et puis, cette foutue quarantaine n’allait pas durer toute la nuit. Au milieu du flot d’amertumes acerbes qui glissa dans l’esprit du sorcier, la voix de Shae perçât, en quelques mots éparses, qu’il aurait été si facile d’ignorer. Il n’en fit rien pourtant, pinçant les lèvres aussitôt que les trois mots vinrent écorcher ses tympans - il les avait attendues ces excuses, puis fuies, plus que tout le reste. C’était une erreur qu’il ne pouvait pardonner : à elle, à lui, au reste du monde. Il n’avait pas été assez fiable pour l’Ordre du Phénix, il en payait les conséquences maintenant, à faire des missions toutes plus stupides les unes que les autres. Et elle n’avait pas été fiable pour lui, alors qu’il avait été assez fou pour lui confier sa vie. Mais créature fière et orgueilleuse, Shae Fleming s’excusait rarement, ne l’avait sans doute jamais fait, pour lui. Il la regarda donc longuement, d’où il était, avant de souffler, se relevant pour abandonner cette fausse assurance. « C’est pas important. » Il la rejetait. Ou acceptait. Ils ne le sauraient jamais vraiment, l’un comme l’autre. Assis au bord de ce lit, Aodhan finit par baisser les yeux. « T’as fait ton choix. » Conclut-il simplement, plus neutre qu’il ne l’aurait cru : parce qu’il savait bien, il avait envisagé également tous les éléments qui devaient se bousculer dans la tête de Shae ; l’être dénué de compassion et de remord, il y avait eu Isolde, Isolde qui avait tout changé, et qui ne méritait sans doute pas son amertume.
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MessageSujet: Re: (aodhan&shae) ✲ maybe by morning you’ll realize why.   Mer 8 Mai - 19:40


“ maybe by morning you’ll realize why ”
times are tough, what are we losing if we give it up.
some would say we’re a story unheard.
Aodhan and Shae-Layne
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Il y avait des moments où, Shae-Layne détestait son mari encore plus que d’habitude. En cet instant alors qu’elle se retrouvait coincée dans l’hôpital de Sainte Mangouste, avec pour seule compagnie celle d’Aodhan, elle détestait Silas bien plus qu’en temps normaux. Elle avait bien souvent l’impression qu’elle ne pourrait le haïr d’avantage, pourtant là, elle se rendait compte qu’elle avait tord. C’était de sa faute si elle était coincée ici, parce qu’il n’avait rien trouvé de mieux à faire que de l’envoyer à la recherche d’un macchabée. Enfin, peut-être qu’elle devait se dire que c’était mieux qu’elle soit venue plutôt que lui. Elle préférait que Silas reste aussi loin que possible d’Aodhan. Elle ne pouvait pas protéger son ancien amant, elle ne l’avait jamais fait et il n’avait pas besoin d’elle de toute façon, mais c’était quand même mieux ainsi. Elle, elle n’avait aucune raison de s’en prendre à Aodhan, elle n’était même pas sûre qu’elle puisse riposter s’il s’en prenait à elle. Malgré ses erreurs, malgré sa trahison, elle continuait de l’aimer. Elle l’aimait comme elle l’avait aimé, bien des années plus tôt quand ils pouvaient encore profiter de l’innocence de l’adolescence. Une époque qui lui paraissait bien lointaine aujourd’hui, cette époque qu’elle passait la plupart de son temps à regretter et qu’elle ne revivait qu’à travers des souvenirs bien douloureux. Elle n’avait toujours aimé que lui, elle avait essayé d’aimer Silas, mais il n’y avait jamais eu de place pour lui dans son cœur, Aodhan l’ayant monopolisée depuis bien longtemps. Elle aurait aimé que les choses soit plus simple, elle aurait aimé être capable de laisser sa fierté de côté pour abandonner sa famille, renoncer à tous les privilèges qu’elle obtenait grâce au nom de Fleming, pour être avec lui. Elle aurait du en être capable, malheureusement, on ne lui avait jamais appris que l’amour était la chose la plus importante au monde. Chez les Fleming l’amour était une notion très floue. Elle était persuadée que ses parents n’avaient pas du l’aimer beaucoup pour décider de la marier à Silas Hackett. Quand elle regardait sa fille, elle se rendait compte que ses parents à elle ne l’avaient pas aimée. Parce qu’elle, elle n’obligerait jamais sa fille à épouser un homme qu’elle n’aimait pas. Elle, elle préférait que sa fille soit heureuse plutôt qu’elle fasse perdurer la lignée pure de la famille. De toute façon, avec Isolde, la pureté des Fleming comme celle des Hackett était on-ne-peut-plus brisée. Ça n’avait pas la moindre importance aux yeux de Shae. Elle aimait Isolde et c’était avec elle qu’elle avait compris l’importance de l’amour dans une vie. Pour Isolde, elle était prête à tout. Elle l’avait prouvé en trahissant Aodhan. Elle voulait bien le prouver en donnant sa propre vie si c’était nécessaire. Elle aurait sans doute préféré donner sa vie pour ne pas trahir Aodhan. Emporter son secret dans sa tombe aurait pu être une bonne option, mais Silas n’avait sans doute pas l’intention de la tuer. C’était trop simple, trop facile pour elle. Il était le genre d’homme qui se réjouissait de la souffrance des autres. Elle était persuadée qu’il avait un problème. Peut-être que la consanguinité chez les Hackett – les familles de sang-pur étaient malheureusement pleine de ce genre de problèmes – avait sans doute eue des répercussions sur la santé mentale de Silas. Il n’y avait rien à faire aujourd’hui, elle le détestait comme jamais. Finalement, peut-être que, c’était jour après jour qu’elle le détestait un peu plus. Aujourd’hui parce qu’il l’avait envoyée ici, condamnée à affronter la plus dure de ses erreurs. Demain, il y aurait forcément une autre raison.

Elle aurait aimé pouvoir prendre ses jambes à son cou pour pouvoir s’enfuir. Rester dans la même pièce qu’Aodhan, c’était trop dur. Elle n’avait pourtant pas le choix maintenant que l’hôpital était entré en quarantaine pour une raison que tout deux ignoraient. Elle ne savait pas combien de temps ça allait durer, mais elle savait que ce serait trop long. Le temps qu’elle avait passé avec Aodhan dans cette chambre d’hôpital, c’était déjà trop long. Plus que jamais, elle sentait le poids de la culpabilité l’écraser. Elle détestait ça. Elle sentait son cœur tambouriner douloureusement dans sa poitrine. Cette douleur, elle la méritait et ce n’était probablement rien en comparaison à ce qu’Aodhan avait vécus quand elle l’avait trahi, ce que Silas lui avait fait connaitre. Elle n’avait finalement aucune raison de se plaindre de cette maudite douleur qui lui donnait envie de s’arracher le cœur. Elle était là enfermée dans la même pièce que l’homme qu’elle aimait en séchant très bien que lui, il devait la détester, ou qu’au moins, il n’en avait plus rien à faire d’elle. Leur passé commun était révolu, elle y avait mis fin deux fois à bien des années de différences. La première fois, quand elle avait épousé Silas juste devant ses yeux, qu’elle avait accepté ce sort au lieu de faire tout ce qui était en son pouvoir pour rester avec lui. La seconde fois, plus récemment quand elle l’avait dénoncé dans le but de protéger sa fille. Elle était détestable en tous points. Finalement, elle était parfaite dans les rangs des mangemorts, orgueilleuse et déloyal. L’armée de Voldemort était faite pour elle. Elle ne valait pas mieux que les autres mangemorts, même si bien souvent, elle essayait de s’en persuader. C’était juste une belle connerie, un doux mensonge qu’elle s’acharnait à se répéter pour réussir à trouver le sommeil, mais en réalité, elle était aussi pourrie que les autres. Peut-être aussi pourrie que Silas lui-même. Si elle le détestait, elle pouvait probablement commencer à se détester elle-même également. Sans doute que c’était déjà le cas, au moins depuis qu’elle avait trahis Aodhan. Elle fronça les sourcils à la réplique du sorcier. Elle avait bien du mal à imaginer que son nom puisse bien souvent franchir les lèvres de son mari. Il n’avait aucune raison de parler d’elle, même à Aodhan. Il n’était pas censé savoir ce qu’il y avait entre eux deux. « Et qu’est-ce qu’il disait ? » Au fond, peut-être qu’elle s’en fichait. Il pouvait dire d’elle ce qu’il voulait, ça n’avait plus d’importance depuis bien longtemps déjà. Il pouvait l’insulter s’il en avait l’envie, elle n’en avait absolument rien à faire. Tout ce qui pouvait sortir de la bouche de son époux, ça n’avait pas d’importance, si ce n’est les menaces qu’il prononçait contre la vie d’Isolde. C’était les seules de ses paroles auxquelles elle portait vraiment attention. Elle le connaissait, quand il disait qu’il tuerait Isolde, il ne mentait pas. Il en était capable, lui, il ne la considérait plus comme sa fille, peut-être qu’il ne l’avait jamais vue comme son enfant.

Assise sur le canapé dans un coin de la pièce, Shae-Layne ne pouvait s’empêcher de poser son regard sur Aodhan, comme pour graver son image dans sa tête, se souvenir de son visage quand elle quitterait la pièce, ajouté un nouveau portrait d’Aodhan à la galerie de ses douloureux souvenir. C’était lui qu’elle avait regardé à chaque instant de sa vie quand quelque chose n’allait pas. C’était dans son regard qu’elle avait toujours trouvé le réconfort dont elle avait besoin, de la même façon qu’elle avait toujours trouvé la chaleur nécessaire à sa survie, dans ses bras. Il était si loin d’elle aujourd’hui et le monde était devenu particulièrement froid et hostile sans lui. Mais elle n’y pouvait rien. Elle l’avait trahi, elle méritait de se retrouver seule à mourir de froid, même si elle n’arrivait pas à l’accepter. Il allait bien. Du moins, il disait allait bien. Elle se permettait d’en douter cependant. Elle n’ajouta rien, se contentant de sourire avec ironie tout en détournant le regard, avant de lui présenter d’inutiles excuses. Elle pourrait s’excuser autant de fois qu’elle le voulait, ça n’effacerait pas ce qu’elle lui avait fait. Plus rien ne pouvait changer ça. Ce qui était fait était fait et elle pouvait regretter, s’excuser, chercher ce qu’elle aurait pu faire pour éviter de le trahir, ça n’aurait pas la moindre importance, elle ne pouvait pas refaire le passé. Comme il le souligna, elle avait fait un choix ce jour là. Un choix qui pouvait presque être considéré comme le bon. Il était vivant, apparemment assez en forme. Si elle ne l’avait pas dénoncé, Isolde serait morte et enterrée depuis bien longtemps déjà. Il avait eu plus de chances de s’en sortir qu’elle. Elle reposa finalement son regard sur le sorcier. « C’est juste une enfant. Mon enfant. Je ne peux pas le laisser lui faire du mal. » Elle baissa rapidement les yeux, laissant son regard se perdre sur un point invisible qu’elle seul semblait à même de voir. « Je n’ai pas eu le temps de réfléchir, j’aurais pu trouver une autre solution. Mais c’était Isolde. » Ce serait toujours Isolde. Le moyen de pression idéal pour Silas, parce qu’il savait qu’elle ferait tout pour sa fille. Elle n’était pourtant pas sa mère, pas génétiquement parlant. Ça n’avait pas d’importance à ses yeux. Cette gamine c’était devenu sa raison de vivre au moment même où elle avait posé ses yeux sur ce bébé que Silas lui avait ramené. Elle le détestait aussi pour ça. C’était tellement injuste de lui avoir un jour offert une fille pour menacer à présent de la lui reprendre à tout moment.

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MessageSujet: Re: (aodhan&shae) ✲ maybe by morning you’ll realize why.   Mar 11 Juin - 0:06


Aodhan & Shae-Layne
« MAYBE, BY MORNING YOU'LL REALIZE WHY »


Il y avait bien des choses qu’il avait finies par accepter, avec Shae. Pour Shae. Depuis qu’ils se connaissaient, à Poudlard, il avait subi les regards dédaigneux de la plupart de leurs camarades de Serpentard, qui les voyaient traîner ensemble sans pour autant comprendre comment une sorcière comme elle pouvait se contenter de la compagnie d’un sorcier comme lui. Et tôt ou tard, au bout de sept longues années, elle leur avait fait comprendre au combien son supplice n’avait été qu’une interminable traversée du désert de laquelle elle se défaisait à présent ; en épousant un homme de bonne famille, un sang-pur respectable qui conviendrait parfaitement aux volontés des Fleming. Aux volontés de Shae, quant à garder son sang le plus pur qui soit. Ou des conneries du genre, inepties qu’il avait préféré ignorer, le temps faisant, pour ne pas s’arracher les cheveux. Les réminiscences de ce jour maudit revenaient incessamment dans sa mémoire, l’avaient hanté pendant un moment, alors qu’il posait les yeux sur Shae : le jour de son mariage, où elle lui avait définitivement tourné le dos, épousant une destinée dans laquelle il n’avait pas sa place. Pas eu sa place, jusqu’au faux pas, qui les avait poussé dans un gouffre sans fond, une perdition idiote et naïve de laquelle une bien arde réalité les avait arrachés. L’avait arraché, lui, en tout cas : c’était à peine sans doute, si Shae avait frôlé du bout de l’esprit ce que Hackett lui avait fait endurer pour sa petite vengeance personnelle – c’était un être qu’on ne trahissait pas sans en payer les conséquences, au prix cher. Se lamenter n’était pas son genre cependant, dès son retour à l’Ordre du Phénix il avait tenté d’éponger sa dette, effacer peu à peu les électrisants souvenirs qu’il conservait, à chaque heure de sommeil, de ses têtes à têtes en compagnie de Silas : parfois, c’étaient des cauchemars incessants, le réveillant en pleine nuit. D’autres fois, il se forçait, se faisait bataille pour filtrer à son cerveau chacune des minutes qu’il avait subies là-bas, rien que pour se rappeler des inconscientes paroles qui avaient pu lui échapper – fouiner, fouiller à la recherche de la moindre trahison qu’il avait commise à l’égard de l’Ordre. L’Ordre, tout ce qui importait à présent. Son histoire avec Shae n’avait plus eu d’importance à l’instant où son nom à lui s’était échappé de ses lèvres à elle, au moment où elle l’avait poignardé dans le dos sans même avoir le courage de le regarder. Cette pensée avait croit au fil des jours, des heures, des minutes – lors de sa longue captivité, et ce n’était plus guère l’espoir de revoir Shae un jour, mais de pouvoir réparer sa dette auprès de l’Ordre qui l’avait fait survivre. Voilà où on l’assignait à présent, à rechercher des cadavres, remuer la poussière et ramener avec lui des parcelles de fantôme pour consoler une femme au cœur brisé, et des enfants déjà fatigués par la guerre. Finalement, l’irresponsabilité agaçante avec laquelle Aodhan avait toujours vécu n’était pas une si mauvaise chose : il n’avait plus aucune femme à prétendre aimer, ni aucun enfant à protéger, personne à faire passer avant lui, ou la cause qu’il avait si rageusement défendu jusque-là.

Ou pas assez. Si sa dévotion avait été réelle, peut-être aurait-elle parvenu à briser définitivement cette palpable connexion qui l’avait toujours lié à Shae : elle était devenue un Mangemort, que ce soit par envie ou par dévotion pour son mari, il en était du pareil au même. Deux ennemis, dont les chemins différents auraient dû achever de les séparer. Elle avait épousé un autre homme, elle avait eu un enfant avec cet autre homme, elle lui était assez loyale pour se transformer en soldat de Lord Voldemort – que restait-il d’eux au milieu de tout cela ? De Shae ? Il avait cru déceler une partie de cette fille désormais lointaine et inatteignable, lorsqu’ils avaient vécu leur amour dans le secret. Mais depuis… Depuis il s’escrimait à rester sourd à ce qui les avait tant liés autrefois. Du vent, de la poudre de rêve qui, s’il lui en laissait l’occasion, serait à nouveau réduite en cendres fumantes en une parole, un éclair de vérité passant entre les lèvres de Mrs Hackett. Il n’avait tenu qu’à une risible ironie du destin pour qu’ils se retrouvent ici, dans cette même pièce, à s’ignorer du regard (n’allégeant en rien leur captivité) ; tout comme il n’avait fallu qu’une risible ironie du destin pour qu’ils se retrouvent en premier lieu : la jeune femme n’avait jamais quitté ses songes, avait logé des années durant dans un coin de son esprit, que chaque journée avait fait disparaître sous une pile de préoccupations nouvelles, mais Shae avait été sortie de sa vie. Loin, si loin. Invisible. Inatteignable. Pendant si longtemps, qu’il s’y était acclimaté. Mais le fidèle toutou était revenu auprès de sa maîtresse, un pas en faisant basculer un autre dans le néant, une torsion d’événements en précipitant d’autres. Et ainsi de suite ; et l’existence de Crowley s’entrechoquait brusquement contre celle de Silas Hackett. Et de la si belle famille qu’il avait construite, épais tissu de mensonge, avec Shae. Etait-il donc responsable tout autant qu’elle de leur condition ? Sûrement. Il s’en blâmait bien souvent, se reprochant d’être un jour tombé sous son charme, d’avoir une fois eu l’audace de croiser son regard. De s’y être brûlé, de s’être laissé emporter, des années plus tard, par cette même passion que celle qui les avait liés, entre les murs du château. Tout en se persuadant que plus rien, jamais, ne se mettrait sur leur voie : alors qu’ils avaient été en guerre, qu’elle était un Mangemort, qu’il était de l’Ordre du Phénix. Il lui était déjà arrivé de rire de lui-même, cette stupide naïveté qu’il avait à chaque fois que ça les concernait, tous les deux, à croire que l’adolescent de dix-sept ans, qui avait brillamment fini ses études, qui aurait pu offrir une belle vie à Shae, n’avait jamais cessé d’exister pour elle. A quarante ans, pourtant, les échecs consécutifs qu’il avait cultivé dans son existence auraient dû le rappeler à l’ordre : certes, il avait été un bon membre du Magenmagot, un officiel du Ministère assez réputé, droit et malin pour gravir les échelons plus vite que n’importe qui. Mais pour le reste, son existence se résumait à un amer tas d’inexistence, d’illusions construites au fond des prunelles de la seule femme qu’il avait aimée. La seule femme qui l’avait trahi. Et plus d’une fois, qui plus est – la vie était une belle garce, qui se jouait de bien des gens.

L’œil absent, comme si les quelques bribes de parole qu’il laissait passer ses lèvres s’adressaient au vide autour de lui, Aodhan conversait avec Shae, laissant planer l’un comme l’autre, dans l’air que la conversation avait tout pour être simple, dénuée d’intérêt. Leurs conversations n’avaient sûrement jamais eu grand intérêt, elles s’étaient effacées avec le temps, oubliées avec la guerre et leurs préoccupations respectives. Paradoxalement, ils avaient jusque-là bien trop partagé, et ces erreurs qui l’avaient trahi, le sorcier ne comptait plus les accomplir de sitôt. Signifier à la sorcière qu’il ne poserait pas son regard sur elle comme il l’avait trop souvent fait dans leur existence commune, restait la meilleure défense de Crowley, alors qu’il avait faibli bien trop fréquemment devant elle. Silas, était de toute manière plus présent que jamais entre eux ; une ombre fantomatique qui, si elle ne les surveillait pas par-dessus leurs épaules respectives, les séparait déjà assez en ne restant qu’imaginaire. C’était même à croire qu’il rythmait leurs discussions, le peu d’échanges verbaux qu’ils se permettaient, et Aodhan lâcha d’ailleurs un ricanement amer, sarcastique devant la surprise de la sorcière. Elle pensait peut-être son mari complètement stupide, ou Crowley trop nostalgique vis-à-vis d’un souvenir pour que la vérité ne perce pas dans l’ombre de sa trahison. « Qu’est-ce que tu crois, à ton avis ? » D’une œillade, il appuya ses mots sans avoir plus besoin de s’avancer dans les révélations sans doute, mais il le fit cependant, avec une assurance presque déconcertante. « Il n’y a qu’aux personnes de confiance que je donne des secrets tels que ‘je fais partie de l’Ordre du Phénix’. Je crois qu’à partir de là, ton mari a fait la connexion. » Et il y avait son sarcasme qui appuyait sur quelques paroles, remuant le couteau dans la plaie, réveillant cette colère sourde que la douleur avait fait naître en lui. Il avait beau être déjà habitué aux duels à la baguette, aux coups bas qu’il avait connus à Poudlard, à la guerre ; les tortures de Silas restaient là, empreintes indélébiles sur sa peau qui, faute de le faire pleurer de chagrin, renforçaient plus encore son ardeur à fuir tout ce qui pouvait représenter une brèche aux hautes barrières qu’il avait dressées à présent, entre lui et le reste du monde. « Je suppose, vu ta réaction, qu’il n’a pas dû t’en toucher un mot. C’est pas important, de toute manière. » Son orgueil ajouta, alors qu’il observait à nouveau le blanc du mur plutôt que la sorcière elle-même, compagne d’infortune dans cette chambre on ne peut plus déprimante. Il semblait subitement difficile à Crowley de guérir dans un endroit aussi triste, blanc et aseptisé. Au grand jamais, il n’aurait voulu tomber dans un endroit pareil ; heureusement, il faisait partie des fugitifs les plus activement recherchés, et s’attarder à Sainte Mangouste était une aventure qui risquait à chaque seconde, de lui coûter la vie, aussi, passer des jours dans une chambre pareille à tenter de se retaper n’était plus une option envisageable. Et ne le serait plus avant la fin de cette saloperie de guerre.

Et le chemin vers Sainte Mangouste, probablement qu’il ne se risquerait plus à le faire avant un long moment, comme s’il craignait que l’ombre de Shae ne le poursuive partout, dans ces couloirs, dans cette chambre en particulier. Shae et ces paroles, ces excuses qu’elle proférait peut-être même sans en connaître les causes et les conséquences : elle avait choisi, choisi maintes et maintes fois déjà. Sans doute ne le soupçonnait-elle pas, mais dans leur vie commune, il y avait d’innombrables occasions déjà, où elle aurait dû s’excuser. Bien des choses, bien des événements qui avaient, d’une manière ou d’une autre, fait basculer le cycle de leurs existences. Lui aussi, sans doute. Mais jusque-là, l’équilibre précaire qui leur avait servi de relation, l’un se fiant à l’autre, leur avait toujours suffi. Sans doute, dans ses longues journées de captivité, à chaque fois qu’il avait défié du regard ou de ses mots Silas Hackett, il n’avait jamais attendu des excuses de la part de Shae. La simple idée qu’elle s’excuse auprès de lui, pour quoique ce soit, avait été effacée de son esprit depuis aussi longtemps qu’il s’en souvenait : car jusque-là, rien n’avait été prétexte à la jeune femme pour lui fournir de telles paroles. Et les entendre sortir d’entre ses lèvres, brûler l’air si ardemment, ce n’était pas comme il l’aurait imaginé, un jour. C’était différent. Futile. Désuet. Déplacé. La trahison était là, toujours aussi ardente au fond de ses entrailles, toujours aussi présente, seconde après seconde, les séquences d’image s’enchaînant l’un après l’autre devant le voile de ses paupières. Les paroles de Shae le dénonçant n’avaient pas changé, ni l’ignorance avec laquelle elle s’était détournée de lui, ni cette ébullition de ressentiments qu’il avait à l’égard de la jeune femme. De lui-même, cette bêtise ambiante qui le faisait parler, là où il aurait dû rester silencieux ; fléchir, en quelque sorte, à cette étouffante sensation qu’il avait toujours ressentie face à elle. Impression de n’être rien, défait de toute volonté, offert à elle sans aucun secret, sans aucun apparat. Epoque révolue ; et se redresser, faire quelques pas dans la pièce en l’ignorant ouvertement participait peut-être à redorer cette impression qu’il avait, de pouvoir lutter un tant soit peu contre la force de la gravité. L’ironie du destin, qui encore une fois, les menait face à face. Le silence se fit, Aodhan avait désormais concentré son attention sur la fenêtre devant ses yeux, mains croisées dans son dos ; Isolde, évidemment Isolde venait dans le débat. Toujours entre eux. Toujours entre Shae et le reste du monde. Il n’avait pas envie de blâmer cette gamine pour les erreurs de sa mère, de son père, leurs conneries respectives ; eux, pourtant, s’acharnaient sur elle à la première occasion. Shae sans même s’en rendre compte sûrement, se camouflant derrière ce rôle de mère qui en devenait nauséeux de mensonges. Un spasme parcourut la mâchoire du sorcier, alors qu’il s’imposait le calme, l’instant d’une réflexion silencieuse. « Tu ne devrais pas mêler ta fille à tout ça. Tu as fait ton choix. Et j’ai fait ce pas dans ta vie. » Il fronça vaguement les sourcils, l’amertume devenant nostalgie, malgré lui. « Ce sont nos erreurs. Pas les siennes. » Il pivota sur ses pieds, pour observer Shae un instant, un léger sourire, mi-bienveillant (de cette bienveillance s’adressant plus à Isolde qu’à elle), mi-amer. « Elle est en sécurité, maintenant. » Il se détourna à nouveau d’elle, captivé par la vie au-dehors, qu’on devinait depuis les hauts étages de Sainte Mangouste ; la précipitation londonienne, qui ignorait complètement quelles décisions se jouaient dans l’ombre, quelle guerre se menait de ce côté-là du monde. Ça aussi, ça faisait partie de toute l’ironie de la vie ; lui aussi, né dans une autre famille, touché par d’autres héritages que la magie, il aurait pu mener une vie comme eux, baignée d’ignorance. Loin, si loin de tout ça, de ces murs étouffants, pris dans un quotidien barbant à souhait.
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MessageSujet: Re: (aodhan&shae) ✲ maybe by morning you’ll realize why.   Dim 16 Juin - 0:10


“ maybe by morning you’ll realize why ”

times are tough, what are we losing if we give it up.
some would say we’re a story unheard.
Aodhan and Shae-Layne
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Poudlard était de loin la période que Shae-Layne regrettait le plus dans sa vie. Elle avait tout eu là-bas. La jeunesse, l’innocence, l’amour. Elle avait connu le bonheur aux côtés d’Aodhan, il l’avait rendu heureuse comme personne n’en avait été capable après lui. Certainement pas Silas, il n’avait fait que faire naitre en elle un espoir pour mieux le détruire après, il avait prétendu être un mari attentif, aimant, pour mieux la trahir à la première occasion et elle, naïve comme elle avait été, elle était tombée dans ses ruses comme une parfaite idiote. Ce n’était certainement pas les amants qu’elle avait pris qui lui avait permis d’être heureuse, ce n’était que des semblant de relations, des minutes passées auprès d’hommes qui lui donnaient temporairement l’impression, sans être aimée, d’être au moins appréciée, alors que, plus le temps passait et plus Silas semblait la haïr de tout son être. Aodhan avait été le seul, l’unique à avoir su lui apporter le bonheur, à Poudlard puis quand il était revenu dans sa vie, à cette époque où elle avait enfin eu l’impression de retrouver un sens à sa vie ailleurs qu’en Isolde. Cet amour secret qu’ils avaient eu, ça l’avait aidé à tenir pendant quelques années c’était un fait. Ça aurait pu être la meilleure période de sa vie, parce qu’elle avait Aodhan, elle avait Isolde et elle avait même Moses tout droit échapper d’Azkaban. Pourtant, ça restait Poudlard la meilleure période de sa vie. Elle avait été amoureuse, aux côté d’un homme qu’elle avait choisi, sans avoir besoin de se cacher. Elle n’avait aucun Silas Hackett dans sa vie, Moses n’était pas recherché activement par le ministère de la magie et elle n’avait pas encore condamné une innocente gamine à un quotidien bien difficile à supporter. Sans doute qu’élevée dans une autre famille, Isolde n’aurait pas vu sa vie menacer injustement à la moindre occasion, elle n’aurait pas été pointée du doigt par le reste de la famille et insultée de cracmolle à tout va. Elle n’aurait sans doute pas connu cette guerre qui faisait rage dans le monde dans lequel Shae-Layne l’avait condamnée à vivre et surtout, elle n’aurait pas été victime cette maudite malédiction qui, pleine lune après pleine lune la transformait en loup-garou. Il était clair qu’au sein du foyer Hackett, Isolde n’avait pas une vie aussi parfaite que celle qu’elle aurait du mériter. La seule chose qu’elle avait, c’était de l’argent à ne plus en savoir quoi faire et l’amour sans toute étouffant d’une mère avec qui elle n’avait pas le moindre lien de sang sans même le savoir. En somme, aucune autre période que celle passée entre les murs de l’école de sorcellerie n’avait été meilleure aux yeux de Shae. Si on pouvait aisément penser qu’elle ne renoncerait à Isolde pour rien au monde, c’était parfaitement faux. Si elle pouvait revenir en arrière, elle ferait sans doute les choses différemment, elle n’épouserait pas Silas, ainsi, il ne lui apporterait jamais Isolde, alors, elle aurait forcément une vie meilleure. Peut-être qu’elle, elle n’aurait jamais eu la chance d’avoir d’enfant, peut-être qu’au bout du compte, elle aurait quand même perdu Aodhan, mais au moins Isolde elle, aurait été entre de meilleures mains que les siennes. La vie de Shae-Layne n’avait pas grand sens aujourd’hui, et avec des ‘si’ elle pouvait tout refaire, au moins dans ses songes, mais jamais ça ne viendrait changer la réalité qui s’imposait jour après jour. Alors, la vie d’Isolde était entre ses mains à elle tout comme le destin d’Aodhan si était retrouvé, cette fois où elle avait choisi de le trahir pour sauver son enfant. Cette fois ou encore une fois, elle l’avait laissé filer entre ses doigts, condamné à la torture alors que jamais il n’avait mérité ça. Il fallait croire qu’elle passait son temps à le désirer et qu’à chaque fois qu’elle l’avait enfin pour elle, elle se débrouillait systématiquement pour le repousser. Deux fois elle l’avait fait, il était probablement temps aujourd’hui de cesser de vouloir le revoir à ses côtés, elle ne le méritait pas et elle avait trop abusé de sa patience à présent. Elle l’avait trahi, elle n’avait plus rien à attendre de lui aujourd’hui, pas même un pardon.

Elle n’avait même pas pensé pouvoir le revoir un jour. Elle en avait eu envie, s’assurer qu’il allait bien, avoir la chance de croiser à nouveau son regard. Juste le fixer quelques instant pour avoir l’impression qu’il n’était pas trop tard pour eux deux. Pourtant paradoxalement, elle avait aussi espérer ne jamais avoir à l’affronter, parce qu’il n’y avait que dans ses songes les plus fous qu’elle pouvait avoir l’impression qu’il n’était pas trop tard pour eux deux. La vérité était toute autre, bien plus cruelle pour elle, mais tellement justifiée. Ramenée à la réalité, elle savait qu’elle ne voulait pas croisé le regard haineux ou parfaitement neutre qu’il poserait sur elle. Elle n’avait pas envie de se retrouvée confrontée aux erreurs de sa vie, elle n’avait pas envie d’être confronté à l’homme qu’elle avait trahi alors même qu’il était et qu’il demeurerait sans doute à jamais l’homme qu’elle aimait. Elle n’avait sans doute pas imaginé que leurs retrouvailles puissent avoir lieu dans une chambre de l’hôpital de Sainte Mangouste. C’était le hasard qui les avait réunis dans cette pièce. Cet homme à présent décédé pour qui ils s’étaient déplacés. Ils étaient là pour le même homme mais pour des raisons différentes, parce qu’elle était une mangemort alors que lui se battait pour l’ordre et si ça n’avait eu que très peu d’importance auparavant, aujourd’hui plus que jamais, cette différence entre eux prenait son sens, se dressait sur les restes de leurs histoires telle une barrière infranchissable. Elle se fichait bien qu’il ait pu espionner quelques réunions de mangemorts pour tout rapporter à l’ordre par la suite, elle se fichait bien de lui avoir révélé des secrets qu’il n’était pas censé connaitre, en ignorant bien volontiers les conséquences de cette trahison qu’ils commettaient tous les deux sous le nez de Silas. Elle s’en fichait parce que Silas avait été le cadet de ses soucis. Parce qu’elle se fichait des mangemorts comme elle se fichait de l’ordre du phénix, parce qu’elle n’avait jamais choisi aucun camp, il s’était imposé à elle dans sa famille comme dans son mariage et elle n’avait su s’opposer ni à ça ni au mariage auquel elle était enchainé. Elle n’en avait rien eu à faire jusqu’au jour où la trahison s’était imposée comme un risque pour sa fille. Elle pouvait trahir, les mangemort, Silas et de toute évidence même Aodhan, mais certainement pas sa fille. Elle avait trahit tout le monde et elle aurait du se douter qu’Aodhan n’allait pas garder pour lui ce secret commun qui les avaient liés si longtemps. Silas savait ce qui s’était passé entre eux deux et pour une raison qu’elle ignorait il n’avait pas jugé bon de lui en parler. Elle avait du mal à envisager que ça puisse être parce qu’il n’en avait rien à faire. Il n’était pas comme ça, il avait beau la détester, elle était sa femme et selon la vision de chose à la Hackett, elle lui appartenait et il n’était pas du genre à prêter ou à laisser ses biens lui filer entre les doigts. Un jour, il ressortirait cette affaire de ses dossiers, quand il jugerait bon de le faire et elle savait que ce jour ne serait pas agréable pour elle. « Non, ça n’a pas d’importance pour l’instant. » Un jour sans doute que ça en aurait, pour elle désormais, lui, ce n’était sans doute pas sa plus grosse erreur vis-à-vis de Silas. Enfin, elle n’avait plus qu’à espérer que Moses ou Aodhan (tout deux en avaient eu bien souvent envie) ne débarrasse la terre de Silas avant qu’il ne décide de mettre ça sur le tapis. Enfin, des années qu’ils le disaient tous les deux et il était encore là. Il était peut-être temps qu’elle trouve le courage de s’en débarrasser elle-même. Un peu de poison dans la nourriture, ce serait discret et efficace. Le poison était souvent l’arme des femmes d’après ce qu’on disait. Ils avaient l’avantage d’être facilement dissimulable et bien souvent, on accusait la crise cardiaque avant de penser aux meurtres, en somme c’était vraiment plus efficace qu’un avada kedavra. C’était une idée certainement pas idiote à laquelle elle réfléchirait d’avantage plus tard.

Pour l’instant, elle avait pris la décision de s’excuser. Ce n’était pas quelque chose qu’elle faisait souvent, bien au contraire. Elle n’avait pas été élevée comme ça. La famille Fleming était vaniteuse, pleine d’honneurs et d’orgueil, ainsi entendre un Fleming s’excuser avec sincérité, ça relevait presque plus du miracle que d’autre chose. Si Moses la voyait là, à s’excusait devant un sang-mêlé qui plus ait, elle n’osait même pas imaginer ce qu’il pourrait penser d’elle. Elle ne craignait cependant pas son cadet, parmi toutes les personnes du monde réunies, elle savait que Moses était le seul, l’unique qui ne lui causerait jamais de tord et elle ferait toujours de son mieux pour lui rendre la pareille. Bien qu’elle soit nettement moins douée pour ça elle, après tout, là où elle excellait, c’était de trahir les autres, même ceux qu’elle aimait le plus au monde. Moses était sans doute l’une des rares personnes à ne pas avoir été victime d’une trahison selon Shae-Layne d’ailleurs. Elle avait probablement été la seule de la famille à avoir osé mettre les pieds jusque dans la pourriture d’Azkaban, se fondre au milieu des prisonniers dans un lieu parfaitement répugnant – si peu adapté aux Flemings – juste pour voir son petit frère. Il était définitivement chanceux celui là, mais peut-être qu’il faudrait qu’elle songe à le prévenir que tôt ou tard, elle finira par le trahir lui aussi, parce qu’elle était qu’une imbécile et qu’elle faisait systématique les mauvais choix. Elle aurait du balancer quelqu’un d’autre au lieu de donner clairement le nom d’Aodhan. Ça lui aurait laissé le temps de s’enfuir, avant que Silas ne réalise qu’elle a menti, peut-être même qu’elle aurait pu éloigner sa fille et elle aurait été la seule à payer le prix de son mensonge. Il ne l’aurait certainement pas tuée, ou s’il l’avait il ne serait plus de ce monde non plus à l’heure actuelle. En définitive, les choses auraient été plus simples ainsi. Elle ne prétendait pas s’accrocher à sa vie avec beaucoup d’ardeur de toute façon. Elle estimait cependant que mourir de la main de Silas serait sans doute la pire mort qu’elle pourrait recevoir. Son honneur Fleming n’aimait pas beaucoup l’idée, enfin, morte elle n’en n’aurait plus rien à faire. Elle fixa le sorcier du coin de l’œil alors qu’il s’était éloigné vers la fenêtre. Ne pas mêler Isolde à tout ça. C’était impossible. Elle ne l’avait pas mêlé à ça délibérément, c’était Silas qui s’en était chargé. C’était ce monstre qui avait mis une enfant innocente au beau milieu d’histoires qui systématiquement la dépassait. Pour sûr, elle aurait voulu épargner ça à sa fille, mais depuis longtemps déjà elle avait échoué. C’étaient leurs erreurs, pas les siennes, le regard de la sorcière se posa sur le sol à cette réplique. Elle n’avait pas l’impression qu’il n’y ait eu que des erreurs entre eux, ça ressemblait sans doute à ça aux yeux de celui qui avait été trahi, mais pas aux siens. Elle releva finalement les yeux vers lui, ignorant volontairement cette phrase. « J’aurais voulu ne pas l’y mêler. Silas l’a fait et il continuera de la mêler à tout ce qu’il voudra encore et encore. » Il n’arrêterait jamais, elle en était sûre et certaine malheureusement. Peut-être qu’elle devrait prendre sa fille et s’enfuir le plus loin possible, mais Isolde ne comprendrait pas et elle savait au fond d’elle que Silas finirait par la retrouver, il était plein de ressources, surtout quand il s’agissait d’emmerder le monde. « Une nuit, elle a été mordue par un loup-garou, dans sa chambre. Combien de loups-garous ont la réputation de venir mordre les enfants dans leurs lits ? » C’était une question rhétorique, il n’y en avait qu’un et bien souvent elle avait vu Greyback à deux doigts de se jeter à la gorge de Silas, emporté par la colère. Ça l’avait souvent faite sourire, voir quelqu’un à deux doigts d’égorger son époux c’était réjouissant à ses yeux. Pourtant depuis qu’il avait commencé à menacer la vie d’Isolde, ce soir où elle avait trahi Aodhan, elle réfléchissait beaucoup à la nuit où elle avait été mordue. Greyback avait la réputation de se venger sur les enfants de ceux qui le mettait en colère et il avait bien souvent vraiment l’air en colère contre Silas. Les loups garous n’entraient vraiment pas dans les maisons pour mordre une personne et puis disparaitre au clair de lune. « Elle ne sera jamais en sécurité. Qu’importe le nombre de personne que je pourrais trahir, qu’importent les sacrifices que je ferais, tant qu’il continuera à respirer, elle ne sera jamais en sécurité. » Silas devait mourir, c’était une chose dont elle était sûre depuis des années. Elle aurait du laisser Aodhan le tuer, le jour où elle l’avait épousé. Elle aurait du laisser Moses faire toutes les fois où elle avait lu dans son regard qu’il en mourrait d’envie. De toute évidence, si empêcher Aodhan d’agir lui avait évité Azkaban, elle ne pouvait pas en dire autant pour Moses. Finalement, elle aurait du le tuer elle-même depuis longtemps. Elle laissa échapper un léger soupire avant de lever la tête vers le plafond, complètement dénué d’intérêt cela-dit. « Si seulement j’étais un peu plus comme mon frère, je l’aurais tué depuis longtemps. » Une réplique prononcée à mi-voix, plus pour elle que pour Aodhan. Enfin, elle n’était pas comme Moses, c’était indéniable, il avait plus de courage qu’elle, même le choixpeau l’avait compris en l’envoyant à la table des gryffondors, plutôt qu’à ses côtés côté, chez les serpents vicelards. C’était ce qu’elle était, un serpent vicelard incapable de se salir les mains pour accomplir ses desseins.

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MessageSujet: Re: (aodhan&shae) ✲ maybe by morning you’ll realize why.   Dim 18 Aoû - 3:14


Aodhan & Shae-Layne
« MAYBE, BY MORNING YOU'LL REALIZE WHY »


Perfide sentiment sous le ciel d’argent, l’amertume ne parvenait pas à quitter son corps : elle chahutait dans les fibres de son corps au rythme de son cœur, qu’à peine trahi par la respiration calme qu’il laissait peser sur la pièce. C’était ce petit picotement au palais, cette odeur de sang au creux de la gorge, souvenirs trop vivaces des inlassables déserts de solitude qu’il avait traversé pour elle. A son égard. Eternel boulet qu’il traînait à sa cheville, ces sentiments qu’il avait si longtemps nourris pour Shae n’étaient que voués à les détruire : ils avaient déjà arraché à Aodhan une partie de ses préceptes, des fondements même qui composaient chaque cellule de son cerveau. S’allier un tant soit peu, corps, âme, sentiments et regards avec un Mangemort était la pire répugnance à laquelle il aurait pu se frotter : si l’inspiration qui l’avait frappé sous les œillades de Shae, venait à se répandre au sein des rangs de ses alliés, il serait considéré comme le paria de cette faiblarde organisation qu’est déjà l’Ordre du Phénix. Et quand bien même il avait prouvé sa valeur en se tenant au milieu de la fosse aux lions des mois durant sans jamais se trahir, nul ne serait capable de lui faire confiance à nouveau. Lui-même, avait du mal à se faire confiance : car son esprit, implacable logisticien, avait germé en une détermination qui menaçait de fondre comme neige au soleil aussitôt qu’il attarderait trop longtemps un regard sur la sorcière. Faible : il avait toujours été faible en compagnie de Shae-Layne Fleming. Hackett. Peu importe. Reine de ses songes, déesses de ces nuits qu’il avait passées à songer, elle n’était qu’une fugace ombre qui refermait ses bras assassins autour de sa poitrine : qu’y pouvait-il ? Se débattre semblait alourdir encore son martyr. L’avait-il pensé jusque-là, avant que son amour ne l’attire dans les profondeurs d’eaux ténébreuses qui l’auraient noyé, sans cette main tendue sur laquelle il avait déjà trop souvent crachée. Sa loyauté devait aller à l’Ordre du Phénix, et non pas à cet amour en miettes qui n’existerait jamais : n’avait existé, candide et idéaliste, qu’entre les murs sécurisants de Poudlard. Le monde réel n’était pas pour eux, le monde réel n’avait de cesse de les piétiner. Quelle était cette chevaleresque détermination qui le faisait sans cesse remonter en selle, à tort et à travers, ignorant même la guerre qui faisait rage dehors ; tuait des vies ? Il s’était voué à trop de saints, des saints ennemis qui se livraient une guerre acharnée juste sous son nez : il était incontestable que Shae n’avait rien de la puissante Mangemort redoutable, sanguinaire à souhait qui prenait un malin plaisir à assassiner tout ce qui lui passait sous la main – par Merlin ! – n’en restait-elle pas moins porteuse de la Marque des Ténèbres, éternellement inatteignable pour lui, comme une pestiférée.

Car les desseins qu’il souhaitait voir accomplis pour le monde, la condamneraient à passer le restant de ses jours à Azkaban, étouffée, aspirée de chaque parcelle de sa vie, par une horde de Détraqueurs. Comme l’avait été finalement le frère de la jeune femme, l’intrus éternel à leur paysage idéal au château : du jour au lendemain, tout comme le Mage Noir avait disparu de la surface de la planète, Moses Fleming était sorti de la vie de sa sœur, enfermé pour le restant de ses jours dans les geôles qu’il méritait. Ils pouvaient avoir pour point commun d’aimer Shae sans pareil, ils n’en restaient pas moins parfaitement opposés : le fou et le pion, car il n’avait pas la prétention de s’imaginer être quoique ce soit d’autre qu’un infime pion d’une infime armée inutile dans une bataille sans fin. Sang-pur, Sang-mêlé, né-moldu : encore des préceptes qui ne faisaient que les éloigner plus encore, Shae et lui. Aucun trait du destin, si ce n’est le Choixpeau, les menant dans la même maison à Poudlard, n’indiquait qu’ils étaient faits pour se retrouver. A Shae, il avait sacrifié des années d’amour qu’il n’avait su consacrer à personne d’autre : son mariage n’avait été qu’une poudre aux yeux qu’il avait lancée sur le monde, pour se donner bon genre, mais qui finalement n’avait pas fait illusion pour bien longtemps. Tandis qu’elle avait poursuivi la vie, expliquant – certes – par la suite avoir prétendu, il était resté coincé dans ces piles de souvenirs qu’ils avaient constitué ensemble : au jour d’aujourd’hui, il était celui sans descendance, celui sans avenir, âme solitaire qui errait dans ce monde, ne s’y découvrant pas la moindre importance. Encore aujourd’hui, alors qu’il était limité aux missions les plus insignifiantes (comme celle-ci), il se demandait pourquoi l’Ordre du Phénix avait risqué la peau de plusieurs de ses membres pour le libérer, lui et une poignée d’autres. Mourir ou survivre à cette guerre de sa part à lui, ne changerait certainement pas la phase du monde : ironiquement, celui-ci reposait sur les épaules d’un gamin de dix-sept ans. Que pouvaient-ils prétendre, face à ça ? Face à l’Elu ? Au fond, s’ils l’avaient voulu, sans doute qu’en tant que deux amants maudits, ils auraient pu prendre leurs bagages, souffler leurs adieux à l’envolée, et disparaître dans la nature comme des voleurs. S’ils l’avaient voulu. Si elle l’avait voulu. Il était triste de réaliser qu’à quarante ans, après vingt-trois ans d’amour déçu, il était encore prêt à vouer son existence à celle qui avait maintes fois fait de son cœur un tas de cendres. Celle qui appréciait visiblement l’impérieux pouvoir qu’elle exerçait sur lui. Et tous les prétextes du monde qui pourraient sortir d’entre les lèvres de Shae ne suffiraient pas à démanteler chacune des tenaces pensées qui avaient germé dans l’esprit du sorcier pendant son interminable captivité. Shae avait-elle seulement essayé de le retrouver ? Ou se cachait-elle derrière son statut de femme mariée pour expliquer la docilité avec laquelle elle avait accepté les horribles desseins auxquels Silas l’avait envoyé ? Sans l’intervention de l’Ordre, il aurait fini par se vider de son sang, mourir d’épuisement, ou tout simplement tué par la clémence du mari Hackett. Et Shae n’aurait rien fait, Shae aurait continué sa vie de Reine de sa propre vie ; poursuivi sa route impériale dans l’existence qui était sienne. Celle d’un Mangemort. Epouse dévouée qui n’en avait cure d’autre chose que du confort de vie auquel elle s’était si bien acclimatée.

Sans doute les sarcasmes, une dose de rancœur faisaient fonctionner l’appareil mental de Crowley de cette manière si critique, mais trop longtemps s’était-il accroché à ce qu’ils pourraient être l’un pour l’autre, ignorant ouvertement, naïvement presque, ce qu’ils étaient réellement. Maudits. Voués à ne plus jamais se retrouver sur cette même longueur d’ondes dont ils vibraient joyeusement lorsqu’ils étaient plus jeunes. Silas s’était mis sur leur voie. Isolde également, d’une certaine manière : parfait et naïf instrument au Mangemort pour accomplir toutes ses volontés, la pauvre gamine était une femme martyrisée, de manière si perverse qu’elle ne s’en rendait même pas compte. Bien souvent, Aodhan s’était contenté d’ignorer toute parole de Shae au sujet de la jeune fille, il n’y avait rien à dire, rien à redire quant à la triste dévotion de la jeune femme envers la seule personne qui apportait un tant soit peu de bonheur à son mariage. C’était juste un pathétique tableau de deux victimes qui restent enfermées dans ce cercle vicieux : et l’éternel refus, fait de prétextes douteux, que Shae avait toujours servi à un Aodhan prêt à les en délivrer, ne faisait qu’accentuer l’idée qu’il s’était fait, avec le temps. Si perfide, si malsaine ; il se pouvait bien que Shae ait fini par accepter ce qu’elle était, quand bien même elle se plaignait, pleurait : elle ne faisait rien pour changer la situation, et accepter, subir, faire subir à sa fille, ce n’était en rien se protéger. La protéger elle. La plus sage décision aurait été de fuir, courir pour leurs vies, tenter une chance au moins : il aurait été le premier là pour elles, qu’elles le comprennent, l’acceptent ou non – mais tout instinct de survie avait sûrement déserté cette ancienne Shae depuis longtemps. Tombée en décrépitude, lentement mais sûrement détruite par un tyran, elle était loin la royale Shae-Layne Fleming dont il était si profondément tombé amoureux : la chercher était vain, elle n’était plus là et elle cherchait des prétextes pour rester enterrée sous une fausse impuissance. Silencieux, donc, devant les paroles vides de sens de son ancienne amante, Aodhan observa longuement le ciel : sa langue n’était-elle pas devenue douloureuse, à force de servir les mêmes prétextes à chacune de ses actions ? Protéger Isolde, il était fou de voir qu’elle croyait vraiment ce qu’elle disait, qu’elle s’imaginait qu’agir de la sorte était la meilleure façon de protéger sa vie. La laisser là, si aveugle face  à la menace qui planait chaque jour, chaque minute, chaque seconde, au-dessus de sa tête. « Ce n’est pas un instrument, Shae ! C’est ta fille. Si ton mari s’en sert pour faire la guerre ou te menacer, tu ne fais certainement pas mieux en t’en servant pour te donner bonne conscience. » Dédaignant le ciel d’un gris perle, virant au blanc, il avait fait volte-face vers la sorcière, comme s’il était à présent à son tour de parler, à elle d’admirer le ciel, le plafond, un mur. D’encaisser, par Merlin, quand bien même elle ne l’accepterait pas, tout ce qu’il avait tant eu le temps de ressasser, au fond de ses geôles.

« Elle est humaine, et en plus d’avoir vingt ans et d’être légalement majeure dans notre monde, elle est parfaitement capable de comprendre les choses ! Quel est l’intérêt que tu as à continuer à lui faire croire qu’elle vit protégée dans cette maison, avec ce type ?! Tu la mets en danger tout autant que lui, et je ne comprends même pas pourquoi tu agis ainsi : parce que c’est un loup-garou ? Tu as passé des années à rabâcher ce prétexte pour tout accepter, tout ce que tu fais, c’est rien, juste encaisser ou réparer ce qui doit l’être : grande nouvelle, ce n’est pas une solution ! » L’emportement le fit même s’approcher de la jeune femme, la toiser de haut en bas, avant de reprendre, les dents étroitement serrées. « Un jour, quand elle mourra sans que tu ne puisses rien faire, tu pourras dire que c’est à cause de lui, autant que tu veux. Mais indéniablement, tu en seras responsable également. » Elle qui prônait que l’amour qu’elle pouvait avoir pour sa fille n’avait aucune limite, elle qui l’avait trahi lui pour les intérêts d’Isolde, elle ne lui donnait pas tant que ça l’impression de les protéger plus qu’en restant les bras croisés, à pleurer son malheur et celui de sa pauvre enfant ; quand Silas agissait, toujours plus vivement. Un instant, il croisa le regard de Shae, regrettant pour une fugace seconde ses paroles, son emportement, ces pas qu’il avait fait, il recula, retournant devant sa fenêtre. « Je n’ai pas besoin de tes prétextes ou de tes excuses. Si tu as quelque chose de constructif à dire, je t’en prie. Mais si c’est pour tenter de m’expliquer pourquoi j’ai passé des semaines enchaîné par ton mari, ce n’est pas la peine de parler. » Le visage fermé, l’expression neutre, il reconnut qu’aucune amertume ne teintait sa voix : comme de nombreuses fois déjà, pour Shae, il aurait été prêt à endurer des semaines encore de torture, si cela lui permettait de s’en sortir. Il n’avait rien fait non plus pour la sortir d’entre les griffes de Silas, elle s’était toujours refusée à lui, si ce n’est dans le plus grand secret d’une intimité éphémère. A quoi bon alors ? Protéger Isolde, protéger Shae pouvaient être des causes pour lesquelles il serait bon de se sacrifier dans cette guerre, peut-être bien ; d’aucune ne voulait de lui par ici et Shae l’avait chassé de son existence de la pire manière qui soit. Qu’il en soit ainsi, donc. Il souffla finalement, presque posément, espérant silencieusement que cette porte finirait par s’ouvrir.
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(aodhan&shae) ✲ maybe by morning you’ll realize why.

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