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 (oberyn&lyla) ♦ fragile peace

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MessageSujet: (oberyn&lyla) ♦ fragile peace   Sam 23 Mar - 16:44

    Le sort lui coupa le souffle comme si elle l'avait reçu elle-même. La scène qui se déroulait sous les yeux de la jeune Lyla était d'une violence rarement égalée. Deux sorciers se faisaient face dans une ruelle sombre, peu éclairée, à l’abri des regards mais pas du sien. Elle avait été curieuse et voilà à quoi cela la menait. La main plaquée sur sa bouche déformée par l'horreur, les yeux grands ouverts et tapie dans l'ombre, Lyla ignorait si elle se devait d'intervenir ou non. Elle ne savait pas qui ils étaient et ils semblaient de forces égales, aucun n'avait l'air d'avoir le dessus sur l'autre, il ne s'agissait pas d'une scène de torture mais d'un combat violent et sans pitié, elle n'avait rien à faire là et elle n'avait pas à se mêler de ce genre de chose. Elle ne distinguait pas leurs visages mais leurs silhouettes étaient celles de deux hommes robustes, bien bâtis, deux grands garçons qui sauraient se débrouiller sans sa fragile expérience en duels. Elle avait toujours été plus douée en potions qu'en défenses contre les forces du mal, ils ne pouvaient pas compter sur elle, ils se débrouillaient bien mieux sans elle. Pourtant, elle restait figée, les jambes tremblantes, elle assistait impuissante à un combat d'une violence inouie. Ils se lançaient des sorts sans la moindre pitié, ils se battaient avec un l'acharnement qu'il fallait pour vouloir vivre, survivre à l'autre. Elle vit un nouveau sort frapper l'un d'entre eux et le son douloureux qui échappa au sorcier lui tira un frisson le long de l'échine. En tant que médicomage, elle était habituée au sang mais elle avait suffisamment d'empathie pour prendre la douleur de quelqu'un comme s'il s'agissait de la sienne. Et tout à coup, tout devint silencieux et elle se rendit compte qu'elle avait fermé les yeux. Elle les rouvrir rapidement et vit les deux hommes à terre, plus aucun mouvement, aucun des deux ne bougeait. Elle regarda autour d'elle, personne n'avait été témoin de cette scène, à part elle. Prudemment, elle sortit de sa cachette et fit un pas en avant, elle rejoignit rapidement les deux corps étendus. Le premier qu'elle vit avait les yeux ouverts, pétrifiés dans la mort. Avec prudence, comme s'il pouvait encore se réveiller, elle approcha sa main de son bras et releva sa manche pour découvrir l'affreuse marque des Ténèbres qui couvrait sa peau. Ce qui voulait signifier que l'autre était une victime, un né-moldu en fuite ou un membre de l'Ordre, ou simplement un sorcier que le mangemort avait voulu punir pour une infraction quelconque. Elle fit volte-face et se précipita vers ce sorcier et le trouva allongé sur le ventre, baignant dans une marre de sang. Elle fut parcourut d'un nouveau frisson mais devait s'assurer qu'il était bien mort avant de passer sa route. Elle s'accroupit et chercha à le retourner, non sans être gênée par sa grande taille et sa corpulence. Au moment où elle arrivait à le remettre sur le dos, l'homme lui attrapa violemment le poignet et elle sursauta en croisant le regard malade d'un homme qu'elle aurait préféré ne pas croiser aussi vite, et pas dans ces circonstances. Ses yeux s’agrandirent de surprise et le choc lui coupa le souffle. « Elijah ? Bon sang, c'est toi ! » Elle ne se rendit même pas compte qu'en passant, elle en avait oublié le prénom dont il s'était affublé et qu'il lu avait demandé de retenir. Peu importe, il n'était pas en état de lui en faire le reproche. Elle tira vivement sur son bras pour dégager son poignet de sa main de fer et analysa rapidement son état physique. Il était plus que salement amoché, elle avait du mal à croire qu'il soit encore en vie en réalité. « Je croyais que c'étaient les nés-moldus qui se faisaient mettre la raclée par les mangemorts , tu devrais envisager une reconversion, la défense de l'opprimé, ça ne te va pas bien au teint. » Ne put-elle s'empêcher de faire remarquer en croisant les bras, comme si c'était le moment d'argumenter sur leur dernière rencontre. Elle était ironique évidemment mais elle finit par froncer les sourcils en voyant son teint gris et le sang qui continuait de se répandre sur le sol. Elle avait assez de cœur pour ne pas le laisser ainsi, dans cet état simplement parce qu'il l'avait maltraité. Après tout, il avait réparé les dégâts par la suite, s'était excusé mais cela ne l'empêchait pas d'avoir la rancune mauvaise. Elle poussa un léger soupire avant de sortir sa baguette et finalement, elle se redressa et s'accroupit sur le sol. Elle était vêtue d'un jean noir et d'un pull qui ne la protégeait que moyennement contre le froid de l'hiver. Mais elle était sortie de son abris si vite qu'elle n'avait pas pris la peine de mettre sa cape. « Il faut bouger, tu ne peux pas rester ici. J'ai trouvé une maison inhabitée pour l'instant, ça fera l'affaire je pense. » L'informa-t-elle ainsi de son intention de lui prêter main forte et de ne pas le laisser mourir. Elle ajouta cependant, tandis qu'elle l'aidait à se redresser. « Et avant que tu ne protestes, je te ferais remarquer que tu n'es pas en état de te débrouiller tout seul alors si tu ne veux pas te vider de ton sang, tu ferais mieux d'accepter mon aide. » Elle n'avait pas l'intention de l'entendre râler sur le fait qu'il pouvait bien se débrouiller seul, elle le savait parfaitement, elle n'avait pas vraiment le temps d'argumenter. Au prix de certains efforts, Lyla réussit à caler Oberyn contre son épaule, elle savait parfaitement que le jeune homme n'accepterait pas qu'elle le fasse léviter jusqu'à la maison et ils devaient traverser la rue pour s'y rendre, cela pourrait faire bizarre, même si malgré l'heure, il y avait peu de chance pour que quelqu'un rôde encore dans le coin. Elle tentait de maintenir le sorcier droit, elle l'aidait à marcher et c'est complètement essoufflée qu'elle parvint à les amener là où elle le souhaitait.

    La maison était aussi silencieuse que quand elle l'avait quitté quelques instants plus tôt en entendant le boucan que faisaient les deux sorciers en plein duel. Elle ouvrit la porte et assista Oberyn jusqu'à la première pièce qu'elle avait trouvé et qui était, par chance, la chambre d'amis. Elle ne mit pas longtemps avant de le laisser se poser sur le lit et à étirer les muscles douloureux de son dos. Oberyn n'était pas obèse mais il était un homme dans la force de l'âge, puissant et musclé. Elle ne pesait pas plus de 55 kilos toute mouillée et faisait bien une tête de moins que lui, autant dire que porter un tel patient n'était pas la tâche la plus évidente qu'elle ait eu à exécuter durant ces dernières semaines de fuite. « Allonges-toi, il faut que tu bouges le moins possible, je n'ai absolument pas le matériel pour te guérir entièrement... » Elle s'interrompit et elle regarda autour d'elle pour trouver une salle de bain attenante et s'y précipiter. Bouger Oberyn n'avait peut-être pas été la meilleure idée qu'elle ait eu mais elle ne pouvait pas le guérir dans la ruelle, les situations extrêmes exigeaient parfois un peu de décision pas facile à prendre. Elle revint rapidement vers le blessé qui en avait profité pour salir les draps et elle se rendit compte rapidement que ses propres mains étaient pleines de sang. Elle grimpa rapidement sur le lit avec tout ce qu'elle avait trouvé dans la salle de bain. La médicomagie ne nécessitait pas que des sorts, il y avait des potions, des remèdes pour certaines blessures et elle n'avait pas le nécessaire sur elle, elle allait donc devoir improviser légèrement. Elle se rendit compte rapidement qu'il perdait du sang, elle voyait une entaille qui partait de la base de son cou et disparaissait sous ses vêtements. Elle se mordit la lèvre et attrapa immédiatement le devant de sa cape. « Il faut que je t'enlève ça pour voir l'étendue des dégâts, tu te sens la force de m'aider un peu ? » Elle n'avait pas spécialement envie de le déshabiller sans son consentement. Elle avait sa baguette dans une main et elle en profita pour nettoyer le sang qui souillait son visage, elle ne constata aucun dégâts au niveau de son nez ou de sa lèvre, bien qu'elle soit légèrement coupée, le sang ne devait pas lui appartenir mais au moins, cela lui donnait un aspect bien moins effrayant. Elle allait avoir du travail si elle voulait le débarrasser de toutes ses blessures et le remettre en état. Des mèches de cheveux s'échappaient déjà de la queue de cheval qu'elle avait faite un peu plus tôt dans la journée et elle avait ce moment réflexe de passer sa main contre son front pour les repousser, ne se rendant pas compte qu'elle commençait à baigner dans le sang du sorcier, ce qui l'effrayait légèrement au vu de son état de faiblesse.
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MessageSujet: Re: (oberyn&lyla) ♦ fragile peace   Mer 27 Mar - 23:05

« Traître ! » Ce mot résonnait dans la tête d’Oberyn, tournant en hurlant comme un ouragan hors de contrôle, et donnant à son bras la puissance nécessaire pour frapper chaque fois un peu plus fort. Un traître, oui, sans doute. Dans le sens le plus strict du terme, il avait été un traître, et il reconnaissait avoir mérité l’insulte. Mais d’un autre côté, il ne faisait que suivre les doctrines du camp qu’il avait choisi. Et ça faisait de lui un homme d’honneur. Il se battait contre un Mangemort parce qu’il faisait partie de l’Ordre du Phénix, et il avait bien l’intention de le tuer pour que leurs rangs soient diminués. C’était l’excuse de façade, elle marchait plutôt bien et il en abusait sans scrupules. Mais l’homme qui l’avait traité de traître était bien plus qu’un Mangemort, et ce n’était pas pour l’Ordre qu’il était venu le débusquer dans cette rue, en pleine nuit. Ils avaient été amis, il y a bien longtemps … Ils avaient partagé beaucoup de choses, entre autres choses leurs rêves d’avenir et certaines filles de Poudlard. Ils s’étaient défiés en duel plus de fois qu’Oberyn ne pouvait s’en souvenir, et autant qu’il se souvienne, il avait gagné la plupart d’entre eux. Pas tous, mais il avait pensé que "la plupart" serait suffisant pour ce soir. Il s’était sans doute légèrement trompé dans son estimation, en pensant qu’il serait facile de le désarmer, comme au temps où ils étaient encore étudiants à Poudlard. Il avait beaucoup appris lors de ses voyages à l’étranger, se mesurant à des duellistes hors pair qui l’avaient mis au tapis jusqu’à ce qu’il parvienne à les contrer. Il avait pris des coups pour mieux apprendre à les rendre, et quand il était revenu en Angleterre, ses talents en combat rapproché étaient bien plus développés que quand il était parti. Et jusqu’à maintenant, ils n’avaient pas failli : à chaque fois qu’il avait choisi une cible, il avait réussi à l’abattre. Certaines fois avec plus de mal que d’autres, certaines fois en y laissant de sacrées quantités de sang, mais il était toujours sorti victorieux dans sa vendetta personnelle. Jusqu’à ce soir. Son ancien ami avait beaucoup appris, lui aussi, sans doute dans les basques de son Maître. Lui qui avait été si virulent contre les sang-de-bourbes et les sangs-mêlés, qui s’était toujours vanté si fort qu’il était supérieur … Ce n’était pas surprenant qu’il ait rejoins les rangs de Voldemort. Mais contrairement aux autres, qui avaient fait partie de leur bande d’amis et qu’Oberyn avait retrouvé avant lui, il n’avait pas tenté de convaincre le sorcier de le rejoindre du côté obscur, et n’avait pas invoqué leur ancienne amitié. Il avait fait feu immédiatement, avec ce mot : traître. Et depuis, Oberyn luttait pour sa vie, autant que son adversaire luttait pour la sienne … Il n’y aurait pas de pitié, pas de supplications ce soir. S’ils devaient tomber, ce serait en défendant chèrement leur peau. Quitte à passer pour un traître, autant le faire correctement …

Oberyn savait qu’il pouvait ne pas ressortir de ce combat. Il l’avait très rapidement compris en voyant l’étendue des pouvoirs de son adversaire. Mais pas un instant il ne regretta d’avoir engagé le duel, même quand son bras commença à faiblir et que certains sortilèges le frappèrent de plein fouet. La douleur était un feu vivace, qui le rongeait de l’extérieur, mais qui prouvait qu’il était encore en vie et qu’il devait s’accrocher. Il était touché, mais l’autre aussi. Il voyait le sang qui coulait sur son visage, éclairé par les éclairs qui jaillissaient de leurs baguettes pour se heurter dans de grands fracas. Les sortilèges fusaient presque avec automatisme, il n’y avait plus de place pour la réflexion dans ce duel, il fallait uniquement trouver la faille … Et la faille, il la trouva enfin. Mais en la trouvant, il baissa sa garde, et un maléfice le percuta avec violence. Il ne put pas vérifier si son propre sortilège avait atteint sa cible, la douleur avait atteint son paroxysme et le noir complet se fit après l’explosion insoutenable, tandis qu’il tombait sur le sol, inconscient. Il refit lentement surface en sentant qu’on le retournait, et une alarme retentit dans son esprit. Il ouvrit brusquement les yeux et saisit par réflexe la première chose qui lui passa sous la main – en l’occurrence, le poignet de son assaillant. Il ne pourrait pas le retenir bien longtemps, sans doute, mais il ferait de son mieux. Mais ce n’était pas son adversaire qui était venu l’achever. Le visage qui le fixait était familier, lui aussi, mais d’une autre manière … « Elijah ? Bon sang, c'est toi ! » A la mention de son prénom, Oberyn tenta de se relever, pour échapper à une menace inconsistante mais qui prenait de l’ampleur, et qu’il avait encore du mal à saisir dans les brumes de son esprit endolori. Mais quiconque l’appelait ainsi avait de bonnes raisons de vouloir l’achever tant qu’il était à terre … La douleur qui fusa de son torse l’en empêcha, lui faisant voir à nouveau trente-six chandelles, et il se laissa retomber sur le bitume. « Je croyais que c'étaient les nés-moldus qui se faisaient mettre la raclée par les mangemorts , tu devrais envisager une reconversion, la défense de l'opprimé, ça ne te va pas bien au teint. » La voix, le ton insolent : il réalisa enfin qui était devant lui, et il grimaça à son attention. C’était le dernier endroit où il souhaitait la voir. « Si tu es venue me faire la leçon, tu peux retourner d’où tu viens, j’ai pas besoin d’une conscience ce soir. » Articula-t-il avec difficultés, du ton le plus désagréable qu’il pouvait produire dans ces conditions. Il n’était pas en état de subir ses impertinences, et il ne pouvait même pas la faire taire – quelle affreuse réalisation ! Il ne restait plus qu’à espérer qu’elle disparaisse rapidement. Elle allait profiter de le voir plus bas que terre un moment, mais elle finirait bien par le laisser à un moment ou à un autre … Il fallait juste qu’il serre les dents jusque là. « Il faut bouger, tu ne peux pas rester ici. J'ai trouvé une maison inhabitée pour l'instant, ça fera l'affaire je pense. » Il eut un peu de mal à croire ce qu’il venait d’entendre, après la façon dont ils s’étaient quittés la dernière fois, et il ouvrit la bouche pour refuser toute aide de sa part, mais elle le coupa avant qu’il ne dise quoi que ce soit. « Et avant que tu ne protestes, je te ferais remarquer que tu n'es pas en état de te débrouiller tout seul alors si tu ne veux pas te vider de ton sang, tu ferais mieux d'accepter mon aide. » Il aurait adoré répliquer immédiatement, mais elle commença à le redresser et la souffrance jaillit à nouveau, lui coupant le souffle. Il avait mal partout, chacun de ses muscles semblait avoir été roué de coups et une migraine atroce lui battait les tempes, mais la douleur qui lui barrait le torse était pire que le reste. Il serra les dents, s’interdisant de laisser échapper le moindre son, et il s’agrippa à Lyla en se remettant debout. Si elle n’avait pas été là pour le soutenir, il n’en aurait jamais été capable, il pouvait s’en rendre compte malgré toute sa mauvaise foi. Mais il n’était pas question de l’avouer à haute voix … Le visage crispé, les poings serrés, il tenta de repousser la douleur qui l’envahissait à chaque pas, et se focalisa uniquement sur l’action mécanique, un pas, puis l’autre, mais il perdit rapidement le fil et se contenta de se laisser guider par la jeune fille.

Il ne réalisa qu’ils étaient entrés dans une maison que quand Lyla le lâcha près d’un lit, et il s’y laissa tomber avec délices. « Allonges-toi, il faut que tu bouges le moins possible, je n'ai absolument pas le matériel pour te guérir entièrement... » Il n’avait pas besoin d’elle pour avoir envie de s’allonger et ne plus bouger, mais il tenta tout de même d’évaluer ses blessures tandis qu’elle s’en allait. Appuyé sur un coude, il tâta son torse pour déterminer la cause de la douleur qui le déchirait complètement – et surtout, la source de tout ce sang. Il s’en rendait compte uniquement maintenant, mais ses vêtements en étaient imbibés, et les draps commençaient à prendre le même chemin. Ce n’était pas bon, pas bon du tout … Il avait la tête qui tournait, il ne savait pas combien de sang il avait perdu mais il n’allait pas faire long feu à ce rythme. Il chercha sa baguette, sans avoir la moindre idée de l’endroit où elle se trouvait, et tourna soudain la tête en sentant le lit s’enfoncer d’un côté. Lyla venait de réapparaître, et était montée sur le matelas, à côté de lui. « T’es pas encore partie, toi ? Tu peux me laisser, je vais très bien m’en sortir tout seul … » Fit-il d’un ton sec, ce qui ne sembla pas la décourager le moins du monde. Il avait cru qu’elle le laisserait, après avoir écouté sa conscience qui lui intimait de ne pas le laisser dehors à la vue de tous, mais il fallait croire que sa conscience était encore plus scrupuleuse que ça. C’était incroyable. N’allait-elle pas le laisser tranquille, après ce qu’il lui avait déjà fait subir ? « Il faut que je t'enlève ça pour voir l'étendue des dégâts, tu te sens la force de m'aider un peu ? » Demanda-t-elle en désignant ses vêtements. Il soupira, agacé par le ton professionnel qu’elle prenait. « Tu crois que c’est le moment pour jouer au docteur ? » Il ne pouvait pas s’en empêcher, il fallait qu’il râle, qu’il exprime son mécontentement. Tout, plutôt que de laisser transparaître la douleur, voire même la peur qui commençait à grandir en sentant le liquide chaud qui imbibait les draps, sous lui. Il laissa Lyla lui nettoyer le visage, avant de se redresser tant bien que mal pour enlever sa cape. Cette étape là fut relativement simple, mais il faillit défaillir quand il fallut se contorsionner pour enlever son pull. Quelle idée de s’être tant habillé ! Quand il y parvint enfin, il se laissa retomber sur les oreillers, le visage pâle et le souffle court. « Pour la chemise, je te laisse faire. » Lâcha-t-il dans un souffle. Elle pouvait la réduire en lambeaux, il n’en avait plus rien à faire : il ne pouvait plus faire un seul geste. Il ferma les yeux et ses doigts s’agrippèrent aux draps quelques secondes, le temps qu’il retrouve un semblant de souffle, et que la douleur se calme légèrement. Les yeux toujours fermés, il reprit alors la parole, d’une voix bien moins désagréable. « Pourquoi est-ce que tu t’occupes de moi ? Je ne l’ai pas franchement mérité, la dernière fois … »
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MessageSujet: Re: (oberyn&lyla) ♦ fragile peace   Jeu 28 Mar - 14:01

Lyla s'était presque attendu à ce que le jeune homme la réprimande pour avoir utilisé son ancien prénom mais il se contenta de se relever brusquement, parce qu'il semblait penser qu'elle était une menace, ce qui était bien loin d'être le cas. Mais elle pouvait le comprendre, il venait de mener un combat mortel, il était en droit de se méfier et d'avoir peur d'une attaque alors qu'il était au sol et blessé. Mais il souffrait visiblement bien trop pour représenter lui-même une menace pour elle et elle n'avait rien à craindre de lui en cet instant. C'était plutôt l'inverse, il fallait bien le dire et si elle n'était pas vraiment prête à l'aider tout de suite, elle ne put s'empêcher de lui faire une remarque sarcastique, ce qui visiblement permit à Oberyn de l'identifier et de comprendre qui elle était. Elle eut même le droit à une grimace et elle eut presque envie de sourire devant son comportement parce qu'elle se doutait bien qu'il ne souhaitait pas la voir à cet instant, elle-même n'était pour l'instant pas réjouie à l'idée de le retrouver mais elle ne pouvait pas le laisser ainsi, dans la rue, seul et blessé. Pour un peu que la malchance se soit abattu sur lui, la pluie n'allait pas tarder à leur tomber sur la tête. « Si tu es venue me faire la leçon, tu peux retourner d’où tu viens, j’ai pas besoin d’une conscience ce soir. » Elle leva les yeux au ciel légèrement mais la réplique ironique qu'elle tenta de retenir ne mit pas longtemps à franchir le bout de ses lèvres, incapable de se retenir. « C'est donc ça, tu t'en es débarrassé, c'est bien dommage, tu aurais bien eu besoin d'une conscience avant de te jeter tête baissée dans un combat mortel ! » Ne put-elle s'empêcher de lui faire remarquer. Elle ne comprenait toujours pas cette envie, cette rage qu'il avait à attaquer les mangemorts de lui-même, en combat singulier, il y mettait un tel acharnement que cela faisait peur. Elle ne pourrait certainement pas comprendre ses motivations mais elle n'avait pas envie de le comprendre tout de suite. Elle avait autre chose à faire, elle allait devoir l'aider, elle se sentait obligée, malgré tout ce qui s'était passé entre eux. Elle l'aida à se relever avant qu'il n'ait pu émettre la moindre objection et la douleur lui coupa le souffle, l'empêchant de râler, ce que Lyla jugeait comme une bénédiction. Elle allait pouvoir profiter de son silence pour le déplacer sans qu'il ne proteste. Elle entendit sa respiration erratique et l'inquiétude la gagna légèrement sans qu'elle ne cherche à le montrer, tout comme lui s'efforçait de ne pas émettre le moindre son tandis qu'elle soufflait largement sous le poids de l'homme qu'il était.

Elle ne tarda pas, non sans avoir l'impression de s'être disloquée en chemin, à atteindre la maison et à son grand soulagement, le lit sur lequel elle réussit à le poser pour qu'il se repose. Elle le laissa quelques instants, le temps d'aller chercher un peu de matériel dans cette maison moldue. Elle aurait mieux fait d'emprunter la maison d'un autre sorcier mais les risques étaient trop grands pour elle à chaque fois, la piqûre que lui avait administré Oberyn la dernière fois l'avait définitivement anesthésiée. Mais l'état dans lequel il était la força à se dépêcher et c'est soucieuse qu'elle le rejoignit sur le lit. Il était visiblement de plus en plus faible et elle fronça les sourcils lorsqu'il tourna la tête et qu'elle croisa son regard. « T’es pas encore partie, toi ? Tu peux me laisser, je vais très bien m’en sortir tout seul … » Elle haussa les sourcils en le regardant, comme s'il avait perdu la tête tout à coup. Il comptait sans sortir tout seul ? Et par quel miracle comptait-il faire ça ? Il était sûrement bien plus blessé qu'elle ne l'avait vu et lui voulait se vider de son sang sur le matelas simplement par fierté ou pour un sentiment qu'elle ignorait encore, parce qu'elle ne comprenait pas vraiment ce qui le poussait à être aussi froid et sec. Il était blessé, il s'agissait peut-être d'une raison suffisante après tout, réagissant comme un animal blessé, il devait attaquer pour ne pas se laisser faire. Elle pouvait comprendre ce raisonnement mais c'est avec agacement qu'elle répondit. « Je déteste énoncer des évidences mais je t'ai conduit là où j'avais l'intention de passer la nuit et si tu n'es pas au courant, laisses moi te dire que les maisons inhabitées ne poussent pas sur le sol à volonté, il commence à se faire tard et je n'ai pas envie de dormir dehors, alors tu m'excuseras si je n'ai pas envie de passer ma nuit dans la chambre d'à côté à t'entendre mourir doucement mais violemment, parce que laisses moi te dire que tu es loin d'être en état de t'en « sortir seul » le paraphrasa-t-elle immédiatement dans une tirade qu'elle finit en soupirant largement, parce qu'elle perdait du temps à argumenter et évidemment, elle mentait. Ce n'étaient pas les raisons qui la poussaient à rester près de lui mais elle n'allait pas lui avouer qu'elle était inquiète pour lui.

Elle lui demanda de l'aider à retirer ses vêtements mais il soupira et répondit avec agacement. « Tu crois que c’est le moment pour jouer au docteur ? » Elle leva cette fois pleinement les yeux au ciel, soupirant à son tour. « Tu crois que c'est le moment de poser des questions idiotes ? » Elle était agacée qu'il argumente quand il s'intéressait à lui pour une fois et lui proposait son aide. Elle n'allait pas se laisser faire par son caractère incroyable cette fois, il n'était pas question qu'il l'intimide ou qu'il reprenne le dessus sur elle. Leur dernière rencontre l'avait fait réfléchir et elle avait repris du poil de la bête le concernant. Pourtant, malgré sa question, il fit l'effort de l'aider en se débarrassant de sa cape et de son pull. Elle fronça les sourcils en le voyant retomber le souffle court et le teint blême. Il finit par souffler. « Pour la chemise, je te laisse faire. » Elle hocha la tête mais tourna immédiatement les yeux en le voyant crisper les doigts autour des draps, il était en plus mauvais état qu'elle ne l'avait cru. Inquiète par la couleur de sa chemise, elle ne put s'empêcher de penser qu'à son avis, sa couleur de base n'était pas le rouge sang. Elle attrapa le col rapidement et s'attaqua aux boutons rapidement. Si elle était inquiète, ses doigts n'en montraient rien, elle ne tremblait pas, elle agissait de manière automatique, professionnelle parce qu'elle savait parfaitement ce qu'elle avait à faire, elle était dans son domaine de prédilection. A mesure qu'elle enlevait un bouton à sa chemise, elle pouvait constater que la coupure qu'il avait à la base du coup se prolongeait le long de son torse et disparaissait sous la ceinture de son pantalon. Son adversaire ne l'avait absolument pas manqué. Elle ne s’embarrassa pas de sentiment pour découper les manches de la chemise et constata quelques autres blessures sur l'un de ses bras. Elle baissa les yeux vers le pantalon qui n'était pas déchiré, la raison pour laquelle il était si mal en point était le sang qu'il avait perdu. La blessure était profonde, elle prit une légère inspiration et posa une main sur son torse avant de pointer sa baguette sur son cou. Elle profita du fait qu'il ait les yeux fermés pour se concentrer mais ne s'attendait pas à ce qu'il lui parle. « Pourquoi est-ce que tu t’occupes de moi ? Je ne l’ai pas franchement mérité, la dernière fois … » Elle releva les yeux vers son visage mais reprit immédiatement ce qu'elle était entrain de faire, elle n'avait pas de temps à perdre. Elle fronça les sourcils pour s'armer de toute sa concentration et prononça la première formule de guérison qui lui passait par la tête, sans trop d'espoir que cela marche. Elle n'avait aucune idée de la nature du sort qu'il avait reçu et échoua la première fois. Elle profita de réfléchir à un autre sort pour lui répondre. « Ton cadavre faisait désordre dans l'allée et gâchait la vue que j'avais de la fenêtre. » Répondit-elle sans aucun sérieux puisque de toute façon, elle n'ouvrait pas les volets lorsqu'elle entrait chez quelqu'un. Elle se concentra à nouveau et réussit cette fois à lancer un sort qu'elle fit courir le long du torse du sorcier, refermant doucement la plaie, le sang cessa alors de couler sur le matelas mais ses mains en étaient imbibés. La main toujours à plat sur son torse, elle répéta la formule à trois reprise, concentrée et méthodique, elle sentait l'adrénaline s'infiltrer en elle comme à chaque fois qu'elle parvenait à guérir quelqu'un. Elle sentait le soulagement la parcourir et se rendit compte qu'elle n'aurait pas su comment réagir s'il avait rendu son dernier souffle entre ses doigts. Elle inspira de nouveau tandis que sa baguette descendait doucement, refermant sa blessure jusqu'à l'aine. Elle poussa un profond soupire malgré la cicatrice encore rougeâtre qui zébrait sa peau. Elle passa une nouvelle fois le dos de sa main contre son front avant de se pencher et d'attraper une pommade et d'en lire rapidement la notice. « Ça devrait assouplir la cicatrice, certains sorts auraient été plus efficaces pour ne pas laisser de trace mais aucun n'aurait été aussi efficace pour refermer la plaie. Je connais une potion qui la fera disparaître, je te donnerais les ingrédients pour la concocter. » Elle parlait d'un air parfaitement concerné avant de le regarder de nouveau et dans un geste presque automatique, elle pressa la main contre le front de Oberyn, pour s'assurer qu'il n'était pas gagné par la fièvre et constata que c'était le cas. Elle fronça légèrement les sourcils. « Tu as perdu trop de sang, comment tu te sens ? » Demanda-t-elle, parce qu'il était le seul capable de lui dire comment il se sentait. Elle ne perdit pas de temps pourtant et enjamba rapidement le corps du jeune homme pour passer de l'autre côté et prendre son bras dans le sien où une autre blessure devait le faire souffrir. Du sang continuait de s'en échapper et elle se dépêcha de répéter son sortilège, sans succès cette fois. Elle sut alors que malgré l'horreur de sa blessure sur le torse, c'était celle à son bras qui provoquait la fièvre et qui le menaçait. Elle constata que la blessure partait légèrement le long de son épaule et dans son dos et elle prit l'appui pour le retourner légèrement et le mettre sur le côté. La jeune femme s'agenouilla derrière lui en attrapant du coton et l'alcool qu'elle avait trouvé dans le placard du moldu. Elle se demanda si elle devait le prévenir ou non et elle prit le partie de le faire. Elle appliqua le coton imbibé d'alcool sur la blessure à l'instant précis où elle parlait. « Ça risque de piquer un peu. » Annonça-t-elle légèrement, sans que cela ne serve à grand chose. Dans un élan de bonté, elle attrapa la bouteille et la tendit devant Oberyn, au cas où l'envie lui prendrait de s'en prendre une petite gorgée. « Tiens, c'est pas du whisky mais ça devrait faire l'affaire ! » Lui lança-t-elle avant d'attraper une compresse et constata avec satisfaction que le saignement avait cessé, elle n'avait pas eu le temps de tester tous les sorts qu'elle connaissait. Elle fit passer la compresse autour de son épaule, entoura son bras avec efficacité, serrant suffisamment pour protéger la blessure mais pas assez pour lui couper la circulation du sang.

Une fois terminé, elle le remit avec douceur sur le dos et l'observa légèrement. Elle l'enjamba à nouveau avec rapidité, comme si elle faisait ça tous les jours et retourna dans la salle de bain pour chercher des comprimés. Sa connaissance de la médecine moldue était assez limitée mais elle savait quoi lui donner pour faire taire la douleur. Elle revint avec et lui tendit deux comprimés, prête à l'aider s'il ne parvenait pas à les avaler tout seul. Elle lui tendit alors un verre d'eau, lui reprenant la bouteille d'alcool au passage. « Il va falloir que tu te reposes si tu ne veux pas aggraver ton cas, de toute façon, je doute que tu puisses aller où que ce soit. Tu es blessé ailleurs ? » Demanda-t-elle en revenant sur le matelas à côté de lui, prête à intervenir s'il était blessé, il parcourait son corps du regard mais elle n'osait pas lui demander de retirer son pantalon pour vérifier d'elle-même. Elle avait beau être en mode professionnelle, elle connaissait Oberyn et quelque chose lui disait que la méthode lui plairait très peu.
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MessageSujet: Re: (oberyn&lyla) ♦ fragile peace   Mer 3 Avr - 20:39

C’était décidemment une mauvaise soirée. En plus d’être blessé – ce qui était déjà suffisant pour le mettre de mauvaise humeur – il avait fallut qu’elle soit dans les parages pour assister à sa déconfiture. Elle, Lyla Wellington. Celle qu’il avait essayé de tuer avant d’être pris de remords, et par conséquent, celle qu’il ne voulait plus jamais recroiser sur cette satanée île britannique. Il n’aimait déjà pas qu’on le surprenne en position de faiblesse, par qui que ce soit. Mais avec elle, c’était bien pire encore … Et il savait qu’elle allait en profiter, il ne savait pas encore comment mais il en était certain. Pour l’instant, cependant, elle ne semblait pas avoir envie de prendre sa revanche. « C'est donc ça, tu t'en es débarrassé, c'est bien dommage, tu aurais bien eu besoin d'une conscience avant de te jeter tête baissée dans un combat mortel ! » Il s’attendait à ce qu’elle prenne avantage de la situation, mais pas de cette façon … Trop légère. Elle était simplement égale à elle-même, à le réprimander d’une voix pleine de sarcasme, mais ce n’était rien par rapport à ce qu’elle aurait pu faire si elle avait voulu en profiter. « Et de quoi tu te plains ? Le combat mortel t’as débarrassée d’un Mangemort et j’aurais même pu y rester, alors laisse ma conscience là où elle est, ça devrait te convenir comme ça. » Râla-t-il non sans jeter un coup d’œil au corps qui gisait à quelques mètres d’eux. Même si lui-même était dans un piètre état, le principal restait que son adversaire, lui, ne bougerait plus d’un pouce. Et à cette pensée, une agréable sensation de satisfaction le gagna … Pas suffisante, pourtant, pour couvrir la douleur qui jaillit quand Lyla l’aida à se relever pour le mener jusqu’à la maison. Et il en oublia bien vite tout plaisir d’avoir achevé son camarade, quand il commença à penser qu’il pouvait encore y rester, lui aussi. Une fois sur le lit, constatant la quantité de sang qu’il avait perdue et qu’il perdait encore, sans réussir à mettre la main sur sa baguette et sans réussir à se souvenir s’il avait entendu une quelconque formule qui aurait pu le mettre sur la voie pour identifier ses blessures, cette pensée prit de plus en plus d’ampleur. Il se croyait seul, n’imaginant pas un seul instant que Lyla puisse revenir pour lui, aussi il fut surpris de la voir réapparaître. Et surpris, dans son état, signifiait qu’il allait laisser exprimer toute sa mauvaise humeur, plutôt que de laisser transparaitre la moindre peur – voire même le moindre soulagement à l’idée de ne pas avoir à se débrouiller par lui-même. Il n’était de toute façon absolument pas prêt à reconnaître qu’il avait besoin d’elle, surtout pas d’elle, même en son for intérieur il n’y songeait pas un instant et il était tout à fait sincère en souhaitant à haute voix qu’elle s’en aille. « Je déteste énoncer des évidences mais je t'ai conduit là où j'avais l'intention de passer la nuit et si tu n'es pas au courant, laisses moi te dire que les maisons inhabitées ne poussent pas sur le sol à volonté, il commence à se faire tard et je n'ai pas envie de dormir dehors, alors tu m'excuseras si je n'ai pas envie de passer ma nuit dans la chambre d'à côté à t'entendre mourir doucement mais violemment, parce que laisses moi te dire que tu es loin d'être en état de t'en "sortir seul" ». Sa petite tirade ne le dupa pas une seule seconde, et il la regarda avec un rictus narquois. Lyla se sentait-elle donc si redevable envers lui qu’elle ne pouvait pas le laisser crever dans son coin ? « Si c’est tout ce qui t’embête, je suis certain que tu connais des sortilèges de mutisme qui me permettront de mourir sans déranger ton sommeil le moins du monde. Ne t’encombre pas d’une conscience, toi non plus, et laisse-moi me débrouiller, j’ai déjà survécu à pire que ça. » Lâcha-t-il aussi sèchement que possible. Ce dernier point était sans doute un mensonge, même s’il n’en était pas complètement certain lui-même. Il n’arrivait pas à déterminer la gravité de ses blessures, mais il était presque convaincu qu’il pourrait s’en sortir à condition de retrouver sa baguette … Mais elle lui faisait défaut et sans elle, il ne pourrait pas faire quoi que ce soit.

A défaut de pouvoir se soigner seul, et puisque Lyla ne semblait vraiment pas avoir l’intention de céder à ses plus égoïstes pulsions en le laissant seul, il dut se résigner à la laisser faire. Mais Lyla avait toujours été une enfant à ses yeux, et une moldue qui plus est. Qu’elle lui ait dit, la dernière fois, qu’elle était Médicomage, ça lui était complètement sorti de la tête, et il voyait d’un très mauvais œil le fait qu’elle essaye de le soigner par ses propres moyens. Il n’était sans doute pas très calé en guérison, mais il avait déjà fait ça plusieurs fois, alors qu’elle ? Elle n’était qu’une gamine en fuite, quel bien pouvait-elle lui faire ? Si elle souhaitait réellement tenter de le guérir et non pas l’achever quand il s’y attendrait le moins … La mauvaise humeur d’Oberyn ressortit donc à nouveau, mais la répartie de Lyla fusa, tranchante. « Tu crois que c'est le moment de poser des questions idiotes ? » Comme un enfant qu’on réprimande, il se vexa de cette pique, bien qu’elle soit tout à fait justifiée. « Ca te change, c’est toi la reine des questions stupides d’habitude. » Répliqua-t-il vertement. Il n’avait pas l’intention de se laisser faire, il pouvait aussi se montrer têtu et puéril quand il le voulait. Pourtant, il accéda de son plein gré à sa demande d’ôter le haut de ses vêtements, et la douleur qu’il récolta au passage lui fit passer l’envie de manifester sa mauvaise humeur. D’autant qu’il se retrouva incapable de terminer le travail correctement, mais la seule idée de déboutonner sa chemise, bouton par bouton pendant de très longues secondes, lui mettait le cœur au bord des lèvres. Il avait l’impression qu’une épée chauffée à blanc venait de lui transpercer le torse, le moindre mouvement était un supplice, et tandis qu’il fermait les yeux pour reprendre son souffle et éviter de perdre connaissance, il eut une pensée amère pour le Mangemort qu’il avait laissé dans la ruelle. En cet instant précis, il aurait adoré pouvoir le tuer une seconde fois … Il sentit Lyla lui enlever sa chemise, et il la laissa faire, sans plus aucune envie de la rabrouer ou de mettre en question ses talents de guérisseuse. Au point où il en était, elle pouvait aussi ben l’achever, il n’était même pas sûr de lui en vouloir. Quand il ne bougeait pas, la douleur restait diffuse, supportable, mais il se sentait également nauséeux, et plus les secondes passaient et plus il sentait son énergie se déliter, s’échappant avec le sang qu’il perdait. Ce fut sans doute pour cette raison qu’il laissa échapper une question qui n’avait rien d’agressive, bien loin de ressembler à celui qu’il était quelques instants plus tôt. Il ne remarqua pas qu’elle mit quelques secondes à répondre, ni que cela coïncidait avec une formule qui ne lui fit aucun effet. « Ton cadavre faisait désordre dans l'allée et gâchait la vue que j'avais de la fenêtre. » Un rire secoua Oberyn, avant qu’il ne se remette à grimacer sous le coup de la douleur. Rire était définitivement une mauvaise idée, mais ça avait été une réaction naturelle, qu’il n’avait pas contrôlée et à laquelle il avait encore moins réfléchi. « Désolé, je ne voulais pas gâcher tes vacances. » Lâcha-t-il avec autant de sérieux qu’elle avait mis dans sa propre réponse, sachant très bien qu’elle n’était pas ici pour jouir de la vue mais uniquement pour avoir un toit au-dessus de sa tête. Il sentit ses muscles se détendre presque tout de suite après, et la douleur dans son torse s’estompa peu à peu. Cette fois, il ouvrit les yeux, presque surpris de ce changement radical. Lyla était penchée sur lui, les sourcils froncés, et elle s’appliquait à refermer sa plaie avec un professionnalisme qu’il ne lui connaissait pas. Il la regarda faire, presque subjugué sous cette démonstration de ses pouvoirs sorciers. Il avait l’impression d’avoir en face de lui une toute autre personne, qu’il n’avait jamais rencontrée avant. Une personne plus mature, douée de talents qu’il n’avait pas soupçonnés avant ce soir. « Ça devrait assouplir la cicatrice, certains sorts auraient été plus efficaces pour ne pas laisser de trace mais aucun n'aurait été aussi efficace pour refermer la plaie. Je connais une potion qui la fera disparaître, je te donnerais les ingrédients pour la concocter. » Il cligna des yeux et jeta un vague regard à la pommade qu’elle lui présentait, assimilant lentement ses paroles. Même sans la douleur lancinante de sa poitrine, il avait du mal à se concentrer. La regarder faire était apaisant, mais elle semblait maintenant attendre une réponse et il devait faire un effort pour y réfléchir. « Je ne suis plus à une cicatrice près, de toute façon … Tant que c’est guéri, c’est tout ce qui importe. » Répondit-il finalement. Il espérait qu’elle verrait dans cette réponse la gratitude qu’il n’exprimait pas clairement, mais il était réellement reconnaissant qu’elle lui ait évité de se vider de son sang jusqu’à ce que la mort l’emporte. Il se sentait vraiment mieux, sans la douleur qui lui barrait le torse et qui l’empêchait de se mouvoir, mais elle se pencha sur lui, posa sa main sur son front, et eut l’air un peu inquiète. « Tu as perdu trop de sang, comment tu te sens ? » Il fronça légèrement les sourcils et haussa les épaules, par habitude, ce qui réveilla d’autres blessures qu’il avait ignoré jusque là. Le Mangemort ne l’avait pas loupé … Un de ses bras était complètement ankylosé, et son épaule le brûlait. Mais à bien y réfléchir, ça n’était plus grand-chose par rapport à ce qu’elle avait déjà soigné, et ça ne l’inquiéta pas un seul instant. « Je ne disputerais pas un match de Quidditch dans l’instant, mais ça va déjà mieux … Et pourquoi tu poses la question si tu n’écoutes pas la réponse ? » Ajouta-t-il en la voyant passer par-dessus lui. Mais au lieu de s’en aller comme il l’avait cru au premier abord, elle s’agenouilla à nouveau à ses côtés pour s’occuper de son bras. Elle était plus inquiète pour ses blessures qu’il ne l’était lui-même ! Mais elle avait sans doute une meilleure vue dessus que lui, qui préférait ne pas trop y regarder de près, puisqu’elle était là pour le faire à sa place …

Il la laissa faire, non sans remarquer que cette fois, elle ne parvenait pas à refermer la blessure aussi facilement. Il se sentit presque offensé par cet échec – en quelques minutes, il était passé du stade de celui qui ne croyait absolument pas en ses pouvoirs, à un homme convaincu qu’elle était capable de soigner n’importe quelle blessure. Et cette fois, elle devrait encore y parvenir ... Non ? « Ça risque de piquer un peu. » Il grimaça en sentant qu’elle appuyait sur sa plaie, et ferma les yeux un instant, pour les rouvrir et voir danser devant lui une bouteille d’alcool. « Tiens, c'est pas du whisky mais ça devrait faire l'affaire ! » Il leva les yeux au ciel avec un rictus ironique en l’entendant parler : elle l’avait donc catalogué dans la section des alcooliques ? Pourtant, il ne se gêna pas pour porter la bouteille à ses lèvres, cela ne pouvait pas lui faire de mal et il avait bien besoin d’un remontant. Il poussa un grognement de dégoût en avalant une première lampée. « Aaah … C’est immonde, tu essayes de me faire boire de l’alcool à brûler ? » Il n’avait jamais rien bu d’aussi infect, et pourtant il en reprit une gorgée, et encore une autre, grimaçant sous la brûlure, mais appréciant grandement de se concentrer là-dessus, plutôt que sur les soins de Lyla. Finalement, elle le remit sur le dos, et il la regarda repartir dans la pièce d’à côté, avant de revenir avec deux cachets dans la paume de sa main. Alors qu’il faisait un geste pour les avaler, elle lui confisqua la bouteille d’alcool et il se remit à râler en voyant qu’elle lui donnait un verre d’eau pour remplacer. « Au point où j’en suis, tu peux bien me laisser la bouteille ! » Il essaya de lui reprendre la bouteille des mains, sans succès, et dut se résoudre à avaler les cachets avec de l’eau. « Il va falloir que tu te reposes si tu ne veux pas aggraver ton cas, de toute façon, je doute que tu puisses aller où que ce soit. Tu es blessé ailleurs ? » Il se redressa sur le lit, de façon à s’adosser contre le mur derrière lui, observant au passage la tache de sang qu’il avait laissé sur les draps. Il se sentait bien mieux, et le seul fait de réussir à s’asseoir sans avoir besoin de son aide lui semblait un très grand pas en avant. Il fit jouer ses épaules, plia légèrement les jambes – mais il était plus tiraillé par les courbatures, à présent, que par de réelles blessures. Il nota qu’elle ne lui avait pas ôté son pantalon pour vérifier, et dut se mordre la langue pour ne pas faire une remarque graveleuse à ce sujet. Quelque part, il lui était vraiment reconnaissant pour ce qu’elle avait fait, et il n’avait plus envie de déterrer la hache de guerre. Il se contenta de vérifier qu’aucune tache de sang ne s’élargissait à son insu sur son pantalon, mais le Mangemort avait concentré ses frappes au-dessus de la ceinture, visiblement. Et cette fois, il l’en remercia … « Je crois que tu t’es occupée du principal. Tu n’es plus une moldue, alors. » Faire ce genre de remarque était plus facile que de prononcer des remerciements en bonne et due forme, ce qu’il n’était pas encore prêt de faire. « Et toi ? Tu vas mieux que la dernière fois où je t’ai croisée. » Disons plutôt qu’elle allait mieux que la dernière fois où il l’avait laissée, encore couverte de contusions dues à sa crise de colère … Il évita de croiser son regard, pas vraiment fier à ce souvenir.
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MessageSujet: Re: (oberyn&lyla) ♦ fragile peace   Ven 5 Avr - 22:33

Toute personne normalement constituée aurait vu en Lyla une bénédiction, un soulagement, une apparition inattendue et appréciée mais elle n'avait pas n'importe qui en face d'elle et au lieu d'apprécier simplement l'aide que la jeune femme lui apportait, il fallait qu'Oberyn boude, gronde et se montre froid et distant, comme il l'avait été au moment de leur dernière rencontre. Il était de mauvaise humeur, c'était plus qu'évident mais elle n'y pouvait rien si elle se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment. Aurait-il franchement préféré qu'elle passe son chemin sans même lui accorder le moindre regard, la moindre attention ? Il ne pouvait pas simplement dire merci et se taire, si tant est qu'il connaisse la signification du mot. Mais il s'était excusé la dernière fois, il était donc au courant des dernières tendances en matière de politesse, ce qu'il semblait avoir oublié à force de se battre comme un sauvage contre un mangemort. Elle ne savait pas réellement si elle avait envie de profiter d'une telle situation, si elle voulait en tirer un certain avantage, en réalité, elle ne pensait même pas à cela, elle n'était pas aussi sournoise, elle avait un cœur bon, malgré les horreurs de la guerre, elle n'avait pas le courage de le laisser agoniser ou de le meurtrir davantage. Elle n'était pas lui. « Et de quoi tu te plains ? Le combat mortel t’as débarrassée d’un Mangemort et j’aurais même pu y rester, alors laisse ma conscience là où elle est, ça devrait te convenir comme ça. » Elle fronça les sourcils, ce qu'il pouvait être têtu et désagréables quand il s'y mettait ! Elle poussa un soupire, parce qu'elle avait remarqué que ce simple geste l'énervait la plupart du temps et elle était une spécialiste pour soupirer à tout bout de champ, elle le faisait sans cesse, elle avait besoin d'exprimer ses sentiments de cette manière et Oberyn l'agaçait, même si cela ne la faisait pas fuir un seul instant, bien au contraire, elle restait là et se demandait grandement pourquoi d'ailleurs. « Je me liquéfie de reconnaissance à l'heure actuelle! » Ironisa-t-elle sans pitié. Mais elle n'allait pas rentrer dans un débat aussi stérile avec lui, s'il était fier de ce qu'il venait de faire, tant mieux, elle se fichait de ce qu'il pouvait bien devenir, pas vrai ? Et pourtant, elle l'aida à se relever, non sans grimacer alors qu'elle le sentait souffrir entre ses doigts. Elle détestait voir les gens en proie avec la douleur, c'est pourquoi elle avait étudié dur pour pouvoir apaiser la souffrance des gens et les guérir de leurs maux, elle savait qu'elle était faite pour ça. Et malgré le poids plume du jeune homme, elle parvint à destination sans trop de difficulté, sans se dire une seule fois qu'ils laissaient derrière eux un cadavre sur lequel n'importe qui pouvait tomber à présent, moldu ou sorcier. Grand bien lui fasse, c'était un mangemort, elle se fichait bien de ce qu'il pouvait devenir après tout, elle n'avait pas à y penser, elle préférait concentrer l'attention sur le blessé qu'elle plaça sur le lit. Elle le laissa quelques instants avant de revenir, pour lui permettre d'exprimer toute la mauvaise humeur dont il était capable et apparemment, il en avait à revendre. « Si c’est tout ce qui t’embête, je suis certain que tu connais des sortilèges de mutisme qui me permettront de mourir sans déranger ton sommeil le moins du monde. Ne t’encombre pas d’une conscience, toi non plus, et laisse-moi me débrouiller, j’ai déjà survécu à pire que ça. » Elle posa ses poings sur ses hanches, espérant adopter une attitude sévère et elle fronça les sourcils, exaspérée. « C'est quoi ton problème exactement ? Tu peux pas simplement apprécier le fait que je t'aide au lieu de me demander de me justifier ? Tu as vraiment de la chance, j'ai une conscience et visiblement, j'ai dû trouver la tienne au passage parce que je suis pas capable de te laisser dans cet état, même si Monsieur est suffisamment grand pour se débrouiller tout seul, il va quand même avoir mon aide et si ça lui plait pas, qu'il essaye donc de me jeter dehors ! » Elle le mettait clairement au défi d'avoir la force de l'empêcher de le soigner. Puisqu'il avait décidé que la mauvaise humeur serait de mise, elle était parfaitement capable de s'y mettre, elle aussi. Elle n'avait pas d'effort à fournir pour exploser, leur dernière rencontre était toujours gravée en elle, Lyla ne risquait pas d'oublie ce qu'il s'était passé et il était naïf s'il croyait que c'était le cas. Et s'il cherchait une explication rationelle à tout ceci, il n'en aurait pas parce qu'elle ne jugeait pas utile de se justifier devant lui, elle ne lui devait absolument rien et certainement pas des raisons pour son aide. C'était d'ailleurs un comble qu'il ose en demander une seule ! Mais bien vite, sa conscience lui ordonna certaines gestes et elle finit par oublier la mauvaise humeur qu'il avait fait naître en elle, il fallait qu'elle l'aide, c'était quelque chose contre laquelle elle ne pouvait pas lutter, elle s'y sentait obligée.

Cela n'empêchait pas Oberyn de conserver la sienne, de mauvaise humeur puisqu'il continuait de chercher à savoir ce qu'elle avait l'intention de faire. Dans son état, elle aurait aussi peur qu'une personne profite de sa faiblesse mais elle ne l'avait pas amené dans un lit confortable pour avoir l'occasion de le torturer à sa guise maintenant qu'ils étaient à l'abris des regards. Elle n'avait jamais été sadique et la torture ne l'intéressait absolument pas. Son travail était de soigner, non de blesser. Elle le sentit se renfrogner quand elle se mit à jouer à son jeu des questions idiotes et elle eut presque envie de sourire devant sa mine. « Ça te change, c’est toi la reine des questions stupides d’habitude. » Voilà qui ne les changeait pas, la dernière fois, ils avaient tout fait pour avoir le dernier mot et cette fois ne faisait absolument pas exception à la règle, ils allaient s'envoyer le souaffle à l'infini sans se lasser jusqu'à ce que l'un d'eux le fasse tomber, ils étaient aussi têtu l'un que l'autre, ils s'en étaient déjà rendus compte mais ce n'était pas quelque chose que Lyla allait apprécier pour l'instant, au contraire, elle avait besoin de se concentrer et il lui faisait perdre le fil avec ses questions et sa répartie. « On mettra ça sur le compte de ceux qui prennent trop de coups sur la tête ! » Répondit-elle distraitement et pourtant, elle savait très bien ce qu'elle disait et elle ne l'avait pas prononcé d'une voix aussi sympathique, elle n'avait pas l'intention de se laisser faire et lui rappeler ce qu'il avait fait était peut-être le meilleur moyen de lui clouer le bec, si tant est qu'il regrette son geste, comme il le lui avait écrit sur le petit mot qu'il lui avait laissé. Mais ce n'était pas son intention, de remettre le sujet sur le tapis et elle se mordit la lèvre tout de suite après, en secouant la tête, comme si elle le regrettait instantanément, ce n'était pas d'elle de faire ce genre de remarque acerbe et pourtant, elle venait de le faire et elle estimait en avoir le droit en plus. Elle essaya de se concentrer sur son travail mais une autre question, puis une autre réponse et Oberyn se mit à rire. Elle releva immédiatement les yeux vers lui et posa sa main à plat sur son torse, bougeant légèrement son pouce, sans se rendre compte qu'elle se mettait à le caresser, comme pour calmer la douleur qui venait de le parcourir en riant. Le geste aurait été anodin s'il avait porté un vêtement mais elle venait de lui retirer sa chemise et elle cessa immédiatement lorsqu'elle se rendit compte de ce qu'elle faisait. « Désolé, je ne voulais pas gâcher tes vacances. » Elle eut un sourire en coin, ravie de voir qu'il avait réussi à reprendre son souffle et elle finit par hausser les épaules, un peu plus légère de voir qu'il pouvait plaisanter avec elle, surprise également par ce changement et encore fascinée par le rire qui venait de lui échapper. Il n'avait pas ri la dernière fois, il n'avait même pas fait l'effort de sourire devant sa tentative d'humour et elle resta à le regarder un instant de plus avant de se concentrer à nouveau, non sans avoir répondu d'abord, en secouant la tête. « J'ai encore largement le temps d'en profiter, ne t'en fais pas pour ça ! » Et des vacances, elle en avait plus que de raison puisqu'elle était condamnée à ne pas retourner à son travail tant que le gouvernement ne changerait pas de main à nouveau. Elle fronça légèrement les sourcils pour se concentrer un peu mieux sur sa tâche et réussit enfin à refermer la plaie qui saignait largement sur les draps. Elle ne remarqua pas le regard du jeune homme et une fois terminé, elle put de nouveau croiser son regard. Il semblait perturbé par quelque chose et elle cligna des yeux en attendant sa réponse, incertaine. Elle avait peut-être fait quelque chose de mal durant le processus, elle baissa de nouveau le regard sur son torse avant qu'il ne se mette à lui répondre. « Je ne suis plus à une cicatrice près, de toute façon … Tant que c’est guéri, c’est tout ce qui importe. » Elle hocha rapidement la tête, notant au passage qu'il reconnaissait légèrement avoir été un peu utile, même s'il ne disait rien de plus. Elle préférait s'assurer que tout allait bien, qu'il était en meilleur forme avant de passer à une autre blessure. « Je ne disputerais pas un match de Quidditch dans l’instant, mais ça va déjà mieux … Et pourquoi tu poses la question si tu n’écoutes pas la réponse ? » Elle leva les yeux au ciel, même s'il ne pouvait pas le voir et entreprit de prendre le matériel dont elle avait besoin pour le guérir avant de répondre. « Je sais que la notion de multitâches est inconnue aux hommes mais quand même ! Je suis parfaitement capable d'écouter et de guérir une plaie en même temps. » Elle reprit son ton humoristique pour ajouter. « Je peux même refermer une plaie en fermant les yeux, en sautant à cloche pied tout en récitant les ingrédients nécessaires à la potion tue-loup, tu peux pas imaginer les paris qu'on peut se donner entre apprentis-médicomages ! » Le but n'était pas tant de le faire hurler de rire mais plus de le distraire légèrement, même si elle savait que sa petite anecdote était croustillante puisqu'elle en était réellement capable. Mais ce n'était pas quelque chose qu'elle pourrait tester sur lui aujourd'hui. La prochaine diversion fut de lui passer l'alcool pour qu'il encaisse un peu mieux ce qu'elle avait besoin de faire pour guérir son épaule mais rien ne semblait le contenter. « Aaah … C’est immonde, tu essayes de me faire boire de l’alcool à brûler ? » Une fois n'est pas coutume, elle leva les yeux au ciel, pourtant plus amusée qu'elle n'aurait voulu l'admettre. Il continua pourtant à boire, c'est que la boisson ne devait pas être aussi immonde qu'il le disait. Ou alors il souffrait vraiment. « Tu pourras laisser un mot aux moldus pour les prévenir qu'il faut changer d'urgence leur goût en matière d'alcool, si tu veux leur faire un procès, ne te gêne pas! » Lança-t-elle, non sans se concentrer une nouvelle fois sur ce qu'elle faisait. Une fois terminé, elle passa une nouvelle fois le dos de sa main sur son front et l'enjamba pour pouvoir lui amener des cachets. « Au point où j’en suis, tu peux bien me laisser la bouteille ! » Elle le regarda sans même répondre, les bras croisés sur sa poitrine, lui indiquant clairement qu'il n'aurait rien d'autre que de l'eau pour avaler ce qu'elle venait de lui donner. Elle finit par lui demander s'il était blessé ailleurs et elle l'observa tandis qu'il semblait faire une inspection complète de son corps. Elle était prête à intervenir dans le cas où il souffrirait ailleurs et elle-même parcourait des yeux son corps d'un point de vue hautement professionnel pour détecter la moindre blessure, la moindre tâche de sang. Il en avait perdu beaucoup mais apparemment, elle s'était concentrée sur l'origine du problème, ce qui lui permit de se redresser, de prendre place contre le mur derrière lui, il semblait effectivement reprendre des couleurs et son œil médicomage était on ne pouvait plus satisfait. « Je crois que tu t’es occupée du principal. Tu n’es plus une moldue, alors. » Elle hocha la tête avant qu'un sourire en coin ne franchisse ses lèvres. Elle s'approcha à nouveau de lui, non sans avoir laissé la bouteille d'alcool à distance pour qu'il ne soit pas tenté de la récupérer et elle attrapa sa baguette qu'elle avait laissé sur son lit. « Je n'en ai jamais été une, tu n'écoutes pas quand on te parle ? » Lança-t-elle, non sans retenir une remarque cynique, ce qui était rare chez elle. Immédiatement, elle ressentit un léger malaise, parce qu'elle ne se sentait plus réellement libre de dire ce qu'elle voulait, plus depuis qu'il allait mieux. « Et toi ? Tu vas mieux que la dernière fois où je t’ai croisée. » Il évita immédiatement son regard et elle ne répondit pas, elle se contenta de pointer sa baguette sur les draps et nettoyer le sang qui s'y trouvait pour qu'il puisse dormir dans des draps propres. Elle se dirigea vers l'armoire la plus proche et y dénicha une couverture. Elle s'approcha de lui et l'ouvrit pour la lui mettre dessus, l'air était frais et il avait probablement frôlé la mort, il ne tarderait pas à avoir froid. Elle finir par hausser les épaules, évitant à son tour son regard. « Tu veux dire depuis la dernière fois où tu as jugé bon de me balancer contre ton mobilier ? Je vais mieux en effet, j'ai eu le temps de m'en remettre je suppose. » Elle ne voulait pas paraître aussi sèche même si elle n'arrêtait pas de se répéter qu'il l'avait mérité. « C'est l'avantage d'être en fuite, on a pas le temps de s'attarder sur nos petits tracas, il faut avancer et continuer. Ça été plus rapide grâce à la potion. » Elle finit d'installer la couette, non sans s'être attardé plus longtemps que nécessaire pour avoir l'esprit occupé. Elle tourna un instant les yeux vers les siens. Elle ne le remerciait pas, pas plus qu'il ne l'avait fait pour elle et pourtant, cette potion l'avait pas mal aidé, malgré  tout et elle lui était reconnaissante de lui avoir laissé. Elle se rappela d'un détail et elle sortit une baguette de sa poche et lui montra. « J'ai ramassé ça avant de te retourner dans la ruelle, tu ne m'en voudras pas si... » Elle ne termina pas sa phrase mais plaça sa baguette hors de portée, sur un meuble placé en face du lit. Elle ne lui faisait pas confiance, elle n'était pas assez en confiance avec lui pour le laisser en pleine possession de sa baguette, elle n'était pas d'attaque à supporter ses sautes d'humeur, elle ne supporterait pas être trahie de la sorte alors qu'elle venait de l'aider et tout au fond d'elle, elle n'était pas sûre de ne pas avoir peur de lui. Elle se retourna finalement vers lui et défit sa couette complètement désordonnée avant d'aller à la salle de bain pour se nettoyer le visage plein du sang de son ancien ami. Elle revint dans la chambre et incapable de trouver un truc à faire, un truc à dire, elle recula légèrement. « Je pense que je vais te laisser te reposer, si tu as besoin de quoi que ce soit, je suppose que tu ne m'appelleras pas... » Finit-elle dans un demi-sourire. Elle ne savait pas ce qui la retenait encore dans cette pièce. Oberyn et elle n'étaient pas amis, même s'il lui avait offert le gîte après l'avoir malmené, même s'il lui avait offert des provisions, même s'il s'était excusé, il avait été très clair.
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MessageSujet: Re: (oberyn&lyla) ♦ fragile peace   Mar 16 Avr - 21:13

« Je me liquéfie de reconnaissance à l'heure actuelle! » Cette phrase, et l’ironie avec laquelle elle avait été prononcée, résumait bien la situation dans laquelle ils se trouvaient tous les deux. Ce n’était évidemment pas à Lyla d’être reconnaissante en cet instant, et Oberyn lui-même ne reconnaîtrait pas sous la torture qu’il aurait du faire preuve de gratitude envers elle. Il aurait déjà eu du mal à l’avouer en temps normal, mais alors qu’il se vidait de son sang il était encore moins enclin à faire preuve de bonne volonté. Il se contenta de lever les yeux au ciel à la remarque de Lyla, comme si elle ne méritait pas qu’il gaspille sa salive à répondre. En réalité, il n’avait plus ni souffle, ni salive à gaspiller pour quoi que ce soit, et préférait économiser ses forces à rester conscient tandis qu’ils avançaient dans la rue. Mais si Lyla pouvait se trouver chanceuse de ce répit, il fut de courte durée. Dès qu’il fut couché sur le lit, qu’il n’avait plus à faire des efforts pour avancer ou pour respirer, il retrouva sa bonne humeur légendaire, et sa victime favorite. Il n’allait pas la laisser s’en tirer à si bon compte, et il comptait bien la faire tourner en bourrique jusqu’à ce qu’elle explose. Pourquoi ? Il n’en avait aucune idée. Avait-il besoin d’une raison ? Certainement pas. Il ne voulait pas lui laisser le moindre avantage sur lui, réflexe certes stupide mais tout à fait humain – et caractéristique des orgueils surdimensionnés. « C'est quoi ton problème exactement ? Tu peux pas simplement apprécier le fait que je t'aide au lieu de me demander de me justifier ? Tu as vraiment de la chance, j'ai une conscience et visiblement, j'ai dû trouver la tienne au passage parce que je suis pas capable de te laisser dans cet état, même si Monsieur est suffisamment grand pour se débrouiller tout seul, il va quand même avoir mon aide et si ça lui plait pas, qu'il essaye donc de me jeter dehors ! » Ce genre de réflexion était absolument parfaite pour hérisser toutes les terminaisons nerveuses d’Oberyn, et il se serait mis dans une rage noire s’il en avait été capable. Il aurait donné n’importe quoi pour être en état de la jeter dehors, et se débarrasser d’elle une bonne fois pour toute ! Il ne voulait pas la voir, il ne voulait plus jamais la croiser, et il détestait le fait d’être si amoché qu’il ne pouvait pas faire un geste pour la repousser. Si faible qu’il ne pouvait ni répondre correctement, ni lui rabattre le caquet. Obligé de s’écraser et d’accepter sa pitié – car si elle l’aidait sans raison valable, c’était bien parce qu’elle avait pitié de lui. Il ne méritait ni sa sympathie, si son aide, et il ne les souhaitait pas non plus, mais qu’elle commence à le voir comme une chose pitoyable qu’elle pouvait réparer, c’était proprement insupportable. Son égo était prêt à la repousser de toutes ses forces, quoi qu’il en coûte – mais sa raison savait que trop qu’il s’effondrerait tout de suite après, à sa merci, dans un état pire encore et sans avoir fait avancer la situation d’un iota. Ca ne servait à rien de jouer au plus orgueilleux, même s’il lui en coûtait de le reconnaître. Et toutes les insultes qui lui venaient en tête à ce moment là ne feraient que prouver qu’il était à court d’argument … Alors autant se taire avant qu’elle ne lui enfonce sa baguette dans la poitrine, et qu’il ne regrette d’avoir été plus prudent alors qu’il n’avait aucun moyen de se défendre.

Mais se taire complètement, alors qu’elle était visiblement maîtresse de la situation et qu’il n’était qu’une loque sans défenses, ce n’était pas possible. Il fallait qu’il parle, qu’il la cherche, par tous les moyens qu’il pouvait imaginer, plutôt que de rester muet la regarder faire. « On mettra ça sur le compte de ceux qui prennent trop de coups sur la tête ! » Il eut un rictus à cette réponse, mais il ne ressentit aucune culpabilité pour autant. Il avait dépassé ce stade, et il n’était pas en état de se soucier de ce qu’il avait pu lui faire la dernière fois, d’autant qu’elle semblait tout à fait remise à présent. Ce n’était pas maintenant qu’il allait s’excuser ! « Si ma mémoire est bonne, tu n’as pas attendu les coups pour parler à tord et à travers. » Lâcha-t-il entre ses dents serrées, lui rappelant qu’il l’avait suffisamment mise en garde de tenir sa langue avant de craquer, et qu’elle n’en avait pas du tout tenu compte. Ce n’était bien sûr pas une excuse pour son comportement lamentable, mais en cet instant, il ne comptait pas lui laisser quoi que ce soit – et surtout pas le dernier mot. Il avait déjà bien assez fait taire son orgueil jusqu’à présent … La douleur qui sourdait de sa poitrine le rendait agressif, plus encore qu’en temps normal. Il était sur les nerfs, il était épuisé. Il ne réfléchissait pas avant de parler et ne se souciait pas du tout de savoir s’il pouvait être blessant – encore moins que d’habitude. Mais la fatigue, la douleur, le sang qui coulait, tout cela finit par avoir raison de sa colère. Il ne pouvait pas entretenir cette émotion inutile et réussir à rester conscient en même temps, alors la colère se désagrégea d’elle-même. Toutes ses façades commençaient à tomber, bien qu’il ne s’en rende pas compte, mais il était trop faible pour continuer à entretenir quelque chose qui n’était pas naturel. Son rire, par contre, était naturel, tout comme sa réponse amusée. Le lointain souvenir d’une personne spontanée qu’il avait pu être, mais qu’il avait oubliée. Il ne riait pas souvent, depuis qu’il avait décidé de devenir un autre. En fait, les vrais rires étaient rares depuis qu’il avait mis les pieds à Poudlard, et décidé qu’il ne serait plus le laquais des sang-purs, mais leur égal … Avec Lyla, il n’avait jamais eu ce problème. Il pouvait rire avec elle, elle le connaissait depuis toujours. Elijah n’avait aucune inhibition face à elle, pourquoi en aurait-il eu ? Et même si ce rire avait immédiatement fait fuser une vague de souffrance dans son torse, qui lui passa l’envie de recommencer, il ne se sentit pas plus mal, finalement … Il ne réalisa le geste réconfortant de Lyla que quand elle retira sa main de sa peau, et n’eut pas le temps d’y réfléchir plus longtemps qu’elle le détournait en reprenant la parole. « J'ai encore largement le temps d'en profiter, ne t'en fais pas pour ça ! » Cette phrase lui rappela que contrairement à lui, elle n’avait plus d’emploi – plus rien du tout, d’ailleurs. Elle faisait partie de ces gens qui attendaient uniquement la fin de la guerre, sans aucun autre objectif … « Tu ferais mieux de quitter l’Angleterre et de partir au soleil si tu veux en profiter … Tu serais plus en sécurité qu’ici. » Une nouvelle fois il avait parlé sans réfléchir, spontanément. Il n’aimait pas le fait qu’elle reste ici, ni qu’elle soit tombée sur lui ce soir. S’il était mort à la place du Mangemort, elle aurait été découverte et son sort aurait été vite scellé. Il ne comprenait pas pourquoi elle restait dans le coin en sachant qu’elle était en danger constant …

Il commença pourtant à retrouver ses esprits et son caractère habituel quand elle referma la blessure de son torse, bien que la quantité de sang qu’il avait perdu le laissait encore sonné et lent à réagir. Lyla, elle, ne perdait pas une seconde et s’affairait toujours autant autour de lui, lui donnant le tournis. « Je sais que la notion de multitâches est inconnue aux hommes mais quand même ! Je suis parfaitement capable d'écouter et de guérir une plaie en même temps. » Il leva les yeux au ciel à cette réflexion, un demi-sourire aux lèvres. « Je peux même refermer une plaie en fermant les yeux, en sautant à cloche pied tout en récitant les ingrédients nécessaires à la potion tue-loup, tu peux pas imaginer les paris qu'on peut se donner entre apprentis-médicomages ! » Cette fois, aucun rire ne franchit ses lèvres (le signe qu’il était en pleine guérison !), mais son sourire s’élargit tout de même, amusé par l’image qui lui venait en tête, d’une Lyla en train de subir le bizutage de ses collègues plus âgés. Et il ne doutait pas une seconde qu’elle avait relevé le défi, elle n’était pas du genre à baisser les bras … Mais cette façon de penser ne lui ressemblait pas, et il se garda bien de le dire à haute voix. Il n’était plus aussi faible que ça. « S’ils sont aussi débiles que ceux qu’on inventait à Gringotts pour les nouveaux employés, je peux imaginer. Mais contente-toi d’une seule tâche et ça m’ira bien, je ne veux pas d’une démonstration. » Ajouta-t-il, sans doute un peu trop sèchement. Oberyn reprenait le contrôle, et Oberyn n’avait pas l’intention de se montrer aimable, même s’il en ressentait un vague remord. Un remord qu’il noya immédiatement sous le mauvais alcool qu’elle lui tendit, une distraction autrement plus plaisante que de faire la discussion avec elle. Manque de chance, il ne pourrait pas boire suffisamment pour être ivre mort et cesser de se poser des questions, et il devrait forcément faire face à la jeune femme à un moment ou à un autre … Mais en attendant, il ne se privait pas pour boire, ni pour râler. Cette boisson était vraiment infâme. « Tu pourras laisser un mot aux moldus pour les prévenir qu'il faut changer d'urgence leur goût en matière d'alcool, si tu veux leur faire un procès, ne te gêne pas! » Il haussa un sourcil et leva les yeux au ciel, en une parfaite imitation de la mine qu’elle venait elle-même de faire. « Même des moldus peuvent avoir de meilleurs alcools que ça … Ils auraient bien besoin que je leur laisse un mot ! » Répondit-il sur le même ton amusé qu’elle, tandis qu’elle terminait de s’occuper de son épaule. Elle avait réussi à faire disparaître le plus gros de ses blessures, et il reprenait des forces de minutes en minutes. Et son humeur suivait le même chemin : il n’avait plus autant envie de résister, grogner et protester que quand il était encore entre la vie et la mort. Le fait qu’elle l’ait tiré de ce mauvais pas, seule et avec une dextérité remarquable, aidait sans doute à adoucir son humeur. Il commençait à se dire qu’elle ne méritait sans doute pas ce qu’il lui avait fait subir jusque là …

Et elle ne méritait pas non plus ce qu’il lui avait fait subir la dernière fois. Assis sur le lit, encore trop faible pour se lever et quitter la maison, il avait retrouvé tout le reste de ses capacités, et notamment une lucidité qui le mettait en face de ses propres erreurs. Oberyn avait beau avoir un caractère de cochon et un orgueil à toute épreuve, il reconnaissait qu’elle venait de lui sauver la vie, alors que rien ne la forçait à le faire. De plus, elle n’avait pas profité de sa situation pour se venger, et c’était tout à son honneur. Autant dire qu’il ne se sentait absolument pas digne de l’attention qu’elle lui procurait depuis qu’elle l’avait ramené ici … « Je n'en ai jamais été une, tu n'écoutes pas quand on te parle ? » Son ton brusque le surpris, mais il ne déclencha aucune colère en lui, ce qui était pour le moins surprenant. Au lieu de cela, il eut un léger sourire. Elle défendait toujours sa condition avec opiniâtreté, ce qui pouvait être admirable, même si cela causerait sa perte. « Je t’ai vue comme une moldue pendant vingt-cinq ans, laisse-moi le temps de me faire à cette idée. » Il ne lui répéterait pas ce qu’il lui avait dit la dernière fois, qu’il la préférait en moldue, mais il le pensait toujours autant. A la différence que cette fois, il était tout à fait conscient de ses talents de guérisseuse, et il était plutôt content qu’elle les ait eu pour le soigner … Et il ne put s’empêcher ensuite de lui demander comment elle allait, lui donnant le bâton pour se faire battre sans doute. Elle évita son regard comme il évitait le sien, et pendant quelques minutes, elle ne répondit rien. Il cru qu’elle ne daignerait pas répondre du tout, tant elle prenait son temps pour nettoyer le lit et s’occuper de lui, en parfaite guérisseuse qui n’avait rien à dire à son patient. « Tu veux dire depuis la dernière fois où tu as jugé bon de me balancer contre ton mobilier ? Je vais mieux en effet, j'ai eu le temps de m'en remettre je suppose. » Il hocha la tête : c’était tout ce qu’il voulait savoir. Il était presque surpris qu’elle en parle avec tant de détachement. « C'est l'avantage d'être en fuite, on a pas le temps de s'attarder sur nos petits tracas, il faut avancer et continuer. Ça été plus rapide grâce à la potion. » Il croisa son regard une seconde, qu’il soutint sans sourciller cette fois. Il n’aurait pas de remerciements pour la potion, et il n’en attendait pas. Il était juste satisfait de voir qu’elle s’en était servie : il avait craint qu’elle ne la jette avec tout le reste, refusant le peu d’aide qu’il pouvait lui apporter après ce qu’il avait fait. Mais elle avait moins d’orgueil mal placé que lui, visiblement … « J'ai ramassé ça avant de te retourner dans la ruelle, tu ne m'en voudras pas si... » Le visage d’Oberyn s’éclaira en reconnaissant sa baguette, mais il n’eut même pas le temps d’esquisser un geste pour la saisir que Lyla la mettait hors de portée. Il se renfonça sur ses oreillers, l’air maussade. « Tu crois que c’est vraiment utile ? Je ne suis pas en état de faire quoi que ce soit, de toute façon. » Maugréa-t-il, tout en se jurant d’aller la chercher dès qu’elle aurait tourné les talons. Il avait craint que sa baguette ne soit restée près du Mangemort dans la ruelle, ce qui aurait été une catastrophe. Il était rassuré de voir que Lyla avait eu la présence d’esprit de la récupérer, mais maintenant qu’il savait qu’elle n’était pas perdue, il avait besoin de l’avoir avec lui. Il se sentait nu, sans sa baguette. Et il avait bien assez supporté d’être sans défenses comme ça ! Même s’il mettait deux heures pour atteindre le meuble, il la récupèrerait. Et il n’avait pas l’intention d’aller l’assassiner dans son sommeil, bon sang ! Elle venait de lui sauver la vie, il n’était pas ingrat à ce point … Mais c’était ce qu’elle pensait, elle. Que malgré ce qu’elle venait de faire, il était encore capable du pire. Son comportement faisait prendre conscience à Oberyn qu’il avait parfaitement réussi ce qu’il avait tenté de faire la dernière fois : il l’avait suffisamment terrorisée pour qu’elle n’ait plus jamais confiance en lui. Etrangement, il n’en ressentait aucune satisfaction. « Je pense que je vais te laisser te reposer, si tu as besoin de quoi que ce soit, je suppose que tu ne m'appelleras pas... » Voilà. Elle allait le laisser, et il aurait atteint son objectif. Il n’avait qu’à la laisser quitter la pièce, et il ne la reverrait sans doute plus. Il soupira, mal à l’aise. « Lyla … Ecoute, je suis désolé. Je suis … Je suis content que tu ais été là ce soir. » Un merci aurait été encore plus approprié, mais ce mot là ne voulait pas sortir. Il était déjà assez difficile comme ça d’exprimer sa gratitude, ce qui lui apparaissait vraiment stupide. Mais il avait été un homme orgueilleux pendant bien trop d’années pour réussir à faire taire son égo aussi facilement. Il n’était plus en train de se vider de son sang, Oberyn était revenu et avait repoussé Elijah au stade de vague souvenir. Le faire revenir était un tour de force qui ne se ferait pas en claquant des doigts. « Tu m’as sauvé la vie, malgré ce que je t’ai fais la dernière fois. Tu es une médicomage douée … Je regrette que les choses se soient passées comme ça. Il y a plus de quinze ans quand je suis parti sans savoir que tu étais une sorcière, et chez moi l’autre soir, quand j’ai … magistralement réussi à passer pour la brute que je suis la plupart du temps. » Il serra les mâchoires, pesant ses mots et pourtant les regrettant dès qu’ils sortaient de sa bouche. « Ecoute, je te remercie pour ce que tu as fait. Mais ne te soucies plus de moi, d’accord ? Vas dormir, tu t’es assez inquiétée pour moi comme ça. » Et quand elle se lèverait, il aurait quitté la maison, pour qu’elle l’oublie une bonne fois pour toute.
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MessageSujet: Re: (oberyn&lyla) ♦ fragile peace   Ven 19 Avr - 22:58

Ce que Lyla ne comprenait pas chez Oberyn, et qu'elle ne comprendrait sûrement jamais, c'était son désir, visiblement, de la tenir éloignée alors qu'elle ne lui avait jamais donné la moindre raison de se méfier d'elle ou de penser qu'elle était différente de celle qu'il avait connu. Ce n'était pas comme si l'un d'entre eux s'était enrôlé chez les mangemorts, ils étaient normalement dans le même camp, même si Lyla ne s'était pas engagée chez les membres de l'Ordre, ils voulaient la même chose à l'issue de la guerre : la paix. Et pourtant, il agissait comme si elle était son ennemie jurée, comme s'il ne souhaitait pas se souvenir de ce qu'ils avaient vécu lorsqu'ils étaient plus jeunes tous les deux. Il ne voulait pas d'elle dans sa vie, elle l'avait parfaitement compris la dernière fois, mais cela ne l'empêchait pas de ne pas comprendre et d'être blessée par ce comportement. Elle s'était accroché à l'espoir que les souvenirs qu'elle ferait revivre lui donnent une semblant de conscience mais elle n'avait fait qu'empirer la situation la dernière fois qu'ils s'étaient vus et apparemment, Oberyn n'avait pas changé d'avis malgré le mot d'excuse et le sac pleins de vivres qu'elle avait trouvé près de la fenêtre par laquelle elle s'était enfuie. Il ne pouvait pas se vexer qu'elle soit partie sans lui dire au revoir, elle avait la certitude que cela ne lui avait fait ni chaud, ni froid, il avait soulagé sa conscience en lui laissant de quoi se nourrir et calmer les douleurs de son corps, elle doutait qu'il ait eu suffisamment de remords pour penser à elle durant tout le temps où ils ne s'étaient pas vus. Elle-même avait tenté en vain de l'oublier et de faire comme si sa visite chez lui n'avait été qu'un horrible cauchemar comme elle en faisait depuis quelques mois mais la brûlure de son corps lui avait rappelé combien tout avait été réel et incroyablement douloureux, tant sur le plan physique que sur le plan mental. Elle lui en voulait, elle le détestait pour ce comportement et elle avait à présent peur de ses accès de colère qui semblaient le caractériser mais apparemment, elle était incapable de le laisser mourir ou de se laisser envahir par ses sentiments pour profiter de la situation. Qu'est-ce qui le maintenait autant sur la défensive ? Il la connaissait, il savait qu'elle avait bon cœur, qu'elle n'était pas du genre agressive mais il faisait ressortir d'elle le pire qu'elle pouvait avoir visiblement puisqu'elle ne pouvait s'empêcher de lui répondre, refusant de lui laisser le dernier mot. Et visiblement, il n'avait pas plus envie qu'elle de se taire puisqu'il sourit à sa remarque, pas le moins du monde coupable pour ce dont elle l'accusait et elle dut serrer les dents pour ne pas se laisser envahir par ses sentiments. Tant de mépris de la part d'une personne qu'elle avait tant apprécié lui faisait plus mal qu'elle n'était disposée à l'avouer ou à le montrer. « Si ma mémoire est bonne, tu n’as pas attendu les coups pour parler à tord et à travers. » Il n'éprouvait pas le moindre regret, et elle le détestait encore plus pour cela, incapable de lui clouer le bec sur ce qu'il lui avait fait, elle désespérait de retrouver l'homme qu'elle avait connu. Elle n'avait pas cessé de le chercher, elle avait simplement changé de technique, elle essayait de le faire ressortir d'une autre façon, qui visiblement faisait chou blanc devant l'absence de sentiment de cet homme qui avait pris sa place. Elle détestait celui qu'il était devenu de tout son corps. Elle le foudroya du regard, sans laisser le moindre doute sur le fond de sa pensée mais si elle n'avait pas appris la leçon la dernière fois, elle ne le laisserait pas avoir le dernier mot, il en était hors de question. « Ta si charmante personnalité a le don de faire ressortir mes côtés les plus charmants à moi, c'est une question de logique. » Elle lui adressa cette fois un tout aussi charmant sourire pour souligner toute l'ironie de ses propos. C'était lui qui l'avait conduit à parler autant, il l'avait agacé, il l'avait énervé, elle avait absolument tenu à lui clouer le bec et elle avait voulu lui faire retrouver la raison, sans succès mais elle avait réellement essayé, de toutes ses forces pour le voir redevenir un autre mais elle avait échoué et avait atterri sur un mobilier dur et une poigne de fer et la peur l'avait paralysé par la suite. Elle se maudissait encore pour ce comportement mais elle avait été incapable de réfléchir correctement, absolument médusée qu'il ait pu la traiter de la sorte. Mais tout n'était pas perdu, un rire lui redonna de l'espoir, le minuscule espoir qu'il perdait le contrôle sur son irascible caractère et elle en avait tellement besoin, elle resta perplexe pourtant face à cet éclat de rire et son geste de réconfort passa, elle l'espéra tout du moins, parfaitement inaperçu. Ce n'était pas le moment de se mettre à le caresser et à l'apaiser autrement que par des sorts, elle ne devait surtout pas s'impliquer d'un point de vue émotionnel, c'était bien trop dangereux pour elle et elle n'en avait pas du tout envie. Elle arrivait pourtant à plaisanter avec elle, ce qui lui avait cruellement manqué la dernière fois, pourtant, il avait un certain sens de l'humeur, ce qui la rassurait. « Tu ferais mieux de quitter l’Angleterre et de partir au soleil si tu veux en profiter … Tu serais plus en sécurité qu’ici. » Elle se mordit la lèvre, recouvrant tout à coup son sérieux, parce que les raisons qui la poussaient à rester en Angleterre étaient ou pouvaient paraître stupides. Elle ne savait pas vraiment ce qui l'avait poussé à prendre cette décision mais elle s'en sentait étrangement honteuse. Elle détourna les yeux. « Mes parents sont ici. Je ne peux plus les voir mais je passe parfois devant leur maison pour m'assurer qu'ils vont bien et que personne n'est venu les trouver. Ils ne sont pas au courant et je préfère penser que ça les maintient en sécurité. » Elle parlait trop, et elle parlait trop d'elle mais elle avait eu besoin de dire ce qu'elle avait sur le cœur parce que la séparation avec ses parents était un déchirement, elle qui avait toujours eu besoin de contact, de vie sociale et de la sécurité de sa famille. Elle détestait cette situation et elle aimait à penser que lorsqu'elle les apercevait à une fenêtre, elle était comblée mais une profonde tristesse l'envahissait à chaque fois. Mais il ne fallait surtout pas qu'elle pense à ça et elle se mit à secouer la tête, adressant un sourire rapide à Oberyn, sans savoir pourquoi et reprenant sa tâche pour le soigner.

Et elle tenta de nouveau l'humour, autant pour se distraire que pour réellement le distraire lui, même si c'était également son but, ça et la bouteille qu'elle lui tendit pour qu'il boive un peu et oublie la douleur dans son bras et son épaule. Elle eut presque l'impression de voir sa bouche s'étirer dans un sourire, mission accomplie ! « S’ils sont aussi débiles que ceux qu’on inventait à Gringotts pour les nouveaux employés, je peux imaginer. Mais contente-toi d’une seule tâche et ça m’ira bien, je ne veux pas d’une démonstration. » La fin la calma aussitôt et doucha son enthousiasme. Elle serra les dents devant son ton sec et eut presque envie de l'envoyer paitre une nouvelle fois et de lui dire sa manière de penser mais elle était fatiguée de chercher le conflit avec lui et quelque chose lui disait qu'elle aurait tout le temps pour ça un peu plus tard, sans trop savoir ce qui la poussait à le penser. Elle laissa échapper un léger soupire pour répondre, plus calmement qu'elle s'en serait cru capable. « Je n'avais pas l'intention de faire la moindre démonstration, mais je serais curieuse de savoir ce que le bizutage chez Gringotts pouvait impliquer. A part les fesses d'un gobelin, quelques pièces et un bon lancer. » Déclara-t-elle gaiement, espérant lui faire retrouver le sourire qu'elle était certaine d'avoir aperçu. Une nouvelle technique, elle ne rentrait plus dans le conflit mais contournait le problème pour adopter une autre stratégie et faire de l'humour maintenant qu'il y était légèrement plus sensible. Elle espérait seulement ne pas faire chou blanc et le poussait peut-être à confier un peu plus de choses sur lui. Au moins, elle apprenait son métier, il travaillait à la banque des sorciers, un miracle qu'elle ne l'y ait jamais rencontré lorsqu'elle y pensait. Elle fronça les sourcils à cette constatation, entendant tout juste ce qu'il disait à propos de l'alcool qu'elle lui avait donné pour qu'il boive. « Même des moldus peuvent avoir de meilleurs alcools que ça … Ils auraient bien besoin que je leur laisse un mot ! » Elle secoua la tête, fortement désespérée qu'elle le prenne ainsi au mot pour quelque chose d'aussi ridicule puisqu'il était à peine en état de tenir la bouteille de lui-même. Elle décida que juger des moldus sur leurs goûts en matière d'alcool ne lui plaisait pas plus que ça et elle lui adressa un sourire radieux. « Si tu trouves la force de râler, c'est que tu es en bonne voie de guérison, tu pourras bientôt boire ce qu'il te plaira! » Déclara-t-elle, soulignant aussi subtilement qu'elle le pouvait qu'il était entrain de râler, pour changer et qu'il n'avait pas arrêté depuis qu'il était à nouveau en état de le faire pleinement. Il n'avait jamais vraiment arrêté, il fallait bien le dire mais elle trouvait le moment propice pour le lui faire remarquer. Même si elle doutait fortement que cela lui fasse le moindre effet.

Une fois qu'elle eut terminé de le soigner, elle s'éloigna légèrement, le laissant recouvrer ses forces et se redresser tandis qu'il entamait une conversation qu'elle ne souhaitait pas vraiment avoir. Elle avait répris de sa répartie, ce qui n'était peut-être pas la chose la plus intelligente à faire en sa présence, même s'il n'avait pas sa baguette, il avait démontré qu'il n'en avait pas besoin pour lui faire ravaler les paroles qu'elle pouvait prononcer. Mais même physiquement, elle n'était pas sûre qu'elle le verrait se lever avant quelques heures, il avait réussi à se redresser mais cela ne signifiait pas qu'il était sorti d'affaire et s'il voulait pleinement récupérer ses capacités et sa motricité, il lui fallait du repos, qu'il le veuille ou non. Et aussi surprenant que celui puisse paraître, il ne se mit pas en colère lorsqu'elle lui rappela, pour ce qui lui semblait être la centième fois, qu'elle n'avait jamais été moldue. « Je t’ai vue comme une moldue pendant vingt-cinq ans, laisse-moi le temps de me faire à cette idée. » Voilà qui changeait franchement de la dernière fois et elle resta interloquée, incapable de cacher sa surprise face à cette réponse. Il était bien moins agressif et pour une fois, il ne lui lâchait aucune méchanceté en plein visage et le constat était agréable. Elle quitta son état de choc quelques secondes après et finit par hocher la tête, un léger sourire au coin des lèvres. Elle finit par lui dire, non sans avoir pris son temps pour débarrasser les draps de tout le sang dont ils étaient maculés, qu'elle allait bien mieux depuis la dernière fois et il resta silencieux, il ne dit rien, il se contenta de la regarder, de hocher la tête, comme satisfait de la réponse qu'elle venait de lui fournir. Elle finit même par sortir sa baguette de sa poche, se rappelant de ce détail et prit immédiatement soin de l'éloigner de lui, incapable de contrôler cette réaction qui devait venir d'un lointain instinct de conservation, qui pouvait le lui reprocher ? « Tu crois que c’est vraiment utile ? Je ne suis pas en état de faire quoi que ce soit, de toute façon. » Elle ferma un instant les yeux, inspirant profondément avant d'exprimer l'air accumulé dans ses poumons, comme si elle comptait jusqu'à dix avant de répondre. Elle rouvrit les yeux, incapable pourtant de croiser son regard, incapable d'avouer qu'il la terrorisait toujours et qu'elle détestait ce sentiment. Il était deux fois plus grand, deux fois plus fort et deux fois plus puissant qu'elle, il l'avait attaqué, malmenée avec son corps et sa baguette et il voulait qu'elle le laisse en possession de cet objet qui l'avait fait souffrir ? Elle était peut-être naïve, elle avait peut-être un grand cœur, elle était incapable d'une telle chose. « D'autres que moi l'auraient brisé sous tes yeux et seraient partis avant que tu ne te lance à leur poursuite, je trouve que je suis plutôt arrangeante comme fille. » Déclara-t-elle en croisant les bras, un peu remontée qu'il ne comprenne pas et qu'il la traite de cette manière. Elle ne supportait plus cette situation, elle avait juste envie de quitter la pièce, de l'oublier, de le laisser à son sort, d'aller se coucher, elle était épuisée moralement, elle en avait assez de se battre et elle chercha alors à battre en retraite, parce qu'elle n'était pas à l'aise ici, parce qu'elle n'était pas à l'aise avec lui. A son soupire, elle crut qu'il se résignait à la voir partir et elle fit un pas vers la porte en reculant, refusant de lui tourner le dos. « Lyla … Ecoute, je suis désolé. Je suis … Je suis content que tu ais été là ce soir. » Ces paroles l'arrêtèrent net dans son élan. Dans la même phrase, il venait de s'excuser et de lui témoigner sa gratitude et elle en resta figée, comme si elle n'était pas sûre d'avoir entendu ou comme si un geste brusque de sa part ferait exploser la bulle qui se créait doucement autour d'eux, une bulle de paix? Elle refusait de seulement l'espérer. « Tu m’as sauvé la vie, malgré ce que je t’ai fais la dernière fois. Tu es une médicomage douée … Je regrette que les choses se soient passées comme ça. Il y a plus de quinze ans quand je suis parti sans savoir que tu étais une sorcière, et chez moi l’autre soir, quand j’ai … magistralement réussi à passer pour la brute que je suis la plupart du temps. » Et voilà qu'il la complimentait et qu'il éprouvait des regrets. Elle s'empêchait de laisser tomber sa mâchoire, encore une fois, elle avait peur qu'il ne se ravise ou se vexe de son comportement. Elle avait toujours les bras croisés sous sa poitrine et n'osait pas faire le moindre mouvement, les sourcils légèrement froncés, elle avait peur d'être entrain de rêver. « Ecoute, je te remercie pour ce que tu as fait. Mais ne te soucies plus de moi, d’accord ? Vas dormir, tu t’es assez inquiétée pour moi comme ça. » Elle déglutit, détournant immédiatement les yeux. Elle voulait le faire, elle pouvait le faire, elle devait le faire. Il ne l'avait pas bien traité et des mots n'étaient pas aussi forts que des actes, ce n'étaient que des mots et rien ne garantissait qu'il ne recommencerait jamais. Elle n'avait eu pour lui qu'une inquiétude clinique, c'était ce qu'elle n'avait cessé de se répéter. Et maintenant ? Quelles raisons aurait-elle de rester ? Elle fit un pas en arrière, elle était si proche de la porte. Elle fit volte-face, il fallait qu'elle parte. Elle s'arrêta. Elle se retourna, lui faisant face. « Je ne peux pas, je ne peux pas d'accord ? » Elle était énervée, contre elle, contre lui, contre tout ça. « Oui j'essaye de me convaincre que je t'ai aidé uniquement parce que je suis médicomage et que mon travail a souvent cette emprise sur moi, j'ai même failli me convaincre que c'était une manière de te rembourser ma dette, tu as sauvé ma vie, je te le rends en sauvant la tienne. Nous sommes quittes et je peux franchir cette porte sans me retourner ! Je te déteste pour ce que tu as fait, je te déteste parce que je n'arrive simplement pas à te détester comme je le devrais ! » Elle était à bout de souffle, énervée, émotive, elle était à bout de nerfs. Soigner Oberyn lui avait demandé une énergie qu'elle n'avait plus pour se battre contre lui à présent. Elle avait juste besoin de le laisser tranquille mais elle n'y parvenait pas. « Et pourtant, je suis toujours là à me demander si je peux vraiment te laisser parce que malgré les couleurs que tu as repris, tu ne sembles pas au meilleur de ta forme, c'est stupide, je n'ai pas à te surveiller, tu n'en as pas besoin, tu ne le mérites pas ! » Elle était dure mais c'était contre elle que se dirigeait toute sa colère. Elle finit par se passer une main dans ses cheveux pour ramener sa crinière brune en arrière, les emmêlant au passage, elle en profitant pour se masser une tempe. « Je ne te comprends pas, je n'arrive pas à te suivre. Pourquoi est-ce qu'il serait impossible qu'on ait une conversation normale ? Qu'on puisse simplement discuter, de ce qu'on a pu devenir sans animosité ? Pourquoi est-ce que tu as eu ce besoin de me rejeter alors que tu sais parfaitement qui je suis et n'ai jamais cessé d'être ? Pourquoi est-ce que tu continues encore maintenant ? » Le fait d'être une sorcière ne changeait en rien ce qu'elle avait été toutes ces années. Elle voulait juste savoir, comprendre ce qui l'avait poussé la dernière fois et ce qui le poussait toujours à la maintenir éloignée. Cela la rongeait, elle voulait tant une explication sur sa violence, elle voulait le comprendre, mais pas l'énerver, c'est pourquoi sa voix s'était tarie à mesure qu'elle parlait, elle avait le regard complètement détourné, elle n'osait plus le regarder.
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MessageSujet: Re: (oberyn&lyla) ♦ fragile peace   Mer 1 Mai - 18:46

« Ta si charmante personnalité a le don de faire ressortir mes côtés les plus charmants à moi, c'est une question de logique. » Oberyn adressa à Lyla une grimace cruelle, plus parlante que tout ce qu’il aurait pu répliquer à cette phrase. Elle avait fait ressortir ce qu’il y avait de pire en lui, et il était sûr qu’elle avait simplement été elle-même, sans chercher à le pousser à bout nécessairement. C’était son caractère, sa façon d’être, ce n’était même pas un défaut en temps normal et il s’en était beaucoup amusé quand ils étaient plus jeunes … Mais maintenant il avait changé, le moindre petit écart pouvait se transformer en bombe à retardement, et ce qu’il appréciait chez elle quand ils avaient une quinzaine d’années de moins, était de nature à le faire sortir de ses gonds aujourd’hui. Et il tenait à ce qu’elle garde en tête qu’il était capable de recommencer, qu’il fallait qu’elle garde ses distances et qu’elle cesse de trop jouer avec lui. Pourtant, il ne pouvait pas prononcer ce genre de phrase à voix haute … Il avait encore besoin d’elle, ce soir. Malheureusement. Mais dès qu’elle l’aurait guéri, il faudrait qu’elle s’en aille, et que plus jamais ils ne se revoient. Et il espérait que ce point là était très clair pour elle … Mais elle n’allait sûrement pas s’accrocher s’il continuait à se montrer odieux avec elle. S’il lui rappelait régulièrement ce qu’il lui avait déjà fait. Elle n’était pas suicidaire … Et il ne tenait pas, au fond, à recommencer à la malmener. Elle était en train de lui sauver la vie, essayer de la tuer juste derrière pouvait passer pour un acte légèrement ingrat. Et il n’était pas ingrat, pas à ce point. Il voulait simplement qu’elle disparaisse de sa vie, était-ce trop demander ? Qu’elle aille se cacher loin de lui, loin de la folie des sorciers de ce pays, lui semblait une bonne idée. Sonné par la douleur, il était plus enclin à proposer des solutions pacifiques plutôt qu’à menacer une nouvelle fois de la fracasser contre un matériau plus dur que ses os. Ca n’avait pas marché la première fois, n’est-ce pas ? Elle était toujours là, elle n’avait pas fui. Ni lui, ni personne, elle n’avait pas peur, ou elle le cachait bien. Et il aurait voulu qu’elle ait un peu plus peur que ça, suffisamment pour s’en aller, se cacher, ne pas refaire surface avant que la guerre ne se termine. En sécurité. A ce instant, il était sincèrement inquiet pour elle, pour ce qu’elle allait devenir. Il passait de la violence brute à une compassion longtemps enfouie, et ne s’en rendait même pas compte. « Mes parents sont ici. Je ne peux plus les voir mais je passe parfois devant leur maison pour m'assurer qu'ils vont bien et que personne n'est venu les trouver. Ils ne sont pas au courant et je préfère penser que ça les maintient en sécurité. » Ses parents. Il se souvenait d’eux. Et il se souvenait surtout de la relation que Lyla avait entretenue avec eux, bien plus fusionnelle que lui avec sa propre mère. Il n’était sans doute pas en état de s’imaginer ce que cela pouvait faire, de devoir abandonner sa famille pour qu’ils soient en sécurité, parce que cette pensée n’arrivait pas à l’atteindre. Par contre, il voyait le visage de la jeune fille devenir soudain plus triste, et bien qu’elle ait soigneusement détourné le regard, il pouvait voir ses yeux qui brillaient plus que de coutume. Il leva une main, celle qu’il pouvait encore remuer sans trop de problèmes, et la posa une seconde sur celle de Lyla. Un geste qui se voulait amical, spontané, mais qui lui paru soudain hautement déplacé, et il la lâcha bien rapidement pour faire retomber sa main le long de son flanc. Il n’était plus son ami, et même s’il était encore loin d’Oberyn, plus proche d’Elijah, ce geste le mettait mal à l’aise. Il ne savait plus faire. « Si tu es capturée, ils ne seront plus en sécurité. Je peux … Tu devrais quitter le pays. Tu les retrouveras à la fin de la guerre. » Il s’était retenu à temps, avant de proposer son aide. Il ne pouvait pas faire ça. Il n’était pas comme ça. Il ne pouvait pas proposer de protéger toutes les familles moldues qu’il croisait, ce n’était pas son rôle. Ils étaient en sécurité tant que Lyla l’était également, c’était tout. Il ne pouvait rien faire pour elle, il ne devait pas s’impliquer. Ils devaient cesser de se voir et elle devait disparaître pour de bon. S’il commençait à lui proposer son aide, il était foutu … Et elle aussi, sans aucun doute.

Cette volonté de ne pas l’aider, ou plutôt de ne pas vouloir s’impliquer dans sa vie, était un signe supplémentaire qu’il commençait à retrouver sa personnalité habituelle. Peu à peu, il retrouvait son caractère, et la volonté de mettre de la distance entre elle et lui. Plus de contacts gênants, plus de confessions malhabiles ou amicales. Il aurait bien aimé qu’elle lui raconte d’autres anecdotes de son travail à Sainte Mangouste, mais il n’était pas là pour ça. Il devait refouler ces envies de passer à nouveau du temps avec elle comme ils avaient pu le faire bien des années plus tôt. Et quand il la rabroua sèchement, elle sembla comprendre le message. « Je n'avais pas l'intention de faire la moindre démonstration, mais je serais curieuse de savoir ce que le bizutage chez Gringotts pouvait impliquer. A part les fesses d'un gobelin, quelques pièces et un bon lancer. » Une nouvelle fois, un sourire prit place sur ses lèvres avant qu’il ne puisse l’effacer, bien qu’il soit un peu agacé qu’elle n’ait finalement pas compris le but de sa froideur. « Si tu joues à ce genre de petit jeu avec les gobelins, tu ne reverras plus la lumière du soleil avant des lustres. Non, ça impliquait plutôt un dragon et un steak saignant … Et l’aide des Médicomages à la fin généralement. Mais pas de gobelins, il faudrait être complètement suicidaire. » Ironisa-t-il. Il avait tenté d’être sec sur le début, mais il n’avait pas pu s’empêcher de dépeindre ce que le bizutage signifiait dans son métier … Sans doute parce qu’il se souvenait de ces années avec plaisir, et qu’il s’était bien amusé avec ces jeux pas toujours très intelligents – après tout, agacer un dragon n’était jamais une très bonne idée – mais c’était tout de même de bons souvenirs. Avant qu’il ne parte à l’étranger, qu’il ne tue quelqu’un, qu’il devienne franchement obsédé par la violence et le meurtre … Et qu’il doive garder ses distances avec elle. A quoi cela pouvait bien servir, qu’il lui raconte son bizutage, ou même qu’il lui révèle son métier ? Cela ne changeait pas qui il était, au fond. Et celui qu’il était ne devait pas faire la causette avec elle. Il fallait vraiment qu’il s’en souvienne. « Si tu trouves la force de râler, c'est que tu es en bonne voie de guérison, tu pourras bientôt boire ce qu'il te plaira! » C’était également son sentiment. Plus il se sentait mieux physiquement, plus il avait envie de la repousser brutalement. Elle n’aurait pas du s’en montrer aussi enthousiaste, même si la critique était évidente dans sa phrase. « Je n’ai jamais cessé de râler, tu étais la première à t’en plaindre. » Si elle avait essayé de lui faire comprendre qu’elle était fatiguée de le voir sans arrêt remettre en question ses actes et ses paroles, ça avait été en vain. Pour l’instant, il ne changerait pas de comportement … Et encore, il était bien moins virulent qu’il aurait pu l’être en temps normal : elle avait de la chance !

Mais peut-être s’en était-elle rendue compte … Et peut-être ne tenait-elle pas à trop pousser cette chance. Si elle avait été plus inconsciente, elle lui aurait rendu sa baguette sans la moindre hésitation. Si elle avait eu confiance en lui également … Ca ne semblait pas être le cas. Et bizarrement, il n’aima pas cette idée. Ce n’était pas uniquement le fait qu’elle refuse de lui tendre sa baguette, c’était aussi cette soudain prise de conscience qu’elle n’était plus l’enfant insouciante qui l’aurait suivi n’importe où sans craindre quoi que ce soit. Elle craignait, bien qu’elle ne le montre pas clairement, et qu’il ne l’avait pas vu jusque là. Mais son geste en était un parfait indice. Il avait réussi, de quoi se plaignait-il ? Il aurait du s’en réjouir, elle n’allait pas traîner en sa compagnie. « D'autres que moi l'auraient brisé sous tes yeux et seraient partis avant que tu ne te lance à leur poursuite, je trouve que je suis plutôt arrangeante comme fille. » Il serra la mâchoire, pas certain d’apprécier ce genre de réponse, principalement parce qu’elle mettait en avant son avantage sur lui … Et donc qu’elle pouvait changer d’avis rapidement, si jamais. Et ça, pas question. Il préférait encore qu’elle le craigne correctement, plutôt qu’elle ne brise sa baguette. Il serra les poings et inspira profondément, tentant de ravaler la crise de colère qui pointait son nez à l’horizon. Ce n’était pas le moment de se mettre à hurler, n’est-ce pas ? Il ne voulait pas qu’elle mette sa menace à exécution. « Trop aimable. » Grogna-t-il tout en lorgnant sur sa baguette, loin de lui. Mais il savait que c’était justifié, plus il y réfléchissait et plus il pouvait s’en rendre compte. Elle n’était pas en sécurité en sa présence, et elle prenait les mesures nécessaires, qui pouvait lui en vouloir ? Oberyn lui en voulait, bien sûr … Mais il comprenait, également. Et il comprenait qu’elle avait fait de gros efforts pour lui ce soir, tandis qu’il n’en avait fait aucun. Il l’avait repoussée sans cesse et elle avait essayé de le dérider, il lui avait rappelé qu’il était une bête fauve prêt à l’agresser encore et elle n’avait pas brisé sa baguette, se contentant de la mettre hors de sa portée temporairement. Et non négligeable également, elle lui avait sauvé la vie. Maintenant, elle allait partir et le laisser seul. C’était ce qu’il avait tant souhaité depuis qu’elle était apparue devant ses yeux. Il voulait qu’elle s’en aille, qu’elle le laisse tranquille. Elle l’avait soigné et c’était bien plus que ce qu’il espérait, et maintenant elle souhaitait partir. Il aurait du la laisser aller, laisser leurs chemins se séparer. Il le désirait plus que tout ! Elle n’avait rien à faire avec lui. Et pourtant … C’était lui qui l’avait retenue. Juste un instant, le temps de rattraper – ou au moins d’essayer de rattraper – ses actes passés. En sachant que cela n’effacerait pas son ardoise, mais qu’elle partirait avec une image de lui peut-être un peu moins noire. Au fond, c’était tout ce qu’il souhaitait.

Il la regarda hésiter sur le pas de la porte, figée dans une surprise qu’il pouvait lire dans son regard, malgré son air impassible. Il n’attendait pas de réponse, seulement la preuve qu’elle l’avait entendu, et peut-être aussi cru. Pendant une seconde, il pensa donc qu’elle allait partir sans rien dire, et il baissa les yeux, mais sa voix le tira de ses pensées et il releva la tête. « Je ne peux pas, je ne peux pas d'accord ? » Oberyn la regarda sans réagir, interloqué. Quoi ? Qu’est-ce qu’elle ne pouvait pas faire ? Elle semblait presque énervée, mais contre qui ? Elle lui donna bien rapidement la réponse : contre lui bien entendu. Mais contre elle-même également, c’était plus qu’évident, et il partageait ce sentiment. Elle aurait du quitter cette foutue chambre, au lieu de continuer à lui parler comme elle le faisait ! Chacun de ses mots le frappait avec plus d’ardeur que le Mangemort dans la ruelle, il aurait voulu détourner le regard mais il en était incapable. Hypnotisé par cette jeune femme qui lui lâchait ce qu’elle avait sur le cœur à propos de lui, comme personne n’avait osé le faire depuis bien longtemps. Elle s’inquiétait pour lui alors qu’elle n’avait pas à le faire … Elle restait attachée à lui malgré tout. « Je ne te comprends pas, je n'arrive pas à te suivre. Pourquoi est-ce qu'il serait impossible qu'on ait une conversation normale ? Qu'on puisse simplement discuter, de ce qu'on a pu devenir sans animosité ? Pourquoi est-ce que tu as eu ce besoin de me rejeter alors que tu sais parfaitement qui je suis et n'ai jamais cessé d'être ? Pourquoi est-ce que tu continues encore maintenant ? » Il secoua la tête, l’air mécontent, tachant de chasser ces questions qui venaient tourner autour de lui. Il ouvrit la bouche, puis la referma, soupira, détourna les yeux, se passa une main dans les cheveux. S’il avait été en état, il aurait fait les cent pas dans la pièce. Ou mieux, il serait parti. Les mots de Lyla l’avaient mis dans un état de nervosité avancé, et il ne voulait pas y faire. Mais il ne pouvait pas fuir, et il n’était même pas en colère contre elle, ce qui éliminait un autre moyen de sortie. « Parce que je ne suis plus le même ! Tu ne sais pas qui je suis, tu n’as jamais su qui j’étais ! C’était facile, quand tu étais encore une enfant, de prétendre être un autre. Tu ne connaissais pas mon monde, tu n’aurais jamais du le connaître, et je pouvais te faire croire ce que je voulais. Je pouvais devenir un autre pour te faire plaisir, je pouvais cesser d’être … » L’homme immonde qu’il était à Poudlard. Ca, il ne l’ajouta pas. Elle devait bien l’avoir compris par elle-même. « Et je voudrais que tu n’aies jamais vu ce que je suis maintenant, mas c’est trop tard, et il faut juste que tu comprennes que c’est ce que je suis, que tu ne peux pas me faire changer et surtout, que je ne te mérite pas. Tu n’as pas à te sentir redevable de quoi que ce soit, si tu franchis cette porte je ne t’en voudrais pas et je n’irais pas te traquer. Je ne suis plus ton ami, et je ne veux pas que tu me rappelles qu’on l’a été. » Il ferma les yeux, poussa un grognement de frustration. Il ne savait pas comment lui expliquer la réalité, il aurait voulu qu’elle le saisisse d’elle-même. Mais plus elle restait avec lui et moins il avait envie qu’elle parte, moins il avait envie qu’elle comprenne. Sa sollicitude n’était pas de la pitié, elle ne voulait pas tirer avantage de sa situation. Elle repensait au passé et aurait aimé renouer avec lui. Et une part de lui aurait vraiment aimé la suivre sur ce chemin, mais il ne pouvait pas. Elle devait comprendre. « Tu fais partie du passé, Lyla. Et j’essaye d’effacer mon passé. La dernière fois, c’est ce que j’ai voulu faire : t’effacer comme les autres. Mais tu … Tu n’es pas comme les autres, tu ne mérites pas ça. Je ne veux pas te faire plus de mal. » Voilà, le mot était lâché. Il venait d’avouer la motivation de ces derniers mois, la seule chose qui le faisait avancer. Il l’avait dit à mots voilés, certes, mais tout de même. Cette fois, elle possédait quelque chose sur lui qu’il ne voulait pas voir révéler, pire encore que son vrai nom. Mais elle avait toujours su le plus important sur lui, la vérité qui le détruirait si elle était révélée … Et il fixait toujours Lyla d’un regard brûlant comme s’il espérait qu’enfin, elle allait disparaître. Que devait-il dire pour qu’elle comprenne ?
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MessageSujet: Re: (oberyn&lyla) ♦ fragile peace   Lun 13 Mai - 3:09

La jeune femme en avait presque marre de se battre contre lui, contre cet homme qu'elle ne connaissait pas et n'avait pas envie d'apprendre à connaître. Elle voulait simplement le soigner et s'en aller, elle était fatiguée, elle avait besoin de se reposer, de mettre de la distance entre eux parce qu'elle avait l'impression d'être fragile en sa présence, elle avait le sentiment d'être vulnérable et pourtant, elle ne l'était pas, du moins, elle l'espérait. Elle arrivait à garder la tête froide tandis qu'elle essayait de l'aider malgré toute sa mauvaise humeur, elle avait réussi à le faire rire, une fois et une seule fois, mais au moins, il y avait déjà des progrès par rapport à la dernière fois. Il ne la menaçait pas, elle pouvait parler un peu plus librement, elle avait moins de tabous mais c'était peut-être parce qu'elle savait que la baguette du sorcier était en sécurité dans la poche extérieure du jean qu'elle portait. Il n'avait pas d'arme pour la maltraiter, c'était ce qui faisait la différence et il n'était définitivement pas assez fort pour s'en prendre physiquement à elle, ils le savaient tous les deux. Mais pourquoi en aurait-il seulement eu envie ? Elle l'avait aidé, elle était entrain de lui sauver la vie et elle pensait toujours, en son fort intérieur, qu'il pouvait lui faire du mal à la maltraiter malgré ce qu'elle faisait pour lui. Peut-être en était-il capable, peut-être pas, au fond, elle n'avait pas réellement envie de le savoir et pour l'instant, il semblait assez loin de la personne qui l'avait brutalisé et plus proche de celle qui l'avait soigné après. Elle ne savait plus comment le voir, comment le juger et comment le prendre, ils avaient réussi à plaisanter, même si la conversation avait fini par dévier sur les raisons de la présence de la jeune femme sur le territoire anglais quand elle aurait dû s'enfuir depuis longtemps et elle-même en avait conscience. La seule chose qui la retenait encore était l'amour qu'elle portait à ses parents et le besoin de les savoir près d'elle, elle ne voulait pas les mettre en danger mais ne supportait pas l'idée de les savoir trop loin, elle avait besoin de leur contact, même si elle ne pouvait plus les toucher. Elle se sentait tellement seule dans cette histoire, dans cette guerre, elle était seule depuis le début et cela lui faisait mal, elle ne comprenait pas pourquoi elle devait toujours voyager seule et pourquoi on la pourchassait de cette façon. Elle souffrait de la situation sans le montrer à personne. Et elle confiait les raisons de sa présence ici à Oberyn sans même s'en rendre compte, suffisamment gênée pourtant pour détourner les yeux, les larmes la menaçant à cet instant. Elle sentit plus qu'elle ne vit le mouvement du jeune homme et elle tourna vivement la tête vers sa main qui venait de rejoindre la sienne dans un geste apaisant. Elle observait toujours leurs mains liées et allait dire quelque chose quand il la retira brusquement, la privant de son contact. Elle releva les yeux pour croiser les siens, perdue. « Si tu es capturée, ils ne seront plus en sécurité. Je peux … Tu devrais quitter le pays. Tu les retrouveras à la fin de la guerre. » Elle resta un instant interdite, face à son geste mais aussi face aux mots qu'il n'avait pas prononcé. Est-ce qu'il venait de s'impliquer, d'une façon ou d'une autre dans sa vie avant de faire machine arrière ? Est-ce qu'elle devait y voir un signe encourageant dans tout ça ? Elle se mordit légèrement la lèvre, parce que sa compassion, elle n'en avait pas spécialement besoin, elle aurait voulu la rejeter mais bon sang, que cela faisait du bien de retrouver petit à petit l'homme qu'elle avait tant apprécié quand elle était petite. Elle en aurait presque pleuré de joie s'il ne venait pas une nouvelle fois de lui suggérer de disparaître loin d'ici. « Si je quittais le pays, qui viendrait sauver tes fesses après t'être pris une raclée par un mangemort ? » Lança-t-elle avec un humour et un entrain vaguement retrouvé, surtout feint, en réalité. Elle eut même la force de lui adresser un sourire, prouvant qu'elle plaisantait plus qu'elle ne le provoquait, ne souhaitant pas piétiner sa fierté, simplement détourner la conversation. Pourtant, son sourire se tarit une nouvelle fois, sans pouvoir s'en empêcher, elle n'était pas assez forte pour feindre l'indifférence, pas avec lui en tout cas, elle n'était pas non plus aussi forte que lui. « Je me dis que peut-être, je serais plus utile ici qu'à me dorer la pilule à Hawaï ! J'ai déjà aidé quelques personnes, pourquoi est-ce que tu tiens tant à ce que je parte ? Ma présence t'est à ce point insupportable ? » Finit-elle par dire en fronçant les sourcils, n'aimant pas la façon dont il la poussait vers la sortie. Et si elle avait envie de se battre ? Qu'est-ce que cela pouvait bien lui faire ? Il n'avait pas eu l'air de se soucier à ce point de sa santé la dernière fois ni de ses sentiments depuis qu'elle l'avait retrouvé dans cette ruelle et il était presque prêt à l'emmener lui-même loin d'ici pour ne plus la revoir ? Elle en était presque vexée après tout, elle n'avait pas l'intention de quitter Londres, il fallait qu'il se mette ça dans le crâne une bonne fois pour toute.

Mais malgré ses petites piques, ses petites joutes verbales entre eux deux, ils arrivaient parfois à trouver un terrain d'entente, à rire et à parler comme deux personnes parfaitement normales. Il y arrivaient jusqu'à ce que Oberyn décide que cela en était trop. Et s'il avait essayé de la refroidir quelques secondes plus tôt, elle prit le parti de ne pas se laisser faire pour relancer la conversation gaiement et comme s'il n'avait pas été désagréable un peu plus tôt avec elle. Une nouvelle technique qui sembla payer puisqu'un nouveau sourire prit place sur le visage du jeune homme. Fière sans pour autant le montrer, la jeune femme se réjouissait de cette petite victoire, elle savait qu'elle pouvait l'agacer mais au moins, elle était capable de le faire sourire et de lui décocher un peu d'humour et elle essayait par la même occasion d'en savoir plus sur lui et sur ce qu'il avait vécu depuis qu'il était parti sans se retourner de chez elle pour ne jamais y revenir. Elle voulait le savoir, sans vraiment comprendre ce qui la poussait à le faire, une curiosité sortie de nulle part et pourtant, elle attendait sa réponse avec impatience. « Si tu joues à ce genre de petit jeu avec les gobelins, tu ne reverras plus la lumière du soleil avant des lustres. Non, ça impliquait plutôt un dragon et un steak saignant … Et l’aide des Médicomages à la fin généralement. Mais pas de gobelins, il faudrait être complètement suicidaire. » Elle savourait toujours cette petite anecdote et n'avait pas l'intention de laisser tomber le sujet. Il pouvait paraître insignifiant, il pouvait ne rien représenter pour d'autres personnes et probablement pour Oberyn lui-même mais pour elle, c'était important de rappeler à Oberyn qu'il n'y avait pas eu que la violence et le meurtre dans sa vie, elle savait que cela pourrait lui servir plus tard, elle savait qu'elle finirait par lui faire entendre raison, même si elle savait l'entreprise risquée et qu'elle avait peur de s'y brûlait les ailes. « Vous n'étiez pas aussi courageux que ce qu'on dit alors ! » Le taquina-t-elle sans la moindre pitié. Les employés à Gringotts qui avaient la chance de collaborer avec les Gobelins n'étaient évidement pas assez fou pour les provoquer à ce point et elle le savait mais elle s'amusait à prétendre qu'il n'était pas assez courageux pour le faire. « Peur d'un gobelin mais pas d'un dragon, c'est ce qu'on dit alors, la taille ne fait pas la puissance ! » Elle glissait volontairement un léger sous-entendu. La dernière fois qu'ils s'étaient retrouvés, elle avait été incapable de le contrer mais elle n'était pas sans la moindre ressource, elle avait beau être petite, fluette et sûrement insignifiante face au monde entier, elle n'en était pas moins une sorcier qui pouvait se montrer redoutable, plutôt douée en ce qui concernait la médicomagie d'ailleurs. Mais parce que se disputer semblait une constante entre eux et parce que Oberyn n'avait pas l'air de vouloir se départir complètement de son masque de froideur, elle se retrouva à lui faire remarquer combien il pouvait râler et être agaçant à le faire sans arrêt, ce à quoi il répondit ce qu'elle s'attendait à entendre. « Je n’ai jamais cessé de râler, tu étais la première à t’en plaindre. » Elle leva les yeux au ciel sans répondre, il était parfois trop exaspérant pour qu'elle prenne la peine de lui répondre quoi que ce soit. C'était bien rare qu'elle garde le silence face à lui mais que pouvait-elle faire d'autre devant autant de mauvaise foi ?

Mais elle n'avait pas l'intention de continuer à se laisser faire et elle prit soin de mettre sa baguette en parfaite sécurité, même si elle savait qu'il se jetterait dessus sans la moindre hésitation dès qu'elle aurait le dos tourné. Elle lui fit aimablement remarqué que sa réaction n'était aussi excessive qu'elle n'y paraissait et en le voyant inspirer, elle se rendit compte qu'elle se mit à retenir sa propre respiration, soudain inquiète à l'idée d'être allée trop loin. Elle était loin d'avoir le courage qu'elle venait de prétendre posséder, elle le craignait toujours mais refusait de le lui montrer, tout simplement. Elle ne voulait pas qu'il croit qu'il avait ce pouvoir sur elle, quand c'était parfaitement le cas et pourtant, son corps réagit en même temps que celui du sorcier, même si elle espérait que sa réaction passe inaperçu parce qu'elle débloqua sa respiration un peu trop subitement lorsqu'il répondit simplement. « Trop aimable. » Elle le regarda sans rien ajouter lorgner sa baguette mais ne fit pas un geste pour la récupérer et la lui ramener. Elle n'en avait pas l'intention et s'il ne se mettait pas en colère, c'était que peut-être, il la comprenait ? Voilà une réflexion un peu stupide probablement, idéaliste sûrement. Elle ne devait en aucun cas l'humaniser, il n'avait pas envie de l'être et elle n'était pas sûre que cela servirait à quelque chose. Cela le mettrait en colère et il ne le méritait pas, que faisait-elle encore dans cette chambre ? Il fallait qu'elle s'en aille, qu'elle se détourne de lui une bonne fois pour toute et pourtant, il la retint. Peut-être n'avait-il pas l'intention de la voir rester après ces paroles mais elle ne put s'en empêcher. Sa surprise passée, elle comprit qu'elle n'avait pas envie de quitter cette fichue pièce et cela la mettait en colère, contre lui et contre elle-même. Elle ne savait pas si lâcher tout ce qu'elle avait sur le cœur était une excellente idée mais elle ne pouvait plus faire machine arrière, elle devait le faire et qu'il comprenne enfin ce qu'elle ressentait, ce qu'elle n'avait pas envie de ressentir également. Comme ce besoin de s'assurer qu'il allait bien et qu'il ne mourrait pas à cause de sa négligence dans les heures qui suivront. Mais tout cela, c'étaient des excuses qu'elle se donnait et en le voyant secouer la tête, elle recula d'un pas, pas certaine d'avoir envie de l'entendre une nouvelle fois prendre la parole pour la blesser comme il avait su le faire depuis le début. « Parce que je ne suis plus le même ! Tu ne sais pas qui je suis, tu n’as jamais su qui j’étais ! C’était facile, quand tu étais encore une enfant, de prétendre être un autre. Tu ne connaissais pas mon monde, tu n’aurais jamais du le connaître, et je pouvais te faire croire ce que je voulais. Je pouvais devenir un autre pour te faire plaisir, je pouvais cesser d’être … » Elle le regardait à mesure qu'elle parlait et ses mots, comme elle l'avait prévu, elle ne les comprenait pas, elle n'arrivait pas à comprendre ce qu'il tentait de lui dire. Elle se creusait la tête un peu plus par minute pour tenter de comprendre pour éviter de l'énerver parce que visiblement, il était plus qu'agacé d'avoir à se répéter. Mais la jeune femme refusait de croire qu'elle ne pouvait rien faire pour le ramener à la raison. « Est-ce que tu t'es déjà demandé si ce n'était pas l'inverse ? Si ce n'était pas avec moi que tu pouvais enfin être celui que tu étais vraiment et que le reste du temps, tu te forgeais une carapace que tu pouvais enlever en ma présence ? Que tu es plus proche de l'homme qui cachait ma poupée et qui défiait un dragon avec un steak que celui qui se battait sans pitié avec un mangemort ? » Elle le pensait, elle savait qu'elle avait touché Elijah du bout des doigts et elle savait qu'au fond elle avait raison mais il n'était peut-être pas prêt à l'avouer. « Tu fais partie du passé, Lyla. Et j’essaye d’effacer mon passé. La dernière fois, c’est ce que j’ai voulu faire : t’effacer comme les autres. Mais tu … Tu n’es pas comme les autres, tu ne mérites pas ça. Je ne veux pas te faire plus de mal. » Elle en resta silencieuse un instant, ces paroles, elle ne pouvait pas non plus les comprendre et pourtant, ils commençaient à se faire un chemin dans son esprit. Elle aurait voulu hurler de frustration, il avait voulu l'effacer ? Ce que ça pouvait être vexant. Mais elle se fichait de cette partie. Elle fit un pas en avant, elle n'était plus capable de partir à présent. «  C'est uniquement ça le problème ? Tu veux effacer ton passé ? » Elle n'avait pas voulu voir ça la dernière fois mais elle comprenait beaucoup mieux et elle secoua la tête avant d'inspirer un grand coup. « C'est ça qui te gêne chez moi, je connais ton prénom, j'appartiens à une période que tu veux oublier, très bien je comprends. » Elle avait toujours les bras croisés et elle donnait l'impression qu'elle allait tourner les talons à l'instant même. Elle se mordit pourtant la lèvre. Il n'avait été violent que parce qu'elle n'avait pas fait l'effort de comprendre la dernière fois et elle venait de lui avouer qu'elle ne savait pas ce qu'elle devait faire mais il était clair qu'elle ne voulait pas s'éloigner de lui pour l'instant, elle n'était pas capable de l'abandonner. Elle continuait de se mordiller la lèvre en tergiversant sur ce qu'elle devait faire à présent, s'en aller ou tenter quelque chose, n'importe quoi. Finalement, elle prit la décision qui s'imposait, elle tourna les talons et sortit de la chambre en claquant la porte.

Elle inspira un grand coup avant de la rouvrir et réapparut sur le seuil, l'air plus inquiète face à l'idée qu'elle venait d'avoir. Elle affichait pourtant un léger sourire en coin en s'avançant vers le lit du jeune homme. Elle s'assit, comme si rien de tout ce qu'ils venaient de vivre ne s'était passé. Elle déglutit légèrement en lui tendant la main, comme si elle allait se présenter, ce qu'elle fit. « Je suis Lyla Wellington, je viens probablement de vous sauver la vie, vous me devez une fière chandelle, j'espère que vous saurez vous en souvenir ! » Elle se tut un instant avant de plonger ses yeux dans les siens. Elle lui offrait une porte de sortie, une chance de repartir à zéro, d'oublier qu'ils s'étaient connus, d'oublier ce qu'il s'était passé. Elle ne savait pas pourquoi elle le faisait, mais elle était prête à le faire, parce qu'elle avait l'impression que c'était ce qu'elle devait faire. Elle inspira légèrement, plus timide qu'elle ne l'aurait voulu face à sa tentative, elle ne savait pas comment il allait réagir. « Et vous êtes ? » Lui demanda-t-elle, lui laissant la possibilité de se montrer tel qu'il le voulait avec elle, de lui donner l'identité qu'il lui convenait. Elle avait la main tendue, sûre d'elle et pourtant intimidée. Elle finit alors par retenir son souffle, l'observant, ne le quittant pas des yeux. S'il avait besoin d'oublier son passé, elle pouvait faire cela, elle pouvait oublier avec lui et essayer de découvrir l'homme qu'il était devenu. Peut-être même pourrait-elle le sauver, l'aider, le sortir de cet état dans lequel il était plongé. Elle savait qu'elle pouvait le faire, elle avait besoin de se convaincre qu'elle pourrait faire ça pour lui.
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MessageSujet: Re: (oberyn&lyla) ♦ fragile peace   Jeu 16 Mai - 23:16

Discuter avec Lyla restait un calvaire, même dans ces conditions. Qu’Oberyn exprime sa mauvaise humeur ou se laisse aller au calme du à son état, il savait que tout ce qu’il dirait finirait forcément par se retourner contre lui. Et ce n’était pas envisageable. Mais il ne parvenait pas à se taire, ce qui aurait été la meilleure solution pour tous les deux. Si seulement il avait pu avoir un peu plus de discipline : Il suffisait qu’il entre dans un mutisme à toute épreuve, et Lyla se serait lassée d’elle-même. Elle se serait bornée à le soigner, elle serait partie, et fin de l’histoire. Au lieu de ça, il entretenait la conversation … Il se permettait même des gestes et des intonations qui l’auraient fait bondir en d’autres circonstances. Lui prendre la main ? Rien que ça ? Et c’était quoi la prochaine étape, lui proposer son blanc destrier pour l’emmener dans son royaume fort lointain où elle serait sauvée des vilains sorciers ? Le pire, c’était qu’il avait bien faillit faire une proposition de ce genre … Trop emporté par son élan de générosité, ou de compassion envers elle, il avait été à deux doigts de proférer une ânerie plus grosse que lui. Par chance, il avait retrouvé assez de raison pour s’en empêcher … Et cela eut au moins le bénéfice de lui faire retourner les pieds sur terre. Plus question de ramollir à ce point, peu importe la quantité de sang qu’il avait perdue. « Si je quittais le pays, qui viendrait sauver tes fesses après t'être pris une raclée par un mangemort ? » Question qui n’attendait pas de réponse, sans doute, mais qui l’énerva davantage. Elle se prenait pour sa sauveuse attitrée, maintenant ? Elle plaisantait, mais il la fusilla du regard pour bien lui faire comprendre qu’il n’appréciait pas ce genre de moquerie. La situation était assez humiliante comme ça, il n’avait pas besoin qu’elle en rajoute … D’autant qu’il lui avait demandé de partir simplement pour veiller à sa sécurité. Si elle réagissait ainsi quand il faisait preuve de gentillesse envers elle, il n’allait plus s’y risquer. « Je me dis que peut-être, je serais plus utile ici qu'à me dorer la pilule à Hawaï ! J'ai déjà aidé quelques personnes, pourquoi est-ce que tu tiens tant à ce que je parte ? Ma présence t'est à ce point insupportable ? » Ce n’était pas ça, pas du tout. Elle était à des lieues de comprendre la motivation qui le poussait à la convaincre de quitter le territoire. Sa présence, il s’en fichait. Enfin, pas vraiment, bien entendu : elle l’agaçait au plus haut point et il ne voulait plus la revoir, c’était un fait. Mais même s’ils ne se revoyaient pas, maintenant il savait qu’elle était là, qu’elle était en danger constant. Et qu’elle ne savait même pas se protéger, d’après ce qu’il en avait vu jusque là. Elle savait entrer par effraction mais elle n’avait pas l’air de briller en duel … Bien qu’il ne lui ait pas vraiment laissé la possibilité de se défendre la dernière fois. Mais le fait était qu’elle était vulnérable, ici. Il préférait la savoir loin, en sécurité. Mais elle s’entêtait à mettre sa vie en danger, et il s’énervait inutilement à y penser ou à essayer de la faire changer d’avis. Elle ne voulait pas partir ? Très bien. C’en était fini de la bonne humeur et des questions posées pour son propre bien. Il la fixa sans rien dire pendant de longue secondes, soutenant son regard avec l’insolence dont elle était la spécialiste habituellement, puis ses lèvres s’étirèrent lentement en un rictus méchant. « Exactement. » Si elle voulait croire qu’elle l’agaçait au point qu’il veuille qu’elle déguerpisse, tant mieux. La vérité était autre, mais il n’avait pas l’intention de lui servir la vérité … Elle ne la comprendrait sans doute pas, ou recommencerait à plaisanter à ce sujet. A tout prendre, il préférait endosser le rôle du méchant, il lui convenait très bien.

Un rôle qu’il aurait aimé tenir plus longtemps, mais qu’il laissa tomber encore un instant, quand elle lui posa des questions sur le bizutage de Gringotts. Il aurait mieux fait de se taire … Décidemment, il se le reprochait à chaque fois qu’il ouvrait la bouche ! Il ne comprenait pas pourquoi il continuait tant à entretenir une discussion qu’il ne souhaitait pas avoir, que ce soit sur ses raisons d’être ici, que sur ses souvenirs de travail. De plus, lui révéler des informations sur lui n’était pas une bonne chose, même si cela n’avait rien de personnel ou de confidentiel. Il ne voulait pas qu’elle croie qu’ils étaient à nouveau amis, que les confidences étaient de mises, ou qu’elle pouvait se permettre des écarts que la peur lui interdisait jusque là. « Vous n'étiez pas aussi courageux que ce qu'on dit alors ! » Des écarts comme celui-ci, par exemple … Elle n’avait donc aucun bon sens ! Ce n’était pas parce qu’il répondait à ses questions qu’elle devait en rajouter, et lui parler comme à un ancien camarade de Poudlard ! Elle ne retenait donc jamais ses leçons … Grâce à son métier à Gringotts, il était devenu un tueur méthodique et sans pitié, ce qu’elle avait aisément pu constater la dernière fois. Ce n’était pas franchement le moment de railler leurs méthodes de bizutage. « Peur d'un gobelin mais pas d'un dragon, c'est ce qu'on dit alors, la taille ne fait pas la puissance ! » Il lui adressa un sourire vicieux, tandis que ses yeux restaient deux puits de glace sans aucune émotion. « C’est aussi ce que je t’ai dit la dernière fois il me semble … Mais si ça marche pour les gobelins, c’est tout visiblement. » Il ne l’avait jamais considérée comme une adversaire dangereuse, et il le lui confirmait par son ton méprisant. Le temps des petites plaisanteries amicales était bel et bien révolu, il ne voulait plus l’entendre parler à présent. Par chance – et à la plus grande surprise d’Oberyn – elle garda ensuite le silence sans rien répliquer quand il évoqua le fait qu’elle n’aimait pas qu’il râle constamment, et pendant quelques instants, aucun des deux ne parla. Cela aurait pu durer ainsi pendant longtemps, et cela aurait été grandement agréable … S’il n’avait pas eu un nouveau sursaut d’humanité quand elle évoqua sa baguette, le danger qu’il représentait si elle la lui rendait, et le fait qu’elle aurait pu la briser pour ne courir aucun risque. Et bien évidemment … Cela le fit réfléchir. A tel point qu’il retourna une nouvelle fois sa veste, pour la retenir avant qu’elle ne parte. Il ne tenait plus le rôle du méchant, il tentait maladroitement de jongler entre Oberyn et Elijah, sans réussir à satisfaire ni l’un ni l’autre. Et il réalisait qu’il ne savait plus du tout parler sincèrement, à quelqu’un en qui il tenait.

Il tenta de s’expliquer, sans avoir l’impression de toucher son but. Mais il ne pouvait pas réellement mettre de mots sur le chaos qui régnait dans sa tête. Il ne pouvait pas expliquer à Lyla la raison pour laquelle il était si changeant. Il comprenait à peine lui-même, comment pouvait-il le faire comprendre à quelqu’un qui n’était pas dans son esprit ? « Est-ce que tu t'es déjà demandé si ce n'était pas l'inverse ? Si ce n'était pas avec moi que tu pouvais enfin être celui que tu étais vraiment et que le reste du temps, tu te forgeais une carapace que tu pouvais enlever en ma présence ? Que tu es plus proche de l'homme qui cachait ma poupée et qui défiait un dragon avec un steak que celui qui se battait sans pitié avec un mangemort ? » Il secoua la tête fermement. Sur ce point, il ne pouvait pas être d’accord avec elle, impossible. Même s’il le voulait, il ne pouvait pas. Et il n’était pas certain de le vouloir non plus. Il appréciait celui qu’il était devenu avec le temps, il aimait se glisser dans la peau d’Oberyn, c’était ça qui était devenu naturel pour lui. Elijah ne lui était plus d’aucun secours, Elijah était faible et inutile, juste bon à courber l’échine et à remercier en acceptant les déchets qu’on voulait bien lui laisser. Oberyn voulait plus que ça, bien plus, et ce qu’il souhaitait, il l’avait obtenu, grâce à sa seule volonté. Lyla ne le connaissait pas, elle ne l’avait jamais vraiment connu, elle n’avait pas assez de recul pour juger de ce qu’il était ou ce qu’il n’était pas. « Tu te trompes. Quand je jouais avec toi, c’était un rôle. Quand je bizutais mes collègues, c’était un autre rôle, encore bien différent. Quand je vais tuer des Mangemorts, là je suis moi-même, tu ne peux pas savoir à quel point. » Elle n’avait pas complètement tord, bien entendu. Dans son adolescence, il avait du mal à déterminer ce qui était le rôle, et ce qui était le vrai lui. Mais plus maintenant, et la différence résidait justement dans le fait qu’il tuait des Mangemorts pour s’en assurer. Ainsi il détruisait le rôle qu’il avait pu jouer par le passé, et rendait plus réel que jamais celui qu’il était aujourd’hui. Il n’était plus le larbin des sangs-purs, il leur était devenu supérieur. A chaque fois que l’un d’entre eux tombait, c’était un lambeau de son passé qui s’envolait, et un pilier de son présent qui s’affermissait. Il n’avait jamais été aussi comblé que maintenant, qu’il avait un but en se levant chaque jour. Ca ne lui était plus arrivé depuis … depuis quand ? Il n’avait jamais eu de but dans la vie, pas même quand il était enfant avant d’entrer à Poudlard. Sauf peut-être ensuite, quand sa mère lui annonçait qu’ils allaient passer un après-midi chez les Wellington … Il attendait ces journées avec impatience, et s’en souvenait ensuite avec plaisir. Mais c’était fugace, trop court et trop vite disparu pour que cela ait de l’importance maintenant. Regarder une gamine jouer à la poupée, ce n’était pas franchement ce qu’on pouvait appeler un vrai objectif dans une vie. « C'est uniquement ça le problème ? Tu veux effacer ton passé ? » Il la fixa sans répondre, les mâchoires serrées, et hocha vaguement la tête. Oui, c’était ça, mais elle ne semblait pas mesure à quel point ce qu’elle jugeait insignifiant était important pour lui. Sa vie dépendait de sa capacité à effacer son passé. « C'est ça qui te gêne chez moi, je connais ton prénom, j'appartiens à une période que tu veux oublier, très bien je comprends. » Elle ne connaissait pas seulement son prénom, elle savait qui était sa mère, elle faisait partie de son passé. Tous les mensonges qu’il avait bâtis ne fonctionnaient uniquement parce qu’il n’y avait personne pour les démentir : personne ne le connaissait avant Poudlard, personne n’avait rencontré sa vraie famille. Sauf elle. Il suffisait qu’elle dise un mot, au-dehors, pour que tout s’écroule. Et c’était pour cette raison qu’il devait la supprimer comme les autres … Plus que les autres, même. Mais comme il le lui avait dit … Il ne voulait plus lui faire de mal, et ça entrait en totale contradiction avec ses plus basiques règles de conduite. « Oh non, tu ne comprends pas. » Finit-il par lâcher entre ses dents, dans un immense effort pour ne pas exploser. Il voulait lui hurler ce qu’elle ne comprenait pas, la secouer jusqu’à ce qu’elle disparaisse, mais c’était trop tard. Il en avait trop dit et il ne pouvait plus la laisser partir ainsi. Mais que pouvait-il faire ? Il la fixait avec intensité, faisant défiler toutes les possibilités qui s’offraient à lui pour la faire taire, pour sauver sa peau. Mais toutes impliquaient une certaine violence, et aucune n’était donc applicable en cet instant. Il en tremblait presque, à contenir les pulsions qu’Oberyn aurait laissé éclater sans son contrôle. Oberyn aurait fait couler le sang pour s’assurer qu’elle ne dise rien … Il ne savait pas qui était en train de contenir Oberyn mais il n’était pas certain de pouvoir continuer bien longtemps.

Et soudain, Lyla fit demi-tour. En un quart de seconde, elle avait tourné les talons et claqué la porte derrière elle. Le laissant hagard, stupéfait, et complètement désespéré. Il se passa les mains sur le visage, essayant de réfléchir à une issue possible. Il en était venu à la conclusion qu’il allait devoir se lever pour au moins attraper sa baguette – la suite n’était pas encore bien définie dans sa tête, mais au moins il ne serait plus désarmé – quand la porte se rouvrit. Il se figea et regarda Lyla revenir, s’asseoir à côté de lui, lui tendre la main. « Je suis Lyla Wellington, je viens probablement de vous sauver la vie, vous me devez une fière chandelle, j'espère que vous saurez vous en souvenir ! » Pris de court, Oberyn fixa sa main, puis son visage, sans esquisser le moindre geste. Il n’était pas sûr de comprendre. « Et vous êtes ? » Oberyn ferma les yeux une seconde. Le soulagement inonda son corps, et il sentit les muscles de son dos se détendre. Quand il rouvrit les yeux, il hocha imperceptiblement la tête, comme pour accepter la décision de Lyla. Il serra sa main dans la sienne comme il l’aurait fait avec une inconnue qu’il rencontrait à peine, puis la relâcha. « Je n’oublierais pas ce que tu as fait pour moi, Lyla Wellington. » Il ne savait pas où tout cela allait les mener, mais il appréciait l’effort de la jeune fille, qui le prenait totalement par surprise. Il ne s’était pas attendu à ça – à tout, sauf à ça. « Je m’appelle Oberyn Lindberg. Enchanté. Je suis briseur de sorts pour Gringotts, et je fais partie de l’Ordre du Phénix. J’ai passé ces dix dernières années à l’étranger … » Il esquissa un sourire mal à l’aise. Non, définitivement, il ne savait plus comment se comporter de façon amicale. « Et je ne sais pas trop quoi te dire d’autre. Qu’est-ce que tu veux savoir ? » Il voulait bien se prêter au jeu des questions-réponses si cela se cantonnait à leur nouvelle résolution, de faire table rase de ce qu’ils avaient dit avant sans essayer de comprendre le pourquoi du comment. Il voulait bien lui présenter Oberyn, mais il n’était pas sûr qu’elle apprécie ce qu’elle découvrirait … « Dans quelle maison étais-tu à Poudlard, Lyla Wellington ? » Demanda-t-il soudain. Il n’y avait pas de raison qu’elle soit la seule à poser des questions, maintenant que les masques étaient tombés, au moins un peu, il voulait en savoir plus sur elle.
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MessageSujet: Re: (oberyn&lyla) ♦ fragile peace   Mar 28 Mai - 14:38

Au fur et à mesure, l'atmosphère avait changé, s'était chargée d'une tension qui avait déjà envahi l'air alors qu'ils se trouvaient tous les deux dans la même pièce. Mais ce n'était pas réellement un changement qu'ils opéraient tous les deux, non, tout était dû aux réactions du jeune homme en face d'elle. Oberyn se tendait de plus en plus, se trouvait dans l'incapacité de réellement lui répondre, le sourire qu'il avait pu lui offrir, le rire qu'il avait laissé échappé, tout disparaissait dans un coup de vent et la température se mit à chuter. De l'air glacial qu'il affichait à chaque fois qu'elle cherchait à le contrarier ou à simplement le taquiner aux tons secs de sa voix quand elle voulait simplement le faire parler pour lui faire un peu oublier cette situation, tout était entrain de changer et Lyla n'était pas assez inconsciente pour ne pas voir le danger, pour continuer à provoquer ce qu'elle avait déjà été amenée à voir. Elle avait compris que sa présence l'insupportait, qu'il détestait la voir, la croiser même si elle en ignorait la raison et il le lui confirma rapidement. Si elle avait pu quitter l'Angleterre pour qu'il évite de la revoir un jour, il se porterait certainement mieux et ce constat la blessait parce qu'elle ne savait pas ce qu'elle devait faire pour attirer son attention autrement, pour voir la part de lui qu'elle avait aperçu quand elle était encore une enfant. Elle venait de le sauver, de le soigner avec attention, sans jamais profiter de la situation, elle essayait de plaisanter mais comme la première fois qu'ils s'étaient revus, toutes ses tentatives étaient étouffées dans l’œuf par le sorcier qui ne souhaitait pas s'attarder et elle le comprit très rapidement, même si elle le déplorait. Et pourtant, il allait falloir qu'elle parte, elle ne pouvait pas rester à évoluer dans une atmosphère légèrement malsaine, elle ne pouvait pas rester près de lui parce qu'il ne voulait tout simplement pas d'elle. Et pourtant, il la retint. Elle n'arrivait pas à le suivre, il était tellement changeant, il pouvait être si froid un instant puis s'excuser pour ce qu'il avait fait celui d'après, il devait avoir de sacrés troubles de la personnalité pour passer d'un état à l'autre. Il avait tout fait pour qu'elle parte en courant de cette pièce, pour qu'elle s'enfuit sans avoir envie de revenir et pour le laisser là, malgré ce qu'elle avait fait pour lui. Il avait orchestré son départ et maintenant qu'elle était sur le point de franchir la porte, il la retenait, pour qu'elle reste ou simplement pour lui fournir une explication et qu'il puisse continuer sa vie la conscience tranquille et elle avec. Quoiqu'elle n'était pas sûre qu'il était vraiment atteint par tout ce qui s'était passé entre eux, elle savait que dès le lendemain, lorsqu'elle aurait disparu de sa vie, il l'oublierait, il reprendrait son quotidien sans plus jamais penser à elle, sans se soucier une seule fois de ce qu'elle pouvait bien devenir. Il ne serait pas atteint de remords, il ne chercherait plus ni à la voir, ni à la contacter pour savoir si elle survivait dans sa fuite. Il était ainsi et elle commençait à doucement le comprendre, Elijah n'existait plus, il n'était plus qu'une légère facette de l'homme qu'elle avait en face de lui, capable d'un peu de douceur de temps en temps, dans un élan de compassion qui semblait inhabituel chez lui. Il avait failli lui proposer son aide, il avait ri avec elle, plaisanté, il l'avait retenu, il s'était excusé, il pouvait être celui qu'elle avait aimé quand elle était si jeune mais il ne se permettait pas de l'être sur le long terme et remettait immédiatement son masque de froideur, celui qui changeait l'air comme un vent glacial soufflant sur ses sentiments. Elle était fatiguée, elle devait partir, elle ne devait pas continuer à débattre sur ces sujets. « Tu te trompes. Quand je jouais avec toi, c’était un rôle. Quand je bizutais mes collègues, c’était un autre rôle, encore bien différent. Quand je vais tuer des Mangemorts, là je suis moi-même, tu ne peux pas savoir à quel point. » Elle le regarda, comme si elle le voyait pour la première fois et pinça les lèvres pour s'empêcher de répondre tout de suite quelque chose qu'elle pourrait regretter. Elle sentait la tension qui continuait de le prendre, de l'envahir, elle pouvait le voir, le sentir, même si elle ne se trouvait pas près de lui, il était évident qu'il était sur le point de craquer mais qu'il ne le faisait pas, certainement parce qu'il lui avait dit qu'il ne souhaitait plus lui faire du mal mais c'était dorénavant lui qui souffrait de se retenir, de ne pas se montrer plus agressif, de ne pas se lever pour lui faire payer ses remarques, ses provocations. Elle prenait conscience qu'à ce niveau, il était suicidaire de le provoquer davantage, elle comprenait petit à petit ce qu'il pouvait être, ce qu'il était devenu ou avait toujours été selon ses dires. Elle ne répondit pas, elle n'était pas en mesure de formuler une réponse. Elle ne voulait pas continuer de débattre, il n'épouserait pas son point de vue, même si elle se montrait insistante, même si elle cherchait à analyser son comportement des années plus tôt, elle savait que cela ne fonctionnerait pas, qu'il finirait de nouveau par craquer et aucun d'eux ne voulait ça, aucun ne pourrait le supporter, elle ne pourrait pas lui pardonner cette fois, elle n'était même pas sûre de l'avoir fait pour la fois précédente. Il lui confirma qu'elle ne pouvait pas comprendre, qu'elle était incapable de comprendre ce besoin qu'il avait d'éradiquer son passé, elle savait que c'était lié à cette identité qu'il s'était forgé, il voulait juste se protéger et elle l'en empêchait en l'appelant Elijah, en connaissant la vérité sur ses origines, elle commençait doucement à le comprendre, même s'il affirmait l'inverse. Et la décision qu'elle prit fut aussi rapide qu’inattendue. Elle ne prit pas la peine de réfléchir, elle n'en avait plus besoin, elle savait ce qu'elle devait faire, il s'agissait certainement d'un instinct dicté par son envie de vivre, ou de simplement faire quelque chose pour lui. Il était tendu à se rompre, et il venait d'échapper à la mort, elle devait l'aider, même si elle ne savait pas ce qui la poussait à le faire.

En quittant la pièce, elle savait qu'elle avait l'intention de revenir et elle aurait donné cher pour voir simplement la tête qu'il avait du faire en la voyant claquer la porte sans plus de cérémonie, sans lui dire quoique ce soit d'autre. Elle savait qu'elle avait dû le surprendre et qu'il serait d'autant plus étonné par la suite mais elle devait le faire, elle se devait de tenter quelque chose. Revenant dans la chambre, elle prit place sur le lit sous le regard du jeune homme et se présenta, lui tendant la main. Elle lut l'incompréhension totale dans son regard tandis qu'il l'observait et elle retenait son souffle avant de lui demander à son tour, de lui dire qui il était. Elle était toujours tendue quand elle le vit fermer les yeux et se détendre nettement. Elle avait en éprouva un petit pincement au cœur en pensant au mal qu'il avait dû se donner pour se contenir. Elle était contre la violence gratuite mais visiblement, Oberyn ne connaissait plus que ça depuis des années et il répondait de cette manière, changer était un challenge, il n'arrivait plus à jouer un rôle, elle lui donnait donc l'occasion d'être lui-même sans être un problème pour lui. Et une longue expiration quitta sa bouche lorsqu'il lui prit la main, jouant le jeu. Il n'était pas le seul à être soulagée, elle n'aurait pas pu prévoir sa réaction et elle s'était exposé à ses mains sans mesurer le danger. Elle sentit la main dans la sienne et pour une fois, il ne fit pas ce geste pour la blesser. Comme il l'avait fait précédemment en posant sa main sur la sienne, pourtant la jeune femme s'attendait encore à moitié à ce qu'il serre sous le coup de la colère. « Je n’oublierais pas ce que tu as fait pour moi, Lyla Wellington. » Elle lui adressa un sourire, sincère quoiqu'un peu crispé par la situation. Elle n'était pas très à l'aise à l'idée de tout recommencer, de jouer un jeu comme celui-là mais elle ferait l'effort, pour lui. Il prononçait son nom comme s'il ne se souvenait plus des moments qu'ils avaient passé ensemble et elle ne put s'empêcher d'en être blessée, même si elle s'efforçait de le cacher. « Je m’appelle Oberyn Lindberg. Enchanté. Je suis briseur de sorts pour Gringotts, et je fais partie de l’Ordre du Phénix. J’ai passé ces dix dernières années à l’étranger … » Visiblement, Obeyrn n'était pas plus à l'aise qu'elle, il avait sûrement perdu l'habitude de telles familiarités. Elle esquissa un sourire lorsqu'il lui fournit de lui-même des informations qu'elle connaissait déjà. Il voulait qu'elle le prenne pour Oberyn, elle ferait donc l'effort de le faire. « Et je ne sais pas trop quoi te dire d’autre. Qu’est-ce que tu veux savoir ? » Elle en eut le souffle coupé un instant. Elle avait le droit de lui poser des questions sur sa vie ? Il lui donnait le parfait feu vert ? Son entreprise était peut-être une plus grande réussite qu'elle ne l'avait imaginé. Elle ne put empêcher un sourire, d'une sincérité absolue cette fois, de franchir ses lèvres alors qu'elle relevait les yeux vers lui. « Et bien, enchantée également Oberyn. Je n'ai jamais quitté l'Angleterre, je rêve de voyager, où est-ce que tu as eu la chance d'aller ? » Lui demanda-t-elle, optant pour une question assez neutre qui ne devrait pas le déranger, elle faisait toujours attention aux questions qu'elle posait à présent, elle ne savait pas quelles étaient les limites à ne pas franchir. Elle faisait également attention à ce qu'elle disait pour ne pas faire une gaffe. Pour la première fois, elle l'appelait Oberyn et testa ce nom sur le bout de sa langue quelques secondes après l'avoir prononcé. Cela lui faisait étrange mais peut-être pourrait-elle s'y habituer, s'il fallait vraiment cela.

En baissant les yeux, elle finit par se rendre compte que sa main était toujours dans la sienne et elle finit par se dégager doucement avant de le regarder de nouveau, croisant son regard. « Dans quelle maison étais-tu à Poudlard, Lyla Wellington ? » Elle eut un petit rire qu'elle ne put s'empêcher de laisser échapper lorsqu'elle lui répondit. « Tu sais, la plupart du temps, les gens m'appellent Lyla, c'est plus court ! » Elle testait une dernière chose : le taquiner pour voir si elle pouvait faire cela à présent. Il ne prononçait pas son prénom, il s'obligeait à y ajouter son nom de famille, elle ne savait pas si c'était une manière de l'éloigner de lui et de lui faire comprendre qu'elle n'était qu'une inconnue parmi tant d'autres. Mais elle finit aussi par répondre à sa question. « Je suis allée à serdaigle, ce qui m'arrangeait plutôt parce que j'ai toujours aimé le bleu ! » Plaisanta-t-elle parce qu'elle n'avait jamais trop su ce qu'elle faisait chez les corbeaux. Elle était intelligente mais ce n'était pas un bourreau de travail, elle aurait très bien eu sa place à poufsouffle selon elle, mais elle n'avait pas voulu contrarier le choixpeau. Elle ouvrit la bouche pour lui retourner la question avant de se rappeler sa réaction quand il s'agissait de son passé et elle la referma aussitôt, ne sachant pas vraiment si parler de poudlard était une bonne idée pour lui. Elle hésita une seconde avant de baisser les yeux à nouveau pour regarder la cicatrice que sa blessure avait laissé sur son ventre et la pommade qu'elle lui avait ramené puis elle leva les yeux. « Je vais essayer de trouver quelque chose à manger dans les placards, je préfère que tu manges avant de te reposer et je pourrais voir ce que je peux faire pour cette cicatrice et la pommade que j'ai trouvé, ce serait dommage de, de rester marqué. » Elle ne lui imposait pas, elle le lui proposait et elle cherchait à savoir si c'était la chose à faire. Même s'il avait l'habitude d'être marqué, celle-là était assez impressionnante et elle voulait faire quelque chose pour lui. Elle buta légèrement sur la fin, elle ne pouvait absolument pas lui suggérer qu'il était dommage d’abîmer un corps comme le sien, qu'est-ce qu'une pensée pareille pouvait bien faire dans sa tête ? Elle amorça un geste pour se lever avant de le regarder et tenta malgré tout. « Gryffondor. » Elle leva les yeux pour croiser son regard, se mordant la lèvre, expliquant rapidement. « Je suis sûre que tu as été à gryffondor. » Elle s'empressa cependant de secouer la tête, cette réflexion venait plus de la personne qui avait connu Elijah que celle qui venait de rencontrer Oberyn et elle n'avait pas envie de rompre la bulle de paix qu'ils venaient de former. Elle se reprit donc en se levant complètement. « Je veux dire, faire partie de l'Ordre, affronter un mangemort comme tu l'as fait, il n'y a que les lions pour faire ce genre de choses. » Elle lui adressa un sourire, même si elle ne savait pas du tout dans quelle maison il avait pu être, elle se souvenait d'une écharpe qu'il avait porté un hiver. Elle était rouge et or, ce n'était pas fair-play de sa part, elle avait eu un indice de taille maintenant qu'elle savait à quoi cela correspondait mais elle cherchait à justifier sa certitude d'une autre manière.
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MessageSujet: Re: (oberyn&lyla) ♦ fragile peace   Lun 3 Juin - 14:20

Le temps de laisser libre cours à sa rage était définitivement passé. Oberyn avait laissé passer l’opportunité, il ne s’était pas défoulé sur elle quand il le pouvait, quand aucune décision n’avaient encore été prise au fin fond de lui-même. A moins qu’il n’ait fait son choix bien avant cela, sans même s’en rendre compte ? Après qu’il l’ait balancée à travers son salon sans pitié aucune, qu’il ait laissé parler la violence qui couvait en lui, pour mieux la soigner par la suite … S’il avait voulu la blesser – et il était persuadé qu’il l’avait souhaité et qu’il le souhaitait encore, dans un sens – il n’aurait pas pris la peine de réparer ses dégâts ensuite. Il n’aurait pas eu de remords, il n’en avait jamais. Les remords étaient aussi inutiles qu’encombrants, mais il s’était laissé envahir et avait cédé face à leur insistance. Et aujourd’hui, il cédait à nouveau. Sans doute pas face aux remords, car même s’il s’était montré désagréable envers Lyla, il n’avait pas eu de geste déplacé. Il n’avait rien fait de condamnable si ce n’est exprimer sa mauvaise humeur, ce qui était plus que compréhensible en voyant la situation dans laquelle elle l’avait trouvé. Mais les faits étaient toujours là, elle était toujours cette petite fille qu’il avait connu longtemps auparavant, dont il avait suivi les premières années d’existence comme si elle avait fait partie de sa famille. Elle le connaissait bien, trop bien même. Bien qu’il ait changé depuis leur dernière rencontre, et qu’il n’ait plus rien en commun avec le jeune garçon qu’elle avait connu, elle savait qui il était. Et cette seule pensée était de nature à le faire paniquer. Tous ces efforts pour rien ? Des années à polir un mensonge jusqu’à le rendre parfait, à s’assurer que personne ne pouvait mettre en doute les histoires qu’il avait montées de toutes pièces … Pour voir tout ça s’effondrer à cause d’une gamine ? Elle n’aurait pas grand-chose à faire pour qu’il ait toute la clique de Voldemort sur le dos, mais également tout l’Ordre du Phénix et la justice Magique du Ministère. Usurpation d’identité, usage de sortilèges Impardonnables, meurtres en série … Il avait un dossier chargé sous tous les fronts, il en avait bien conscience. Mais ce n’était pas sa conscience qui le titillait, uniquement la crainte qu’il puisse être découvert avant d’avoir pu se mettre tranquillement à l’abri. Et Lyla, malheureusement pour lui, avait ce pouvoir entre ses mains. Même sans sa propre baguette, il aurait pu lui arracher la sienne des mains une bonne dizaine de fois depuis qu’elle l’avait guéri. Il aurait pu la menacer, la frapper même. Sans aucun problème. Physiquement, il était plus fort qu’elle, même après avoir perdu une bonne quantité de sang. Il ne l’avait pas fait, il avait laissé passer ses chances … Et maintenant il la regardait en espérant avoir fait le bon choix, mais sans réellement le regretter non plus. Autant il avait eu envie de la faire taire définitivement, autant il savait qu’il n’aurait pas pu le faire. Plus maintenant, plus après avoir pris la décision de la guérir une première fois … Et après qu’elle-même l’ait soigné au lieu de le laisser agoniser lamentablement dans cette ruelle. Il avait beau être un monstre psychotique, il reconnaissait qu’elle lui avait sauvé la vie, et il ne pouvait plus lui prendre la sienne après qu’elle ait fait une chose pareille. Il ne pouvait pas, il ne voulait pas. Cette prise de conscience résolvait une partie de ses problèmes … Et en créait tout un tas d’autres, encore plus conséquents. Il ne s’en sortirait jamais.

Le point positif là-dedans, était que Lyla semblait avoir réalisé l’ampleur du capharnaüm qui régnait dans sa tête, même si elle n’en saisissait pas les détails. Plus futée que lui, sans doute, et avec une volonté d’arranger les choses qu’il ne parvenait pas à trouver lui-même, elle lui proposa une nouvelle solution. Elle ne fonctionnerait que tant qu’elle le voulait bien, évidemment, mais pour l’instant elle était un grand soulagement pour Oberyn. Sa bonne volonté faisait plaisir à voir, comme une bouffée d’air frais à laquelle il n’avait pas pu goûter depuis bien longtemps, lui donnant presque envie de la suivre sur ce chemin. Elle n’avait pas changé, elle avait simplement grandi et mûri, mais elle avait toujours ce sourire resplendissant, cet enthousiasme maladif … A présent que tout ça n’était plus gâché par la peur ou la colère, il la reconnaissait tout à fait. Mieux vaut tard que jamais, comme disait le proverbe … « Et bien, enchantée également Oberyn. Je n'ai jamais quitté l'Angleterre, je rêve de voyager, où est-ce que tu as eu la chance d'aller ? » Il ne s’attendait pas à ce qu’elle pose une question aussi impersonnelle après qu’il lui ait donné carte blanche, mais il se doutait bien qu’elle n’avait pas voulu ruiner tous ses efforts en lui posant une question qui l’aurait replongé dans le mutisme, ou pire encore, dans la colère. Malgré son sourire, elle marchait sur des œufs, et dans un sens, il en était plutôt satisfait. Trop de familiarité, d’un coup, cela ne lui aurait pas plu. Il fallait faire les choses par étapes, et il n’avait pas l’intention de trop en dire non plus … Finalement, cette question était très bien comme ça. « J’ai commencé en Egypte, puis j’ai travaillé sur la côte ouest des Etats-Unis. J’ai eu une mission au Paraguay mais je n’y suis resté que quelques jours. Je suis allé en Allemagne, en Finlande et en Hongrie, et je suis ensuite allé en Australie et en Nouvelle-Zélande. Je suis aussi allé assez souvent en Irlande, mais ce n’était pas franchement dépaysant. La maison que tu as vue la dernière fois, je l’ai achetée juste avant de partir en Egypte, et j’ai du y rester pas plus d’un an en tout et pour tout. C’est la première fois depuis que je suis titulaire chez Gringotts que je reste aussi longtemps sur le sol anglais. » Il avait bien fallu qu’il se trouve une occupation, puisqu’il n’avait pas l’habitude de rester chez lui à rien faire … Et cette occupation, elle la connaissait maintenant : la traque et le meurtre. Mieux valait qu’elle se concentre sur la destination de ses voyages plutôt que sur ses occupations actuelles. Au lieu de lui répondre par monosyllabes et aussi de façon aussi concise que possible comme il le faisait d’habitude, il s’était étendu, parlant même de sa maison. Même si ce lieu n’était sans doute pas un bon souvenir pour elle … Mais il voulait juste montrer sa bonne volonté, lui aussi. Pas seulement se cantonner aux réponses à ses questions, mais essayer de raconter un peu plus ce qui faisait sa vie … Ce qui n’était pas facile du tout, car il devait jongler entre les informations qu’il pouvait donner et celles qu’il ne souhaitait pas dévoiler, et son malaise face à ce genre de discussion "amicale" … Mais il faisait de son mieux. « Tu sais, la plupart du temps, les gens m'appellent Lyla, c'est plus court ! » Bien entendu que les gens le faisaient, mais était-il réellement de ceux-là ? Il voulait garder une certaine distance entre eux malgré le nouveau pas en avant qu’ils avaient fait, il n’était pas encore prêt à l’appeler par son simple prénom. Cela serait revenu à retrouver le degré d’intimité qu’il y avait entre eux quinze ans auparavant … Et il était encore trop tôt pour ça. Il hocha finalement la tête, mais sans lui répondre. Elle pouvait ainsi interpréter ce geste comme elle voulait : qu’il acceptait de l’appeler Lyla, ou qu’il reconnaissait juste que c’était effectivement plus court … Il ne voulait pas qu’elle interprète son absence de réponse pour de la mauvaise volonté, et ne l’appellerait plus par son nom et prénom entiers, mais c’était tout ce qu’il lui accordait pour l’instant.

Ce fut ensuite à lui de poser une question, anodine mais qui piquait tout de même sa curiosité. Maintenant qu’il acceptait qu’elle soit une sorcière, il voulait se familiariser un peu plus avec cette idée. Autant commencer par le début : son entrée à Poudlard, et donc sa maison dans la grande école de sorcellerie. « Je suis allée à serdaigle, ce qui m'arrangeait plutôt parce que j'ai toujours aimé le bleu ! » Cette dernière information était un peu incongrue, et pendant un instant Oberyn ne sut pas trop quoi en faire … La fierté des Serdaigle ne résidait habituellement pas dans la couleur de leur blason, mais plutôt dans les capacités mentales qu’ils étaient censés posséder. A moins que Lyla ne se considère pas totalement digne de cette maison et de l’intelligence que cela sous-entendait … « Je t’aurais plutôt vue chez Gryffondor, mais finalement, Serdaigle ne me surprend pas vraiment … Et ça colle très bien avec ton choix de carrière. » Il ne savait pas vraiment comment justifier autrement la façon dont il la voyait, il ne la connaissait plus assez pour pouvoir décréter que Serdaigle était sa maison, mais il ne mettait pas un seul instant en doute ses capacités mentales. Déjà toute petite, elle faisait preuve d’une vivacité d’esprit qu’il avait toujours aimé. Pourtant, vu la façon dont elle lui avait tenu tête depuis le début, il aurait été bien moins surpris qu’elle lui annonce faire partie des lions … Elle en aurait été bien plus digne que lui. D’ailleurs, elle ne lui avait pas demandé quelle avait été sa propre maison … Encore une précaution pour ne pas qu’il change brutalement d’humeur ? A la place, elle sembla hésiter un instant, les yeux baissés. « Je vais essayer de trouver quelque chose à manger dans les placards, je préfère que tu manges avant de te reposer et je pourrais voir ce que je peux faire pour cette cicatrice et la pommade que j'ai trouvé, ce serait dommage de, de rester marqué. » Il dut se faire violence pour ne pas lui répondre un non catégorique et cassant comme il l’aurait fait au naturel. Tous ses efforts ne devaient être gâchés par un élan impulsif idiot ! Mais il ne voulait plus qu’elle s’occupe de lui. Il n’était pas un malade sur lequel elle devait veiller, il ne voulait surtout pas qu’elle continue à s’inquiéter pour lui pour une raison aussi futile que celle-ci. Il ne voulait surtout pas de sa pitié ou de sa gentillesse, pas de cette façon. « Je crois que tu en as fait suffisamment pour moi, ce soir. » Répondit-il avec fermeté, mais sans la sécheresse avec laquelle il l’avait rabrouée un peu plus tôt dans la soirée. Il se fichait de rester marqué, et elle aurait du être encore moins concernée par ce genre de détail. « Cette cicatrice ira très bien avec les autres, ne t’en fais pas pour ça. » Ajouta-t-il comme pour se rattraper, avant de se passer une main sur le visage. « Par contre, je ne dirais pas non à grignoter quelque chose, à condition que tu manges avec moi. Et si tu trouves une bouteille un peu plus buvable que l’autre, ce ne serait pas de refus non plus. » Il lui adressa un sourire moqueur, certain de sa réponse sur ce dernier point. Mais ça ne coûtait rien d’essayer ! Il se serait bien levé pour aller farfouiller lui-même dans les placards à la recherche d’une bonne bouteille, c’était à ses yeux plus important que de manger pour ce soir, mais Lyla ne serait pas du tout de son avis ... Et elle ne le laisserait pas faire le moindre pas pour un prétexte de ce genre. Elle fit un geste pour se lever, mais sembla se raviser au dernier moment. « Gryffondor. » Il haussa les sourcils. « Je suis sûre que tu as été à gryffondor. » Elle le prenait une nouvelle fois par surprise : il ne voyait pas trop comment elle pouvait en être arrivée à cette conclusion. Il n’avait rien montré de très chevaleresque, digne des Gryffondor, depuis qu’ils s’étaient retrouvés ! « Je veux dire, faire partie de l'Ordre, affronter un mangemort comme tu l'as fait, il n'y a que les lions pour faire ce genre de choses. » Oberyn faillit se mettre à rire devant un tel raisonnement, mais il se contenta de secouer la tête, un sourire embarrassé aux lèvres. Il ne savait pas si elle disait ça pour lui faire plaisir, pour arrondir les angles ou juste parce qu’elle le pensait vraiment, mais elle était très loin de la vérité. « C’est généreux de ta part de me voir comme ça, mais tu ne devrais pas. Je n’ai jamais été un Gryffondor, à part pour la couleur de mon uniforme et pour le dortoir où j’étais obligé de dormir. Mais j’étais un véritable Serpentard chez les Gryffondor. C’est comme ça que je me suis toujours vu, et tous les élèves que je connaissais étaient bien de cet avis aussi. J’étais toujours fourré avec les Serpentard, je n’ai jamais rien partagé avec les Gryffondor. Et ne me dis pas que le Choixpeau savait ce qu’il faisait … Il a réparti un gamin de onze ans en se jugeant sur ce qu’il était avant l’école, mais s’il l’avait réparti à nouveau quelques mois plus tard, le résultat aurait été bien différent. » Il ne savait pas pourquoi il insistait, il voulait sans doute qu’elle s’enlève de la tête l’idée qu’il était dans le camp des gentils malgré tout ce qu’il lui avait fait. Il avait beau être dans l’Ordre, ça ne faisait pas de lui un homme bon. Loin de là. « Elijah avait … J’avais de très mauvaises fréquentations, à cette époque. Mais ce n’est pas pour me racheter une conduite que je suis dans l’Ordre, et que j’affronte les Mangemorts. » Il avait voulu mettre les choses au clair, mais il se rendit compte que ses paroles étaient tout le contraire de claires, et révélaient trop de choses tout en taisant l’essentiel. Le visage d’Oberyn s’assombrit, et il détourna le regard, soudain agacé envers lui-même. A force de vouloir faire comprendre à Lyla qu’il était pire que ce qu’il pensait, il disait des choses qu’il aurait préféré taire à jamais. Il soupira, puis regarda à nouveau la jeune fille. Il était grand temps de changer de sujet. « Tu n’as jamais songé à rejoindre l’Ordre ? Ils ont sans doute plus besoin de gens comme toi, avec une réelle capacité d’empathie, que de gens comme moi, tu sais. » Puisqu’elle ne comptait pas quitter le territoire, et qu’elle semblait incapable de rester en retrait devant la souffrance d’autrui, elle aurait parfaitement pu être dans l’Ordre.
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MessageSujet: Re: (oberyn&lyla) ♦ fragile peace   Mer 7 Aoû - 14:58

La jeune femme s'était toujours vantée d'être quelqu'un pour qui les relations sociales n'avaient pas de secret. Elle savait qui elle pouvait aborder l'esprit tranquille, qui préférait se tenir à l'écart, qui ne parlerait pas mais aurait à cœur d'écouter et qui ne cesserait de parler tandis que ce serait à elle de prêter attention à ces paroles. Elle avait toujours su comment aborder les gens, les inconnus, elle savait leur parler, se faire entendre, plaisanter, elle aimait à penser qu'elle n'était pas ennuyeuse, qu'elle pouvait être drôle parfois et assez divertissante pour qui s'ennuyait, elle était réconfortante pour qui avait un coup de mou, elle savait détourner l'attention, se fondre dans la masse ou se démarquer, apporter son aide et son soutien, elle avait toujours su parler aux gens, une jeune femme ouverte et toujours prête à faire de nouvelles connaissances, à parler de tout et de rien dans le vague, à se confier sans trop en dire, elle aimait apprendre de nouvelles choses, elle savait questionner sans parfois en avoir l'air et si son bavardage incessant était susceptible d'agacer quelqu'un, elle parvenait à le détecter. Oui, la jeune femme avait toujours pensé qu'elle était plutôt douée pour communiquer, qu'elle savait y faire, même si elle pouvait se tromper. Elle pensait connaître Oberyn, elle l'avait fréquenté et même si les gens changent en plusieurs années, elle avait pensé dans un premier temps, retrouver la personne qu'elle avait connu tant de temps auparavant. Mais elle s'était trompée, et dans toute la longueur. Elle ne connaissait pas l'homme en face d'elle, il fallait qu'elle se rende à l'évidence pour arrêter de leur faire du mal à tous les deux. Elle s'était trompée la première fois mais n'avait pas voulu l'admettre et si elle avait constaté une légère amélioration au fil de la conversation, il fallait reconnaître que le jeune homme était trop imprévisible et lunatique pour elle. Il ne réagissait jamais deux fois de la même manière et pouvait changer d'humeur comme il aurait changé sa chemise. Elle ne pouvait pas prétendre le connaître et encore moins comprendre toutes ses réactions mais c'est à l'instant même où elle se rendit compte qu'elle était face à un inconnu que l'idée de tout reprendre à zéro lui vint. Une décision qu'elle prit tout de suite et sans réfléchir et qu'elle ne regrettait plus à présent, pas quand Oberyn lui permettait de poser des questions et qu'il y répondait avec entrain et qu'il se montrait aussi bavard. « J’ai commencé en Egypte, puis j’ai travaillé sur la côte ouest des Etats-Unis. J’ai eu une mission au Paraguay mais je n’y suis resté que quelques jours. Je suis allé en Allemagne, en Finlande et en Hongrie, et je suis ensuite allé en Australie et en Nouvelle-Zélande. Je suis aussi allé assez souvent en Irlande, mais ce n’était pas franchement dépaysant. La maison que tu as vue la dernière fois, je l’ai achetée juste avant de partir en Egypte, et j’ai du y rester pas plus d’un an en tout et pour tout. C’est la première fois depuis que je suis titulaire chez Gringotts que je reste aussi longtemps sur le sol anglais. » C'était probablement la première fois qu'il parlait autant depuis qu'ils s'étaient revus, et sans râler une seule fois, c'était un exploit qu'elle appréciait et elle buvait ses paroles, sincèrement curieuse d'en apprendre plus sur lui à présent, mais autant fascinée par ce nouveau changement de comportement. Il acceptait son changement de technique et semblait même l'apprécier, un bon point pour elle, elle avait l'impression d'avoir fait quelques pas supplémentaires vers lui, la situation était dégagée, la crise avait été évitée, elle s'en sentait soulagée. Un poids invisible se défit de sa poitrine à mesure qu'il parlait et la tension qui l'habitait sans qu'elle ne s'en rende compte disparut tandis qu'elle écoutait sagement son récit. « Et tu n'as pas spécialement choisi la période idéale pour rester aussi longtemps par ici. » C'était la guerre et c'était peut-être la raison pour laquelle il restait aussi longtemps depuis qu'il faisait ce qu'il faisait après tout, même si pour elle, c'était une mauvaise idée. Il aurait été mieux à faire une mission ailleurs, peut-être que ses envies de meurtre et de sang lui seraient passés s'il avait été loin d'ici. « Pourquoi avoir choisi Gringotts ? Une envie incontrôlée de nouer des liens forts avec le monde des gobelins ou c'est justement cette envie de voyager? » Plaisanta-t-elle pour essayer de faire passer sa nouvelle question avec plus de simplicité. Elle s'interrogeait sur son choix de carrière depuis qu'il le lui avait révélé. Maintenant qu'elle connaissait la magie, elle ne l'aurait pas imaginé dans un métier comme celui qu'il exerçait à présent. Elle ne savait pas vraiment où est-ce qu'elle l'imaginait mais son désir avait peut-être été de voyager, tout simplement. Elle n'avait jamais imaginé faire autre chose que médicomage depuis qu'elle étudiait à Poudlard et après sa sortie, mais elle se serait bien vu en Australie à son tour, ou en Nouvelle-Zélande, elle rêvait de quitter l'Angleterre une bonne fois pour toute après la guerre, si elle se terminait un jour, évidemment. Elle était toujours installée sur le côté de son lit et à sa réaction lorsqu'elle lui fit la remarque sur sa façon de l'appeler, elle comprit qu'elle n'obtiendrait pas beaucoup de lui à ce niveau-là. Elle savait ce qu'il ressentait, elle arrivait enfin à le comprendre mais elle était également blessée qu'il la repousse au point de nier tout ce qu'ils avaient vécu lorsqu'ils étaient plus jeunes. Elle aurait voulu échanger des anecdotes, plaisanter avec lui, le taquiner comme elle avait l'habitude de faire, parler à tort et à travers parce qu'il avait l'habitude de l'écouter. Mais il n'avait plus la patience de Elijah, il s'était débarrassé de cet homme depuis bien longtemps apparemment et il allait falloir qu'elle se résigne si elle s'obstinait à garder le contact avec lui, si elle voulait toujours lui parler et faire en sorte qu'il n'ait plus envie de la tuer à chaque fois qu'il la verrait.

Le fait qu'il s'intéresse un peu à elle et son passé en tant que sorcière la consolait quelque peu, même si elle n'arrivait pas à rester bien sérieuse, surtout en avouant qu'elle avait été chez les corbeaux. En vérité, elle n'avait jamais trouvé sa place dans aucune des maisons de Poudlard, elle aurait été ravie qu'il existe une dernière maison pour ceux qui n'entrent dans aucune des quatre premières. Elle était intelligente et avide d'apprendre toujours plus mais pas au point de l'emmener chez les bleus et argent. Mais elle n'avait pas contredit le choixpeau et personne ne lui avait jamais fait le moindre reproche, la preuve que finalement, elle avait peut-être été à sa place dans cette maison qu'elle affectionnait malgré tout. « Je t’aurais plutôt vue chez Gryffondor, mais finalement, Serdaigle ne me surprend pas vraiment … Et ça colle très bien avec ton choix de carrière. » Elle secoua vivement la tête, sans prendre conscience qu'il faisait une remarque sur sa personnalité, comme s'il la connaissait, sortant de leur jeu de la rencontre improvisée. Cela lui semblait tellement plus naturel qu'elle n'y prêta pas attention. « Oh non, je n'aurais jamais fait honneur à cette maison, je préfère penser que le choixpeau savait ce qu'il faisait. » Répondit-elle en souriant, parce que c'était ce qu'elle s'était dit toute sa vie. Ce n'était pas parce qu'elle lui tenait tête qu'elle était courage, probablement parce qu'elle était stupide d'ailleurs, d'habitude, elle possédait un instinct de conservation beaucoup plus développé que ça. Même si la question la démangeait, elle ne chercha pas à savoir tout de suite la maison dans laquelle il avait été, même si une idée lui trottait dans la tête, elle resta silencieuse et entreprit de battre en retraire pour chercher quelque chose à manger et pour essayer de l'aider. « Je crois que tu en as fait suffisamment pour moi, ce soir. » Elle leva les yeux vers lui quelques instants, les sourcils froncés. Elle lui avait certes demander son avis mais elle n'avait pas eu l'intention de le prendre en compte. Malheureusement, elle n'était pas de taille face à lui en réalité, elle n'était pas sûre d'être assez téméraire pour insister. « Cette cicatrice ira très bien avec les autres, ne t’en fais pas pour ça. » Quoiqu'elle pouvait bien tenter une dernière chose, histoire de ne pas avoir l'air d'insister et pour détourner son attention. « C'était surtout pour avoir quelque chose à faire, c'est rare que j'ai l'occasion de remettre mon uniforme de médicomage depuis quelques temps et je commençais à m'ennuyer dans cette grande maison... » Prétexter que c'était plus pour elle que pour lui à présent était peut-être risqué mais elle ne perdait rien à tenter. Il semblait plus conciliant et elle insistait sans réellement en avoir l'air. Pour en ajouter, elle se mit à tripoter ses mains, comme ennuyée de lui avouer qu'elle adorait jouer les médicomages et que cela lui manquait depuis sa fuite. S'il avait envie de lui faire plaisir, peut-être se laisserait-il faire, pour elle. « Par contre, je ne dirais pas non à grignoter quelque chose, à condition que tu manges avec moi. Et si tu trouves une bouteille un peu plus buvable que l’autre, ce ne serait pas de refus non plus. » Elle ne put s'empêcher de lever immédiatement les yeux au ciel, stupéfaite qu'il puisse penser à picoler mais rassurée qu'il ai assez de force pour le faire au final. Elle secoua légèrement la tête, non sans qu'un sourire en coin vienne dessiner ses lèvres malgré tout amusée par sa façon de faire. Le fait qu'il l'invite à partager ce qu'elle trouverait pour le nourrir ne passa pas inaperçu et elle fut touchée par l'attention. Elle se redressa vivement dans l'optique de sortir de la chambre tout en répondant. « Je vais voir ce que je peux faire, même si dans ton état, j'aurais tendance à bannir le mot alcool de ton vocabulaire. » Mais elle ne pouvait pas l'en priver et elle n'en avait pas réellement envie, elle souriait, ironique et taquine. Elle avait l'impression de pouvoir enfin être un peu plus elle-même.

Elle allait partir quand un dernier détail qui la chiffonnait la retint et elle se mit à lui dire le fond de sa pensée, concernant sa maison. « C’est généreux de ta part de me voir comme ça, mais tu ne devrais pas. Je n’ai jamais été un Gryffondor, à part pour la couleur de mon uniforme et pour le dortoir où j’étais obligé de dormir. Mais j’étais un véritable Serpentard chez les Gryffondor. C’est comme ça que je me suis toujours vu, et tous les élèves que je connaissais étaient bien de cet avis aussi. J’étais toujours fourré avec les Serpentard, je n’ai jamais rien partagé avec les Gryffondor. Et ne me dis pas que le Choixpeau savait ce qu’il faisait … Il a réparti un gamin de onze ans en se jugeant sur ce qu’il était avant l’école, mais s’il l’avait réparti à nouveau quelques mois plus tard, le résultat aurait été bien différent. »  Elle le regarda, légèrement interdite par sa façon de lui décrire les choses mais resta silencieuse quelques instants, cherchant à analyser ses paroles. « Elijah avait … J’avais de très mauvaises fréquentations, à cette époque. Mais ce n’est pas pour me racheter une conduite que je suis dans l’Ordre, et que j’affronte les Mangemorts. » Elle ouvrit la bouche mais se ravisa en le voyant détourner les yeux pour regarder ailleurs. Il s'était confié et le regrettait, ils étaient presque sur le point de repartir à zéro, il lui fallait trouver quelque chose, encore une fois, pour rétablir la situation. Mais elle n'en eut pas le temps, il la regardait déjà à nouveau et changeait de sujet aussi rapidement qu'elle l'avait amené. « Tu n’as jamais songé à rejoindre l’Ordre ? Ils ont sans doute plus besoin de gens comme toi, avec une réelle capacité d’empathie, que de gens comme moi, tu sais. » Elle eut un sourire en coin avant de se désigner d'un doigt contre sa tête. « Je suis l'intelligence, pas le courage, sur ce point, le choixpeau avait raison ! » Elle eut un sourire désabusé avant de reculer légèrement, même si l'envie de remettre les choses au clair était plus forte que son désir d'aller chercher à mange. « J'ai triché tu sais, je me souviens d'une écharpe que tu portais, elle était rouge et or, je n'ai fait le rapprochement que plus tard. C'est comme ça que j'ai deviné que tu avais été un gryffondor. » Il ne voulait pas qu'elle le voit comme le gentil de service, qu'elle pense qu'il était bon, courageux et loyal, elle pouvait accepter de faire cela aussi et c'est pour cette raison qu'elle apporta cette précision. Elle détournait son attention de ses révélations, elle ne parlerait plus de son implication dans l'Ordre, elle avait compris que c'était un sujet sensible pour lui. Cette fois, elle profita du silence qui régnait dans la chambre pour la quitter et se mettre à la recherche de quelque chose à manger. Elle prit quelques minutes pour fouiller dans les placards, elle se mit à chercher dans le frigo. Elle avait l'habitude de faire ça, elle le faisait dans chaque maison qu'elle visitait, sauf que d'habitude, elle le faisait pour elle-même. Elle attrapa un plateau pour poser tout ce qu'elle pouvait trouver dessus, cherchant des couverts au passage, des verres et une carafe d'eau, parce qu'elle tenait à ce qu'il reprenne d'abord des forces avant de se mettre à la recherche d'un alcool plus fort. Elle passa devant la porte d'entrée et entreprit de la verrouiller pour éviter les mauvaises surprises et revint rapidement dans la chambre, poussant la porte avec son dos pour se laisser glisser à l'intérieur, les bras chargés du plateau qu'elle portait. « Je ne savais pas ce que tu aimais alors j'ai pris un peu de tout. » Elle s'approcha rapidement du lit et lui fit signe de se pousser un peu pour qu'elle pose le plateau sur les draps et qu'elle grimpe dessus rapidement après s'être débarrassé de ses chaussures. Il y avait sur le plateau tout ce qu'elle avait pu trouver qui se mangeait rapidement et sans avoir besoin de le cuisiner ou de le couper au préalable. Elle ne savait pas où étaient les moldus occupant cette maison mais ils n'étaient pas partis en vacances puisque leur frigo contenait des aliments périssables. Elle espérait simplement qu'ils n'allaient pas débarquer au beau milieu de la nuit, elle ne voulait pas transporter Oberyn. « J'y ai beaucoup pensé. » Commença-t-elle après avoir tout installé et après un léger silence. Elle avait la tête baissée vers le plateau repas, attendant qu'il se serve pour le faire et elle semblait réfléchir. « A rejoindre l'Ordre je veux dire. Mais je ne suis pas sûre d'avoir assez de caractère pour ça, d'être assez téméraire. Je passe parfois dans les camps de réfugiés pour donner un coup de main mais j'ai toujours peur d'y rester trop longtemps. Je me dis que c'est pas avec de la compassion que cette guerre va être gagnée alors je pense qu'au contraire, on a plus besoin de personnes comme toi. » Elle leva les yeux pour croiser son regard, parce qu'elle pensait sincèrement que même s'il menait une vendetta personnelle, il était plus utile qu'elle parce que la guerre ne pouvait être gagnée qu'en utilisant les mêmes armes que leurs adversaires. Une réalité qui le rendait bien nostalgique dans le fond parce qu'elle n'aimait pas la violence finalement mais elle devait se rendre à l'évidence, l'amour et la compassion ne seraient pas les vainqueurs face à la noirceur des ténèbres.Elle se rappela ses mots concernant son passé chez les gryffondor et après un léger soupire, sans pour autant le lâcher des yeux, elle ajouta, prenant le risque de le ramener dans une colère noire. « Tu sais, ça vaut que ça vaut et tu n'as aucune raison de me croire sur parole mais tu peux me faire confiance. En ce qui me concerne, nous ne nous sommes pas revus et je n'ai aucune raison de parler de toi à qui que ce soit. » Ajouta-t-elle, consciente qu'elle pouvait à nouveau l'énerver mais elle avait besoin de le préciser réellement. Il pouvait lui parler de son passé, elle ne trahirait pas ses secrets, elle se fichait de ce qu'il était devenu, elle voulait juste qu'il comprenne qu'elle n'était pas une menace pour lui, d'aucune façon que ce soit.
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MessageSujet: Re: (oberyn&lyla) ♦ fragile peace   Mer 11 Sep - 19:02

Oberyn n’était pas quelqu’un de très bavard, ni même de très ouvert. Depuis bien longtemps, il avait appris que l’avantage allait toujours à celui qui écoutait et qui retenait, plutôt qu’à celui qui se livrait facilement. Et avoir l’avantage, c’était quelque chose qu’Oberyn n’aimait pas abandonner. Mais plus les années passaient, moins il avait la patience de faire parler les gens, les inviter à se révéler en leur inspirant confiance, ce n’était plus vraiment son rayon, même s’il pouvait encore faire quelques efforts quand le besoin s’en faisait sentir. Il préférait employer la manière forte, mais elle ne se révélait pas toujours la plus efficace … S’il avait eut un peu plus de contrôle de lui-même, il aurait pu devenir quelqu’un de très apprécié, quelqu’un vers qui on se tourne spontanément sans y réfléchir à deux fois. Quitte à trahir tous ses confesseurs une fois qu’ils avaient le dos tourné … Mais n’était-ce pas le summum du talent ? Parvenir à inspirer la confiance malgré les plus noirs desseins … Ses desseins étaient effectivement noirs, mais sa patience ne laissait pas à Oberyn la possibilité d’être un aussi bon confident qu’il l’aurait souhaité. Mais peu importe, il avait retenu la leçon : il valait mieux ne pas parler, pour ne prendre aucun risque. Et dans la vie de tous les jours, quand sa vendetta personnelle n’était pas mise en jeu, il était un vrai mur, capable de rester silencieux toute une journée sans décocher le moindre mot. Il en était venu à un point où les paroles inutiles l’agaçaient tout autant que les actes vains. Alors, pourquoi donc était-il en train de se transformer en véritable moulin à parole devant Lyla ? Il reniait absolument tous ses principes, même s’il ne révélait rien d’essentiel à la jeune femme. Toute information, même la plus anodine, pouvait mener à des secrets qu’il ne voulait pas voir révéler, c’était la base la plus absolue. Il suffisait d’avoir une personne assez rusée devant lui, et il était perdu … Mais il parlait, il parlait, et il ne ressentait même pas cette pointe d’urgence qui l’aurait incité à se taire en temps normal. Comme si les rôles étaient inversés, et que c’était lui qui avait une confiance aveugle en son interlocutrice … Qui pouvait s’avérer être le pire des requins, qu’est-ce qu’il en savait ? Il n’en savait rien, il ne la connaissait plus. Si elle décidait de le livrer aux autorités, de toute façon, elle n’avait pas besoin de savoir par quels pays il était passé : elle connaissait déjà l’essentiel, et ce n’était pas ses destinations de travail. Il avait accepté ce fait, tant bien que mal, et il essayait maintenant de se conduire avec elle plus normalement qu’avec n’importe qui d’autre. Et ça signifiait parler un peu plus que d’habitude, même s’il ne disait finalement pas grand-chose. « Et tu n'as pas spécialement choisi la période idéale pour rester aussi longtemps par ici. » Oberyn eut un mince sourire, pas vraiment surpris qu’elle pense de cette façon. Il aurait pu aisément éviter la guerre s’il était resté à l’étranger, bien peu d’autres pays étaient impliqués dans leur conflit. Mais il avait refusé de plein gré une offre de mission pour Gringotts qui se déroulait au  Japon quand il avait compris que la guerre couvait. « Question de point de vue. » Lâcha-t-il simplement. La guerre avait ses avantages pour quelqu’un comme lui, et il l’avait très vite compris. « Pourquoi avoir choisi Gringotts ? Une envie incontrôlée de nouer des liens forts avec le monde des gobelins ou c'est justement cette envie de voyager? » Oberyn prit son temps avant de répondre à sa question. Il n’était pas surpris qu’elle se demande ce qui pouvait bien l’avoir attiré dans cet emploi, lui-même n’avait pas vraiment compris, les premières années. Mais elle avait mis le doigt dessus, d’une certaine façon. Ce n’était pas l’envie de voyager qui l’avait poussé à entrer chez Gringotts, mais le besoin de fuir. Il devait s’évader loin de ses psychoses qui résidaient partout ici, et qui auraient eu un effet désastreux sur sa santé et son esprit … Il ne voulait plus voir ses anciens amis de Poudlard, il ne voulait pas faire face quotidiennement à ses mensonges et à une réalité qui ne le satisfaisait pas. Ce n’était pas en fuyant qu’il avait trouvé un remède miracle à ses problèmes, malheureusement, mais cela avait considérablement ralenti la transformation, et ce n’était pas si mal. « J’avais envie de partir. » La réponse était sommaire, mais il ne savait pas comment exprimer autrement et sans trop en dire ce qu’il avait réalisé il y a peu de temps. « J’avais besoin de me persuader qu’ailleurs était différent d’ici. Mais le monde sorcier est le même partout, ici ou ailleurs, je ne vois plus de différence. » Les sang-purs se pavanaient exactement de la même façon en Finlande ou en Nouvelle-Zélande qu’en Angleterre, du moins c’est de cette façon qu’Oberyn avait ressenti les choses, et c’était sans doute pour ça que la fuite n’avait pas été son remède salvateur. Il était rattrapé par ses démons, où qu’il aille.

La plupart de ses démons avaient leur source à Poudlard, bien que la raison première de ses penchants malsains remonte à encore plus loin. Tout retournait toujours à Poudlard, et la plupart du temps, Oberyn préférait éviter d’y penser. Mais c’était également un sujet de conversation facile, et le sorcier n’était pas assez doué dans l’art de la conversation amicale pour avoir une autre idée sous la main. Et puis, il avait tout de même envie d’en savoir plus sur Lyla, sur sa scolarité, sur la femme qu’elle était devenue à partir du moment où elle était sortie de sa vie. Elle était une sorcière, et il devait se faire à cette idée. L’imaginer à Poudlard avait quelque chose de fascinant pour lui, et il aurait aimé qu’elle soit plus bavarde sur ses souvenirs à l’école des sorciers. « Oh non, je n'aurais jamais fait honneur à cette maison, je préfère penser que le choixpeau savait ce qu'il faisait. » Oberyn haussa un sourcil sceptique, mais il ne fit aucun commentaire sur la façon qu’elle avait de se rabaisser. Il n’était pas à la meilleure place pour la rassurer ou lui faire des compliments, mais il était quand même sûr et certain qu’elle avait autant, voire plus de cran que beaucoup de Gryffondor qu’il avait pu côtoyer dans sa vie. Elle lui avait tenu tête plusieurs fois, alors qu’il était clair qu’il avait l’intention de lui faire du mal, et elle s’était aventurée dans une ruelle où venait d’éclater un duel mortel entre deux inconnus visiblement plus puissants qu’elle … Et bien qu’il ait essayé de la tuer une fois, elle avait pris le risque de l’emmener avec elle et de le soigner. S’il n’y avait pas du courage là-dedans, c’est qu’elle était tout simplement incapable de mesurer le danger : mais elle lui avait également prouvé qu’elle savait reculer quand le péril était trop grand. Quoi qu’elle en dise, elle était dotée de plus de bravoure que beaucoup de gens, et Oberyn appréciait ce trait de caractère chez elle. « C'était surtout pour avoir quelque chose à faire, c'est rare que j'ai l'occasion de remettre mon uniforme de médicomage depuis quelques temps et je commençais à m'ennuyer dans cette grande maison... » Un élan d’agacement traversa Oberyn, qui s’afficha clairement sur son visage le temps d’un instant, mais il dut faire un effort pour l’effacer et pour retenir les paroles qui s’étaient pressées sur ses lèvres. Il n’avait pas envie qu’elle le materne simplement parce qu’elle s’ennuyait ici ! Il n’aimait pas ça en temps normal, encore moins sous un prétexte aussi fumeux. Néanmoins, il s’était promis de faire un effort avec elle, et il n’allait pas tout gâcher ainsi. Mais devait-il vraiment accepter de la laisser le tripoter juste pour qu’elle soit satisfaite ? « Si ça peut te faire plaisir, alors … » Son ton n’était sans doute pas le plus agréable qui soit, et son enthousiasme ne sautait pas aux yeux, mais il capitulait et c’était déjà bien suffisant. Il avait l’impression de perdre une bataille, d’écraser son égo pour lui faire plaisir, et il n’était pas certain d’aimer ça. Mais une chose était incontestable : il n’aurait fait ça pour personne d’autre. Son instant de mauvaise humeur fut pourtant détourné quand elle parla de nourriture, et qu’il évoqua à tout hasard une boisson un peu plus forte pour lui remettre les idées en place. « Je vais voir ce que je peux faire, même si dans ton état, j'aurais tendance à bannir le mot alcool de ton vocabulaire. » Il aurait été étonné du contraire … Dans son cas, il trouvait pourtant que l’alcool était le meilleur soutien, autant physique que moral, mais il ne trouva pas nécessaire d’argumenter avec une médicomage. Il se contenta de lever les yeux au ciel, exprimant bien le fond de sa pensée ainsi.

Mais avant qu’elle ne sorte, ils reparlèrent de leur maison à Poudlard – de la sienne, précisément. Il voulait que les choses soient bien claires et qu’elle ne se fasse pas de fausses idées sur lui, et il put lire sur le visage de la jeune femme qu’elle était perturbée par ce qu’il lui disait. Elle aurait voulut argumenter, ou peut-être simplement poser plus de questions, mais elle ne le fit pas et il lui en fut reconnaissant. Le malaise était profond, sur ce sujet, et il s’empressa de le changer. « Je suis l'intelligence, pas le courage, sur ce point, le choixpeau avait raison ! » Encore une fois, elle se rabaissait volontairement, mais il n’avait plus envie de la laisser faire de cette façon. « En voyant comme tu t’es précipitée pour secourir un Mangemort tout à l’heure, j’aurais plutôt dit le contraire. » Ironisa-t-il, un sourire moqueur sur les lèvres, ses yeux plantés dans les siens. Même si elle ne voulait pas rejoindre l’Ordre, ce qu’il pouvait bien comprendre, il fallait qu’elle se voie telle qu’elle était, et non pas se voiler la face. « J'ai triché tu sais, je me souviens d'une écharpe que tu portais, elle était rouge et or, je n'ai fait le rapprochement que plus tard. C'est comme ça que j'ai deviné que tu avais été un gryffondor. » Il avait du mal à suivre le cheminement de ses pensées, mais c’était sans doute quelque chose qu’elle avait besoin de lui dire depuis qu’ils avaient évoqué ce sujet, et il eut un sourire désabusé. Bien sûr qu’elle ne pouvait pas l’imaginer naturellement chez Gryffondor, c’était même mieux ainsi, avec une explication terre à terre plutôt qu’en prétendant l’avoir deviné. Elle ne pouvait pas avoir deviné, il était trop différent de l’idée qu’on se faisait d’un Gryffondor. « Je préfère ça. Je te l’avais bien dit, il n’y avait que la couleur de mon uniforme qui me liait aux Gryffondor. Ceci dit, j’aurais peut-être du être plus prudent avec toi quand tu étais encore enfant … » Ajouta-t-il d’un ton plus léger, évoquant un tout autre détail que le simple port d’une écharpe colorée. Il avait fait usage de magie devant elle, chose qu’il n’aurait jamais fait en temps normal. Mais c’était pour lui sauver la vie … Et il avait recommencé, bien plus récemment. Comme quoi, ce n’était pas une nouveauté qu’il se comporte comme un idiot avec elle ! Il était toujours plongé dans ses souvenirs quand elle disparu pour farfouiller dans la maison, et elle était déjà de retour avant même qu’il ne remarque son absence, portant à bout de bras un plateau surchargé. « Je ne savais pas ce que tu aimais alors j'ai pris un peu de tout. » Il se décala un peu sur le lit pour qu’elle s’installe, le plateau entre eux deux, et il détailla toute la nourriture qu’elle avait trouvé. « Un peu de tout, mais pas une goutte d’alcool … Je ne peux pas croire que les moldus n’avaient qu’une seule bouteille en stock. » Remarqua-t-il avec taquinerie, avant d’attraper un paquet de biscuits qui lui semblait un peu plus appétissant que le reste. « J'y ai beaucoup pensé. » Il leva les yeux du paquet qu’il était en train de défaire et regarda Lyle. Elle ne devait sûrement pas parler d’alcool. « A rejoindre l'Ordre je veux dire. Mais je ne suis pas sûre d'avoir assez de caractère pour ça, d'être assez téméraire. Je passe parfois dans les camps de réfugiés pour donner un coup de main mais j'ai toujours peur d'y rester trop longtemps. Je me dis que c'est pas avec de la compassion que cette guerre va être gagnée alors je pense qu'au contraire, on a plus besoin de personnes comme toi. » Cette fois, il reposa pour de bon le paquet de biscuits, le faim passant au second plan après ce qu’elle venait de dire. Il n’en revenait pas que la douce petite Lyla puisse sincèrement penser qu’ils avaient besoin de gens comme lui pour gagner la guerre. N’aurait-elle pas plutôt du croire en l’Ordre, avec leurs méthodes un peu mollassonnes mais tellement plus éthiques ?  « Mais qu’est-il arrivé à la jeune fille que je connaissais ? Où est passé son sens de la morale ? Tu ne peux pas penser ce que tu viens de dire. Les gens comme moi ne vont pas gagner la guerre, crois-moi. Il vaut mieux que tu te fies à l’Ordre. » C’était le genre de phrases qui franchissaient extrêmement rarement ses lèvres, mais c’était un cas de force majeure. Il valait cent fois mieux que Lyla se fie à l’Ordre, plutôt qu’à lui. Il ne savait d’ailleurs pas ce qu’il avait fait pour mériter qu’elle le voie ainsi, il était passé de l’assassin en série à un genre de sauveur du monde libre … Pas vraiment réaliste. « Enfin, je peux comprendre qu’ils n’inspirent pas toujours le meilleur. Mais tu n’es pas obligée de te battre avec eux, personne ne te demandera une chose pareille. Tu es capable de beaucoup de choses, Lyla. Tu peux te faire discrète et t’infiltrer n’importe où, tu peux soigner un homme qui as envie de te tuer, tu peux survivre au milieu de la guerre et garder ta volonté. Dans les camps, tu serais une très bonne aide pour l’Ordre. » Les coins de sa bouche se plissèrent légèrement, comme s’il avait du mal à croire qu’il était en train de prononcer ces paroles. Il n’aimait pas faire l’éloge des gens, et encore moins faire l’éloge de l’Ordre du Phénix. « Sans eux, il y aurait beaucoup, beaucoup plus de victimes. Et c’est avec des gens comme toi qu’ils y arrivent, des gens qui sont là pour renforcer la sécurité des camps ou soigner leurs blessés. Tu en es capable, mais tu te laisses aveugler par ta peur, et tu ne fais rien. A ce stade, je suis plus efficace que toi, c’est certain. » Si ses dernières paroles pouvaient sembler plus dures, c’était justement parce qu’il voulait qu’elle réagisse, et elle avait besoin d’être poussée dans le bon sens, sans quoi elle n’avancerait pas. « De quoi as-tu peur ? » Demanda-t-il finalement, sans se départir d’un fin sourire qui passait presque pour de la condescendance. Il était curieux de savoir si elle s’était déjà posé sérieusement la question – et quelles étaient les réponses. Ceci étant dit, il retourna à son paquet de biscuits, et en avala un avec avidité. Il était prêt à continuer ainsi jusqu’à ce qu’il termine toute la boîte quand Lyla reprit la parole. « Tu sais, ça vaut que ça vaut et tu n'as aucune raison de me croire sur parole mais tu peux me faire confiance. En ce qui me concerne, nous ne nous sommes pas revus et je n'ai aucune raison de parler de toi à qui que ce soit. » Il la fixa sans détourner le regard, réalisant peu à peu que c’était quelque chose qu’il avait compris depuis qu’elle avait décidé de leur faire prendre un nouveau départ, quelques minutes plus tôt. « Je sais. » Lâcha-t-il finalement, plus sincère avec ces deux petits mots qu’il ne l’avait été depuis le début de leurs retrouvailles. Il baissa finalement la tête et recommença à manger, brisant le silence épais qu’il sentait s’installer, et qu’il ne voulait surtout pas subir. Les conséquences de cette nouvelle relation étaient trop floues et dérangeantes pour qu’il accepte de s’y pencher immédiatement.
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(oberyn&lyla) ♦ fragile peace

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