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 (blodwyn and elwood) ✲ stand by me.

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≡ ton pseudo : sweet poison.
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≡ âge du perso : vingt-cinq ans.
≡ amoureusement : célibataire.
≡ son emploi : soigneur de dragon à gringotts.
≡ statut de sang : sang-pur.
≡ sa maison : gryffondor.
≡ niveau d'études : études terminées avec six buses et six aspics.
≡ sa baguette : sa baguette magique est en bois d'ébène. Elle mesure 22,5 cm et contient un poil de licorne.
≡ son patronus : un ours.
≡ son amortencia : ....
MessageSujet: (blodwyn and elwood) ✲ stand by me.   Lun 4 Mar - 14:37


“ stand by me ”
say something awful as if fucking the world is your right and i watch you stumble drunk out into the night.
Blodwyn and Elwood
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Les fêtes de fin d'année, c'était quelque chose qu'il n'avait pas eu l'occasion de connaître depuis très longtemps. De toute évidence, ce n'était pas une coutume à Azkaban que de laisser les prisonniers profiter des fêtes. Noël, le nouvel an, ou n'importe quelle autre fête, là-bas, c'était un jour comme un autre. Un jour tout aussi horrible que les précédents et sûrement tout autant que les suivants. De toute façon, il fallait bien l'avouer, enfermé au fond de sa cellule à Azkaban, Elwood avait rapidement perdu la notion du temps. Il avait passé quatre longues années derrière les barreaux de sa cellule et si on ne lui avait pas dit que ça ne faisait que quatre ans qu'il était enfermé, il aurait prétendu y avoir passé le double. Le temps était long là-bas, trop long. Il avait l'impression d'avoir perdu plus de la moitié de sa vie derrière les barreaux. Sans doute était-ce un peu vrai. Il avait laissé derrière lui une bonne partie de son existence, il avait bien l'impression de ne plus être le même homme tant cet expérience l'avait traumatisé. Il n'était qu'un homme innocent, accusé à tord d'avoir assassiné des gens qu'il avait essayé de sauver. Il aurait mieux fait de ne jamais prétendre vouloir devenir auror, voilà où ça l'avait amené d'essayer de venir en aide aux autres. Une idée complètement stupide. Vu comment le reste du monde l'avait remercié d'avoir – à plusieurs reprise – risqué sa vie pour participer à la capture de dangereux mages noirs, il ferait mieux aujourd'hui de laisser le reste du monde se démerder avec ses problèmes. Il avait suffisamment donné pour ne rien recevoir en retour. Il connaissait pas mal de personne qui lui disait qu'avec cette guerre il ferait mieux s'allier avec l'ordre du phénix, prendre position, essayer de faire bouger les choses. Mais il n'en avait rien à faire lui de la guerre. Ils pouvaient bien se battre pour des principes débiles – côté mangemorts en tous cas – lui il ne se mêlait pas de ça. Ou trop peu. Alice le comprenait, elle aussi elle restait à regarder la guerre sans agir, leurs raisons étaient différentes, mais finalement il se comprenait. C'était sans doute pour ça qu'elle était l'une des rares personnes avec qui il se sentait bien. Elle avait été plus que généreuse avec lui, elle lui avait offert un poste à une époque ou bien des gens continuait de le regarder comme s'il était un meurtrier (alors que la vraie coupable était sous les barreaux, mais comme c'était sa sœur jumelle, sans doute que ça ne changeait pas grand chose pour eux) et en plus, elle lui avait offert un toit alors que celui qu'il possédait déjà était emplis des fantômes de son passé, ceux de la vie qu'il avait partagé avec Lyse. Il n'avait pas envie de retourner là-bas, de se laisser, jour après jour plonger dans les souvenirs d'un passé qui n'existait plus depuis longtemps déjà. Il avait besoin d'un nouveau départ et Alice lui avait offert cette possibilité.

Pourtant, ce soir il revenait vers cette maison à Bloxam Creek. Cette ville dans laquelle il avait grandit. Aujourd'hui, en plus de détester sa propre maison, il détestait la ville en elle même. Il détestait les souvenirs qu'il en avait, ceux dont les détraqueurs ne l'avait pas dépouillé. Ses parents lui avaient également tourné le dos quand il avait été enfermé à Azkaban. Il n'avait pas de nouvelles d'eux depuis son accusation. Il n'avait guère envie de renouer avec ses souvenirs d'enfance, même s'ils étaient bons. Il avait beaucoup de très bon souvenirs dans cette ville après tout, il n'avait pas eu une enfance malheureuse au contraire. Il avait été très complice ses parents et très proche de sa sœur jumelle. Une vie simple et banale. Seulement, tout avait changé au moment ou elle l'avait condamné à Azkaban et que ses parents l'avait laissé tomber. Il détestait son passé avec eux à présent et cette ville ne cessait de lui rappeler des souvenirs dont finalement, il se passerait bien. Avaient été ajoutés à ces derniers, ceux de la vie qu'il avait tenté de construire avec Lyse à leur sortie de Poudlard. Elle aussi, elle l'avait laissé tomber quand il avait été enfermé. Il avait tant de raisons de détester cette ville que ça aurait surpris n'importe qui de ne voir se balader ainsi dans ces rues. Comme elles étaient désertes, il n'avait pas beaucoup de soucis à se faire, il ne pensait pas croiser quelqu'un susceptible de le reconnaître. Une main enfoncée dans la poche de sa veste, l'autre tenant fermement une bouteille de whisky encore fermée. Sans doute qu'il aurait mieux fait d'emporter avec lui du champagne, mais il n'en avait pas à portée de main, alors que du whisky, il en possédait une petite réserve, depuis sa sortie d'Azkaban il tournait un peu au whisky, un peu trop parfois. Quoi qu'il en soit, il avançait d'un pas lent vers sa maison, celle qu'il avait déserté depuis longtemps, mais qui techniquement lui appartenait toujours. Arrivé devant la porte, il laissa échapper un long soupire avant de cogner quelques coup contre le bois abîmé de cette dernière. Sans attendre la moindre réponse – mine de rien avec la neige qui recouvrait le sol, il faisait très froid dehors et il n'avait pas envie de se languir devant la porte de sa propre maison – il pénétra dans la petite bâtisse.

« Boldwyn ? » Il regarda autour de lui dans le but de voir apparaître la silhouette de la rouquine qui avait trouvé refuge dans sa maison. Une femme qu'il ne connaissait que depuis très peu de temps. Depuis qu'elle était arrivée en état de choc dans la librairie d'Alice. Une née-moldue à qui la guerre venait de prendre son fiancé. Une tragique histoire qui ne laissait pas Elwood complètement insensible, contrairement à ce qu'on pourrait penser d'un ex-détenu à Azkaban. On pourrait facilement imaginer qu'il n'en avait vraiment rien à faire des gens. Ce qui n'était pas totalement faux en soi. Finalement, il y avait beaucoup de gens dont il se fichait comme de sa première chemise. Mais c'était différent avec Blodwyn, comme ça l'était avec Alice ou encore Cedrella. Blodwyn, il venait pourtant tout juste de la rencontrer, elle avait débarqué au beau milieu de la nuit, le tirant d'un sommeil dont il ne profitait que trop peu en ce moment. Quand il avait vu cette parfaite inconnue dans les bras d'Alice, il n'avait pas pu rester complètement insensible. Au contraire, il avait proposé son aide et entre autre, cette maison pour qu'elle puisse se cacher des rafleurs. Cette maison, elle lui appartenait, il n'y avait qu'une raison pour qu'elle intéresse un rafleur ou un mangemort, ils avaient sans doute des dossiers répertoriant les statuts de sang et sur celui au nom d'Elwood Harkness, il y avait forcément écrit sang-mêlé puisque c'était ce qu'il était. Ainsi, personne n'avait aucune raison de venir l'emmerder chez lui. Elle était donc dans la logique des choses plus ou moins en sécurité là bas (si tant est que la notion de sécurité soit encore quelque part d'actualité). Quoi qu'il en soit, ce soir, c'était le nouvel an. Une fête à la con, aux yeux d'un Elwood terni par les années passées à Azkaban. Mais il n'avait pas envie de la laisser passer ce jour toute seule. Elle venait de perdre son fiancé, sans doute qu'elle ne s'était jamais sentie si seule. Ainsi, il avait décidé de l'accompagner durant cette soirée, essayer de rompre la solitude dans laquelle elle était plongée. «C'est Elwood. » Il jugea bon de le préciser au cas où elle ait pu penser qu'il s'agissait d'un rafleur venu s'occuper de son cas. Il déposa sa bouteille sur un meuble à l'entré, le temps de poser son manteau sur un porte manteau, toujours planté dans l'entrée, au même endroit qu'il l'avait été la dernière fois qu'il l'avait vu, ce jour où il avait été arrêté et envoyé à Azkaban. La maison n'avait pas beaucoup changé depuis cette époque, Lyse avait certainement pris le strict minimum quand elle s'était enfuie vers la France. Alors qu'il allait pour récupérer sa bouteille il tomba sur un cadre photo, posé sur le même meuble. Une vieille photo de Lyse et lui, l'une des rares qu'elle avait laissé dans cette maudite maison. Un bruit derrière lui le fit sursauter, le faisant ainsi lâcher le dit cadre qui vint se briser au sol. Il se retourna, ignorant le cadre qu'il venait de briser. Il aperçu enfin Blodwyn, malgré l'obscurité de la petite maison. « Hey … » Rapidement il attrapa sa bouteille pour la montrer à la jeune femme « J'ai ramené à boire ... »Niveau relation humaines, il fallait avouer qu'il n'était plus très doué, l'une des nombreuses conséquences de la prison. Mais sans doute que c'était mieux de lancer la discussion ainsi plutôt qu'avec un 'ça va ?' dont finalement, il était déjà sûr de connaître la réponse.

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≡ âge du perso : vingt-six ans.
≡ amoureusement : mariée, techniquement, même si elle ne semble plus en porter le nom.
≡ son emploi : auparavant, elle travaillait à la ménagerie magique, désormais, elle est une fugitive.
≡ statut de sang : c'est une sorcière de sang-pur, d'ces sang-pur qu'on estime traitres pour ne pas se croire au-dessus des autres.
≡ sa maison : elle était chez les gryffondor; elle n'a pourtant jamais cru en son courage.
≡ sa baguette : baguette en bois de cyprès, avec une plume de phénix pour cœur, elle est spécialisée en métamorphose, et mesure approximativement vingt-sept centimètres.
≡ son patronus : il prenait la forme d'un geai, mais désormais elle ne peut plus en produire. rien d'autre qu'un vague amas argenté.
≡ son amortencia : la potion a toujours eu la senteur du grand air, un parfum d'ébène au creux de ses cheveux et du vieux bois.
MessageSujet: Re: (blodwyn and elwood) ✲ stand by me.   Mar 5 Mar - 19:18


it's like a dark paradise
blodwyn brownstein & elwood r. harkness
« in the end, i guess they just break our hearts. »

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Bloxam Creek. Bled paumé. Elle avala un nouveau verre, dans l’objectif purement factice de faire disparaître l’amertume qui lui brûlait la gorge – ou peut-être était-ce justement la boisson alcoolisée, dont elle abusait sans vergogne, qui finissait par avoir raison de sa propre bouche. Tant pis, c’était Nouvel An, autant célébrer comme il se doit. Cette année s’annonçait – de toute manière - si clémente pour elle, seule, sans emploi, sans même un foyer où se réfugier : qu’est-ce qu’il pouvait lui arriver de pire ? Qu’est-ce qu’elle pouvait perdre encore, qu’elle n’avait pas déjà perdu. La rousse souffla, effaçant la dernière trace de larme qui salissait sa joue : patiemment, elle avait pris un bain aujourd’hui, y stagnant de longues minutes, comme absente du monde qui continuait de tourner. Et puis elle s’était préparée, avec les rares restes d’affaires qu’elle avait pu emmener avec elle, cette fameuse nuit. Fameuse nuit. Inlassablement, chaque seconde qui composait celle-ci tournait dans sa tête, contre le voile de ses paupières sitôt qu’elle se perdait à fermer les yeux un instant. Encore au fond de ses oreilles résonnait la voix d’Eamonn, l’ordre impérieux qui lui avait tordu les entrailles. Cette assurance, ce non farouche qui lui avait brûlé les lèvres, cette certitude : jamais, jamais elle ne l’abandonnerait même si pour ça, elle devait en perdre la vie. Perdre sa vie pour lui, ç’avait été le seul sacrifice qu’elle aurait été capable d’accepter, la seule sentence qu’elle aurait regardé droit dans les yeux, sans ciller ni craindre la mort. Mais rien. Rien, elle n’avait rien fait. Pire que ça, elle avait fui. Sans lui. Et encore un verre, pour la route. Elle voulait ce soir, flouer le souvenir ardent d’Eamonn, ce visage, ce regard qu’elle voyait si nettement à chaque fois qu’elle fermait les yeux – c’était son fardeau, les lourdes conséquences de ses actes, son amour palpitant au fond de son cœur, qui la ramenait sans cesse à ses responsabilités. Eamonn était mort. Mort à cause d’elle. Pour elle. Et elle, elle se terrait comme une misérable dans cette maison qui n’était même pas la sienne. La leur. Elle n’avait tout simplement pas de courage, tout comme elle n’avait pas eu le courage d’affronter les rafleurs dans le fou, fugace espoir de sauver Eamonn avec le même acharnement dont il avait fait preuve pour la défendre elle. Tout ce qu’elle faisait, c’était se guinder d’illusions, de fausses volontés, qui la faisaient errer dans les rues, quelques coins du monde magique à la recherche d’informations sur les rafleurs qui avaient détruit sa vie – sans plus. Elle se dégoûtait – peut-être bien que la mort aurait dû être le châtiment qu’elle méritait. Plus qu’Eamonn en tout cas : pour elle, il avait tout sacrifié, de sa vie à sa famille en passant par tout l’avenir qu’il aurait pu avoir en tant qu’homme, que sorcier. Elle ne savait pas ce qui les avait rassemblés tous les deux, sous cet amour brûlant : elle ne l’avait manifestement jamais méritée, cette tendresse et cette dévotion qu’il avait eues pour elle jusqu’au dernier moment. Dans un fracas, le verre qu’elle avait eu entre les mains venait d’éclater au sol – la colère, ces temps-ci, la rendait bien instable. Les mains contre son visage, elle retint avec peine un énième sanglot, elle n’était bonne qu’à ça, à la traitrise et aux lamentations incessantes.

Elle était misérable, de toute manière, bien pitoyable ici, à se planquer dans cette maison. La maison d’un autre. Emplie d’une histoire morte, de poussière d’autrefois et de cette acidité qui gâchait toutes les vies brisées ici-bas. C’était la maison d’Elwood, Elwood comme l’ami d’Alice, qui lui avait proposé de crécher dans ces lieux, sans qu’elle ne sache vraiment quel genre de générosité le poussait à agir ainsi avec elle. Elle ne le méritait pas. Elle aurait dû mourir dans cette forêt avec Eamonn, ne jamais oser se repointer devant le regard de qui que ce soit, en assumant presque ouvertement le fait d’avoir abandonné son fiancé à un châtiment qu’il ne méritait pas. Elle n’honorait qu’à peine le sacrifice d’Eamonn, prostrée dans ce coin de baraque, devant cette bouteille d’alcool moldu dans laquelle elle se perdait âprement. Il ne lui revenait pas de droit, de toute manière, puisqu’elle s’était contentée de fuir comme une lâche. Ne restait de cet affrontement que ce vide au fond de son être, ces cauchemars incessants qui l’empêchaient de dormir et, pour seule trace physique, cette estafilade marquant encore sa joue d’une empreinte rosée. Elle ne devait pas sa survie à elle-même, comme elle ne l’avait jamais due : c’était le sacrifice d’Eamonn, la compagnie de celui-ci à travers sa fuite, l’aide d’Alice et d’Elwood qui faisaient d’elle encore une sorcière à part entière, en vie et invisible aux Mangemorts et à tous ceux qui pouvaient vouloir sa peau. Le fait était qu’elle ne méritait pas tant d’attentions, que d’autres qu’elle, sûrement, en useraient avec plus de soin et d’intérêt qu’elle : Blodwyn Brownstein avait sans doute mieux à faire que de rester prostrée ici à remuer cette affable humeur qui la fanait peu à peu. Eamonn, peut-être bien, aurait attendu autre chose d’elle. Elle ne valait pas grand-chose, ici, dans ce coin de Bloxam Creek, à essuyer la poussière d’une autre histoire que la sienne : déjà, elle avait rangé ce qu’il y avait eu à ranger dans cette maison désertée, chassant les traces du temps qui s’étaient éparpillées un peu partout – il n’y avait presque plus de poussière et l’odeur de renfermée des lieux, s’était quelque peu adoucie. De ce qu’elle avait vu, à travers les rares photos et les quelques souvenirs transpirant dans les lieux, l’histoire d’Elwood était tout aussi chaotique que la sienne : lui au moins, il ne portait pas le fardeau d’avoir abandonné sa moitié à une bien triste destinée. Au contraire, d’ailleurs. Il ne parlait pas souvent de son passé, mais de ce que Blodwyn avait pu glaner à Alice au sujet de l’ancien prisonnier, elle s’était surtout attendue à ce qu’il la déteste, qu’il ne ressente rien d’autre qu’une acerbe véhémence à son adresse – elle la pauvre sorcière qui déversait son malheur sur autrui, mais qui ne valait rien. Au fond, elle ne savait pas vraiment pourquoi elle s’était tant accrochée à ce que le sorcier pourrait penser d’elle, quels avis il pourrait avoir la concernant : ça n’avait plus d’importance à l’heure actuelle. Ce n’était qu’une question de temps, avant qu’elle ne meurt – de désespoir ou des mains de Mangemorts quels qu’ils soient, qu’une question de temps avant qu’on ne vienne la destituer de ses derniers biens – et elle s’en foutait presque royalement. C’était ça, toute la bêtise du mariage, de l’amour : en perdant Eamonn, elle avait déjà perdu tout ce qui alimentait son existence et ses espoirs, ne restait ici qu’une coquille vide, un spectre à l’image de cette bicoque abandonnée et des vieux souvenirs qui continuaient d’y flotter dans l’air.

Ils avaient dû être heureux, ici, Elwood et sa femme – tout comme Blodwyn s’était laissée à croire qu’elle pourrait être heureuse avec Eamonn, dans une grande maison ou même dans cette tente au fond de la forêt la plus sombre du pays, quand ils avaient dû fuir du jour au lendemain. La fuite n’avait pas été si dure que ça à surmonter – outre la crainte constante : il avait toujours été là pour l’épauler, la supporter, la pousser vers l’avant et, quand il le fallait, la consoler et la sortir des affres de désespoir qui s’ouvraient sous ses pieds. Elle avait tout juste fait disparaître les bris de verre qui s’étaient éclatés au sol, ayant pris le soin parcimonieux de bien tous les enlever, lorsque la porte s’ouvrit. Instinctivement ramenée sur ses gardes, dans le peu de lumière qu’elle s’autorisait une fois la nuit tombée, la sorcière se fit agile et silencieuse : elle ne savait pas, au fond, ce qui faisait qu’elle vouait tant de temps à essayer de survivre, alors qu’elle se lamentait si facilement sur les longs jours qui composaient déjà sa vie sans Eamonn. C’était un instinct, tout simplement, logé au fond de ses entrailles qui l’empêchait de mourir, qui la poussait à s’accrocher, à tenir bon – comme s’il y avait quoique ce soit qui en valait la peine. Mâchoires serrées, respiration silencieuse, Blodwyn contourna un meuble, pour se glisser par l’ouverture d’une porte – elle avait eu le temps de retenir l’agencement de toutes les pièces ainsi, ce passage était le plus direct pour se glisser derrière toute personne ayant eu la mauvaise idée d’entrer ici sans lui demander son avis. Peut-être devrait-elle protéger les lieux par des sortilèges, mais ceux-ci risqueraient d’attirer l’attention : personne ne protégeait une maison vide. Collée, dos contre un mur, elle attendait une potentielle sentence, ayant tiré sa baguette du fond de sa poche – une seconde, puis une infinité de secondes. Avant que le visiteur ne s’annoncer : Elwood. Son cœur manqua un battement (de soulagement sans doute) alors qu’elle s’affaissait légèrement – elle n’avait été que trop imprudente jusque-là, se fiant uniquement aux autres, c’était Eamonn qui lui avait sauvé la peau la dernière fois qu’elle s’était retrouvée en danger, il en avait payé le prix fort, il était peut-être temps qu’elle apprenne à se faire redoutable adversaire sans avoir besoin de qui que ce soit. Faisant fi cependant de toute prudence à présent, elle reprit sa marche, se glissant par précaution dans le dos du sorcier – elle reconnut sa haute carrière, ses bouclettes et même son odeur, cette vague aura qu’il dégageait, qu’elle saisissait, dans tout le désespoir qu’était devenue son existence à présent. Malheureusement, il ne semblait pas l’avoir entendue, avant qu’il planche ne craque sous son pied, il sursauta, elle en fit de même, dans un mouvement presque identique. Baguette étroitement serrée entre ses doigts, elle ne dit rien pendant de longues secondes, ne percutant qu’à peine qu’un nouveau bri de verre venait fracturer le silence épais des lieux. « Hey. » Lâcha-t-elle finalement, en réponse à sa salutation à lui. Le regard bleu de la sorcière dégringola de la bouteille qu’il lui présentait, au cadre brisé. Elle pinça les lèvres. « Désolée, de t’avoir fait peur. Et pour la photo. » Ses souvenirs à elle, de celui qu’elle avait perdu, n’étaient plus que dans sa seule tête – elle n’avait rien emporté de lui, que l’impression des caresses de ses mains, la douceur de sa voix au creux de son oreille, son odeur, qui la pourchassait inlassablement. Elle essaya d’effacer Eamonn, trouvant en Elwood – malgré elle – de vagues ressemblances avec son fiancé disparut (et ce, à chaque fois qu’elle le regardait, à vrai dire). Pour se donner une allure autre que morose, elle s’approcha, ramassant le cadre pour le poser sur le meuble – plus tard, pour les bouts de verre. « C’est une bonne idée. La bouteille. Tu vas pouvoir te joindre à moi. » Pourquoi est-ce qu’elle se perdait dans son regard ? Pourquoi est-ce qu’elle s’y accrochait avec tant de hargne pour ne pas s’effondrer à nouveau ? Elle le contourna, l’invitant à la suivre. « Qu’est ce qui me vaut ta visite, avec une bouteille qui plus est ? » Elle s’essayait à avoir un ton relativement détaché, ainsi qu’un vague sourire alors qu’elle retrouvait sa bouteille à elle – déjà bien entamée, cherchant deux verres à proximité. « Alice n’est pas venue ? » S’enquit-elle, presque dans un réflexe – voir son amie était un bon secours à sa misère ; mais finalement, la seule compagnie d’Elwood lui suffisait plus qu’elle ne le devrait.
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MessageSujet: Re: (blodwyn and elwood) ✲ stand by me.   Lun 11 Mar - 12:28


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Blodwyn and Elwood
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Elwood ne savait pas ce qui le poussait à vouloir aider Blodwyn, lui tenir compagnie en cette soirée qu'il aurait sans doute du passer seul à boire autant d'alcool que ce que son corps pouvait supporter, parce que c'était la seule chose qu'il se sentait en mesure de faire. C'était, de toute façon l'une des choses qu'il faisait le mieux ces derniers temps. Depuis qu'il était sorti de prison, boire était devenu l'une des activités qu'il faisait le plus régulièrement. Si Alice n'était pas devenue sa meilleure amie, il pourrait aisément dire que celle occupant ce rôle dans sa vie, c'était sa bouteille de whisky. Il aurait sans doute du savoir que picoler pour oublier ce qui lui était arrivé, ce n'était pas la meilleure chose à faire, d'autant plus que maintenant il était papa. Depuis quatre ans techniquement. Même si pendant tout ce temps, alors qu'il survivait à l'horreur d'azkaban, il l'avait ignoré. Lyse était revenue récemment dans sa vie, pour lui annoncer la nouvelle. Une surprise à laquelle il ne s'attendait pas, pas plus qu'il ne s'était attendu à voir la jeune femme débarquer à nouveau dans sa vie. Elle l'avait laissé quand il était enfermé à Azkaban, comme tant d'autres personnes, elle lui avait tourné le dos, elle ne s'était pas donné la peine de venir le voir, ne serait-ce que pour le prévenir qu'elle était enceinte et qu'elle préférait quitter le pays pour ne pas que leur enfant grandisse dans un endroit où tout le monde était convaincu que son père était un meurtrier. Sans doute qu'il aurait pu comprendre si elle avait effectué cette démarche. Mais au lieu de ça, elle lui avait caché une vérité qu'il aurait aimé connaître, puis elle avait disparu sans même chercher à lui dire au revoir. Pour couronner le tout, quand il avait enfin pu sortir de prison, quand le ministère avait enfin réaliser qu'il s'était planté en l'enfermant, elle n'était pas revenue vers lui. Comme un grand nombre de personne, elle l'avait abandonné même à sa sortie, le laissant seule dans un monde qui avait changé, un monde dans lequel la plupart des gens continuaient de le voir comme un meurtrier alors même qu'on l'avait innocenté. Il avait du mal à digérer la trahison de la jeune femme, mais il se voyait mal la rayer complètement de sa vie, après tout, ils avaient été fiancés un certain temps et même si maintenant c'était un vieux souvenir, enterré par son vécu à Azkaban et puis il y avait Cayden. Elwood avait beau ne pas savoir comment s'y prendre avec le petit garçon, il ne se voyait pas abandonner son propre fils, il ne voulait pas lui infliger cela, il savait trop bien ce que ça faisait de se faire abandonné par sa propre famille, il ne voulait pas faire ça à son enfant. Cependant, la difficulté de la tâche de père qui s'imposait à lui ne l'aidait pas à sortir de l'alcool, au contraire, il avait presque l'impression de passer encore plus de temps au bar maintenant que Lyse était revenu vers lui (après six long mois de silence complet, si on ne compte que le temps après Azkaban). La jeune femme avait laissé un nouvel ouragan se répandre sur sa vie, fragilisant les bases déjà faibles qu'il avait tenté de reconstruire depuis sa sortie de prison. Tant d’événements qui lui donnait envie de se noyer dans l'alcool, nouvel an ou non d'ailleurs. Après, pourquoi il avait choisi de partager sa bouteille avec Blodwyn, il ne savait pas vraiment. Il ne voulait pas la laisser toute seule, c'était une explication bien vague de toute évidence. Il avait peut-être pitié d'elle, après tout, elle n'était pas très différente de lui. Il avait perdu sa fiancée à cause de son enfermement à Azkaban et elle avait perdu le sien en voulant fuir Azkaban. Elle ne méritait pas de finir enfermée à cause de son statut de sang tout comme il n'avait pas mérité d'être enfermé pour un crime qu'il n'avait pas commis. Il la comprenait, il voulait l'aider à ne pas subir ce que lui, il avait subit.

L'aide qu'il apportait à Blodwyn allait, bien au delà d'une bouteille de whisky et de sa compagnie en ce jour de pseudo fête. Il lui avait prêter sa maison, celle dans laquelle il avait vécu avec Lyse avant son enfermement, celle qu'il aurait certainement revendu si jamais le monde n'avait pas été au bord de la guerre au moment où il était sorti de prison. Maintenant qu'elle avait éclaté, ce n'était même pas la peine d'essayer de s'occuper de ça. Au moins, l'avantage, c'est que maintenant, cette maison, elle pouvait servir de refuge à la jeune femme. Elle n'était pas très grande, mais toujours plus qu'une tente (même une tente de sorciers), et sans aucun doute plus confortable. Ce n'était peut-être pas grand chose, elle venait de perdre son fiancé alors le confort d'une maison ou celui d'une tente, ça ne devait plus avoir beaucoup d'importance, mais c'était un petit geste qui pouvait l'aider au moins à échapper aux mangemorts et de survivre, même si finalement, sans son fiancé, peut-être qu'elle n'avait pas beaucoup envie de survivre. Cependant, aux yeux d'Elwood, ce serait absurde de rendre inutile le sacrifice du dit fiancé. Après il était sûrement mal placé pour comprendre ce qu'elle pouvait ressentir en cet instant, ce n'était pas la mort qui l'avait séparé de la femme qu'il aimait et il était devenu tellement incapable de ressentir quoi que ce soit que l'empathie n'était peut-être pas son fort ses derniers temps. Ça ne l'empêchait pas de vouloir aider la jeune femme, ne serait-ce qu'en lui tenant compagnie en cette soirée de nouvelle année. Il était revenu dans cette maison de Bloxam Creek, avec sa bouteille. Rapidement, il s'était perdu dans l'observation d'une vieille photo qui était restée posée sur un meuble. Le sursaut dont il fut victime à l'arrivée de Blodwyn entraîna la chute du cadre qu'il avait entre les mains. Il n'y prêta guère attention, préférant se concentrer sur la jeune femme. « C'est pas grave. Cette photo n'a plus d'importance aujourd'hui de toute façon. » Il haussa légèrement les épaules. La jeune femme ramassa cependant le cadre pour le reposé sur le meuble. Il suivit son mouvement du coin de l’œil. Il lui adressa un léger sourire suite à sa réflexion, avant de la suivre poliment, comme s'il avait été chez elle et non chez lui. Ce qui était finalement un peu le cas puisque ça faisait un long moment qu'il avait quitté cette maison. « Le nouvel an. Ça mérite bien une bouteille je suppose. » Le nouvel an, c'était clairement le jour des poivrots, un jour où, pour une raison débile, les gens se mettaient à picoler plus que d'habitude. Une bonne raison pour justifier une potentielle cuite de toute évidence. Il déposa sa bouteille sur la table, jetant un coup d’œil à celle qui y était déjà posée, déjà considérablement bien entamée. Il releva les yeux vers la jeune femme alors qu'elle évoqua l'absence d'Alice. « Nan, il faudra te contenter de moi. » Il lui adressa un nouveau sourire avant de se laisser tomber sur une chaise. Il ne savait pas ce qu'Alice avait prévu pour fêter la nouvelle année, il ne lui avait même pas demandé, sans doute que ça ne le regardait pas tout les deux. Mais c'était mieux pour elle de toute évidence si elle avait un programme moins pathétique que celui de se bourrer la gueule en compagnie de ses deux amis.

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MessageSujet: Re: (blodwyn and elwood) ✲ stand by me.   Mar 12 Mar - 2:17


it's like a dark paradise
blodwyn brownstein & elwood r. harkness
« in the end, i guess they just break our hearts. »

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Il y avait cette échéance dans sa tête, qu’elle n’avait de cesse de repousser. La fin de tout espoir, l’instant critique où son esprit ferait le deuil douloureux qui hantait le fond de son cœur : Eamonn était mort, mais encore une certaine léthargie fixait Blodwyn sur place, dans un présent qui n’était pas vraiment le présent. Eamonn était mort, et elle ne s’était pas encore effondrée. Pas encore littéralement effondrée – elle avait pleuré à travers les bois, dans les bras d’Alice, dans les bras d’autres gens encore, seule dans cette maison ou ailleurs. Mais jamais encore, son esprit ne s’était fait à la conclusion triste et dévastatrice que plus rien ne l’attendait ici – qu’aucun mariage n’embellirait ses jours, en un été gracieux, joyeux après cette si longue et pénible guerre. Les dernières images qu’elle gardait de son fiancé tournaient tant dans sa tête, qu’elle n’avait à vrai dire que bien peu pensé aux promesses qu’ils s’étaient faites, aux vœux qu’elle avait écrits il y a de cela des mille et de mille, qu’elle avait prévu de modifier d’ici peu, pour y souligner au combien ils avaient traversé le pire, s’en retrouvant plus soudés que jamais. Au mariage qui avait été, qui aurait été mais qui ne serait jamais, finalement. Peut-être était-ce un processus biologique, que celui de l’ignorance, d’éluder le sujet douloureux, la lame plantée au fond de son cœur qui envoyait par vagues sonores des douleurs à travers tout son corps, mais à laquelle elle n’avait pas encore osé faire face : cette salope de lame la saignait à blanc, finirait par la tuer tôt ou tard, mais elle restait aveugle, éternellement aveugle aux supplices du destin. Elle buvait, ça ne résolvait en rien ses problèmes, elle se prenait à espérer, parfois, prenant un autre trajet que celui qu’elle s’était fixé, suivant un homme au détour d’une rue, un homme qui aurait quoique ce soit de ressemblant à Eamonn – sa carrure, sa voix, ses cheveux. N’importe quoi. Parfois, elle mettait de longues minutes avant de se rendre compte que tout ça n’était qu’illusion, qu’ils n’étaient que des spectres qu’elle mettait à l’image d’Eamonn et que jamais l’empreinte de son fiancé ne se porterait dans un endroit aussi reculé que Bloxam Creek. Il aurait pourtant été celui à même de lui faire aimer un tel lieu reculé, le fin fond de l’Irlande froide et sauvage – il aurait pu lui faire aimer une grotte, de toute manière, tant elle se serait raccrochée à la lumière qu’il était au milieu des ténèbres, l’espoir au milieu du désespoir. Elle qui avait déjà l’illusion d’être vidée par le chagrin et le deuil, ne se doutait cependant pas que ses peines ne trouveraient guère de fin avant ce qui pourrait être une éternité – avant qu’une âme généreuse n’ait la bonté de panser ses plaies, ou avant qu’elle n’ait le courage de se relever de ce champ de cendres qu’était devenue sa vie toute entière. Elle avait dû fuir son foyer, son travail, tout contact avec sa famille sans crier gare – elle avait tout perdu jusque-là, sauf Eamonn, s’accrochant de toute sa poigne à lui, de toute la force qu’elle pouvait avoir dans ses frêles bras. Rien n’y avait fait, cette ombre sévère régnant sur le monde avait décidé de la déposséder de ça aussi, de la laisser errante sans boussole, sans volonté, sans mat, sans voile, sans repère. Sans Eamonn. Il lui semblait loin, le soir de Noël où ils avaient vécu sans conséquence, le lendemain, jour d’anniversaire d’Eamonn où ils avaient bien vite balayé leurs craintes pour n’être qu’ensemble face au reste du monde, les quelques heures qui suivirent, qui se limitaient dans ses souvenirs à quelques secondes à peine, avant que tout ne bascule dans l’obscurité. Pourtant, quelques jours à peine venaient de s’écouler, mais déjà Eamonn s’effaçait à sa mémoire, entre des océans de larmes, un instinct viscéral de le supprimer de ses songes pour ne pas sombrer dans le néant dans l’espoir de l’y trouver. Eamonn, voilà qu’elle l’abandonnait encore, lui préférant la compagnie éphémère d’Alice, de l’alcool, des vieilles histoires d’autrui, vibrant dans les murs d’une vieille maison. D’Elwood.

Elwood l’énigme sur laquelle elle ne parvenait pas à mettre de mots – il y avait en elle, brûlant pour lui ce désir viscéral de le comprendre, de le transcender d’un regard dans leurs malheurs communs et pourtant si opposés. Elle voulait le comprendre, partager avec lui, peut-être bien savoir traduire également cette empathie qu’il ressentait pour elle, ou cette misérable pitié, cette loyauté envers elle ne savait qui, qui faisait que lui, l’ancien prisonnier l’avait hébergée elle, la fiancée déserteuse, dans sa propre maison, encore habitée par son empreinte, son histoire. Il venait d’Azkaban, avait-il dit et pourtant, il avait ce quelque-chose à quoi elle se raccrochait, qui lui faisait baisser la garde sitôt qu’elle croisait son regard – elle y voyait luire le même genre de douleur que celle qui fracturait et son cœur et son âme toute entière, l’amertume des jours trop longs. Avec lui, peut-être ne se sentait-elle pas le droit de traîner son malheur avec tant d’extravagance, grimé sur ses joues rosies, ou visible au coin de ses yeux dévastés par les traces de larmes. Il la guérissait, quelque part, pour les rares instants où il était là, où ils se comprenaient sans avoir à se parler, sans même savoir eux-mêmes qu’ils se transmettaient l’un l’autre quelque chose. Qu’importe, tous les deux souffraient d’un manque qui ne serait qu’artificiellement rempli, qu’ils fassent les étapes du deuil ensemble, ou séparément. Ce n’était que mensonge qu’ils se faisaient l’un à l’autre, qu’idéalisme dicté par leur désir de vivre, de survivre envers et contre tout. Qu’est-ce qui avait bien pu pousser Elwood Harkness à survivre au milieu des cauchemars sanglants d’Azkaban ? Qu’est-ce qui pouvait bien pousser Blodwyn Brownstein à traverser le néant de son existence seule ? Deux belles histoires en somme, qui feraient de belles tragédies, se croisant et se rencontrant autour d’un verre. « C'est pas grave. Cette photo n'a plus d'importance aujourd'hui de toute façon. » L’amertume au fond de la voix d’Elwood n’échappa pas à la rousse, qui pourtant, pinça les lèvres pour retenir toute réponse. Elle donnerait son bras, ses talents magiques, n’importe quoi pour avoir sous la main, une simple image d’Eamonn à laquelle se raccrocher. N’importe laquelle, qui avait d’autres allures que celle du malheur, du dernier regard qu’elle avait jeté sur lui avant de l’abandonner. Vaguement, échappant au regard d’Elwood, ses azurs clairs errèrent sur la photographie, qui bougeait doucement sous ses doigts – le bonheur qu’avait ressenti autrefois Elwood s’était transformé en cendres au creux de son cœur. Elle espérait au moins qu’elle ne garderait ni haine, ni amertume âpre de son histoire avec Eamonn. Ce n’était pas la place de la fiancée abandonnant son fiancé, que de faire une quelconque remarque à l’homme trahi par son passé. Ils n’étaient sans doute pas ici, à se retrouver dans cette bicoque abandonnée depuis si longtemps pour partager leurs peines et pleurer sur les épaules de l’un et de l’autre – aussi, effaça-t-elle la blonde de la photo, ainsi que quelques âpres souvenirs d’Eamonn de sa mémoire, retrouvant vite le refuge de cette petite cuisine, jumelée à une salle à manger qu’elle n’avait que peu quittée aujourd’hui. Elle sortait rarement d’ici, de toute manière et ça valait mieux : si quelqu’un découvrait une fugitive née-moldue dans la maison d’un ancien prisonnier d’Azkaban, les Mangemorts seraient capables d’amener des problèmes à Elwood. La dernière chose dont il avait besoin en somme et peut-être bien que Blodwyn elle-même avait bien envie, pour une fois, d’être autre chose qu’une traitresse et un fardeau bien lourd à porter. C’était le nouvel an qui l’amenait. Silencieuse, pensive, Blodwyn détourna le regard un instant. « Eh bien. Il faut croire que j’ai oublié quel jour on était. » Tenta-t-elle dans un sourire, malgré l’ironie de la chose. Entre Eamonn et elle, elle avait été celle qui avait gardé chaque jour en mémoire, qui avait mémorisé les dates du début à la fin, celle qui n’avait ni oublié Noël, ni oublié l’anniversaire de son fiancé. Pour sûr, elle savait quelle date était celle qu’ils célébraient ce soir, elle avait juste espéré il n’y a pas si longtemps que ça, la fêter avec Eamonn. Soucieuse de garder bonne figure, elle haussa cependant les épaules. « Mais ça vaut définitivement une bouteille. Qui sait combien d’autres Nouvel An nous connaîtrons, de toute manière. » S’ils ne se tuaient pas avec l’alcool ce soir, autre chose menacerait de le faire dans un avenir proche. C’est ainsi qu’elle déposa deux verres sur la table, les remplissant avec toute la volonté du moment plaquée sur le visage, tandis qu’Elwood prenait place. « C’est pas grave. Je suppose que ta présence seule suffira. Et puis, tu peux venir ici quand tu veux. » C’était chez lui après tout, même s’il essayait avec acharnement de fuir son appartenance à ces lieux tout autant que les murs même. D’un geste, Blodwyn fit glisser un verre en direction du sorcier, le rejoignant en s’asseyant de l’autre côté de la petite table, face à lui. Elle leva son verre, initiant un toast pour le moins improvisé – elle qui avait pensé être seule pour une éternité encore. « A 1998. Et aux visites impromptues, avec des bouteilles. » Qu’elles soient d’Alice ou d’Elwood, les visites ne lui déplaisaient certainement pas – elles lui permettaient d’éviter de trop broyer du noir, rien que pour sauver les apparences. En trinquant avec Elwood, elle avala une bonne gorgée de son verre, grimaçant légèrement. « Alors, qu’est-ce que tu pourrais souhaiter pour cette année ? » Elle ne savait pas pourquoi elle posait cette question – à vrai dire, elle était elle-même peu désireuse d’y répondre. C’était un réflexe, une tradition dans sa famille, comme un tour de table où ils disaient tous ce pour quoi ils étaient reconnaissants dans l’année passée, ce qu’ils désiraient pour l’année à venir. Une tradition à laquelle elle avait initié Eamonn il n’y a pas si longtemps – une tradition qui n’avait plus aucun sens, maintenant qu’elle n’avait ni famille, ni amour. Peut-être étaient-ils deux dans ce cas.
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MessageSujet: Re: (blodwyn and elwood) ✲ stand by me.   Mar 26 Mar - 17:32


“ stand by me ”
say something awful as if fucking the world is your right and i watch you stumble drunk out into the night.
Blodwyn and Elwood
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Le nouvel an. C'était une fête qu'Elwood avait toujours jugé quelque peu inutile, après tout elle servait à quoi à part se souhaiter une bonne année ? Un souhait parfaitement inutile soit-dit-en-passant. On lui avait dit 'bonne année' un nombre incalculable de fois le premier janvier de cet année où il avait fini par se retrouver enfermer à Azkaban. Ce n'était certainement pas les vœux du début d'année qui pourrait y changer quelque chose. Alors finalement, le nouvel an à quoi ça servait ? Fêter une nouvelle année qui commence, une nouvelle année écoulée. Une année qui ne sera pas meilleure parce qu'on vous la souhaité, pas plus mal parce qu'on vous à oublié. C'était finalement qu'une occasion établie par la société pour faire la fête. Une occasion dont Elwood avait finalement toujours profité, quand il n'était pas à Azkaban en tous cas. Maintenant qu'il en était sorti, il ne savait pas si ça avait beaucoup d’intérêt de fêter le nouvel an, après tout il n'avait plus vraiment de groupe d'amis pour l'occasion, pas plus qu'il n'avait eu de famille durant noël. Mais il avait eu Alice à noël et finalement, c'était une compagnie bien plus appréciable que celle des membres de sa famille. En même temps, les membres de sa famille faisaient partie des trop nombreuses personnes à l'avoir complètement laisser tomber et c'était sans parler de sa sœur jumelle qui était carrément à l'origine de sa condamnation. Forcément, noël avec Alice c'était bien mieux que ce qu'il aurait pu avoir avec quelqu'un d'autre. Mais le nouvel an, ils ne le passerait pas ensemble pour la simple et bonne raison, qu'elle avait déjà des plans. Il n'allait pas s'incruster dans ses plans de toute évidence. Si Blodwyn n'était pas récemment arrivée dans la librairie, si elle n'était pas cachée à l’intérieur de sa maison, sans doute qu'il aurait passé le nouvel an tout seul, à picoler tout seul dans son coin. Ça aurait pu être une très bonne soirée après tout. Une soirée comme une autre, comme n'importe laquelle et finalement c'était parfaitement ce que représentait cette soirée pour lui après tout. Pourtant, il avait décidé de se rendre à Bloxam Creek, là où étaient restés tous les vieux souvenirs d'une vie où il avait été bien plus heureux qu'à présent, mais une vie qu'il arrivait presque à détester tant il avait l'impression qu'elle était fondée sur du vent. Il y était venu parce qu'au delà des souvenirs de son passé, il savait qu'il y trouverait Blodwyn. Cette parfaite inconnue à laquelle il s'était sans doute bien trop attaché. Sans doute était-ce stupide, après tout, il la connaissait à peine et il allait sans doute la perdre de vue rapidement, elle n'allait pas rester dans cette maison pour l’éternité. Elle partirait pour sa propre survie et peut-être qu'ils ne se reverraient plus jamais après ça. Avec quelqu'un d'autre, peut-être qu'il se serait montré froid neutre et dénué de toute compassion, il faisait souvent ça ces derniers temps. Mais avec elle, il en était incapable. Déjà parce qu'elle était amie avec Alice et il devait beaucoup à la jeune libraire, alors rien que pour ça, il se devait de montrer du respect envers Blodwyn. Et puis dans un sens il la comprenait, elle avait perdu son fiancé et elle risquait Azkaban alors qu'elle était parfaitement innocente. Il était bien placé pour comprendre ça. Lui qui avait été enfermé plusieurs années à tord, lui qui avait perdu sa fiancé, pas que Lyse soit morte (sans doute l'aurait-il encore plus mal vécus), mais elle était quand même partie, le laissant seul dans sa merde tout comme Blodwyn devait à présent se retrouver seule dans la sienne. Elle méritait bien qu'il vienne passer le nouvel an avec elle, même si cette fête était stupide, mais elle restait une bonne raison de boire et sans doute qu'ils en avaient tous les deux bien besoin.

Il était donc venu dans cette maison dans laquelle il avait, autrefois, vécus. Maison pleine de souvenirs à commencé par cette photo qu'il avait brisé, à peine fut-il arrivé. Il avait l'intime conviction que ça n'avait plus d'importance aujourd'hui. Ce n'était plus que l'image d'un passé révolu. Un moment de bonheur fixé dans le temps mais qui était aujourd'hui inexistant. Blodwyn avait pourtant ramassé la photo avant de s'éloigner vers la cuisine où il l'avait suivie sans même se retourner sur le cadre brisé. Elle lui annonça avoir apparemment oublié le nouvel an. C'était quelque chose qu'il comprenait parfaitement bien, il avait lui-même rapidement perdu le compte des jours à Azkaban et même depuis sa sortie, si Alice n'était pas là pour lui rappeler la date, il avait tendance à l'ignorer, sans doute que ça aurait été également été le cas aujourd'hui si le matin Alice ne lui avait pas demandé s'il avait des plans pour le nouvel an. Pour elle comme pour lui compter les jours ne devait plus avoir grand intérêt. « Si ça peut te rassurer, sans Alice, j'aurais oublié également. » Sans doute que ça n'avait rien de rassurant, mais au moins si elle avait l'impression de perdre la boule elle se sentirait un peu moins seule dans ce cas. Suite à sa réplique le sorcier lui adressa un léger sourire,il n'avait pas franchement besoin d'une bonne raison pour ouvrir une bouteille ses derniers temps, mais il fallait bien avouer que le nouvel an était un bon justificatif à cet acte, qui surtout en temps de guerre pouvait paraître déplacé. « Ouais, autant en profiter tant qu'on le peut. » À présent installé à table il regarda la jeune femme remplir les verres avant de lui adresser un nouveau sourire, légèrement amusé. « Merci de m’inviter ainsi chez moi. » Il n'était cependant pas sûre d'apprécier venir trop souvent ici, il était plutôt du genre à vouloir la fuir cette maison, elle et tous les souvenirs qu'elle refermait. La seule bonne raison qu'il avait de venir dans cette maison à présent, c'était Blodwyn. Rapidement, il imita le geste de la sorcière levant son verre pour aller trinquer avec elle. « Puisse-t-elles être encore nombreuses » Après tout les visite à Blodwyn avec des bouteilles d’alcool, c’était plutôt une bonne chose à son humble avis. Après, Blodwyn avait peut-être mieux à espérer de la vie, cependant, tant qu’elle était là, elle était en sécurité et c’était déjà pas si mal. Il avala une gorgée de son verre avant de hausser les épaules suite à sa question. « Si j’étais idéaliste, je dirais la fin de la guerre. Mais comme je ne le suis pas, je vais commencer par dire : essayer de m’en sortir avec mon fils et toi ? » Sans doute qu’elle n’avait pas tellement de chose à souhaiter vu ce qui était en train de lui arriver, mais faire des vœux, même bidon, ça pouvait peut-être aider à voir vers un futur moins sombre, si tant est que ce soit possible en vu du drame qui touchait la sorcière.

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lalalala citation ici.
des paroles par là. — titre de la chanson.
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≡ statut de sang : c'est une sorcière de sang-pur, d'ces sang-pur qu'on estime traitres pour ne pas se croire au-dessus des autres.
≡ sa maison : elle était chez les gryffondor; elle n'a pourtant jamais cru en son courage.
≡ sa baguette : baguette en bois de cyprès, avec une plume de phénix pour cœur, elle est spécialisée en métamorphose, et mesure approximativement vingt-sept centimètres.
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MessageSujet: Re: (blodwyn and elwood) ✲ stand by me.   Dim 7 Avr - 0:58


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Broyer du noir était presque devenu un art de vivre pour Blodwyn. Légitime selon elle, même en temps de guerre : si quelques temps plus tôt elle avait pu avoir la prétention de se considérer comme une chanceuse, à présent elle pouvait également dire que bien peu de gens avaient la prétention d’avoir tout perdu dans cette guerre. Tout perdu parce qu’ils étaient des nés-moldus qui pourtant, n’avaient commis ni crime ni quelque meurtre que ce soit. Au final, sa vie finissait par être à l’image de celle d’Elwood. Elle ne le connaissait pourtant pas depuis bien longtemps, mais de ce qu’Alice lui avait raconté, lui aussi avait vu toute sa vie lui filer entre les doigts, s’évanouir dans la nature pour le laisser plus esseulé que jamais. Et que ce soit enfermé à Azkaban ou ici, dans une maison de souvenirs qui n’étaient que des restes d’une histoire démolie par le temps ; ça ne faisait honnêtement aucune différence, à l’humble avis de Blodwyn. Elle n’avait cependant pas la prétention de savoir ce que ça faisait, des nuits ou même des années d’emprisonnement à Azkaban, avec pour seule compagnie celle des Détraqueurs. Sa compagnie à elle était celle des vieux souvenirs d’Elwood, mâchés et usés par les circonstances, les trahisons dont il avait été victime pendant toute sa vie. Il ne voulait pas en parler, il n’avait que rarement amené la discussion de son douloureux passé sur la table et elle n’avait pas cherché à insister. Parce qu’elle savait, elle savait ce que ça faisait d’avoir ces estafilades douloureuses et sanglantes dans sa ligne de vie : elle en avait connues aussi et si elle avait cru qu’il n’y avait pas pire douleur qu’être séparée de sa famille, séparée de ses amis, la bien trop récente mort d’Eamonn l’avait rappelée à l’ordre. Le temps pour la jeune femme, n’était certainement pas à la fête : difficile de croire qu’il n’y a que quelques jours à peine, elle avait eu le sourire accroché aux lèvres, l’insouciance à l’esprit, son regard plongé dans les yeux sombres de son fiancé. Elle gardait les images de celui-ci aussi nettement que si c’était il y a quelques heures à peine qu’elle l’avait perdu, voilà qu’Elwood au moins, l’avait ramenée sur terre. Non, ça faisait des jours déjà qu’elle était entrée dans la librairie d’Alice, sous le coup de la panique, les larmes rougissant ses joues. Ca faisait des jours déjà qu’elle se terrait dans cette maison qui n’était pas la sienne, qui lui semblait parfois plus hostile qu’accueillante ; sa vie était atrocement lente sans Eamonn et chaque regard qu’elle errait dans quelque coin de la pièce faisait germer, grandir cette douloureuse vérité à son cerveau. La solitude n’était qu’une piètre infirmière à sa peine, mais la présence d’Elwood ou même celle d’Alice ne suffisait même pas à calmer l’océan de rage, de tristesse qui s’échouait sans cesse au fond de sa poitrine : rien ne changerait, c’était le sentiment qu’elle avait à présent. Sa vie était marquée au fer rouge par cette perte, et même si un jour la folie l’amenait à tenter de se reconstruire une vie, à laisser son histoire avec Eamonn derrière elle, elle porterait ce fardeau avec elle jusqu’à sa mort. Celle-ci était bien lointaine d’ailleurs : elle ne comprenait pas comment elle pouvait encore avoir une ardente peur de la mort, un désir de vivre si intense qu’elle faisait preuve de ces vieilles prudences qui avaient rythmé sa vie de fuyarde - mourir ne semblait pas si difficile que ça, au fond. Pour Eamonn, c’était arrivé en une fraction de seconde ; la fatalité était tombée sur lui comme une chape de plomb impitoyable, et la traitresse qu’elle avait été à la sauvegarde de son fiancé ne méritait sans doute pas plus d’égard pour ses derniers soupirs. Méritait-elle seulement la visite impromptue d’Elwood, les attentions doucereuses d’Alice ? Lèvres pincées par les mots qu’elle ne dirait jamais, Blodwyn laissa ses pas l’égarer jusque devant son réconfort favori, l’alcool. Elle qui n’avait jamais vraiment bu des alcools forts, qui avait souvent fustigé son fiancé du regard lorsqu’il en avalait trop, voilà qu’elle adoptait un monde de vie bien différent que ce qu’elle avait imaginé. Dans un avenir proche ou lointain, à travers cette guerre ou même dans les prochains temps de paix, la sorcière ne s’était jamais imaginée habitée par un tel malheur, un tel vide que seul l’alcool parviendrait à rendre presque plus supportable - elle ne se voyait clairement pas ivrogne désespérée. Elle ne s’était même jamais imaginé vivre sans Eamonn, naïve à souhait, elle avait fui toute prescience de la mort sur sa vie : à présent elle se rendait compte qu’elle aurait préféré que la mort la frappe elle plutôt que lui ; c’était égoïste, quelque part, mais c’était elle qui se retrouvait seule à l’heure actuelle, dans une maison délitée, qui tombait en ruines.

Les ruines semblaient être une belle métaphore pour son existence, quand bien même elle essayait de faire bonne figure devant Elwood et sa présence imprévue : il était là chez lui, elle ne s’octroyait qu’à peine le droit de lui dire qu’elle n’avait pas attendu la moindre visite. En ce soir, qu’elle avait imaginé vivre avec Eamonn, elle aurait surtout souhaité rester seule, à pouvoir s’effondrer à son gré plutôt que de devoir faire la forte, par orgueil ou par prudence, devant l’homme érodé par le malheur qu’était l’ancien prisonnier d’Azkaban. Tentant un vague sourire du coin des lèvres, Blodwyn sonda un instant Elwood, silencieuse et pensive : il aurait oublié lui aussi, sans doute, mais la jeune femme ne doutait pas que dans les geôles sombres d’Azkaban, la date ou même le temps qui passait n’avaient plus la moindre incidence. Aussi haussa-t-elle légèrement les épaules, se donnant une contenance digne de ce nom après avoir égaré si loin ses songes dans les secrets inavouables du sorcier. « Si ça peut te rassurer, je sais déjà que les hommes n’ont jamais été très doué avec les dates. La phrase fétiche des hommes moldus doit être quelque chose comme ‘c’est quoi notre date d’anniversaire de mariage, chérie ?’ j’ai toujours été préparée à tout. » Mimant la voix torve de son grand-père, Blodwyn sentit un léger rire - amer et nostalgique - la prendre : sa famille lui semblait bien lointaine elle aussi. Et elle s’était toujours escrimée à faire en sorte de combler ces possibles manques chez Eamonn : jamais il n’avait rien oublié d’eux, avant cette foutue guerre : mais lui, même avant d’avoir oublié Blodwyn, de stupides détails tels que sa date d’anniversaire, il avait tout oublié de lui, du reste du monde. Elle ne doutait pas, quelque part, que s’il en avait eu l’occasion, il aurait pensé à son anniversaire à elle - il pensait toujours à elle. Il avait toujours pensé à elle. Ce temps doux et réconfortant était pourtant révolu ; passé, envolé. D’un oeil hagard, Blodwyn avait observé la bouteille que le jeune homme avait amené, remplissant les verres dans un espoir silencieux que l’alcool - aussi fort lui ferait-il tourner la tête - aurait pour délicieux effet d’atténuer ces songes parasites qui la ramenaient chaque fois un peu plus vers Eamonn. Egoïste traitresse à la mémoire de son fiancé, elle se sentait presque souhaiter que cette soirée en compagnie d’Elwood puisse l’éloigner un tant soit peu du lourd souvenir de son fiancé, la défaire de cette lourdeur qui faisait s’écraser ses volontés et son existence toutes entières. Penser à l’année à venir - la première qu’elle allait vivre dans cette nouvelle vie sans Eamonn dont elle ne voulait pas (elle ne pouvait s’empêcher de revenir à cette idée) ne l’aiderait en rien, certainement, mais Elwood s’avérait être une compagnie plus plaisante au moins que la solitude et/ou l’épaisseur de ses peines et remords. S’asseyant face au sorcier, Blodwyn tenta vaguement de se donner assez de prestance pour se faire digne hôte d’un invité qui n’en était pas vraiment un : aussi ardemment qu’il voulait fuir ce lieu, cette maison lui appartenait encore - il pouvait la chasser d’ici s’il lui en venait l’envie un jour, tout autant qu’il pouvait décider de vendre cette maison pleine de souvenirs poussiéreux et ainsi tourner une page douloureuse de son passé. Page qu’elle, elle serait bien incapable de tourner, lorsque les circonstances, le destin ou même un quelconque bonheur lui souriant à nouveau lui exigeraient de le faire. Elle ne le ferait pas - jamais ; Eamonn ferait toujours partie de sa vie, et ça la rendait plus misérable et malheureuse que tout le reste, tout autant que ça la remplissait de cette richesse hors du commun. Le verre levé, Blodwyn arqua un sourcil, dans un léger sourire de circonstances - sans doute ne l’avouerait-elle jamais à haute voix, sans doute qu’il n’avait ni le besoin ni l’envie de le savoir, mais la compagnie d’Elwood était réconfortante. « Il n’en tient qu’à toi, tu seras toujours le bienvenue chez toi, ne t’en fais pas. Et si je te fais malencontreusement sursauter à cause de ma tête de déterrée, jamais je ne te lancerai de sortilèges volontairement. » Ce soir elle avait failli, mais mieux ne valait pas remuer le couteau dans la plaie : il avait déjà sacrifié un cadre photo à cause de la bêtise (ou prudence) de Blodwyn : s’il s’avérait qu’un jour ce soient des Mangemorts qui égaraient leur chemin jusqu’à cette maison, elle tenait à être prête. Elle avait beau ne pas vraiment connaître le sorcier face à elle - et ne pas avoir la prétention de saisir un dixième de la personne qu’il était ainsi que du lourd passif qu’il transportait avec elle, la sorcière sentit malgré tout le naturel revenir au grand galop. C’était inavouable, ça lui semblait presque être une traitrise à l’adresse de la mémoire encore fraiche de son fiancé, mais beaucoup de traits de caractère chez son vis-à-vis lui rappelaient Eamonn.

Un vague sourire sur les lèvres, Blodwyn hocha légèrement la tête, n’osant dire mot pendant un moment : elle saisissait la pincée d’amertume, l’inquiétude cachée dans la voix du jeune homme. En avalant une gorgée de son verre, la jeune sorcière força un petit sourire, se penchant vers Elwood pour venir lui prendre la main au creux des siennes. « Je suis sure que tu n’as pas besoin de souhaiter ça au-dessus d’un verre d’alcool pour valoir quelque chose pour ton fils. » C’était Alice qui lui avait parlé du passif lourd d’Elwood ; de Lyse, cette femme qui l’avait abandonnée, de ce fils dont il avait découvert récemment l’existence - la guerre mettait des embuches sur bien des chemins, mais elle avait peut-être bien permis à Elwood de se connecter avec cette part de sa vie qui pouvait s’avérer être une récompense douce comme le miel, en des circonstances pareilles.« Pardon pour les paroles mielleuses, j’ai un peu entamé la soirée avant ton arrivée. » Elle plissa les yeux, sa langue glissant sur ses lèvres sèches avant qu’elle ne lâche un rire léger - indéniablement, l’esprit de la jeune femme était déjà quelque peu enivré par la picole, mais elle pensait ce qu’elle disait, bien qu’en temps normal, elle aurait probablement fait preuve de plus de tact - d’une main, elle se prit à caresser les doigts d’Elwood entre les siens, en des gestes d’affection qu’elle avait, pendant des mois, réservés à Eamonn. Aujourd’hui il n’était plus là, et il fallait croire que délivrer ces attentions anodines lui manquaient. « Tu as la tête du bon père de famille, crois-moi. » Conclut-elle avec un pincement d’amusement à la commissure de ses lèvres : venant d’une femme comme Blodwyn, ces paroles ne devaient pas signifier grand chose. Elle qui n’avait pas connu son père, qui avait eu pour seuls modèles d’équilibre et de figures parentales ses grands-parents. Dans cette ultime sentence, elle espérait au moins dérider le sorcier, afin d’abandonner les confidences secrètes et lourdes de sens : ce soir, il était sûrement venu voir la pauvre fille désespérée qu’elle était afin de se vider la tête et non pas de penser à ce fils qui venait de faire subitement son entrée dans sa vie. Son regard se brunissant alors qu’elle repensait à son questionnement, Blodwyn pinça les lèvres, lâchant enfin les mains d’Elwood pour venir reprendre son verre, l’entourer de ses doigts froids et avaler son contenu cul-sec. Fuir, c’était une chose qu’elle faisait très bien ces derniers temps ; maintenant, elle reportait toute possibilité de réponse. En attrapant la bouteille, elle se servit un nouveau verre, le regard happé par le liquide ambré coulant au fond de celui-ci. Elle ne savait pas ce qu’elle voulait - elle ne savait pas ce qu’elle pouvait attendre de cette année-là. Du reste de sa vie. Rien, plus rien, si ce n’est la lente et progressive disparition de son malheur, avec le vague espoir que d’ici sa mort, en repensant à Eamonn, elle sourirait en s’accrochant à tous les souvenirs heureux qu’elle avait avec lui, plutôt qu’aux rancoeurs, aux remords, aux peines qui empoisonnaient son coeur et meurtrissaient son âme. Toussotant légèrement, Blodwyn n’avait pas encore daigné observer Elwood, manquant d’approcher à nouveau son verre pour le vider d’une traite, se retenant, le liquide au bord des lèvres. « Qu’est-ce que tu crois que je pourrais attendre de cette année, à présent ? » Malgré elle, la lourde charge, semblable à du plomb, qu’elle portait sur ses épaules depuis tout ce temps, baignait sans voix d’un malheur palpable. Ses yeux clairs cherchèrent ceux du sorcier. « Je ne crois pas que j’ai de fils caché quelque part dans le pays auquel me raccrocher : et qu’est-ce que tu pourrais attendre de cette année, toi, sans lui ? Je veux dire... » Elle pinça les lèvres, cherchant ses mots : elle ne voulait pas le blâmer pour cette petite graine prometteuse de bonheur qu’il avait enfin dans sa vie. Elle l’enviait, mais elle aimait bien trop Elwood - paradoxalement - pour le détester pour ça. « Si tu étais seul, sans personne, sans avenir (parce que tu es une née-moldue ou parce que tu sors tout juste d’Azkaban, ça ne fait plus aucune différence aujourd’hui) qu’est-ce que tu pourrais vouloir ? » La mort ? Survivre ? Se venger ? Aucune de ces volontés là ne faisaient écho dans l’esprit de la jeune femme : elle était vide, juste un trou sans fond que seul l’alcool parvenait à remplir. Ou presque. Une âme bien piètre, en de telles circonstances : même la vengeance, aussi malsaine aurait-elle été, aussi noire aurait-elle transformé son âme, aurait été un désir plus constructif que ça. « Je... je voudrais pouvoir rentrer chez moi. Retrouver tout ce que j’ai connu avec Eamonn, m’accrocher à l’espoir que les souvenirs que j’ai avec lui puissent rester aussi intacts que ta maison l’a été, pendant toutes ces années. » D’un vague regard, elle observa les alentours pour souligner ses paroles. C’était un espoir vain, les Mangemorts et les rafleurs avaient sûrement mis leur maison à sac, parce qu’ils étaient considérés comme des fuyards, et qu’ils avaient eu besoin de réponses pour les retrouver. La lèvre frémissante à cette pensée, Blodwyn se força à ricaner, pour se donner un semblant de sourire, pour faire une vague illusion malgré les quelques larmes bordant le coin de ses yeux. Elle ne voulait pas pleurer - elle ne voulait plus pleurer. Ca ne servait à rien. « Mais je pense que je devrais me contenter d’espérer que tu prennes la résolution de rendre tes visites impromptues plus régulières. » Son sourire s’étendit vaguement, dans une tentative de regard complice à l’égard du sorcier. Elle leva à nouveau son verre, l’avalant d’une traite encore une fois - déjà sa peine en était illusoirement allégée.

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take my hand. take my whole life too - lay us down, we're in love. but i miss you more than i thought i would. and i'll use you as a warning sign that if you talk enough sense then you'll lose your mind. and i found love where it wasn't supposed to be, right in front of me - talk some sense to me.

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MessageSujet: Re: (blodwyn and elwood) ✲ stand by me.   Mar 9 Avr - 20:10


“ stand by me ”
say something awful as if fucking the world is your right and i watch you stumble drunk out into the night.
Blodwyn and Elwood
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Cette maison au beau milieu de la ville de Bloxam Creek, c’était le sanctuaire des souvenirs d’Elwood, la ville en elle-même en était un. C’était dans cette ville qu’il avait grandi. Avec ses parents, avec Sansa et avec Cersei. Cette ville, ça avait longtemps était son plus grand repère, cet endroit béni où il savait que, même dans les pires moment de sa vie, il trouverait aisément le réconfort dont il pourrait avoir besoin. C’était sa maison. Bien plus que Poudlard, ô combien il aimait ce château, c’était Bloxam Creek sa maison, cette ville vers laquelle ses pas finissaient inlassablement par le conduire à nouveau. Mais il y avait eu Azkaban. Le froid, la peur, la solitude, les ténèbres qu’il avait connus là bas, il avait pensé qu’ils pourraient les effacés en revenait à Bloxam Creek, il avait cru, à un moment que même après la prison, dans cette ville il retrouverait le réconfort qu’il avait toujours trouvé en venant ici. Mais ils n’avaient rien trouvés d’autre que des souvenirs laissés à l’abandon au beau milieu de la ville, sa maison d’enfance, la maison dans laquelle il s’était installé avec Lyse. Elles étaient désertes, usées par le temps parce que personne n’osait remettre les pieds dans ces maisons qui avaient été pendant trop longtemps, celles d’un meurtrier. Si la maison dans laquelle il avait vécu avec Lyse était à présent lavée de tout soupçon (tout comme ça personne, quoi que certains, continuaient de le voir comme un meurtrier en puissance), ce n’était pas le cas de la maison de son enfance. On l’avait libéré pour enfermer Sansa à sa place. On avait troqué un Harkness contre un autre, alors qu’il ne soit plus derrière les barreaux ne changeait rien. Cette maison si chaleureuse, lumineuse et réconfortante dans laquelle il avait grandi, c’était celle qui avait vu naitre une meurtrière. Une folle ayant un beau jour décidé de tuer un auror ainsi que le reste de sa famille. Il ne savait pas ce qui avait pu arriver à Sansa pour qu’elle tombe si bas, il ne savait pas l’influence qu’avait pu avoir leur oncle sur elle pour qu’elle en arrive à agir de la sorte, mais ça avait été aussi néfaste qu’un poison. Il n’y avait plus rien de bon à tirer de Sansa, il en était persuadé, il n’était pas du genre à penser qu’elle avait encore une chance de rédemption, qu’il devait la retrouver et l’aider parce qu’elle était sa sœur jumelle. Non, elle pouvait bien mourir, ça n’avait plus la moindre importance aux yeux d’Elwood. Il avait passé bien des années derrière les barreaux hostiles d’Azkaban à se construire en son fort intérieur une haine portée contre le reste du monde, une haine qui, contre sa sœur, ne semblait plus avoir de limite. Jamais il n’avait lancé le moindre sortilège de la mort, avant Azkaban, jamais il ne l’aurait seulement envisager, mais désormais, il avait la certitude de pouvoir en lancer un contre Sansa sans ressentir le moindre regret. À ses yeux, sa sœur était morte depuis bien longtemps. Il ne restait plus qu’un monstre ayant pris son apparence et après avoir causer sa chute, après avoir détruit sa vie en y prenant un malin plaisir, elle méritait qu’il ait cette envie folle de se venger sans même penser aux conséquences. Elle avait fait du tableau idéal de sa vie un véritable enfer, elle avait réduit ses plus beaux souvenirs en cendre et aujourd’hui, à chaque fois qu’il mettait les pieds à Bloxam Creek, il n’y voyait plus qu’un tas de cendres. Il n’y avait plus rien ici que des souvenirs auxquels il était bien trop attachés et qui ne cessaient de briser encore et encore, ce qu’il restait de son cœur.

Pourtant, c’était de plus en plus fréquent qu’il vienne à Bloxam Creek ces derniers temps. Cette ville qu’il avait tant de fois voulu fuir quand il s’était aperçu que là bas il n’y avait plus rien pour lui qu’un passé devenu douloureux. C’était pour Blodwyn qu’il revenait, encore et encore. Elle le méritait, elle était là, seule à se noyer dans sa souffrance et c’était quelque chose qu’Elwood ne pouvait que comprendre. Ce n’était pas nécessaire de vivre entouré de détraqueurs pour être plongés dans les méandres du désespoirs. Les détraqueurs arrivaient très bien à créer ce sentiment sur les prisonniers d’Azkaban, leur donnant cette impression que la vie elle-même n’avait plus le moindre intérêt, que le bonheur était une notion qu’ils ne seraient plus jamais en mesure de connaitre. Même sans l’aide de ses infâmes créature, c’était ce même genre de sentiments que devant ressentir Blodwyn depuis la mort de son fiancé et c’était quelque chose qu’elle n’avait pas à endurer toute seule. La solitude n’aidait en rien dans ce genre de situation, ce n’était pas pour rien que beaucoup de prisonniers à Azkaban finissait par être fou. À la dépression, s’ajoutait le froid et la solitude. Rien qui ne puise les aider. Ça avait brisé Elwood et sans doute qu’il était trop tard pour lui, mais il n’était pas trop tard pour Blodwyn. Se noyer dans l’alcool n’était sans doute pas la meilleure solution face à son problème, c’était cependant la seule chose qu’il avait à lui offrir. Il pouvait lui offrir de la compagnie, une oreille attentive pour qu’elle déverse ses malheurs, mais finalement, le plus réconfortant dans tout ça (selon Elwood en tous cas), ça restait l’alcool. Un léger sourire traversa le visage du sorcier suite à la réplique de la jeune femme. Il était vrai que les dates, ça n’avait jamais été son fort à lui non plus, même avant Azkaban. « Heureusement que je ne me suis jamais marié finalement. Ça aurait facilement pu être le genre de phrase que j’aurais prononcé un jour. » Il s’imaginait plutôt bien des années plus tard poser ce genre de question à Lyse. Mais il ne l’avait pas épousée. Il avait pourtant préparé le mariage, fixé une date dont il ne se souvenait plus, un jour qu’il avait de toute évidence passé derrière les barreaux de sa sombre cellule. Blodwyn était avec Alice, l’une des rares personne à pouvoir lui arracher des sourires, léger, mais sincères. Une nouvelle fois, il lui en adressa un. « Merci c’est gentil. La tête de déterrée, faut pas t’en faire. Tu as toujours meilleure allure que moi. » Ce n’était pas difficile. Au moins elle, elle pouvait déprimer autant qu’elle voulait, être négligée à souhait, sa féminité restait un atout pour son physique. Elle n’avait pas besoin de se préoccuper d’une barbe qui pourrait recouvrir ses joues. Lui, s’il ne ressemblait pas encore à Dumbledore dans ses jeunes années (quand il n‘avait pas encore la barbe blanche), c’était parce qu’Alice lui faisait bien souvent comprendre qu’il était temps qu’il se passe un coup de rasoir sur les joues. Ça faisait meilleur effet sur la clientèle d’après elle. Elle n’avait sans doute pas complètement tord. Il lui devait un tas de choses à Alice, y comprit cette chance qu’il avait de ne pas ressembler complètement à un clochard.

Les deux sorciers avaient trinqués, en l’honneur de cette nouvelle année qui commençait plutôt mal. Elle lui avait demandé ce qu’il souhait pour cette nouvelle année. c’était compliqué, il ne savait pas trop ce qu’il voulait à présent. Il ne pouvait plus souhaiter retrouver sa vie d’avant, mais il pouvait au moins espérer qu’un jour, il aurait le courage de faire un pas en avant. Un pas vers son fils. Les paroles - mielleuse d’après elle - de Blodwyn étaient presque réconfortantes. Il ne savait pas s’il pourrait avoir un jour l’étoffe d’un père, il ne savait pas si un jour il réussirait à en être un, mais apparemment, Blodwyn pensait que c’était possible. « C’est gentil. J’espère que j’aurais un jour un peu plus que la simple tête d’un père. » La fibre paternelle n’était pas à la portée de tout le monde et Elwood avait bien l’impression que ce n’était pas fait pour lui. Pas après ce qu’il avait traversé. Même quand il regardait derrière lui, avec Sansa et Cersei, il n’avait pas assuré. La preuve, il n’avait plus aucune nouvelle de Cersei et Sansa était devenue un monstre. Il n’avait pas été un grand-frère parfait. Il ne serait jamais un père parfait. C’était un genre de certitude ancrée au plus profond de son âme. Sans doute aurait-il du éviter de lui renvoyer son questionnement. Évidement qu’elle ne voyait pas l’avenir d’un bon œil. Elle venait de perdre la personne à laquelle elle était le plus attachée, son fiancé. « Je suis désolé. J’aurais pas du poser cette question. » Il baissa les yeux vers la table un court instant. Elle avait tout perdu, elle était recherchée par le ministère parce qu’elle était née-moldue, elle risquait la prison pour une raison complètement indépendante de sa volonté, la vie devait lui paraitre bien fade. Il releva finalement le regard vers la sorcière après un léger soupire. « Je rendrais mes visites plus régulières alors, je te le promet. » Il lui adressa un nouveau sourire. Si ça pouvait l’aider, il pouvait bien faire un effort, arpenter plus régulièrement les rues de cette maudite ville. « Tu sais, je pense que ce serait débile de se dire que ton fiancé, il aurait voulu que tu continues à vivre, que tu sois heureuse, même sans lui. Ce genre de discours tout fait qu’on sort aux gens en deuil. » Il ne connaissait pas son fiancé, alors il était mal placé pour juger de ce que cet homme aurait voulu pour elle. Mais s’il l’aimait, il aurait peut-être souhaiter quelque chose de ce style. « Juste, si tu dois trouver une bonne raison de continuer, essaie que ce soit en faisait en sorte que son sacrifice ne soit pas vain. » Son fiancé était mort pour qu’elle puisse s’en sortir. Elle était seule, c’était quelque chose de compliqué, il ne le savait que trop bien, malheureusement. Mais s’il avait donné sa vie pour elle, ce serait injuste de ne pas lutter pour continuer à survivre ô combien ça pouvait être dur. Il termina son verre avant de se pencher légèrement sur la table afin d’attraper la main de la jeune femme, son regard plongé dans le sien. « Et puis, tu n’es pas seule. » Elle pouvait avoir l’impression de l’être, parce que tout son monde c’était cet homme qui à présent était mort. Elle avait toutes les raisons du monde de se croire seule au milieu de cette maudite guerre, mais elle ne l’était pas. Il était là lui et il y avait Alice, peut-être qu’ils n’étaient pas grand-chose comparés à son grand amour, mais tout deux voulaient l’aider et tout deux feraient de leur mieux pour qu’elle survive à cette guerre et qu’elle arrive un jour à se sentir un peu mieux.

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lalalala citation ici.
des paroles par là. — titre de la chanson.
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≡ âge du perso : vingt-six ans.
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≡ son emploi : auparavant, elle travaillait à la ménagerie magique, désormais, elle est une fugitive.
≡ statut de sang : c'est une sorcière de sang-pur, d'ces sang-pur qu'on estime traitres pour ne pas se croire au-dessus des autres.
≡ sa maison : elle était chez les gryffondor; elle n'a pourtant jamais cru en son courage.
≡ sa baguette : baguette en bois de cyprès, avec une plume de phénix pour cœur, elle est spécialisée en métamorphose, et mesure approximativement vingt-sept centimètres.
≡ son patronus : il prenait la forme d'un geai, mais désormais elle ne peut plus en produire. rien d'autre qu'un vague amas argenté.
≡ son amortencia : la potion a toujours eu la senteur du grand air, un parfum d'ébène au creux de ses cheveux et du vieux bois.
MessageSujet: Re: (blodwyn and elwood) ✲ stand by me.   Mar 16 Avr - 20:52


it's like a dark paradise
blodwyn brownstein & elwood r. harkness
« in the end, i guess they just break our hearts. »

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Il n’y avait pas d’horizon. Pas d’avenir à voir à chaque nouvelle aube pour Blodwyn. A chaque levé de soleil, elle se contentait de vivre – survivre une journée de plus, terrée au milieu de nulle part, comme une souris désespérée trouvant refuge dans un pan de monde. Sa vie ne rimait à rien, son esprit tournait en boucle sur des souvenirs tous plus insoutenables les uns que les autres : peu à peu, les réminiscences joyeuses qu’elle gardait d’Eamonn étaient faites d’hypothèses amères, de et si on avait fait les choses différemment, de cette tristesse semblable à un gouffre sans fond. Sa mémoire était annihilée, peu à peu les bribes d’espoir qui la faisaient sourire jusque-là, s’avéraient réduits en cendre au fond du cœur de la sorcière. Il n’y avait plus rien, plus aucune raison d’avancer, de reculer, de se souvenir ou d’espérer. Restait encore au fond de son esprit, des choses qu’elle n’avait pas encore dites et des réalités qu’elle ne parvenait pas à accepter. Elle était seule et c’était déjà une bien assez lourde observation sur sa vie quand bien même les douceurs d’Alice, les visites impromptues d’Elwood pouvaient parfois l’arracher à sa torpeur : ici, elle était seule, tout autant seule que dans les méandres de ses songes qui ne lui appartenaient qu’à elle, et qui ne pouvaient être retranscrits par la voix. C’était inavouable, impossible à nommer, ce sentiment de vide, d’inutilité dans un monde qui devenait alors trop vaste. Ni Elwood ni Alice au moins, n’essayaient de la mettre au pied du mur, ou d’exposer devant ses yeux, la triste réalité des choses : ils la protégeaient, peut-être parce qu’ils avaient pitié de la pauvre pleurnicheuse qui était venue les trouver au milieu de la nuit – ou parce qu’ils se préoccupaient vraiment d’elle, du sort funeste et inavouable qu’avait connu Eamonn. Ce n’était que fébrilement que les mots passaient ses lèvres lorsqu’il s’agissait d’avouer ce qui avait brisé sa vie, lorsqu’il s’agissait de comprendre qu’elle avait perdu Eamonn pour de bon ; que jamais plus il ne reviendrait, que jamais plus ils ne seraient ensemble – que jamais plus, même après cette guerre, elle ne le reverrait. Encore son esprit ne s’était pas fait à ces songes-là, elle continuait de frissonner parfois à le croire juste là, quelque part, bel et bien vivant sur cette planète – quelques fois le matin, sans qu’elle n’ose l’avouer à qui que ce soit, elle avait l’impression de sentir ses doux baisers la réveiller, sa voix souffler au creux de son oreille, caresser sa peau comme elle s’y était tant habituée, les années faisant. La vie était la tortionnaire la plus cruelle qui soit : celle qui lui avait offert son fiancé, qui avait fait que le chemin de Blodwyn Brownstein croise celui d’Eamonn Oswald-Appleby, pour le pousser à faire les pires erreurs qui soient, l’aimer certes, mais le pousser à la mort. Peut-être était-elle porteuse d’une quelconque malédiction, qui finirait tôt ou tard par lui prendre tous les gens auxquels elle tenait – peut-être survivrait-elle à chacune des personnes qu’elle connaissait : ses parents, Eamonn, Elwood, Alice, Alaric, Rose… Tous ceux dont les images, les paroles tournaient encore dans sa tête : Alice, à Pré-Au-Lard, semblait être assez intelligente pour ne pas franchir les limites dangereuses de cette guerre, tout comme Elwood, qui s’en empêchait surtout par orgueil, un orgueil qu’il ne laisserait pas tomber de sitôt. Pour les autres, elle savait déjà que c’était différent, Alaric avait disparu du jour au lendemain de ce qu’elle avait entendu dans les radio pirates, si souvent elle avait dû se faire bataille pour ne pas poser un pied à Londres, à proximité de Sainte Mangouste dans l’espoir d’y voir quoique ce soit de familier, de rassurant autre que la présence d’Eamonn. Rose… Rose quant à elle jouait éperdument avec le feu, et les quelques fois où Blodwyn avait évoqué la jeune sorcière, elle avait eu malgré tout le réflexe de regarder un éclair de tristesse, de peur, voiler le regard d’Alice. Cette guerre imposait son lot de difficultés à chacun, les siennes cependant, semblaient insurmontable – elle ne voulait pas vivre, elle ne voulait pas survivre si c’était pour voir tous les autres autour d’elle mourir : travailler à l’hôpital sorcier l’avait aidée à avoir un certain détachement vis-à-vis de telles circonstances, mais perdre Eamonn avait ravivé de vieilles braises à peine endormies, que personne n’était à même de pouvoir apaiser à nouveau. Rien, personne, hormis un dessein dont elle n’avait pas encore saisi l’essence ou l’utilité.

Dire qu’Elwood et Alice, par leur douceur, leur prévenance allégeaient sa peine n’était qu’un fieffé mensonge, dont elle ne voulait pas avouer les travers retords : ils étaient là pour elle, constamment, à bien souvent lui rendre visite, veiller sur elle comme s’ils veillaient sur une enfant. Elwood la protégeait ici, en lui cédant cette maison débordante de souvenirs, et Alice lui apportait soutien, cet amour quasi-maternel dont elle avait toujours transpiré : pour Rose, pour elle. C’était toujours ainsi que la jeune femme avait endossé la vie, Blodwyn l’avait maintes fois admirée pour cela, et c’était aujourd’hui qu’elle se rendait compte qu’elle, elle était incapable de dégager quoique ce soit d’aussi pur, d’aussi positif de la mort d’Eamonn : tout n’était pour elle qu’amertume, acidité au fond de sa gorge – elle avait aimé Eamonn (elle l’aimait toujours) plus qu’elle n’aurait été capable d’aimer qui que ce soit, mais il s’avérait qu’elle était tristement incapable d’honorer la mémoire de leur amour, si ce n’est en pleurant, pleurant jusqu’à en perdre la tête. Avouer qu’ils ne l’aidaient en rien à panser ses plaies, qu’ils ne faisaient que lui apporter un éphémère et superficiel sourire, là où sa tristesse était profondément ancrée à travers chaque fibre de son corps, ce serait briser quelque chose, dans tout ce qu’ils se donnaient de la peine à faire. Ce serait ne pas rendre justice aux mille tentatives qu’ils accomplissaient pour l’aider à se relever. La réalité s’ouvrait parfois à ses pieds, en de fugaces secondes vertigineuses : jamais elle ne se relèverait, jamais elle ne serait capable d’aimer comme elle avait aimé Eamonn, jamais elle ne serait capable de désirer quoique ce soit de la vie si c’est sans lui. Elwood avait sûrement traversé une part du désert aride dans lequel elle se perdait à présent : lui, il avait surmonté Azkaban avec l’unique pensée d’être innocent – envers et contre le reste du monde ; pour découvrir, à sa sortie, que survivre n’avait rimé à rien, que le monde avait continué de tourner sans lui, que peu à peu, il n’était devenu qu’un souvenir s’éteignant à certains esprits. Eamonn finirait lui aussi par s’effacer de bien des songes – pas de ceux de Blodwyn, jusqu’à la mort, elle porterait le souvenir de celui-ci gravé au fond de son cœur, jusqu’à la mort, elle garderait son nom au bord des lèvres. Porter ça aujourd’hui, la vidait de toute son énergie ; l’alcool lui permettait de tout blâmer sur ces maux de société : boire tue, boire rend alcoolique, désespéré jusqu’aux tréfonds de l’être. Ne l’était-elle pas déjà ? Elle esquissait quelques rares sourires, qui faisaient bonne figure – celui qu’elle tentait s’éteignit aux paroles de son interlocuteur – heureusement qu’il n’était pas marié, était-ce encore l’amertume qui le faisait parler ? Finalement, ils n’étaient pas si différents l’un de l’autre, Blodwyn se perdait parfois à penser que son deuil serait plus lourd encore si elle avait été mariée à Eamonn. Mais ça ne changeait rien, l’amour s’avérait être un sentiment tout aussi dévastateur, avec une alliance au doigt ou non. « Au moins, tu aurais été heureux. » Ces mots avaient franchi la barrière de ses lèvres sans qu’elle ne se contrôle, l’œil dans le vide, le geste suspendu à ses pensées : qu’Eamonn oublie leur date de mariage n’aurait eu aucune importance ; jamais. Elle aurait su que ça n’entachait en rien l’ardeur avec laquelle il avait été prêt à vouer sa vie à elle, à eux. Heureux, le bonheur ne tenait à pas grand-chose, et le leur avait été piétiné par le destin, ce salaud qui s’était définitivement acharné contre eux ; lorsque cette idée germa à son esprit, elle chercha le regard – presque complice et réconfortant – d’Elwood : il connaissait sa peine, une part de celle-ci en tout cas. Tous les deux, étaient entourés certes, mais plus seuls que jamais. Alice devait avoir une profonde affection pour les âmes désespérées, à en voir autant graviter dans sa vie – même le fameux Tristan dont Blodwyn avait vaguement entendu le nom percer dans la nuit, semblait être tout autant un déchet à l’humanité qu’eux deux : il pouvait toujours les rejoindre à leur table, autour d’un verre, l’année à venir allait être tout aussi longue pour chacun d’entre eux. Ils étaient tous les deux des cas désespérés – et heureusement quelque part, car les seuls cas qui n’étaient pas désespérés en ces temps, étaient ceux des pourris qui tuaient, trahissaient les autres, ou ceux des Mangemorts qui faisaient bien pire encore, affichant une soi-disant idéologie malsaine pour expliquer leurs actes.

Lorsqu’elle aventurait ses pensées jusque-là, elle ne pouvait s’empêcher d’avoir un coin d’esprit réservé à la famille détestable d’Eamonn – ceux-ci devaient avoir oublié leur fils, leur frère au point de célébrer sa mort comme celle d’un ennemi, si tant est que la nouvelle soit arrivée jusqu’à eux. Maintenant qu’elle était seule, que même le merdique statut de sang-pur de son fiancé n’avait pas suffi à le protéger, elle les détestait plus que jamais. A tout cela, ces tourbillons de haine et de colère sans fin, les présences de ses amis pouvaient au moins éveiller en elle assez de douceur, d’empathie pour lui rappeler qu’elle avait encore une âme, une âme si belle qu’Eamonn en était tombé amoureux, une âme qui, elle, avait été capable de lui rendre son amour à sa juste valeur. Il s’avérait cependant qu’elle n’était pas tant que ça capable de bien choisir ses mots, la réalité lui éclata au visage aux réponses d’Elwood mais, comme pour se défendre, elle donna un léger coup de poing contre l’épaule du sorcier, se penchant légèrement sur la table pour l’atteindre, de l’autre côté. Le regard faussement outré, elle arqua un sourcil, tentant un vague sourire. « Ne fais pas l’idiot. J’ai dit que tu ferais un bon père, avec ta tronche et au-delà. Y’a indéniablement une chose que tu ne sais pas à mon sujet, c’est que je ne suis vraiment pas le type de fille à trouver des réponses réconfortantes aux problèmes des autres. » Elle avait baissé les yeux, parlant dans sa barbe alors que la réalité la rattrapait : toujours, elle avait eu besoin d’Alice pour l’épauler, l’aider à avancer. Puis il y avait eu Eamonn, qui l’avait bien supportée pendant des années également – seule, elle n’était pas capable de grand-chose – pas même de convaincre Elwood qu’il pouvait faire un père acceptable, c’est dire (même s’il n’y mettait pas du sien) : son esprit avait beau sans cesse remettre en question chacun des songes qui y naissaient, elle ne parvenait qu’à peine à effleurer l’idée de changer quoi que ce soit à sa vie. Elle aurait pu apprendre de ses erreurs, mais elle se sentait incapable de surmonter quelque difficulté en ce moment. La preuve criante en était le désespoir qui filtrait à travers son visage à chaque fois qu’Eamonn revenait voiler son regard, à chaque fois que ce nom, l’idée de son souvenir venait hanter l’existence autour d’elle – elle n’en avait que rarement parlé et toujours, Elwood et Alice avaient respecté son silence. Elle gardait des tonnes de choses à l’esprit, qu’elle ressassait encore et encore – qui finiraient par la tuer, si elle continuait ainsi : extérioriser le tout serait la clé, mais elle ne savait pas encore comment. Rien ne semblait sain, rien ne semblait valoir la peine. Malgré elle, le jeune homme en face d’elle saisit bien vite ses songes sauvages, et elle sentit ses joues s’empourprer quelque peu sous la gêne glissant sous sa peau. Mâchoires crispées un instant, Blodwyn se prit à culpabiliser d’exposer aussi ouvertement, avec des mots, le désespoir qui l’habitait : elle finirait par plomber l’ambiance entre eux (presque festive) si elle continuait ainsi. A ce rythme-là, Elwood ferait tout l’inverse que de rendre ses visites plus fréquentes, il fuirait la pauvre sorcière désespérée, qu’elle devenait au fil du temps. A son sourire rassurant, elle n’eut qu’à peine la foi de répondre, une esquisse se traçant à la commissure de ses lèvres avant de s’évanouir : Elwood parlait, cherchait les mots. Mais la vérité était là, le sacrifice d’Eamonn avait été vain, vain parce qu’il avait été commis dans une guerre qui ne les concernait pas, de laquelle ils pâtissaient parce qu’il avait fallu trouver des victimes au Mage Noir pour asseoir sa terrifiante autorité : elle était une née-moldue, voilà la raison pour laquelle son fiancé était mort – quel sacrifice pouvait être honorable sous des prétextes aussi stupides ? Il fallait qu’elle continue d’avancer. Continue d’avancer. D’un regard, elle perdit ses prunelles dans les yeux de son vis-à-vis, son visage restant silencieusement neutre – l’air se tendait entre eux, elle tentait vaguement d’avoir un sourire, mais elle sentait au fond de sa poitrine chaque pulsation de son cœur se faire plus douloureuse que la précédente. « Merci. » Souffla-t-elle vaguement, tentant de ne pas faire voir au sorcier qu’elle n’était qu’à moitié convaincue par ses paroles – rien ne la persuaderait jamais, de s’accrocher à une vie sans Eamonn. Doucement, elle avait caressé la main d’Elwood, celle qui s’était emparée de la sienne, mais bien vite, elle lâcha cette infime tendresse pour rattraper le froid de la bouteille, remplir son verre ainsi que celui du jeune homme. « Je ne pense pas que tu sois venu pour voir la veuve désespérée pleurer sur ton épaule. On devrait parler de quelque chose d’autre… » N’importe quoi. L’amertume s’imprima furtivement sur les traits de la rousse. Il était là, lui, et paradoxalement, elle souhaitait s’y accrocher plus encore qu’elle ne s’était accrochée à Eamonn – parce qu’elle ne voulait pas se retrouver faire fuir les gens à cause du malheur qu’elle traînait derrière elle comme un boulet. « Tu sais, au final je me dis que j’aimerais bien aller… prendre l’air. » Comme elle l’avait fait avec Eamonn, imprudemment, le soir de Noël – elle voulait respirer le parfum de la neige et de l’hiver, la possibilité naïve de vivre sans conséquence, avec juste une bouteille d’alcool et toute la folie du monde. Si on devait l’arrêter, qu’il en soit ainsi. « Parce que tu vois, plus je reste dans cette maison, plus je pourrais te poser des questions totalement déplaisantes sur tout ce dont tu ne veux pas parler. » Tenta-t-elle dans un sourire pour faire taire toute protestation de la part du sorcier – il faisait déjà bien noir, ils ne risqueraient rien à s’engager à quelques pas de la maison avec une bouteille. Elle emporta d’ailleurs celle devant elle, faisant signe au jeune homme de la suivre.

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≡ son amortencia : ....
MessageSujet: Re: (blodwyn and elwood) ✲ stand by me.   Dim 28 Avr - 0:49


“ stand by me ”
say something awful as if fucking the world is your right and i watch you stumble drunk out into the night.
Blodwyn and Elwood
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Aussi loin qu’il se souvienne, Elwood n’avait jamais ressenti la douleur de la perte d’un être cher. La véritable perte. Ce moment où on réalise que plus jamais on ne reverra cette personne, plus jamais on entendra sa voix. Des gens, il en avait perdu, mais ils étaient encore vivants, quelques parts, ils avaient juste choisi de fuir, la guerre, lui, il ne savait pas trop ce qu’ils fuyaient, mais le fait été qu’ils fuyaient. Il n’avait pas forcément envie de les revoir à présent, il avait nourrit envers eux trop d’amertume et de rancœur ses derniers mois, mai il savait que si l’envie lui prenait, que si les choses s’arrangeaient, il pourrait toujours retourner vers eux, parce qu’il ne les avait pas définitivement perdu. Ils n’avaient pas été emporté par la mort et c’était quelque chose dont il pouvait presque se réjouir, même s’il semblait détester presque chacune des personnes qui avaient fait parti de son passé, il préférait les savoir vivantes. Hormis peut-être Sansa dont il aurait particulièrement apprécier apprendre le décès. Il connaissait la solitude, l’impression d’être brisé, la sensation que chaque nouveau jour était vain et ne méritait pas d’être vécu, mais il ne connaissait pas cette peine, ce sentiment de savoir pertinemment que plus jamais il n’aurait l’occasion de revoir la personne aimée. C’était quelque chose qu’il ne savait pas gérer, parce qu’il ne l’avait jamais connue. Il voulait aider Blodwyn à aller de l’avant à vivre malgré ce sentiment qui devait très certainement déchirer son cœur, suffisamment pour qu’elle soit vidée de tout espoir, de toute motivation pour continuer à exister dans ce monde, où, elle le savait celui qu’elle aimait ne serait plus jamais à ses côtés. Il y avait des ruptures difficiles, des séparations frustrantes, comme ce qu’il avait connu avec Lyse, mais le pire de tout c’était très certainement ce que Blodwyn devait traverser. Azkaban avait considérablement affaibli les capacités empathique d’Elwood, si bien qu’il pouvait regarder la guerre depuis la librairie d’Alice, sans même sourciller, il avait l’air de n’avoir que faire de cette guerre qui détruisait le monde devant ses yeux et pourtant, devant Blodwyn, il ressentait un pincement au cœur, une envie de faire tout con possible pour alléger un tant soit peu cette peine. Sans doute pas la faire disparaitre, il avait la sensation que c’était impossible, qu’elle vivrait toujours avec cette peine au fond de cœur, même si elle passait à autre chose, même si elle refaisait sa vie avec quelqu’un d’autre, il y aurait toujours cette peine en elle. Cependant, il espérait au moins pouvoir l’aider à devenir un peu moins forte, un tout petit peu, si seulement c’était possible. Il pensait qu’il avait perdu tout son altruisme derrière les barreaux d’Azkaban et pourtant Blodwyn était la preuve que ce n’était pas le cas. Sans le savoir, elle, elle l’aidait, elle l’aidait à retrouver des parcelles de son humanité qui semblaient lui avoir complètement échappé. Elle le remettait sur la bonne voie sans même s’en rendre compte et pour ça, il aurait voulu pouvoir retourner ciel et terre afin de l’aider en retour. Il n’en était pas capable, parce que, quoi qu’il fasse il avait l’impression que ce n’était pas assez, que c’était inutile. Elle avait perdu son fiancé, l’amour de sa vie, celui qui était parti à ses côtés pour la protéger, il était mort pour elle. Même la plus puissante des magies ne pouvait pas l’aider à vivre avec ça, alors Elwood au fond, qu’est-ce qu’il y pouvait ? Il n’en savait rien, mais il avait décidé de tenter sa chance, il avait choisi de la protéger, même si ça devait le mettre en danger et il voulait lui tenir compagnie aussi souvent que possible, parce qu’il savait bien que la solitude n’arrangeait en rien les douleurs. Au contraire, elle ne faisait que les renforcer. Alors, s’il ne pouvait pas faire grand-chose pour qu’elle se sente mieux, il pouvait au moins essayer de ne pas la laisser s’enfoncer d’avantage dans sa peine.

Il avait trop longtemps eu l’impression qu’il n’en sortirait jamais. A Azkaban alors que les jours étaient, longs, interminables, que les secondes s’écoulaient à la vitesse des heures, il avait eu l’impression que jamais il ne retrouverait un semblant de bonheur. C’était ce à quoi servaient les détraqueurs. La prison faisait déjà son effet. Par principe, être enfermé derrière des barreaux ça n’avait rien de très réconfortant, ensuite c’était Azkaban, sombre, humide, située au milieu de nulle part, il y faisait froid, toujours. La dernière pièce du puzzle c’était les détraqueurs, ils glaçaient l’atmosphère déjà bien froide et ils venaient gâcher chaque moment où un instant heureux revenait en têtes des détenus, à croire qu’ils n’avaient même plus le droit de se raccrocher aux souvenirs d’une vie où ils avaient été heureux. Ils leur prenaient tout, les plongeant dans leurs pires souvenirs. Le bonheur n’existait plus là pas. Pas plus qu’il n’avait existait pour Elwood à sa sortie. Il n’y avait eu que Meera-Louise pour l’accueillir. Pas de famille, pas de fiancée, juste une amie. Alors forcément, le bonheur lui avait vite semblait être tout aussi loin de lui dehors que dedans. Il avait perdu Meera-Louise également. Incapable de garder auprès de lui le peu de personne qui lui restait, il avait fallu qu’il l’envoie chier de la pire façon qui soit. il avait au moins rencontré Alice et puis il y avait toujours Cedrella et maintenant Blodwyn mais sa vie d’avant était bien loin de lui. Il n’y avait plus de mariage à l’horizon, pas de vie parfaite telle qu’il l’imaginait alors il ne pouvait s’empêcher de se montrer amère face au bonheur qu’aurait pu constituait ce mariage dont il avait tant rêvé, de toute évidence, vu comment Lyse l’avait laissé tomber, il n’aurait pas été construit sur de bonnes bases. Alors il haussa les épaules, pas convaincu qu’il aurait pu être heureux dans son mariage. « Peut-être. » Il n’assista pas d’avantage, parler de mariage n’était sans doute pas une bonne idée. Celui de Blodwyn était également tombé à l’eau. Jamais elle n’épouserait l’homme auquel elle s’était promise. Jamais elle ne connaitrait cette merveilleuse journée qu’était censée être celle du mariage, pas avec Eamonn en tous cas.

Se noyer dans l’alcool, ça représentait une solution efficace pour annihiler, momentanément, toutes les douleurs possibles inimaginable. C’était quelque chose qu’il avait appris après sa sortie de prison. Il avait commencé à boire, alors même que c’était quelque chose qu’il ne faisait que très rarement avant. Maintenant, sans être quotidien, ça restait particulièrement régulier. Il savait que ce n’était pas une solution, il savait que c’était plus dangereux qu’autre chose, mais il s’en fichait, ça lui faisait du bien, et après avoir traversé l’enfer, il prenait volontiers tout ce qui était capable de lui faire du bien. Il en allait sans doute de même pour Blodwyn. L’alcool la réconfortait peut-être un peu alors elle choisissait de se noyer dedans, parce que ce n’était pas seule solution pour oublier, même un court instant, toute la peine qui s’abattait sur elle. Aujourd’hui puis que jamais, ils avaient le droit de boire. C’était le nouvel an après tout. Il laissa échapper un léger rire alors qu’elle s’était penchée pour le frapper. « Je suppose qu’on s’est bien trouvés alors. Je doute d’être beaucoup plus doué que toi. » Il lui adressa un léger sourire. Il ne savait pas si, depuis qu’il l’avait rencontrée, il avait réussi à la réconforter un tant soit peu. Il en doutait fortement, pas par ses paroles en tout cas, parce que ce n’était pas quelque chose qu’il maitrisait bien au contraire. Il était plutôt du genre à parler avec rancœur et amertume, ce qui en général n’était pas fait pour réconforter. Il s’y tentait pourtant, essayant de trouver les mots justes pour l’aider, mais il avait bien conscience que ses paroles ne l’aidait pas plus que ça. A moins d’un miracle, il ne voyait pas vraiment ce qui pouvait vraiment l’aider. Pourtant, il avait dit ce qu’il avait à dire et il lui adressa un sourire alors que ses remerciements ne voulaient sans doute rien dire. Elle n’avait pas besoin de le remercier, il n’avait rien fait. Juste balancé des mots qui n’allaient certainement pas l’aider à oublier sa peine. Il haussa ensuite les épaules, attrapant le verre qu’elle lui avait resservi pour en avaler rapidement le contenu. « On peut parler de ce que tu veux Blodwyn. » Il était prêt à l’écouter, quoi qu’elle ait envie de lui dire, il voulait bien l’écouter, même si elle voulait qu’ils se mettent à parler de la pluie et du beau temps ça lui conviendrait parfaitement. Il acquiesça à ses paroles, si elle voulait prendre l’air très bien, ça lui allait parfaitement. Dans cette maison ou dehors, pour lui c’était du pareil au même, c’était son passé qui défilait devant ses yeux sans qu’il ne puisse le saisir à nouveau tant il était loin à présent. Il se leva alors de sa chaise, prêt à suivre la jeune femme à l’extérieur. « Très bien. Évitons les questions déplaisantes alors. » Il lui adressa un sourire avant de retourner dans le hall pour récupérer son manteau qu’il avait laissé là bas. « Couvre toi, il fait vraiment froid ce soir. » Il l’avait vite ressenti quand il avait transplané jusqu’à la petite ville, en même temps, c’était l’hiver. « Tu sais ce qu’on devrait faire ? Trouver un coin où on pourra admirer les feux d’artifices moldus. Ça fait des années que je n’ai pas vu un feu d’artifice. » C’était coutume de tirer des feux d’artifices pour le nouvel an, chez les moldus comme chez les sorciers, mais du côté sorcier, cette année, ce n’était pas la peine d’y penser, dans ce monde là, c’était la guerre, pas le temps de s’occuper de ce genre de futilité. En revanche chez les moldus, tout encore calme et tranquille, mais ça n’avait pas toujours été le cas, chaque monde avait ses guerres.

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lalalala citation ici.
des paroles par là. — titre de la chanson.
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≡ son emploi : auparavant, elle travaillait à la ménagerie magique, désormais, elle est une fugitive.
≡ statut de sang : c'est une sorcière de sang-pur, d'ces sang-pur qu'on estime traitres pour ne pas se croire au-dessus des autres.
≡ sa maison : elle était chez les gryffondor; elle n'a pourtant jamais cru en son courage.
≡ sa baguette : baguette en bois de cyprès, avec une plume de phénix pour cœur, elle est spécialisée en métamorphose, et mesure approximativement vingt-sept centimètres.
≡ son patronus : il prenait la forme d'un geai, mais désormais elle ne peut plus en produire. rien d'autre qu'un vague amas argenté.
≡ son amortencia : la potion a toujours eu la senteur du grand air, un parfum d'ébène au creux de ses cheveux et du vieux bois.
MessageSujet: Re: (blodwyn and elwood) ✲ stand by me.   Lun 20 Mai - 2:00


it's like a dark paradise
blodwyn brownstein & elwood r. harkness
« in the end, i guess they just break our hearts. »

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C’était un fardeau dont une autre Blodwyn, d’une autre époque, aurait préféré se débarrasser bien vite. Cette peine, glaciale et logée au fond de ses entrailles, semblable à la fois à une infinie torture, parcourant ses veines, chaque parcelle de son corps, et semblable à un vide sans fond, un puits qui n’avait jamais de fin, qui la happait irrémédiablement, la recrachait toujours plus épuisée que jamais, pour la ravaler à nouveau. Et ainsi de suite. Difficile d’imaginer que, fut un temps, Blodwyn Brownstein avait été une jeune femme pleine de vie, si souriante qu’elle éclairait ces temps de guerre, cette fuite insatiable qu’ils avaient connue, Eamonn et elle. Heureusement pour elle, Alice était un bon témoin pour retranscrire au monde ce qu’elle avait été autrefois, une jeune fille de Serdaigle volontaire et discrète, dont peu de choses pouvaient entamer l’optimisme. Peu à peu, avec cette guerre, cette femme-là s’était éteinte, comme une flamme mourant sous l’asphyxie d’un verre posé sur elle ; Eamonn seul avait été la présence à même de la faire sourire à nouveau, pleinement vivre avec toute l’imprudence du monde. Cette même imprudence qui les avait amenés à Liverpool quelques jours à peine avant qu’il ne meurt, qui les avait rapprochés plus que jamais, pour finalement les séparer définitivement. La culpabilité était là, elle aussi, annihilant tout sur son passage : peut-être était-ce ce passage-là qu’ils avaient commis dans la ville anglaise qui avait permis aux rafleurs de remonter jusqu’à eux, ou autre chose, la bêtise avec laquelle elle avait agi lorsqu’elle était partie faire quelques achats dans une ville moldue sans même prendre plus de précautions que celles de ramener de quoi faire une journée d’anniversaire digne de ce nom pour son fiancé. Tout était réduit en cendres à présent, et le hasard malchanceux n’était certainement pas une réponse qui pouvait satisfaire la jeune sorcière pour expliquer pourquoi elle se retrouvait aussi seule aujourd’hui. Elwood était là, bien entendu, physiquement là, face à elle, à la regarder avec cette insidieuse tendresse, ce soin à surveiller qu’elle ne sombre pas dans les méandres du chagrin. Il était là, et absent à la fois, à côté d’elle sans pour autant être capable de se glisser dans cette dimension où elle se retrouvait elle : faite de tourments infinis, dont elle était la seule porteuse, la seule à même de calculer l’ampleur. Parce qu’elle avait été la seule à aimer aussi puissamment, aussi ardemment Eamonn ; la seule à s’être toujours sentie capable de pouvoir sacrifier sa vie pour sauver la sienne, la seule qui s’était finalement retrouvée dans le cas inverse. Eamonn s’était sacrifié pour elle – les souvenirs que son esprit n’avait de cesse de faire passer devant ses yeux lui rappelaient ça, encore et encore : Eamonn lui avait dit de partir, lui avait ordonné de prendre la fuite ; il avait fait ce choix en pleine connaissance de cause. Mais elle… elle, elle n’aurait certainement jamais déserté son fiancé, son unique amour de toujours parce que c’était plus sauf ainsi, parce que ça lui permettait un tant soit peu de se sauver la vie. Plutôt mourir avec lui que de survivre seule – c’était une silencieuse promesse qu’elle s’était faite à elle seule, dans l’épaisseur des nuits qu’ils avaient connues durant leur fuite – il n’aurait jamais approuvé cette idée, mais elle n’en avait eu cure jusque-là ; c’était à elle de prendre sa destinée en main, sa vie, et elle ne l’estimait pas digne de ce nom sans lui. Pourtant elle était là, encore là. Désespérément là, ne trouvant à répondre au destin que par une rage silencieuse, une tristesse profonde que seule l’alcool pouvait un tant soit peu panser. C’était stupide, sans intérêt, dénué de sens ; mais à présent la guerre lui passait des kilomètres au-dessus de sa tête, survivre lui importait peu, avancer n’avait plus aucune importance, et la vengeance… la vengeance elle ne voulait pas y penser. Ca la consumerait forcément, pour rien d’autre qu’une poignée de rafleurs, dont elle avait conservé à l’esprit l’image de chacun de leurs visages, certes. Peut-être était-ce seulement ainsi qu’elle trouverait un sens à sa vie, peut-être… mais pour le moment, chaque souffle, chaque instant de subsistance dans ce monde l’épuisait plus qu’autre chose – et ne la motivait certainement pas à prendre les armes pour partir à la recherche du néant.

Alors qu’elle broyait du noir, bien peu de choses avaient eu de l’importance, si ce n’est – il fallait l’avouer quand même – les visites d’Alice, majoritairement, puis celles d’Elwood, alors qu’ils s’apprivoisaient lentement mais sûrement. Peut-être que le jeune homme était plus à même de la comprendre qu’Alice, qui se contentait bien souvent de la soutenir en de doux regards, de sympathiques attention baignées dans la tendresse ; là où Elwood avait ces paroles terre à terre que personne ne voulait entendre, mais qui étaient infiniment pleines de bon sens. Le genre de paroles que Blodwyn aurait été capable d’avoir pour répondre à quelqu’un dans sa situation à elle – ils se ressemblaient, Elwood et elle, quand bien même ce n’était pas la chose la plus évidente à l’heure actuelle. Là où, dans son couple passé, Eamonn avait été l’optimiste de service, Blodwyn avait été celle qui, en quelques phrases pleines de bon sens, rappelaient l’évidence déplaisante à leurs esprits. Et la fois où elle s’était laissée aller à balayer sa prudence réflexe pour suivre son fiancé, pour lui offrir un anniversaire inoubliable, le bon dieu avait décidé de la punir de la pire manière qui soit. Elle ne savait pas si la mort d’Eamonn était une bonne raison de croire en l’existence d’une autorité supérieure à blâmer, à détester pour les choix qu’elle faisait. C’étaient des rafleurs, cette guerre, les circonstances, son transplanage à elle – tous ces éléments qui lui avaient fait perdre Eamonn, et non pas un abruti barbu balançant une poudre sur le monde, ou agitant le bras pour désigner qui devait être frappé par la mort, et qui était sauvé pour un jour encore. Ce serait si facile de pouvoir se persuader d’une existence pareille, à la fois dérisoire et où les choix et les actes de chacun n’avaient aucune importance sur ce qui allait advenir dans un futur proche – mais la réalité était bien toute autre, elle murmurait, soufflait d’un vent glacial au fond de l’esprit de Blodwyn. En partie, si ce n’est totalement – quand bien même elle n’avait pas lancé le sortilège de la mort contre Eamonn elle-même – de sa faute s’il n’était pas là avec elle aujourd’hui ; parce qu’elle avait pris une décision quelconque, parce qu’elle était née-moldue, parce qu’elle était Blodwyn et qu’elle avait agi en tant que telle. Parce qu’elle l’avait aimé, parce qu’il l’avait aimée en retour. Et tout aurait été infiniment beau sans ce faux pas, tout serait encore baigné dans cette candeur qu’ils avaient fini par avoir, alors qu’ils avaient fini par croire que la guerre les épargnerait : un jour, ils auraient fini par se marier, parce que cette guerre aurait été finie ou parce qu’un jour, en passant dans un coin de forêt, ils auraient trouvé l’endroit tellement beau qu’ils auraient pris la décision stupide de se lancer dans un mariage improvisé et intimiste – juste lui, juste elle, et le reste du monde qui n’avait aucune importance. Ils auraient eu des enfants, comme ils se l’étaient promis, un mini-Eamonn avec des cheveux bouclés, une mini-Blodwyn avec un sale caractère, mais parfaite comme elle l’avait été aux yeux du jeune homme. Ils auraient… et ça n’avait plus d’importance aujourd’hui ; peu à peu, lentement mais sûrement, tout disparaissait en cendres dans l’esprit de la sorcière, au fur et à mesure qu’elle percutait, qu’elle comprenait que rien de tout ceci n’arriverait. Pas avec Eamonn en tout cas. Et elle ne se voyait de toute manière pas connaître de telles choses avec qui que ce soit d’autre – pas le vouloir en tout cas. La vie avait été toute aussi sévère avec Elwood, d’une bien différente manière ; lui, quelque part, il avait toujours la possibilité de passer à autre chose, de se relever. Sa fiancée, aussi ardemment pensait-il qu’elle l’avait trahi, était encore là, vivante, comme une chance qui perdurait juste sous son nez : Blodwyn aurait été bien placée pour faire comprendre au jeune homme que s’il ne s’essayait pas à saisir une infime chance de recoller quelque morceau que ce soit avec cette fameuse Lyse, viendrait un jour où il n’en aurait plus l’occasion, et qu’il ne lui resterait plus que son esprit pour le torturer. Avec des et si – et si ils s’étaient finalement mariés, et s’il n’avait pas été si borné à lui en vouloir et s’il n’était jamais venu ici, s’il avait été trop occupé dans sa vie heureuse pour se pencher sur le néant désespéré que représentait celle de Blodwyn. Elle n’en souffla mot cependant, elle n’en disait rien ; car elle avait finalement tout pour être considérée à l’heure actuelle comme le plus triste exemple de déchet d’une histoire d’amour réduite à néant.

Elle aurait été seule ; plus seule encore qu’elle ne l’était à présent, juste Blodwyn dans l’épais silence d’un coin du monde, sans même une bouteille à disposition pour déverser son chagrin. Mais encore une fois l’idée était là : Blodwyn aurait mieux fait de ne jamais rentrer dans la vie d’Elwood, parce qu’en la protégeant, en venant ici la retrouver, il mettait un pas dans le sillage d’Eamonn, celui d’un attachement – quel qu’il soit – qui avait fini par lui coûter la vie. Elle n’avait alors qu’à peine relevé la phrase d’Elwood, lui indiquant qu’il était prêt, pour elle, à supporter tous les sujets de conversation possibles et imaginables : si elle y pensait sans cesse, concrétiser la mort de son fiancé par des mots était encore un pas qu’elle ne franchissait qu’à peine, de peur de s’aventurer trop loin dans le tunnel sombre qui constituait sa vie à présent, et ne plus jamais pouvoir ressortir des ténèbres. Cette peine finirait par la bouffer, l’amener à Sainte Mangouste à l’étage de tous les gens rendus fous par des raisons quelconques, mais elle préférait encore cette option à affronter encore et encore la triste réalité des choses avec des mots. La fuite était une option pour laquelle elle optait encore et encore, irrémédiablement à chaque nouvelle journée : lorsqu’elle buvait, lorsqu’elle rangeait avec soin chaque recoin de cette maison abandonnée depuis des lustres, lorsqu’elle faisait mine de lire un livre que ce soit ici, ou de tenter de persuader Alice de la laisser l’aider à la librairie – elle la choisissait encore une fois, alors que sans hésiter, sans même laisser le choix à son interlocuteur, Blodwyn avait déjà orienté son chemin jusqu’à l’entrée de la petite maison qui l’abritait depuis trop longtemps déjà. Rien que pour ne pas attirer l’attention, la jeune femme sortait très rarement de ces lieux, attendant généralement qu’Alice ou Elwood ne lui amènent des provisions et de quoi s’occuper l’esprit quelques temps, survivre dans ce monde où elle était désespérément seule à présent ; et l’enfermement avait parfois tendance à la rendre plus nerveuse que tout le reste encore, autant profiter de la présence d’Elwood pour trouver un bon prétexte pour quitter ces lieux, même si ce n’était que pour quelques minutes. Aux attentives paroles du sorcier, la jeune infirmière eut un léger sourire – Eamonn avait toujours été attentif à elle de cette manière, s’assurant qu’elle n’ait pas froid dans leur tente, quand elle dormait ou quand elle était éveillée ; alors que c’était elle la guérisseuse, elle (même) la née-moldue qui ne savait que trop bien ce que pouvait amener comme problèmes déplaisants un rhume ou quelque maladie plus grave. Dans un regard malicieux à l’égard d’Elwood, elle attrapa sa veste, ainsi que son écharpe, ses gants, tout ce qu’elle se mettait sur le dos généralement pour traverser le monde moldu depuis qu’elle avait dû fuir. « Merci papa. » Remarqua-t-elle comme pour appuyer les paroles qu’elle avait pu prononcer, quelques temps plus tôt pour lui assurer qu’il pouvait se montrer comme étant quelqu’un de digne de confiance pour bien s’occuper d’un fils, ou de qui que ce soit d’autre. « Mais honnêtement, je crois qu’à vingt-trois ans, je sais m’habiller toute seule pour affronter le rude hiver dehors. » Une pointe de moquerie au fond de la voix, Blodwyn eut une légère moue désolée à l’adresse d’Elwood, avant de s’approcher de lui, son bonnet enfoncé sur sa tête, ne laissant apparaître que quelques mèches de sa chevelure flamboyante. « Allons voir ces feux d’artifices, alors. » Chaque année elle y était allée, avec Eamonn bien entendu – mais sûrement qu’Elwood, lui, y était allé également dans le passé, que ce soit avec sa famille (qui l’avait abandonné) ou sa fiancée (qui semblait, elle l’avoir oublié), alors autant laisser les moroses pensées sur le passé qui la torturaient pour elle, et construire un nouvel avenir à cette tradition. Ce soir. Avec Elwood et leur bouteille, tout simplement. Elle lui attrapa le bras, lui donnant leur précieuse bouteille, avant de l’entraîner avec elle à l’extérieur (avant, elle prit soigneusement soin d’éteindre toutes les lumières, et de fermer la maison d’un sortilège). « Tu devrais être le mieux placé pour savoir où on les voit les feux d’artifices, ici. » Elle, elle était habituée à Londres où, entre ceux du monde moldu et ceux du monde magique, elle avait rarement su où donner de la tête. Lui, quand bien même il voulait fuir ce passé, avait vécu ici, avait sans doute déjà passé des Nouvel An ici également, souhaitant aller voir les feux d’artifices avec sa fiancée, comme Blodwyn l’avait fait avec Eamonn, il y a quelques jours à peine – ou du moins était-ce l’impression qu’elle avait, alors que sa vie, leur vie, ne se résumait plus qu’à un tas de souvenirs à présent.

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MessageSujet: Re: (blodwyn and elwood) ✲ stand by me.   Ven 31 Mai - 15:10


“ stand by me ”
say something awful as if fucking the world is your right and i watch you stumble drunk out into the night.
Blodwyn and Elwood
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La guerre emportait des vies dans son sillage, c’était impossible à éviter. Presque tous les jours à Pré-Au-Lard quelqu’un disparaissait sans qu’on ne sache ce qui avait pu lui arriver, des tas de gens se faisaient arrêter et personne ne savait s’ils étaient tués, torturés ou envoyés pourrir à Azkaban. C’était ce qu’était devenu le monde, c’était une chose à laquelle bien des sorciers avaient du finir par s’habituer, Elwood lui-même après tout. Tant qu’on ne venait pas le menacer, tant que personne ne s’intéressait à lui et qu’il pouvait continuer sa vie tranquillement dans la librairie d’Alice ça lui convenait. Ça convenait sans doute à tout ceux qui avaient décidé de rester en dehors de cette guerre, tout ceux qui pouvaient se le permettre parce qu’ils n’avaient pas eu le malheur de naitre dans une famille de moldus. C’était quelque chose qui n’aurait pas du poser de problème, si seulement quelqu’un n’avait pas un jour décidé que ça en serait un. Sans raison apparente de toute évidence. Blodwyn elle, elle n’avait pas eu cette chance, elle n’avait pas eu l’occasion de choisir de rester en retrait pendant que d’autres se battaient, que d’autres risquaient leur vie pour que cette guerre puisse un jour s’achever. Sans doute que ça lui était tombée dessus sans qu’elle n’ait vraiment eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait et aujourd’hui, en plus de toute cette merde qu’elle devait affronter tout ça parce qu’elle était née-moldue, elle connaissait le sentiment d’avoir perdu quelqu’un au beau milieu de cette guerre. Une douleur qu’Elwood ne pouvait pas comprendre, une douleur qu’il pouvait bien imaginer, mais qu’il n’avait pas franchement envie de connaitre un jour. C’était sans doute tout son monde qui s’était écroulé et maintenant elle ne savait plus comment continuer à avancer. Ça c’était quelque chose qu’il comprenait en revanche. Il n’avait perdu personne, du moins, pas de façon irrémédiable, mais il avait été enfermé à Azkaban et là, il avait vu son monde s’écrouler, il n’en restait plus que des cendres à présent et au milieu de tout se chantier, il ne savait absolument pas comment faire pour avancer. Les raisons qui les avaient poussés à se retrouver complètement perdus, la douleur qui allait avec, c’étaient bien différent pour eux deux, mais ils pouvaient quand même se comprendre, au moins un peu et Elwood était bien placé pour savoir que surmonter tout ça complètement seul, c’était une bien mauvaise idée. Il n’était certainement pas la meilleure personne sur qui compter quand ça n’allait pas, il n’avait pas grand-chose de franchement rassurant, il n’était définitivement pas doué pour donner des conseils, mais il avait décidé de faire cet effort pour Blodwyn. Il ne la connaissait pas plus que ça, il apprenait à la connaitre de jour en jour, ou du moins à connaitre celle qu’elle était en train de devenir, certainement bien différente de l’innocente femme qu’elle avait pu être avant la guerre et plus il apprenait à la connaitre, plus il avait envie de l’aider. Elle le méritait, elle méritait qu’il risque sa liberté en la cachant dans sa maison, en venant la voir aussi souvent que possible, il ne saurait pas vraiment dire pourquoi, mais il avait vraiment envie de faire un petit geste pour elle. Sans doute que sans vraiment s’en rendre compte, elle l’aidait aussi, elle réveillait en lui des sentiments qu’il avait perdu à Azkaban, la compassion, l’altruisme et tout ce qui pouvait allait avec. Au fond, elle l’aidait peut-être plus qu’il ne l’aidait lui. Il fallait bien admettre qu’à part un peu de compagnie et des bouteilles d’alcool, il ne lui apportait pas grand-chose.

Ce soir, il lui offrait peut-être l’occasion de célébrer la nouvelle année, une année qu’elle ne devait sans doute pas avoir envie de voir défiler devant ses yeux alors qu’elle avait perdu la personne à qui elle tenait le plus, perdu au profit de cette guerre qui n’avait aucun sens. L’année qui allait débuter ne serait sans doute pas merveilleuse et aucun ‘bonne année’ ne pourrait changer ça. Pourtant, il était là ce soir, dans sa maison, pleine de vieux souvenirs auxquels il ne cessait de se raccrocher alors qu’il passait son temps à vouloir les fuir. Il était là pour elle, parce que c’était la seule chose qu’il pouvait faire afin de l’aider. Sortir de cette maison étouffante, ça lui semblait une bonne idée. L’opportunité de prendre l’air, de s’éloigner de ses souvenir à lui, aller voir un feu d’artifice. Il ne savait pas si aller regarder un feu d’artifice était la chose la plus réconfortante au monde, mais c’était au moins une bonne raison de sortir de là. Lui, il n’en avait pas vu depuis des années. Il était clair que le trente-et-un décembre au soir, personne ne tirait de feu d’artifice pour les prisonniers d’Azkaban. Là-bas c’était un jour comme un autre, un jour qu’on ne devinait pas, pas plus qu’on pouvait deviner noël ou même le jour de son propre anniversaire. Il n’avait pas de jour là-bas, juste du temps qui passaient, lentement sans qu’on ne puisse trouver le moindre repère. Il n’avait jamais été particulièrement fan des feux d’artifices, enfin, c’était beau en principe et peut-être qu’un peu de beauté dans ce monde de ténèbres ne leur ferait pas de mal. Habituellement, il y avait des feux tirés depuis Bloxam Creek, Elwood était né dans cette ville, il avait eu l’occasion d’en voir énormément, avec ses parents, Sansa et Cersei, puis avec Lyse. Aujourd’hui, il n’y avait aucune de ses personnes là avec lui, parce que ses parents et Cersei avaient disparu de la circulation quand il s’était fait enfermer, parce que s’il était avec Sansa ce ne serait certainement pas pour regarder un feu d’artifice, ni même pour lui souhaiter une bonne année, puisque la seule chose qu’il lui souhaitait, c’était bien des malheurs. Et Lyse, évidemment, c’était compliqué. Parce qu’elle était revenue avec des nouvelles assez perturbantes, parce qu’elle l’avait abandonné à Azkaban, qu’elle n’était pas revenue après, ou en tout cas, pas pendant les nombreux jours où il l’avait attendue. C’était différent de ce qu’il avait pu connaitre dans le passé, c’était sûr, mais Blodwyn était de bonne compagnie après tout, de meilleure compagnie que lui sans doute.

Un léger sourire étira les lèvres du sorcier suite à la réplique de la jeune rouquine. Finalement, peut-être qu’il pouvait être assez prévenant pour tenter de faire un bon père. Enfin, ça ne faisait pas tout. Il avait encore bien des choses à apprendre pour pouvoir un jour prétendre au rôle de père face au gamin qu’il avait rencontré quelques temps plus tôt dans la librairie d’Alice. C’était compliqué, trop compliqué pour lui. Pour l’instant, il n’avait fait que rejeter l’enfant, rejeter Lyse, un peu de la même façon qu’il avait rejeté Meera-Louise quand elle était venue le voir, la dernière fois qu’il l’avait vue d’ailleurs, depuis elle le détestait sûrement et c’était légitime, une partie de lui en avait sans doute conscience même s’il n’était clairement pas décidé à lui apporter des excuses. Il fallait croire que dire pardon à quelqu’un ça pouvait être bien plus dur que ça en avait l’air. Ça l’était clairement pour lui, peut-être parce qu’il était trop orgueilleux pour ça, trop rancunier et trop con au final. « Je n’en doute pas, j’expérimente juste mes talents de parent et tu es le seul sujet que j’ai sous la main pour l’instant. Le jour où je t’ordonnerai d’aller ranger ta chambre, il ne faudra pas t’inquiéter. » Il lui adressa un nouveau sourire. En vérité, si ça arrivait vraiment un jour, il faudrait vraiment s’inquiéter, ça voudra certainement dire qu’il était en train de perdre complètement la tête. Evidemment, ce n’était qu’une légère pointe d’humour qu’il faisait, en réponse à celle de la jeune femme. Il n’expérimentait rien du tout, il avait juste voulu souligner qu’il faisait vraiment froid dehors. C’était l’hiver et en cavale, Blodwyn avait sans doute connu pire que ça, mais c’était toujours bon de le préciser, une façon comme une autre de râler indirectement contre la météo. Il avait attrapé la bouteille qu’elle lui avait tendue avant de la suivre à l’extérieur, où en effet, il faisait vraiment froid. Il avait pourtant l’habitude du froid, les cellules d’Azkaban n’étaient pas chauffées et les détraqueurs n’arrangeaient en rien les conditions climatiques. Leur simple présence pouvait rendre une pièce complètement gelée au beau milieu d’un été particulièrement chaud, alors forcément à Azkaban alors qu’il faisait déjà froid au naturel, c’était assez insupportable. Il détestait le froid aujourd’hui. Pourtant, à une époque, il avait beaucoup aimé l’hiver, les bonhomme de neiges, les batailles de boules de neiges avec Sansa, puis avec Cersei voir même avec Lyse, il avait passé un temps fou les mains dans la neige en ignorant la douleur que le froid pouvait causer, parce que ça n’avait pas d’importance, il y avait toujours eu un bon feu de cheminé qui l’attendait pour qu’il puisse les réchauffer. Il avait perdu ça à Azkaban et forcément aujourd’hui il préférait rester en continu prêt du feu plutôt que d’aller crapahuter dans la neige. « Je suppose oui, même si habituellement, il y avait des feux tirés dans la ville elle-même, alors on n’avait pas besoin d’aller regarder ceux des moldus. » Ils pouvaient facilement voir les feux depuis leur maison, même si bien souvent, ils sortaient pour aller là où on les voyait mieux. Au milieu des habitants de la ville sur la place publique, Sansa et Elwood avaient bien souvent réussi à s’échapper de la surveillance de leurs parents (ils étaient très doués pour ça de toute façon), pour aller observer les feux moldus, intrigués par quelques bruits aux alentours, définitivement top curieux selon leur mère. Alors il savait parfaitement où emmener la jeune femme pour qu’ils puissent les voir, il avançait d’ailleurs, prenant soin d’éviter les rues trop éclairées, trop fréquentées, Bloxam Creek n’était pas une grande ville, elle n’était pas cernée par les mangemorts comme l’était Pré-Au-Lard, mais faire preuve de prudence n’était certainement pas une mauvaise chose, au contraire. « J’étais plutôt intenable quand j’étais gosse. Forcément, quand ma mère nous disait ‘soyez sage, restez-là’ on en profitait avec ma sœur pour s’en aller dès qu’elle avait le dos tourné. Ça nous a permis de découvrir plein de coin sympa dans cette ville. » Ici ou à Poudlard d’ailleurs, parce que même là bas, ils étaient particulièrement doués pour ne pas suivre les règles et réussir à se barrer pour aller explorer le château. Il y avait là-bas tellement plus à voir que les salles de cours et les cachots qui abritaient la salle commune de Serpentard qu’ils n’avaient pas pu rester bien sagement à simplement naviguer dans le château entre les salles de classe et leur salle commune. Ça leur avait valu bien des heures de retenues, tout comme les pseudos fugues qu’ils faisaient sous le nez de leurs parents leur avait valu bien des punitions. Mais ça n’avait jamais eu d’importance, ça les amusait à cette époque, un rien les amusait. Ils en passaient du temps ensemble à faire ou à prévoir toutes sortes de conneries. Une époque où ils avaient été vraiment complices, une époque lointaine aujourd’hui. C’était à cause d’elle qu’il avait été condamné à Azkaban, l’ultime connerie qu’ils avaient fait, qu’elle avait fait, lui avait couté bien cher à lui, suffisamment pour qu’il ait appris à se tenir à carreaux. Rapidement, il conduit la jeune femme là où il avait eu l’intention de la mener, un bord de falaise assez discret depuis lequel on pouvait apercevoir les lumières d’une ville moldue. « Voilà, en principe, ils tirent des feux depuis cette ville. » Il laissa échapper un léger soupire en fixant la ville devant lui. « J’ai vécu ici presque toute ma vie, je suis venue ici des centaines de fois et je ne sais même pas comment s’appelle cette ville. » Il n’était en fait jamais posé la question. Le nom de la ville n’avait pas d’importance pour lui quand il était gamin, sans doute que ça n’en avait pas plus aujourd’hui. C’était juste une réflexion comme une autre ou juste la constatation que finalement, il n’avait jamais fait vraiment attention aux choses qui l’entourait, pas autant qu’il le disait en tous cas.

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lalalala citation ici.
des paroles par là. — titre de la chanson.
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MessageSujet: Re: (blodwyn and elwood) ✲ stand by me.   Sam 3 Aoû - 1:43


it's like a dark paradise
blodwyn brownstein & elwood r. harkness
« in the end, i guess they just break our hearts. »

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Blodwyn n’avait que rarement eu l’occasion de quitter la maison d’Elwood, depuis qu’elle y avait élu domicile. Elle n’en avait pas eu grandement envie, de toute manière, comme si elle avait pu croire que se couper du monde allait également lui permettre d’oublier sa tristesse, cette rage siégeant au fond de ses entrailles et la dévorant de l’intérieur. Grossière erreur, sans doute, tandis qu’entre les quatre murs de la petite maison, elle n’avait fait que les ressasser avec plus de force, plus de rage encore qu’elle ne l’aurait fait dans une vaste forêt, sous cette tente, si familière. Cette même tente sous laquelle elle ne voulait pas retourner, elle ne pourrait pas retourner sans qu’inlassablement, ses pensées se raccrochent à chacun des souvenirs qu’elle avait là-dedans, en compagnie d’Eamonn. Pas forcément les plus heureux de leur vie, certainement pas les plus malheureux, sans nul doute possible – juste, des instants comme ça, furtifs, volés à l’existence, arrachés au destin – des moments pendant lesquels son fiancé avait réussi à la faire sourire, à la faire rire, malgré les difficultés qui leur tombaient brusquement sur les épaules. Qu’elle amenait à eux, elle, la née-moldue, considérée d’office comme une traitresse, une voleuse de baguette bonne à jeter à Azkaban : la vie d’Eamonn aurait été bien différente, s’il n’avait jamais connue la jeune femme, s’il s’était marié avec une sang-pur – ensemble, ils se seraient contentés d’observer la guerre de loin, de continuer leur vie et ainsi de suite. Au lieu de cela, elle était celle qui se terrait, observait la guerre de loin en profitant des autres ; en profitant du sacrifice d’Eamonn. Il était mort, et elle se contentait d’être là, impuissante et insignifiante, pauvre petite née-moldue que tout le monde plaignait, mais que personne n’osait secouer – elle est en deuil, devaient se dire beaucoup de gens : elle l’était, et elle se détestait de porter cette peine comme un boulet à sa cheville l’empêchant d’avancer, l’empêchant de faire valoir sa vie. De lui donner une quelconque importance, rien que pour faire honneur au sacrifice de son fiancé. Au fond, elle ne savait pas, elle ne savait plus, ne saurait jamais – ce qu’il aurait pu attendre d’elle dans de telles circonstances, s’il aurait voulu que leur histoire se termine à la Romeo et Juliette, l’un incapable de vivre sans l’autre. S’il acceptait sans sourciller qu’elle reste là, parfaitement inutile, s’il pourrait comprendre un tant soit peu, ou s’il aurait préféré la voir se soulever de rage et remuer ciel et terre pour mettre fin à cette guerre qui avait déjà arraché trop de vies à ce monde. Elle savait, en cet instant, qu’Eamonn aurait pu trouver les paroles nécessaires à l’orienter dans ses propres songes, à déceler au fond d’elle-même ce qui pouvait valoir la peine d’être sauvé, pour elle : sa vie, les souvenirs qu’elle avait d’eux ensemble, l’héritage qu’elle pourrait porter une fois cette guerre terminée, la paix qu’ils avaient pu ressentir l’un avec l’autre, bien qu’il soit un sang-pur et elle, une née-moldue. L’amertume de Blodwyn la faisait cracher sur tout ceci à présent, elle aurait préféré crever elle aussi dans cette forêt plutôt qu’avoir à être porteuse, donneuse d’un quelconque message ; elle aurait préféré laisser cette charge à n’importe qui d’autre, si tant est qu’elle n’ait pas à être séparé de son fiancé. D’une quelconque manière : si pour cela, ils auraient dû mourir ensemble, inconnus et ignorés dans l’infinitude de cette existence, qu’il en soit ainsi – rien de tout ce qu’elle connaissait aujourd’hui, rien de ce qui faisait son quotidien dans cette petite baraque de Bloxam Creek ne lui donnait la moindre impression que ça en valait la peine.

Aucun bonheur ne pourrait plus jamais annihiler cette tristesse sans fond qui la vidait de l’intérieur ; lentement, chaque nouvelle journée lui arrachait une part d’âme, et ce qu’elle avait été se remplissait d’un profond silence, distrait bourdonnement morne et déprimant. Ses pas crissant dans la neige, Blodwyn observait les alentours comme un nouveau-né apparaissant à peine à la surface du monde, s’extrayant des bras de sa mère pour observer l’alentours : la nuit avait plongé le tout dans un silence de plomb, semblable à ceux auxquels elle s’était habituée lors de sa longue période de fuite en compagnie d’Eamonn. Là-bas, seuls les bruits de la forêt avaient interrompu leur tête à tête, tant et si bien que, si Blodwyn en avait eu peur au début, elle avait fini par s’habituer à tout cela. Aux bêtes des bois, et également au froid, qui avait vite commencé à les dévorer de part en part, lorsque le mois de novembre avait pointé son allure brumeuse : le ciel avait pris peu à peu une teinte grisâtre, pour ne devenir qu’un épais océan tumultueux qui déversait parfois des rideaux de pluie, se faisait secouer d’autres fois par des vents violents. Les alentours de Bloxam Creek lui restaient encore peu familiers, hostiles presque, comme si elle s’était attendue à voir un ennemi débarquer d’un coin du paysage à n’importe quel moment. Inconsciemment, Blodwyn eut un mouvement pour s’assurer que sa baguette était bel et bien là, avant de suivre son ami à travers la neige gelée. Ils ne s’enfonçaient qu’à peine dans celle-ci tant il faisait froid, et la rousse resserra bientôt l’étreinte délicate de sa grosse veste autour de ses épaules. Distraitement, elle écouta les quelques paroles d’Elwood, affichant un fin sourire alors qu’il évoquait des souvenirs lointains, qui devaient avoir une toute autre allure pour lui à présent, qu’à cette époque où il gambadait à travers la ville en compagnie de sa sœur. Cette même sœur qui l’avait fait condamner à Azkaban, de ce qu’elle avait compris à travers les informations que Alice lui avait fournies sur lui, ainsi que de ce qu’elle avait pu lui arracher, en rares paroles nostalgiques, lors de leurs face à face. « Moi je suis fille unique. » Finit-elle par articuler, comme si ça pouvait un tant soit peu répondre à une question qu’Elwood lui avait lancée dans la pénombre qui les englobait. Un léger rire passant à ses lèvres à cet instant, la jeune femme haussa légèrement les épaules, comme pour souligner inutilement que ce n’était pas grave, certainement pas le plus grand regret de son existence : elle avait été tant choyée par sa mère et ses grands-parents, que ni l’absence de son père, ni l’absence d’un quelconque frère ou autre sœur n’avaient eu d’importance pour elle. « Ça ne m’a jamais empêchée de partir discrètement en échappant à l’attention de ma mère. » A cette époque-là, jeunes et candides, ils devaient sûrement penser à d’autres choses, alors qu’aujourd’hui, Blodwyn était bien consciente qu’elle se ferait un sang-d’encre si elle perdait de vue les enfants qu’elle aurait un jour – qu’elle aurait eu un jour, puisqu’elle ne s’imaginait pas un quelconque avenir avec qui que ce soit d’autre que l’homme qu’elle avait toujours aimé. Qui n’était plus, désormais. Et hormis un mariage qu’ils n’avaient eu de cesse de repousser – par immaturité ou par imprudence – ils n’avaient rien construit de bien concret ; n’en restait pas moins que l’absence d’Eamonn dans sa vie lui crevait le cœur un peu plus à chaque heure qui passait. Ca faisait, encore aujourd’hui, des jours après, un mal de chien, semblable à celui d’une lame plantée dans les côtes, qui ne faisait que creuser son sillage un peu plus chaque jour. C’était ça, le destin hurlant à chaque aube à la jeune femme qu’elle était seule, bel et bien seule ; pour cette journée et à tout jamais.

« Un jour, j’ai perdu ma mère, dans la foule. Je pensais que c’était le pire jour de ma vie, à une époque. » Il y en avait eu d’autres depuis, à nouveau, un sourire passa sur les lèvres de Blodwyn, presque sans expression, plus nostalgique, triste même, qu’autre chose. « Je ne suis pas vraiment bonne pour me débrouiller toute seule. Je pense qu’elle m’a retrouvée surtout parce que je pleurais plus fort que les autres enfants. » Il y eut un rire cette fois, passant la frontière de sa bouche pour disparaître dans le néant : elle ne savait pas pourquoi elle racontait ça, c’était on ne peut plus anecdotique, presque barbant. Elle se rendit compte brusquement, qu’elle n’avait pas vu sa mère depuis des lustres, et que la guerre qui se prolongeait, ne lui donnerait sûrement pas l’occasion de la revoir avant un long moment. Jamais, peut-être. Elle ne savait pas, la destinée n’était définitivement pas de son côté ces derniers temps, et Blodwyn avait perdu ce brin d’optimisme qui avait participé à la faire vraiment sourire en des circonstances aussi déprimantes. Elwood chassa la tornade brutale de ses pensées, en quelques paroles, et elle releva les yeux vers l’horizon comme pour y distinguer un quelconque feu d’artifices. Mais il n’y avait rien encore, et c’est dans un soupir, qu’elle se laissa tomber, assise dans la neige, tout en prenant des mains d’Elwood l’alcool qu’elle avait emmené avec eux. D’un geste, elle en but tout un trait, grimaçant légèrement, sans même sûrement que son vis-à-vis ne remarque quoique ce soit, tant la nuit était noire et sans vie : ils avaient sans doute fait exprès d’éteindre quelques lumières aux alentours, afin que tout le monde, à des kilomètres à la ronde, puisse profiter dignement du spectacle. En quelques efforts, elle parvint à enfoncer la bouteille de Whisky Pur Feu dans la neige, avant de se laisser tomber, allongée dans celle-ci. La neige lui mouillant les cheveux, refroidissant presque aussitôt l’arrière de son crâne, Blodwyn observa les étoiles – combien de fois l’avaient-ils fait ça, avec Eamonn ? Que ce soit depuis leur fuite, ou avant – c’était d’un romantisme niais, mais ils s’octroyaient alors le luxe de réviser leurs vieux cours d’astronomie, tout en se laissant ouvertement posséder par l’immensité du ciel au-dessus de leur tête. L’univers était à une infinie distance d’eux, l’univers lui riait à la figure, lui renvoyait son malheur parce qu’il n’en avait rien à foutre : les jours avançaient, la nuit s’était levée, avec sa cascade d’étoiles scintillantes, l’univers était toujours aussi bien équilibré, aussi naturellement beau, bien qu’Eamonn ait été ôté à cette vie. L’être humain n’avait sans doute que ce qu’il méritait – la rousse n’avait que trop peu souvent philosophé sur tout ça ; sa vie avait eu un sens, avant, quand elle l’avait passée au côté d’Eamonn, à présent, elle s’occupait surtout à instinctivement chercher un nouvel intérêt à vivre. Une larme fugitive glissa sur la blancheur de sa joue, elle l’effaça aussitôt d’un bref mouvement de main, avant de se redresser finalement – il valait mieux pour elle qu’elle ne réfléchisse pas plus, Elwood n’était certainement pas venu pour ça. Elle ne savait même pas pourquoi il était venu, certes, pour fêter le nouvel an comme il l’avait dit, mais à quoi bon ? Par pitié pour la pauvre Blodwyn malheureuse et désespérée, ou parce qu’il l’aimait bien, quand bien même ils ne se connaissaient pas depuis très longtemps ? Pour quelques secondes, elle observa le jeune homme, qui s’était assis à côté d’elle, la question lui brûlant les lèvres. Mais elle frissonna, serra les bras et oublia presque aussitôt cette préoccupation on ne peut plus secondaire – elle ne voulait même pas connaître la réponse ; ils étaient bien ici, sans avoir à se poser plus de questions. Si rares étaient les moments où Blodwyn parvenait à être en paix avec elle-même, pour quelques secondes à peine, il valait mieux qu’elle en profite pleinement – quelque-chose dans ce genre-là. Elle tourna donc à nouveau ses yeux vers le ciel, là-bas, cette limite infinie entre la terre et le céleste d’un noir d’encre. Rien. « Ils prennent leur temps, il n’est pas encore minuit, visiblement. » Malheureusement pour eux, elle n’avait pas de montre – l’heure était le cadet de ses soucis, elle vivait tellement à l’envers, dormant quand elle le pouvait, tournant en rond le reste du temps, qu’il pouvait bien être trois heures du matin qu’elle ne s’en serait pas rendue compte sans qu’on le lui dise. Attendre minuit pour fêter la nouvelle année, était après tout, une coutume inscrite dans le monde moldu tout comme dans le monde de la magie, depuis des générations déjà ; mais ce soir, elle avait comme envie de contourner, d’oublier, de piétiner ces stupides traditions. Et de… Elle souffla. Un nouveau regard sur Elwood la décida, se rapprochant, elle vint poser sa tête sur son épaule, passant un bras autour du sien pour se coller contre lui : il ne faisait plus si froid que ça, au final, et la légère brise d’hiver lui caressait le visage en ce qu’elle ressentait comme une délicate sensation. Peu à peu, Blodwyn ferma les yeux, écoutant le silence ; elle crut un instant, déceler dans l’air, le parfum d’Eamonn, sa chaleur si réconfortante, sa voix, au creux de son oreille – c’était doux parfois, de tomber dans l’oubli.

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take my hand. take my whole life too - lay us down, we're in love. but i miss you more than i thought i would. and i'll use you as a warning sign that if you talk enough sense then you'll lose your mind. and i found love where it wasn't supposed to be, right in front of me - talk some sense to me.

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(blodwyn and elwood) ✲ stand by me.

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