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 (stv) + scars of love (w./juliet)

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MessageSujet: (stv) + scars of love (w./juliet)   Mer 20 Fév - 14:27



THE SCARS OF YOUR LOVE,
remind me of us
they keep me thinking that we almost had it all.

------------------ ◊ -----------------

Ah l'amour ! Aussi pur et profond qu'était le sentiment amoureux, il pouvait être néfaste. Je venais d'en faire l'expérience en me retrouvant face à un amant jaloux. Cela m'apprendrait à me mêler d'affaire de coeur. Entre Antoine et Sofia, le coup de foudre avait été instantané des années plus tôt, lorsqu'ils s'étaient rencontrés. Je n'avais jamais compris pourquoi ils s'étaient séparés. Il y avait eu les fiançailles, le mariage, puis la rupture. Ils s'étaient séparés sans que personne ne sache réellement pourquoi. Laissant leur famille respective dans un grand embarra. Cette après-midi là, j'avais rendu visite à Sofia qui s'était disputée avec Antoine. Autant dire que son état émotionnel était déplorable. J'avais essayé par tous les moyens de la consoler, de lui rappeler les visions qu'elle avait eu. L'avenir heureux qu'elle allait connaitre avec Antoine, le couple qu'ils allaient à nouveau former ensemble. Après réflexion, je crois que j'aurais mieux fait de m'abstenir, puisque l'homme responsable de ses pleurs déboula un quart d'heure plus tard dans ses appartements de Sofia. Celui-ci dut penser que je m'étais rapproché de Sofia, car il me décrocha une droite dans le visage avant même que je n'eus le temps de dire quoique ce soit. Mais qu'avait-il bien pu lui passer par la tête ? Entre Sofia et moi, il y avait seulement de l'amitié mêlée d'affection et de tendresse. Mais nous n'étions pas tombés amoureux. J'étais sorti rouge de colère de chez Sofia pour aller me faire soigner à l'Infirmerie. En plus d'avoir la joue en sang, j'étais en retard pour mon rendez-vous avec Juliet. Nous devions réveillonner tous les deux pour célébrer la nouvelle année et comme d'habitude tout allait de travers. Traversant le premier étage, je me retrouvais nez-à-nez avec la jeune sorcière. « Oh Juliet ! Je te rejoins tout de suite. J'en ai pour deux minutes » lui dis-je en pressant ma main contre ma joue écarlate.
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MessageSujet: Re: (stv) + scars of love (w./juliet)   Dim 24 Fév - 15:43

Stupide. Elle soupira, attrapant d’un geste la boîte de chocolats que Greed lui avait offerte : tout droit venue du monde des moldus, cadeau de l’attention toute particulière d’une bonne amie. En avalant plusieurs d’affilée, Juliet laissa son regard tomber sur les flammes rouges qui brûlaient dans l’âtre. A quoi avait-elle pensé ? Un rendez-vous avec Timothy Sweetlove pour fêter la nouvelle année. Et pourquoi pas une déclaration pendant qu’on y est ? Rageusement, elle envoya la boîte sur la table, s’allongeant, recroquevillée sur son petit fauteuil. Habituellement, elle passait le réveillon en famille et elle avait bêtement cru qu’au moins pour ça, il ferait preuve d’un peu plus de discipline que pour les livres. Mais rien. Non, elle attendait, attendait depuis… depuis plus d’une heure, sans doute, comme la parfaite idiote qu’elle pouvait être. Le temps n’était pas à des choses aussi niaises probablement, et Juliet se releva finalement, ajustant sa robe : elle avait besoin de prendre l’air. Peut-être que sur le chemin, elle croiserait une branche de gui qui la rendrait encore plus amère, ou pire, le chemin distrait d’un Mangemort, mais elle n’en avait rien à faire. Il lui fallut cependant rassembler son courage, collée contre la porte à l’affut du moindre bruit dans les couloirs. En se décidant enfin à quitter sa chambre, elle descendit le plus discrètement les marches dans l’espoir de n’attirer aucune attention : à une heure aussi tardive, il n’y avait que les Carrow qui vaquaient par ici, et mieux valait qu’elle ne tombe pas sur eux. Le cœur battant la chamade elle traversa rapidement quelques couloirs, jetant de nombreux regards par-dessus son épaule. Elle y était presque lorsque, distraite, elle manqua de percuter quelqu’un de plein fouet – en le trouvant du regard, elle reconnut Timothy, se crispant légèrement lorsqu’elle le reconnut. Il ne s’excusa même pas, et elle était prête à l’envoyer sur les roses tant sa patience avait atteint des limites extrêmes, mais c’est alors qu’elle remarqua sa joue tuméfiée. « Oh mais qu’est-ce qu’il t’est arrivé ? » Demanda-t-elle, hagarde et culpabilisée de s’être aussi vite laissée emporter par l’amertume. Il avait visiblement eu des ennuis. « Je peux… tu as besoin d’aide ? » Une vague inquiétude se lisait sur le visage de la sorcière, si Timothy lui-même commençait à avoir des problèmes à Poudlard, elle ne ferait pas long feu ici.
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MessageSujet: Re: (stv) + scars of love (w./juliet)   Lun 25 Fév - 18:10

Cet abruti d'Antoine n'avait vraiment pas fait preuve de douceur. Je m'étais lourdement trompé sur son compte, j'avais cru que son amour pour Sofia l'aurait rendu plus charmant. Baliverne ! Il était aussi fière d'un troupeau d'hippogriffes enragés ! Qu'est-ce que Sofia pouvait bien lui trouver ? Depuis tout jeune, elle avait le béguin pour lui. Un sentiment qui s'était transformé en amour avec le temps. J'aurais du m'abstenir d'aller la voir et la laisser s'enterrer dans son chagrin. Non. Je disais des idioties, je ne souhaitais que le bonheur de ma meilleure amie et mon âme de Poufsouffle m'avait empêché de la laisser seule. Seule. En allant prendre soin de Sofia, je m'étais mis en retard pour mon rendez-vous avec Juliet et c'était elle que j'avais laissé encore une fois seule. J'étais vraiment un piètre amie. Je ne faisais que des promesses que je n'arrivais pas à tenir, alors que mon plus grand désir était de lui faire plaisir. Juliet était un petit ange, qui méritait d'être chéri, pas d'être laissé de côté. Une heure de retard, c'était impardonnable et même si je prenais le risque de me faire claquer la porte au nez en arrivant, je ne devais pas la faire languir d'avantage. Je pressais le pas pour me rendre à l'infirmerie afin de me faire soigner, histoire de faire cesser les palpitations qui habitaient l'intérieur dans mon crâne. Pensant profondément à Juliet, celle-ci apparut soudain comme par magie. Instinctivement, j'évitais son regard et cachais ma pommette éraflée. « Oh mais qu’est-ce qu’il t’est arrivé ? Je peux… tu as besoin d’aide ? » demanda-t-elle la voix pleine d'inquiétude. Le dévouement et l'empathie dont faisait preuve Juliet étaient réellement touchant et surtout réconfortant. « Juste d'un pansement je pense...et d'un trou pour m'enterrer au fond » dis-je en soupirant. Que devait-elle penser de moi ? Très certainement que j'étais le sorcier le plus antipathique de Grande-Bretagne. « Je comprendrais tout à fait que tu ne veuilles plus passer la soirée avec moi Juliet... » déclarais-je non sans un certain pincement au cœur. Au contraire de mes paroles, c'était ce que je souhaitais le plus à cet instant. Passer quelques heures avec une personne sensible et douce comme Juliet, dîner tranquillement, raconter de vieux souvenirs et lui offrir le cadeau que je lui avais acheté pour me faire pardonner...encore une fois.
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MessageSujet: Re: (stv) + scars of love (w./juliet)   Ven 1 Mar - 16:07

Ce n’était certainement pas dans une dispute qu’elle aurait voulu vivre son rendez-vous avec Timothy – encore moins dans une attente interminable, alimenté par un vague espoir qui faisait du sorcier un homme différent de ceux qu’elle avait parfois, naïvement, eu trop souvent l’habitude de côtoyer. Elle était le genre bonne poire, trop gentille, c’était indéniable et ce soir, dans son épaisse solitude, elle s’en prenait encore de vives preuves. Ce n’était même pas un dîner aux chandelles ou une demande en mariage, juste un moment tout ce qu’il y avait de plus amical, alors elle brûlait sans doute déjà de savoir quel prétexte il pouvait lui servir pour expliquer le lapin qu’il lui avait posé. Ce soir en tout cas, en errant dans les couloirs de Poudlard, elle était presque décidée à ne pas le croiser, et à éviter tout face à face avec Timothy (au combien ils avaient été jusque-là sympathiques et simples à souhait), dans les temps à venir. C’était sans compter les mystères de Poudlard, et le hasard, qui faisait bien les choses. En sentant ses joues s’embraser sous la gêne que lui inspirait son emportement déplacé, elle détourna le regard : il avait eu des ennuis, et elle, elle s’était contentée de s’énerver pour pas grand-chose, au final. C’était de la culpabilité que naissait ce soudain dévouement pour le sorcier ; c’était tout ce qu’elle était après tout, Juliet la bibliothécaire un peu trop niaise. Face à la joue rouge et au trouble qui luisait au fond des yeux de Timothy, elle n’osa pas aventurer ses questions plus avant, haussant les épaules. « Ce n’est pas grave. Ça arrive, et ça n’a pas l’air volontaire comme retard. » Le retard semblait être un thème récurrent entre eux, comme la base de leur relation, le ciment à leurs souvenirs communs. Elle souffla à nouveau, ses yeux inquiets soulignant avec tendresse la marque sur sa joue, avant qu’elle ne se reprenne. « On devrait… peut-être aller voir ça ailleurs qu’ici. » Avec douceur, elle lui prit la main, un vague sourire imprimant son visage alors qu’elle l’entraînait avec elle à faire demi-tour en direction d’où elle venait : elle n’était peut-être pas infirmière, mais en tant que grande-sœur digne de ce nom, elle savait très bien s’occuper des petites plaies du quotidien.
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MessageSujet: Re: (stv) + scars of love (w./juliet)   Dim 3 Mar - 12:41

Lorsque Sofia était en colère contre moi, je lui apportais des paquets de chocogrenouilles. Le chocolat avait le don d’adoucir les cœurs les plus durs. Mais malgré toute la bonne volonté dont je disposais et tout les bons sentiments qui m'habitaient, je n'étais pas sûr que ce genre de choses pourraient fonctionner avec Juliet. Il en faudrait certainement beaucoup plus pour qu'elle ne me pardonne de l'avoir délaissé encore une fois. Peut-être aimait-elle les pommes d'amour ? Aurora en avait de belles à la boutique HoneyDucks. Ou alors allais-je devoir me rattraper avec un dîner aux chandelles, un poème ou je ne savais quoi encore qui pourraient la convaincre que je n'étais pas un mauvais bougre. Je me sentais tellement coupable, d'autant plus que Juliet n'avait jamais été odieuse avec moi. Pas un mot déplaisant, pas un reproche, pas une remarque cinglante, alors que la jeune femme auraient eu de quoi faire jusque là. Elle supportait vraiment beaucoup de choses. « Ce n’est pas grave. Ça arrive, et ça n’a pas l’air volontaire comme retard » dit-elle en haussant les épaules. Tous mes retards n'étaient pas volontaires à vrai dire, même ceux qui concernaient des livres. Cette fois-ci, j'avais juste était trop bête et trop loyal. Je n'aurais du penser qu'à moi, pour une fois. « On devrait… peut-être aller voir ça ailleurs qu’ici » songea-t-elle en me prenant soudain la main. Le cœur battant et un sourire aux lèvres, je suivais Juliet, qui m'emmenait dans ses appartements, sans rien dire. Cela faisait la deuxième fois que je les visitais et l'atmosphère y était toujours aussi paisible. « J'aurais souhaité arriver plutôt, mais j'ai eu un léger contre-temps » lui avouais-je pour m'excuser, sans pour autant lui révéler que j'avais eu affaire à un amant jaloux. Je me sentais mal, mais aussi en colère contre moi-même. Rien ne s'était passé comme prévu, comme d'habitude. A cette heure-ci, Juliet et moi devrions déjà être en trait un bon moment ensemble, alors qu'elle allait soigner ma joue rouge. « Je n'avais pas oublié si c'est ce que tu crois. Je te le jure. J'avais même fait...un gâteau » lui dis-je piteusement. C'était ce que je lui avais promis la dernière fois. Que je viendrais avec un gâteau. Je souriais, puis me mettais à rire de ma propre bêtise. Quelle magnifique début de soirée...
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MessageSujet: Re: (stv) + scars of love (w./juliet)   Dim 3 Mar - 22:37

Malgré elle, elle sentait une vague amertume empoisonner son esprit. A le voir ici, la joue rouge de ce qui semblait être une houleuse dispute qu’il avait vaillamment traversé, elle avait tout pour accepter l’énième retard qui marquait leur histoire commune. Elle avait comme le sentiment parfois, qu’il abusait du dévouement dont elle débordait à outrance, agissant avec une affligeante nonchalance lorsqu’il s’agissait d’un rendez-vous entre eux, ou d’une simple rencontre entre eux : ça avait commencé par les livres, et ce soir, c’était leur soirée en tête à tête qui était sacrifiée par cette constante attitude. Il avait pourtant toutes les excuses du monde, et ce vile sentiment au fond d’elle aurait dû disparaître au moment où elle avait remarqué sa peine. Il n’en était rien cependant, elle avait toujours cette mélancolie, cette vague rancœur qui lui collait au palais. Ils étaient à peine entrés dans les appartements de la sorcière qu’il lui servit un nouveau chapelet d’excuses – lèvres pincées, elle ne pipa mot pendant quelques secondes, feignant d’être occupée à chercher de quoi le soigner. « C’est rien, j’ai compris, chacun ses déboires je suppose. » Ici, ça n’avait rien à voir avec l’infirmerie, mais elle avait assez pour se vanter de pouvoir soigner un petit bobo à la joue. Elle tenta d’ignorer les dernières traces de la minutieuse organisation qu’elle avait mise en place pour la soirée, mimant un sourire en lui désignant une place où s’asseoir. Heureusement encore qu’il n’avait pas complètement oublié leur rendez-vous, ç’aurait sûrement été le pompon pour couronner l’échec monumental de leur nouvel an improvisé. En s’asseyant à côté de Timothy, préparant de quoi le soigner, elle souhaitait au moins masquer tous ces troubles la taraudant, alors qu’elle se rapprochait, le scrutant à outrance pour voir que qui que ce soit qui lui avait fait cette jolie marque, n’y était pas allé de main morte. « Je suppose que… tu ne veux pas spécialement en parler. » Elle pinça les lèvres, elle comprendrait, comme toujours. « Même si je pense que je peux légitimement demander ce qui fait que j’étais là, seule, pendant tout ce temps. » Définitivement, elle n’avait pas pu retenir et sa phrase et son amertume bien longtemps, lâchant l’une et l’autre en détournant vite son regard clair vers le sol, qui était subitement devenu très fascinant.
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MessageSujet: Re: (stv) + scars of love (w./juliet)   Lun 4 Mar - 0:47

J'avouais être à court d'excuses pour me disculper auprès de Juliet. La situation était des plus embarrassantes et surtout des plus déplorables. Après réflexion, je devais avouer que j'avais certainement le béguin pour Juliet. Il m'est impossible d'expliquer ce que je ressens lorsque je me trouve avec elle. Mais peut-être que ces quelques petits sentiments que j'éprouve à son contact sont bien plus que de la simple sympathie. Assis sur son canapé, je la laissais scruter mon visage tandis que j'essayais de trouver quoi dire de convainquant pour ne pas la blesser d'avantage. Comme toujours elle comprenait et acquiesçait sans rien dire. C'était gentil de sa part de vouloir m'épargner, même si elle ne me rendait pas service. Elle effleura de sa main ma joue gonflée et je piquais une grimace dépréciative. « Je suppose que… tu ne veux pas spécialement en parler » me dit-elle pleine d'empathie. Elle savait lire dans le coeur et les pensées des gens, comme dans un livre ouvert. Les livres c'était sa spécialité. « Même si je pense que je peux légitimement demander ce qui fait que j’étais là, seule, pendant tout ce temps » dit-elle finalement avec amertume en déportant son regard vers le sol. « Tu as raison... » soupirais-je avant de prendre une nouvelle inspiration. Je lui devais une explication pour avoir fait capoter ce rendez-vous. « Comme tu dois être au courant, le professeur Manccini n'est pas venue donner ses cours de botanique depuis le début de la semaine » commençais-je doucement en me tordant les mains. « Elle a eu une dispute avec son ex-fiancé et comme c'est une amie de longue date, je suis passé chez elle, histoire de voir comment elle allait. J'ai essayé de la raisonner, de la réconforter un peu, jusqu'au moment où son ex-fiancé en question est venu frapper à sa porte. Enfin frapper...ce n'est pas la porte qu'il a frappé dans un excès de jalousie, mais mon visage plus précisément. Il a cru que quelque chose s'était passé entre Sofia et moi, alors que rien du tout. Cela a pris du temps avant qu'il entende raison » lui dis-je non sans une certaine lassitude. Quelle idée j'avais eu au final. A vouloir être gentil, je m'étais pris un poing en pleine figure. Et pour quoi ? Pas grand chose à vrai dire. « Voilà » terminais-je en ouvrant les paumes, puis les refermant. Je posais mon regard sur Juliet qui n'avait rien dit jusque là. Allait-elle seulement me croire ?
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MessageSujet: Re: (stv) + scars of love (w./juliet)   Mar 5 Mar - 0:00

C’était bien la première fois qu’elle demandait des comptes à qui que ce soit. D’habitude elle était trop sympathique, trop timide voire trop conciliante pour poser la moindre question gênante. Avec Timothy, peut-être que les choses étaient plus faciles, que son amertume était moins déplacée : elle n’en savait rien, elle ne parvenait pas à chasser ce sentiment du fond de son cœur – ce besoin de s’interroger, de savoir. De ne pas se voiler la face, dans quelque cas que ce soit. Ensemble, ils n’avaient jamais parlé d’amour ou de leurs histoires respectives de couple, alors peut-être bien qu’il avait déjà fait les vœux du mariage, de l’avenir main dans la main avec une autre femme : quelle idiote avait-elle été de ne pas penser à tout ça plus tôt. Leurs rencontres avaient été tellement sans arrière-pensée jusque-là, qu’elle avait juste agi selon ses intuitions, ses envies pures et dures sans chercher plus loin. Il avait été tellement charmant avec elle, qu’elle s’était attachée sans s’en rendre compte aux moments qu’ils passaient ensemble. Mais ce n’était sûrement pas sa place à elle, de jouer sur cette pique de jalousie résonnant vaguement au son de sa voix – qu’est ce qui après tout, avait pu faire oublier leur rendez-vous à Timothy ? Elle eut bien vite les réponses qu’elle attendait tant : et la voilà face à ces révélations, bien honteuse. C’était donc ça ? Un long moment encore, elle fixa ses chaussures sans rien oser répondre. L’histoire semblait compliquée, et Juliet était sure qu’elle en tout cas, ne se risquerait pas au milieu de deux amoureux pris dans un quiproquo sans fin. Mais avait-elle un tant soit peu la place nécessaire dans la vie de Timothy pour se perdre à lui faire une morale de ce genre-là ? Il semblait pris entre deux de ses amis, qui finalement, menaçaient leur triangle amical plus que leur couple, passé ou encore actuel. Elle pinça les lèvres. « Peut-être. Peut-être que je ne comprends pas vraiment de quoi il en retourne… mais ce que j’ai toujours su, c’est que dans ce genre d’histoire, lorsque les deux amoureux trouvent un terrain d’entente, c’est toujours l’ami qui a essayé de les aider, qui se retrouve le plus lésé. » Un sourire empreint d’une douceur nostalgique filtra contre les lèvres de la sorcière, avant qu’elle ne se reprenne, reprenant ses soins sur la joue tuméfiée de Timothy. « J’espère en tout cas, que la situation s’est arrangée, depuis le coup que tu as reçu... je ne sais pas si je serais assez pour effacer l’amertume que tu dois ressentir, sinon. » Un vague rire ironique perça dans un simple souffle – plus son humeur se faisait morose, moins elle n’était de bonne compagnie de toute manière.
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MessageSujet: Re: (stv) + scars of love (w./juliet)   Mar 5 Mar - 14:03

Malgré une intense sensation de picotements, les mains de Juliet sur ma joue avaient l'effet d'une réelle caresse. J'avais toujours admiré sa douceur, sa patience et dévouement à tout épreuve. Elle avait quelque chose d'un Poufsouffle, même si elle avait été réparti à Gryffondor des années plutôt. Toutes ces qualités qu'elle possédait reflétait à merveille son courage de lionne. Je me disais qu'il fallait qu'elle soit solide pour supporter de vivre à Poudlard, malgré tout ce qui se passait. « Peut-être. Peut-être que je ne comprends pas vraiment de quoi il en retourne… mais ce que j’ai toujours su, c’est que dans ce genre d’histoire, lorsque les deux amoureux trouvent un terrain d’entente, c’est toujours l’ami qui a essayé de les aider, qui se retrouve le plus lésé » me dit-elle dans un sourire doucereux. Sa voix était emprunte de mélancolie, pour je ne savais quelle raison. Peut-être avait-elle déjà connu une telle situation ? Je ne savais rien de ses relations passées. Ce sujet n'était jamais vu sur le tapis jusqu'à présent. Il n'y avait aucune raison pour que nous parlions d'amour entre nous. « Tu penses que je n'aurais pas du m'emmêler ? » lui demandais-je de façon rhétorique. C'est vrai que se préoccuper des affaires de couple, surtout lorsqu'on a le rôle de celui qui tient la chandelle, ce n'est pas forcément une très bonne idée. « J’espère en tout cas, que la situation s’est arrangée, depuis le coup que tu as reçu... je ne sais pas si je serais assez pour effacer l’amertume que tu dois ressentir, sinon » commenta-t-elle vaguement ironique. J'accompagnais sa remarque d'un petit sourire puis me ravisais. Souhaitait-elle que je m'en aille ? J'avais soudain le sentiment d'être de trop dans cette pièce. Devenu silencieux, je laissais Juliet finir de me soigner en évitant son regard quelques instants. « Merci. Tu es une bonne infirmière » la remerciais-je en esquissant un sourire complice. En plus d'être charmante, Juliet était très douée de ses deux mains. La petite bibliothécaire était pleine de ressources. « En fait, si tu veux tout savoir, Sofia l'a mit dehors pour m'avoir frappé, mais cette fois-ci je les laisserais se débrouiller tout seuls » déclarais-je en riant un peu. Je balayais la pièce du regard, remarquant le soin qu'avait mis Juliet a préparer la soirée. Quelques bougies allumées, un service à thé étincelant sorti pour l'occasion, une ravissante robe qu'elle avait revêtu. « Tu es très jolie » la complimentais-je timidement en désignant sa robe des yeux.
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MessageSujet: Re: (stv) + scars of love (w./juliet)   Jeu 7 Mar - 22:43

Ironiquement, Juliet n’avait jamais été une experte en amour, tout autant qu’elle aurait pu souhaité l’être à une époque bien donnée. A ses souvenirs, ses histoires de couple n’avaient jamais tenu très longtemps, parce qu’elle était une sorcière qui s’entichait trop facilement de moldus, étant malgré tout incapable d’affronter les conséquences de tels béguins, ou aussi parce qu’elle avait tendance à être un peu trop naïve, à tomber amoureuse parfois, des mauvaises personnes. Peut-être n’était-elle pas la mieux placée pour donner des conseils à Timothy sur le problème auquel il faisait face, à ces histoires d’anciens amants qui se retrouvaient à présent en guerre parce que trop nostalgiques de ce qu’ils n’avaient plus. Ce n’était, au fond, rien d’autre que ça, un sentiment que beaucoup trop de gens en venaient à porter, sans doute. Un instant durant, la bibliothécaire se perdit à s’interroger sur cette fameuse Sofia, qu’elle ne connaissait que de nom, mais qui semblait assez importante dans la vie du professeur pour qu’il en paye les conséquences, avec cette vilaine balafre sur la joue. Elle ne la connaissait même pas, mais malgré elle, elle sentit une vague mélancolie amère (proche de la jalousie à vrai dire) la tirailler quelque peu. « Je… Pour tout te dire, je ne sais même pas ce que tu aurais dû faire. Ce qui est le mieux à faire, dans ce genre de situations. Je suppose que si la réponse existait, il n’y aurait pas autant d’histoires compliquées comme ça. » Concis et bien inutile comme déclaration, sans doute ne l’aidait-elle pas, à émettre un avis avant de se raviser, comme ramenée à sa place de simple amie par un acide ressentiment. Elle ne voulait pas que sa relation avec Timothy s’oriente de cette façon, à parler de leurs histoires d’amour respectives : de son côté, c’était le calme plat, et ça le resterait pendant toute cette guerre. Alors être assise à écouter les mésaventures sentimentales de son interlocuteur n’était pas à son goût. Elle ne dit rien cependant, reprenant son parcimonieux travail silencieux. C’est Timothy qui reprit finalement la parole, la prenant quelque peu de court – c’est vrai qu’elle n’avait pas pris le temps de tout ranger, de chasser cette ambiance particulière de ses appartements, à mi-chemin entre la simplicité et le romantisme excessif. Malgré elle, elle sentit ses joues s’embraser vivement, détournant le regard dans un fuite folle, alors qu’elle espérait que le peu de lumière apportée par les bougies et le feu, suffirait à masquer ce trouble qui crevait, malgré tout, les yeux. « Merci. » Réussit-elle malgré tout à articuler, il était vrai qu’elle s’était bien habillée pour l’occasion. A cette pensée, un vague rire acerbe la trahit. « Il faut bien… sauver les apparences. » Elle était une née-moldue piégée dans la gueule du loup, et c’étaient ces rares moments qui lui permettaient de croire qu’il y avait une chance que les choses s’arrangent. Pour elle ou pour cette école.
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MessageSujet: Re: (stv) + scars of love (w./juliet)   Sam 9 Mar - 11:14



THERE'S A FIRE,
starting in my heart
reaching a fever pitch and it's bringing me out the dark.

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Ce qui devait s'annoncer comme une soirée romantique et pleine de bons sentiments filait doucement vers un désastre absolu. J'étais là, la joue enflée, assis sur le canapé de Juliet à lui raconter les mésaventures de ma journée. Mes histoires ne devaient faire que l'ennuyer, même si je n'avais rien trouvé de mieux pour me justifier d'un nouveau retard, que de lui dire toute la vérité. Le sort s'acharnait-il sur la relation que j'essayais de lier avec la jeune bibliothécaire ou était-ce simplement moi qui ne savait être correct en sa présence ? Mes intentions étaient pourtant les plus douces et les plus honorables envers Juliet. Elle faisait partie de ses personnes bien trop rare au château qui avaient encore un cœur. Si je ne croisais plus son visage dans les couloirs, je pense que Poudlard me semblerait définitivement austère. La conversation étant devenue trop pesante, je décidais de changer de sujet et de laisser les histoires d'amour de côté. Dans un sourire, je complimentais Juliet pour sa tenue qu'elle avait comme toujours choisi à la perfection. « Merci » articula-t-elle alors que ces joues semblaient se colorer de rouge. Son soudain trouble m'arracha un sourire discret aux coins des lèvres. Au moins elle avait souris...trop vite. « Il faut bien… sauver les apparences » ajouta-t-elle dans un rire acerbe qui trahit ses pensées. Poussé par mon instinct, je posais presque instantanément ma main sur la sienne. Juliet m'avait faite part de son malaise de rester à Poudlard, il y a quelques semaines. Si je ne pouvais me résoudre à ce qu'elle parte, je pouvais au moins la soutenir pour qu'elle reste. A cet instant, des dizaines de mots voulurent s'échapper de mes lèvres afin de lui dire toute l'affection et le respect que je lui portais. J'avais à l'esprit un long discours, une profonde déclaration inspirée qui pourrait apaiser ses maux et ses angoisses. Mais à mon plus grand désarroi, aucun son n’arrivât à sortir de ma bouche. Après un long silence chargé de mélancolie, je lâchais la main de Juliet pour plonger celle-ci dans la poche de mon pantalon. Je sortais ma baguette et venais tapoter trois fois son extrémité sur la table de salon de la jeune femme. En un sort informulé, le cadeau que j'avais acheté pour Juliet apparu sur la table basse, soigneusement enveloppé dans un papier doré. « Joyeux Noël Juliet et Bonne Année » lui dis-je d'une voix soudain tremblante. Je rangeais ma baguette, puis tendais le paquet à Juliet. A l'intérieur elle y trouverait une boite à musique de collection, vernie et finement ciselée de nacre rose pâle. En son cœur, une gracieuse ballerine tournant au rythme d'une musique angélique. Sans oublier un compartiment secret caché dans un double fond.
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MessageSujet: Re: (stv) + scars of love (w./juliet)   Sam 16 Mar - 14:24

Les histoires d’amour et d’amitié qui englobaient la personne de Timothy semblaient bien compliquées : pour autant que la jeune femme aurait souhaité faire un pas infime dans sa vie comme il avait réussi à le faire lui, elle n’était pas de conseils assez avisés pour savoir quoi faire du trouble qui semblait avoir pris le pas sur les relations du sorcier. Dans sa vie de tous les jours, il n’y avait de toute manière eu que de rares personnes pour se fier aux conseils qu’elle donnait - elle-même, ne suivait pas toujours les propres recommandations naissant à son esprit, alors elle n’allait certainement pas blâmer le professeur pour préférer arranger les choses à sa façon. Après tout, de la dénommée Sofia et de son fiancé, elle ne savait rien, tout comme elle ne savait pas grand-chose des amourettes tumultueuses qui se finissaient mal. Au moins, Timothy parvint à effacer ces lascifs questionnements de l’esprit de la sorcière, lorsqu’il la complimenta sur son allure : elle avait mis des heures à choisir comment s’habiller, pour que ça fasse cérémonieux, spécial, sans pour autant que ce ne soit trop. Le rose encore accroché à ses joues, la jeune femme sentit la douceur de la main de Timothy contre la sienne comme une caresse amicale servant à chasser l’amertume qui grisait le fond de sa voix : elle détestait de plus en plus Poudlard, malgré elle, alors qu’autrefois, cet endroit avait été son refuge à l’état pur, sa maison. L’avenir de l’école de magie semblait bien compliqué désormais, tout comme celui de Juliet si elle s’acharnait à rester ici. Tout autant qu’elle le savait, elle ne faisait rien : encore une preuve qui montrait qu’elle n’écoutait guère ses propres pensées, quitte à en payer le prix. Happée par ses songes, elle suivit malgré tout le professeur du regard, curieuse, alors qu’il esquissait quelques gestes de sa baguette - lorsque le cadeau apparut sur la table, la jeune femme pinça les lèvres, retenant un sourire presque gêné : son affection pour le professeur prenait une tournure plutôt... indescriptible, et il s’avérait que les attentions de celui-ci étaient tout aussi insaisissables que les sentiments de la jeune sorcière qu’elle était. Elle n’esquissa cependant aucun geste vers le présent qu’il lui faisait, cherchant le regard de Timothy dans la faible lumière qui les accompagnait - dit comme ça, c’était presque trop romantique. « J’ai quelque chose, pour toi aussi. » Elle avait à peine trouvé le regard de Timothy qu’elle s’en défit, se levant pour contourner le canapé sur lequel ils avaient pris place - profitant de se dégourdir les jambes pour tenter de reprendre contenance. Attrapant le paquet qui avait trôné sur la table pendant toute une partie de la soirée, Juliet revint vers le professeur, finissant par lui tendre son cadeau « J’aurais voulu faire plus original, mais je pense que tu es définitivement lié à ça, dans ma tête. » Elle aurait pu lui offrir une horloge, ou même un agenda moldu dans lequel il pourrait marquer toutes les dates de retour de ses livres, ou encore un calendrier, mais au lieu de ça, elle s’était contentée de s’arranger avec quelques relations «rats de bibliothèques» pour débusquer quelques ouvrages - bien étrangers à l’Angleterre, sur les hipogriffes, les dragons et toutes ces créatures dont elle rêvait, et qu’il avait déjà bien souvent côtoyées. Gênée, en retrouvant sa place à côté du sorcier, Juliet finit par prendre le paquet qu’il lui avait présenté, l’observant un instant. « Désolée, je n’avais pas vraiment prévu de fêter Noël ou Nouvel An, en ce moment, alors... » Ses pensées étaient accrochées à sa famille, à ceux à qui elle n’avait offert aucun cadeau depuis des mois. « Je crois qu’il faudra que je découvre bien d’autres facettes de toi. » Finit-elle, dans un léger sourire comme pour effacer tous les nuages de ses songes mélancoliques.
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MessageSujet: Re: (stv) + scars of love (w./juliet)   Dim 17 Mar - 22:30

Voyant la tournure qu'avait prise les choses, j'étais persuadé que la charmante Juliet aurait préféré passer la soirée avec les membres de sa famille plutôt qu'avec moi. Pourquoi avait-elle accepté, c'était un mystère. J'étais tout aussi étonné qu'elle soit encore à Poudlard. Lors de notre dernière conversation, j'avais cru comprendre – à contre coeur – qu'elle ne souhaitait plus rester au château. C'était bien délicat pour moi de la convaincre de rester. Pour qui ? Pour quoi ? Plus les jours filaient et plus je percevais de mélancolie dans les yeux de la jeune femme. Même si ma maladresse légendaire me rattrapait assez vite, je m'évertuais à lui faire retrouver le sourire. Cette entreprise n'aboutissait pas à chacune de nos rencontres, à mon plus grand désarroi. Encore ce soir, j'étais partie du mauvais pied et j'usais de toute ma sincérité pour me rattraper. Assez timidement, je tendais à Juliet le cadeau que j'avais choisi pour elle. Ce n'était pas une rivière de diamants, mais une antique boite à musique très raffinée, dont j'avais su en la voyant qu'elle serait parfaite pour la jeune femme. « J’ai quelque chose, pour toi aussi. J’aurais voulu faire plus original, mais je pense que tu es définitivement lié à ça, dans ma tête » dit-elle en allant chercher un paquet qui trônait sur une table non loin de nous. J'étais touché et étonné qu'elle est encore pris le temps de penser à moi, malgré tout. « Je ne suis pas sûr de le mériter » avouais-je en prenant le paquet entre mes mains. Avec tout mes retards, elle aurait eu toutes les raisons du monde pour m'oublier complètement, alors qu'étrangement ce n'était pas le cas. Voyant le regard insistant de Juliet se poser sur moi, je prenais le loisir d'ouvrir le présent. Je découvrais alors une sélection soigneuse de plusieurs ouvrages sur les créatures magiques. Les Hommes qui aimaient trop les dragons, Créatures abominables des profondeurs et Seigneur ou saigneur ? Essai sur la brutalité des hippogriffes. Des titres qui pouvaient faire peur, mais qui pour un connaisseur comme moi, faisaient sens. « Merci beaucoup. Je suppose que je n'aurais pas à me faire de soucis sur la date de retour avec ceux-ci » déclarais-je avec un sourire tendre aux coins des lèvres. D'un regard sur ses genoux, je l'invitais à ouvrir à son tour le présent que je lui avais offert. « Désolée, je n’avais pas vraiment prévu de fêter Noël ou le Nouvel An, en ce moment, alors... Je crois qu’il faudra que je découvre bien d’autres facettes de toi » dit-elle dans un léger sourire. Je clignais des yeux, pris soudain d'un vif sentiment d'inquiétude. « Qu'est-ce que tu veux dire ? » lui demandais-je en espérant ne l'avoir mise mal à l'aise.
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MessageSujet: Re: (stv) + scars of love (w./juliet)   Sam 30 Mar - 18:50

C’était inavouable tout autant qu’indicible, mais la présence de Timothy était, quelque part, presque semblable à celle de la famille de la jeune sorcière. D’un regard, il pansait ces maux si particuliers, rattachés aux souvenirs des Noël passés en compagnie des siens – ou rattachés à la pensée que, peut-être, il se passerait un bon nombre d’années, une éternité même, avant qu’elle ait à nouveau la possibilité de connaître de pareils moments avec les siens. Au sein du château devenu plus que l’ombre de lui-même, à l’opposé de sa gloire passée, le professeur Sweetlove avait toujours été la tête de file de ceux qui avaient réussi à arracher un sourire à la née-moldue qu’elle était – qui fuyait bien trop souvent les réalités du regard, mais qui les sentait pourtant, tout autour d’elle. C’était tout naturellement, que Juliet avait accepté de passer cette soirée spéciale en compagnie du sorcier : elle ne pouvait rêver meilleure compagnie, encore moins celles du malheur et de la nostalgie ; aussi, ne pas le voir arriver avait été comme une vague confirmation, d’un sentiment qui avait toujours dormi en elle depuis qu’elle l’avait rencontré. Ce petit quelque chose, qui la faisait se sentir mal à l’aise, et totalement dans son élément à la fois, lorsqu’il était là, n’était qu’à peine réciproque : parfois, elle se demandait si c’était une empathie exagérée, ou la pitié qui poussait Timothy à la côtoyer autant, à lui sourire avec autant de force dans l’espoir de lui arracher quelques graines de bonheur. Il semblait si naturel cependant, qu’elle se perdait bien souvent dans ses songes, incapable de vouloir, de pouvoir mettre le doigt sur tout ce mélange de sentiments, contradictoires et si similaires à la fois, qui était profondément logé en elle. Juliet n’avait, de toute manière, jamais été une grande experte des sentiments – son premier amour se limitait à une pitoyable histoire de mensonges et de secrets, entremêlés de ces longs mois qu’elle passait à Poudlard, à avoir d’autres soucis en tête. A voir les résolutions que la jeune femme avait prises à ce niveau-là, c’était à se demander si elle trouverait chaussure à son pied, ou homme à même de pouvoir lui passer la bague au doigt. L’avantage avec cette guerre, restait la certitude qu’il y avait d’autres choses à penser, d’autres problèmes plus importants que l’amour qui ne venait pas, le célibat qui durait et se prolongeait à l’horizon.

Avec Timothy, c’était toute l’ironie de la vie qui prenait place, en une vaste blague que Juliet ne parvenait pas à comprendre : face à son regard, ces inquiétudes purement formelles s’envolaient, et souvent, lorsqu’elle pensait à lui, elles s’intensifiaient plus qu’autre chose, alimentées par une vague mélancolie qui lui grisait le fond du cœur. Le naturel revenait bien vite au galop, en les joues rosies de la sorcière, sous la lumière faiblarde qui les entourait, tandis qu’elle voyait le jeune homme déballer le cadeau qu’elle lui avait fait. « Je ne suis pas sûr de le mériter » Timidement, elle haussa les épaules, dans une légère moue mi-figue, mi-raisin, qui pouvait lui donner raison (humoristiquement parlant), tout en confortant le sorcier sur la légitimité d’obtenir un présent pour la fête de Noël. Elle ne le disait pas, peut-être même qu’ils ne seraient jamais proches au point qu’elle ose le dire, mais il lui apportait, dans ces ténèbres, bien plus qu’il n’était possible, un espoir qu’elle n’aurait jamais cru avoir au fond d’elle – une force, un certain courage digne d’une véritable Gryffondor. « Merci beaucoup. Je suppose que je n'aurais pas à me faire de soucis sur la date de retour avec ceux-ci » Elle sourit, avant de lâcher un léger ricanement, ses mains se serrant sur le présent qu’il lui avait fait, qu’elle n’avait pas encore ouvert. « Aucun risque là-dessus. Je me suis dit que ça me ferait un petit cadeau à moi aussi, de ne pas avoir à les attendre, ceux-là. » Elle avait largement dépassé le stade de la rancune, sourire aux lèvres, avant d’oser déballer le cadeau qu’il lui avait fait, sous le regard insistant qu’il lui lançait. Dans sa famille, c’était quelque chose de si naturel, déballer les cadeaux, que c’en était presque gênant dans l’intimité qu’ils partageaient, rien que tous les deux, ici. « C’est... » Elle pinça légèrement les lèvres, ses doigts glissant contre la surface polie et douce de la boîte à musique qu’elle entrevoyait au milieu du papier. Finissant de la déballer, elle sourit de plus belle, découvrant l’ouvrage soigneux que Timothy venait de lui dédier. « Elle est très jolie, merci. » Finit-elle par avouer, légèrement titillée par une pointe de gêne. Trouvant le regard du sorcier, elle le soutint un instant. « J’espère que tu ne t’es pas donné trop de mal. Je n’ai pas vraiment… cherché très loin moi. » A force de faire profil bas, elle ne pouvait pas faire grand-chose, finalement. « Tu sais, ce que je voulais dire… c’est que je pense – enfin, j’espère pour toi, que tu n’es pas… juste un professeur de soin aux créatures magiques qui rend ses livres en retard. Mais je ne sais pas vraiment ce que tu aimais (à part le Quidditch, sauf qu’il n’y a plus de match maintenant), ou n’aimais pas alors… j’ai juste trouvé ça. » Elle espérait sans doute, un jour, en vain, pouvoir découvrir d’autres facettes du sorcier. Les temps semblaient durs pour apprendre à se connaître au-delà de leurs rôles à Poudlard, mais Timothy semblait avoir fait plus d’efforts qu’elle, pour ce Noël en particulier. En d’autres temps, elle le savait, elle aurait fait le tour des boutiques alentours, de Londres et d’autres villes – habituellement, elle aimait faire les courses de Noël, mais cette année, peut-être bien que le cœur n’y avait pas été.
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MessageSujet: Re: (stv) + scars of love (w./juliet)   Jeu 4 Avr - 11:19

Cela faisait maintenant quelques années que Juliet occupait le poste de bibliothécaire à Poudlard. Au début tellement discrète, j'avais à peine remarqué sa présence. La jeune femme, trop timide restait cachée dans les rayons ou dans les méandres de la réserve. Puis un jour, je l'avais aperçu pour la première fois. Ses grands yeux bleus pétillants, son sourire étincelant et ses pommettes malicieuses. Un véritable rayon de soleil sur la terre. Passionné de livres, j'avais alors courut engager la conversation avec elle. Je devais certainement lui avoir fait peur au premier abord, mais avec le temps elle avait dû vite oublier. Depuis ce jour, j'avais pris l'habitude de fréquenter d'avantage la bibliothèque. Si ce n'était pour le plaisir d'emprunter un livre, c'était pour le plaisir de la voir et de discuter. Sa gentillesse m'avait toujours charmé. Elle était de très bonne compagnie. Rare était les personnes avec qui je pouvais parler de livres avec tant de facilité. Si, Sofia peut-être, mais ma meilleure amie avait tendance à ne parler que de plantes, tandis que je ne parlais que de créatures magiques. Juliet elle s'intéressait à tout, était curieuse de nouvelles choses. J'avais souvent pensé que c'était sa nature moldue qui l'a rendait comme cela. Loin d'être malpoli, je me disais simplement qu'elle essayait simplement de découvrir le monde des sorciers par les livres. Après tout, quoi de mieux qu'un livre pour découvrir quelqu'un ou quelque chose ? Un livre parle, dévoile des secrets et en dit long sur chacun de nous. Pour ma part, les livres disaient que j'étais une tête en l'air. Peut-être devrais-je ensorceler les livres que j'emprunte pour qu'ils hurlent lorsque je suis en retard ? Après c'était une idée à creuser.

Dans sa bonté d'âme, Juliet m'avait également consacré un présent pour la nouvelle année. Si je cherchais en partie à me faire pardonner, en plus de lui faire plaisir avec le mien, la jeune femme n'avait quant à elle rien à me devoir. Pourtant, elle y avait et avec humour en plus. Pas rancunière pour un sous, elle m'avait même offert un assortiment de livres. Cela m'arracha un sourire aux coins de lèvres, même si je ressentais une certaine gêne envers elle. Je semblais incorrigible. « Aucun risque là-dessus. Je me suis dit que ça me ferait un petit cadeau à moi aussi, de ne pas avoir à les attendre, ceux-là » dit-elle en souriant. Je souris également, brièvement, trop vite coupé par un vif sentiment de culpabilité. Il était vrai qu'elle méritait bien un peu de tranquillité la pauvre. Elle avait autre chose à faire que de courir après un professeur maladroit. Mon regard s'abaissa sur le présent encore emballé que Juliet tenait entre ses mains. Se décidant enfin à l'ouvrir, la jeune femme tira sur le ruban et libéra le papier. « C’est... Elle est très jolie, merci » finit-elle par avouer en se mordant les lèvres. Je relevais les yeux vers elle pour scruter son expression. J'avais adoré cette boite à musique lorsque je l'avais vu, mais comme pour tout, je n'étais pas sûr de mon coup. Peut-être n'aimait-elle pas ? Peut-être en avait-elle déjà une ? Son regard insistant fini pourtant par me prouver le contraire. « J’espère que tu ne t’es pas donné trop de mal. Je n’ai pas vraiment… cherché très loin moi » dit-elle un peu confuse. Je regardais les ouvrages que j'avais entre les mains en souriant. Si elle savait ce qu'ils pouvaient représenter à mes yeux, elle ne se ferait pas autant de soucis. « C'est parfait Juliet, vraiment » lui dis-je en la rassurant d'un sourire. Il ne fallait pas grand chose pour me rendre heureux. Un livre, un sourire, un bon thé, une balade en forêt, etc. J'étais un homme assez simple, qui savait ce qu'il voulait. Juliet ne pouvait pas me faire de meilleur cadeau, le mien me paraissait futile à côté. « Et ne t'en fait pas pour moi. Si cela te plait, c'est que ça aura valu le coup » lui dis-je en parlant de mes recherches du parfait cadeau de Noël. Je n'avais pas vraiment cherché longtemps. Avant même de faire les boutiques j'avais déjà quelques idées en tête. J'avais souhaité quelque chose de doux, de précieux, de raffiné, mais de peu ordinaire. Quelque chose à l'image de Juliet. Cette boite à musique m'avait fait pensé à elle. « Tu sais, ce que je voulais dire… c’est que je pense – enfin, j’espère pour toi, que tu n’es pas… juste un professeur de soin aux créatures magiques qui rend ses livres en retard. Mais je ne sais pas vraiment ce que tu aimais (à part le Quidditch, sauf qu’il n’y a plus de match maintenant), ou n’aimais pas alors… j’ai juste trouvé ça » avoua-t-elle embarrassée. Ayant fini de l'écouter, je commençais à ouvrir l'un des ouvrages pour en feuilleter quelques pages. Il était rempli de gravures et de citations de grands zoomagistes dont je reconnaissais déjà quelques noms. Juliet ne pouvait pas mieux tomber, puisque j'avais déjà envie de dévorer les livres rien qu'en les regardant. Elle me connaissait déjà bien plus qu'elle ne le pensait. Malgré tout, il était vrai que les présentations n'avaient jamais encore été faites dans les règles. Je relevais les yeux vers elle et esquissais un sourire. « Et bien, je suis originaire du Pays de Galles. Je suis de sang-mêlé, mon père est un sorcier, ma mère une moldue. J'ai une petite soeur de dix ans de moins que moi qui travaille à la boutique HoneyDucks. J'adore les animaux, les créatures magiques, le Quidditch, le thé noir de Chine, la Bierraubeurre. J'aime être en extérieur, faire du tir à l'arc, monter le plus haut possible pour surplomber le monde... J'aime aussi beaucoup lire, écrire et embêter ma bibliothécaire préférée à Poudlard » finis-je ma description en croisant le regard de Juliet pour me mettre à rire. Non, je ne le faisais pas exprès de l'embêter. Ma remarque était juste affectueuse, même si effectivement j'aimais venir voir Juliet. « Et toi ? » demandais-je à la suite, le plus simplement du monde.
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MessageSujet: Re: (stv) + scars of love (w./juliet)   Mer 22 Mai - 19:29

Pour une fraction d’instant, l’espace de quelques minutes, Juliet avait eu peur que cette soirée ne vire au cauchemar : elle s’était finalement retrouvée seule, l’heure passant, à attendre ce qui lui semblait être un rendez-vous qui ne se solderait jamais. Timothy l’avait cependant souvent habituée à ses retards, aux imprévus qui semblaient frapper sa vie bien plus qu’ils n’avaient déjà frappé l’existence de la jeune femme elle-même. Elle qui avait cru que sa vie était compliquée, au moins, avec le professeur Sweetlove, elle découvrait une toute autre facette de la complexité des longues journées à Poudlard. Certes, leurs ennuis n’avaient rien de semblables : elle était une née-moldue jetée dans la gueule du loup, protégée par quelques membres de l’Ordre trop qui risquaient leurs vies pour elle, et par ce secret qui menaçait sans cesse de passer ou ses lèvres, ou celles de quelqu’un d’autre. Lui, il était un professeur, assez chanceux pour ne pas avoir de problème avec son sang, ou l’héritage offert par ses parents, simplement pris par ces ennuis quotidiens qu’ils avaient connu, il n’y a pas si longtemps que cela. Bien souvent, il y avait des soirs où Juliet songeait à Dumbledore, à l’héritage qu’il avait laissé ici, imprégné dans ses murs ; et elle était alors frappée par la sensation que c’était il y a bien longtemps déjà, que Poudlard avait été en paix. Le calme avant la tempête. Mais pour elle, ce soir, alors qu’ils fêtaient le plus simplement du monde cette nouvelle année (qui s’annonçait désastreuse) arrivant, traverser la tempête de Poudlard s’avérait presque facile. Trop facile, presque paisible alors qu’elle se noyait dans le regard clair de Timothy, qu’elle souriait le plus naturellement du monde, comme elle avait l’habitude de le faire depuis qu’elle le connaissait. Leur rencontre appartenait pourtant à une autre vie, celle où l’école avait été sauve et les élèves tous à rang égal ; Juliet la voyait infiniment lointaine, et cette impression était appuyée par cette simplicité avec laquelle elle riait, souriait simplement à Timothy. Ce n’étaient que de fugaces secondes, qu’entrecoupaient quelques moments de gêne, lorsqu’elle se retrouvait à s’enfoncer dans des paroles sans intérêt, tentant de vaguement masquer une gêne s’étant glissée dans son esprit. Leurs relations avaient toujours été simplement cordiales, ils avaient souvent échangé quelques paroles sur un livre qu’il ramenait, leurs sourires réciproques se perdant au milieu de simples politesses. Cette guerre les avait rapprochés, car à Poudlard, Juliet avait peu à peu perdu tous ceux qu’elle avait pu considérer comme des amis : plus seule que jamais, c’était de Timothy qu’elle avait vu venir une main tendue au milieu des ténèbres. Bien entendu, il y avait eu Clive également, le professeur McGonagall, bien des personnes risquant l’impossible pour tenter de lui faire entendre raison et la protéger à la fois de tous les démons tapis dans l’ombre au château. Mais de tous ceux-là, il fallait reconnaître que le professeur Sweetlove avait été le plus prévenant, le plus doux, le plus amical et reposant ; au point de devenir l’élément indispensable à son équilibre ici. Il lui semblait normal, comme gravé dans l’ordre des choses, qu’elle fête ici cette nouvelle année avec lui : se fondant sur l’espoir, l’attente de pouvoir vivre des mois aussi agréables que ceux qu’elle avait pu connaître jusque-là, en grande partie grâce à lui. Car si les Mangemorts étaient là, habitant Poudlard de leur emprise malsaine, la jeune femme avait pu vivre de l’illusion de quelques moments délicieux, grâce à lui. Celui-ci ferait partie de la liste des bons moments qu’elle garderait en mémoire pour se redonner espoir dans les moments durs, même si la soirée était sans doute partie du mauvais pied, dès le départ. Elle lut cependant bien vite sur le visage du professeur que sa petite remarque sans arrière-pensée avait touchée cette zone sensible victime de toute la culpabilité dont Timothy était capable, pour de simples retards.

Dans un monde en guerre, ces préoccupations-là semblaient bien désuètes et sans importance, et c’était bien le moindre des ennuis de Juliet dans ce château - au contraire même, pouvoir réprimander quelqu’un sur ses retards sans avoir à lui coller une retenue affreuse ou des sortilèges de Doloris en pleine figure, c’était rare en ce moment ; et comme avec un arrière-goût de cette bonne époque au château. « Ce n’est pas grave, pour les livres tu sais. » Releva-t-elle donc pour répondre au vif sentiment de culpabilité qui était passé sur les traits de Timothy ; elle ne pouvait pas lui en vouloir pour grand-chose de toute manière. Gênée malgré tout, la jeune Moseley baissa le regard. « Beaucoup de gens rendent leurs livres en retard. Et bien souvent, pas dans un aussi bon état que toi. » Il y avait des élèves dans ce genre là, qui pensaient que tout leur était acquis, qu’ils pouvaient froisser les pages des livres, écrire dedans ou quoique ce soit d’autre. Au milieu de ça, Timothy était presque irréprochable, mais Juliet haussa simplement les épaules, contrite. « Tu as plutôt de la chance de tomber sur moi. Mes nouvelles collègues ont l’air moins sympathiques. » Lâcha-t-elle dans un faux ricanement, amer, mais pour tenter de détendre l’atmosphère. Car oui, plusieurs membres ayant pris la fuite dans la bibliothèque avaient déjà été remplacés : et Juliet avait parfois du mal à croire qu’elle gravitait dans le même espace que des Mangemorts, risquant sa vie plus vivement que jamais. Mais les difficultés de Poudlard, leurs risques quotidiens n’avaient aucune prise à l’instant précis, alors que les doigts soigneux de Juliet glissaient sur la surface lisse de la petite boîte qu’elle avait reçue en cadeau. C’était le genre de petite chose qu’elle aimerait bien mettre dans sa maison, un jour quand elle en aurait une (pour le moment, sa vie s’était toujours limitée à l’été en famille, et le reste de l’année à Poudlard), fin et ouvragé, parfaitement à son image, bien que ce ne soit même pas elle qui ait choisi l’objet. A croire qu’il était dans sa tête, ou la connaissait bien mieux qu’elle ne pensait le connaître lui. Et pour de fugaces instants, ses cadeaux à elle lui semblaient on ne peut plus artificiels, comme si elle n’avait pas cherché à gratter la surface de ce que représentait Timothy pour elle : il était un professeur de Poudlard, passionné de créatures magiques, il finirait par croire qu’elle ne voyait que ça chez lui. Heureusement, si tel était le cas, il n’en laissa rien paraître, et Juliet afficha un fin sourire à sa réplique. Parfait... elle espérait que ce soit vrai, car elle n’aimait pas le mensonge (moins que les retards, pour sûr), et qu’elle préférait le savoir si elle se comportait d’une manière stupide. Malgré tout elle se contenta de ça, observant à nouveau les livres. « J’espère que tu n’en as pas déjà lus, dans ceux-là. Ou dis-le moi, je m’arrangerai. » Car le monde avait beau être en guerre, elle n’avait pas perdu de ses contacts dans le monde du livre, elle pourrait très bien trouver de quoi arranger les choses, et répondre à la curiosité de Timothy ; il tentait certes de la rassurer, mais à faire pâle figure avec ces quelques livres, elle comptait au moins à ce que tout soit presque irréprochable ainsi. S’asseyant en tailleur à côté de Timothy, Juliet se livra à une minutieuse observation de la boîte qu’il lui avait offerte, résistant à l’envie de l’ouvrir, tandis que lui, observait également les livres dont il était désormais le propriétaire.

Devant les quelques révélations sur ses états-d’âme qu’elle lui fit, elle releva difficilement les yeux lorsqu’il commença à parler de lui - ce n’était peut-être pas ce qu’elle aurait exigé de lui si vivement, qu’il livre comme ça tout ce qu’il était, ce qu’était sa vie. Mais elle sourit malgré tout à ses paroles, les écoutant sans cacher son intérêt, profitant pleinement de cette occasion. A nouveau, elle ne put que hausser les épaules alors que venait irrémédiablement son tour à elle, de livrer quelques choses qu’il ne connaissait pas à son sujet. Au fond d’elle, elle avait le sentiment qu’ils n’avaient jamais parlé aussi franchement de leur existence passée, mais elle avait également la sensation que Timothy en savait déjà grandement sur elle, à croire qu’elle parlait, débitait sa vie et ses problèmes sans même s’en rendre compte. Elle fit malgré tout bonne figure, trouvant les yeux clairs de son vis-à-vis. « Je suis née à Londres. Et j’ai toujours vécu là-bas, dans un petit quartier près de Kensington. Mes parents... sont tous les deux à l’image de la parfaite société anglaise. » Moldus, mais il le savait, et elle n’avait pas besoin ni envie de l’étaler à quelque oreille parasite qui pourrait traîner, ici ou là. « J’ai cinq frères et soeurs : deux frères et trois soeurs. J’ai toujours aimé lire, à vrai dire je passais tellement de temps dans la bibliothèque ici que ça a semblé presque logique pour Dumbledore de m’offrir ce poste. » Elle sourit avec nostalgie à cette idée, elle avait toujours aimé le directeur de Poudlard, quand bien même elle avait été une élève parmi tant d’autres pour lui. « Il y a sûrement des histoires que je connais par coeur. J’aime faire du patin à glace, l’hiver. Ou partir à la plage, l’été. J’ai toujours dit que j’aimerais voir un dragon en vrai, mais je pense que ça me ferait plus peur qu’autre chose. J’aime le thé, surtout le Darjeeling, et le thé au jasmin. J’ai été capable de comprendre le Quidditch pendant mes années à Poudlard, mais disons que je porte plus la poisse qu’autre chose, quand j’encourage une équipe. » Avouait-elle dans un léger rire, au souvenir de Gryffondor, qui ne gagnait pas grand chose à chaque fois qu’elle assistait aux matchs depuis les gradins. Finalement, elle pinça à nouveau les lèvres, comme si elle avait fait le tour de ce qu’elle avait toujours été. « J’aime la musique moldue, aussi, je suis plutôt à la page, ma famille ne me laisse pas l’occasion d’oublier mes origines. Et j’ai toujours eu envie d’avoir un hibou, mais mes parents n’ont jamais voulu que j’en achète un. » Finit-elle finalement ; ils n’avaient pas voulu, du moins, pendant sa scolarité. Peut-être qu’aujourd’hui, elle pouvait prendre la liberté d’adopter une de ces bestioles, rien que pour faciliter le trajet de ses lettres, mais elle avait appris à faire sans. Et voilà à quoi elle se résumait finalement, quelques lignes d’elle, peut-être même des choses qu’il savait déjà. Elle regarda Timothy à nouveau, sans doute n’avait-il pas cru qu’elle serait aussi prévisible (ou simple) que ça. « Je pense sérieusement que le choixpeau m’a envoyée à Gryffondor parce que je grimpais aux arbres, plus jeune. » Ajouta-t-elle dans un rire gêné : car c’était le sempiternel rappel que lui faisait Poudlard, sa non-bravoure face à l’adversité, la Gryffondor en elle, bafouée par cette guerre.


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MessageSujet: Re: (stv) + scars of love (w./juliet)   Lun 3 Juin - 0:09

Elle semblait rêveuse, pensive, tandis que j'inspectais du bout des doigts les ouvrages qu'elle s'était donnée la peine de choisir pour moi. Ironie du sort pour une bibliothécaire que d'offrir des livres à un usager tête en l'air. Après tout, peut-être voulait-elle se débarrasser de tous tracas en me faisant cadeau de livres que je n'aurais pas à rendre. Par ce biais, Juliet s'était faite un cadeau à elle-même. Cela ne m'empêchait pas de me blâmer d'être aussi irrespectueux, même si cela était involontaire. « Beaucoup de gens rendent leurs livres en retard. Et bien souvent, pas dans un aussi bon état que toi » essaya de me consoler la jeune femme. La gentillesse de Juliet ne semblait avoir aucune limite. Lorsque plus d'une sorcière se serait mise à crier, elle restait indulgente – certes peinée par le geste – mais toujours optimiste. Peu de personne lui ressemblaient à Poudlard. Professeurs, surveillants, élèves, la bonté n'était plus une qualité à la mode ces derniers temps. « Tu as plutôt de la chance de tomber sur moi. Mes nouvelles collègues ont l’air moins sympathiques » lâcha-t-elle dans un faux ricanement, amer. Je souriais également avant de me raviser bien vite. Elle ne croyait pas si bien dire. Juliet avait été rejointe depuis quelques temps par plusieurs autres bibliothécaires dont une certaine Sansa Harkness, qui n'était autre que mangemorte. Une de plus parmi tant d'autres à Poudlard. Je n'arrivais pas à comprendre ce besoin de remplir l'école de sorciers n'ayant au final aucune qualification pour enseigner. La pédagogie ne faisait pas partie des aptitudes des mangemorts. Alors à quoi bon investir une école qui se vidait de tous ses élèves ? La peur régnait en maîtresse à Poudlard et je n'osais imaginer l'angoisse que devait ressentir Juliet chaque jour. « C'est ce que j'ai cru comprendre... » déclarais-je perturbé en déglutissant. Jusqu'à présent, j'avais eu à faire à l'amabilité de Juliet, sa compréhension et sa générosité. Depuis que les nouveaux mangemorts étaient arrivés à Poudlard, je m'étais arrangé pour ne pas croiser leur chemin ou du moins très peu de temps. Même en temps que professeur, je redoutais le genre de réaction que pourrait avoir cette jeune femme blonde à l'air peu commode qui parcourait les rayons de la bibliothèque. Avait-elle un seul intérêt pour les livres ? Je pouvais me permettre d'en douter. Quoi qu'il en soit, ma punition pour rendre un livre à la mauvaise date ne serait certainement pas un léger regard exaspéré comme savait si bien le faire Juliet. Je m'imaginais déjà la main écrasée par un quelconque objet comme j'avais pu le voir faire auparavant... Mon statut de professeur pouvait me donner l'espoir d'être épargné de quelques châtiments. Je soupirais à cette pensée. Poudlard avait beaucoup trop changé et de la pire façon. A partir de ce jour, les livres de Juliet seraient sûrement les seuls que je me donnerais le droit d'ouvrir avec sérénité. « J’espère que tu n’en as pas déjà lus, dans ceux-là. Ou dis-le moi, je m’arrangerai » demanda-t-elle inquiète. Je quittais des yeux les livres pour lui démentir d'un signe de la tête. « Non, non, tu es très bien tombée. Je cherchais justement l'un d'entre eux depuis très longtemps. L'édition est épuisée, vraiment tu ne pouvais pas mieux tomber » me répétais-je en affichant un sourire d'enfant. Mes yeux pétillaient presque autant que devant les réelles créatures magiques que ces livres décrivaient. Juliet me connaissait plus qu'elle ne le croyait. A vrai dire, celle-ci tenait mon carnet d'emprunt personnel. En les rendant en retard, la bibliothécaire devait savoir quels livres j'avais déjà lu ou non.

Avec Juliet, j'avais toujours cette étrange sensation et surtout étrange incertitude de ne jamais savoir sur quel pied danser. Elle pouvait me sourire et la seconde d'après éviter mon regard. Me tendre la main, puis me repousser sans ménagement. Il y avait cette part de mystère en elle que je n'arrivais pas à éclaircir. Derrière sa gêne, ses regards fuyants se cachaient un profond sentiment que je n'arrivais pas à caractériser. De la peur ? De la haine ? Du dégoût ? De la tristesse ? Peut-être de la lassitude tout simplement. Je ne savais de Juliet que ce qu'elle m'accordait à découvrir, c'est-à-dire au final peu de choses. Je connaissais son visage, son nom, sa douceur et sa passion pour les livres. Mais derrière tout cela, que y'a-t-il d'autre ? « Je suis née à Londres. Et j’ai toujours vécu là-bas, dans un petit quartier près de Kensington. Mes parents... sont tous les deux à l’image de la parfaite société anglaise » commença-t-elle confuse en se livrant à son tour. Je souriais doucement à ses confessions timides. Kensington : un quartier bourgeois très agréable de Londres, avec un Palais splendide chargé d'Histoire... Oui, j'imaginais assez Juliet habiter dans l'un de ses grands immeubles chics aux façades de briques. Son enfance avait du être douce et prospère au sein de sa famille moldue...et nombreuse ? « J’ai cinq frères et soeurs : deux frères et trois soeurs. J’ai toujours aimé lire, à vrai dire je passais tellement de temps dans la bibliothèque ici que ça a semblé presque logique pour Dumbledore de m’offrir ce poste » sourit-elle avec nostalgie. L'image de Juliet assise sur le bord d'un lit, en train de lire une histoire à cinq petites bouilles rondes me vint alors à l'esprit. Elle avait quelque chose d'une Wendy Darling. Le portrait de la parfaite grande-soeur bienveillante et protectrice. « Il y a sûrement des histoires que je connais par coeur. J’aime faire du patin à glace, l’hiver. Ou partir à la plage, l’été. J’ai toujours dit que j’aimerais voir un dragon en vrai, mais je pense que ça me ferait plus peur qu’autre chose. J’aime le thé, surtout le Darjeeling, et le thé au jasmin. J’ai été capable de comprendre le Quidditch pendant mes années à Poudlard, mais disons que je porte plus la poisse qu’autre chose, quand j’encourage une équipe » avouait-elle dans un léger rire. Je souriais en repensant aux propres matchs de Quidditch que j'avais joué au poste de batteur dans l'équipe de Poufsouffle durant deux ans. Peut-être lui devions-nous nos victoires contre Gryffondor ? Non, c'était fort peu probable. Juliet et moi avion six ans d'écart, rien de garantissait qu'elle m'ait vu jouer un jour. Quoiqu'il en soit une autre information m'intéressait dans son discours : les dragons. J'avais beau aimer le Quidditch, rien ne remplaçait un dragon pour moi. « J'ai ouïe dire que Hagrid eût un dragon pendant un temps. Norman, je crois ou Norbert, je ne sais plus. Il a quitté le domaine avant que je n'ai pu le voir, malheureusement. Mais tu n'étais pas présente il y a trois ans lors de la première tâche du Tournoi des Trois Sorciers ? » demandais-je tout à coup en relevant qu'elle n'avait jamais vu de dragon en vrai. Le souvenir du teigneux Magyar à pointes me fit frissonner. Même habitué à ce genre de créatures, je n'aurais osé m'aventurer dans cette arène. Potter avait fait preuve d'un sang-froid hors pair. « J’aime la musique moldue, aussi, je suis plutôt à la page, ma famille ne me laisse pas l’occasion d’oublier mes origines. Et j’ai toujours eu envie d’avoir un hibou, mais mes parents n’ont jamais voulu que j’en achète un. Je pense sérieusement que le choixpeau m’a envoyée à Gryffondor parce que je grimpais aux arbres, plus jeune » finit-elle dans un rire gêné. J'échappais un rire amusé pour lever un sourcil interrogateur. « Tu grimpais aux arbres, vraiment ? » demandais-je épatée. Qui aurait cru de la jolie petite Juliet Moseley, jeune bibliothécaire toujours très bien habillée que celle-ci se prenait pour Tarzan – ou plutôt pour Jane – dans un jeunesse ? Certainement pas moi. Mais c'était ces petits détails improbables et surprenants de la personnalité de Juliet qui me faisaient soudain de l'aimer un peu plus. Thé, livres, Quidditch, dragons, escalade... Nous nous retrouvions sur beaucoup de sujets.

Sentant l'atmosphère se réchauffer tout à coup, la mémoire me revenait. « Oh, j'y pense ! » m'exclamais-je en levant un index vers le ciel. Je déposais délicatement les ouvrages offerts par Juliet sur sa table de salon, puis frappais brièvement dans mes mains. « Effy ? » appelais-je à haute voix en levant les yeux, alors que Juliet me lançait un drôle de regard. Quelques instants plus tard, un *crac* sonore se fit entendre et un jeune elfe – ou plutôt une jeune elfe – de maison apparut au milieu de la pièce. Haute comme trois pommes, vêtue d'une vielle nappe aux bords brodés lui faisant office de robe, celle-ci tenait entre ces deux petites mains frêles un plateau contenant un gâteau et deux assiettes à dessert accompagnées de cuillères. Timidement, la petite elfe de maison aux grands yeux gris s'avança pour déposer le plateau sur la table. « Le gâteau fait par Monsieur Sweetlove, gardé et surveillé par Effy, comme convenu » déclara la petite elfe d'une voix aiguë. Je souriais en approchant le plateau de notre côté. Les elfes de maisons étaient vraiment des créatures charmantes pour la plupart. Je déplorais le traitement dont ils faisaient à nouveau l'objet. Sous la direction de Dumbledore, ceux-ci étaient libres, à présent ils étaient tous retournés à l'état de servitude. « J'espère que tu ne te feras pas taper sur les doigts par ma faute Effy » dis-je à la jeune elfe d'un ton légèrement désolé. Pour toutes réponses, la petite créature échappa un petit rire. « Pour faire plaisir à Monsieur Sweetlove, Effy peut bien endurer cela » déclara la jeune elfe en se tortillant dans tout les sens, une teinte de rose colorant ses joues blafardes. Je levais un sourcil septique avant de jeter un léger coup d'oeil à Juliet. « Hum...Merci beaucoup Effy. Ce sera tout » affirmais-je en donnant congés à la petite elfe. Celle-ci sourit jusqu'aux oreilles avant de s'éclipser dans un nouveau *crac* sonore. La situation était soudain étrange, comme elle l'était souvent en ma présence à vrai dire. Je me retournais vers Juliet, en me mordant les lèvres confus. « Je crois qu'elle m'aime bien » avouais-je en me grattant l'arrière du crâne. Quelle jolie ironie du sort. Au bout de trente-quart ans, moi professeur de soins aux créatures magiques, j'avais réussi à faire craquer...une jeune elfe de maison. Une femme aurait été plus à mon goût, mais cela ne semblait pas d'actualité. « J'espère que tu aimes le chocolat ? » demandais-je en espérant qu'elle dise oui. Peu de personnes n'aimaient pas le chocolat, mais au cas où, il était toujours bon de demander. Je m'emparais du gâteau qui se révélait être un pudding au chocolat et raisons secs. Une vielle recette que j'avais l'habitude de faire avec ma grand-mère maternelle à chaque fois que je me rendais chez elle. Les gâteaux familiaux, ça n'a pas de pris. « Tiens » déclarais-je en tendant une assiette avec une part de pubbing coupée à Juliet. Quand j'avais dit que j'avais fait un gâteau pour me faire pardonner, je n'avais pas menti.
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MessageSujet: Re: (stv) + scars of love (w./juliet)   Ven 5 Juil - 10:46

Les mœurs moldues échappaient à la plupart des sorciers. Bien entendu, il n’y avait que de rares familles (du moins, jusqu’au début de la guerre) qui se déclaraient anti-moldus, ou totalement répugnés par ceux-ci ; mais il n’en restait pas moins que la plupart des sorciers que Juliet avait pu côtoyer, ne s’étaient jamais intéressés à l’étude des moldus. Evidemment, toute une branche du Ministère de la magie était réservé à une telle science, mais il était de rumeur commune d’avouer que ce secteur était le moins exploité de toute la société magique, et que les revenus des sorciers travaillant dans cette branche étaient relativement restreints. Il n’y avait qu’à voir les tenus de chacun des enfants Weasley, cédés d’enfant en enfant à chaque nouvelle année. C’était donc généralement avec appréhension et une grande retenue que Juliet parlait de son passé, de sa famille : plus encore aujourd’hui, au beau milieu d’une guerre qui déchirait le monde et condamnait ses origines, elle préférait ne pas parler des siens. N’importe qui pouvait écouter, n’importe qui pouvait la savoir née-moldue et se prendre pour lubie de débusquer sa famille à Londres. Bien entendu, elle vouait une confiance assez forte en Timothy Sweetlove pour lui confier quelques-uns des secrets qu’elle gardait soigneusement pour elle depuis le début de l’année : le quartier où elle avait grandi, par exemple, ce qui réduirait automatiquement la zone de recherche des Mangemorts, ou encore certaines de ses habitudes, le nombre de ses frères et sœurs, d’autres choses encore, qui pouvaient même lui avoir échappé sur le ton de la conversation sans qu’elle ne s’en rende compte. Sa famille représentait tout pour elle, elle était la fille aînée de la famille, la grande sœur qui avait toujours eu à cœur de protéger chacun de ses cadets : et malheureusement, dans ce monde en incessante guerre, à chaque fois qu’elle pensait à eux, elle songeait à combien il serait aisé pour quelqu’un de transformer ses proches en une faiblesse. C’était sûrement égoïste de ne pas les avoir incités à quitter le pays pour prendre des vacances de quelques mois, ou même s’être totalement effacée de leur vie et de leurs mémoires comme l’avaient sûrement fait beaucoup d’autres sorciers comme elle, qui avaient dû faire un choix. Elle, elle ne l’avait clairement pas fait, et rien qu’à l’idée que le reste des siens vienne à subir les conséquences de ses choix, la glaçait d’effroi. Parfois, c’était ce qui retenait encore la jeune bibliothécaire à Poudlard : si elle partait, ça paraîtrait suspect pour n’importe qui s’en rendant compte, une personne qui viendrait forcément toquer chez elle pour savoir de quoi il en retournait. Jusque-là, même ses propres nouveaux collègues du château ne s’étaient pas intéressés à elle, mais si elle ne devait pas revenir à son poste un jour, Merlin seul savait ce qui pourrait advenir de la situation déjà bancale dans laquelle elle survivait !

Au cœur de la cohue de ses doutes, alors qu’elle livrait une part d’elle-même, des profonds secrets qu’elle ne devait plus avouer à présent, le professeur semblait étonnamment intéressé par tout ce qu’elle racontait : qui pouvait bien en avoir quelque chose à faire, du thé qu’elle aimait, du nombre de ses frères et sœurs ou même de n’importe quoi d’autre la concernant ? Hormis les pouvoirs magiques qui la différenciaient des siens, Juliet n’avait pas le moindre sentiment d’être différente de n’importe quelle autre jeune femme – elle se sentait même plus barbante que certaines autres, alors que l’ambiance ici, entre eux deux, avait ce petit arrière-goût de tension invisible. Ce n’étaient pourtant pas les non-dits, ni de vieilles rancœurs quelconques qui les préoccupaient : Juliet elle-même avait déjà oublié que Timothy l’avait faite attendre plus d’une heure avant d’enfin se montrer, en retard, comme d’habitude. Elle ne pensait plus aux livres qu’il ne rendait jamais à l’heure ; pourtant, subsistait un malaise, ou un froid palpable dans le fond de l’air, sur lequel ils ne semblaient, l’un comme l’autre, que peu désireux de mettre le doigt. « J'ai ouïe dire que Hagrid eût un dragon pendant un temps. Norman, je crois ou Norbert, je ne sais plus. Il a quitté le domaine avant que je n'ai pu le voir, malheureusement. Mais tu n'étais pas présente il y a trois ans lors de la première tâche du Tournoi des Trois Sorciers ? » Dans un léger rire, Juliet s’avoua peu surprise de constater ce que le professeur avait retenu de son récit : après lui avoir proposé un tour sur dos d’hippogriffe pour se rattraper, il était évident qu’ils évoquent ensemble les dragons. Aujourd’hui, ces créatures étaient relativement rares dans les environs, et Juliet avait longtemps eu conscience qu’elle aurait dû traverser la moitié du continent pour réaliser son rêve. C’était sans compter Poudlard et les difficiles dernières années que le château avait vécu : après l’année des Détraqueurs rôdant à chaque coin du parc, il y avait eu le Tournoi des Trois Sorciers, avec ses dignitaires, ses professeurs, ses représentants et ses participants. La cohue n’avait que modérément plu à Juliet à cette époque-là, et bien sinistrement, le destin lui avait prouvé qu’elle avait eu raison d’avoir en horreur ce genre d’événements. Elle se souvenait bien de la frénésie qui avait pris les élèves de sa promotion lorsque le Tournoi avait été évoqué : heureusement à cette époque-là, Poudlard n’avait pas été choisie pour accueillir le championnat, et la jeune Moseley s’en était finalement bien passée. Il y a trois ans, Harry Potter était tombé dans un piège qui avait servi à faire revenir le Seigneur des Ténèbres, et Cedric Diggory était mort : sans doute que Juliet se serait détestée pour le restant de ses jours si elle avait retenu quoique ce soit de positif de ce Tournoi. Plaçant ses mains sur ses genoux, la sorcière frissonna légèrement, de manière imperceptible avant de reprendre une quelconque assurance, dans un haussement d’épaules plutôt modéré. « J’en ai entendu parler, pour le dragon de Hagrid. Du jour au lendemain, il venait à la bibliothèque pendant plusieurs heures, et il posait beaucoup de questions sur les ouvrages sur les dragons. Mais Hagrid a toujours été… fantaisiste, et je n’avais vraiment rien vu venir, quand j’ai entendu cette histoire. » Elle grimaça légèrement, car oui, elle faisait partie de ces professeurs/membres du personnel à penser à la sécurité des élèves, plutôt qu’à l’amusement de la chose. « Et le Tournoi... j’ai préféré rester ici. Crois-le ou non, il y avait des élèves qui préféraient rester à l’écart de tout ça, de toute manière. Il fallait quelqu’un pour continuer de surveiller ici, je m’en suis occupée. Et vu tout ce qui est arrivé à cette époque, je ne le regrette absolument pas. » Un Mangemort parmi les professeurs, un membre du Ministère assassiné, le retour du Mage Noir, le tout se soldant, qui plus est, par le brusque retour des Détraqueurs à Poudlard, et ce, dans le but le plus infâme de leur existence. Certes, le Tournoi avait avant tout été créé pour consolider les liens internationaux entre les écoles de magie et ainsi de suite, mais Harry Potter n’avait, lui, rien demandé, et à quatorze ans à peine il s’était retrouvé à devoir combattre un dragon fou furieux : ce n’était pas le genre de spectacle que Juliet avait voulu cautionner en embrassant le monde magique et toutes ses coutumes. De loin, les traditions moldues étaient bien moins dangereuses.

Si les traits de Juliet avaient eu tendance à se crisper à l’évocation de la bien triste année 1994-1995, Timothy parvint bien vite à lui rendre le sourire, alors qu’elle lançait dans sa direction un regard faussement outré. Certes, à la voir aujourd’hui, Juliet n’avait rien de la gamine téméraire et aventureuse qu’elle avait été, fut un temps, mais son tempérament de feu s’était assagi avec les années, sûrement, c’était ce qui faisait qu’elle ne collait plus spécialement à la mentalité d’une Gryffondor. Du moins, aux dernières nouvelles : il était rare qu’à la sortie de Poudlard, un ancien rouge et or opte pour un emploi aussi posé (et barbant, presque), que celui de bibliothécaire. « Tu grimpais aux arbres, vraiment ? » Au rire amusé, quoique surpris, du professeur, la jeune femme ne put s’empêcher de répondre à l’identique, le cinglant d’un regard de défi : quelque part, il y avait à parier que s’ils devaient grimper dans un arbre chacun leur tour, elle serait plus agile et plus rapide que lui dans la tâche ; c’était comme le vélo, ça ne s’oubliait jamais. Et pendant toute son enfance, dans la maison de campagne où elle avait passé ses étés, Juliet avait grimpé tous les genres d’arbre possibles et imaginables, exploré tous les grands champs autour de la propriété des Moseley ; bien souvent, évidemment, elle était brusquement retombée sur terre. Se mordillant une lèvre comme gênée et orgueilleuse à la fois, Juliet se pencha vers Timothy, comme si elle s’apprêtait à lui faire une confidence. « J’ai des cicatrices, pour le prouver. » Les sorciers ne devaient pas vraiment connaître le principe d’une cicatrice (si ce n’est celle de Potter), puisque depuis qu’elle avait mis les pieds à Poudlard, la jeune moldue qu’elle avait été jusqu’alors, avait pu découvrir diverses potions et autres onguents à même de faire disparaître les plus grosses blessures sans laisser aucune trace. Elle, petite fille ayant grandi loin du monde magique à une époque, elle avait dû faire avec les hôpitaux et leurs habituels points de suture bien peu plaisants. Au genou, et à l’arrière du crâne, au niveau de son oreille, Juliet avait quelques restants de plaie qui prouvaient ce qu’elle avançait : et gamine, ça lui avait souvent fait ni chaud ni froid, c’était à croire qu’elle était devenue une demoiselle bien différente de ce qu’elle avait été à une époque. Etait-ce forcément une perte ? Moins tempérée, il n’y avait pas à douter que cette Juliet-là aurait fini par répondre plus fermement aux incessants retards de Timothy. La guerre exigerait peut-être d’elle un jour, de renouer avec cette personne qu’elle avait été, plus jeune, quelqu’un qui n’avait pas peur des conséquences de ses actes, des petits bobos et des douloureux adieux. « Oh, j'y pense ! » Happée hors de ses songes, la sorcière accrocha un regard circonspect au professeur, tandis qu’il déroulait devant elle, un spectacle des plus insaisissables. Elle le vit lever les mains, psalmodier un nom qu’elle ne reconnut pas ; et pour une fraction de seconde, elle se prit même à le croire fou. Jusqu’à ce qu’un petit elfe de maison n’apparaisse dans un coin de la pièce, les bras chargés d’un fardeau qui semblait presque trop lourd pour lui. Juliet esquissa un geste pour l’aider, avant de se rappeler de ces lois fondamentales et imprenables qui régnaient et à Poudlard, et dans le monde de la magie depuis des générations : même un elfe de maison serait sans doute outré de voir un sorcier lui donner un coup de main, et aujourd’hui plus que jamais, tandis que l’école de magie était sous le joug des Mangemorts, mieux valait ne donner aucune raison à un elfe de ne pas faire son travail tout seul. Il était loin, le temps où Hermione Granger traversait les couloirs de Poudlard en criant sa détermination à plaider la faveur de ces petites créatures trop aisément victimes de leurs maîtres. Mais bien vite, un sourire passa sur les lèvres de la sorcière, alors qu’elle comprenait bien vite le manège qui se jouait entre le professeur et l’elfe : pour avoir eu – trop souvent – des attitudes similaires à la dénommée Effy, Juliet ne mit pas longtemps à percer à jour les secrets de l’elfe. C’est ainsi qu’elle préféra rester à l’écart du court tête-à-tête, se retenant d’éclater de rire sous l’humour de l’instant ; de peur même de blesser ou Timothy, ou l’elfe.

Heureusement, l’elfe disparut bien vite, et en se mordillant une nouvelle fois les lèvres, la bibliothécaire parvint à faire taire son envie irrépressible de rire. Les traits du visage détendus, c’est avec une mine moqueuse qu’elle sonda le professeur un instant. « Pourtant, on dirait qu’à elle aussi, tu lui en fais voir de toutes les couleurs. » Lâcha finalement la sorcière, dans un levé des yeux vers le ciel pour le moins éloquent : il prenait visiblement ses aises dans les grandes cuisines du château, et visiblement Effy aurait été prête à se plier en quatre pour les beaux yeux du professeur Sweetlove. Tout comme Juliet avait trop souvent le sentiment de le faire, sans pour autant se convaincre d’agir différemment. « J'espère que tu aimes le chocolat ? » La question la laissa excessivement hagarde, elle avait du mal à croire que quelqu’un dans ce monde puisse ne pas aimer le chocolat ; puis, haussant les épaules, arquant les sourcils dans une mine désolée, Juliet toisa à nouveau son interlocuteur. « Les Mangemorts, n’aiment pas le chocolat, par exemple. » C’était comme une évidence pour elle, aimer le chocolat faisait partie de l’équilibre mental et biologique de n’importe quel être humain : les Mangemorts, eux, n’étaient qu’à peine des êtres humains, et elle imaginait mal certains tordus du château, comme Sansa Harkness (rien qu’à titre d’exemple), apprécier la dégustation d’une tablette de chocolat pour clore une grosse journée. Non, elle aimait se persuader tout simplement que les Mangemorts buvaient du sang de vache et mangeaient des cafards et autres araignées dégoûtantes – tout pour les déshumaniser, en somme, c’était mieux ainsi. Elle prit finalement l’assiette que le professeur lui tendait, le remerciant par un sourire franc, avant de s’enfoncer dans son canapé, observant un instant la généreuse part de pudding qu’il lui avait servie. « Tant qu’on en est à être sceptiques sur les prouesses de l’un et de l’autre : tu as vraiment fait ça, toi-même ? » Elle prit une cuillérée, se la fourrant dans la bouche sans hésiter, avant d’esquisser une légère grimace de surprise. « Parce que c’est très bon ! Et je ne savais pas qu’un professeur de Soins aux Créatures Magiques pouvait faire autre chose que… des trucs bizarres, comme ce que je faisais, à mes souvenirs, dans ce cours. » Parfois, elle avait trouvé ces classes tout à fait fascinantes, lorsqu’ils évoquaient les créatures légendaires, que personne n’avait vu depuis des lustres, mais elle avait eu une particulière répugnance pour les Véracrasses et autres Scrouts bizarres qui avaient rythmé la plupart de ses années d’études à Poudlard.
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MessageSujet: Re: (stv) + scars of love (w./juliet)   Mer 10 Juil - 14:15

C'était bientôt les vacances de Noël. Dans quelques jours le château allait se vider de quasiment tout ses élèves pour passer les fêtes de fin d'année en famille en famille. La température avait nettement chuté et dehors la neige faisait déjà voir le bout de son nez, recouvrant le domaine d'un voile blanc et scintillant. Cette année le Ministère avait encore réformé l'éducation par l'intermédiaire du Professeur Rogue. Cela était révoltant. Heureusement pour les braves élèves, le droit de retourner chez eux pour les vacances leurs étaient encore permis. Ces deux semaines de fêtes allaient pouvoir leur permettre de souffler un peu. Le Ministère, le Directeur et les Carrows était constamment sur leur dos. L'ensemble du personnel du Poudlard était également épié de toutes parts. J'avais parfois l'impression d'être aussi surveillé que dans ce livre de Georges Orwell, 1984. C'était un roman moldu qui décrivait un monde régit par le totalitarisme. C'était assez effrayant à lire, mais aussi extrêmement instructif. A Poudlard, il n'y avait pas de Ministère de la Vérité, ni de Big Brother, mais seulement un Ministère corrompu au sang un peu trop pur à mon goût. Cette année pour la première fois depuis ma naissance, je n'allais pas rentrer au Pays de Galles avec Aurora par le Poudlard Express pour fêter les fêtes de fin d'année en famille. J'avais pris cette décision très sérieuse, il y avait quelques jours de cela. C'était trop dangereux et beaucoup de choses me retenaient à Poudlard. Des créatures magiques, des élèves, d'autres personnes. Cela n'avait pas été facile pour moi de prendre cette décision. Ma famille était tout ce qui comptait pour moi. Je n'avais jamais manqué un Noël en la compagnie de mon père, ma mère et ma petite soeur. Ses trois personnes étaient toute ma vie, même si je rêvais parfois de créer ma "propre" famille. Malheureusement, je n'avais pas encore trouvé LA femme de ma vie, celle avec qui j'allais fonder une famille. Peut-être que je l'avais déjà rencontré, mais en tout cas pour l'instant, j'étais toujours un professeur célibataire. Enfin, ce n'était pas vraiment le sujet en ces jours de décembre. La nuit venait de tomber sur Poudlard et je m'étais réfugié à la bibliothèque pour trouver un peu de chaleur et de réconfort au milieu des livres. Je voulais renflouer mon stock de livres avant le début des vacances et je savais que je devais m'y prendre une semaine à l'avance plutôt qu'en catastrophe le dernier jour. Je parcourrais donc les allées de la bibliothèque à la recherche de quelques trésors que je n'avais pas encore lu. Oui, cette idée était assez amusante vu que je lisais très très souvent et que la plus part des livres de la bibliothèque ou de la réserve m'étaient déjà connu, mais je ne perdais pas espoir qu'un où deux ouvrages m'ait échappé. J'entrais dans l'allée "Sciences humaines moldues" lorsque j'aperçus alors la chevelure mordorée et la silhouette gracile de Juliet. Elle était debout, me tournant le dos, toujours aussi élégamment vêtue. Juliet était l'une des jeunes femmes les plus ravissantes que j'avais rencontré. Ses yeux bleus perçants, son sourire aussi étincelant qu'un diamant, son rire irrésistible... « Professeur, vous devriez au moins prendre un manuel si vous voulez faire semblant de lire » ricana une voix de jeune fille à côté de moi. Je sortais de ma rêverie et me retournais sur le visage de Arabella Sparrow, une élève de Gryffondor. Je baissais les yeux, gêné de m'être fait avoir aussi facilement. La jeune fille passa devant moi pour se diriger vers Juliet, les bras chargés de livres. « Mais où est donc cette maudite Encyclopédie sur les dragons ? Elle n'a tout de même pas disparu en une soirée ? Nom d'un hippogriffe ! » pesta la jeune bibliothécaire en posant violemment la pile de livres sur la table. La Gryffondor surprise se retourna en sursautant. « Tout va bien Mademoiselle ? » demanda l'élève, visiblement inquiète. « Je ne comprends pas, je l'ai rangé dans la réserve hier soir, j'en suis persuadée » s'énerva-t-elle en haussant la voix. Juliet pesta  de rage et se mit à marmonner en examinant les livres disposés devant elle. Après avoir inspecté plusieurs des ouvrages, elle s'en saisit de deux et alla les reposer dans les allées. Je me dérobais devant elle pour aller chercher un livre de mon côté. Quelques instants plus tard Juliet revint à la table qui lui servait de point de repère pour se stopper net. Sur la table était posée L'Encyclopédie universelle des dragons, volumes I à III. Dans le creux de la reliure, une rose blanche était glissée en guise de marque page...


Après réflexion, imaginer Juliet avec un dragon n'était peut-être une idée si saugrenue que cela. Bien entendu, personne ne souhaite réellement rencontrer un dragon dans la vraie vie, en tout cas pas sans sécurité. J'ai toujours admiré les éleveurs de dragons. S'occuper de créatures réputées indomptables, cela relevait du travail de force. Déjà qu'avec quelques hippogriffes j'avais parfois du mal, alors un dragon... Leur dangerosité ne les empêchait pas d'être fascinant. Pour en avoir vu durant le Tournoi des Trois Sorciers, je pouvais affirmer que leur sauvagerie les rendait quelque part majestueux. La puissance dont ils font preuve est réellement impressionnante et renvoie bien souvent n'importe quel sorcier à sa place d'animal dans l'univers. Car, face à un dragon, nous sommes bien peu de choses. Sans en être totalement certain, je pourrais parier que même Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom ne pourrait pas faire grand chose face à un dragon. Par ailleurs, ses créatures sont tout aussi effrayantes qu'imprévisibles. Ce qui les rend d'ailleurs si difficile à dresser. Tout comme Juliet, l'envie de posséder un dragon m'avait toujours tenté, malgré les risques. Ce genre de créatures pour un passionné comme moi serait le nec plus ultra de l'animal de compagnie. Cependant, posséder un dragon a été interdit par la Convention des sorciers de 1709. Ce rêve ne resterait que pour Juliet et moi-même un doux fantasme. Malgré tout, sept ans en arrière, Hagrid le Garde-Chasse de Poudlard avait outre-passé la Convention en important un œuf de dragon au château. Comment se l'était-il procuré ? C'était un mystère. Ce genre de relique ou de substance magique – appelez cela comme vous voudrez – est très rare et est contrôlé par le département de Régulation des Objets Magiques du Ministère. L'importation est normalement formellement interdite par la loi. Le fait qu'Hagrid se soit retrouvé avec un œuf de dragon en sa possession était toujours resté un mystère pour le peu de personne qui avait eu vent de la rumeur (le corps enseignant pour la plus part). Quoi qu'il en soit, cela n'était pas passé si inaperçu que cela à en croire ce que m'affirmait ou plutôt me confirmait Juliet. « J’en ai entendu parler, pour le dragon de Hagrid. Du jour au lendemain, il venait à la bibliothèque pendant plusieurs heures, et il posait beaucoup de questions sur les ouvrages sur les dragons. Mais Hagrid a toujours été… fantaisiste, et je n’avais vraiment rien vu venir, quand j’ai entendu cette histoire » dit-elle en grimaçant. Tout le monde avait effectivement eut vent de la nouvelle lorsque le dragon avait quitté le domaine. Plusieurs élèves s'étaient fait attrapés dans les couloirs en pleine nuit provoquant la fureur de McGonagall. L'histoire s'était éclaircit quelques jours plus tard, lorsque Hagrid s'était enfin mis à parler. Le pauvre Garde-Chasse avait tellement été déprimé par le départ de son dragonneau, qu'il était resté cloîtré deux jours de suite dans sa cabane à sangloter. Une attitude plus que curieuse de la part d'Hagrid, qui n'était pas passée inaperçue à l'époque. Tel était les aléas de la vie à Poudlard. Des choses étranges s'y passaient, tout au long de l'année. « Et le Tournoi... j’ai préféré rester ici. Crois-le ou non, il y avait des élèves qui préféraient rester à l’écart de tout ça, de toute manière. Il fallait quelqu’un pour continuer de surveiller ici, je m’en suis occupée. Et vu tout ce qui est arrivé à cette époque, je ne le regrette absolument pas » déclara Juliet avec assurance. Je ne pouvais que lui donner raison. L'année du Tournoi avait été l'une des plus sombres de ses six dernière années...depuis l'arriver de Potter d'ailleurs. C'était un bon élève, toujours très intéressé, quoique parfois dans la lune. Je ne savais pourtant pas comment me placer par rapport à lui. Son nom figurait toujours en première page des journaux et lorsque quelques choses de graves arrivaient à Poudlard, il y était mêlé de près ou de loin. Coïncidence ? Hasard ? Malchance ? Culpabilité ? Un peu de tout à la fois certainement. Ce garçon est – de toutes manières – spécial par sa simple histoire. Il n'est pas difficile de voir en lui un parfait bouc-émissaire. L'exemple avait été flagrant lors du fameux Tournoi des Trois Sorciers : une élection inexplicable, des épreuves trafiquées, deux meurtres... Je me demandais parfois comment autant d'élèves pouvaient revenir à Poudlard chaque année sachant ce qu'il s'y passait. Pourquoi revenait-on ? C'était la grande question que nous nous posions tous. Juliet venait d'y répondre en quelques mots. Pour continuer à surveiller ici. Sans le savoir, la jeune bibliothécaire venait de trouver la réponse qu'elle cherchait depuis des mois sur l'utilité de rester à Poudlard. Des parents nous confiait leurs enfants et notre rôle était de les protéger en plus de les instruire.

La conversation continua sur un autre trait de la personnalité de Juliet, tout aussi étonnant que son amour pour les dragons. La demoiselle aimait grimper aux arbres durant son enfance. En la voyant si propre sur elle, avec ses robes et ses jupes bien tirées, il était difficile d'imaginer que Juliet pouvait grimper aux arbres telle une panthère. Elle cachait bien son jeu derrière ses airs fébriles. Peut-être est-ce de là que venait son cœur de lionne qui l'avait répartir à Gryffondor durant ses études. Après tout, elle ne se laissait jamais démonter face à moi ou n'importe qui. Elle avait beaucoup plus de force, beaucoup plus de conviction et de répondant qu'elle semblait le croire. Juliet n'était pas facile à cerner, car elle cachait beaucoup de choses. Et après mur réflexion, je venais à en déduire qu'il ne s’agissait pas forcément de faiblesses, mais plutôt d'une force insoupçonnée. Que s'était-il passé depuis le temps où la petite fille casse-cou qu'elle était montait aux arbres ? Ce trait de sa personnalité devait encore existé, caché au fin fond de son être. Il suffisait juste de le réveiller. « J’ai des cicatrices, pour le prouver » me confia Juliet dans un petit sourire de défi. A ses mots, je me surpris à poser les yeux sur Juliet pour détailler chaque parcelle de son corps. Mon esprit vagua pour imaginer les endroits où sa peau avait pu être éraflé. L'envie de lui demander où celles-ci se trouvaient me brûlait les lèvres, mais cette question était plus que déplacée. Malgré tout, même sans un avoir prononcé un mot, mon regard avait dû être très éloquent lorsque je me rendis compte de l'attitude gênée de la jeune femme. Pour changer de sujet et apaiser une nouvelle fois la tension qui s'était installée dans la pièce, je convoquais Effy, une jeune elfe de maison, pour rapporter le gâteau maison que j'avais soigneusement préparé pour ce rendez-vous (raté) avec Juliet. Après un grand moment de solitude devant la petite elfe qui semblait avoir le béguin pour moi, celle-ci repartie pour nous laisser de nouveau seuls. « Pourtant, on dirait qu’à elle aussi, tu lui en fais voir de toutes les couleurs » lâcha finalement Juliet en levant les yeux au ciel légèrement blessante. Aussi adorable et tolérante était la jeune bibliothécaire, A cet instant, il semblait que la jeune bibliothécaire – aussi adorable et tolérante soit-elle – me faisait payer mon énième retard. Je méritais sans aucun doute cette remarque cinglante, mais cela ne l'empêchait pas d'être affecté. Je n'avais pas l'impression d'être aussi tortionnaire qu'elle semblait le penser. Au contraire, j'essayais de rendre les gens heureux autour de moi. Apparemment, j'échouais dans mon entreprise. Sans dire un mot sur mon sentiment, je lui servais une part de pudding au chocolat, en m'assurant par avance qu'elle aimait bien cela. La jeune femme haussa les épaules, paraissant surprise de ma question. « Les Mangemorts, n’aiment pas le chocolat, par exemple » dit-elle en me toisant du regard. Qu'est-ce que cela voulait dire ? Juliet semblait croire que je me moquais d'elle. Même si les chances qu'elle n'aime pas le chocolat soient infimes, elles pouvaient exister. L'un de mes cousins est allergique à la citrouille, un comble pour un sorcier ! C'est pour dire si poser une question avant de proposer un plat à quelqu'un est important. « Et tu n'as rien d'un Mangemort » lui dis-je en lui prenant moi-même une part de gâteau. Elle ne devait pas s'inquiéter, ni se sentir offensée. Je n'étais pas un ogre ou diablotin de conte qui offre des friandises aux jeunes enfants pour les manger. Jusqu'à nouvel ordre, je n'étais pas anthropophage. Elle pouvait avoir confiance en moi. J'avais juste envie de passer un bon moment avec elle, sans fioriture et ni complexe. Un sourire de sa part était tout ce que j'attendais. « Tant qu’on en est à être sceptiques sur les prouesses de l’un et de l’autre : tu as vraiment fait ça, toi-même ? » dit-elle en prenant une généreuse cuillerée. Juliet esquissa une grimace de surprise. Je retenais mon souffle. « Parce que c’est très bon ! Et je ne savais pas qu’un professeur de Soins aux Créatures Magiques pouvait faire autre chose que… des trucs bizarres, comme ce que je faisais, à mes souvenirs, dans ce cours » ajouta-t-elle après avoir avaler sa douchée. J'échappais un léger rire avant de relever un regard altier sur Juliet. Je n'étais pas le seul à avoir des préjugés à l'évidence. Qui a dit que les hommes ne savaient pas cuisiner ? Certainement une sorcière qui ne voulait pas qu'on lui vole ses recettes. « Tu sais grimper aux arbres, je sais faire des gâteaux. Chacun ses talents cachés » lui dis-je d'un ton joueur en arquant un sourcil. Je plongeais quelques instants mes prunelles dans les siens pour la défier du regard. Si elle était legilimens ou qu'elle avait simplement un peu de bon sens, elle pouvait comprendre que je lui disais implicitement : montre-moi comment tu montes aux arbres et je te monterais comment je cuisine. Après quelques instants, je finissais par me mettre à rire doucement. « Je n'ai aucun mérite, j'ai passé beaucoup d'après-midis avec ma grand-mère maternelle à faire de la pâtisserie lorsque j'étais petit. Je suis heureux de voir que je n'ai pas perdu la main » plaisantais-je en mangeant un morceau de pudding. « Si cela te fait plaisir, c'est tout ce qui compte » ajoutais-je en m'appuyant mon dos contre le dossier du canapé. Sans un mot, j'avalais quelques bouchées en regardant Juliet, qui devait définitivement se demander quel drôle de gobelin elle avait en face d'elle.


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